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Accueil du site > Actualités > Politique > Sarkoland ou Disneyland ?

Sarkoland ou Disneyland ?

Tout dans la vie est une question de choix, disait Pierre Desproges. Dans un peu plus d’une semaine l’heure du choix sonnera pour quelques 44 millions de Français qui devront à nouveau sacrifier une journée ensoleillée de pêche à la ligne au profit d’un petit détour par l’isoloir. Alors, la Belle ou le Brun ?

Deux « conceptions » très « différentes », nous dit-on. Deux personnalités que tout oppose, affirme-t-on. D’un côté un quinquagénaire pressé, trop pressé, que l’on annonce partout comme le futur péril français, une sorte de « cavaliere  » hexagonal, le pendant parfait de Silvio Berlusconi, pour reprendre les mots mêmes de François Bayrou. Pourtant, Sarkozy n’est ni patron de presse, ni dirigeant de chaînes de télévision. Il n’a pas non plus, à ce que l’on sait, d’implants capillaires et ne possède pas de grand club de football. (Il est simplement supporter du PSG, ce qui fait de lui, incontestablement, à défaut d’un amateur du beau jeu, au moins un être capable d’une certaine patience, de beaucoup de tolérance, ou d’un réelle compassion.).

Les portraits de Sarkozy qu’on lit depuis de longues semaines dans la presse quotidienne (Libération, où Joffrin a choisi comme politique éditoriale une opposition systématique et un peu caricaturale au candidat UMP) ou hebdomadaire (le numéro collector, entre autres, du Marianne de Kahn, vendu comme un petit pain et depuis ouvrage culte dans « anti-sarko ») ne laisse finalement pas trop de choix au citoyen lambda : comment, en découvrant toutes ces horreurs, toutes les aspérités redoutables de ce personnage-là, pourrions-nous une seconde, ne serait-ce qu’une seconde, envisager de voter pour lui ? Ce serait faire preuve d’irresponsabilité, rien d’autre. Choisir une telle terreur, qui sur les journalistes (tellement libres jusqu’ici, tellement indépendants sous Mitterrand, par exemple, tellement objectifs) ferait peser une chape de plomb n’ayant d’égale que la censure stalinienne, choisir donc un tel épouvantail, un tel « père fouettard », pour reprendre les mots de madame Royal, serait faire preuve d’un cynisme rare.

Et puis, si ce n’était que cela... mais il y a aussi toutes ces « libertés individuelles » que le candidat Sarko, devenu président, s’empresserait de rogner aussi sûrement que le vautour nettoie sa charogne. Sans rien laisser, même pas un morceau de peau, rien. Que l’os. Comment imaginer voter pour un ministre de l’Intérieur qui, déjà, a installé, si l’on en croit les penseurs de chez Ruquier ou de chez Diam’s un « Etat policier ». Vous vous rendez compte ? Un Etat policier ! Comme sous Pinochet ! Toute réunion interdite ! Toute opposition proscrite ! Et des rafles d’opposants, même en plein jour, même devant les écoles maternelles, certains de ces opposants qu’on ne retrouvera, comme au Chili à l’époque, jamais. C’est tout cela Sarkozy, les Inrockuptibles vous le jurent. Télérama vous le confirme. Joey Starr, même Joey Starr, est prêt à le beugler sur tous les tons : Sarko facho !

De l’autre côté de cet entonnoir-là, de ce trou noir démocratique, on trouve l’oie blanche de gauche, arrivée là malgré l’opposition de ceux de son camp, malgré le rejet dont elle est encore victime à sa propre table : Ségolène Royal. Une rupture plus tranquille, tu meurs ! Une sorte de valse à mille temps, chacun très compté, très mesuré, pour ne pas donner la nausée, n’écraser les pieds de personne. Un monde idéal, entre Oui Oui et Caroline, où la croissance repartirait grâce à la confiance, où l’on n’aurait pas besoin de service minimum parce qu’il n’y aurait plus de grève, où les jeunes futurs délinquants seraient dès le plus jeune âge placés dans des internats « de proximité » pour être cadrés, et recadrés. Où les femmes auraient, toutes, leur place, avec des salaires équivalents à ceux des hommes. Où les patrons ne connaîtraient plus le parachutes dorés, mais embaucheraient à tour de bras malgré l’interdiction votée des licenciements, parce qu’ils auraient confiance, parce que l’audace surgie du Poitou leur donnerait des ailes et les pousserait à se confondre en humanité, en prévenance, en attention vis-à-vis de leurs employés, tous leurs employés, des caissières aux femmes de ménage, du chef de rayon au technicien de surface. Un monde, une France, une France-Monde belle comme un cocktail de Jack Lang, qui retrouverait soudain quelques plumes dans cet élan-là et pourrait à nouveau doper la culture, en faire un ministère respecté comme avant, où les intermittents auraient une écoute et du répondant, et Philippe Torreton un strapontin. Ségolène, c’est plus que de l’audace, c’est une évidence.

On se demande comment on avait fait pour ne pas y penser avant. Tant de possibilité en une seule femme, c’est pas Dieu possible. Tant d’ordre juste, de travail juste, de gouvernance juste sous un seul tailleur, c’est à peine croyable. Pensez donc : avoir l’idée de remplacer les vieilles centrales nucléaires par des usines qui fabriqueraient des panneaux solaires ! Extraordinaire, non ? Retraiter les déchets nucléaires pour remplacer l’uranium bientôt tari ! Fabuleux ! Augmenter sur cinq ans le salaire minimum pour le porter à 1 500 euros... brut ! Renversant, non ? Ne plus considérer les USA comme une superpuissance ! Révolutionnaire ! Autre chose, quand même, que l’autre petit nerveux de Neuilly, qui se déchausse sur les plateaux télé (le poids des talonnettes, sans doute). Et en plus, Ségolène à l’heure de plaire à l’autre grand condor du paysage politique français, François Bayrou. Alors là... N’en jetez plus, la coupe est pleine.

Tout dans la vie, donc, est une question de choix. Dans une grosse semaine, ce sera choisir entre Sarkoland et son cortège de peurs fantasmatiques, entretenues par quelques bourgeois bohèmes en manque de tirage, et Disneyland et son défilé de bonnes intentions, son espoir d’un monde meilleur surgi de nulle part mais qui s’imposerait de soi, comme ça, comme par enchantement. Ségolène recevrait le baiser du Prince (le peuple) et elle s’éveillerait au merveilleux, la France avec, soudain plus belle qu’elle ne l’a jamais rêvée.

On savait les périodes électorales riches en promesses jamais tenues, on les découvre génératrices d’hystérie, d’emballement et de folie qui transforment cette campagne en soap opéra relativement passionnant. C’est cette dimension fictionnelle là qui a précipité les Français dans les urnes au premier tour : justement parce qu’il ne s’agit plus tout à fait de politique.


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74 réactions à cet article    


  • nessoux 27 avril 2007 09:37

    Article brillant comme souvent avec vous Lilian.

    L’entreprise de mystification et de diabolisation dans laquelle s’est lancée SR et le PS est bien décortiquée. C’est d’ailleurs leur seule chance compte tenu des archaïsmes du programme PS. La ficelle est un peu grosse néanmoins...


    • Claudel 27 avril 2007 17:13

      A écouter absolument :

      http://www.dailymotion.com/get/14/320xhttp://www.dailymotion.com/relevance/search/bayrou%2Brtl/video/x1tsl1_bayrou-denonce-les-pressions-de-sar

      Il s’agit de l’entretien de Brançois Bayrou à propos des pressions dont Canal + aurait fait l’objet. Il n’a pas de preuve, mais il en est persuadé !!!

      Chacun tirera ses propres conclusions.


    • Claudel 27 avril 2007 17:26

      Prendre le role de la victime, une vieille recette !!! Maintenant, à chaque fois qu’on dira quelque chose contre Sarkosy, on se fera accuser de le diaboliser.

      Moi, je préfère parler de concret, et je mets au défi tous les supporter de Sarko de démonter point par point ce que je vais dire maintenant. On va voir les courageux.

      - de sa volonté de créer un contrat unique inspiré du CNE : encore un cadeau pour les patrons. Sarko a le toupet de dire que c’est une protection pour le salarié. Plus menteur, tu meurs. Ce qu’il dit : ce contrat unique « serait assorti de garanties fortes dès le premier jour », qui « se renforceraient avec le temps, sous la forme d’indemnités croissantes en fonction de l’ancienneté ». Bref, celà permet au patron de se séparer sans aucune contrainte de motivation de n’importe quel salarié. Et, en outre, pour les jeunes embochés mis à la porte, c’est la porte pour nada !!!!!

      - de son bouclier fiscale qui fera qu’on ne pourra pas payer d’impots dont le montant serait supérieur à 50 % de ses revenu. Perso, je suis cadre sup, je gagne bien ma vie. Mais mes impot ne représentent que 5% de mes revenus. Je vous laisse donc deviner à qui profite cette loi.

      - de son ministère de l’imigration et de l’identité nationale. Il aurait pu préféré la création d’un ministère de l’agriculture et de l’identité nationale : qu’est-ce qui est moins français que le roquefort et le pinard ? En tous cas, associer identité nationale et immigration ne me parait pas plus logique.

      - de son opposition au partage du travail. J’ai participé à un déménagement la semaine dernière. Je crois que j’aurais perdu pas mal d’amis en affirmant qu’il ne faut pas se partager les tâches. Cette idée va à l’encontre de toutes valeurs humanistes.

      - de sa volonté d’augemter la TVA (ce qu’il appelle TVA sociale). Pour Sarko, l’égalité c’est de faire payer autant à un RMiste qu’à Martin Bouygues.

      - de son idée d’exonérer de ses impots les emprunts immobiliers. En voilà une idée qu’elle est bonne pour filer aux banques privés ce que l’on donne à l’Etat. Malheureusement ce ne sont pas les banques qui font des routes, des écoles et des hopitaux.

      - de sa franchise santé qui consiste à faire payer à tous les français (Rmistes ou Martin Bouygues) le même forfait annuel, qui ne sera pas rembousable.

      J’en ai d’autres si vous voulez, mais je vais m’arreter là. Je ne voudrais surtout pas diaboliser ce pauvre Sarkosy.

      Saint Nicolas, priez pour nous !


    • IP115 27 avril 2007 22:12

      « je mets au défi tous les supporter de Sarko de démonter point par point ce que je vais dire maintenant. On va voir les courageux. »

      C’est clair qu’il faut être courageux et surtout avoir envie de répondre à un tel ramassis de conneries.


    • Carlos 28 avril 2007 08:40

      Quelle hauteur d’esprit !!! J’en suis tout retourné ! Où se trouve le respect de l’autre dans tout cela ?


    • JL JL 28 avril 2007 09:58

      Claudel, deux ou trois choses : D’abord bravo pour votre intervention.

      Si en tant que cadre sup vous ne payez que 5% d’impôts, alors, ou vous avez un bon conseiller fiscal, ou votre employeur se moque de vous.

      Sarkozy envisage d’augmenter la TVA etc. Ce que l’on ne nous dit pas c’est que, lorsque le bouclier fiscal sera mis en œuvre, il sera facile d’y intégrer les taxes, pourquoi se gêner ! Ainsi, avec 25% de taxes, personne ne paiera plus de 25% d’impôts. Les baisés comptez-vous : tous ceux qui actuellement paient entre 0 et 25% d’impôts. Les classes moyennes quoi.

      Il reste suffisamment de monde de part et d’autres pour voter une telle mesure, pour faire alliance contre les classes moyennes. Cette politique c’est de la régression sociale, ou je n’y connais rien.


    • Claudel 28 avril 2007 10:18

      @ IP15

      Si ce que j’ai écris est un ramassis de connerie, il devrait être facile de le démontrer. Et ça ne demanderait surtout aucun courage.

      Or, vous le remarquerez tous. Personne n’a trouvé d’argument qui allait contre ce que je disais. Celà, je m’en doutait. Je tiens à féliciter les sarkosystes qui n(ont pas encore une fois crier à la diabolisation. On avance !!!

      Par contre, et j’ai refait tous les calculs, je tiens à confirmer que je paye aux impots : exactement 6,48% de mes revenus nets.

      Mes impots : 1400 €

      Mon revenu net annuel : 21600 €

      Dois-je rappeller qu’avec un tel salaire, je figure largement au-dessus du salaire médian français ?


    • maxim maxim 27 avril 2007 09:45

      encore un article de belle qualité ,vous faites fort en ce moment Mr Lilian .....

      quelque soient nos tendances ,tout le monde je pense le reconnait unanimement .....


      • Joelguy Joelguy 27 avril 2007 09:49

        Bien vu...dans un premier temps, je n’avais pas lu Sarkoland mais Sakhollande...à la lecture de ce post, on n’en est pas loin ....


        • Bill Bill 27 avril 2007 09:53

          ...et qui résume parfaitement la situation dans cette campagne où décidément on parle bien peu du fond !!! C’est Besson qui disait qu’au PS il s’agit surtout de cacher l’absence de programme...

          Mais la gauche a toujours été très porté sur la diabolisation ! Il faut absolument avoir lu Hommage à la Catalogne d’Orwell !

          Je me suis bien amusé en vous lisant Lilian !

          Bill


          • JL JL 28 avril 2007 10:03

            Arrêtez de parler d’absence de programme, vous passez pour des idiots. C’est précisément ce programme qui gène les nantis, lesquels possèdent aussi les moyens de s’exprimer haut et fort, d’imposer la pensée unique ! Que vous relayez !


          • Joelguy Joelguy 27 avril 2007 10:00

            @ Lilian : toi qui est de Toulouse comme moi, tu vas me comprendre :...içi, c’est Aqualand ! Pour les autres, je parle de la concession des eaux de la Ville ! Et le deuxième tour : Port Aventura ! je dirais pas qui je vois dans le Parc Astérix, quoique, le druide... Il faut un peu d’humour en ces temps chargés, non ?


            • simplet simplet 27 avril 2007 10:08

              bon génial, donc on fait quoi.. à vous lire je n’ai plus qu’a me pendre ou à partir à la pèche...

              mais vous vous avez la réponse non ??

              moi je ne l’ai pas, je me borne à choisir la moins pire, sans essayer de dégommer la mère ségo à coup d’attaque sur ces tailleurs etc ...

              elle est loin d’être parfaite mais l’arriviste d’en face ne me va guère alors OUI smiley ce sera Ségo ( pour moi j’entends... )


              • nessoux 27 avril 2007 10:17

                C’est vous qui voyez. Simplet vote Blanche-neige. Logique !


              • ZEN zen 27 avril 2007 10:17

                @ La hauteur ironique et la plume magistrale de l’auteur me plaît bien. En forçant le trait, il aide à relativiser, à dédramatiser, sans évacuer les enjeux...cela dépend du mode de lecture que l’on adopte...


                • ZEN zen 27 avril 2007 10:18

                  Correctif : « PLAISENT » bien serait mieux.. ;


                • bozz bozz 27 avril 2007 10:17

                  encore un article brillant, Lilian vous devriez vraiment songer à en faire votre métier.


                  • prgrokrouk 27 avril 2007 10:20

                    La légèreté de ton délivre cet article des embuscades que tend la langue au labeur composé dont la douleur égoïste indispose si couramment la lecture altuiste.

                    L’ironie juste donne du sens à cet article. Au nombre de mots, il sait aussi s’arrêter quand on en voudrait encore. Le choix de l’auteur, entre les deux candidats, n’a rien de choquant pour le parti adverse. Encore un plus.

                    Quand on voit au résultat des urnes, l’emballement à voter du premier tour conduire au deuxième tour de toujours, sur visages rajeunis, on a effectivement du mal à soutenir l’analyse dominante de renouveau. Dans la grande majorité, l’électeur s’est trouvé engoncé dans les normes établies. Son « indécision » a été parfaitement contrôlée et dominée par un système qui en arrive où il voulait arriver : à se reproduire contre les menaces de son intérieur barré, et malgré tout ce qu’il ne veut (et ne peut) affronter sans présenter d’inverses discursifs à l’opinion.


                    • prgrokrouk 27 avril 2007 10:23

                      J’avais dèjà signalé cette très belle photo de presse qui est parue hier en première page du quotidien La Provence.


                    • ZEN zen 27 avril 2007 10:24

                      @ prgrokrouk , bonjour

                      Non habitué à l’ésotérisme lacanien, j’aimerais que vous nous décodiez vos dernières phrases...


                    • prgrokrouk 27 avril 2007 13:31

                      Pardon, cher @zen (dont j’aprécie souvent les posts), de ce laisser aller au raccourci.

                      Pour se donner les coudées franches, en politique, il faut depuis des années, avant de passer une décision, propager un discours conçu techniquement pour prédisposer le public au contraire de ce qu’on a (déjà) décidé... On passe aux actes, on fait... Choses faites, on répète les intentions... que le public se remémore. « Pour » l’emploi apparemment, mais... en s’appliquant « contre ».

                      Comment pourait-on autrement, d’ailleurs, affronter des intérêts catégoriels faisant barrage à des changements inévitables ? Comment aussi, une autorité pourrait-elle s’imposer quand rien ne lui confère d’autorité sinon le silence crée ?

                      L’opinion « représentée » n’a plus qu’à adopter le discours (par exemple, une convocation administrative CLI, ANPE, sans motif à part un écart de statut social, et on vient signer une matinée de perdue. Elle n’est pas perdue pour tout le monde). L’avis qu’on se fait abandonne ainsi le sens. Pour qu’une décision soit consensuelle, le processus de cette décision comporte un Déni de la réalité systématisé (si on veut lacaniser). Par la suite, on n’identifie plus que des positions partisanes. Ce que cela signifie : la raison est autour de nous, de plus en plus vite rattrappée par la raison opposée. Cela tend à un certain effondrement de sens. A quelle vitesse détecte-on tantôt, un parti-pris supposé, sans être affecté en rien de questions mises au débat ? On renifle même !

                      En un mot, on raconte des histoires, on se raconte des histoires et pour agir, on ne sait comment faire, on ne sait quand, on ne sait où, on ne sait qui encore, cela pourrait déranger dans ses positions. On ne sait bientôt plus pourquoi. On voit certainement que reconduire en l’état, pose moins de problème.

                      D’où une incroyable intériorisation de faux-semblants généralisés et personne à sa place. Le faux travail n’a pas besoin du retour des yeux à partir de ce que la main a commencé. Il n’y a aucun regard sur le sens ou la conséquence de cet « emploi », et le nombre des autres devient une foule indifférenciée, tandis que l’humanité est désertée par usage de ces abus.

                      Je suis moins amusant, dans le fond, qu’on peut l’être sur la forme.


                    • JL JL 28 avril 2007 10:12

                      C’est pourtant simple : Sarkozy est le sortant. A ce titre, c’est celui qui est sensé changer le moins les choses. Comme c’est aussi celui qui veut le plus le pouvoir, tout l’establishment est disposé à lui offrir le pouvoir, sur un plateau.

                      Et comme de toutes façons, le changement qu’il promet, c’est encore un peu plus de ’cet excès qui fait tant de bien’ ...


                    • caramico 27 avril 2007 10:21

                      Très macho l’attaque sur « l’oie blanche ». J’avais bien aimé précédemment l’humour plus au dessus de la ceinture de Lilian.

                      Là j’entrevois plutôt une vision partisane.

                      Les derniers rebondissements de l’entrevue ratée de Ségo/Bayrou n’ont rien a voir non plus avec le gentil Sarko diabolisé ?


                      • IP115 27 avril 2007 11:13

                        « Les derniers rebondissements de l’entrevue ratée de Ségo/Bayrou n’ont rien a voir non plus avec le gentil Sarko diabolisé ? »

                        Royal dénonce « des pressions » contre la PQR, qui dément !

                        Et dire que l’ « oie blanche » avait commencé la campagne en déclarant qu’elle ne voulait pas entrer dans le jeu des attaques personnelles (laissant cela aux éléphants). Voila pourtant ce qu’elle se permet de déclarer gratuitement :

                        « Ce n’est pas le président de la PQR qui, paraît-il, a été reçu ce matin par Nicolas Sarkozy, qui va empêcher le moindre débat »

                        La PQR dément immédiatement avoir été l’objet de pression de la part de l’entourage de NS. Voila ce que lui répond le Président de la PQR, propos rapporté par le NouvelObs :

                        « Le président du Syndicat de la presse quotidienne régionale (SPQR), Michel Comboul, a déclaré jeudi 26 avril que les déclarations de Ségolène Royal accusant la presse régionale d’avoir subi des »pressions« pour ne pas organiser un débat Royal-Bayrou étaient »inacceptables" et il a démenti formellement avoir rencontré dans la matinée Nicolas Sarkozy, comme l’a affirmé la candidate socialiste.

                        « Nicolas Sarkozy ne m’a pas reçu. J’étais toute la matinée au congrès de l’Inma (International Newspaper Marketing Association, à Paris). J’y ai pris la parole. Il y a 500 personnes qui étaient présentes au congrès et qui peuvent en témoigner », a déclaré à l’AFP Michel Comboul, président du Syndicat de la presse quotidienne régionale (SPQR).

                        « Je déments formellement toute pression. Il y a des choses qui sont inacceptables. La presse régionale n’est sous aucune influence » partisane, a déclaré Michel Comboul, qui est également président du groupe Nice-Matin. "

                        Pourtant « le SPQR, compte tenu de l’actualité, était plutôt disposé à accepter ces nouvelles conditions : »même si ça favorisait Ségolène Royal, nous étions plutôt prêts à le faire. L’intervention de Ségolène Royal, en mettant en cause notre honnêteté professionnelle, a jeté un trouble dans l’esprit des éditeurs« , a observé Michel Comboul. »Nous sommes pris dans la tourmente électorale. Il n’y a pas eu la moindre pression« , a-t-il insisté. »

                        Nous voila revenu aux pires magouilles politiciennes de l’époque Mitterrandienne, dont SR et TOUS les éléphants qui l’entourent sont les (in)dignes héritiers.


                      • caramico 27 avril 2007 16:13

                        La pire magouille viendrait de Ségolène qui a tout fait pour ne pas passer devant les médias, Canal+ y compris ?

                        ça c’est de l’art d’inverser les rôles.

                        Je ne vois pas qui peut ètre dérangé par un débat qui ne peut qu’éclaircir les idées de bon nombre d’entre nous, et si Sarkozy se sent lésé, personne ne l’empêche d’y participer, au contraire.

                        L’argument comparant cette élection à un match de foot est à la hauteur du personnage.

                        Alors est-ce une fausse impression, comme d’habitude il se défile, comme pour le débat du 1er tour.

                        On est en passe d’avoir un président qui ne brille pas par son courage : Faire le matamore devant ses troupes ou des journalistes terrorisés, les menacer de leur faire perdre leur emploi s’il est élu, et que ceci passe comme une lettre à la poste, où a-t-on vu ça, ailleurs que dans les républiques bananières ?


                      • winsk 27 avril 2007 17:28

                        Certes, alors que l’époque chiraquienne dont Nicolas sarkozy est le produit est bien connue pour être exempte de toute « magouille ». Par ailleurs l’article est bien écrit, mais il me semble un peu facile de citer quelques journaux classés à gauche pour évoquer une presse partisanne à l’encontre de nicolas Sarkozy. « Le Figaro », « Les Echos », « Le Point »,... nombreux sont les journaux à être également partisans dans un sens opposé. Ce la n’a d’ailleurs rien de choquant ces journaux sont globalement connus pour leur ancrage politique. On purrait trouver en revanche plus génant la position globalement pro-sarkozy que l’on retrouve dans les rédactions des principales chaines de télévisions françaises.

                        Bonne journée


                      • IP115 27 avril 2007 22:06

                        "La pire magouille viendrait de Ségolène qui a tout fait pour ne pas passer devant les médias, Canal+ y compris ?

                        ça c’est de l’art d’inverser les rôles."

                        Non c’est l’art que (faire semblant) de tout comprendre à l’envers. SR peut utiliser son temps de parole à discuter avec qui elle veut, et elle a le choix dans sa coalition plus qu’hétéroclite : les socialistes et ses 20 courants, les communistes, les trotskistes (et ses 3 partis), les altermondialistes, les verts et bientôt (peut être) le centre droit ... (MDR) tout le monde s’en fout.

                        Les « pires magouilles » dont je parle au dessus (c’est pourtant clair) ce sont toutes ces postures de victimes, ces mensonges grossiers, ces accusations gratuites, ces procès d’intention, le tout sans aucune preuve et TOUS dénoncés et démentis par les intéressés eux-mêmes !

                        Sans parler de toutes ces magouilles politiciennes d’appareil, ou l’on voudrait echanger des postes ministériels pour des UDF contre des électeurs. Ca pue et ça me rappelle les pires moments du règne mitterrandien de la gauche caviar !


                      • ExSam 27 avril 2007 10:28

                        A l’auteur

                        Ach, kolossale rikolade !!!!!!!!!!!!!!!

                        Libération, où Joffrin a choisi comme politique éditoriale une opposition systématique et un peu caricaturale au candidat UMP

                        Libération a passé des mois en relayant les décisions de Sarko, façon UMP, critique à la trappe, légitimation systématique par absence de critique, ou critique eau de vaisselle.

                        Libération a fait je ne sais combien de Une avec Sarko en couverture, seul ou accompagné.

                        Libération a commenté tant de fois Sarko qu’Acrimed nous apprend que c’est de lui qu’on parle le plus, et de loin, dans toute la presse. Hors, tu n’es pas sans savoir que mettre son nom dans un journal national est une inestimable pub, comme une légitimation énorme.

                        Par ailleurs, tu sembles moutonner au côté de SDNB, dans le registre complainte, naturellement mensonger mais qu’attendre de cet individu girouette de com, complainte qui nous narre la triste histoire de Nicolas mal-aimé des journalistes.

                        Il possède juste comme soutiens obstinés décidés à le maintenir abonné à leur pages centrales et à leurs couv, Le Figaro, l’Express, Le Point, le Parisien, Aujourd’hui, Europe1, France-Inter, BFM, Sky, bref toute la galaxie Lagardère qui compte quand meme près de trente organes de presse très importants.

                        Et, pour épauler, en cas, le pauvre Nicolas, il se trouve son parrain François Pinault, celui qui aima tant faire son devoir civique que l’Etat dût en catastrophe voter une loi pour obliger cet individu à payer ses impots tout simplement.

                        Les photographes ont également immortalisé quelques soutiens supplémentaires, dans les festivités que donne régulièrement le prince à vocation présidentielle, par exemple celle qu’il donna, en fermant tout un quartier au passage, dans une ville du Sud, avec son pote Reno, et on peut constater sur les photos qu’il ne manque aucun baron Seillères, aucune Parisotte, aucun membre en fait du gratin bancaire et industriels de France et de Navarre.

                        Il est gentil ton texte, et ta plume n’est pas malhabile.

                        On pourra le mettre dans les livres d’histoire. Entre les « investigations » de Slama et les « analyses » de Riofoul.

                        A ta place, pour dézinguer Royal, j’essaierais le chamboule-tout. Ca défoule et y a pas de risque.

                        Pas de risque, comme avec un stylo.

                        Avec un stylo, il se trouve que parfois ça dérape et qu’on écrit la vérité.


                        • Darkfox 27 avril 2007 10:35

                          Très bon article Afin de montrer à quel point Sarko et sans coeur et monstrueux, il nous a même dit qu’il créerait une branche spéfique alzeimer et personne dépendante...

                          Bon enfin le 6 mai ce sera fini :) Vivement déjà le 2 :) j’attend ce débat avec impatience.


                          • Iren-Nao 27 avril 2007 10:45

                            Ya pas a dire mon Lilian c’est bien torche !!

                            Ah si ce nain arriviste et neanmoins talentueux n’etait pas alle faire sa cour au cretin du texas....

                            Absolument redhibitoire ! Deshonorant Le Louche !!


                            • IP115 27 avril 2007 11:37

                              Excellent article Lilian,

                              qui met bien en évidence, la nullité de la campage de SR basée exclusivement sur les peurs de Français (peur du 21 avril 2002 au premier tour marteler partout, et peur de Sarko au deuxième tour) ...

                              de toutes façons Besson nous avait prévenu ... ... smiley


                            • caramico 27 avril 2007 16:18

                              S’appuyer sur un Besson déshonoré qui du jour au lendemain retourne sa veste, ça c’est de l’appui moral !


                            • Akira 27 avril 2007 16:21

                              Il est donc assumé d’après ce commentaire qu’oser sortir du panier de crabes pour être en accord avec ses principes est un acte déshonorant.

                              ’Pointez-le du doigt et riez, les enfants.’


                            • JL JL 28 avril 2007 10:22

                              Ou bien renier ses principes et entrer dans un panier de crabes ?

                              L’on voit que, d’une façon comme de l’autre, c’est aussi déshonorant !

                              Sarkozy aussi, a changé ! Clic clac, merci K...I ?

                              C’est le propre des gens qui n’ont pas de convictions, qui n’ont que des certitudes : celle notamment d’êtres très habiles. Moi je dirais rusés.


                            • JL JL 28 avril 2007 10:45

                              Sarkozy c’est comme les machines à voter, on aime ou on n’aime pas, tout comme on aime ou pas la démocratie, on aime ou pas la justice sociale.

                              Tout a été dit sur les unes et sur l’autre. Ce qui compte c’est de ne pas se tromper, de ne pas défendre la cause des autres.

                              Ne pas se tromper de camp. Contre la démagogie, contre le populisme qui caresse son électorat dans le sens du poil, il n’y a pas grand chose à faire.


                            • tipaul 27 avril 2007 11:34

                              très bon article, et c’est d’ailleurs ce genre de conclusion qui va me conforter dans ce que je me suis promis. Je voterai en fonction de :
                              - la vision de l’économique (comment réduire le chomage, comment réduire la dette, comment arréter de consommer l’équivelent de 3 planètes, comment gérer le papy boom)
                              - la vision de la société (les questions comme l’euthanasie et le mariage homosexuel)
                              - la vision de la démocratie (réforme des institutions, libertés individuelles)
                              - la vision de l’europe (que faire du non au traité européen ?) et du monde (relations internationales avec les grandes puissances, USA, chine, Inde, voire Russie)

                              Bon, je dois avouer que sur la plupart des questions, les 2 candidats de la finale sont plutôt silencieux. Et que sur certains autres, les orientations sont aux antipodes de mes convictions (par exemple NS et les logiciels libres -mon métier-, ou SR et l’euthanasie -ma femme est soignante-). Mais je vais bien être obligé de faire un choix. Et je compte bien prioriser les choses. Au final, je vais peut-être surtout faire un grand tableau à 2 colonnes () et 2 lignes (NS / SR)


                              • IP115 27 avril 2007 11:38

                                Excellent article Lilian,

                                qui met bien en évidence, la nullité de la campage de SR basée exclusivement sur les peurs de Français (peur du 21 avril 2002 au premier tour marteler partout, et peur de Sarko au deuxième tour) ...

                                de toutes façons Besson nous avait prévenu ... smiley


                                • yoda yoda 27 avril 2007 11:42

                                  Les peurs fantasmatiques dont tu parles se basent pourtant bien sur des faits réels, vécus et jamais contestés : ses crises de nerfs, la facon dont il a enflammé la banlieue a lui tout seul par ses propos manquant de respect voire délibérément mensonger, sa propension a s’immiscer dans l’éxécutif (propos sur les juges) et j’en passe.

                                  (1) Pour qu’il y ait un tel (encore que) déchainement sur un candidat d’un parti respectable, il faut bien qu’il y a un peu voire beaucoup de vérité la-dessous.

                                  (2) Lorsqu’il y a une incertitude sur le scénario qui va se passer vaut mieux parler du scénario possible le plus négatif (pour une majorité) afin de s’y préparer voire de l’anticiper. C’est humain.

                                   smiley


                                  • Yannick J. Yannick J. 27 avril 2007 11:44

                                    Que dire lilian,

                                    une fois de plus un article qui fait mouche.... J’aime la diatribe contre l’un et l’autre...Et, en des mots moins choisis, je me sens tout autant que vous engonssé dans un choix ne me plaisant guère... Finallement on aurait du, comme vous le dites si justementà la fin de l’artcile faire une élection à la star ac ou ce genre... on vote par sms ! Et le pire c’est que 85% des français (moi compris au demeurant) ont voté... une grande partie se rendait compte du trucage, mais pourtant comme dans un film sf, on y croit jusqu’au bout du film ! las... l’un comme l’autre n’ont aucune réelle capacité à nous représenter ou nous gouverner, ils n’ont qu’une partielle vue de ce qui fait notre quotidien, et il faut voter pourtant... je suis abasourdi par cette constatation qui vous rejoint... piètres élections !

                                    Je dis cela car de par mon métier je fréquente des gens depays où la démocratie est moins.. dirons nous... présente...


                                    • JL JL 28 avril 2007 10:51

                                      Sarkozy c’est comme les machines à voter, on aime ou on n’aime pas, tout comme on aime ou pas la démocratie, on aime ou pas la justice sociale.

                                      Tout a été dit sur les unes et sur l’autre. Ce qui compte c’est de ne pas se tromper, de ne pas défendre la cause des autres.

                                      Ne pas se tromper de camp. Contre la démagogie, contre le populisme qui caresse son électorat dans le sens du poil, il n’y a pas grand chose à faire.

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