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Accueil du site > Actualités > Politique > Sarkozy, Attali et les poupées chinoises

Sarkozy, Attali et les poupées chinoises

Il fallait s’en douter, Sarkozy refuse l’abandon du principe de précaution dans le texte de la Constitution. La seule mesure de bon sens qui ne coûtait pas un sou dans les 316 propositions de Jacques Attali a été rejetée par le président qui continue de caresser l’électeur dans le sens du poil. Séduit par les médias, par les leaders politiques tant de droite que de gauche, enfumés par le Grenelle de l’environnement, les citoyens français sont prêts à gober toutes les fables sécuritaires, hygiénistes et écologistes qu’on veut leur faire avaler. Tout cela contre leur intérêt, surtout quand ils sont pauvres, mais ils ne s’aperçoivent pas encore que cet esprit de prévention, de refus de risque et d’hygiénisme comportemental et sociétal va leur coûter de plus en plus cher.

Chaque jour, dans la presse écrite, à la radio, à la télévision et sur internet on nous inonde d’informations catastrophistes qui nous enferment dans la peur. Les adolescents se saoulent à mort, les chauffards sont à chaque carrefour, les pédophiles hantent les rues, les enfants se noient dans les rivières. Manger un kebab chez un Turc frise l’inconscience et nous allons tous crever à cause des pesticides, des engrais et des OGM. Pire, les Chinois veulent la peau de nos gamins et vont les exterminer avec leurs jouets contaminés... Pour les chantres de l’écologie et de la « sanitarisation » de la société, l’Apocalypse n’est pas pour demain, elle a déjà commencé depuis l’avènement de l’ère industrielle ! Pourtant, la réalité est moins sombre que l’on veut nous faire croire. L’espérance de vie en Europe occidentale n’a jamais été aussi haute, les règles d’hygiène alimentaire, de contrôle sanitaire de sécurité du travail n’ont jamais été aussi développées. Certes, il y a des progrès envisageables dans certains domaines, mais globalement nous vivons mieux que dans les pays du Tiers-Monde et bien mieux qu’il y a cinquante ans en France.

Le principe de précaution est un non-sens à la fois économique, scientifique, mais aussi moral. Il ressort des peurs du Moyen Âge, de la chasse aux sorcières et de la frilosité qui mènent à toutes les lâchetés. L’économie échappe de plus en plus au politique, nous sommes très loin du Franc Poincaré, il faut le reconnaître. Sarkozy n’est pas responsable du krach boursier, il ne peut décider du taux de croissance et son intervention face aux grands groupes industriels et à la mondialisation est plus que limitée. Il serait malhonnête de le blâmer outre mesure sur ces thèmes, car aucun politique de nos jours ne peut décider de l’économie, il peut tout au plus influer sur quelques dixième de pourcents et diminuer ou augmenter les effets du marché sur les consommateurs par quelques mesurettes qui ressortent plus du pansement que de la thérapeutique.

Par contre, comme tous les politiques, il use et abuse des phénomènes de société, seul domaine d’intervention encore possible pour les gouvernements. L’intérêt pour les victimes, pour le châtiment des criminels, pour la protection des mineurs, des non-fumeurs, des utilisateurs de manège et la surveillance des jouets permet l’occupation du domaine médiatique à moindre frais et à moindre effort. Mais on ne refait pas l’histoire et les choses étant ce qu’elles sont, l’économie capitalisme est aujourd’hui remplacée dans le discours (pour ceux qui peuvent se le permettre) par le consumérisme, le politique par l’hygiénisme sociétal avec son convoi de principe de précaution, de Grenelle de l’environnement et d’option sécuritaire et compassionnelle, enfin le médiatique a pris la place du culturel.

Prenons juste un exemple, celui des poupées chinoises contaminées au plomb. Là encore, on apeure le citoyen par le biais d’une stigmatisation outrancière. Chaque mère en arrive à avoir la peur au ventre quand elle achète un jouet dans une grande surface. La réalité est nettement moins sinistre. Le plomb est partout dans la nature, nous en ingérons tous les jours en quantité infinitésimale. Il devient dangereux au-dessus d’un certain seuil et cause alors une intoxication que l’on appelle le saturnisme. Pour en arriver là, il faut une ingestion répétée et massive de plomb. Cela est impossible en léchant un jouet dont le fabricant a respecté même imparfaitement le cahier des charges lors de son élaboration. Je ne critique pas, loin de là, les contrôles de qualité, il en faut et ils existent. Mais à quoi bon créer une panique. Pour vérifier la teneur en plomb dans une poupée chinoise (ou non) on utilise diverses méthodes chimiques d’extraction et d’analyse. Ce que nous rapporte la presse est loin de la description scientifique de ces études.

En réduisant en poudre plusieurs poupées en la mélangeant avec des extracteurs, on peut déterminer la teneur en plomb par gramme. On peut affiner la méthode en analysant uniquement la peinture que l’on aura grattée en surface du jouet et aussi obtenir un taux de plomb. Il faut ensuite confirmer par l’expérimentation sur l’animal si le taux de plomb calculé est toxique de façon significative sur un lot de rats ou autres cobayes en mélangent l’extrait de poupée dans la nourriture des animaux, leur prélever du sang, faire des dosages et des biopsies. Ensuite, il faut extrapoler en fonction du poids, de l’espérance de vie de l’animal, de sa surface d’absorption intestinale et de son taux de plomb dans le sang (plombémie). Il faut aussi tenir compte du fait que la quantité de plomb ingéré par une fillette qui a léché, sucé ou mordu une poupée est inférieure à celle théorique calculée par extraction sur le jouet, car l’absorption dépend aussi de la nature des solvants, de la corrosion de la salive, de l’adhérence de la peinture sur la poupée et de la rapidité de délition de la couche peinte. Vu les précautions prises par les industriels du jouet, fussent-ils chinois, il faudrait qu’une gamine lèchent une bonne cinquantaine de poupées par jour pendant des heures sur une durée assez longue (probablement jusqu’à la puberté) avant de voir monter la plombémie et encore plus avant de voir apparaître les premiers symptômes de saturnisme. Ou alors, il faut imaginer une fillette passant systématiquement ses poupées à la râpe à fromage et en ingérant les copeaux. Reconnaissons que ce cas relève plus de la pédopsychiatrie que de la toxicologie.

Il y a eu quelques années aux Etats-Unis des cas d’intoxication au plomb par des rouges à lèvres bas de gamme. Ces produits avaient été importés d’Inde ou de Chine. On comprendra donc mieux pourquoi Nicolas Sarkozy n’a pas daigné répondre aux avances de cette jeune actrice chinoise qui voulait l’épouser. Ce chantre du principe de précaution a sûrement voulu éviter l’exposition à des baisers toxiques de la part d’une égérie dont les cosmétiques n’ont pas été testés. Par contre Carla Bruni est sans risque à ce niveau, car utilisant des produits de beauté haut de gamme, de surcroît, non expérimenté sur des animaux, image de marque oblige. Nous sommes en ce moment en plein règne « d’épouses et concubines » avec les livres révélation et les escapades amoureuses au Moyen-Orient, mais l’amour de la Chine a tout de même ses limites !

Mais élargissons le débat !

En dehors de quelques utopistes et de quelques groupuscules d’extrême gauche, personne ne remet véritablement en cause le capitalisme. Les écolos prônent désormais consommer moins, mais consommer mieux en polluant moins. Il y a sept ans, leur prise de position était encore minoritaire, la plupart des consommateurs se souciaient peu de cet alarmisme. Et puis, les Verts sont devenus insignifiants au niveau politique, mais leurs idées ont infiltré l’opinion. Par contre, la société française est de plus en plus divisée en deux. D’un côté, ceux qui surconsomment, le montrent, en sont fiers et en abusent. L’aboutissement en est le jet, les montres de marque et le Fouquet’s, mais cela ne saurait faire oublier toute une catégorie de la société, pas forcément sarkoziste qui se satisfait aussi de ce mode d’existence. De l’autre, ceux qui aimeraient bien consommer, pas trop, pas outrancièrement, mais qui n’ont pas ou plus les moyens de joindre les deux bouts. Ceux-là, sont devenus spectateurs de la consommation des autres et se débattent avec les minimums sociaux. Ils ne comprennent pas les quelques nantis, écolos, bobos qui leur disent que la consommation, c’est le mal, qu’il y a des valeurs dans la vie et qu’il faut consommer bio, sans OGM et que la croissance est une hérésie. En vivant avec le minimum vieillesse, le Smic ou le RMI on déchiffre mal ce genre d’arguments !

Le domaine d’intervention gouvernementale au niveau politique a rétréci comme peau de chagrin du fait de la globalisation, de l’internationalisation de la finance, de l’interdépendance des groupes industriels, des fonds de pensions, de la spéculation et de la volatilité des marchés (honnêtement parlant, Sarkozy n’en est pas pour grand-chose, mais il subit en éludant). S’engager sur cette pente glissante est dangereux pour les politiques qui savent très bien qu’ils n’ont pas les cartes maîtresses en main. Alors, ils ont déserté cette zone de combat où l’on ne prend que des coups sans grand espoir de gratification pour le domaine des phénomènes de sociétés où l’opinion est préparée par les médias et où un consensus large peut satisfaire et la droite et la gauche. On légifère sur les chiens dangereux, la sécurité des manèges forains, le tabagisme, la sécurité routière et sa frénésie de radars, les pédophiles, les OGM, on s’inquiète sur les ondes émises par les téléphones, la durée de conservation des frites chez Macdonald et autres futilités qui occultent les véritables options politiques. Mais quel est l’intérêt pour un couple de vieux d’espérer gagner quelques hypothétiques trimestres d’espérance de vie quand avec une petite retraite, sans mutuelle, on est condamné aux mauvaises dents, aux verres de lunettes rayées et à tenter de comprendre ce que disent les autres sans assistance auditive, car ces trois prestations sont très mal prises en charge par la Sécurité sociale !

L’hygiénisme érigé en principe de société, pourquoi pas en Norvège où les revenus pétroliers permettent un bien-être matériel pour tous, si l’on accepte de faire l’impasse sur la liberté individuelle. Mais en France, où tous ceux qui sont en dessous du salaire médian sont en train de galérer, l’hygiénisme semble un moyen de dériver les craintes et les protestations des citoyens. Tant que l’on agresse les fumeurs, les buveurs sur les Champs-Élysées, que l’on veut enfermer de sales pédophiles à vie après la fin de leur peine, on ne fait que poser des questions de société et l’on fait croire que l’on reste proche des préoccupations des Français. Ségolène Royale est mal placée pour dénoncer cette dérive, ayant elle-même participé à la farce sécuritaire durant la campagne électorale des présidentielles. Elle fut l’une des choristes de la politique de proximité et du sécuritaire à tout prix, quitte à proférer ce surréaliste conseil de raccompagner chaque policière à domicile pour éviter les viols. Hollande et Huchon ont enfin compris qu’il fallait changer de laïus, mais leur dénonciation de la poudre aux yeux sarkozienne lors de leurs voeux a eu les accents d’un discours de sous-préfet de province au temps de René Coty !

L’hygiénisme et son avatar, le principe de précaution, vont augmenter la précarité des plus pauvres, briser la compétitivité des industriels français, augmenter la peur et diminuer la prise d’initiative sans pour autant améliorer le bien-être de la population. Tout cela sans aucune garantie d’efficacité et avec un coût de plus en plus prohibitif. Il est tout à fait normal d’améliorer les performances et la sécurité d’un manège, d’un traitement anticancéreux ou d’une chaîne de montage industriel. Personne ne le conteste. Passer de 80 à 90 % a un prix et il est normal de le payer. Au-delà de 90 % le coût de l’amélioration est exponentiel, chaque pourcent gagné coûte très cher, au-delà d’un certain niveau cela devient économiquement insupportable et hélas, aussi inefficace car invérifiable. Multiplier les contrôles sur les manèges et obtenir le passage de 4 accidents mortels par an à seulement 3 ne veut rien dire statistiquement parlant, l’échantillon étant trop faible pour être significatif. Passer de 4 à 6 ne signifie également rien en sens inverse !

L’introduction du principe de précaution dans la Constitution et la Charte de l’environnement ne s’est pas faite sans résistances, mais elle est finalement devenue un dogme. Ce concept est apparu avec de pseudo-philosophes allemands s’inspirant du très douteux Heidegger. Depuis, il s’est érigé en pensée unique, obstacle au modernisme, à l’esprit scientifique s’avérant être le nouveau mode anti-galiléen. Toute dérive sécuritaire risque de se retourner contre la créativité et la productivité sans pour autant éviter des catastrophes écologiques et humanitaires.


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28 réactions à cet article    


  • chams 30 janvier 2008 15:09

    Sur le sujet, je vous conseille Les prêcheurs de l’Apocalypse de Jean de Kervasdoué

    excellent bouquin !!

     


    • RilaX RilaX 30 janvier 2008 16:04

      Le principe de précaution, on hurle toujours dessus quand ca va ; mais quand un scandale sanitaire eclate, on se demande toujours pourquoi il n’a pas été pas appliqué (amiante, sang contaminé ...).

      De plus, un non sens economique, ce n’est pas forcement un non sens sanitaire.

       

      Et selon moi, le sanitaire est plus important que l’economique. Chacun ses prioritées.


      • sophie 31 janvier 2008 14:10

        Contrairement à vous, je suis tout à fait d’accord avec et article. Je penses que vous n’avez pas le droit de diffamer cet auteur en le traitant de "pure propagande" ou "payé par des lobbyings" ou encore "non medecin"... !!! En effet, je pourrais dire la meme chose à propos de votre message (peut-etre avez-vous été payé par Sarko ou Le Pen ou certains intérets industriels (à qui profiteraient ces propagandes anti-chinois) ou encore autre pour faire la propagande sur l’insécurité, sur le racisme et la xenophobie ?).

        En fait, le vrai probleme ici est la deformation de l’information (exagération, stigmatisation...) pour créer un sentiment d’insécurité et inciter au racisme (ici anti-chinois, et anti-asiatique) et biensur à la xenophobie.


      • Philippe VIGNEAU 30 janvier 2008 16:40

        j’aimerais bien vous faire rencontrer des malades de l’amiante... cela vous serait surement instructif...


        • sophie 31 janvier 2008 14:27

          Je crois que vous n’avez pas compris le message de l’article. L’auteur ne remet pas en cause le principe de précaution et de prévention. Il critique le detournement de cette cause ("prevention et précaution") dans d’autres buts peu alouables. Par exemple, si le niveau de plomb dans certains jouets fabriqués en Chine est élévé, il suffit juste de le rectifier. Les chinois sont d’accord pour cela et tous nos demandes pour améliorer la securité de certains produits defectueux sont bienvenus.

          Ce que critique ici l’auteur est la généralisation de certains de ce produit à "tous les produits chinois" ou qui ont un rapport de loin ou de pres avec les chinois. C’est une géneralisation abusive qui crée le racisme et la xenophobie. De plus, on fait passer le message comme si "LES chinois" nous ont intoxiqué volontairement et intoxiqué volontairement nos enfants !!!!

          Eh, oui, ce n’est pas une propagande pour la "precaution ou la prévention", mais c’est une propagande pour créer un sentiment d’insecurité chez les francais et la cause de cette insecurité est "l’etranger", "ceux qui sont différents de nous donc ils sont suspects et ils nous veulent intentionnellement du mal". C’e sont des propagandes (dont je ne connais pas bien l’origine) qui visent à inciter le racisme (pour les poupées chinoises, c’est le racisme anti-chinois et peut-etre aussi anti-asiatique) et de la xenophobie.

           


        • gorio 30 janvier 2008 16:48

          je n’ai pas compris, qu’est-ce qui vous gêne dans le principe de précaution ?

          vous invoquez le risque de voir l’humanité ne plus tenter l’innovation à cause de ce principe mais les seuls exemples que vous donnez sont les poupées chinoises ( mdr) et les manéges, je ne vois pas en quoi ces exemples sont des exemples d’innovations tuées dans l’oeuf par le principe de précaution. Pour les poupées il y a des milliers d’entreprise qui font des poupées alors si une entreprise doit rappatrié à grand renfort de publicité des produits comportant des risques pour la santé( entre nous si cet affaire a été monté en fléche, c’est de la politique et pas le principe de précaution, une bonne occasion de faire de la contre-publicité sur le nouvel atelier du monde bref), ça ne va pas empêcher les autres entreprises d’innover dans l’industrie de la poupée, il est vrai vital pour le bien être de l’humanité.

          Non, de la part d’un médecin, j’aurai bien aimé lire des rapports sur les médicaments et le principe de précaution, sur l’entrave faite à ces gentilles multinationales qui n’oeuvrent que pour le bien du peuple bien sûr, n’hésitant pas à balancer des milliards pour trouver le médicament révolutionnaire qui soignera un petit rhume en France et oubliant parfois de travailler sur des maladies qui n’en valent pas la peine, parce que non rentable en Afrique. Alors qu’est-ce qui empêche l’innovation là, toujours le principe de précaution bien sûr. Mais sur ce domaine très intéressant qui touche à vos connaissances, rien de votre part, un oubli, j’en suis sûr. 

          sinon il fait beau aujourd’hui mais un peu froid quand même.

           


          • Georges Yang 30 janvier 2008 17:00

            En appliquant le principe de précaution à la lettre, on ne peut plus passer du stade expérimental à l’essai clinique sur des patients car on n’est jamais sûr qu’il n’y aura pas d’effets secondaires ou toxiques. Se souvenir du Distilbène, qui a été très efficace pendant des années avant que n’apparaissent les effets toxiques. On ne pouvait prévoir à l’époque ses effets sur l’ovaire lors de la conception du médicament.

            Je ne suis pas contre des contrôles stricts et renforcés dans l’industrie, la pharmacie et l’alimentaire, mais contre la peur organisée par des lobbies et par des groupes d’écolos forcenés n’ayant aucun recul scientifique.


          • gorio 30 janvier 2008 19:36

            et donc pour le distilbéne il n’y aurait pas eu invocation du principe de précaution car comme l’énonce la Commission européenne, dans sa communication du 2 février 2000 sur le recours au principe de précaution :( cf wikipédia)

            • Le principe de précaution ne peut être invoqué que dans l’hypothèse d’un risque potentiel, il ne peut en aucun cas justifier une prise de décision arbitraire. Le recours au principe de précaution n’est donc justifié que lorsque trois conditions préalables sont remplies :
              • l’identification des effets potentiellement négatifs,
              • l’évaluation des données scientifiques disponibles,
              • l’étendue de l’incertitude scientifique.

            si il n’y a pas identification des risques pas de principe de précaution, non. Vous craignez les dérives, mais jusqu’à présent les dérives ont été dans l’autre sens avec des mises sur le marché de produits toxiques comme certains pesticides, l’agent orange, l’amiante etc. alors un rééquilibrage s’imposait, peut-être y aura-t-il des excés mais l’un dans l’autre cela s’équilibrera à n’en pas douter.


          • sophie 31 janvier 2008 14:37

            Je crois que vous n’avez pas compris le message de l’article. L’auteur ne remet pas en cause le principe de précaution et de prévention. Il critique le detournement de cette cause ("prevention et précaution") dans d’autres buts peu alouables. Par exemple, si le niveau de plomb dans certains jouets fabriqués en Chine est élévé, il suffit juste de le rectifier. Les chinois sont d’accord pour cela et tous nos demandes pour améliorer la securité de certains produits defectueux sont bienvenus.

            Ce que critique ici l’auteur est la généralisation de certains de ce produit à "tous les produits chinois" ou qui ont un rapport de loin ou de pres avec les chinois. C’est une géneralisation abusive qui crée le racisme et la xenophobie. De plus, on fait passer le message comme si "LES chinois" nous ont intoxiqué volontairement et intoxiqué volontairement nos enfants !!!!

            Eh, oui, ce n’est pas une propagande pour la "precaution ou la prévention", mais c’est une propagande pour créer un sentiment d’insecurité chez les francais et la cause de cette insecurité est "l’etranger", "ceux qui sont différents de nous donc ils sont suspects et ils nous veulent intentionnellement du mal". C’e sont des propagandes (dont je ne connais pas bien l’origine) qui visent à inciter le racisme (pour les poupées chinoises, c’est le racisme anti-chinois et peut-etre aussi anti-asiatique) et de la xenophobie.


          • gorio 1er février 2008 19:16

            et bien Sophie, ça va être dur d’être d’accord car l’auteur entame son article par ces mots :

            Il fallait s’en douter, Sarkozy refuse l’abandon du principe de précaution dans le texte de la Constitution. La seule mesure de bon sens qui ne coûtait pas un sou dans les 316 propositions de Jacques Attali a été rejetée par le président qui continue de caresser l’électeur dans le sens du poil.

             

            dur de ne pas penser après cela que l’auteur n’en veut pas au principe de précaution.

            Mon avis c’est que le principe de précaution est fait pour améliorer la prévention dans le monde des sciences uniquement, pour empêcher les apprentis sorciers d’agir sans contrôle. Ce que jusqu’à présent on a jamais voulu faire. Si j’ai bien compris que vous faites du principe de précaution le symbole de nos peurs . Là où vous voyez de la peur, moi j’y vois enfin le contrôle de la société sur ce monde-là. Parce qu’après le nucléaire, le clonage, les manipulations du vivant, on peut dire qu’on a laissé ce monde-là vraiment tranquille jusqu’à présent. Pour moi, le principe de précaution n’est qu’une formulation légale de la pensée :" science sans conscience, etc".
             
            Je trouve bien plus effrayant, bien plus symbolique les lois pour lutter contre le terrorisme, l’enfermement des gens à risques, la stigmatisation des musulmans, des asiatiques, des jeunes, ceci refléte beaucoup plus nos peurs, à mon avis. Ah si seulement nos sociétés n’avaient pas renoncé à vouloir changer le monde, pour se contenter juste de s’en accomoder , nous n’en serions pas là, à avoir peur de nos peurs.

             


          • TSS 30 janvier 2008 17:15

            lobby d’ecolos forcenés.il ne me semble pas que ce soit eux qui hantent les couloirs de l’assemblée en France et du parlement européen mais plutôt ceux des labos pharma et agroalimentaire !!!


            • HELIOS HELIOS 30 janvier 2008 17:55

              Le principe de précaution est un principe de responsabilité...

              C’est vrai qu’en étant inconscient ou irresponsable on ne peut pas comprendre. Et ce ne sera pas en ecrivant des centaines de pages de texte que cela changera !

              Evidement "principe de précaution" ne veut pas dire tout stériliser. on peut toujours faire de la recherche, du développement... mais c’est sûr il faut faire attention aux autres cela coute probablement plus cher... et c’est là votre problème car "précaution = coûts". Vous ne vous sentez pas concerné, donc pourquoi payer plus cher puisque vous, vous ne mangez pas de poulet industriel (vous savez, ceux qui n’ont pas la petite étiquette rouge et qui ont les os qui se detachent... )


              • Georges Yang 30 janvier 2008 18:13

                Le budget alimentaire moyen est de 17% en France avec des disparités, pour les plus pauvres il dépasse les 25% voire plus. Avec un minima social et un loyer à payer, on est bien obligé de manger des produits de bas de gamme, qui sont culinairement moins bons, mais pas aussi toxiques qu’on veut le faire croire.

                Les poulets ne sont plus aux hormones depuis Jean Ferrat, mais ceux élevés en batterie sont moins bons et le peu de toxicité qu’ils présentent est compensé par le prix.

                En Afrique et au Moyen-Orient on importe des poulets congelés du Brésil, bien sûr nourris au mais OGM, mais pour les gens des bidonvilles c’est l’unique moyen d’avoir des proteines animales à bas prix.

                Les poulets locaux sont meilleurs , bien qu’élevés sans hygiène, mais ils sont assez rares et plus chers du moins dans les grandes villes ;

                C’est peut-être injuste, mais c’est une réalité économique incontournable.

                Et puis, allez vous payer du chapon fermier avec le Smic !


              • Emmanuel W 30 janvier 2008 18:26

                Effectivement, les médecins, parmi les plus éminents, ont manqués parfois de précaution :

                L’Académie de Médecine, avec la caution du professeur Maurice Tubiana, publia en août 1996, sous la plume du professeur Etienne Fournier, un rapport sur les conséquences sanitaires de l’amiante. Ce rapport dénonçait des estimations de mortalité fantaisistes, niait les maladies hors exposition professionnelle et sous-estimait le rôle de l’amiante comme cause des cancers du poumon.
                 
                Vendus ou incompétents ?

                A propos de précautions, soutenons Stavros Dimas, commissaire européen à l’environnement :

                http://write-a-letter.greenpeace.org/332 

                 

                 


                • Georges Yang 30 janvier 2008 18:40

                  La réputation de Tubiana n’est pas usurpée en tant que cancérologue. Le cancer de la plèvre et l’asbestose sont connus depuis les années 60 70 ainsi que la toxicité de l’amiante.

                  Il ne faut pas confondre les risques pris par des mineurs dans les mines d’amiante dans les pays du tiers monde, les ouvriers ayant fait du déflocage sans masques et des étudiants ayant assisté à des cours à Jussieu

                  Certains individus réclament aujourd’hui une indemnité non du fait d’une maladie mais à cause d’une exposition au produit alors qu’ils n’ont pas encore de cancer ou de maladie pulmonaire. (au nom du préjudice moral)

                  Il y a même des escrocs qui ont travaillé pour des sociétés ayant utilisé l’amiante , mais qui exerçaient dans des bureaux situés à des kilomètres des lieux où l’amiante était utilisée. Ces gens veulent aussi être indemnisés


                • rimo 30 janvier 2008 18:40

                  Cet article est excellent : totalement d’accord pour l’ineptie de ce principe de précaution qui n’apportera que des freins dans de nombreux domaines : innovation, économie, technologie, sciences, santé , ... Nous reculerons encore vis à vis de pays qui auront choisi le dynamisme et la clairvoyance alors que nous avons choisi l’inertie et l’irrationnel.

                  Les pauvres français que nous sommes sont abusés par toutes ces craintes que l’ont met en exergue à tout bout de champ ; ils tombent dans le panneau sans essayer de comprendre, de s’informer , de comparer et d’évaluer. L’esprit cartésien des français, qui faisait notre force et notre originalité, a disparu à tout jamais.

                  Il faudra malheureusement une bonne génération pour découvrir que tout ceci n’était que supercherie, combien cela aura encore couté au pays qui est déjà tellement mal en point.


                  • Georges Yang 30 janvier 2008 18:46

                    Merci !

                    Beaucoup de gens confondent vérification, contrôles et normes de sécurité qui sont indispensables et la peur de tout ce qui les entourent.


                  • JL JL 30 janvier 2008 18:54

                     

                    L’auteur écrit : ""Le principe de précaution est un non-sens à la fois économique, scientifique, mais aussi moral. Il ressort des peurs du Moyen Âge, de la chasse aux sorcières et de la frilosité qui mènent à toutes les lâchetés. L’économie échappe de plus en plus au politique,"" En fait de non sens, c’est l’auteur qui en commet un puisqu’il ajoute "" L’économie échappe de plus en plus au politique.""

                    Je lis : ""l’économie capitalisTe est aujourd’hui remplacée dans le discours par le consumérisme"". Encore un non sens, puisque mélange des genres évident.

                    Je conseille à l’auteur de lire cet excellent article "Le crabe aux pinces d’or" pour ce qui est du "vivre de mieux en mieux" qu’il évoque.

                    Et aussi, au sujet du principe de précaution, cet autre article sur le bio, les OGM et les pesticides : "Grenelle de l’environnement et Union européenne : où va le bio  ?"


                    • geko 30 janvier 2008 19:15

                      Comme dit Helios Le principe de précaution est un principe de responsabilité....aujourd’hui assumé par le politique parceque la plupart du temps les études scientifiques cautionnant l’utilisation de produits sont financées par les grosses entreprises qui commercialisent ces mêmes produits.

                      Le problème n’est il pas multiple : Privatisation de la recherche, acceptabilité des risques, société développant une aversion au risque, champs d’application du principe...ect

                      Vous auriez dû vous appliquez le principe de précaution consistant à réfléchir et prendre du recul avant d’écrire un article qui mélange tout , n’argumente rien et ne montre rien sauf votre opinion dont l’objectivité n’a rien à envier à celle des écolos forcenés que vous dénoncez  !

                      "En Afrique et au Moyen-Orient on importe des poulets congelés du Brésil, bien sûr nourris au mais OGM, mais pour les gens des bidonvilles c’est l’unique moyen d’avoir des proteines animales à bas prix."

                      Je doute des qualités nutritives de votre poulet "tricatel". Quand aux moyens d’avoir des proteines à bas prix il y a la spiruline !


                      • Georges Yang 30 janvier 2008 19:27

                        Faire manger des algues aux pauvres en Afrique parce qu’on a peur des OGM !

                        On se croirait au temps des rois de France où les gueux mangeaient du brouet et les nobles des vollailes et du gibier, les manants n’ayant pas le droit de chasse !


                      • geko 30 janvier 2008 20:36

                        Non parceque la spiruline a certainement plus de qualités nutritives que votre poulet brésilien, et qu’à défaut de chasser du poulet frétillant dans le désert ces populations peuvent avoir une relative indépendance alimentaire en fabricant à très faible cout la spiruline chez eux.

                        Le problème de la faim dans le monde est un problème multi-factoriel ou inteviennent largement les données économiques et politiques.

                        Peur des OGM ? Non .75% des OGM agricoles le sont pour résister aux pesticides c’est à dire ne bénéficiant pas aux pays victimes de famine ! Laisser aux Américains seuls la maîtrise des techniques OGM c’est s’assurer que les progrès seront essentiellement orientés vers la recherche du profit !

                        Je ne vois pas le rapport avec vos élucubrations royales !!


                      • Georges Yang 31 janvier 2008 15:30

                        Manger, ce n’est pas uniquement se nourrir sainement 

                        C’est partager socialement un moment avec sa famille ses amis autour d’aliment que l’on apprécie culturellement

                        Après la crise du Rwanda, l’USAID a envoyé du maîs jaune aux déplacés, or les rwandais ne mangent que le blanc, le jaune étant réservé aux animaux, bien sûr, l’apport nutritionel est le même

                        Quant aux 5 légumes, nouveaux psittacisme publicitaire citoyen, allez l’expliquer à quelqu’un qui touche le RMI, quand 1/2 choux vaut 2.20 euro !


                      • imago imago 31 janvier 2008 13:04

                        Un article comme celui-ci peut faire des ravages...

                        1 parce qu’il se présente comme mesuré donc crédible

                        2 parce qu’il est écri par un médecin ( bigre, pour ses patients !)

                        3 parce qu’il prend APPAREMMENT la défense du faible

                        etc... bref c’est un condensé de contre vérités assénées avec la plus grande candeur.

                        Un détail parmi d’autre : dire que plus personne n’est ne souhaite la disparition du capitalisme est franchement réducteur sinon une imposture. De plus en plus d’institutions et de personnes souhaitent se détourner des rouages du marché, mais ne le peuvent pas justement parce qu’ils sont sur le fil du rasoir, sans arret au bord du gouffre...

                        je suppose qu’en tant que médecin vous recommandez de manger 5 fruits par jour...sans calculer le prix de ce conseil judicieux !


                        • sophie 31 janvier 2008 14:38

                          Je crois que vous n’avez pas compris le message de l’article. L’auteur ne remet pas en cause le principe de précaution et de prévention. Il critique le detournement de cette cause ("prevention et précaution") dans d’autres buts peu alouables. Par exemple, si le niveau de plomb dans certains jouets fabriqués en Chine est élévé, il suffit juste de le rectifier. Les chinois sont d’accord pour cela et tous nos demandes pour améliorer la securité de certains produits defectueux sont bienvenus.

                          Ce que critique ici l’auteur est la généralisation de certains de ce produit à "tous les produits chinois" ou qui ont un rapport de loin ou de pres avec les chinois. C’est une géneralisation abusive qui crée le racisme et la xenophobie. De plus, on fait passer le message comme si "LES chinois" nous ont intoxiqué volontairement et intoxiqué volontairement nos enfants !!!!

                          Eh, oui, ce n’est pas une propagande pour la "precaution ou la prévention", mais c’est une propagande pour créer un sentiment d’insecurité chez les francais et la cause de cette insecurité est "l’etranger", "ceux qui sont différents de nous donc ils sont suspects et ils nous veulent intentionnellement du mal". C’e sont des propagandes (dont je ne connais pas bien l’origine) qui visent à inciter le racisme (pour les poupées chinoises, c’est le racisme anti-chinois et peut-etre aussi anti-asiatique) et de la xenophobie.


                        • Georges Yang 3 février 2008 10:55

                          On a pas retrouvé le corps de la petite Mouzin.

                          Dans le cas contraire on aurait eu les titres suivants dans la presse/

                          La petite serait morte d’une intoxication au plomb, ses geoliers chinois lui ayant donné une poupée introduite clandestinement en France pour calmer ses pleurs

                          Ou bien, les analyses des restes ont retrouvé la listériose , car dans un retaurant chinois sans hygiène, les rats doivent pulluler.

                          Ou encore, la fillette était dans les mains d’un réseau de prostitution chinoise destiné aux clandestins

                          L’hystérie anti asiatique est si grande que seuls les écologistes peuvent être encore plus exités !

                           

                          Et dire que Jean-Paul II avait dit : "N’ayez pas peur !"


                          • JL JL 4 février 2008 08:59

                            Georges Yang écrit : ""L’hystérie anti asiatique est si grande que seuls les écologistes peuvent être encore plus exités  !""

                            Non, faux, Georges Yang est encore plus exité. Pardon, excité (La colère fait fait dire des bêtises).


                          • korkma sonmez ANTI—PKK 3 février 2008 12:22

                            PRESSION DIASPORA OU COURSE AU MUNICIPAL,

                             

                            A la demande d’ultranationalistes arméniens, Monsieur Jean Paul Bret, maire socialiste et tête de liste de la gauche à Villeurbanne, a obtenu d’une candidate d’origine turque qu’elle se retire de la liste électorale présentée par les Verts.

                             

                            Soumise à de fortes pressions, ladite candidate a été sommée dans un premier temps de prendre publiquement position sur les tragiques événements survenus sous l’Empire ottoman en 1915. Sous la contrainte, elle s’exécuta. Cela ne suffit pas ! Monsieur Bret exigea ensuite de la candidate qu’elle confirme sa position devant... un militant arménien ! Cette comparution humiliante, digne d’un interrogatoire stalinien, eut bien lieu ! Mais loin de s’en satisfaire, M. Bret et ses conseillers arméniens imposèrent à la candidate une nouvelle épreuve : aller se prosterner devant le monument arménien de la commune !

                             

                            Las ! Humiliée, présumée coupable du fait de ses origines et constamment obligée de se justifier sur des événements survenus il y a plus de 90 ans, la candidate turque finit par jeter l’éponge.

                             

                            Nous condamnons avec force la stigmatisation ouvertement raciste dont a été victime cette candidate et dénonçons la politique communautariste dont M. Bret se fait dangereusement l’artisan à Villeurbanne. Dresser les communautés les unes contre les autres et instrumentaliser des tragédies historiques à des fins électorales sont des méthodes indignes d’un démocrate !

                             

                            La scandaleuse attitude de Jean-Paul Bret, qui a cédé aux plus radicaux des groupes extrémistes arméniens, est une humiliation pour toute la gauche, tous les républicains, et tous les humanistes, que le collectif CIViC appelle à réagir contre cette dérive turcophobe.

                             

                            Paris, le 1er février 2008


                            • manusan 4 février 2008 09:39

                              Ni hao Mr Yang,

                              Concernant les histoires des jouets au plomb ou dentifrices à l’antigel qui ne sont pas aux normes, ce n’est surement pas aux sous-traitants ou copistes chinois qu’il faut jeter la pierre mais aux distributeurs Français. A partir de là on controlera ce qui se vend sur le territoire, car trop facile de se cacher derrière le "c’est pas moi, c’est les chinois".

                              Concernant le principe de précaution, la question en Chine (où j’habite) serait :"combien ça rapporte tout de suite ?". Rien à attendre de ce coté du monde sur cette question et pourtant on fait fabriquer la-bas, allez comprendre.

                              zaitian

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