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Sarkozy n’est plus en grève

Retour aux affaires du président joggeur, qui gérait jusqu’à présent la pénurie de transports en se drapant dans un silence aussi assourdissant qu’inattendu. Devant les maires de France, le chef des chefs a réaffirmé sa volonté de réforme et convoqué Thorez pour demander l’arrêt des hostilités.

Depuis quelques jours, la France vivait une situation exceptionnelle : rien à voir évidemment avec l’absence de métros, de trains, de bus, ni la présence dans les rues de fonctionnaires et autres gaziers banderolés de certitudes caduques, rien à voir avec les gesticulations pré-pubères d’étudiants toujours en manque d’adrénaline et qui se rêvent, c’est de leur âge, derrière quelques barricades avec en main quelques pavés, rien à voir non plus avec les cris d’orfraie de médiocres lycéens, qui ne lisent pas Balzac, mais lui préfèrent Olivier Adam, rien à voir avec ce cirque-là, aussi convenu que les frimas de l’automne ou les faux signes avant coureurs d’un hiver rigoureux et coupant, non, si depuis quelques jours la France vivait une situation exceptionnelle, ce n’était dû qu’au silence savamment entretenu par le locataire de l’Elysée. Depuis plus d’une semaine, Nicolas Sarkozy n’apparaissait plus devant les micros, ni les caméras. Comme s’il avait divorcé de Sarkozy, Nicolas, tsar de tout l’Hexagone, amoureux fou de la petite lucarne et de ses journalistes, envahisseur de toutes les colonnes à la une ou en pages intérieures. Les livres d’histoire retiendront ceci : Nicolas Sarkozy, soudain, mi-novembre 2007, se tut. Jusqu’à hier.

Hier, chacun put reprendre une activité normale. Hier, sur le web ou à la télévision, comme naguère, le président encore très aimé de tous les Français cheminots ou électriciens, professeurs ou chanteurs, le président donc refaisait surface, le tic au bord des lèvres et les mots dans l’ordre, calme et apparemment détendu, pour remettre quelques points sur les i. Le i de gréviste, surtout : « Chacun doit bien comprendre que pour moi dans un tel conflit, je ne veux pas qu’il y ait un vainqueur et un vaincu. Jusqu’au bout je resterai déterminé, la réforme se fera, que nul n’en doute, mais jusqu’au bout je resterai ouvert parce que c’est mon devoir  »(...) "Chacun doit s’interroger sur la poursuite d’une grève qui a déjà coûté si cher aux usagers, qui n’ont pas à être pris en otage d’un conflit qui ne les concerne pas"(...) «  Dans une démocratie apaisée, on dialogue. Dans une démocratie civilisée, on arrête la grève avant de mettre une économie à genoux. Dans une démocratie aboutie, la majorité doit l’emporter sur une minorité très minoritaire, fût-elle violente. » Pour résumer le discours sarkozien : ni vainqueur (sauf lui) ni vaincus (sauf les grévistes), la grève doit s’arrêter, la majorité des Français est contre ce mouvement. Voilà qui devrait, on n’en doute pas une seconde, calmer les esprits. A ceux qui pensaient une seconde que le président trahissait, en son silence, un embarras, il n’est plus guère besoin qu’ils s’illusionnent encore. L’homme de fer est de retour et entend bien libérer le pays. Libérer, oui, tous ces « otages » : "Il y a des millions de Français qui, après une journée de travail, quand il n’y a pas de bus, pas de métro, pas de train, sont exaspérés d’avoir le sentiment justifié d’être pris en otage", et les otages, ça se libère, ça il sait faire, Sarkozy, avec ou sans Cécilia, avec ou sans « preuve de vie ».

"Jusqu’au bout je resterai déterminé. La réforme se fera, que nul n’en doute. Mais jusqu’au bout, je resterai ouvert parce que c’est mon devoir". Sarkozy, qui dit par ailleurs que son gouvernement n’a « jamais cherché l’épreuve de force » (ce qui semble assez vrai) y va de son petit couplet Juppéiste, ici : droit dans ses bottes, droit dans ses réformes. Rien ne le fera changer de cap. Juppé s’y est brûlé, mais il serait étonnant que l’homme de Neuilly connaisse le même destin. D’abord Sarkozy n’est pas Premier ministre, mais président de la République, ensuite la mobilisation n’est pas aussi forte que par le passé (la RATP affichait pour la journée de lundi seulement 18 % de grévistes, mais 90 % chez les agents de conduite ce qui explique l’absence de métro) et enfin Sarkozy a été élu pour faire des réformes, pour faire changer les choses, pour ne pas changer de politique au premier mouvement social venu. Autrement dit, une majorité de ses électeurs le soutiennent sans doute et sans réserve lorsqu’il assure qu’il ne « cédera pas ». Ces électeurs dont la seule crainte, durant le mutisme de la semaine passé, était de voir revenir un président « négociateur » ou déstabilisé, et qui aujourd’hui peuvent être rassurés. Sarkozy n’est pas Juppé, enfin, parce qu’il n’est pas Chirac : il ne lâche pas son Premier ministre, en chute dans les sondages, mais pas si chahuté que cela dans la rue. C’est cela une des plus grande qualité, d’ailleurs, de Sarko : ne pas dénigrer son gouvernement, sauf en catimini (« une bande de nuls ! » l’a-t-on souvent entendu rugir en page 2 du Canard enchaîné), donc ne jamais perdre de vue la route à suivre, celle qu’il s’est fixée. Sarkozy reste en accord avec ses idées, son style, sa pensée. Même après dix jours sans mots, sans images, sans polémique.

Tout cela, bien sûr, est une mauvaise nouvelle pour les grévistes. Les négociations censées s’ouvrir demain précipiteront d’abord et avant tout la fin du mouvement. Sinon, le durcissement viendra sans doute du sommet, avec l’instauration, sait-on jamais, d’un service minimum, de gré ou de force. (Est-ce normal que l’arrêt de travail de moins d’un quart des salariés d’une société empêche celle-ci de fonctionner ?) On ne négocie pas sous la contrainte, un pistolet sur la tempe, tout le monde l’entend. Et Sarkozy ne souffrira pas cette pression. La fin de la grève signe la fin de beaucoup d’espoirs, pour certains, de voir le gouvernement faire machine arrière. Quelques concessions, de ci de là, mineures, seront sans doute consenties, mais rien de plus. Tout cela, bien sûr, est plutôt une bonne nouvelle pour les usagers, qui d’ici un ou deux jours, pourront reprendre une activité normale, travailler sans entrave, librement.

C’est à cela, depuis vingt ans, au moins, depuis que les salariés français ont déserté les syndicats, c’est à cela que sert une grève : mesurer le degré de courage d’un gouvernement, d’une majorité, d’un président. Jauger les dirigeants et leur capacité à faire face, à appliquer leur politique. C’est à cela que sert une grève, et à bercer d’illusions l’extrême gauche, en coma dépassé, qui vit là comme une rémission dans sa triste et longue marche vers la fin. A cela, et comme dirait Jean-Pierre Pernaut, à « emmerder les honnêtes gens, qui travaillent, eux, jusqu’à 65 ans. » A tout cela, à rien d’autre. Mais les plus courtes sont les meilleures : Sarkozy vient de siffler la fin de la récréation sociale.

par LM mercredi 21 novembre 2007 - 38 réactions
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  • Par geko (xxx.xxx.xxx.116) 21 novembre 2007 10:33

    Nous n’avons pas élu un président mais un Dircom qui pilote le bateau à coups de sondages et via les medias. Aujourd’hui paroles gentilles pleines d’équité, un peu comme pendant sa campagne agressif à souhait puis mielleux pour accuser l’adversaire ce dont il est porteur. Il ne dialogue pas, il monologue et manipule l’affect à souhait.

    Ce conflit ne nous regarde pas nous gens du privé ? Habon, nous ne vivons pas dans le même pays, nous ne payons pas d’impôts ? Moi je pense que l’énergie, les transports, la recherche....doivent être maîtrisés par l’Etat parceque trop crucial pour notre avenir !

  • Par Le péripate (xxx.xxx.xxx.90) 21 novembre 2007 10:10
    Le péripate

    Alors, si le roi n’est plus en grève, peut-être que le Ministère Public va enfin, 56 jours après la révélation du délit, mettre en préventive les dirigeants du Medef, le frère du roi compris, afin de les empêcher de faire disparaitre les preuves de leur forfait !

    600 millions.... Nous sommes en tout cas content d’apprendre que cela n’a pas (trop) affecté la compétitivité de nos entreprises.

  • Par candidat 007 (xxx.xxx.xxx.149) 21 novembre 2007 11:10
    bernard29

    Sarko parle de tout n’importe où.

    Il était devant les maires, il aurait du parler de sa réforme des institutions qui doit interdire à un ministre de cumuler une fonction excécutive dans les municipalités, et aux parlementaires de cumuler un autre mandat.

    C’était l’occasion rêvée, mais il ne faut pas faire trop de vagues. 60% des minsitres vont se présenter aux municipales, et les parlementaires continuent d’assurer leurs privilèges. Même le champion des démocrates ; Bayrou qui veut se présenter à PAU.

    Donc

    LETTRE OUVERTE AUX PARLEMENTAIRES

    Madame, Monsieur le Député, Madame, Monsieur le Sénateur,

    Les élections municipales approchent et les partis politiques confectionnent actuellement leurs listes de candidats. J’ai l‘honneur de vous proposer de participer à « un Pacte Démocratique des Parlementaires » relatif à l’application immédiate d’une règle démocratique.

    Vous avez été élus au parlement en mai 2007, sur des programmes qui pour une large part s’appuyaient sur une nécessaire démocratisation de la vie politique en promouvant le passage à une Nouvelle République ; « VIéme République » pour certains , une « République irréprochable » pour d’autres.

    Dans tous les cas, à l’heure actuelle, la mesure sur la fin du cumul des mandats fait consensus dans les convictions comme dans les programmes. En effet, le « comité Balladur » vient de signifier également à la majorité présidentielle que la revalorisation du parlement est suspendue à l’application de cette règle.

    Il suffit pour s’en convaincre de rappeler les termes même du rapport qui
     1) dans son introduction rappelle par deux fois que « l’interdiction du cumul des mandats était nécessaire au succès de la réforme institutionnelle ambitieuse » et
     2) dans le corps du dossier que " l’interdiction du cumul des mandats et des fonctions est la SEULE MESURE qui corresponde vraiment aux exigences d’une démocratie parlementaire moderne.".

    Vous êtes donc tous concernés.

    Autant les réformes institutionnelles sont importantes pour démocratiser la vie politique , autant les changements de comportement sont déterminants et primordiaux en la matière. Nous avons assez entendu ce dernier argument de la part de ceux qui placent les postures personnelles comme moteur éventuel d’un changement qui de fait n’arrive jamais. Nous pouvons le regretter. Pourtant, les élections municipales qui se profilent sont l’occasion de mettre en pratique ce changement de comportement civique tant attendu.

    Nous avons ainsi l’honneur de demander, aux parlementaires candidats aux municipales, de bien vouloir appliquer immédiatement cette mesure pour l’échéance politique du mois de mars 2008, en faisant savoir dès la confection des listes, le mandat qu’ils retiendront à l’issue de l’élection ; soit le mandat de parlementaire, soit le mandat d’un membre de l’exécutif municipal.

    Il s’agit par cette opération, de préserver les chances d’une revalorisation future du rôle du parlement, mais aussi de favoriser la transparence et la clarté démocratiques pour les futurs candidats aux postes parlementaires que vous quitterez. Vous comprendrez que ces candidats éventuels et les citoyens d’ailleurs doivent avoir le temps de préparer votre remplacement.

    En comptant sur votre diligence, sur votre conviction républicaine, je vous prie de croire, Madame, Monsieur le parlementaire, en l’expression de mes sentiments les plus démocratiques.

    Nota bene ; vous pouvez bien sûr répercuter cette demande à votre élu, et aux listes qui se présenteront pour les municipales dans votre commune . Merci de votre attention. http://changerlarepublique.over-blo...

  • Par superesistant (xxx.xxx.xxx.1) 21 novembre 2007 11:07
    superesistant

    on s’en cogne des unes de Demian.. si on les cherche on les trouve sur google...

    AV n’est pas un support pub pour un gars qui se illoi

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