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Sarkommence

En annonçant à des députés UMP mardi soir qu’il ferait 2 mandats pas plus, Nicolas Sarkozy a levé le doute sur un secret de Polichinelle. Oui, en 2012, il sera candidat à sa propre succession à la Présidence de la République.

 L’Histoire de la Vème République continuera donc à bégayer. Depuis 1958, le Président de la République se représente toujours une fois au mandat suprême. On connaissait De Gaulle 65, Giscard 81, Mitterrand 88, Chirac 2002. Pompidou, lui, était déjà aux cimetières des Présidents. 4 mariages (en secondes noces) et un enterrement, en somme.

Elu en 2007, Nicolas Sarkozy sera donc le 5ème de la Vème sur la liste. Même si personne, dans son parti comme dans l’opposition, n’en a jamais vraiment douté, l’homme le plus puissant de France a levé les derniers doutes qui régnaient sur ses ambitions pour 2012. « Je suis là pour deux mandats pas plus » a-t-il déclaré lors d’une réunion avec une trentaine de députés UMP mardi soir à l’Elysée. Or, Sarkozy a toujours dit qu’il n’irait pas au-delà de deux mandats. Cette phrase est donc à interpréter comme celle d’un homme qui n’en fera pas qu’un. Oui, il va repartir au combat, pour prolonger son bail de 5 ans au 55, rue du Faubourg Saint-Honoré.

Personne à l’UMP ne doutait du contraire. Les jeunes loups Bertrand et Copé pensent seulement à 2017 le matin en se rasant. Mais pour 2012, à part Sarkozy, c’est le no man’s land dans le premier parti de France. Même si l’annonce de candidature officielle n’est prévue que pour l’automne 2011, Sarko préfère déjà s’ancrer un peu plus comme Le candidat de droite dans l’esprit de l’électorat.

En resserrant son équipe ministérielle lors du remaniement (moins de ministres, moins de fortes têtes, moins d’ouverture), Sarkozy a donné l’impression de se doter d’une équipe de campagne avant l’heure. Serrer la vis et limiter les erreurs de com’ du gouvernement pendant un an, avant d’actionner la machine de guerre pour les 6 mois restant avant l’échéance : voilà le plan de Sarkozy pour se donner une chance de se succéder à lui-même.

Car oui, même si son score au 1er tour est toujours très élevé dans les sondages, Sarko est en retard sur tous les candidats potentiels socialistes au 2nd tour dans les enquêtes d’opinion, avec un retard variable (important sur Strauss-Kahn, moindre sur les autres).

C’est toute la problématique d’un président sortant : indépendamment de ses talents de communicant et de ses belles promesses, il est jugé sur son bilan. Et même s’il dit que demain il fera jour, les gens ne peuvent oublier qu’avec lui la nuit fut longue. Mitterrand et Chirac, eux, avaient eu la chance d’être des présidents au sein d’une cohabitation au moment de l’élection. Au fond, ils étaient au pouvoir sans l’être, et l’avaient emporté en jouant sur cette ambigüité.

Sarkozy, lui, ne pourra pas se cacher. Connaissant le personnage, ce n’était pas de toute façon dans son plan. La Dolce Vita, ce sera pour plus tard.

 

Gwendal Plougastel


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13 réactions à cet article    


  • Gabriel Gabriel 6 décembre 2010 11:23

    Deux mandats pas plus qu’il a dit guignol ! Ben oui mon gars, d’après la constitution tu n’as pas le droit d’en faire plus. A moins que tu magouilles comme à ton habitude en changeant celle-ci ou en hissant sur le trône en 2017 le prince Jean comme paravent à une troisième gouvernance. 


    • Marina Mars Marina Mars 6 décembre 2010 11:29

      Rien que le titre, je vous en félicite ! Bravo !


      • JL JL 6 décembre 2010 11:36

        « La « rupture », c’est quoi ? Le démantèlement des acquis sociaux, le fait que les riches paient moins d’impôts, qu’on privatise de façon rampante l’université, qu’on donne les coudées franches aux affairistes. Cette façon de déguiser une soumission au capitalisme mondialisé en révolution nationale relève en soi du « pétainisme », au sens formel. » « De quoi Sarkozy est-il le nom ? »,  par Alain Badiou

        Qui sait ce que les Américains pour qui il est le meilleur allié du monde occidental (« révélations » WikiLeaks), sont capables de faire pour sa réélection !


        • isabellelurette 6 décembre 2010 14:25

          On examinera quand même le score de Mélenchon ... c’est qu’il dit moins de bêtises que les autres, lui, ...

          Mais bon, si on ne regarde qu’à droite, effectivement, on ne voit que PS (!), Villepin, le FN et l’UMP.


        • epapel epapel 6 décembre 2010 19:59

          En 2012, le choix ne se fera pas sur un problème de compétence en Sarkozy et ses adversaires du PS. L’enjeu ça sera : on valide et on en redemande ou alors passe à autre chose, c’est aussi simple que ça.


        • kiouty 7 décembre 2010 11:34

          En désaccord avec epapel : « passer à autre chose » ? Mais à quoi et avec qui bon sang de bonsoir ! Si c’est pour passer à la même chose avec quelqu’un d’autre, c’est ridicule et inutile. Et c’est bel et bien ce qu’on nous propose pour l’instant dans la fenêtre de débat « orthodoxe » considérée par les médias et qu’on tente de matraquer dans la tête des gens (avec probablement un certain succès).

          Si 2012 se résume a exprimer une position pour ou contre Sarkozy, les enjeux ne vont pas très loin quand même !!! Je n’ose même pas imaginer qu’il puisse gagner, ce serait invraisemblable, mais bon, 2007 en soi était invraisemblable...


        • frugeky 6 décembre 2010 13:59

          Oui, pourquoi pas...
          rebelote pour celui qui a remis la France dans le concert des grandes nations, relever le salaire du populo au boulot, au chômage qu’il a proprement éradiqué, tout comme les sdf (un peu plus salement, faut le dire), qui a réduit le déficit des comptes de l’Etat à peau de chagrin, qui a, comme promis lors de sa campagne, karchérisé les banlieues gangrénées par les sbires d’al quaïda qu’il a, presque tout seul, réduit à néant dans les grottes afghanes, à la corruption qui n’existe plus en France,...
          gloire à ce géant qui a fini de se cogner dans les bords des tapis ornant les parquets lambrissés de la république.


          • sdzdz 6 décembre 2010 16:25

            On dirait aussi le message de quelqu’un qui ne veut pas se faire éjecter comme un malpropre... Sarkozy n’est pas si courageux, si on lui annonce une veste, il partira...

            Il est évident que l’opposition ne peut se construire efficacement qu’entre formations nonistes. Car le principal atout de Sarkozy réside là, l’opposition ne s’est pas opposée sur le passage en force sur le traité de Lisbonne, alors qu’il s’agissait de l’essentiel du combat à mener !

            Un autre atout de Sarkozy, qui pourrait pourtant aisément voler en éclat, c’est la sécurité où personne ne vient le chercher... Cela fait deux énormes points faibles pour la « gauche ». La paupérisation et l’immigration de masse induisent fatalement que pour des millions de Français, l ’instinct de survie finisse par prendre le dessus avec tout ce que ça suppose en matière de manipulation... Or, Sarkozy l’a déjà pratiqué en 2005 !

            L’ IRC traite ce dossier sur la sécurité, cf blog

            http://www.la-france-contre-la-crise.over-blog.com


            • ELCHETORIX 6 décembre 2010 18:30

              bonjour l’auteur
              non , mais , si le « pékin » moyen revote LE SARKOLAND ou son alter-ego du PS , le DSK , pro-américain , mondialiste et sioniste et donc pour la politique d’israèl , c’est que les gens n’ont rien dans la tête , des veaux comme le disait si bien le Général de GAULLE .
              Quant à la photo du « maître » du palais , il suffirait de lui ajouter la barbe et un burnous pour remplacer l’ennemi public numéro un des Etats-Unis , j’ai nommé , le disparu BEN LADEN !
              Si Sarkommence ce sera la Sarkophonie et le Sarkophage de notre pays , pourviu que cela ne dure pas !
              RA .


              • epapel epapel 6 décembre 2010 19:55

                C’est très bien que Sarkozy se représente au moins comme ça les choses sont claires :
                - il ne pourra pas nous refaire le coup de la rupture de 2007 qui était quand même bidon puisqu’il faisait partie du gouvernement en place et que l’assemblée nationale est restée la même.
                - s’il est réélu, il ne faudra pas venir se plaindre de ce qui s’est passé avant et accepter ce qui se passera après

                On pourra toujours critiquer un choix DSK - qui ne se présentera peut-être même pas - en disant bonnet-blanc blanc-bonnet mais ce sera le seul choix qui autorisera l’expression d’un mécontentement éventuel si la politique mise en place ne plaît pas alors que choisir Sarkozy ça sera valider sans ambiguïté la politique actuelle et dire merci et on en redemande.


                • frugeky 7 décembre 2010 03:03

                  L’expression du mécontentement, c’est tous les jours. Sortez de chez vous !
                  Voter DSK, « ça sera valider sans ambiguïté la politique actuelle et dire merci et on en redemande ».
                  Ce n’est pas mon choix.


                • kiouty 7 décembre 2010 11:08

                  En gros voter DSK, c’est voter pour des politiques (socio-économiques) qui ne nous plaisent pas davantage que celles de Sarkozy, mais avec lui on aura le droit de se plaindre ? Pourquoi voter pour lui alors ? C’est ridicule.

                  Pourquoi ne considérer que le choix Sarkozy / DSK ? En faisant cela, vous contribuez à instiller l’idée qu’il n’y a pas d’alternative, et que ce choix là est le seul possible et qu’il constitue l’orthodoxie, ce qui est de la propagande pure, efficace, certes, mais de la propagande.


                • exocet exocet 8 décembre 2010 13:31

                  Il parait que lors de l’effondrement de la mine au chili, les mineurs rescapes ont raconté avoir vu, tout au fond de la mine, la cote de popularité du Président Sarkozy.

                  il faut dire que celui-ci se prétend gaulliste.

                  Il y aurait alors deux sortes de Gaullisme :

                  Un Grand Gaullisme, incarné par le Grand, le seul, le Vrai, le Général, surdoué obtenant son bacc avec mention à quatorze ans, débarrassant tel Jeanne d’Arc la France des envahisseurs tout en la soustrayant aux Américains, sortant la France de l’Otan, refusant de vendre la Bombe aux Israéliens, décolonisant l’Algérie, prônant l’excellence dans tous les domaines et mettant en avant le besoin de cerveaux de notre Pays.

                  Un Petit Gaullisme, représenté par un individu qui a redoublé sa sixième, raté ses études supérieures et menti sur ses résultats d’examens, reintégré la France dans l’Otan, échoué à nettoyer les banlieues des voyous envahisseurs, placé à des postes clés dans les médias des soutiens actifs à la politique Israelienne anti-palestiniens (Philippe Val par exemple...), considéré que son fils, étudiant redoublant en deuxieme annee était plus méritant que tout autre pour diriger une structure publique, l’EPAD, gérant des millions d’euros.

                  Alors oui, si on fait cette distinction, on pourrait dire que Nicolas Sarkozy est Gaulliste, mais il faut préciser de quel gaullisme, pas celui du Général de Gaulle en tous cas.



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