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Sarkozy : Observatoire des promesses (8ème /15 : tous propriétaires !)

Poursuivons l’examen des 15 engagements pris par Sarkozy devant tous les Français en 2007. Engagements publiés dans un document devenu célèbre au fil des mois... : "Mon projet. Ensemble tout devient possible !".

Promesses déjà examinées : N°1 : "Mettre fin à l’impuissance publique", note obtenue : 3,75 / 20 (voir ici) ; N°2 : "Une démocratie irréprochable", note obtenue : 3,25 / 20 (voir ici) ; N°3 : "Vaincre le chômage", note obtenue : 6 / 20 (voir ici) ; N°4 : "Réhabiliter le travail", note obtenue : 0 / 20 (voir ici) ; N°5 "Augmenter le pouvoir d'achat", note obtenue : 0 / 20 (voir ici) ; N°6 "L’Europe doit protéger dans la mondialisation", note obtenue : 4,75 / 20 (voir ici) ; N° 7 : "Répondre à l’urgence du développement durable", note obtenue : 6,50 / 20 (voir ici). Moyenne des 7 promesses : 3,46 / 20.
 
Aujourd'hui, la promesse N° 8. Permettre à tous les Français d’être propriétaires de leur logement (p. 10 et 11 de son programme), in extenso :
 
"Depuis des années, on vous dit qu’on ne peut rien contre la crise du logement, et on laisse s’aggraver une pénurie qui a rendu la propriété impossible pour beaucoup d’entre vous et la location de plus en plus difficile. Cette situation ne peut pas durer.
 
Il faut d’abord inciter à la construction de logements pour faire baisser les prix. Je veux que le droit au logement soit opposable devant les tribunaux, afin que les pouvoirs publics soient obligés d’agir pour assurer la construction d’assez de logements dans toute la gamme des besoins.
 
Je veux permettre à chaque ménage d’être propriétaire, parce que la propriété est le rêve de chacun d’entre nous. Je vous permettrai notamment de déduire de votre impôt sur le revenu les intérêts de votre emprunt immobilier. Ceux qui ne paient pas l’impôt sur le revenu recevront une aide de l’État pour emprunter. Je faciliterai la location en supprimant l’obligation de caution et de dépôt de garantie. En contrepartie, les propriétaires seront protégés contre les risques d’impayés de loyers. Je réformerai l’hébergement d’urgence, pour qu’il soit digne et permette la réinsertion."
 
Notre jugement  ?
 
L'inventaire des réalisations de Sarkozy quant à cette promesse grandiose et enfantine de faire de tous ses concitoyen(ne)s des propriétaires ? Ci-dessous en gras, ses résultats, engagement par engagement.
 
Crise du logement… ?
 
Selon l'INSEE (ici et ici) : "En 2008, 57,9 % des ménages sont propriétaires de leur logement, soit 0,3 point de plus qu'en 2007. Quant au nombre de propriétaires accédants, il poursuit son recul. [...] Entre 2005 et 2007 le nombre de logements est passé (en milliers) de 26 516 à 27 278 et en 2008 à 27 663". Soit un accroissement quasiment identique chaque année, selon l'INSEE. 2009 et 2010 ne sont pas disponibles, mais compte tenu du marasme de ce secteur, on peut valablement augurer que les chiffres ne seront pas très bons.
 
Faire baisser les prix ?
 
Selon l'INSEE (ici) : " [...] Début 2006, les prix ont amorcé un ralentissement, ils ont baissé en 2008 mais sont repartis à la hausse au quatrième trimestre 2009" et n'ont cessé depuis d'augmenter. Sur les 12 derniers mois les prix en Ile de France ont progressé de 16.5 % et de 32 % ces 5 dernières années (ici).
 
Droit au logement opposable ?
 
C'est une loi Chirac, dite DALO du 5 mars 2007, et non pas de Sarkozy. Les décrets sont bien sortis. Difficilement applicable faute de logements… (Cf. supra), le successeur du roi fainéant − comme Sarkozy se nomme lui-même − n'a rien fait pour l'améliorer (ici). C'est un jeu de chaises musicales qui s'opèrent entre des pauvres et d'autres encore plus pauvres.
 
Permettre à chaque ménage d'être propriétaire ?
 
No comment ! Voir ci-dessus les chiffres de l'INSEE. On est loin du compte. Le compteur est quasiment bloqué là où Chirac, le fainéant, l'avait laissé fin avril 2007.
 
Déduire les intérêts de son revenu imposable ?
 
Sitôt dit, sitôt suspendu, puis abandonné en rase campagne !
 
Supprimer l'obligation de caution et de dépôt de garantie ?
 
Sitôt dit, sitôt oublié ! Les deux mots − caution et dépôt de garantie − n'ont jamais plus été prononcés au Palais dont notre collaborateur est encore le locataire princier.
 
L'hébergement d'urgence ?
 
Voir DALO, c'est-à-dire : rien !
 
 
Le diagnostic ?
 
Encore une fois, le diagnostic est navrant, accablant, honteux. Pour une personne qui traite quotidiennement son prédécesseur de fainéant, c'est le comble !
 
Les chiffres parlent tous seuls. Comme si l'élu de 2007 avait fait exprès de promettre tout et n'importe quoi, tel un enfant déjà très imbu de sa propre personne qui croit qu'il suffit d'être élu pour pouvoir balayer d'un rejet de main tout ce qu'il a pu dire ou écrire pour séduire − de façon quasi délictueuse − des millions de personnes.
 
Nous lui attribuerons la note exceptionnelle de 0 / 20. Trop de gens rencontrés chaque jour nous disent n'avoir jamais été trompé avec un tel talent...
 
Notre sentiment est que Sarkozy a décidément autant de feeling, de flair, pour juger les individus (tels : Alliot-Marie, Berlusconi, Blanc, Bush, Bussereau, El-Assad, Ferry, Guéant, Hortefeu, Joyandet, Kadhafi, Poutine, Sarkozy (Jean), Tron, Woerth… voire lui-même qui, comme le dit Chirac dans le tome 2 de ses mémoires "il (Sarkozy) ne doute de rien, surtout pas de lui-même") que pour juger d'une réalité économique bien concrète et de l'avenir d'un pays dans le concert international. Rappelons une nouvelle fois que la crise des subprimes qui déclencha la crise de 2008-2009 a commencé en juillet 2007. C'est-à-dire deux mois seulement après l'élection présidentielle. Malgré cela, le programme économique, social et financier de Sarkozy n'a jamais été modifié d'un iota, alors qu'il avait été conçu sur les bases macroéconomiques de l'année 2006 ?!
 
 
3° La recommandation ?
 
Promettre quasiment tout et ne jamais rien tenir relève d'une pathologie qui, pour certaine personne, ressort d'une vraie maladie.
 
En fait, le chef prétendu dynamique, hyperactif, omniprésent, omniscient… n'a pas fait mieux que son prédécesseur, le roi prétendu fainéant.
 
Portant Nicolas Sarkozy continue infatigablement à parcourir le pays de ville en ville en disant : "Je ne suis pas homme à ne pas tenir ce que je promets…". Et beaucoup de ses ministres − ceux sans aucun charisme − de renchérir naïvement devant les caméras, comme des perroquets : "Conformément aux engagements pris par le président de la République devant les Français…".
 
A l'évidence Sarkozy continue à prendre ses électeurs pour de bien tristes demeurés… Tout comme d'ailleurs sa grande rivale du FN qui promet la suppression du chômage − seulement pour les vrais Français − grâce au retour du franc et à la fermeture des frontières, une vie meilleure pour les plus faibles… dans une France nationaliste et ultralibérale. Beaucoup de points communs entre les deux politiciens. Entre elle et Sarkozy. Beaucoup, dont celui d'avoir la même formation. Celle d'avocat  ! Mais, sans la moindre once de connaissance économique et monétaire. Rappelons que Sarkozy lui aussi en 2007 (ici) ainsi qu'en 2010 (ici), menaçait de quitter l'euro !
 
Dans ces circonstances méditons ce que disait le célèbre sociologue allemand Max Weber (1864-1920), quand il parlait de l'avocat exerçant le métier de la politique : "l'avocat surpasse tout. Sans nul doute il peut faire triompher et donc 'gagner' techniquement une cause dont les arguments n'ont qu'une faible base logique et qui est, par conséquent, logiquement 'mauvaise'. [...] le démagogue a été le type de chef politique en Occident." (Le savant et le politique, p. 156 à 158, éd. 10/18).
 
Alors, notre recommandation sera double : d'abord de ne pas renouveler le mandat de Sarkozy en 2012 et ensuite d'éloigner du second tour toute personne ayant été avocat(e). Seule manière pour qu'a priori l'élu(e) de 2012 tienne au moins 20 à 30 % de ses promesses ?
 
***
 
Engagements pris par le président de la République devant les Français (comme le répètent certains ministres pas toujours très intelligemment)… encore à vérifier :
 
9. Transmettre les repères de l’autorité, du respect et du mérite ;
10. Une école qui garantit la réussite de tous les élèves ;
11. Mettre l’enseignement supérieur et la recherche au niveau des meilleurs mondiaux ;
12. Sortir les quartiers difficiles de l’engrenage de la violence et de la relégation ;
13. Maîtriser l’immigration ;
14. De grandes politiques de solidarité, fraternelles et responsables ;
15. Fiers d’être français.
 
A suivre : examen de la promesse N°9, vers le 15 juillet 2011. Si vous le voulez bien et…si on nous en laisse la liberté.

Moyenne des avis sur cet article :  4.65/5   (23 votes)




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8 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 16 juin 2011 09:51

    voici un PPS qui illustre ou nous mene la theorie de Sarko :

    http://2ccr.unblog.fr/2011/01/09/pps-les-subprimes/


    • njama njama 16 juin 2011 23:00

      « la théorie Sarko ... »
      Je vous trouve bien « bonhomme » de lui prêter tant d’intelligence en finances  !

      « Gagner moins pour dépenser plus » telle pourrait être sa devise. A peine élu, les Recettes fiscales de la France diminuent de plus 33 milliards d’€, et les Dépenses augmentent de 29 M
      Budget 2008 : Recettes 299,7 M, Dépenses 341,4 M ... déficit : 41,7 M
       
      Budget 2009 : Recettes 266,6 M, Dépenses 370,4 M ... déficit ; 103,8 M
      Recettes 2010 : 270,5 M / Dépenses : 419,5 M ... déficit : 149,2 M
      Recettes 1011 : 271,5 M / Dépenses : 363, 4 M) ... déficit : 91,6 M

      J’espère que vous verrez avec ces chiffres très officiels et vérifiables, une raison valable de lui signifier son licenciement sec sans indemnités en 2012 !

      Ce Président aura plombé les comptes de la France de quelques centaines de Milliards sur son mandat, Jérôme Kerviel est un enfant de chœur à côté

      Jusqu’aux années 80, il fallait 10 % d’apport pour acheter du neuf, et 20 % pour de l’ancien, frais de notaires non compris, pour des prêts à taux fixes d’une durée maximale de 20 ans.
      Aujourd’hui, quelques fiches de salaires suffisent pour emprunter (frais de notaires et d’agences inclus) sur une durée pouvant aller jusqu’à 30 ans avec des taux indexés ...

      Ce qu’il s’est passé aux US se produira ici ...


    • qui y croit encore a ce nain de jardin vaniteux...incompétent...brouillon et méprisant les salariés...commencé sous pompidou...la vente de notre industrie...de notre savoir faire a été enterré par le caporal sarko aux ordres des .BNP...SG...LEHMAN BROTHERS...GOLDMAN SACHS...il pourra se reclasser chez eux comme TRADER.....un clown...PEUT SERVIR chez dsk....son coreligionnaire


      TOUSENSEMBLE


      • Imhotep Imhotep 16 juin 2011 10:11

        Les savants disent que le redoublement est inefficace. Je pense qu’une réorientation s’impose : congé de paternité jusqu’à la retraite. D’autres solutions :

        - vendeur de lunettes de soleil miroir sur les plages du Lavandou
        - vendeur à la criée de poisson aux Halles
        - démonstrateur de rue à la sauvette de montres contrefaites de la marque Rolex
        - lecteur des Roujon Macquart reconverti en professeur de gym spécialiste des adducteurs et des fessiers

      • Lisa SION 2 Lisa SION 2 16 juin 2011 10:29

        Bonjour,

        " Rappelons une nouvelle fois que la crise des subprimes qui déclencha la crise de 2008-2009 a commencé en juillet 2007. C’est-à-dire deux mois seulement après l’élection présidentielle. Malgré cela, le programme économique, social et financier de Sarkozy n’a jamais été modifié d’un iota, alors qu’il avait été conçu sur les bases macroéconomiques de l’année 2006 ?! " Gouverner, c’est prévoir. Dans le cas d’un cargo, il faut évidemment scruter attentivement la tendance de la vague que l’on va aborder, ou plutôt qui peut nous saborder. L’ensemble des petites courbes que le barreur a sous les yeux ont un rapport final, une somme totale, une tendance moyenne. Si celle-ci penche à droite même de deux degrés, et que vous donnez le coup de barre à gauche même de deux petits degrés, la facture au moment est de HUIT degrés de gite, ce qui est extrèmement dangereux en fonction de la cargaison et désagréable pour les passagers. Une erreur de ce genre, et c’est vingt cinq personne qui partent sur le champs, dégueuler sur la moquette, ou pour ceux qui ont déjà rejoint les extrêmes par dessus le bastingage. En votant un budget pour l’année suivante sur une estimation de croissance assurée, on donne un coup de barre dans le sens contraire aux impératifs conjoncturels complètement contrariant, et c’est cent mille ouvriers de plus sur le pavé. Tout plan de relance en promesse trompeuse n’est pas un simple coup d’épée dans l’eau, mais un coup de barre vers une issue scabreuse qui peut en trente secondes mettre l’étrave sous l’eau et jeter par dessus bord quantité de passagers indisposés.

        Un navire sans moteur est victime de la mer, fou et désarticulé. Le coup d’accélérateur que donne le budget donne de l’inertie et donc de l’autorité sur la vague mais mal ajusté sur la tempète future, c’est encore une dépense qui part en fumée. Un pilote, même d’Airbus, n’est pas du tout formé pour comprendre la mer. et dans le cas de nos ministres, ils n’ont sans doute pas l’oeil avisé pour bien anticiper et pour déceler qu’en plus, la vague scélérate peut arriver de tout coté. Dans ce cas, l’important est de lui tourner le dos et mettre la pression au bon moment, pour mieux l’accompagner. Quant aux conseillers et experts, ils misent avec leurs copains spéculateurs sur l’ignorance du capitaine pour nous mener vers notre perte et pirater nos restes. Ce sont eux qui remuent le contexte et forment les vagues, ils savent donc mieux que les autres et sont ces initiés. Ils ont eux même mis le feu qu’ils nous chargent d’éteindre. Notre petit-monier a-gîte la barre, et c’est nous qui prog-ramons, pendant que l’élite souffle dans les voiles...un vent contraire. Les remous sont les intérêts des dettes et mauvaises politiques anciennes, les embruns sont les emprunts fictifs dou-blés du vent de la colère des dieux, on n’est pas sorti du vaisseau-berge...

        Mais la colère gronde à bord et ça sent la mutinerie...foi de vigile !



        • LE CHAT LE CHAT 16 juin 2011 11:23

          avec en plus les maisons Borloo à 100 000 euros qui n’ont été que poudre aux yeux , la note devrait être négative !  smiley  smiley 


          • LE CHAT LE CHAT 16 juin 2011 11:31

            ensuite d’éloigner du second tour toute personne ayant été avocat(e).

            Pour DSK c’est fait ! smiley

            Sarko arrivera peut être à dissuader Borloo ....


            • Fergg 19 juin 2011 13:00

              Aimé Fay, l’homme qui se présente a la 3ème personne... C’est que ce boursoufflé personnage est diplômé du CESB-HEC de Paris...

              Ma note : 0/20.
              Mon conseil : qu’il profite des vacances pour se faire dégonfler le melon.

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