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Sarkozy, multi récidiviste de la défaite

La plupart des caciques de l’UMP et des éditorialistes au service de la droite le clament sans cesse, comme pour se rassurer : Sarkozy est un battant, une « bête de campagne », capable de déjouer les pronostics les plus défavorables. Rien n’est plus faux, et l’histoire nous le montre de manière éclatante : Sarkozy est avant tout un « looser »...

On peut se gausser des attitudes de matamore et des rodomontades d’un président sortant parfois à la limite du ridicule au cours du mandat qui s’achève. Il serait toutefois bien imprudent, voire dangereux, de sous-estimer ses capacités à gagner le prochain scrutin présidentiel. Car le candidat UMP, actuellement donné battu dans toutes les enquêtes d’opinion, n’hésitera pas à utiliser toutes les ficelles, y compris les plus grossières, pour se faire réélire.

Á cet égard, le meeting qu’a tenu Sarkozy hier à Annecy a donné le ton de ce que sera sa campagne : un pilonnage ininterrompu de son adversaire socialiste. Sarkozy – il en a pleinement conscience – ne peut en effet s’appuyer ni sur son piteux bilan ni sur la sympathie qu’il inspire aux Français. Toute sa stratégie est par conséquent basée sur trois axes de campagne :

1° afficher une fausse humilité destinée à accréditer sa prétendue proximité avec le peuple ;

2° décrédibiliser Hollande en dressant de lui le portrait d’un crétin doublé d’un escroc ;

3° écarter toute référence à l’action gouvernementale du quinquennat qui s’achève.

Pour ce faire, Sarkozy ne fait pas dans la dentelle.

Sur le 1er axe, il prend un air doucereux et contrit pour avouer quelques erreurs (sans citer le moindre de ses échecs) mais en plaidant la recherche constante des solutions « justes » qui ont présidé à toutes ses actions. Curieuse notion de la « justice », illustrée, entre autres mesures inéquitables, par la Loi Tepa et l’allègement de l’Impôt sur la fortune !

Sur le 2e axe, il retrouve son ton, naturellement agressif, pour taper comme un sourd sur Hollande en l’accusant, sans rire, de « mentir matin et soir ». Une accusation frontale qui, irrésistiblement, appelle la bonne vieille réplique populaire « Tel on est, on voit les autres ! », eu égard à l’impressionnante litanie des mensonges proférés depuis des années par Sarkozy dans tous les domaines, y compris pour faire mousser sans vergogne les défunts de sa propre famille.

Enfin, sur le 3e axe, non seulement il occulte toute référence gênante au bilan de son quinquennat, ce qui revient à en gommer l’écrasante majorité des actes, mais il interdit désormais à ses ministres de s’afficher à ses côtés lors de ses visites de campagne, espérant ainsi accréditer l’idée dans l’opinion qu’il n’est en rien responsable des fautes accumulées durant le mandat présidentiel. Ce faisant, non seulement Sarkozy prend les Français pour des niais, mais il affiche de surcroît une goujaterie sans nom au détriment de tous ceux qui ont appliqué sa politique.

Cette stratégie sauvera-t-elle le candidat UMP ? Rien n’est moins sûr. Car l’homme, s’il possède un tempérament fougueux, est bien loin d’être le « winner » doté de superbes qualités de combattant dont on nous rebat les oreilles. Sans même parler des résultats électoraux du passé, la capitulation de Sarkozy face à une Merkel hostile aux eurobonds et à tout « volet croissance » dans le Traité européen en attente de validation, illustre les limites de sa crédibilité et de sa capacité à convaincre nos partenaires européens au mieux des intérêts de la France.

Restent les scrutins dans lesquels Sarkozy a été directement impliqué, soit comme candidat, soit comme pilote. Et là, force est de reconnaître que notre Napoléon de poche (allusion à son envergure politique) a plus souvent connu Waterloo qu’Austerlitz.

Certes, il a naguère conquis la Mairie de Neuilly en 1983, mais en bénéficiant du décès soudain de l’édile en exercice, Achille Peretti, et surtout en intriguant, sur la dépouille encore chaude du maire, pour obtenir d’un Chirac dépassé l’investiture aux dépens de Pasqua, pourtant successeur désigné de Peretti. Hauts-de-Seine, ton univers impitoyable ! Dès lors, l’élection dans ce ghetto friqué n’était plus qu’une formalité pour le candidat officiel du RPR qui deviendra également député sans plus de difficulté, eu égard à la sociologie très conservatrice de la circonscription.

Pas grand-chose d’autre à mettre au chapitre des succès électoraux de Sarkozy, exception faite, bien sûr, de son élection à la présidence de la République en 2007. Je n’y reviens pas, tout le monde ayant encore en mémoire les conditions dans lesquelles s’est déroulée cette campagne. Rappelons quand même que la victoire de Sarkozy sur Royal, pour être nette, n’a pas été écrasante. Une relative surprise, tant cette victoire a été facilitée par la division des socialistes et l’attitude de quelques caciques du PS, beaucoup plus prompts à savonner la planche de leur candidate qu’à lui faire la courte-échelle.

La liste des succès s’arrête là. Mis à part le scrutin européen de 2009 où la droite a limité ses pertes et conservé la majorité des sièges français, la biographie de Sarkozy est en effet émaillée d’échecs, souvent cinglants. Rappelons-nous :

· 1988 : Sarkozy trahit Chirac pour soutenir Balladur. Mauvais choix : Balladur est battu au 1er tour de l’élection présidentielle et Sarkozy hué par les militants du RPR entre les deux tours du scrutin.

· 1999 : Sarkozy, secondé par Madelin, conduit la liste RPR-Démocratie libérale aux élections européennes. Cette liste subit une sévère défaite, arrivant en 3e position derrière la liste du vendéen De Villiers.

· 2003 : Sarkozy est à la manœuvre au ministère de l’Intérieur. Sûr de son fait, il organise un référendum en Corse destiné à modifier « l’organisation institutionnelle » de l’île. Nouvel échec.

· Mars 2008 : élections municipales. L’UMP, soutenue sans vergogne par Sarkozy, espère des conquêtes significatives au détriment du PS et de ses alliés. Le résultat est catastrophique : si Mulhouse bascule à droite, les villes d’Amiens, Argenteuil, Caen, Metz, Quimper, Rouen, Saint-Denis, Strasbourg, Toulouse et Valence, pour ne citer que les principales, basculent à gauche. La défaite est cuisante !

· Mars 2010 : élections régionales. Après la débâcle de 2004, l’UMP, toujours soutenue par un Sarkozy sortant de sa neutralité, a bon espoir de reprendre des territoires à la gauche. Il n’en est rien : sur les 27 régions, la gauche accroit sa domination écrasante, faisant de ce scrutin une véritable Bérézina pour le parti présidentiel et ses alliés qui ne conservent que 3 régions : l’Alsace, la Corse et la très modeste Guyane.

· Mars 2011 : élections cantonales. L’UMP jette se forces dans la bataille pour contrer une gauche conquérante. Pas d’inquiétude cependant pour les caciques du parti présidentiel dans l’optique des sénatoriales de l’automne, le scrutin ne devrait pas entraîner la perte de la Chambre Haute. Résultat du vote : 1213 sièges pour la gauche parlementaire contre 753 pour la droite : 4 départements basculent à gauche contre 1 à droite. Suspense pour le Sénat...

· Septembre 2011 : élections sénatoriales. Après avoir compté et recompté leurs grands électeurs, gauche et droite se disent confiantes, la première pour conquérir enfin cette Assemblée, la seconde pour en garder le contrôle malgré des résultats calamiteux dans les collectivités locales lors des scrutins précédents. En définitive, la gauche l’emporte et, avec 179 voix sur 342 exprimées, Jean-Pierre Bel (PS) succède à Gérard Larcher (UMP) au « plateau », autrement dit à la présidence du Sénat.

Ce rappel du palmarès électoral de Sarkozy est éloquent et se suffit à lui-même pour démontrer que le candidat de l’UMP n’est pas, loin s’en faut, le chef auréolé de lauriers gagnés dans les batailles du passé, mais un homme qui, en 2007, a su tenir à des Français crédules le langage qu’ils voulaient entendre. Un langage d’espoir pour les classes populaires et moyennes : espoir de gagner plus ; espoir de voir s’éloigner le spectre du chômage ; espoir de voir reculer l’insécurité, et notamment les atteintes aux personnes ; espoir de voir diminuer les déficits publics et la dette ; espoir de voir les efforts répartis plus équitablement...

Autant d’espoirs déçus, et même délibérément bafoués durant le quinquennat. Sarkozy n’en est pas moins déterminé à rester à l’Élysée, sans aucun doute pour continuer son œuvre de destruction des acquis sociaux et de démantèlement des services publics. Il compte pour cela harceler son adversaire principal, quitte à manier les arguments les plus vils et les plus manipulateurs. Le harceler en saturant les médias de sa présence et de ses interventions, à la manière d’un « tapis de bombes ».

Problème : les Français n’en peuvent plus de voir Sarkozy envahir chaque jour leur espace vital. Ils sont en overdose depuis des mois, voire des années. Par chance, le candidat UMP ne voit rien, n’entend rien. Comment le pourrait-il ? Depuis 2007, il n’a pas eu le moindre contact avec la France réelle. C’est pourquoi son réveil risque d’être douloureux de 6 mai. Faute d’avoir été un peu plus à l’écoute de ce peuple dont il prétend abusivement être le serviteur zélé, c’est à l’écoute de Johnny Halliday et Mireille Mathieu qu’il pourrait être réduit le 7 mai.


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106 réactions à cet article    


  • wesson wesson 17 février 2012 23:24

    Bonsoir Fergus,
    désolé de casser l’ambiance, mais je voudrais vous recommander de redoubler de prudence.

    Sarkozy n’a pas encore perdu, ou plutôt je devrais dire Hollande n’as pas encore gagné.

    Car franchement, je me demande comment Hollande a pu être assez con pour écrire dans le Guardian ce qui n’est rien d’autre qu’un chiffon rouge pour la vraie gauche.

    Un jour c’est « mon ennemi c’est la finance », le lendemain c’est « on a été les champions du libéralisme et ça va continuer » ! Comment peut-on rester crédible après cela.

    Sarkozy est bien un looser, mais franchement Hollande n’a pas l’air mieux inspiré. Vous parliez de la nécessité du vote utile : foutaise que voici, avec Hollande on reste dans le même train, en changeant un peu la vitesse !

    Alors un duel Sarko-Hollande au second tour ? j’ai une furieuse envie de m’abstenir, et je pense ne pas être le seul.


    • Fergus Fergus 17 février 2012 23:38

      Bonjour, Wesson.

      J’ai rappelé en début d’article que Sarkozy reste un adversaire très dangereux et qu’il serait imprudent de considérer sa défaite comme acquise.

      Pour ce qui est de l’interview de Hollande au Guardian, c’est effectivement une maladresse inopportune. sans doute sera-t-il désormais plus prudent dans ses déclarations.

      Je n’ai, en d’autres occasions, évoqué le « vote utile » que dans le cas où Hollande serait en situation de ne pas se qualifier pour le 2e tour. C’est pourquoi je voterai Mélenchon au 1er tour.

      Au 2e tour en revanche, je n’hésiterai pas un instant à voter Hollande, malgré les réserves que son programme m’inspire. Je rappelle à cet égard que s’abstenir au 2e tour revient à voter pour le vainqueur, quel qu’il soit. Autrement dit Sarkozy s’il doit être réélu !

      Cordialement.


    • wesson wesson 17 février 2012 23:48

      « Autrement dit Sarkozy s’il doit être réélu »

      en ce qui me concerne, tout le problème venant du fait que entre Hollande et Sarkozy, hors bling-bling j’ai de plus en plus de mal à percevoir une différence.

      La phrase de Hollande dans le Guardian n’était à mon avis pas malheureuse mais sincère, ce qui par opposition implique que le discours du Bourget ne l’était pas. Voter pour ça, j’ai bien peur que ce soit au dessus de mes forces.


    • Fergus Fergus 18 février 2012 07:35

      Bonjour, Wesson.

      C’est oublier (omission capitale) que Hollande ne gouvernerait pas seul, contrairement à Sarkozy, et qu’il devrait composer avec ses alliés EELV et FdG, particulièrement si ces derniers réussissent de gros scores lors des législatives, ce que j’espère, précisément pour contrer les tentatives hégémoniques du PS.


    • amiaplacidus amiaplacidus 18 février 2012 08:55

      Je suis d’accord avec Fergus.

      La majorité du peuple français n’est pas prête pour une politique réellement socialiste, elle est à droite, plutôt au centre droit.
      On peut le regretter, c’est mon cas, mais c’est un fait.

      Partant de là, je crois qu’il convient d’éliminer la contradiction principale : Sarko.

      Pour le premier tour, tant que Hollande ne risque pas d’être éliminer, le choix logique pour un homme de gauche c’est Mélanchon.

      Pour le deuxième tour, en cas du probable duel Hollande-Sarko, contrairement à Wesson, il faut choisir le moins pire : Hollande.
      Ne pas choisir et aller à la pêche, c’est en réalité voter Sarko (je rappelle que la majorité en France est à droite). Après tout un Hollande est bien moins brutal qu’un Sarko et, cultivé et poli, il ne mettra pas la honte à la France sur le plan international.
      C’est pas beaucoup, mais c’est déjà ça.

      Mais il y a un troisième et un quatrième tour : les législatives !
      Alors là, c’est, toutes voiles dehors, le vote FDG. L’idéal, il n’est pas interdit de rêver, c’est un FDG ayant suffisamment d’élus pour que son apport soit indispensable au PS pour avoir une majorité.
      Cela permettrait d’avoir une politique de centre gauche, pas forcément exaltant, mais cela correspondrait mieux à la réalité française.

      Maintenant, venons-en à la question fondamentale : pourquoi le peuple français est majoritairement de centre-droit, au mépris des intérêts réels de la majorité du peuple ?

      À cause du manque de travail des forces progressistes. Elles se contentent de se battre sur le plan électoral, totalement insuffisant.

      Il faut, et c’est un impératif, expliquer largement (c’est maintenant possible grâce à internet) les tenants et aboutissants de l’économie capitaliste (je ne dit pas néolibérale, parce que capitalisme et néolibéralisme c’est exactement la même chose).

      Expliquer l’économie, malheureusement, la plupart des acteurs de gauche ne savent pas grand chose de l’économie et se contentent d’incantations souvent vides de sens . Les champions dans ce domaine étant les NPA, LO et autres « gauchiste » (j’utilise le terme gauchiste par souci de simplification, même si c’est un terme que je récuse).

      Montrer l’exploitation de la force de travail, le profits distribués uniquement à la rente.

      Montrer les invraisemblables gaspillages d’une économie concurrentielle et leurs impacts écologiques (à ce propos, politique écologique et politique capitaliste est un exemple parfait de contradiction).

      Etc.

      Bref, il y a beaucoup de travail à faire.


    • Fergus Fergus 18 février 2012 09:16

      Bonjour, Amiaplacidus.

      Je contaste que nous sommes effectivement sur la même ligne électorale. Comme vous, je crois que c’est aux législatives que le Front de Gauche et EELV pourront réllement marquer leur territoire. En ayant des élus, mais aussi en réussissant des scores tels que leur parole ne pourra être ignorée. Ce rendez-vous est très important, mais il ne pourra réussir que si Sarkozy est battu à la présidentielle afin d’entraîner un vote légitimiste vers les forces de gauche. Si Sarkozy repasse, ce ne sera pas seulement une défaite du PS, mais aussi une défaite de l’ensemble des partis de gauche.

      Sur le travail de terrain versus le positionnement au centre-droit (bien réel) du peuple français, je suis sceptique : les seuls militants que je rencontre sur les marchés au fil du temps sont de gauche, la droite étant presque totalement absente. Du moins est-ce le cas à Rennes. Mais vous avez raison : ce travail est insuffisant. Cela dit, pas facile de lutter contre ce qui fait le lit de la pensée unique libérale et de l’individualisme qui prévalent, car véhiculés par la télévision depuis des années, et de ce fait ancrés dans les mentalités...

      Cordialement.


    • JL JL1 18 février 2012 09:46

      « Pour le premier tour, tant que Hollande ne risque pas d’être éliminer, le choix logique pour un homme de gauche c’est Mélanchon. » (amiapladus)

      Si Hollande est éliminé, ce sera par et au profit de Jean-Luc Mélenchon.

      Dire comme le font amiapladus et Fergus que je salue au passage, c’est sous entendre que, « on veut bien Mélenchon pour tirer le PS à gauche, mais pas trop tout de même » !

      Désolé.


    • Fergus Fergus 18 février 2012 10:17

      Bonjour, JL1.

      On peut avoir un idéal de société et voter Mélenchon, ce qui est mon cas et celui d’Amiaplacidus.

      Pour autant, il fait être réaliste : sauf énorme contre-performance du candidat socialiste, Mélenchon n’a pas l’ombre d’une chance de figurer au 2e tour en lieu et place de Hollande. Et si c’était le cas, Sarkozy l’emporterait très largement, précisément du fait de cette sociologie dominante de centre-droit à laquelle fait référence Amiaplacidus.

      D’où l’intéret, certes de faire un très bon score au 1er tour pour le Front de Gauche (si possible à 2 chiffres), mais surtout aux législatives où il y a une opportunité de faire avancer significativement les forces de progrès.

      Cordialement.


    • gogoRat gogoRat 18 février 2012 11:32

      @ amiaplacidus :
       le simplisme de cette désespérante dichotomie entre Gauche et Droite, outre qu’elle fatigue, décourage et finit par horripiler un nombre incalculable de Français (inscrits ou pas sur les listes électorales) nuit à une prise de conscience lucide des réels clivages d’intérêts individuels.

      Loin d’être un fan de Sciences Po, je ne résiste pas ici à l’élan de partage qui contribuera peut-être à faire entrevoir à quelques-uns une autre formulation de la remarque postée en :
      http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/menteur-et-manipulateur-110476#forum3225806

      Références pour élargir le débat :
      « Hiérarchie, inégalités et défiance : telle est la véritable devise de la société française !

      ... cette logique empêche pour l’instant la France de sortir de l’engrenage du déclin annoncé

      ... »

      http://blogs.sciences-po.fr/recherche-news/2012/02/13/yann-algan-al-publie-la-fabrique-de-la-defiance/

      Sciences Po : « La fabrique de la défiance…et comment s’en sortir »

      http://www.sciencespo.fr/lafabriquedelaconfiance/

      « Le mal-être français est réel. Il se manifeste par des états de stress, des dépressions, une consommation d’anxiolytique et même des suicides beaucoup plus fréquents que dans la plupart des autres pays. ...

      un cercle vicieux où le fonctionnement hiérarchique et élitiste de l’école nourrit celui des entreprises et de l’Etat. Elle résulte aussi d’une logique corporatiste, où chaque groupe professionnel essaye de tirer au mieux parti du bien public, le plus souvent au détriment des autres.

       »

      « La France est un pays corporatiste fondé sur une logique de statuts où chaque groupe cherche à accroître ses avantages aux dépens des autres.

      ... » cf http://www.sciencespo.fr/lafabriquedelaconfiance/category/institutions/



    • Mais dans quel monde vit-on ? 18 février 2012 11:47

      « ... avancer significativement les forces de progrès. »

      Forces de progrès qui s’appuient sans restrictions sur les hallucinations universalistes et humanitaristes du... XIXe siècle, que le XXe a réduit à néant :

       « Le dix-neuvième siècle fut le siècle de l’espoir, de la croyance au progrès social, de l’aptitude de chaque homme à devenir un être fraternel pour les autres. Le vingtième siècle est celui de l’inquiétude et des désillusions du progrès. » (Eugène Enriquez, « De la horde à l’Etat »).


    • oncle archibald 18 février 2012 11:56

      " Sarkozy n’a pas encore perdu, ou plutôt je devrais dire Hollande n’as pas encore gagné« .

      Tout à fait d’accord sur le triste constat que ni l’un ni l’autre ne »donnent envie" de voter pour eux, tout du moins à ceux qui ne sont pas des fanatiques aveuglés les uns par leur désir irrépressible de voir la droite bling-bling rester au pouvoir et les autres par leur désir non moins irrépressible de l’en virer ...

      Et au milieu il y a les citoyens lambda, qui voudraient bien écouter ce qu’aurait à proposer quelqu’un d’à peu près libre de dire ce qu’il pense parce qu’il ne serait pas tenu par ces idéologies à la con et ces haines épidermiques soigneusement entretenues pour que chacun puisse garder son fonds de commerce.

      Une vision réaliste de la société telle qu’elle est ne coupe pas la France entre les affreux exploiteurs et les pauvres exploités ... C’est beaucoup moins simple que cela, et nous méritons tous un débat qui hélas n’aura pas lieu car les deux candidats auto-désignés présents au deuxième tour vont tout faire pour l’empecher ....

      Ah Georges Freche ... on ne méditera jamais assez ce que tu disais lorsque tu briguais ton dernier mandat de Président de Région .. moi je fais campagne pour les cons, parce qu’avec un bon mot, une tape dans le dos et un pastis tu es sur qu’ils vont voter pour toi .. Et d’après lui ils représentaient 90% du corps électoral .. C’est peut être sur ce dernier point qu’il se trompait .. enfin je l’espère .. et puis il n’y a pas d’age pour apprendre à lire .. pourquoi y en aurait-il un pour comprendre la politique ... Un peu d’espoir, y have a dream ...

    • Fergus Fergus 18 février 2012 13:54

      Bonjour Oncle Archibald.

      Eh oui, la présidentielle risque de nous offrir un 2e tour peu enthousiasmant. Mais ce sera quand même le résultat d’un scrutin libre.

      Personnellement, j’ai toujours réprouvé le système électoral français, plaidant pour un système primo-ministériel basé sur des législatives proportionnelles.

      Pour ce qui est de Frêche, ce célèbre propos est incontestablement à mettre sur son goût immodéré pour la provocation. Mais à défaut de 90 %, il le pensait sans doute pour une part non négligeable de son électorat.


    • oncle archibald 18 février 2012 14:31

      Fergus je vous lit depuis longtemps et je sais que vous pourriez comme la plupart des « braves gens » de chez nous en « Languedoc Roussillon » voter pour un singe habillé d’un costume rose si le choix était entre lui et Sarkozy ... 

      C’est cela que je déplore, et votre réponse n’apporte aucun élément sur ce qu’il serait intéressant de pouvoir débattre avant de faire son choix .. le votre est irrémédiablement fait .. Vive Georges Frêche, le visionnaire !

    • oncle archibald 18 février 2012 14:37

      @ Fergus : « D’où l’intéret de faire un très bon score au 1er tour pour le Front de Gauche (si possible à 2 chiffres), mais surtout aux législatives où il y a une opportunité de faire avancer significativement les forces de progrès. »

      Allons allons ... Aux législatives le Front de Gauche aura les sièges négociés avec le PS dans les arrières cuisines de la politique sans que les électeurs ne puissent y rien changer ... Melanchon va négocier durement le nombre de députés, comme les verts l’on fait avant lui, et ensuite tout ce beau monde va voter avec le PS sans broncher ...

      Le seul espoir que quelque chose change dans le paysage politique Français impose de se débarrasser de la dictature des appareils de partis de l’UMP et du PS ...

    • Fergus Fergus 18 février 2012 15:49

      @ Oncle Archibald.

      Le problème, c’est qu’en dehors de l’UMP, du PS et de leurs partis alliés, que vous mettez dans le même sac, il n’y a pas d’autre solution dans le paysage politique actuel, Le Pen étantt une candidate Canada Dry qui veut se donner l’allure et l’odeur d’une servante du peuple, mais qui n’est qu’un faux nez du libéralisme.

      Voter pour un singe habillé en rose pour battre Sarkozy, certainement pas. Ce n’est heureusement pas le cas de Hollande pour qui je voterai effectivement au 2e tour sans hésiter, bien qu’il soit très éloigné de mes aspirations. Il n’y aura d’ailleurs pas d’autre choix possible pour battre celui qui reste le pire danger pour les acquis sociaux et les services publics.


    • oncle archibald 18 février 2012 16:13

      Je constate que vous eliminez purement et simplement du paysage politique la candidature de François BAYROU qui est dans l’état actuel des choses : 

      - le seul mec dont le programme de la campagne de 2007, s’il avait été appliqué pendant le quinquennat passé , aurait permis d’être un peu moins mal que ce que nous sommes aujourd’hui,

      -le seul mec qui, dans les quatre susceptible d’arriver en finale, aurait une chance, en dehors de Hollande, de battre Sarkozy au deuxième tour.

      Je comprends que autant le PS et ses alliés que l’UMP et ses alliés n’aient aucune envie de lui laisser faire une campagne « intelligente » c’est à dire argumentée et hors idées propagées par les fanatiques des deux camps principaux pour bien « bi-polariser » le débat ... 

      Car dans l’éventualité ou Georges Frêche se serait trompé sur le pourcentage de « cons » dans le corps électoral, il serait susceptible cette fois non pas de « frôler » l’accès au deuxième tour mais d’y figurer pour de bon ... 

    • Fergus Fergus 18 février 2012 16:31

      @ Oncle archibald.

      Vous avez raison, j’ai zappé Bayrou. Peut-être un peu vite. Mais il ne semble pas qu’il soit en mesure de se qualifier pour le 2e tour, sauf faute rédhibitoire de Hollande ou de Sarkozy.

      Quoi qu’il en soit, en admettant qu’il puisse être élu, il devrait, faute de troupes et d’appareil, s’appuyer sur une majorité UMP, ou plus probablement PS, et nommer un Premier ministre issu de cette majorité législative. Moyennant quoi l’on retomberait très probablement sur cette UMPS que vous dénoncez.

      C’est d’ailleurs cette perspective que les Français ont très bien analysée et qui les conduit à limiter la confiance faite, non au candidat Bayrou à titre personnel, mais au Modem en tant que force politique pour le moins étique.


    • Pépé le Moco 18 février 2012 17:20

      Effectivement,

      Hollande a décidé, et ce n’est pas nouveau, de suivre le même train que Papandréou (PS grec).
      L’issu, pour le peuple français, va certainement suivre celui du peuple grec : la rigueur ! (un vrai programme pour un candidat « PS » !)
      Rien, de la part du pseudo-socialiste, sur la dette odieuse.
      Base juridique :
      1) La dette doit être contractée à l’insu et sans l’assentiment des citoyens du pays,
      2) Les prêts consentis n’ont pas bénéficié aux citoyens du pays,
      3) Le prêteur est au courant et indifférent à la finalité de la dette contractée.

      Françaises, Français continuez de voter pour le consensus libéraliste (sarko, hollande, le pen et bayrou) et nous nous retrouverons dans la rue (comme les grecs) , pour lutter ensemble, après le mois d’avril, pour démontrer que la dette contractée n’est pas légitime. Les banques financières, sauvées pas le budget public, nous dicterons les mesures à prendre.

      Mais, il sera peut-être trop tard ?


    • oncle archibald 18 février 2012 17:30

      Vous continuez à freiner des quatre fers dès qu’il est question de sortir du système bipolarisé actuel ...

      Le président de la République sous la cinquième ne devait pas être un chef de parti mais au dessus des partis, il devait donner les grandes orientations en « lien direct » avec le peuple et laisser les parlementaires, quels qu’ils soient, voter les lois pourvu qu’elles aillent dans le bon sens ... 

      C’est en dévoyant l’esprit de cette constitution que les Présidents se sont comportés en chefs de parti voire en chef de clan, tout le contraire de ce Président qui ne s’embarrasse pas des luttes partisanes et passe au dessus « dans l’intérêt de la nation » et non pas dans l’interet de 51 ou 52 % des électeurs à un instant T, celui de l’élection .. ... 

      Dans ce cadre ce que vous estimez être une « faiblesse » pour Bayrou est au contraire un énorme avantage ... Et n’oubliez ni que la soupe est bonne lorsque l’on est député, ni que le Président a le pouvoir de dissoudre l’assemblée nationale ...

    • bigglop bigglop 18 février 2012 18:00

      Bonjour à tous,
      Un seul mot : Agissez
      2012 : VOTER POUR RIEN


    • Fergus Fergus 19 février 2012 09:31

      Bonjour, Bigglop.

      Merci pour le lien. J’ai lu votre article avec intérêt.


    • wesson wesson 19 février 2012 13:02

      bonjour Amiaplacidus,

      "La majorité du peuple français n’est pas prête pour une politique réellement socialiste, elle est à droite [...]"

      je ne saurait être plus d’accord.

      Et sur votre propos ensuite pour les législatives, modulé toutefois par le fait que un gouvernement seul ne réforme jamais en profondeur dans le sens du mieux disant social, sans qu’il ne soit aidé en cela par un puissant mouvement populaire.

      L’exemple adéquat pour cela c’est le front populaire. Il se fait élire avec comme seul programme de barrer la route au fascisme qui vent d’arriver en Italie, et rien d’autre. Ce n’est que à la faveur de mouvements de grèves massifs que les dirigeants des entreprises prennent peur et voient la France prête à basculer dans un régime à la soviétique, et donc cède sur toutes les avancées sociales qui sont demandées dans la rue.

      Pour en revenir à aujourd’hui, même en imaginant un gouvernement Hollande et une assemblé rose-rouge, cela ne suffirait pas pour briser la dynamique ultralibérale de l’Europe. Il faudrait en plus des manifestations si massives que toute l’Europe en prenne peur, pour ensuite en prendre exemple. Et ce n’est à mon avis que dans ce contexte là que nous pourrions avoir les bonnes décisions qui vont nous assurer quelques dizaines d’années de prospérité.

      Et dans ce schémas là, le vrai pouvoir il n’est pas à l’élysée. Par conséquent, la présence ou non de Sarkozy pour un second tour, finalement peu importe. Au moins si il y est, cela fera définitivement exploser le PS sclérosé par ces néolibéraux.


    • luluberlu luluberlu 19 février 2012 13:19

      Pour reprendre ta métaphore du train, le blème, c’est que si tu veux voyager tu prends un train, pour en changer, ....faut dèja descendre à une gare, puis tu peus essayer d’en trouver un autre ou tu peus décider de voyager à pied. (¤]¤)....en attendant un peu de gouda c’est mieux que du lait cayé.


    • Fergus Fergus 19 février 2012 13:44

      Bonjour, Wesson.

      Que le PS soit sclérosé, c’est globalement vrai, mais rien ne dit qu’il n’est pas capable d’’amorcer sa mutation en cas de victoire de Hollande.

      Et si un parti doit exploser, que ce soit plutôt l’UMP, entre une droite dure et un centre recomposé autour du Modem et des modérés du parti ex-gaulliste.


    • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 19 février 2012 14:51

      Salut Fergus, Wesson, les autres.

      A propos de la prétendue « bête de campagne Sarkozy » j’invite tout le monde à lire l’éditorial de Maurice Szafran dans le numéro de Marianne actuellement en kiosque (daté d’hier). Son article, intitulé « le flop », y démonte la légende de « l’invincible animal politique » véhiculé par une certaine presse soucieuse de ne pas tuer immédiatement tout suspens (ventes et audimat obligent). Szafran confie qu’il existe un consensus inavouable chez la totalité des journalistes (de gauche comme de droite) selon lequel « Sarkozy a complétement raté son annonce de candidature et son entrée dans la course ».

      C’est d’ailleurs mon avis.


    • Fergus Fergus 19 février 2012 15:59

      Bonjour, Peachy.

      Manifestement, cet article de Szafran, que je n’ai pas encore lu, va dans le sens de mon article.

      Quant à l’entrée en campagne de Sarkozy, il est clair qu’elle a été pour le moins poussive. Ajouté au positionnement ultra-droitier et honteusement populiste du candidat UMP, ce flop n’est pas de nature à renverser les tendances, même s’il peut contribuer à ressouder la base de la droite.

      Car il va maintenant falloir assumer dans les semaines qui viennent la scandaleuse mise au pilori des corps intermédiaires, pourtant garants du fonctionnement démocratqiue, et la non moins scandaleuse stigmatisation des chômeurs, réputés tous fainéants.

      Les modérés de l’UMP sont effrayés par ces dangereuses dérives, et on les comprend aisément !

      Cordialement.


    • JL JL1 19 février 2012 16:03

      salut Peachy, tout le monde,

      Oui, il a raté son entrée en campagne, et pour cause, il se croit intimement battu. Il est devenu un loser, preuve qu’il est humain !

      P. Sage a écrit  au sujet de cette affiche qu’il comparait à celle de Mitterrand en 88, je cite : "je doute fort que Sarkozy s’inscrive dans ce schéma. Tant c’est pas le genre à (re)partir en campagne avec l’idée (saugrenue) de la perdre"

      Ideée saugrenue de la perdre ? Les sondages diraient vrai pour Mélenchon mais faux pour Sarkozy ? Allons donc. Rappelez vous son abattement lorsqu’il évoquait la possibilité de perdre : il était en phase de résignation. N’a-t-il pas parlé à son sujet de "suicidé en pleine forme" ?

      Et son combat aujourd’hui est un combat de kamikaze, au profit de Hollande et pour dézinguer La Pen, tant l’establishment craint un 21 avril à l’envers qui serait cette fois, perdu pour eux. Regardez bien son visage : ce n’est clairement pas un visage de conquérant. Si Mitterrand a un regard d’aigle qui voit loin, Sarkozy a un regard crispé de celui qui regarde un mauvais film : le film intime de sa défaite.

      Son thème de campagne sur le fait qu’il serait le capitaine qui n’abandonne pas le navire en pleine tempête est en contradiction avec le message porté par l’affiche. En effet, qu’y lit-on ? ? Le message que si nous reconduisons cet homme à la barre du navire France, il fera beau temps sur l’océan !

      Franchement, a-t-il le pouvoir de calmer la tempête comme le roi de France avait celui de guérir les écrouelles ? Et si on veut des métaphores, il faut se souvenir que la mer qu’évoque cette affiche était calme et belle quand le Concordia a sombré !

      La France n’est pas une périssoire qu’une mer d’huile met en péril, sauf si on laisse les puissants ’amis’ de Sarkozy et Hollande poursuivre à travers eux, leur œuvre destructrice.

      Quant à la tempête, bien des navires y ont survécu alors que l’équipage, skipper compris, les avaient abandonnés à leur sort, les récits sont légions. Non, décidément, cette affiche est une machine à perdre, élaborée par des gens qui méritent un zéro pointé en sensibilité à la symbolique. Et ce n’est pas seulement l’affiche, rappelez vous sa phrase : « Oui, chuis candidat à l’élection présidentielle ».

      Le style c’est l’homme dit-on ? Notre prétendant bling-bling ne fait pas mentir cet aphorisme. Le bling-bling ne résiste pas dans la tempête, et la seule tempête qu’affronte aujourd’hui notre bonhomme, c’est la perspective de sa déchéance.


    • BlackMatter 17 février 2012 23:58
      Voilà ce que Hollande dit de Tony Blair dans le Guardian :

      « En second lieu, il a pu, après une longue période de thatchérisme, rétablir l’éducation, la santé et le secteur public ... Puis il a succombé à l’idée dominante que les marchés pouvaient se réguler d’eux-mêmes et à l’idée que les marchés et le libéralisme économique pouvaient en eux-mêmes être un facteur de croissance ... Nous avons vu les conséquences. »

      Je ne vois pas là l’éloge du capitalisme.

      Après Hollande est socialiste, pas communiste.
      Normal qu’il dise que la peur des années 80 liés à l’arrivée des communistes au gouvernement, pour la première fois de la 5eme République et en pleine guerre froide, n’a aucun sens dans le cadre des futures élections..
      Ensuite, il ne dit pas qu’il n’y a pas de communiste en France, il dit qu’il y en a très peu (Le Guardian ayant rajouté un bout de phrase manquante). A t il tord ? Le PC a fait 1,9% à l’élection présidentielle de 2007 et moins de 5% aux législatives. On ne peut pas dire que la France vote communiste, c’est le moins que l’on puisse dire. J’ai de la sympathie pour le front de gauche et le pc mais les faits sont les faits.




      • Fergus Fergus 18 février 2012 07:40

        Bonjour, Blackmatter.

        Même si je regrette une certaine maladresse dans les propos de Hollande au Guardian, j’en fais à peu près la même lecture que vous.

        A cet égard, vous faites bien de le rappeler : Hollande est très critique vis-à-vis des dérives libérales de Blair, et il suffit de lire ses propositions et d’entendre ses discours du Bourget et de Rouen pour condtater qu’il propose une société certes intégrée dans l’économie de marché, mais une économie nettement plus régulée.


      • Mais dans quel monde vit-on ? 18 février 2012 12:00

        « ... il a succombé à l’idée dominante que les marchés pouvaient se réguler d’eux-mêmes et à l’idée que les marchés et le libéralisme économique pouvaient en eux-mêmes être un facteur de croissance ... »

        C’est amusant parce que le capitalisme a commis exactement la même double faute que le communisme, d’une part, en faisant abstraction de la nature humaine, d’autre part, en croyant que l’homme se gouverne, se régule et se réfrène selon sa raison...

        Quelle leçon !!!


      • Fergus Fergus 18 février 2012 13:57

        Bonjour, Quel monde ?

        Croire que l’homme est capable de se réguler et de limiter ses appétits hors de toute contrainte est en effet une magistrale erreur. L’absence de lois et de règles est la mort de la liberté et le meilleur moyen de creuser les inégalités.


      • oncle archibald 18 février 2012 17:46

        " il propose une société certes intégrée dans l’économie de marché, mais une économie nettement plus régulée« 

        Ce jargon est d’une imprécision telle qu’on peut lui faire dire tout et son contraire. C’est pour cela qu’il plait tant à Hollande qui doit ménager Vals et Melanchon à la fois ... 

        J’aimerai que vous me disiez comment on peut »réguler« une économie en concurrence avec le reste du monde entier .... 

        Le jour ou une ménagère qui ne sait déjà plus ou trouver l’argent du ménage dès le 15 du mois acceptera de payer une petite culotte deux fois le prix qu’elle paye aujourd’hui parce qu’il est civique de faire travailler les français d’abord vous m’appellerez .. 

        La petite culotte française sera au même prix que la coréenne parce qu’on aura subventionné l’entreprise Française ?? Mais avec quel argent vous allez subventionner l’industrie française ??

        Ah si .. J’oubliais .. avec celui des »riches" ... qui seront partis plus loin se dorer la pilule au soleil ... 

        Baratin, baratin ...

      • Fergus Fergus 18 février 2012 18:05

        @ Oncle Archibald.

        J’entends vos arguments et ils ne sont pas dénués d’intérêt, loin s’en faut. Mais concrètement que proposez-vous pour sortir du système politique actuel ? Car moi, je n’ai pas la moindre solution à court terme.


      • BlackMatter 18 février 2012 18:43

        Vous savez, il y a 30 ans, on acceptait de payer certains objets deux fois plus chers qu’ils ne valent aujourd’hui. Sauf que le produit durait 5 fois plus longtemps et était plus souvent fabriqué localement.


        Je comprend l’argument qui dit que le consommateur cherche le moins cher.
        Mais il doit aussi intégrer que dans cette course au prix bas - outre le fait que finalement le rapport qualité/prix n’est pas si avantageux - il se tire une balle dans le pied parce que cela entraîne des délocalisations.

        Qu’est ce qui vaut le mieux ?

        Payer deux fois moins cher mais 5 fois plus souvent et se retrouver finalement au chômage, ou payer deux fois plus cher, changer 5 fois moins souvent et avoir un emploi ? C’est une question de société. Le consumérisme effréné - qui de toute façon ne peut être viable parce que cela engendre un gaspillage des ressources énergétiques et des matières premières - doit prendre fin. Soit on le fait volontairement en changeant les mentalités progressivement, soit ce sera brutal du fait de la pénurie des ressources et cela engendrera une très grave crise sociale.

        Soyons optimiste.
        Malgré la crise, le pétrole continue a atteindre des sommets.
        Un jour, faire venir un téléphone depuis la Chine, coûtera tellement en matière de transport, que le faire fabriquer localement, même avec une main d’oeuvre à coût plus élevée, sera plus rentable. Certains produits font le tour de la planète avant d’arriver dans nos magasins. Cela n’est possible que du fait d’une énergie trop peu chère par rapport à sa rareté. Nous avons choisi de consommer trop, tout, tout de suite, alors qu’il parait évident que nous ne pourrons pas tenir encore plus de 10 ans à ce rythme. C’est une hérésie économique, sociale et écologique. Nous creusons notre propre tombe et celle de nos enfants. 


      • Fergus Fergus 18 février 2012 23:51

        Bonsoir, Blackmatter.

        Le problème, en matière de consumérisme : à de très rares exceptions près, les consommateurs vont toujours vers leur intérêt immédiat ou de court terme, jamais de moyen et long terme.


      • oncle archibald 19 février 2012 11:59

        100% d’accord avec Blackmatter mais .... dites moi vite qui a mis dans son programme électoral qu’il fallait consommer moins, qu’on n’avait pas besoin d’un portable par personne, que le téléphone ça devrait servir à dire ce qui ne peut pas attendre et qu’on peut écrire une lettre pour le reste, que de bonnes chaussures peut être pas très « in » c’est très confortable et que ça dure trois quatre ans même en étant portées tous les jours, que trier une salade c’est pas si embêtant ni si long que ça et que ça évite d’acheter à prix d’or des salades toutes triées et bourrées d’additifs pour ne pas noircir, etc etc ...

        Dans un programme électoral la plupart des candidats y mettent une masse de lieux communs identiques et invérifiables qui sont des incantations sans aucun fondement concret ... Du genre votez pour moi, je dynamiserai les entreprises, je ferai baisser le chômage, j’améliorerai la sécurité, je n’augmenterai pas les impôts, je ferai payer les riches etc etc ...

        Moi j’aimais bien le programme tout simple de BAYROU en 2007 : il faut d’urgence faire baisser la dette qui nous étouffe, j’exempterai de charges sociales les deux premiers emplois de toute entreprise, je modifierai les tranches et les taux des impôts sur le revenu et de l’impôt sur la fortune de façon à collecter davantage sans gêner la consommation des ménages ... Bref du pragmatique, du pratique, pas de grands mots en « isme », on n’en a pas besoin, ils ne servent qu’à essayer artificiellement d’obliger les électeurs à un choix binaire qui arrange bien l’UMP et le PS ....


      • BlackMatter 19 février 2012 13:14

        « Le problème, en matière de consumérisme : à de très rares exceptions près, les consommateurs vont toujours vers leur intérêt immédiat ou de court terme, jamais de moyen et long terme. »

        En principe, c’est à l’Etat et à nos politiques de planifier à moyen et long terme.
        Regardons ce qui ce passe pour les entreprises : elles ont délocalisé pour faire de l’argent à court terme, mais finalement à long terme, avec l’augmentation du chômage, elle peine à trouver des débouchés sur le marché français. Ce qu’elles ont gagné hier, et le perde aujourd’hui, le chômage en plus.

        Il faudrait dans un premier temps, remettre une taxe carbone digne de ce nom à savoir :
        - une partie qui tient compte de l’énergie pour produire le bien.
        - une partie assise sur le parcourt de la marchandise.

        Mécaniquement, les produits locaux seraient avantagés et les entreprises seraient incités à produire sur les lieux de consommations. Ce serait d’ailleurs sans doute plus efficace qu’une augmentation générale de la TVA.

      • BlackMatter 19 février 2012 13:42

        @oncle archibald.



        Je suis d’accord.
        Pour avoir fait l’expérience, avant je n’achetais que des chaussures pas cher.
        Mais finalement, non seulement elles s’use plus vite, mais en plus, étant faite à partir de matière synthétique, elles ne laissent pas respirer les pieds d’où des odeurs et une usure prématurée. Finalement, j’ai acheté une paire deux fois plus cher (certes pas française mais made in italy) mais au bout de 6 ans, je l’ai encore et le cuir est en parfaite état. Finalement, au bout du compte, en payant plus cher, j’ai économisé de l’argent.

        Quand au chaussure et basket « in », on ne paie pas la qualité ou la main d’oeuvre mais le marketing. Finalement on paie cher un produit médiocre.

      • wesson wesson 19 février 2012 13:43

        bonjour blackmatter,

        « Je ne vois pas là l’éloge du capitalisme. »

        et bien moi si ! Tout est dans le « Il n’y a rien à craindre » final. Il exprime l’endossement par le candidat Hollande des 15 ans de politique libérale du PS qu’il décrivait juste auparavant. Enlevez ce « il n’y a rien à craindre », et j’aurai été parmi les 1er à applaudir pour avoir tiré ce constat lucide.

        « Après Hollande est socialiste, pas communiste. »

        Hollande n’est pas communiste. Mais il n’est pas socialiste non plus. Ce qui se rapproche le plus du socialisme, c’est le gouvernement de Chavez ou de morales. Et chez eux, les partis qui sont affiliés à l’internationale socialiste (comme le PS Français) sont dans l’opposition de droite.

        Le PS n’a plus rien de socialiste.


      • Fergus Fergus 19 février 2012 16:04

        @ Blackmatter.

        Taxe carbone, d’une part, et sévères contraintes sur des normes d’emploi des salariés, notamment mineurs.

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