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Accueil du site > Actualités > Politique > Sarkozy ou le régime de l’absurde

Sarkozy ou le régime de l’absurde

Ce jeudi 3 novembre 2011, j’animais un café philo sur un thème assez space, « l’absurde et le mystère ». Bien évidemment, nous avons rencontré l’absurde existentiel et bien entendu, Camus ne fut pas étranger au débat, lui qui affronta l’absurde pour en faire la matière de ses romans ; Camus pour qui l’histoire des hommes ne pouvait fournir de sens à la vie. L’absurde, comme tout déterminant existentiel, est un sentiment subjectif très personnel mais qui souvent, se rapporte aussi au monde extérieur qui, s’il n’est pas absurde dans l’absolu, présente des sortes d’arbitraires, voire d’incohérences, qu’un sujet doué de raison jugera absurdes. Une participante aiguilla le débat sur une piste intéressante, évoquant la rencontre de l’absurde dès l’école primaire et présentant l’absurde comme une condition de socialisation. L’individu doit très tôt être confronté aux conventions sociales et à leur caractère pas toujours justifié dans un cadre logique déterminé. Ainsi, en entrant à la grande école, le jeune enfant apprenait qu’il faut se lever quand la directrice entre dans la classe. Ayant intégré cette convention, il lui arrivait alors de se lever quand une femme de ménage entrait pour nettoyer la salle et c’est avec surprise qu’il constatait que l’institutrice donnait l’ordre de se rasseoir. Plus tard, l’enfant comprendra qu’il s’agit de conventions sociales et que la société, même si elle est constituée d’égaux en droit, ne place pas les individus au même rang dans la hiérarchie sociale. Ces conventions se retrouvent à toutes les échelles. Lors d’un dîner entre personne de rang élevé, les membres de la classe supérieure ne finissent pas les assiettes, alors que ceux de la très haute société le font, opérant de ce fait un rite gastronomique leur permettant de marquer leur rang supérieur en transgressant la règle du niveau inférieur. Ces gens de la haute sont de vrais rebelles voyez-vous, oser manger tout ce qu’il y a dans l’assiette !

Dura lex, sed lex. Cette locution latine rappelle que loi est dure mais que c’est la loi. Elle suscite alors une formule : les conventions sociales sont absurdes mais ce sont des conventions. L’absurde des convenances sociales et des règles non écrites est un fait marquant depuis que les sociétés existent. On peut se demander alors à quoi servent ces conventions si elles sont absurdes ? Précisons néanmoins que beaucoup de règles sociales permettent de vivre en bons termes avec ses congénères, ne serait-ce que la politesse. Et que si certaines conventions paraissent absurdes lorsqu’elles sont observées de l’extérieur, elles n’en sont pas moins jugées légitimes au sein d’une culture. Comme quoi tout est relatif et surtout, lorsqu’on qualifie une situation ou une convention d’absurde. Ce qui est absurde pour les uns ne l’est pas forcément pour les autres. Et bien souvent, l’absurde jugée d’un point de vue extérieur renvoie à des actions et des règles qui servent ceux qui les pratiquent. Les exemples sont légion. Faut-il en citer quelques-uns ? Allez, pour le plaisir ! Ces maires de petites communes endettant leurs citadins pour construire des salles de spectacles inutiles. L’automobile électrique présentée comme un salut pour l’écologie, une absurdité de plus. Comme la baisse de la TVA pour la restauration. Observez bien, chaque fois qu’il y a de l’absurde, se loge quelque intérêt particulier, individuel ou corporatiste.

Le propre du système technicien est de mettre à l’écart la morale et même le débat politique, ont dit Ellul et Habermas. Le système technicien met aussi de côté la logique et le bon sens commun. Le système technicien va dans le sens de l’utilité, ou bien de l’absurde et c’est ainsi qu’il se présente sous la figure de Janus. A la fois complice et traître. A la fois utile et absurde. C’est une illusion que de croire en un fonctionnement autonome de la technique. Il y a des hommes greffés au système. Seules, des décisions, des actions humaines peuvent être qualifiées d’absurde. Un dictionnaire des notions philosophique associe l’absurde à la logique et donc au faux. Si le système technicien engendre de l’absurde, on trouvera certainement du faux, et donc du mensonge, que l’homme soit greffé et personnellement intéressé, ou bien dévoué à la cause qu’il défend au sein d’un ensemble systémique. Un professeur de physique nucléaire n’a-t-il pas menti lorsque le nuage de Tchernobyl survola la France ? Et que dire du mensonge sur de prétendues armes de destruction massive détenues par le régime de Saddam Hussein ? Lors de l’épisode pandémique, les autorités n’ont-elles pas menti sur la terrible virulence du H1N1 ? Dans le dernier numéro de Books (nov. 2011) une série d’articles fait état du régime russe orchestré par Vladimir Poutine en soulignant l’usage répandu du mensonge. Pour finir, une conversation qui n’aurait pas être rendue publique laisse entendre le président Sarkozy qualifier son homologue Nétanyahou de menteur. Au bout du compte, la pratique du mensonge est un secret de polichinelle bien mal gardé, ce qui se comprend car les sociétés contemporaines sont assez tolérantes à l’égard du mensonge, ce qui devrait interroger les observateurs du monde actuel. Cela dit, le mensonge est une sorte de fluidifiant social et une société vouée à la vérité et la transparence totale serait totalitaire. Nous n’avons d’autre choix que de tolérer le mensonge jusque dans certaines limites. Pour l’absurde, même constat. Il y a de l’absurde parce que le monde est très diversifié, riche, systémique ; parce que les éléments sont interdépendants, les intérêts convergents ou divergents, les situations variées.

Le progrès matériel des sociétés avancées s’est joué de concert avec le progrès de l’absurdité, ce qui en passant, montre aussi l’absurdité du progrès. Camus ou Kafka n’auraient pu exister au Moyen Age ou à la Renaissance. L’homme devenu absurde, c’est l’homme du technocosme, celui qui, selon une bonne formule de Jan Marejko, vit dans la cité de la mort, privé des référentiels célestes.

Le nihilisme semble dépendre de l’absurde et c’est même la victoire de l’absurde. Nietzsche combattit le nihilisme. Ses premières aventures philosophiques furent marquées par la présence des voix célestes. Nietzsche comme Rousseau, divinement inspirés puis quelque peu désabusés par l’homme moderne et les sociétés orientées vers l’absurdité. Rousseau se réclamait explicitement des voix célestes (traduction, le grand architecte) pour justifier l’effet quasi miraculeux de la loi qui fait consensus chez les membres de la société humaine. Nietzsche contempla dans son court essai sur les grecs et l’Etat le hiéroglyphe extraordinaire d’une doctrine ésotérique sur la relation entre l’Etat et le génie, doctrine profonde et qui sera toujours à déchiffrer, et qui est secrètement recélée dans la conception platonicienne de l’Etat. Par la suite, Nietzsche, imprégné des bassesses et perversions humaines après avoir fréquenté la société, tenta de subvertir la pensée en essayant de transfigurer l’absurde dans le destin des hommes forts. Transfigurer étant ici un euphémisme. C’est plutôt la transfiguration de l’homme dans le surhomme qui dissout l’absurde, l’anéantit dans l’intensité. Mais Nietzsche n’offre qu’un salut individuel dont on ne peut se satisfaire.

En 2011, le constat de l’absurdité a donc refait surface. Je laisse de côté l’absurde existentiel, qui n’a pas d’autre réponse que personnelle. Rappelons que l’absurde est relatif et qu’en dernier ressort, l’absurde fait surface comme une sorte d’irrationalité, de déraison, d’entorse au bon sens, lorsque sont mis en relations les fins assignées à un dispositif et le fonctionnement de ce dispositif. L’hôpital est devenu une industrie de santé servant à faire du profit. Le fonctionnement de l’hôpital peut paraître absurde aux yeux d’un idéaliste qui pense que la priorité c’est le malade mais rien ne s’oppose à ce que la priorité soit l’équilibre budgétaire et la rémunération du personnel et du capital investi. L’hôpital est une industrie de santé qui continue à offrir des soins aux patients tout en fournissant une source de revenus aux parties prenantes du système. Tout cela coûte de plus en plus cher mais ce n’est pas absurde de laisser à l’écart quelques patients. C’est juste immoral et rien que de très, trop humain. Des situations absurdes, on en trouvera, à l’école, dans l’enseignement supérieur, dans les mesures fiscales, dans des dispositions de la croissance verte, bref, partout où il y a une gestion d’affaires concernant le collectif et le public. Absurde (et coûteux) diront les citadins en constatant le désordre occasionné par des visites provinciales présidentielles dont on se demande quelle est l’utilité mais du côté de l’Elysée, ces déplacements ont un intérêt.

Mais c’est globalement que l’absurde se fait jour. La France, comme d’autres pays, sont des nations de plus en plus riches alors que la pauvreté s’accroît d’année en année. N’est-ce point absurde ? Oui si on assigne à la république d’assurer une justice sociale mais à l’inverse, ce n’est pas absurde si on se place du côté des plus aisés dont les revenus et le patrimoine augmente. L’absurde se dévoile aussi dans des dispositifs techniques planifiés, comme la fameuse vaccination contre le H1N1. La société hyperindustrielle fonctionne comme la précédente des années 1930. La morale est mise de côté, comme le débat politique. Ce qui laisse l’absurde envahir la société car la logique du bon sens est aussi mise à l’écart. Mais pour revenir sur ce point névralgique de la réflexion, je rappelle que la vaccination H1N1 n’était pas illogique du point de vue du système de santé. Un nouveau virus avait été détecté, un principe de précaution appliqué et un objectif assigné, vacciner les populations entières. Un objectif qui aurait pu être réalisé dans un régime totalitaire mais pas en France.

L’absurde s’insinue donc à la frontière de deux espaces, deux champs d’action, deux catégories d’individus, ceux qui sont dans un système et ceux qui sont dans un autre système. Rappelez-vous, cette histoire des gens de la haute qui finissent l’assiette et pas les autres. Un code absurde pour les Français d’en bas mais pas dans la haute société. Cet exemple est anecdotique eu égard à l’absurde qui prévaut dans la rhétorique politique et idéologique. La tactique de l’absurde est habilement utilisée par notre président. On le voit souvent, le visage affichant une posture faussement étonnée du candide pour mieux enfoncer l’évidence, parler au nom du bon sens et discréditer l’adversaire en le renvoyant à son absurdité. L’absurde se loge donc aux frontières, là où se séparent les idéologies, les classes sociales, les conglomérats d’intérêts, les ensembles systémiques. Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà, cette célèbre formule de Pascal peut être transposée pour énoncer quelques vérités sur le système. Bon sens en deçà de l’Elysée, absurdité au-delà. Bon sens dans les bureaux de l’OMS, absurdité pour les citoyens grippés ou pas. Bon sens dans les locaux d’Universal music et dans les dîners de stars, absurdité pour les internautes traqués par Hadopi. Bon sens dans les agences de notation et sur les marchés obligataires, absurdité pour les citoyens et les Etats : les taux proposés à un pays sont d’autant plus élevés que ce pays est endetté. Traduction, on prête à un Etat en favorisant les conditions pour qu’il ne puisse pas rembourser.

 Dire que nous vivons partiellement dans un régime de l’absurde n’épuise pas, loin s’en faut, l’analyse de ce régime qui, semble-t-il, échappe peu à peu au régime républicain qu’on a connu disons, entre 1965 et 1983. Le président n’a pas installé le régime de l’absurde. Ce serait plutôt ce régime qui l’aurait installé car il était le mieux constitué, adapté, le plus motivé et doué pour faire prospérer un système où les intérêts sectoriels et la finalité économique ont peu à peu pris l’ascendant sur le souci du bien public. Mais pour l’instant nous peinons à comprendre ce qu’est réellement le régime qui arrive. Je renverrais volontiers le lecteur à ces quelques brillantes analyses du régime russe installé par Poutine (ou plutôt qui a installé Poutine). La Russie d’aujourd’hui n’est ni celle des tsars, ni celle des Soviets, ni une dictature, ni un système totalitaire, ni une démocratie, c’est une sorte d’ovni politique récemment apparu après l’effondrement de l’empire de l’Est et la transition démocratique ratée d’Eltsine (Books, nov. 2011).

L’absurde n’est finalement qu’un procédé sémantique et sémiotique visant à décrire la nature d’un régime dont les finalités sont complexes, parfois masquées, nous échappant, un régime dont certains traits sont spécifiques à la France et dont quelques ressorts importants (économie, technique, sécurité) sont partagés avec d’autres nations.


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34 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 10 novembre 2011 09:02

    Plus des trois quart de la population supporte de plein fouet les effets de la crise, pendant qu’une petite classe de privilégiés fait bombance, donne des réceptions, et étale sa fortune dans les magazines peoples. Pour ceux qui produisent les richesses, le chômage, les carrières interrompues et les revenus en dessous du SMIC aliment une retraite de misère. Pour d’autres qui ne produisent rien et encaissent les bénéfices leur soif de pouvoir alimente les guerres, la corruption et la pauvreté.

    http://2ccr.unblog.fr/2011/06/30/linsolence-des-riches/


    • platon613 10 novembre 2011 17:08

      Cela va devenir pire... Lisez cette article !

      Important !

      La récession arrive

      Le commissaire européen Rehn vient d’annoncer que la zone euro était à la veille d’entrer en récession économique : "La croissance en Europe est à l’arrêt, et le risque d’une nouvelle récession est devant nous." Ainsi, une fois de plus la crise de la dette est susceptible de s’aggraver de façon spectaculaire. Les tensions sociales grondent à travers toute la zone euro....

      http://www.news-26.com/econmie/1325-la-recession-arrive.html


    • Deneb Deneb 10 novembre 2011 10:15

      « une société vouée à la vérité et la transparence totale serait totalitaire »

      Heureusement qu’une société régie par le secret (bancaire ...), la dissimulation, la manipulation et l’opacité ne l’est pas


      • lemouton lemouton 11 novembre 2011 12:14

        et zut dommage que je ne puisse plusser votre replique q’une fois.. ggrr... smiley


      • zelectron zelectron 10 novembre 2011 11:03

        @Bernard : Sarkosie habite l’Absconserie  ?
        @Deneb : non, j’étais persuadé du contraire, c’est vrai ? comment se fait-il ? smiley la manipulation ? l’inquisition ? tu as un sourire mi-ironique, mi-sympa ...


        • Deneb Deneb 10 novembre 2011 12:17

          .Zelectron : merci, la photo c’est une de premières photos faite par mon fils. Il parait que l’on est beau quand on regarde quelque chose que l’on aime...
          .
          Quant à la transparence, si vous pratiquez la langue de Shakespeare, prenez la peine de voir la magistrale leçon de cette Lady qui, malgré son âge respectable, ne manque ni de charme, ni d’intelligence.


        • Pyrathome Pyrathome 10 novembre 2011 11:59

          1+1=3 ... ?
          NON ! 
          1+1= O.....ZÉRO Bernard, ZÉRO puissance Zéro......
          Retournez à l’école  !... smiley...


          • TyRex TyRex 10 novembre 2011 12:22

            Tu devrais aussi retourner à l’école car ZÉRO puissance Zéro = 1 ...


          • Aafrit Aafrit 10 novembre 2011 13:03

            Zerokozy..toujours smiley


          • Pyrathome Pyrathome 10 novembre 2011 13:37

            Zéro puissance Zéro = 1
            vrai ! mais seulement une convention mathématique......
            En réalité, multiplier le néant n’aboutit qu’au néant , ça résume bien la présidence du « Saint Nectaire », euh, pardon ! du « nain sectaire ».... smiley.....


          • Deneb Deneb 10 novembre 2011 13:52

            Pyrathome :« vrai ! mais seulement une convention mathématique...... »

            La mathématique toute entière est une convention. Si pour un mathématicien 1+1 font 2, un phisicien n’en retiendra que l’échelle de grandeur : 10 puis. 1, un informaticien vous dira que ça fait un entier positif, un biologiste vous dira que 1+1=3, et si vous posez la question à un ado, il vous dira qu’il a autre chose à faire que de se prendre la tête avec les maths, ce qui prouve que les jeunes sont moins cons que ce que l’on croyait.


          • goc goc 10 novembre 2011 18:47

            pour un informaticien
            1 + 1 = 10

            oui je sais, jsuis un peu binaire comme garçon smiley


          • JL JL1 10 novembre 2011 19:07

            Et 10+10 = 100 !

             smiley


          • herbe herbe 10 novembre 2011 21:12

             smiley
            ça me fait penser à cette histoire de toutes les bases sont des base 10 (c’est juste !) :

            http://drgoulu.com/2011/09/25/comment-comptent-les-extraterrestres/

            et explication du dessin ici :
            http://eljjdx.canalblog.com/archives/2011/09/25/22139069.html


          • Deneb Deneb 11 novembre 2011 06:13

            Il y a 3 sortes de gens : ce qui savent compter et les autres.


          • Marc P 10 novembre 2011 13:36

            un des sens de l’absurde est son effet esthétique...

            Jusqu’à il y a 500 ou 1000 ans à peu près il était inconcevable de porter un nom (un prénom aujourd’hui) qui ne signifiait rien... La façon dont on nous nommait nous qualifiait ou qualifiait nos aïeux (smith le forgeron, smithson, le fils du forgeron, ford le gué etc...)

            Aujourd’hui nous portons des prénoms sans en connaître le sens parfois seulement à cause de leur esthétique ou de leur consonnance accordée ou pas avec avec celle du nom...

            Ivan ivanovich, Pavel Pavelovich... etc....

            Combien de millions d’années a t il fallu avant qu’on utilise des mots qui n’ont pas de sens sauf celui de nous nommer... comme des objets... cela va de pair avec la laicisation ou profanation de la personne....

            Par ailleurs, il se pourrait bien que tous les Sarkozi du monde soient en train à leur insu de nous faire une perpétuelle démonstration par l’absurde ( avec dans absurde, surd qui veut dire « sourd »)...

            cdlt.

            Marc P


            • BisonHeureux BisonHeureux 10 novembre 2011 14:30

              L’absurde pour Camus n’était que le stigmate de l’aliénation des hommes !Phénomène que dénonce également Huxley,Tolkien et Victor Hugo !
              Chacun à sa manière certes,mais le message est le même !
              S’intéresser à la manière de vivre des indiens d’Amérique du Nord comme les Lakotas et les Cheyennes peut être une piste pour celui qui cherche à savoir qui il est réellement !
              Hasta la libertad
              Salut et fraternité


              • Sat is Fay 10 novembre 2011 14:53

                CIArkozy ne sert faire qu’une seule chose, emmerder la populace, on dirait qu’il entretien une vengeance personnelle contre le peuple.


                • JL JL1 10 novembre 2011 15:31

                  Bonjour,

                  Vaste programme, Vous écrivez : « rappelons que l’absurde est relatif ».

                  Je crois pour ma part qu’il y absurde et absurde : l’absurde absolu, au contraire de l’absurde relatif c’est comme l’humour, ça ne s’explique pas. Et c’est ce qui permet de les différencier.

                  Mais des exemples d’absurde relatif (on devrait peut-être dire : absurde ordinaire ?), chacun de nous peut en citer des tas, et de mémoire. Ce midi (13H28) j’écoutais un journaliste sur France Inter qui disait : « La marge bénéficiaire d’un libraire est en moyenne de 0.7% ». Pour vivre un libraire indépendant devrait faire 3 ou 400 000 euros mensuels de chiffre d’affaire. Cela fait 20 à 30 000 livres par jour ! On se demande comment vivent les libraires dans les petites villes.

                  Un autre disait un jour : « Dans le brouillard, vous devez absolument voir les feux de la voiture qui est devant vous ». Un autre encore : « Sur autoroute, la durée moyenne de survie d’un piéton est de quinze minutes ; il faut absolument éviter d’y rester plus de 15 mn ».

                  Mais il y a pire, ce sont les absurdités qui impactent la vie de millions d’individus, j’en citerai deux exemples :

                  La première absurdité, est ce mythe de la concurrence libre et non faussée : il est clair pour tous, sauf les libéraux (pouf pouf !), que, dès lors qu’un concurrent a pris un avantage décisif, la concurrence n’est plus non-faussée.

                  La deuxième est digne d’Ubu, c’est quand François Fillon déclare : « je suis à la tête d’un État en faillite » et que dans le même temps, ce même Fillon ou ses compères, nous assurent qu’il faut soutenir les banques, parce qu’elles sont « too big to fail » !

                  A ce sujet, Thomas Edison écrivait déjà : « Il est absurde de dire que notre pays peut émettre des millions en obligations, et pas des millions en monnaie. Les deux sont des promesses de payer, mais l’un engraisse les usuriers, et l’autre aiderait le peuple. Si l’argent émis par le gouvernement n’était pas bon, alors, les obligations ne seraient pas bonnes non plus. C’est une situation terrible lorsque le gouvernement, pour augmenter la richesse nationale, doit s’endetter et se soumettre à payer des intérêts ruineux. »


                  • JL JL1 10 novembre 2011 15:35

                    Rappelons à propos ici que Napoléon disait : « En politique, une absurdité n’est pas un obstacle ».

                    C’est facile à comprendre : comme aurait dit Humpty Dumpty, la question est « qui commande », un point c’est tout !« 

                    Comme on dit : »le chef a toujours raison."


                  • raoulblier raolublier 11 novembre 2011 10:37

                    Les journalistes par convention essayent de parler comme des économistes sans en comprendre le sens pour noyer le chaland.
                    0,7 n’est pas à comprendre comme pourcentage mais sur une échelle de 0 à 1. En fait le taux de marge brut d’un libraire est de 70%.
                    Pour le libraire utiliser ce code permet d’amoindrir l’effet produit, mais le résultat est le même.


                  • JL JL1 11 novembre 2011 11:32

                    Raolublier,

                    je crois que les journalistes sont recrutés un peu comme le sont les traders : très fort dans la compétence que l’employeur attend d’eux, très faible dans celles que les employeurs redoutent, à savoir : la liberté de pensée. Ne dit-on pas « penser c’est déjà désobéir » ?


                  • platon613 10 novembre 2011 17:08

                    Cela va devenir pire... Lisez cette article !

                    Important !

                    La récession arrive

                    Le commissaire européen Rehn vient d’annoncer que la zone euro était à la veille d’entrer en récession économique : "La croissance en Europe est à l’arrêt, et le risque d’une nouvelle récession est devant nous." Ainsi, une fois de plus la crise de la dette est susceptible de s’aggraver de façon spectaculaire. Les tensions sociales grondent à travers toute la zone euro....

                    http://www.news-26.com/econmie/1325-la-recession-arrive.html


                    • moebius 10 novembre 2011 22:04

                      Cela va devenir pire... il n’est que de lire ces articles, ces commentaire que le pire faute de mieux est maintenant le désirable


                      • moebius 10 novembre 2011 22:09

                         Nous attentons avec impatience que ce monde s’écroule


                        • moebius 10 novembre 2011 22:38

                          Ce qui serait absurde c’est qu’ aprés avoir voté pour Sarkosy nous votions pour Hollande alors que ce sont les marchés invisible dont nous ne pénétrons pas l’obscur dessein qui feraient la loi. Est ce qu’Hollande pourra calmer leurs courroux ? a moins ce soit Lepen, Melanchon, joly ou Tartempion ?. Nous savons pourtant par avance que le « marché » ne sera jamais content de nous...putain, vérole de merde qu’il aille se faire foutre avec son triple A ce dieu absurde et qu’on le cloue sur la place publique ce con pour dissiper toute cette absurdité et puis qu’il nous pardonne de toute cette dette et merde


                          • moebius 10 novembre 2011 22:40

                            le monde se tasse de plus en plus sur lui méme et pese comme un poids mort sur ses fondations qui bientot vont céder


                            • moebius 10 novembre 2011 22:42

                              toute les pendules se sont arrété, dans le silence nous attentons avec impatience la fin


                              • ddacoudre ddacoudre 11 novembre 2011 11:08

                                bonjour dugué

                                ce serait merveilleux si nous connaissions les règles qui régissent l’existence nous faisons ce que nous pouvons pour comprendre ce qui nous entoure et qui influence notre système émotionnel que l’on peut leurré à souhait une fois un certain nombre de paramètre conventionnel acquis comme partie intégrante de notre être qui interfèrent sur nos émotions pour créer du bonheur ou de la souffrance. notre malléabilité est un atout d’adaptation qui ne peut se passer de l’absurde pour assoir des réalisations sur lesquelles s’installeront les dominants pour durer.
                                je dis souvent que nous commettons deux fausses appréciations, celle de penser que nous disposons du libre arbitre, l’autre d’accepter notre méconnaissance comme source d’évolution. nous sommes effectivement enfermés dans le creuset sociétal « géohistorique ».
                                c’est à dire qu’il a été façonnée.par l’environnement géographique et toute l’histoire des réponses que notre système émotionnel y a apporter qui l’on modifié, et en rétroaction en ont façonné d’autres toujours sur la base de notre bagage génétique socialisé.

                                faute de percevoir cela nous demeurons des êtres « bloqués » qui cultivent le paradoxe de comprendre la nécessité de la diversité et de rechercher en permanence la Solution et développer la pensé unique, la vérité d’un « dominant systémique »comme nous le vivons, ce qui conduit à se donner une absurdité comme régle.
                                ddacoudre.over-blog.com .
                                cordialement.


                                • ddacoudre ddacoudre 11 novembre 2011 11:27

                                  correctif
                                  « l’autre d’accepter notre méconnaissance »
                                  il faut lire l’autre de ne pas accepter notre méconnaissance.
                                  cd


                                  • easy easy 11 novembre 2011 14:00

                                    Il me semble que c’est au XIX ème siècle que nous avons commencé à nous intéresser à l’absurde en tant que tel, en tant qu’hyper absurde et sans viser à le rendre moins absurde.

                                    Avant ce moment, il y avait eu bien des synodes pour discuter du sexe des anges mais on cherchait alors à résoudre ces absurdes qui émergeaient du raisonnisme.

                                    Au XIX ème, au moment où le métaphysique était marginalisé et la raison était devenue reine, sont apparus des milliers de dessins représentant des escaliers qui ne montaient qu’à leur bas et des marteaux à deux têtes. Le XXème ayant pris la suite avec l’écriture automatique, Duchamp, César Baldaccini, le sur réalisme à la Dali, Averty et les Shadocks. Tout cela associé au foisonnement des démonstrations d’illusions d’optique, au cinéma où le héros survit à cent tirs croisés, aux BD où le héros ne mange ni ne vieillit, à l’armement atomique qui nuit autant à son expéditeur qu’à son expédié, etc.

                                    A ce moment où l’absurde était devenu un fait à prendre tel quel, je considère que son exposé éclairait nos esprits. « OK, nous prétendons être de raison mais nous sommes effectivement absurdes, et drôles alors. Point »

                                    Ce moment me semble être passé. Je ne vois plus de gens se régalant d’absurdes à la Devos. Fini les Monty Python, Colluche et autres Woody Allen
                                    Ouille alors.
                                    Car la relégation de l’absurde (qui existe forcément quand on prétend au sens unique) ou son déni risque de nous renvoyer à de nouvelles certitudes.
                                    Certes, nous ne sommes pas fiers en ce moment que tout notre Système ressort en faillite, mais au lieu de bien voir que nous avons tous pratiqué l’absurde (parce que nous prétendions au bon sens -unique alors-) nous sommes en train de devenirs très accusateurs en désignant de notre index des chef ou bandits qui seraient les seuls à pratiquer l’absurde. Nous devenons convaincus que si l’absurde existe il ne provient que de méchants (qui faut alors pendre ou enfermer 136 ans).$
                                    Nous qui avions pratiqué émerveillés La chaîne ou l’avion, ces pyramides alakon où il fallait envoyer cent balles à celui qui était en haut de la liste, nous qui faisions le stock de cigarettes à Andore, nous devenons maintenant convaincus que seuls les pontes de la finance la pratiquent. Nous nous voulons innocents et nous tenons donc à écarteler des boucs émissaires.

                                    (J’en suis à me demander si les séniors actuels racontent vraiment leur passé aux ados)

                                    Ce qu’il y avait d’intellectuellement sain à l’époque des trente glorieuses où nous fumions tout en protestant contre le cancer, où nous roulions à 200 à l’heure sans casque ni ceinture tout en nous offusquant des milliers de morts, c’est que cet absurde, nous l’assumions collectivement et individuellement.

                                    Mais depuis 40 ans, le souci de sécurité individuelle est devenu prépondérant (ma sécurité d’abord = Source d’individualisme s’il en est), nous nous appliquons donc à préserver notre santé-sécurité de manière dite rationnelle et nous découvrons que nous subissons un empoisonnement passif contre lequel nous ne pouvons plus rien sinon à protester contre les Mac Do, Monsanto et autres Goldman Sachs.
                                    Nous avons maintenant l’impression qu’il y a certes toujours un absurde mais que cette fois il n’est plus de notre fait, il nous est strictement imposé par des méchants.

                                    Désormais nous détestons l’absurde alors qu’il y a 60 ans nous nous trouvions très drôles et charmants de le produire.

                                    Et dabs ce mouvement, je fais remarquer que les comiques de scène ne sont plus des souchiens mais des descendants d’immigrés du début XIXème.
                                    Les Beurs (Dany Boon en fait partie) sont aujourd’hui les seuls d’entre nous à admettre produire, générer et incarner de l’absurde. Inutile d’expliciter pourquoi


                                    • Henri François 11 novembre 2011 17:38

                                      Il est absurde d’interdire à la Banque Centrale Européenne d’émettre de la monnaie et de permettre ainsi de régler les crises de la dette.
                                      Il est absurde d’avoir inventé les « marchés financiers » (quésaco ?!!!)
                                      Il est absurde que l’home puisse vivre dans un tel environnement dit de « progrès » (mon oeil !)
                                      Il est absurde de regarder toujours et l’envier son voisin.
                                      Il est absurde de vouloir creuser les absurdités et de les expliquer.
                                      ET S’IL ETAIT ABSURDE D’ETRE UN HOMME ? 


                                      • Mylène 13 novembre 2011 16:29

                                         « Nietzsche combattit le nihilisme » hum !! çà n’a pas empêcher d’inspirer le théoricien du nazisme quand même ! y a t il eu pire nihiliste qu’Heidegger ??? 

                                        c’est peut être là une bonne définition de l’absurde !!

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