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Accueil du site > Actualités > Politique > Sarko facho ou escroc ?

Sarko facho ou escroc ?

Quand Nicolas Sarkozy permet de mieux comprendre les mécanismes de l’accès au pouvoir en démocratie et quand on se rend compte que ces mécanismes ne sont ni propres aux démocraties ni à notre époque.

Notre pays vit dans un affrontement droite-gauche qui nous est propre, car c’est un héritage de notre histoire. Mais l’ensemble des pays démocratiques connaît ce clivage, même s’il revêt d’autres formes. Depuis des siècles (depuis le néolithique et l’apparition de l’agriculture pour Marx), les sociétés ont été divisées entre une minorité qui possède des biens et des outils de travail et une majorité qui possède uniquement sa force de travail, le pouvoir allant à la minorité et celle-ci exploitant la majorité. Cette minorité, pour garder le pouvoir, s’est appuyée sur différents leviers (la religion, l’armée, etc...). La majorité s’est plusieurs fois rebellée et a voulu détruire le système, ce qui est logique. Les "possédants" ont dû s’adapter pour survivre et surtout rester à leur place.

Aujourd’hui, rien n’a changé. Cette lutte des classes existe toujours. Elle s’est seulement pacifiée par le système démocratique (les possédants ne souhaitant pas forcément, et c’est humain, finir décapités comme Louis XVI par exemple, n’est-ce pas M. Sarkozy ?).


Avec le suffrage universel, la position de la droite qui représente les intérêts de la minorité possédante (ce qui n’est pas une insulte, les possédants ayant le droit de voir défendre leurs intérêts) devient plus délicate. En effet, logiquement, avec le suffrage universel doivent s’imposer les intérêts de la majorité, censée être représentée par la gauche. C’est là que nous nous devons d’être admiratifs, car même dans le système démocratique et avec l’apparition du suffrage universel, la classe dominante a réussi à garder le pouvoir. C’est extraordinaire de voir cette capacité de survie (d’un point de vue darwinien). Quelles sont les recettes de cette exceptionnelle longévité ?


Eh bien cela tient en quelques outils qui n’ont guère changé sur le fond mais seulement dans la forme. Le premier de ceux-ci est la substitution de la "lutte des races" à "la lutte des classes". C’est très efficace. Tout d’abord, on reprend les idées de l’adversaire (la lutte des classes) et on la transpose (la lutte des races). Le Pen en est la caricature. L’immigré moyen appartient à la même classe sociale que le Français moyen (lui-même souvent descendant d’immigré). Or, dans un concept de "lutte des races", il a la satisfaction psychologique d’être supérieur à l’autre, cet immigré, cet apatride qui revêtira tour à tour tous les aspects symboliques du mal qui nous effraye. C’est le Juif banquier qui exploite le prolétariat, l’Arabe polygame et intégriste qui, après avoir mangé notre pain et pris notre travail, nous vole notre aide sociale. Il est amusant (si je puis me permettre) de noter qu’une génération d’immigrés une fois intégrée, se met à pourfendre la génération suivante. "Les macaronis" des années 30, qui eux aussi étaient accusés de manger le pain des Français, ont vu une partie de leur descendance rejoindre le Front national et dénoncer "le bicot" "voleur, fainéant et fourbe". Les qualificatifs sont toujours les mêmes et s’appliquent à toutes les minorités de n’importe quel pays (les Roms en Europe de l’Est, les Juifs un peu partout, les Arabes en Israël, les Turcs en Allemagne, etc.) Ce discours s’appuie en général sur une argumentation inattaquable à défaut d’être solide du genre : "Je connais un ami d’un ami qui a pour voisins une famille d’immigrés où l’homme a trois femmes et quinze enfants et qui touchent 3000 € d’aide sociale par mois". Évidemment, ça énerve le Français qui se lève tôt et qui souffre toute la journée pour ramener son maigre SMIC qui suffira à peine à faire vivre le ménage. Il n’est pas raciste, puisque qu’il a pour ami "un couple de noirs très gentil", mais quand même "il serait temps de faire le ménage".


La France, comme tout pays démocratique, a besoin d’un Le Pen qui est un exutoire aux rancœurs de ceux qui n’ont rien ou pas grand-chose. Il permet à la gauche de gouvernement d’affaiblir la droite et aussi l’extrême gauche (que d’anciens électeurs du PC qui votent aujourd’hui pour le FN), et à la droite de gouvernement de banaliser des idées qu’elle reprendra de manière édulcorée et moins caricaturale afin de se maintenir au pouvoir.


Pourquoi faudrait-il contrôler l’immigration mais pas les échanges internationaux qui maintiennent la majeure partie du globe dans une misère qui ne fait qu’encourager l’émigration ? Pour continuer de payer son café 2 € par exemple. Et 3 grâce au commerce "équitable" qui donnera bonne conscience aux plus éveillés de nos concitoyens sans remettre en cause "l’Ordre du monde".


Je n’en veux pas spécialement à Nicolas Sarkozy, quoique je ne l’apprécie guère. Mais étudier son parcours dans les cinq dernières années est intéressant pour comprendre les mécanismes qui permettent à ceux qui possèdent de se maintenir au pouvoir.


21 avril 2002, le choc. Le Pen au second tour. La gauche de Jospin, au bilan mi-figue mi-raisin sans être négatif (baisse réelle du taux de chômage, croissance forte) se trouve battue sur l’exploitation de faits divers (dont le fameux Papy Voise qui depuis a fait "pschiiiit" !). L’insécurité étant la préoccupation majeure des Français, la droite, réputée plus compétente (sans que cela soit forcément fondé) que la gauche sur ce sujet, accède au pouvoir. Nicolas Sarkozy devient ministre de l’Intérieur, poste clé pour lutter contre ce "fléau". Ce "sentiment d’insécurité", car il s’agit bien d’un sentiment, la France d’alors n’étant pas moins sûre que celle des "Misérables" de Victor Hugo, de celle des "Bas-fonds de Paris" d’Eugène Sue, de celle des "Apaches", des "blousons noirs" du très sarkoziste Johnny, j’en passe et des meilleures, s’appuie sur les attentats du 11 septembre, une situation sociale peu reluisante. Et puis, même quand on est un ministre-candidat qui revendique n’avoir aucun tabou et refuser la langue de bois, il y a des sujets électoralement plus porteurs que d’autres. La peur de l’autre, la xénophobie, sont des sentiments très ancrés dans toute société humaine et un instrument de pouvoir toujours d’actualité. Les églises l’ont utilisé, mobilisant leur peuple contre les infidèles, canalisant les sentiments de haine contre l’autre pour mieux faire oublier les abus du pouvoir en place. Le catéchisme républicain et « anti-boches » de la IIIème République est issu du même principe. Hier, l’immigré volait le travail au Français, aujourd’hui où l’on sait que le taux de chômage des « quartiers » dépasse les 20%, l’immigré vole l’aide sociale au Français. Vingt ans de guerre aux acquis sociaux de nos politiques et de nos patrons, mais le bon peuple préfère croire que ce sont les immigrés qui leur volent leur part du « gâteau social ». Il faut alors être admiratif de l’habilité de Nicolas Sarkozy, ou peut-être en vomir. Le Conseil français du culte musulman va lui permettre d’avoir l’air de faire un geste vers les populations des cités, tout en identifiant l’immigré à l’Islam qui fait trembler le monde. La peur, irrationnelle, sur laquelle un « vrai chef » aux coups de menton viril peut compter pour accéder au poste suprême, celui auquel il rêvait avant même d’avoir commencé à se raser.

Car on a beau feindre le mépris des sondages, on les lit tous les jours, on les commande par centaines. Comment peut-il en être autrement dans une « monarchie républicaine » où les élites sont à tel point déconnectées des réalités quotidiennes ? Or, les sondages s’appuient sur une « catégorisation » de la société. Le ministre-candidat s’adressera donc à des catégories, les éloignant les unes des autres, faisant mine d’en privilégier certaines au détriments d’autres et ainsi de suite. Je rappelle juste que cet outil de pouvoir est loin d’être récent, l’exemple le plus frappant étant la gestion ethnique des ex-colonies. Je ne diabolise pas ici Sarkozy, et je ne dis pas que la France est le Rwanda, car Sarkozy n’est ni le premier ni le dernier à s’appuyer sur ce principe « machiavélique ».

Une autre arme, c’est de savoir rester vague, un peu comme les astrologues et les voyants. L’immigré, c’est quoi au juste ? Chaque électeur (je n’emploie pas le mot citoyen car ce n’est pas ce que nos élus attendent de nous) peut y mettre ce qu’il veut. Je vais tenter de dresser son portrait-robot : il est jeune, musulman, il déteste la France, il n’a pas de papiers, il est violent, voleur, il lapide les femmes quand il ne les fait pas brûler vives, comme les voitures de ceux qui se lèvent tôt et qu’il regarde narquois tirant sur son joint adossé aux boîtes aux lettres qu’il a vandalisées, dans un hall infesté de l’odeur de son urine. Il excise sa fille, il égorge les moutons dans sa baignoire. Bref il incarne le mal et c’est tout ce qu’on lui demande. C’est un fantasme, mais qui va souder la communauté nationale autour d’un ennemi commun. Car évidemment nul ne peut se reconnaître dans ce personnage. Pour donner corps à une telle caricature, on utilisera le fait divers comme preuve irréfutable, renvoyant toute argumentation rationnelle à un angélisme post-soixante-huitard.


Alors, non, Sarkozy n’est pas Hitler. Il ne fait qu’utiliser les mêmes outils, qui sont ceux de tous les hommes assoiffés de pouvoir. Pour être Hitler il faut des circonstances historiques particulières qui ne sont pas réunies aujourd’hui. Il faut apprendre à décrypter les discours, car ils sont moins le reflet d’idées qu’un instrument de pouvoir.


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73 réactions à cet article    


  • dégueuloir (---.---.131.143) 16 avril 2007 14:42

    mais les deux mon capitaine ! + l’eugénisme (doctrine nazie en l’occurence !)fascho,escroc,et manipulateur (cela va de soi !)


    • dégueuloir (---.---.131.143) 16 avril 2007 14:43

      j’ajouterai....menteur !!


    • Sarko c’est niet (---.---.195.23) 17 avril 2007 14:32

      Robert Badinter s’en est pris aux positions de Nicolas Sarkozy sur la pédophilie ou le suicide qui peuvent, selon lui, conduire aux « pratiques funestes de l’eugénisme ».

      http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/elysee_2007/20070417.OBS2380/badin ter__sarkozya_lepenise_son_discours.html


    • cétékri (---.---.102.1) 16 avril 2007 15:28

      Je pense que tu devrais continuer bucheron, chacun son métier..

      Surtout fais gaffe de ne pas te mettre un coup de machette au moment des résultats qui annonceront SARKO vainqueur au soir du 2° tour !!

      Je plaisante, mais fais gaffe quand même...


      • Inquiet (---.---.1.169) 17 avril 2007 10:58

        Continuer bucheron ... chacun son métier ....

        Il est évident que quand on parle de lutte des classes et par extension « France d’en haut » et « France d’en bas », c’est le genre d’argument qui pil poil vient confirmer les présomptions de l’auteur.

        Merci pour avoir valider définitivement la véracité des propos de l’auteur smiley

        P.S. Apprendre à manier le boomerang pour éviter qu’il revienne en pleine figure


      • Emile (---.---.218.194) 17 avril 2007 11:41

        Le commentaire de « cétékri » est bien plus minable que cela.

        C’est au mieux le fait d’un petit parvenu.

        Et il confirme que Sarkozy, s’il représente les « possédants », mobilise avant tout « la droite sortie du caniveau ».

        Cet excellent article décrit d’ailleurs le processus.


      • Milla 17 avril 2007 12:19

        @ Emile

        je viens de le replier -15

        @ bel article l’auteur

        Division Internationale du Travail... les pays pauvres sont des pays d’extraction essentiellement, le commerce équitable et le développement sont des idéologies hypocrites...

        Milla


      • sam (---.---.97.20) 16 avril 2007 15:45

        Mais arretez ce genre de calomnies niveau cour de recre ...

        Vous ne vous rendez pas compte qu’a chaque fois que vous associez sarko et fasho, il gagne des voix et le pen aussi ?

        Faut vous faire un dessein sur ce qui va se passer le 22 avril avec des arguments de ce genre ?

        Arretez ! vite ! sam


        • (---.---.244.229) 16 avril 2007 18:21

        • masuyer masuyer 16 avril 2007 19:08

          Je me suis visiblement mal fait comprendre, je ne pense pas que Sarko soit facho. Certains de ces discours surement,mais je crois que ce qui anime le bonhomme c’est son rêve de président. De toute façon comment voter en connaissance de cause quand tout est dit et son contraire (et je ne parle pas ici que de Sarko). Citer Jaurès quand on souhaite supprimer l’impôt sur les successions, personnellement ça me laisse coi. Et pour être clair, la réponse au titre serait plutôt Sarko escroc.


        • Jojo2 (---.---.158.64) 16 avril 2007 16:00

          C’est assez bien vu, bien que trop limité. Pour régner, il faut diviser, c’est vieux comme le monde. Chaque camp choisit les antagonismes qui font son fond de commerce : travailleurs/patrons à gauche, profiteurs/payeurs à droite. Quitte à caricaturer jusqu’au grotesque.


          • (---.---.41.169) 16 avril 2007 16:10

            « 21 avril 2002, le choc. Le Pen au second tour » ça vous a surpris.... Faut sortir mon brave Monsieur.

            De plus vous osez la comparaison Sarkozy avec Hitler... Rien à rajouter. Je ne crois pas avoir jamais lu pareille imbécilité.

            Rendez vous le 22 avril pour un autre choc (enfin pour vous) !


            • masuyer masuyer 16 avril 2007 19:14

              Si je compare Sarkozy à Hitler, c’est parceque le parallèle est régulièrement fait. Pour autant, je rappelle que j’ai écrit « non Sarko n’est pas Hitler ». Par contre se présenter comme le « candidat de ceux qui payent leur billet », donc des honnêtes gens, quand on est soutenu par des Tapie ou des Balkany, je trouve cela risible. Mais que voulez vous, beaucoup de français semble préférer se faire voler par les riches que par les pauvres, est-ce le syndrôme du domestique (excusez la caricature)


            • (---.---.41.169) 17 avril 2007 11:30

              « Si je compare Sarkozy à Hitler, c’est parceque le parallèle est régulièrement fait » et par qui donc ??? Certainement de formidables démocrates qui faute d’arguments taitent N. Sarkozy de facho, de nabot... De la calomnie à longueur de mes lectures sur AV. Je ne crois jamais avoir lu que Mme Royal c’était Staline ou M. Besancenot, Pol Pot. Merci d’être plus mesuré !


            • PasKal 17 avril 2007 19:57

              Comparer le p’tit-Sarkosy à Hitler, peut-être pas ; mia sà Franco, Mussolini ou Pinochet : OUI, assurément !


            • (---.---.104.229) 16 avril 2007 16:13

              Sincérement,je déteste Sarko, mais plus encore les articles aussi puérils.


              • nessoux (---.---.25.117) 16 avril 2007 16:36

                Mr le citoyen ordinaire cynique devant la betise humaine. Votre question est pour le moins fermée. Une autre proposition est possible :

                Sarko est-il le bon président que le pays attend depuis plus de 30 ans ?


                • masuyer masuyer 16 avril 2007 19:41

                  30 ans ? ça nous ramène en 1977 si je ne m’abuse. N’ayant que 2 ans à l’époque pouvez-vous me rafraichir la mémoire ? C’est là que Giscard a dérapé ? Toute plaisanterie mise à part, il serait peut-être temps que la France devienne une démocratie adulte qui cesse d’attendre le messie tous les cinq ans.


                • nessoux (---.---.25.117) 17 avril 2007 14:17

                  J’ai écrit « plus de trente ans » donc Giscard est inclus dans cette proposition


                • Rojer (---.---.91.46) 16 avril 2007 17:22

                  C’est le problème sur internet : on trouve, mélangée avec les autres news, des articles dont on se rend compte qu’ils n’auraient pas permis à un potache de se faire remettre le BEPC.

                  La possibilité de publier n’engage pas à la modestie, n’est ce pas ?


                  • arturh (---.---.119.98) 16 avril 2007 17:24

                    Ca devient maintenant une habitude sur Agoravox : dans les articles sur Sarkozy, on attend même pas les premières réactions pour atteindre le point godwin, on l’atteint dans l’article lui-même !

                    Quant au contenu de l’article !

                    Il commence par : « ...les sociétés ont été divisées entre une minorité qui possède des biens et des outils de travail et une majorité qui possède uniquement sa force de travail, le pouvoir allant à la minorité et celle-ci exploitant la majorité... »

                    Aujourd’hui n’importe qui, une majorité en tous les cas, peut posséder son propre instrument de travail : que ce soit une perceuse électrique ou un ordinateur. Réduire à ces démonstrations simplistes la candidature de Sarkozy ne nous apprend rien, sinon, peut-être, en creux, une explication sur la pauvreté abyssale des arguments de ses opposants.


                    • Aldoo (---.---.43.7) 16 avril 2007 18:17

                      Et si un jour on écrivait un article sur Hitler lui-même (pourquoi pas, après tout, c’est un sujet intéressant), est-ce qu’on atteindrait automatiquement le point Godwin ? Et si on appelait quand-même ça un point Godwin, est-ce que cela ferait pour autant de tout article sur le IIIe Reich un article puéril ?

                      Pour revenir à Sarko, bref,... est-ce qu’appeler un chat un chat est un point Godwin ? (parce que ses miaulements eugénistes, sa stratégie de désignation de l’Ennemi intérieur, son muselage des médias et ses flicage et fichage permanents n’augurent rien de bon !)


                    • non666 non666 16 avril 2007 18:48

                      Le point « Godwin » est encore un des ces concepts judeo-centriste qui recupere le vieux pour faire du neuf.

                      Dans la dialectique ou la rhetorique classique, il est admis qu’un interlocuteur a « perdu » quand il ne lui reste plus que l’invective.

                      Il fallait encore recuper ceci avec Une version Judeo-friendly et diabolisante qui permet de consacrer certains interets.

                      Parler de point Godwin revient a dire que rien ne sera comparable au genocide des juifs et que la discussion est sortie des rails. Encore une fois ce n’est ni plus, ni moins que du judeo-centrisme.

                      Le monde ne commence pas avec la fin du regime nazi.


                    • Senatus populusque (Courouve) Courouve 16 avril 2007 19:05

                      Il se trouve tout simplement que ce point Godwin apparaît comme un point limite, une arme absolue du langage qui scotche l’interlocuteur.

                      Comme dans cet échange entre BHL et Elisabeth Lévy :

                      "Petit dialogue dans Répliques du 6 juillet 2002, sur France Culture :

                      Elisabeth Lévy à BHL : Je sais que vous connaissez Alain Finkielkraut, vous ne pouvez pas le soupçonner je crois de complaisance à l’antisémitisme [...] vous répétez « Renaud Camus est un fieffé antisémite », pourquoi, B.-H. L., ne vous êtes-vous pas demandé, à aucun moment : mais si Alain Finkielkraut le soutient, peut-être que je peux me tromper ? BHL : A ce compte là, il y a dix ans, j’aurais dû me dire : attention, si Noam Chomsky préface Faurisson, alors je devrais ... Noam Chomsky est un grand intellectuel [...] j’aurais dû me demander, me poser la question : tiens ! tiens ! tiens ! si Chomsky préface Faurisson, c’est peut-être qu’il y a un noyau ... EL : excusez-moi, c’est pas exactement la même chose, mais non ... Vous n’avez pas le moindre doute, c’est ça que je veux dire. BHL : Comment voulez-vous que j’aie des doutes ? On est dans un univers bizarre, voilà un type, Renaud Camus, qui arrive et qui dans un Journal d’abord, compte les juifs de France Culture."

                      L’interdit sur le révisionnisme verrouille les débats, cloue le bec à Élisabeth Lévy elle-même ; c’est l’argument ad Faurissonem du « philosophe » Lévy : le droit de juger sans examiner dans l’affaire Faurisson, droit accordé par le politiquement correct, s’étend à chaque occasion d’indignation morale ...


                    • non666 non666 16 avril 2007 19:12

                      Vous prechez un converti.

                      Mais bon QUI est encore fragile a ce type d’arguments ? Ils n’ont meme pas la valeur d’une hypothèse scientifique. C’est une legende urbaine, un argument du web qui ne touche que ceux qui croit qu’il est etabli et validé...

                      Il vehicule trop d’interets pour ne pas etre ce qu’il semble etre...


                    • masuyer masuyer 16 avril 2007 19:46

                      L’outil de travail au sens de Marx englobe un peu plus qu’une perceuse électrique, un ordinateur, ou une clé à molette.


                    • Aldoo (---.---.118.122) 16 avril 2007 19:57

                      Je pense qu’il ne faut pas non plus rejeter le concept de point Godwin, car il sert justement à dénoncer la comparaison systématique aux nazis, puisqu’il s’agit dans la plupart des cas que d’un sophisme débile (=faible) pour discréditer son contradicteur.

                      Mais l’abus de Godwin est aussi mauvais que l’abus de comparaison aux nazis, ne serait-ce que parce qu’il fait aussi de ce fameux point un argument tout aussi débile, en particulier lorsque le sujet de la conversation concerne effectivement le nazisme à un certain degré.

                      Dans le cas de Sarko, je dirais que certain faits et certaines déclarations sont troublants. En tout cas assez pour qu’on ait le droit de se poser la question si Sarko est un facho, sans soulever de point Godwin. Ensuite on peut argumenter, mais je ne pense pas que brandir la loi de Godwin se justifie ici comme moyen d’éviter le débat.


                    • Emile (---.---.218.194) 17 avril 2007 11:49

                      L’expression « Halte !... point Godwin » est devenue le deus ex machina des petits réacs de tout poil


                    • Dan Stern Daniel Stern 17 avril 2007 13:52

                      L’opposition indiquée par l’auteur de l’article entre les deux grandes classes est loin d’avoir disparu ! « Aujourd’hui n’importe qui, une majorité en tous les cas, peut posséder son propre instrument de travail : que ce soit une perceuse électrique ou un ordinateur. » Nous n’avons sans doute pas la même notion d’instrument de travail ! Et même si grâce à Internet, effectivement l’ordinateur peut devenir un moyen de production (très artisanal quand même), l’idée est là et c’est inutile de tomber avec autant de mépris sur un article assez intéressant.

                      « une explication sur la pauvreté abyssale des arguments de ses opposants » pourtant l’auteur a bien dit qu’il n’est pas anti-Sarkozy (et le ton général de l’article est tout à fait modéré). Par cette phrase, Arturh nous apprend qu’il est partisan de Sarkozy (pas gênant il a le droit) mais aussi qu’il a des tendances méprisantes et paranoïdes. Est-ce le cas de tous les partisans de Sarkozy smiley ?


                    • Fred (---.---.20.123) 16 avril 2007 17:28

                      A lire la presse dans les pays disposant d’une presse libre (pays européens autres que la France) Sarkozy est un homme qui fait peur.

                      Il a des idées rétrogrades pour ne pas dire anachroniques, il a toujours un avis sur tout et surtout il le fait savoir (même si ce n’est pas à jour ou même si c’est n’importe quoi ... ) Bref, Sarko nous sort toujours sa science ... plus de SDF dans 2 mois ... plus de travail et plus d’argent ... pas de privatisation (heu ... ah si finallement privatisation)... Chirac est le meilleur (heu non finallement balladur ... si chirac ... bon on ne sait plus )...

                      Sarko est un traitre qui n’a que seul allié lui même. Si Sarko perd, on n’entendra plus jamais parlé de lui tellement il est fier .

                      Il ne supportera jamais cet échec ; et franchement ça en motive plus d’un pour aller voter contre lui Dimanche et également dans 15j.

                      Tous sauf Sarko, Même si c’est Arlette - Sarko au 2ème tour, pour la première fois de ma vie je suis pret à voter Arlette.


                      • Pascal 30 avril 2007 11:13

                        "... Si Sarko perd, on n’entendra plus jamais parlé de lui tellement il est fier .

                        Il ne supportera jamais cet échec..."

                        Ca arrive a des hommes politiques de se retirer apres avoir perdu une élection présidentielle perdue, cela arrive tout le temps dans d’autres pays, en france le dernier candidat socialiste l’avait fait... certe il a ensuite changé d’idée, mais...


                      • Pascal 30 avril 2007 11:22

                        Tout le monde insulte Mr Sarkozy dés que démarre la critique, pourquoi ? parce que les critiques à l’égard de monsieur Sarkozy sont généralement composées de quelques % sur son programme, beaucoups son charisme dangeureux, son dynamisme tellement inhabituel et insupportable, sa vocation à établir une dictature fasciste, sur sa taille qui le rapproche obligatoirement de certaines figures historiques négative, parfois meme il ne semble pas etre le bon fils d’immigré qu’il est pourtant.

                        Et cet article ne déroge pas a ce qui se lit dans nombre d’articles « critiques ».


                      • NumaK (---.---.204.147) 16 avril 2007 17:50

                        Facho ? Je ne crois pas ... manipulateur, par contre, j’ai qd même qques (!) doutes smiley http://www.latelelibre.fr/index.php/2007/04/nicolas-sarkozy-a-meaux-ici/


                        • barbouse, KECK Mickaël barbouse 16 avril 2007 20:06

                          Bonjour,

                          Bonne article,

                          jusqu’a la jonglerie de l’esprit entre Sarkozy et Hitler, c’est toujours un exercice d’équilibriste douteux, même sur l’angle que l’on veut rigoureux de l’analyse de leurs discours, et fondamentalement on ne déduit rien entre similitudes et divergences de ces discours, par ce que ça fondamentalement rien à voir.

                          je crois au contraire que ce sont les quelques similitudes historiques, la misère économique de l’Allemagne d’après guerre 14-18, un moral national au plus bas, le besoin de désigner un « coupable » tel une victime expiatoire, qui engendrent les mêmes recours aux mêmes rhétoriques.

                          Seulement a aucun moment on ne peut comparer l’état d’esprit de la France d’aujourd’hui à la population allemande d’après guerre, ne serais ce que parce que nous, on en a bavé, mais on a fini par les gagner nos guerres.

                          Enfin, Sarkozy fait peur, c’est palpable, et même si tout le monde n’intellectualise pas pourquoi, c’est un sentiment qui se diffuse tellement plus vite que les autres, que le 22 ou le tour d’après, je ne risquerai pas un euro sur sa candidature.

                          Amicalement, barbouse


                          • lolokerino (---.---.41.177) 16 avril 2007 21:06

                            ce genre de sujet ridicule ne merite toujours que la même reponse : Les bayrouistes , dans la derniere ligne droite , se jettent à corp perdu dans tout en tas d’articles avec des titres racoleurs ayant un moyenunique et un objectif unique Faire un exposé brillant et faussement reflechis afin de diaboliser les concurrents de leur gourou !

                            les plus souvent contre Sarko, c’est normal , en tête des sondages il est la cible , mais aussi nombre d’article abject pour occulter le courage de Royal

                            mais la multiplicité des sujets , l’outrances des propos , les amalgames faciles, le deversement de haine, cette ensemble derisoire conduit finalement à ridiculer leurs auteurs en pannes definitive de veritable arguments

                            En parrallele , JFKahn se ridicule definitivement avec ses publicités racoleuses à la télé pour vendre son torchon sur le même theme !

                            C’est vrai que concernant les arguments, leur leader ne les a pas beaucoup aidé avec son programme a minima, son absence d’engagement clair et sa posture à geometrie variable

                            On a les soutiens que l’on merite...


                            • (---.---.132.2) 16 avril 2007 22:47

                              Sans oublier charlie hebdo et son ***** de rédac en chef, qui fait des panouilles sur itélé et fait de la désinformation....


                            • Bisonduvaldajol (---.---.129.98) 16 avril 2007 23:10

                              Le système qui dirige qui ?

                              Quelles sont les alliances du candidat ou de la candidate ? A qui profitent les divisions idéologiques ? Qui dirige qui ? C’est une question que nous devrions nous poser avant de porter notre bulletin dans l’urne ?

                              "Les individus qui vivent dans les nations dites démocratiques s’imaginent être libres et égaux en droits. Ne parlons pas des devoirs dont la notion est sujette à interprétations diverses. Les hommes pour lesquels ils votent afin d’être représentés au sein des assemblées nationales sont censés défèndre cette liberté et ces droits : Le peuple est souverain.

                              En réalité, les citoyens sont floués, manipulés et désinformés car le libéralisme économique et le capitalisme sauvages ont pris le pouvoir depuis une vingtaine d’années et les politiques ne sont plus que des « marionnettes » dont les dirigeants des multinationales tirent les ficelles. Ces dirigeants, par le biais de groupes de pression, constituent désormais un « état » dans chaque état. Qui détient un pouvoir économique considérable détient le pouvoir politique. 0r il fàut savoir que ce pouvoir économique au niveau planétaire est exercé par un petit groupe d’individus sans scrupules qui ont pour objectif l’établissement d’un gouvernement politique unique mondial. Les dirigeants des multinationales imposent aux gouvernements leurs « Diktats » élaborés par un « cerveau » qui se trouve aux Etats-Unis. Tout est pensé et programmé pour que les individus deviennent des citoyens du monde, consommateurs soumis et dénués de toutes réactions politiques, nationalistes et culturelles. La pieuvre américaine étend des tentacules qui enserrent tous les secteurs-clés de l’économie des nations. Les têtes pensantes du petit groupe signalé sont racistes : il faut limiter la démographie dans certains pays d’Afrique et d’Amérique du sud, liquider les homosexuels, les drogués partout dans le monde, les noirs américains, considérés comme des cancers qui rongent la société.

                              Pour mener à bien cette politique, le « cerveau » se sert des instances internationales qu’il contrôle (O.M.S.-O.N.U. ; Banque mondiale et de divers organismes nationaux (CDC-CIA... etc.). Le « cerveau » utilise la biologie et la médecine dont les fondements sont erronés afin de parvenir au but qu’il s’est fixé. De là : Les campagnes de vaccinations truquées Les manipulations génétiques Les aliments transgéniques et irradiés Les oestroprogestatifs et produits abortifs Le Sida Si nous laissons faire les savants « fous » et les « apprentis-sorciers » qui, pour des raisons de profit ou par bêtise, sont aux ordres des multinationales, nous nous dirigeons inéluctablement vers une issue apocalyptique d’ici deux décennies.

                              « Extrait de : »nous sommes tous des « cobayes »« du Dr Louis de Brouwer (Avril 1997) - Cet ouvrage rend compte d’un »système" insoupçonné par la plupart des gens et les alerte quant aux terribles conséquences prévisibles à court terme Que dire de plus ? Il suffit d’ouvrir les yeux sur la realité du monde aujourd’hui, 10 ans après les propos de ce médecin virologue et consultant international, que j’ai eu l’honneur de rencontrer . - Il est urgent de reconquérir notre identité. Jean-Marie Le PEN a les qualités recquises , LA FORCE, L’ENERGIE, LE COEUR et L’INTELLIGENCE pour diriger la France.


                              • RemiZ (---.---.178.10) 17 avril 2007 10:59

                                La theorie du complot mondial pour faire de nous des moutons est un peu surfaite. Tout les faits menent a cette conclusion, mais il s’agit d’une evolution « naturelle ». En effet, comme ce sont les dirigeants qui choisissent la facon dont evolue le monde, on tend naturellement vers un systeme qui favorise les puissants.

                                Apres, quelques actions ponctuelles sont menees en ce sens. Je pense par exemple au Patriot Act americain ou a la loi Perben si francaise. Une chose est sure, Le Pen n’est pas la solution !


                              • louis mandrin (---.---.39.50) 16 avril 2007 23:20

                                je dirais même plus, les deux mon général.....et il veut diriger la france (ou la piller, comme les chirac ?)


                                • Forest Ent Forest Ent 16 avril 2007 23:26

                                  Sarkozy n’est pas un nazi : c’est un neocon, ce qui est un peu l’autre extrême du spectre.

                                  Le nazisme, c’était l’Etat salvateur qui contrôlait les trusts, avec lesquels il entretenait d’utiles passerelles. Le neo-conservatisme, c’est le Marché salvateur qui contrôle l’Etat avec lequel il entretient d’utiles passerelles.

                                  Le nazisme est, comme son nom l’indique, la forme corrompue de l’idée sociale.

                                  Le neo-conservatisme est la forme corrompue de l’idée libérale.

                                  Les extrêmes se touchent. Ce qu’ils ont en commun est de favoriser les riches, de produire des armes, et de désigner un « ennemi » à toutes fins utiles.

                                  Ce que l’on peut apprendre des deux exemples est que les citoyens doivent surveiller leurs institutions s’ils veulent qu’elles fonctionnent. Et ils doivent pour cela entretenir un doute légitime sur les informations qu’on leur présente.

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