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Accueil du site > Actualités > Politique > Sarkozy-Hollande et les erreurs du début de mandat

Sarkozy-Hollande et les erreurs du début de mandat

Les actions du Président en début de mandat sont souvent celles qui marquent durablement les esprits. Sa réélection se joue en partie sur la base de ses premiers choix politiques et du jugement que les électeurs en auraient tiré. Nicolas Sarkozy a dû s’en rendre compte lorsqu’il a reconnu qu’il n’aurait jamais dû se rendre au Fouquet’s ni sur le yacht de Bolloré. Il avait battu campagne aux côtés de « la France qui se lève tôt » pour se retrouver, dès le lendemain de l’élection, dans les habits du Président des riches. L’expression « Président des riches » fut en grande partie une caricature mais elle a suffi à ruiner ses chances de réélection. Malgré son mea culpa, en fin de campagne, il était trop tard pour redresser la barre. 

La gauche devrait en tirer les leçons et s’interroger sur la pertinence des premiers choix politiques que la majorité actuelle revendique. En effet, les sujets de société ont leur importance, mais il devient manifeste qu’on en parle trop et qu’il est raisonnablement temps de se consacrer aux questions qui touchent directement au quotidien et aux conditions de vie des Français.

En tout cas, s’il y a quelque chose à retenir de huit moi de François Hollande à l’Élysée, en termes de répercutions médiatiques, il s’agit essentiellement des questions périphériques comme le mariage homosexuel, l’adoption des enfants par les couples homosexuels, la procréation médicalement assistée, le vote des étrangers, les salles de shoot,… Des sujets qui ont bien entendu leur importance, mais qui ont donné lieu à tellement d’affrontements et de divisions dans l’opinion qu’on risque un jour de se demander s’ils en valaient vraiment la peine.

Nos députés passent des nuits blanches à l’Assemblée nationale pour débattre du mariage homosexuel. Plus de 4000 amendements ont été déposés par l’opposition ce qui se traduit, naturellement, par un embouteillage dans le calendrier parlementaire. Il s’agit pourtant d’un sujet d’une telle banalité qu’il suffit de regarder autour de nous (Belgique, Espagne, Grande Bretagne, Pays scandinaves,…) pour adopter, en première lecture, le texte légalisant cette forme de mariage et passer à autre chose.

Qui a, franchement, intérêt à cristalliser les passions et à les entretenir dans la durée sur un sujet pareil ? Mais aussi, quel intérêt politique y a-t-il à mettre en avant des sujets aussi polémiques (mariage homosexuel, salle de shoot, vote des étrangers,…) ?

Puisque, pendant ce temps, on s’impatiente sur le porte-monnaie et devant les usines qui ferment les unes après les autres. La raffinerie de Petroplus Petit-Couronne est en liquidation judiciaire, 470 emplois sont directement menacés et le ministre du Redressement productif ne semble plus maîtriser l’issue du dossier. Chez Renauld, direction et salariés s’affrontent sur l’accord de compétitivité avec au final des suppressions massives de postes et la fermeture des sites. D’autres fleurons de l’industrie française ne sont pas au mieux. PSA, Goodyear, Sanofi, Doux, …

Pendant ce temps, également, les chiffres du chômage et la pauvreté progressent dans le pays. Et rien ne semble pouvoir stopper la « descente aux enfers ».

On s’attendait naturellement à ce que le Président normal entreprenne, dès son élection, à concevoir et à mettre en œuvre quelques mesures d’urgence permettant de stabiliser les chiffres du chômage et atténuer la pauvreté. Il aurait pu aussi engager un grand débat national sur le chômage et la pauvreté, les deux fléaux qui progressent en France depuis maintenant trop longtemps (les années 1970 avec les chocs pétroliers).

A la place, il lance son mandat sur des sujets de société. Un choix des priorités qui vaut ce qu’il vaut mais qui pourrait se retourner contre la gauche, qui semble ne pas réaliser que la droite a perdu en grande partie suite aux erreurs du début de mandat.

Boniface MUSAVULI


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2 réactions à cet article    


  • QAmonBra AmonBra 9 février 2013 18:11

    La marche forcée vers le totalitarisme libéral est enclenchée en France depuis la mort politique de Charles De Gaulle et de ses derniers (piètres) héritiers.

    Malgré ses étoiles de Général, c’était un véritable patriote démocrate, malgré ses erreurs, ses excès et ses illusions, il est le dernier homme politique français digne de ce nom. 
    Comme tous ceux qui l’ont précédé après « le Grand Charles », François Hollande n’est qu’un vulgaire politicien dirigeant le pays vers le même naufrage, il ne diffère d’avec son prédécesseur que par un pilotage prudent et une vitesse moindre.
    Dans une France n’existant plus en tant que nation souveraine et indépendante, n’existant plus en tant qu’état des Français, ce qu’il est, dit, fait ou ne fera pas n’a donc aucune importance.
    L’identification de l’écueil fatidique est l’unique objet de mon attention, en espérant que cette inévitable catastrophe enfantera le prochain De Gaulle.


    • xmen-classe4 xmen-classe4 10 février 2013 16:49

      l’élection étais truqué, achat de votes.


      Le Ps c’est la roue de secourt de l’ump, ils leur redonnent meme le pvr dans 5 ans.
      Le ps veut qu’un se dise que : le ps n’a rien pu faire contre les lois , c’est triste mais fallais bien voter( à l’ump).
      *hollande et sa bande dirige la france comme si c’etais un autre pays, sans prendre en consideration son histoire, ou ses problemes .

      les francais devraient pouvoir s’adapter à toute les lois...

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