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Sarkozy, Parisot, Chérèque, Royal... les élections présidentielles et le droit de grève

Il y a de quoi s’inquiéter de ce qu’on nous prépare pour après les présidentielles de 2007. L’incontestable convergence d’approches, à quelques apparences près, entre l’UMP, le Parti socialiste, l’UDF, le MEDEF, la CFDT... correspond à quelque chose de profond, et certainement en rapport avec l’évolution à l’échelle européenne. Concentration financière et industrielle, directive Bolkestein, généralisation du dumping social, délocalisations, relance du Traité constitutionnel européen... Autant d’éléments laissant peu de choix aux décideurs français partisans de la « construction européenne ». Ces derniers semblent rechercher des manières « présentables » de museler un mouvement social qui les a mis en difficulté et d’imposer un « retour au bercail » à un électorat qui manifeste un mécontentement croissant. Comme le blocage des « petits candidats », la mise en cause du syndicalisme français et du droit de grève tel qu’il existe dans notre Constitution s’inscrit dans cette stratégie.

En pré-campagne électorale, Nicolas Sarkozy a clôturé le 31 août, par une intervention remarquée et applaudie, l’Université d’été du MEDEF tenue autour du thème "Concilier l’inconciliable". Tout un programme, après le fiasco du Contrat première embauche (CPE) qu’avait précédé l’échec du référendum sur le Traité constitutionnel européen (TCE).

Le président de l’UMP a notamment proposé que les travailleurs soient mis à même de voter à bulletin secret sur l’opportunité des grèves : "Je souhaite que par la loi, et ce sera une de mes propositions, lorsqu’il y a un conflit et une grève dans une entreprise, dans une université ou dans une administration, [...] dans les huit jours soit organisé un vote à bulletins secrets pour en finir avec la dictature de certaines minorités." Il s’en est pris aux 35 heures et a lancé une petite phrase qui résume toute une stratégie : "Le problème de la France n’est pas d’avoir des syndicats trop puissants, mais pas assez puissants" car, semble-t-il, "quand on est petit, on a tendance à faire la politique des plus durs, des plus sectaires". La petite phrase du "syndicaliste" Nicolas Sarkozy, en phase avec le point de vue de la "syndicaliste" Laurence Parisot, n’est en rien divergente de l’appréciation de la "syndicaliste" Ségolène Royal, également en pré-campagne électorale, lorsqu’elle réclame un "syndicalisme de masse" avec la référence : "Dans certains pays, l’adhésion est quasi obligatoire, au sens où elle est couplée avec l’assurance-chômage ou l’assurance sur les accidents du travail. C’est ainsi qu’en Suède, le taux de syndicalisation est de 80 %."

Les principaux courants "de gouvernement" s’accordent donc avec le patronat "éclairé" pour souhaiter des syndicats "forts" afin d’échapper à ce qu’ils présentent comme des "agissements groupusculaires". Une convergence bien dans la ligne de la politique d’ "union nationale" évoquée dans mon article du 31 août. Au même moment, aux propositions diverses de "gouvernement d’union nationale" (article du 29 août), est venue s’ajouter celle d’un "gouvernement d’entente nationale" avancée par François Bayrou, qui s’en prend au "sectarisme", à l’Université d’été de l’UDF, en présence des invités Michel Barnier et Michel Rocard. Ce dernier en a profité pour rappeler qu’il est membre du PS et "social-démocrate". Pour François Bayrou, "le drame de la France, c’est que des gens qui, au fond, partagent exactement les mêmes valeurs et la même approche, ceux-là, le système sectaire dans lequel on vit leur interdit même de parler entre eux". On pourrait lui demander à quoi servent tant de politiques, si c’est pour penser et faire tous pareil, mais ne soyons pas impertinents. Il s’agit de "personnalités", de "talents", dont le pays doit être heureux de pouvoir profiter. Sauf que les Français n’en ont pas eu forcément le même perception lors du premier tour des présidentielles de 2002 ou lors du référendum de mai 2005. Quant aux mobilisations qui ont obtenu le retrait du CPE, elles ont été tout sauf "sectaires" ou "groupusculaires".

Tant pis si les citoyens se posent des questions sur tous ces trafics politiques. Devant l’auditoire de l’UDF, le "social-démocrate de dialogue" Michel Rocard a évoqué la nécessité de "réfléchir au refus de la guerre civile". Quelques jours plus tôt, le secrétaire général de la CFDT avait demandé la création de toute urgence d’un "espace de dialogue social" et, aussitôt après, la présidente du MEDEF s’était prononcée pour un "espace de discussion [...] institutionnalisé" notamment par l’inscription dans la Constitution d’un "droit de négociation" à côté du droit de grève. Dans la même lancée, François Chérèque propose d’instaurer un "délai minimum de concertation avant réforme" afin d’éviter des "psychodrames dans notre pays où des mauvaises décisions prises de manière unilatérale provoquent des crises". Il apporte son grain de sel à la cogestion du système avec une telle diligence qu’on peut se demander si ces convergences n’ont pas joué un rôle dans l’arrêt du mouvement "anti-CPE" qui aurait pu se poursuivre, exigeant le retrait du Contrat nouvelles embauches (CNE).

Il y a aussi quelques voix d’apparence dissidente. L’Humanité du 1er septembre écrit : "Les patrons tutoient Sarkozy... En vedette américaine, le président de l’UMP promet au MEDEF, en cas de victoire à la présidentielle, de s’attaquer au droit de grève."... Mais les patrons tutoient également les vedettes de la "gauche", que financiers et PDG fréquentent autant que celles de la "droite". Et que fait-on pour contrer cette "politique unique" ? Le Parti communiste évite de s’engager à ne pas participer à un gouvernement avec un Parti socialiste où la "voie Royal" attire la majorité et, à défaut, ça risque d’être Jospin qu’on connaît déjà. Le gouvernement de la "gauche plurielle" de 1997-2002 s’est soldé par une catastrophe électorale dont il ne semble pas que les formations politiques concernées aient envie de tirer les conséquences. Quant aux autres candidats à la candidature PS, Jack Lang et Dominique Strauss-Kahn, ils sont des habituels du Siècle, de même que Laurent Fabius, membre également de la Trilatérale. José Bové a récemment estimé que "le PCF n’a pas tranché entre l’alliance avec le PS, au risque d’y perdre son âme et même son organisation, ou l’unité des forces antilibérales, comme le souhaite majoritairement son électorat".

Au sein du groupe des député-e-s communistes et républicains de l’Assemblée nationale, on trouve le maire de Montreuil Jean-Pierre Brard, l’un des fondateurs, avec Philippe Herzog, le dirigeant de la CGT Jean-Christophe Le Digou, Jean Peyrelevade et Michel Rocard, d’une autre entité "transversale" : le club Confrontations Europe. Ce cercle se définit comme étant "à la fois un think tank européen, un lobby d’influence et un mouvement de démocratie participative connu et estimé dans les institutions et les réseaux européens", réunissant "des personnes de sensibilités et d’expériences différentes : dirigeants d’entreprises, syndicalistes, élus, intellectuels, acteurs associatifs et politiques issus de plusieurs pays européens". La composition de son Comité de parrainage est édifiante, avec entre autres : Alexandre Adler, Edmond Alphandéry, Martine Aubry, Michel Barnier, Jean-Louis Bourlanges, Claude Cheysson, Daniel Cohn-Bendit, Etienne Davignon, Jacques Delors, Jean-Paul Fitoussi, Noël Forgeard, Louis Gallois, Jean Gandois, Anne-Marie Idrac, Denis Kessler, Alain Lamassoure, Pascal Lamy, Anne Lauvergeon, Francis Mer, Michel Pebereau, Jack Ralite, Dominique Strauss-Kahn, Serge Tchuruk... Dans l’ensemble, un comité où les membres ou anciens membres du Siècle, de la Trilatérale et du Cercle de Bilderberg ne font pas défaut.

De même, les déclarations de la vice-présidente de l’UDF Marielle de Sarnez à Aujourd’hui en France du 31 août contre la "pensée unique" peuvent-elles susciter un certain scepticisme. Un autre vice-président de l’UDF, Jean-Louis Bourlanges, est membre de la Trilatérale et son président François Bayrou l’a été jusqu’à une date récente. Quant au Siècle, les dirigeants de l’UDF n’en ont jamais été absents. Marielle de Sarnez se plaint du manque d’indépendance des médias : "Il y a en France une collusion entre pouvoir et médias unique en Europe, puisque de très grands groupes industriels propriétaires de médias dépendent de l’Etat pour leurs marchés. C’est un système malsain...". Des déclarations dont les responsables de l’UDF s’abstenaient avant la création de l’UMP aux dépens de leur parti. Mais la vice-présidente de l’UDF "oublie" la responsabilité des milieux financiers et des multinationales dans la perte d’indépendance de la presse, en France comme ailleurs. Le groupe Carlyle, qui a récemment acheté, "réformé" et revendu Le Figaro, n’appartient pas à l’Etat français. Si passer sous silence le rôle de multinationales et lobbies de la grande finance dans la décadence de la presse ne relève pas de la "pensée unique", il faudra nous l’expliquer.

S’agit-il vraiment de "concilier l’inconciliable", comme le prétend le MEDEF, ou de faire croire à l’existence de divergences au sein des "élites" pour masquer la décrépitude de la politique française et continuer à attirer des électeurs ? Comment, dans une situation sociale qui ne cesse de s’aggraver depuis trois décennies, faire voter une nouvelle fois des citoyens qui sont les éternels tondus d’une politique au service d’une minorité ? Quoi qu’il en soit, il a été décidé que "les gens" doivent se faire à l’idée qu’il faudra "y passer", et pas question de permettre que "n’importe qui" soit candidat aux présidentielles. Le barrage des cinq cents signatures est là pour ça, comme l’a rappelé François Hollande il n’y a pas si longtemps.

On "comprend" que, dans un tel contexte, le syndicalisme "radical à la française" dérange. Avec des syndicats moulés "à l’européenne", il aurait été plus facile, par exemple, de faire passer le TCE. Ce n’est pas que les directions des grandes centrales ne soient pas noyautées par les milieux "bien-pensants", mais il faut en finir une fois pour toutes avec ces militants qui résistent, "font pression" sur les directions et osent même de temps à autre créer de nouveaux syndicats. Syndicats et droit de grève font partie des outils concrets dont disposent salariés et fonctionnaires pour défendre leurs droits et leurs acquis sociaux. Les syndicats sont également des lieux de réflexion citoyenne : tout le monde a pu constater en 2005 l’embarras de la direction de la CGT, lorsque les militants se sont prononcés contre le TCE. Il s’agit donc d’un enjeu majeur.

En réalité, des questions telles que le fonctionnement des syndicats ou un éventuel "encadrement" du droit de grève sont devenues beaucoup plus cruciales que les promesses que les vedettes politiques puissent faire par rapport aux privatisations, au SMIC ou à la précarité. Car depuis vingt-cinq ans ces engagements n’ont jamais été tenus. Pour les promesses électorales et les programmes de circonstance, si les romains disaient : Verba volant, scripta manent (les paroles s’envolent, les écrits restent), de nos jours un autre adage paraît plus juste : paroles et écrits s’envolent. Bien naïf qui voudra "juger sur programme".

Certes, le Parti Socialiste s’est immédiatement opposé aux propositions de Nicolas Sarkozy. Il a rappelé les "principes constitutionnels en vigueur, selon lesquels la grève est un droit individuel appartenant à chaque salarié" et fait remarquer que "la soumission de l’exercice du droit de grève à un vote des salariés est une volonté évidente de contourner les organisations syndicales et les représentants du personnel". Mais on peut, à la lumière des déclarations de Ségolène Royal, se demander ce qui nous attend après les élections. Car comment concilier vraiment le droit de grève "individuel" avec le "syndicalisme de masse", l’ "exemple européen" et l’adhésion obligatoire dont parle la pré-candidate PS ? Ce qui n’est pas "acceptable" venant de Nicolas Sarkozy et dans les modalités qu’il propose pourrait le devenir, sous d’autres formes mais avec un contenu analogue, sous un gouvernement PS. D’autant plus que la notion de droit de grève n’est pas la même dans tous les pays de l’Union Européenne.

Les lobbies "pro-européens" comme la Fondation Robert Schuman sont très clairs quant à leur perception de la "situation française" en matière de droit de grève. Un texte du printemps 2003, paru sur le site de cette Fondation, se plaignait d’une "paralysie engendrée par une poignée de grévistes dans les transports publics français". Les milieux décideurs français "réfléchissent à la question des grèves" depuis longtemps. Dans un article du 23 juin 2004 paru dans Le Figaro, Nicolas Lecaussin, chargé d’études à l’IFRAP et rédacteur en chef de la revue Société Civile, soulignait : "Concernant le droit de grève, tous les Etats le prévoient mais il est très réglementé, voire impossible à exercer, comme en Allemagne ou en Autriche. En Espagne et en Grande-Bretagne, les grèves à caractère politique sont interdites, tandis que les grèves dites "de solidarité", consistant à cesser le travail en vue de soutenir une revendication professionnelle ou économique concernant des groupes autres que ceux qui sont en grève, font l’objet de réglementations très strictes. C’est seulement en France et en Italie qu’un syndicat représentatif peut, à lui seul, décider d’une grève. Ailleurs, comme en Allemagne et au Danemark, les syndicats décidant la grève doivent représenter un certain pourcentage des salariés, jusqu’à 75% de l’autre côté du Rhin. De même, dans certains pays, la décision de faire la grève doit être votée à bulletin secret pour éviter les pressions sur les salariés." Ségolène Royal et la direction du PS le savaient très bien, lorsque la majorité de ce parti (notamment les Hollande, Royal, Jospin, Lang, Strauss-Kahn...) a fait campagne pour le TCE au printemps 2005.


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44 réactions à cet article    


  • CP (---.---.164.164) 4 septembre 2006 12:45

    On apprend par une dépêche AP de 10h50 que François Chérèque a critiqué les propos de Sarkozy, mais ajouté :

    « A notre dernier congrès, nous nous sommes engagés à réfléchir à tout autre mode d’action avant de recourir à la grève. Ce n’est pas très malin de chercher querelle sur ce sujet »

    Les seuls divergences portent donc sur des questions de forme ou de méthode. Mais, pour le reste, la politique est la même.


    • Monique (---.---.119.95) 4 septembre 2006 13:13

      Si l’important est de faire en sorte qu’il n’y ait pas de grèves sans toucher à la politique patronale, il y a deux « solutions » : la pression patronale et l’autocensure syndicale.

      Dans la pratique, ce sera les deux à la fois et tous les grands partis politiques sont d’accord. Les divergences de façade correspondent à la nécessité d’attirer des électorats, de ne pas alarmer des militants...


    • (---.---.119.95) 4 septembre 2006 13:10

      Et quelle différence entre le PS et Sarkozy sur l’immigration ?

      Hollande déclare vouloir « éviter à la fois les expulsions massives et les régularisations massives » :

      http://permanent.nouvelobs.com/politique/20060904.FAP9619.html?idfx=RSS_politique


      • tmd (---.---.5.58) 4 septembre 2006 13:23

        « la soumission de l’exercice du droit de grève à un vote des salariés est une volonté évidente de contourner les organisations syndicales et les représentants du personnel ».

        C’est quand meme grave de lire une telle contradiction. Elle impliquerait que des representants du personnel pourraient emettre des avis contraires a ce que ce personnel voudrait ! Je n’ose l’imaginer smiley


        • (---.---.3.45) 4 septembre 2006 13:28

          Si le droit de grève est INDIVIDUEL, un syndicat peut lancer un appel à la grève qui ne sera pas forcément suivi, en tout cas au départ, par une majorité des salariés. C’est ce qu’on cherche à interdire, et c’est une atteinte grave au droit de grève.

          D’ailleurs, le PS hurle parce que c’est Sarko qui a dit ça et à cause de la manière dont il l’a dit, mais l’affiliation obligatoire de Royal vise le même objectif que Sarko.


        • jeantho (---.---.3.45) 4 septembre 2006 13:30

          « representants du personnel... »

          Les représentants du personnel n’ont pas à être tous d’accord. Mais, en l’occurrence, ce sont les SYNDICATS qui appellent (ou n’appellent pas) à la grève.


        • GED (---.---.44.145) 4 septembre 2006 13:34

          Je me permets de suggérer à nos hommes et femmes politiques de prendre exemple sur Napoléon qui n’avait pas hésité pour satisfaire les puissants à inclure dans le code civil les deux articles qui s’inspiraient de la ligne bourgeoise de la loi Le chapelier : Article 415 : « Toute coalition d’ouvrier dans le dessin d’enrichir leur travail [c’est-à-dire pour une augmentation de salaires] sera passible d’un mois de prison au minimum et d’un emprisonnement de deux à cinq ans pour les instigateurs ». Article 1781 : « Dans toute contestation au sujet des salaires, c’est l’employeur qui sera cru sur sa parole, laquelle fera foi sur la quotité des gages ». Ce qui s’appellera diriger et mériter la gratitude des classes privilégiées. Source : Napoléon légende et vérité d’Henri Guillemin page 100


          • Vivement 2012 (---.---.62.131) 4 septembre 2006 13:56

            Autant je n’aime pas Sarko, le Petit Yaka, autant j’approuve pleinement son idée d’imposer le vote à bulletin secret pour les grèves. Et pas seulement pour le lancement d’une grève, mais aussi pour ses reconduites.

            Car quoi que les bien-pensants de gauche puissent penser, de nombreuses grèves s’enlisent parce que les ’camarades’ imposent à ceux qui souhaiteraient arrêter de continuer quand même par des intimidations diverses. Quel est le travailleur assez suicidaire qui ne va pas lever la main pour dire ’on continue’ alors qu’il ne ne pense pas, simplement pour ne pas mal vu par les autres et exclu du groupe parce qu’il a eu le malheur de penser que la grève n’est pas ou plus une bonne idée ou n’est pas ou plus supportable financièrement (ce dont les meneurs se foutent puisqu’ils sont quand même payé par leur syndicat).

            Cette main-mise insupportable des minorités syndicalistes sur le reste des collaborateurs d’une entreprise doit effectivement cesser, et vite.


            • Passant (---.---.231.110) 4 septembre 2006 14:01

              « main-mise insupportable des minorités syndicalistes... »

              Faites un peu le tour des entreprises et des administrations, et vous verrez que la véritable mainmise est celle des patrons, des hiérarchies... Avec des pratiques de harcèlement de syndicalistes, de licenciements étrangers à tout critère professionnel, etc...

              Pour des « minorités agissantes », celles qui roulent pour les patrons disposent d’infiniment plus de moyens.


            • Passant (---.---.231.110) 4 septembre 2006 14:18

              Si on conditionne la grève à un vote majoritaire, de surcroît encadré par le patron, il suffira à ce dernier de saucissonner les coups tordus pour que personne ne puisse se défendre contre lui. C’est d’ailleurs ce qui se fait déjà assez largement, jusqu’à l’individualisation de mesures qui en réalité sont collectives et qui permettent de déguiser en « cas particuliers » ce qui relève d’une politique générale.

              Beaucoup de « syndicalistes » à la soupe patronale sont bien contents d’avoir affaire à des brochettes de « cas individuels » étalés dans le temps, plutôt qu’à des mesures collectives déclarées qui les obligeraient à intervenir alors qu’on leur a offert de belles places au soleil.

              Avec le « vote majoritaire », c’est la même chose : on met en marche une machine patron + syndicalistes « bien pensants » pour qu’il ne puisse jamais y avoir de grève si on mène une politique savante « par secteurs ». Plus la propagande catastrophiste que fera le patron avant le vote.

              D’ailleurs, Sarko dit « entreprise ». Si une entreprise ou une administration possède plusieurs lieux de travail, que va-t-il se passer ? Jamais une usine, un service... ne pourront faire une grève pour une revendication les concernant spécifiquement.


              • éric (---.---.160.46) 4 septembre 2006 14:24

                La destruction du droit de grève c’est comme casser le témoin d’alerte de manque d’huile de votre automobile. Celà vous fait ignorer un problème qui ne fera que j’aggraver. Monsieur Sarkozy souhaite-il une révolution ?

                http://classemoyenne.hautetfort.com


                • C.D.MAB (---.---.39.191) 4 septembre 2006 21:13

                  La phrase de Sarko sur les grèves le classe bien à droite/droite à un point tel que, des amis chefs d’entreprises ou républicains de droite me disent ne pas apprécier pleinement ce qui est dit. Pourquoi ?

                  Coller au mur l’adversaire, chercher à l’humilier, n’est pas une méthode idéale de management.

                  Penser que la relation sociale ne doit pas être humanisée et faire de l’ouvrier,du syndicaliste et du grêviste,un délinquant présumé, est en fait contre productif.

                  L’évolution des postes de travail et l’amélioration de la productivité sont freinées par ce type de management.

                  L’amélioration des droits des salariés dans les entreprises, l’augmentation de la représentativité des syndicats, ne peuvent qu’être bénéfiques à l’évolution des entreprises à condition que le management de celles-ci ne cèdent pas aux sirènes de la gestion purement financière et que les salariés gardent confiance en leur entreprise.


                  • (---.---.22.209) 5 septembre 2006 11:45

                    Mais Sarko et Royal disent la même chose : ils veulent des « syndicats forts », lisez des « majorités silencieuses » pour boucler le bec aux « agitateurs », un peu comme dans le syndicat vertical franquiste de jadis.

                    N’oubliez pas qu’il y a plein de patrons « de gauche », y compris dans l’entourage de Fabius. A fortiori, de Royal.

                    Voici ce que dit Sarko :

                    « Le problème de la France n’est pas d’avoir des syndicats trop puissants, mais pas assez puissants »... « quand on est petit, on a tendance à faire la politique des plus durs, des plus sectaires ».


                  • parkway (---.---.18.161) 5 septembre 2006 16:40

                    à C.D. MAB

                    Oh ben ! t’as pas l’air bête, toi !

                    je pense plutôt comme toi !p’têt que j’le suis pas trop non Plus ?

                    cordialement !


                  • parkway (---.---.18.161) 5 septembre 2006 16:44

                    "Voici ce que dit Sarko :

                    « Le problème de la France n’est pas d’avoir des syndicats trop puissants, mais pas assez puissants »... « QUAND ON EST PETIT, on a tendance à faire la politique des plus durs, des plus sectaires »."

                    peut-être voulait-il parler de lui ? voilà un commentaire juste et équitable, sur le plan psychilogique !

                    sarko est parfaitement conscient de son psychisme !


                  • (---.---.54.13) 4 septembre 2006 21:40

                    Je découvre qu’il semble y avoir eu un problème technique et que le texte a été coupé. Il y manque la fin d’un paragraphe et les trois derniers paragraphes de l’article, fort intéressants. Ce sera sans doute réparé, mais en attendant le texte complet (avec les liens) est accessible à l’adresse :

                    http://fr.news.yahoo.com/04092006/326/sarkozy-parisot-chereque-royal-les-elections-presidentielles-et-le-droit.html

                    Voici la partie manquante :

                    ... Les syndicats sont également des lieux de réflexion citoyenne : tout le monde a pu constater en 2005 l’embarras de la direction de la CGT, lorsque les militants se sont prononcés contre le TCE. Il s’agit donc d’un enjeu majeur.

                    En réalité, des questions telles que le fonctionnement des syndicats ou un éventuel « encadrement » du droit de grève sont devenues beaucoup plus cruciales que les promesses que les vedettes politiques puissent faire par rapport aux privatisations, au SMIC ou à la précarité. Car depuis vingt-cinq ans ces engagements n’ont jamais été tenus. Pour les promesses électorales et les programmes de circonstance, si les romains disaient : Verba volant, scripta manent (les paroles s’envolent, les écrits restent), de nos jours un autre adage paraît plus juste : paroles et écrits s’envolent. Bien naïf qui voudra « juger sur programme ».

                    Certes, le Parti Socialiste s’est immédiatement opposé aux propositions de Nicolas Sarkozy. Il a rappelé les « principes constitutionnels en vigueur, selon lesquels la grève est un droit individuel appartenant à chaque salarié » et fait remarquer que « la soumission de l’exercice du droit de grève à un vote des salariés est une volonté évidente de contourner les organisations syndicales et les représentants du personnel ». Mais on peut, à la lumière des déclarations de Ségolène Royal, se demander ce qui nous attend après les élections. Car comment concilier vraiment le droit de grève « individuel » avec le « syndicalisme de masse », l’ « exemple européen » et l’adhésion obligatoire dont parle la pré-candidate PS ? Ce qui n’est pas « acceptable » venant de Nicolas Sarkozy et dans les modalités qu’il propose pourrait le devenir, sous d’autres formes mais avec un contenu analogue, sous un gouvernement PS. D’autant plus que la notion de droit de grève n’est pas la même dans tous les pays de l’Union Européenne.

                    Les lobbies « pro-européens » comme la Fondation Robert Schuman sont très clairs quant à leur perception de la « situation française » en matière de droit de grève. Un texte du printemps 2003, paru sur le site de cette Fondation, se plaignait d’une « paralysie engendrée par une poignée de grévistes dans les transports publics français ». Les milieux décideurs français « réfléchissent à la question des grèves » depuis longtemps. Dans un article du 23 juin 2004 paru dans Le Figaro, Nicolas Lecaussin, chargé d’études à l’IFRAP et rédacteur en chef de la revue Société Civile, soulignait : « Concernant le droit de grève, tous les Etats le prévoient mais il est très réglementé, voire impossible à exercer, comme en Allemagne ou en Autriche. En Espagne et en Grande-Bretagne, les grèves à caractère politique sont interdites, tandis que les grèves dites »de solidarité« , consistant à cesser le travail en vue de soutenir une revendication professionnelle ou économique concernant des groupes autres que ceux qui sont en grève, font l’objet de réglementations très strictes. C’est seulement en France et en Italie qu’un syndicat représentatif peut, à lui seul, décider d’une grève. Ailleurs, comme en Allemagne et au Danemark, les syndicats décidant la grève doivent représenter un certain pourcentage des salariés, jusqu’à 75% de l’autre côté du Rhin. De même, dans certains pays, la décision de faire la grève doit être votée à bulletin secret pour éviter les pressions sur les salariés. » Ségolène Royal et la direction du PS le savaient très bien, lorsque la majorité de ce parti (notamment les Hollande, Royal, Jospin, Lang, Strauss-Kahn...) a fait campagne pour le TCE au printemps 2005.


                    • CP (---.---.160.176) 4 septembre 2006 22:24

                      Justement, cette partie manquante de l’article qui vient d’être rétablie dans un commentaire est très utile pour mettre en évidence le double jeu du PS, notamment le morceau :

                      « ... Car comment concilier vraiment le droit de grève »individuel« avec le »syndicalisme de masse« , l’ »exemple européen« et l’adhésion obligatoire dont parle la pré-candidate PS ? Ce qui n’est pas »acceptable« venant de Nicolas Sarkozy et dans les modalités qu’il propose pourrait le devenir, sous d’autres formes mais avec un contenu analogue, sous un gouvernement PS. D’autant plus que la notion de droit de grève n’est pas la même dans tous les pays de l’Union Européenne. »

                      En effet, ce n’est pas du tout pareil, y compris dans des pays où gouverne souvent la sociale-démocratie. D’ailleurs, dans Les Echos d’aujourd’hui Chèréque répond à Sarkozy :

                      http://www.lesechos.fr/info/france/300033559.htm

                      « C’est incroyable : au moment où le Premier ministre ouvre un débat sur le dialogue social, un ministre d’Etat vient fustiger les syndicats sur un comportement marginal, tout en regrettant leur faiblesse. Où est la logique ? Il faut absolument, pendant cette campagne électorale, si on veut lui donner du sens, laisser tomber les propos de circonstance, sinon la France va revivre la catastrophe du 21 avril 2002. A notre dernier congrès, nous nous sommes engagés à réfléchir à tout autre mode d’action avant de recourir à la grève. Ce n’est pas très malin de chercher querelle sur ce sujet.... »

                      Les « grèves dures » relèvent donc d’un « comportement marginal » pour le secrétaire général de la CFDT et, finalement, ils sont tous d’accord pour qu’il n’y ait plus de grèves.

                      Dans un autre interview,

                      http://www.lesechos.fr/info/france/300033557.htm

                      François Fillon prend pour exemple le Parti Socialiste espagnol :

                      « L’idée est de nous inspirer de ce qui a été fait en Espagne : faire accepter aux partenaires sociaux un CDI moins contraignant en contrepartie de la suppression du CDD. »

                      Le PS amènera donc à peu près les mêmes choses que l’UMP.


                      • Sam (---.---.219.22) 4 septembre 2006 23:35

                        La mise en synergie d’informations sur diverses personnalités et leurs affiliations éclaire très nettement et les inclinations et les limites de notre personnel politique, comme des syndicats et de la presse. Travail de synthèse et de mise en perspective remarquable.

                        Bravo, on souhaiterait plus souvent des articles de ce niveau sur AV.


                        • Jacques Adam (---.---.18.18) 5 septembre 2006 01:51

                          « François Fillon prend pour exemple le Parti Socialiste espagnol : »L’idée est de nous inspirer de ce qui a été fait en Espagne : faire accepter aux partenaires sociaux un CDI moins contraignant en contrepartie de la suppression du CDD.« Le PS amènera donc à peu près les mêmes choses que l’UMP »

                          Pas d’accord du tout sur la dernière phrase !!

                          C’est un membre de l’UMP et non des moindres qui, me semble-t-il a popularisé l’idée : « les promesses n’engagent que ceux qui y croient »

                          Et les propos de F. Filion, alors là, vraiment, je crois pas du tout qu’ils seraient mis en oeuvre par la droite si elle est aux affaires en 2007 ! Parce que le « faire accpeter » hein, c’est du flan ! Sarlkozy voudra imposer un contrat unique qui sera rejeté par les salariés et leurs syndicats car favorisant trop les amis sarkoziens du MEDEF et on aura une fois de plus l’épreuve de force dela rue.

                          Voyez coment Sarkozy a fait pour l’« immigration choisie ». Lui qui s’était engagé à concerter avant de prendre toute décision, n’avait consulté aucun pays africain avant de proposer sa loi sur l’imigration choisie... d’où le tollé africain et le voyage de sarkozy en Afrique après que l’image de la France en ait pris un sacré coup...

                          Donc ne croyez surtout pas que sarkozy tentera de « faire accepter » Ce n’est pas dans le caractère de l’homme...

                          Par contre, c’est vrai que quant j’entends des socialistes (dont Royal) parler de concertation j’ai plus envie de les croire parce que c’est une notion bien ancrée dans la mentalité dez gens de gauche. La synthèse socialiste après un congrès, tant décriée par d’aucuns, c’est cela : de la cogestion sur un projet... Négocier et cogérer les socialistes savent faire. Voudront-ils le faire mieux que par le passé, c’est tout l’enjeux de leur éventuelle réussite s’ils parvenaient au pouvoir.

                          Sarkozy et l’UMP savent, eux, mettre les gens en situation d’aller défiler dans la rue... ce n’est pas la même chose...


                          • Jacques Adam (---.---.18.18) 5 septembre 2006 02:05

                            Ah, je dois ajouter une chose... en lisant le NouvellObs, je tombe sur cette dépêche

                            Grèves : Royal scandalisée par les propos de Sarkozy

                            http://permanent.nouvelobs.com/social/20060904.FAP9745.html?1903

                            PARIS (AP) — « C’est un vrai scandale ! » Ségolène Royal a jugé « très choquants » les propos tenus la semaine passée par Nicolas Sarkozy, qui a proposé d’instituer un vote à bulletin secret en cas de grève pour « en finir avec la dictature de certaines minorités ». « C’est très choquant », « oser dire que le droit de grève c’est une dictature des minorités, c’est un vrai scandale, c’est vraiment un mépris par rapport à l’histoire de France », s’est insurgée lundi la candidate probable à l’investiture socialiste lors de l’émission « Le Franc-parler » sur France-Inter et i-Télé. « Qu’un leader français ose dire que le droit de grève porte atteinte à l’intérêt des entreprises, est une dictature, par rapport à des pays qui se battent aujourd’hui, où des hommes et des femmes meurent, perdent leur vie pour conquérir ces droits sociaux, oui c’est un vrai scandale », s’est-elle indignée. Jeudi dernier, à l’occasion de l’Université d’été du MEDEF à Jouy-en-Josas (Yvelines), le président de l’UMP a proposé d’instaurer un vote à bulletin secret dans les entreprises en cas de grève « pour en finir avec la dictature de certaines minorités ». AP

                            Alors Royal et Sarkozy c’est la même chose ?


                          • (---.---.94.25) 5 septembre 2006 10:11

                            Je vois que le jeu des deux poulins sarkosy et royal qui ne sont que des pions aux services des lobbys economique amusent la classe moyenne

                            En france le monde syndical est tenu par les fonctionnaires qui ont la garantie de l’emploi On est bien en france a une democratie de facade....


                          • Mizo (---.---.70.192) 5 septembre 2006 10:20

                            « Et les propos de F. Filion, alors là, vraiment, je crois pas du tout qu’ils seraient mis en oeuvre par la droite si elle est aux affaires en 2007 »

                            Et les propos d’un Hollande ou d’une Royal, que valent-ils ? Lorsqu’ils posent en exemple le syndicalisme des pays d’Europe à tradition social-démocrate, que cherchent-ils à faire passer par la bande ? La partie coupée de l’article (espérons qu’elle sera bientôt rétablie) l’explique très bien en se référant au rappel d’un « expert » de droite en 2004 :

                            « Concernant le droit de grève, tous les Etats le prévoient mais il est très réglementé, voire impossible à exercer, comme en Allemagne ou en Autriche. En Espagne et en Grande-Bretagne, les grèves à caractère politique sont interdites, tandis que les grèves dites »de solidarité« , consistant à cesser le travail en vue de soutenir une revendication professionnelle ou économique concernant des groupes autres que ceux qui sont en grève, font l’objet de réglementations très strictes. C’est seulement en France et en Italie qu’un syndicat représentatif peut, à lui seul, décider d’une grève. Ailleurs, comme en Allemagne et au Danemark, les syndicats décidant la grève doivent représenter un certain pourcentage des salariés, jusqu’à 75% de l’autre côté du Rhin. De même, dans certains pays, la décision de faire la grève doit être votée à bulletin secret pour éviter les pressions sur les salariés. »

                            Et le commentaire final de l’auteur sur ce rappel :

                            « Ségolène Royal et la direction du PS le savaient très bien, lorsque la majorité de ce parti (notamment les Hollande, Royal, Jospin, Lang, Strauss-Kahn...) a fait campagne pour le TCE au printemps 2005. »

                            paraît d’autant plus juste que les « socialistes » européens n’ont pas empêché l’adhésion à l’Union Européenne d’un Etat comme la Pologne qui est tout sauf claire matière droit de grève. Voir :

                            http://www.coe.int/t/f/droits_de_l%27homme/cse/5_situation_par_pays/Pologne_Fiche_2005.asp

                            L’article 6.4 que la Pologne n’a pas signé garantit :

                            « le droit des travailleurs et des employeurs à des actions collectives en cas de conflits d’intérêt, y compris le droit de grève, sous réserve des obligations qui pourraient résulter des conventions collectives en vigueur. »


                          • Mizo (---.---.70.192) 5 septembre 2006 10:23

                            « L’article 6.4 que la Pologne n’a pas signé garantit... »

                            Il s’agit, bien sûr, de la Charte Sociale Européenne qui, vraiment, n’est pas grand-chose matière contenu. Mais même ce texte est « difficile à signer » pour le gouvernement polonais.


                          • Mizo (---.---.70.192) 5 septembre 2006 10:29

                            J’ai aussi oublié de changer le titre de mon dernier commentaire. Ceci étant, c’est vrai que le PS et la « droite », ce n’est pas pareil. Au fond, le PS est pire.

                            Si Mitterrand avait rallié un parti de « droite », on lui aurait aussitôt sorti toutes ses casseroles et peu d’électeurs auraient voté pour lui. Mais avec le PS, tout le monde a fermé sa gueule avant les élections de 1981 et 1988.

                            Lire : « La main droite de Dieu », Seuil 1994.


                          • jeantho (---.---.22.209) 5 septembre 2006 12:15

                            Comme le signale l’article, la manière dont la mobilisation contre le CPE et le CNE en est restée au CPE et a été aussitôt stoppée est très suspecte.

                            Précisément, l’« exemple » espagnol est intéressant.

                            Le PS français dit être contre le CNE, mais le commissaire du gouvernement qui en octobre 2005 a obtenu du Conseil d’Etat le rejet du recours des centrales syndicales contre le CNE, Christophe Devys, est un ancien conseiller technique de Jospin devenu ensuite directeur du cabinet de la OUIste Marylise Lebranchu. Cette dernère fonction fut clairement politique.

                            Il me semble, avec tout le respect dû au magistrat, que Christophe Devys aurait pu se récuser, vu le caractère très politique du dossier. Mais il ne l’a pas fait. Les avocats des centrales syndicales ne semblent, non plus, l’avoir récusé. Alors qu’ils auraient pu plaider que, vu la situation globale en Europe, le défense du TCE comportait la prévision d’une casse du Code du Travail français.

                            Alors, la question est : que donnera le PS aux patrons en échange d’un retrait du CNE ? En Espagne, ça a été l’ « assouplissement » des CDI. La droite fait peur, la « gauche » rassure tout en « stabilisant » la même politique que la droite a amorcée. Ce sont deux composantes d’un même rouleau compresseur qui, depuis bientôt vingt-cinq ans, n’arrête pas...


                          • david (---.---.188.62) 5 septembre 2006 11:44

                            La Tribune : SNJ et SDJ protestent contre une « censure » visant Ségolène Royal lundi 04 septembre 2006 - 21h04 heure de Paris

                            Discours de Ségolène Royal à Florac (Lozère) lors du festival de le rose, le 3 septembre 2006 © AFP Anne-Christine Poujoulat PARIS (AFP) - Le syndicat de journalistes SNJ et la Société des Journalistes de La Tribune protestent contre une « censure » exercée, selon eux, sur les résultats d’un sondage publié lundi dans le quotidien économique qui plaçait Ségolène Royal en tête des candidats à la présidentielle pour les questions économiques et sociales. Le sondage CSA publié lundi par La Tribune sur les Français et la rentrée économique, comportait une question sur la confiance accordée aux candidats à la présidentielle en matière économique et sociale qui donnait Ségolène Royal en tête à 54 % devant Nicolas Sarkozy (49%) et Lionel Jospin (33%).

                            Cette question n’a pas été publiée lundi, ce que le SNJ et la SDJ qualifient de « censure ».

                            François-Xavier Pietri, directeur de la rédaction de La Tribune, interrogé par l’AFP, assure qu’il n’y a pas eu censure et que cette question sera publiée mardi, au côté d’un entretien avec François Hollande sur les sujets économiques et d’un article sur l’entrée en campagne de Lionel Jospin.

                            « Si on avait donné la réponse sur Ségolène Royal avec le reste du sondage, les médias se seraient focalisés sur ce point, occultant le fond du sujet », estime M. Pietri.

                            Selon le SNJ et la SDJ, les pages étaient prêtes dimanche avec cette réponse et M. Pietri a « donné l’ordre » tard dans la soirée « d’enlever toutes les informations (infographie comprise) concernant cette question ».

                            Pour le SNJ, selon son communiqué, cet acte a « gravement compromis la crédibilité et par voie de conséquence l’avenir de (notre) quotidien ».

                            De plus, « au moment où ce journal -en pleine restructuration et en pleine crise financière- traverse une période de fortes turbulences avec le lancement prochain d’une nouvelle formule présentée comme celle de la dernière chance, il ne pouvait y avoir pire comportement », poursuit le texte.

                            Dans un communiqué interne distinct, le bureau de la Société des Journalistes dénonce une « censure tardive et incompréhensible » et s’interroge sur le « crédit de La Tribune aujourd’hui, alors que l’intégralité du sondage est publié sur le site de l’institut CSA ».

                            Pour la SDJ, « un tel cas de censure, à l’ouverture de la campagne présidentielle, jette le doute sur la neutralité de la Tribune et inquiète gravement la rédaction ».


                            • (---.---.22.209) 5 septembre 2006 11:57

                              Il y autant de grands patrons de « gauche » que de « droite », et de toute façon tous ces gens se retrouvent ensemble dans les grands réseaux d’influence.

                              Cette dépêche est bidon, et ce n’est pas très sérieux de la part d’un quotidien d’économie de se focaliser sur des sondages. Jamais des promesses électorales en matière économique n’ont été respectées. La « rigueur », ce fut Mauroy ; l’ « austérité », lui et Fabius, etc...


                            • jeantho (---.---.22.209) 5 septembre 2006 12:01

                              « ...ce journal -en pleine restructuration et en pleine crise financière-... »

                              Est-ce si étonnant, que des journaux « sur l’économie » qui se mettent à jouer aux sondages soient en crise ? Du moment qu’ils prennent les lecteurs pour des crétins, comme le fait la presse conventionnelle, et qu’on finit par y trouver à peu près la même chose, c’est normal qu’ils aient les mêmes problèmes financiers.


                            • praxis (---.---.198.201) 5 septembre 2006 15:39

                              Ce qui m’inquiète dans ce genre d’article politique, c’est la faiblesse de l’analyse : on en reste à une vague théorie du complot (droite et gauche tous d’accord en secret pour nous museler). On tire les citations pour souligner ce qui se ressemble et oublier ce qui diffère. On fini par dire que tout est dans tout.
                              Finalement, on en reste au leitmotiv de LE PEN avec son système UMPS. C’est effrayant quand l’extrême droite et la gauche dite radicale pensent de concert...


                              • (---.---.4.89) 5 septembre 2006 16:25

                                Oui, enfin... La politique est une gigantesque arnaque, mais on n’a pas le droit de le dire parce que ça dérange quelques dames et messieurs à la soupe ou qui rêvent d’y être et qui peuvent hurler très fort.

                                La discours soi-disant contre la « théorie du complot » est une vieille intox qui date de la période Mitterrand. Après, on a pu apprendre par des ouvrages comme « La main droite de Dieu » jusq’où pouvaient aller les magouilles de la classe politique. Mais si on les ressort, c’est semble-t-il « crier au complot »...


                              • wwww.jean-brice.fr (---.---.145.237) 5 septembre 2006 16:51

                                Tout cela est bien beau, mais il y a les REALITES. En temps de crise, c’est à dire de chomage de masse comme en ce moment, ce sont les salariés qui en font les frais : par contre, lorsque l’activité est ascendante, les salariés peuvent se défendre. On l’a bien vu aux USA pendant la seconde guerre mondiale. Donc la première chose à faire est de rechercher les ou la CAUSE de la situation dans laquelle le monde se trouve : pour cela, je vous conseille de cliquer RUEFF Jacques ou de le lire, c’est mieux ...


                                • (---.---.48.202) 5 septembre 2006 19:59

                                  Mais la première urgence reste tout de même d’informer les citoyens suffisamment sur les politiques qui leur mentent, les ont déjà arnaqués et se préparent à refaire le coup après les élections de 2007. De ce point de vue, l’article est excellent.


                                • Mizo (---.---.81.97) 5 septembre 2006 21:44

                                  Pour répondre à des gens comme praxis (IP:xxx.x68.198.201) 15H39 , parlons un peu des magouilles de Mitterrand et du parti socialiste. C’est triste d’être obligés, à l’heure qu’il est, de leur rappeler ce genre de choses. Mais, visiblement, ceux qui crient à la théorie du complot n’ont aucune envie de lire ce qui ne les arrange pas.

                                  Je « passe » donc le premier chapitre de « La main droite de Dieu ». Mes excuses à ceux qui connaissent déjà, mais visiblement on est en permanence obligés de faire du bruit avec les casseroles de ces gens.


                                  • Mizo (---.---.81.97) 5 septembre 2006 21:54

                                    Je rappelle ici un extrait des débats sur d’autres articles.

                                    Le premier chapitre de « La main droite de Dieu », d’Emmanuel Faux, Thomas Legrand et Gilles Perez, Seuil 1994, est accessible sur la Toile à l’adresse :

                                    http://michel.delord.free.fr/maindroite.pdf

                                    Il retrace la manière dont Mitterrand et le PS, au moment du virage vers la politique dite « de rigueur », ont fabriqué un épouvantail pour que les gens se tiennent tranquilles. Un « complot » ? On ne va pas en faire une question de vocabulaire, mais c’est comme ça que fonctionne le monde politique.

                                    D’abord, on fabrique le « fascisme » : à savoir, promotion médiatique du FN, etc...

                                    Ensuite, on lance un prétendu « antifascisme » et on y attire de plus en plus de militants.

                                    Enfin, on dit aux gens que la démocratie, c’est « ce qu’on a » (le capitalisme, les lobbies politiques et réseaux...) et qu’il faut être bien contents de « l’avoir ». Il faut donc se concentrer sur la « défense de la démocratie » face au « fascisme ». Fini toute mention de la notion de classe sociale, toute dénonciation des réseaux d’influence, etc...

                                    Comme ça, si quelqu’un arrive avec des infos sur le Siècle, la Trilatérale, Bilderberg ou d’autres cercles ou réseaux rassemblant politiques et PDGs, on lui dit que c’est de la « parano d’extrême-droite », que c’est une honte qu’il ait été pêcher ce genre d’infos...

                                    Et c’est avec ce genre d’épouvantails que Mitterrand a créé les mécanismes permettant de figer pendant vingt-cinq ans la classe politique « en place » dont parle l’article.

                                    Suit le début du Chapitre I de « La main droite de Dieu » :

                                    Chapitre I : LA POLITIQUE DU FRONT FORT

                                    Sous chapitre 1 : L’OMBRE DE L’ÉLYSÉE

                                    Au début du premier septennat, un « ami commun » de Jean-Marie Le Pen et de François de Grossouvre met en contact le leader d’extrême droite et le conseiller du président de la République. C’est François de Grossouvre qui est demandeur. « Bien sûr, j’ai accepté, c’était un vrai patriote, explique aujourd’hui Le Pen. On a parlé de la France, de problèmes de politique étrangère, du Maroc, du Liban. Je l’ai rencontré deux fois dans la décennie. Quelque temps avant sa mort, notre ami commun m’avait dit qu’il souhaitait me revoir, et puis ça ne s’est pas fait, il y avait la campagne pour les européennes, on se dit qu’on aurait le temps de le voir après. Aujourd’hui, je le regrette [5]. » Mais François de Grossouvre n’est pas le seul dans l’entourage élyséen à connaître le chef de l’extrême droite française.

                                    « L’unité nationale, ce n’est pas l’uniformité, c’est le pluralisme des opinions, le choc des idées. » Ce 8 mai 1982, Jean-Marie Le Pen écoute le discours que François Mitterrand prononce à Orléans. Il décide de saisir la balle au bond. Le Front national n’en finit pas de végéter : 0,2 % des voix aux élections législatives de juin 1981 et pas mieux aux cantonales de mars 1982. Conséquence : aucune chaîne de télévision n’a pris la peine de se déplacer pour le congrès du FN qui vient de s’achever en cette fête de Jeanne d’Arc. Jean Marie Le Pen n’apprécie pas cette absence. Et il le fait savoir en écrivant à l’Élysée. L’appel présidentiel au respect du pluralisme vient à point nommé.

                                    « Monsieur le président, notre mouvement vient de tenir à Paris son VIe congrès. Si vous ne disposiez, comme moyen d’information, que de la télévision d’État, vous n’en auriez rien su [...]. En effet, cette situation faite aux formations politiques non représentées à l’Assemblée nationale, déjà très injuste avant vous, s’est encore aggravée [...]. » En quelques mots, dans sa lettre du 26 mai 1982, le dirigeant d’extrême droite enjoint à François Mitterrand d’intervenir en sa faveur auprès des directions de chaîne. Encore lui fautil trouver la solution pour que son message soit lu par son destinataire. Jean-Marie Le Pen a une idée en tête : contacter GuyPenne.

                                    Pour le leader du Front national, le conseiller du président de la République chargé des Affaires africaines est une vieille connaissance : tous deux se sont fréquentés dans les années 1953-1954 au sein de la grande UNEF [6]. Jean-Marie Le Pen dirigeait à l’époque la Corpo de droit, sous-ensemble du syndicat UNEF, présidé par Guy Penne. Depuis, ils ne se sont revus qu’une fois, à l’occasion d’un dîner chez le président des étudiants de Dentaire, René Égas.

                                    Coup de fil

                                    " Guy, est-ce que je peux te voir ?

                                    - C’est urgent ?

                                    - Écoute, j’aimerais bien parler de l’Afrique avec toi, parce que je n’y connais rien... Et puis, surtout, j’ai une lettre à faire passer au président, je voudrais te la remettre...

                                    - Passe me voir samedi ! "

                                    Rendez-vous est pris. Le samedi 29 mai 1982 au matin, Jean-Marie Le Pen arrive donc à l’Élysée avec son bras droit Michel Collinot, qui attendra dans la voiture le retour du chef. Au premier étage, le président du Front national tombe sur trois ministres africains qui font antichambre.

                                    Guy Penne surgit

                                    " Ah, t’es là, Jean-Marie ? Entre !

                                    - Je crois que ces messieurs étaient avant moi...

                                    - Vas-y, entre... (Puis, une fois la porte fermée :) De toute façon, ils viennent chercher du fric, c’est toujours pareil [7] ! "

                                    « Dans mon bureau, se souvient Guy Penne, il commence par me dire que son ennemi mortel, c’est Giscard. On en discute un peu, puis il me remet la lettre non cachetée à l’attention du président en me disant : »Écoute, tiens, c’est pour le président. Je te la donne parce que j’ai confiance. J’ai peur qu’en passant par la secrétaire il ne l’ait jamais !« Je lui promets que le président la lira. Et puis on parle de l’Afrique... »

                                    C’est alors que l’amiral Lacoste, futur patron de la DGSE, pousse la porte du conseiller aux Affaires africaines. Guy Penne l’apostrophe en désignant Le Pen :

                                    " Tu vois, celui-là, il faut le mettre au trou !

                                    - Ah non, lui, jamais ! ", répond l’amiral du tac au tac.

                                    Avant de prendre congé, Jean-Marie Le Pen lance une invitation à son interlocuteur : « Viens dîner à la maison, à SaintCloud, un de ces soirs. » Invitation à laquelle Guy Penne ne répondra finalement pas.

                                    A cette date, François Mitterrand a d’autres soucis en tête. Avec son Premier ministre, Pierre Mauroy, il s’apprête à engager la France dans quatre mois de blocage des prix et des salaires. Le débat gouvernemental est tranché. La rigueur commence. Ce premier tournant du septennat annonce une période de vaches maigres pour le PS. Déjà, aux cantonales, la gauche est repassée sous la barre des 50 %, tandis que la droite semblait doucement sortir de son coma du printemps 1981. Les municipales s’annoncent mal pour l’équipe au pouvoir.

                                    (à suivre)


                                  • Mizo (---.---.81.97) 5 septembre 2006 21:57

                                    (suite du Chapitre I de « La main droite de Dieu » de Faux, Legrand et Perez, Seuil 1994)

                                    Sur les conseils de Michel Charasse, François Mitterrand signe, le 22 juin, une réponse écrite à Jean-Marie Le Pen : « Il est regrettable que le congrès d’un parti soit ignoré par Radio-Télévision. [...] Elle ne saurait méconnaître l’obligation de pluralisme qui lui incombe [...]. L’incident que vous signalez ne devrait donc plus se reproduire. Mais d’ores déjà, je demande à Monsieur le Ministre de la Communication d’appeler l’attention des responsables des sociétés Radio-Télévision sur le manquement dont vous m’avez saisi. » Au cours d’un point de presse organisé peu après Michel Collinot salue, au nom du Front national, la « courtoisie du chef de l’État » qui a bien voulu répondre à la missive de Jean-Marie Le Pen. Contrairement, précise-t-il, aux lettes restées sans réponse sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing. La presse écrite se fera l’écho discret de cet échange épistolaire. La courtoisie présidentielle se double d’une grande efficacité. Dès le lendemain, mardi 29 juin l’invité du journal du soir de TF1 en direct sur le plate est... Jean Marie Le Pen !

                                    Entre la lettre de François Mitterrand et cette interview télévisée, une semaine seulement s’est écoulée. L’Élysée n’a pas perdu de temps. Coup de téléphone à Georges Fillioud. Le ministre de la Communication est chargé de faire passer le message aux présidents de TF1, A2 et FR3, qu’il va bien réunir, comme il le fait régulièrement. L’intervention du chef de l’État est justifiée par un laconique : « Il convient dans souci d’équité de ne pas oublier le Front national. » Chacun enregistre la consigne tout en expliquant l’absence d’invitation faite, jusqu’à ce jour, au leader du Front national par la faible représentativité du parti [8].

                                    La première chaîne, alors publique, se montre la plus zélé Son PDG, Jacques Boutet, répercute l’injonction au directeur de la rédaction, Jean-Pierre Guérin. Annik Beauchamps et Alain Chaillou, présentateurs du journal de 23 heures, sont aussitôt convoqués. < Boutet s’est encore aplati, leur dit Guérin résigné, on n’a pas le choix. Il faut interviewer Le Pen. > D’abord interloqués, les deux journalistes répliquent :« D’accord, mais je te préviens, on va se le payer [9] ! » Annik Beauchamps se souvient de s’être fait imposer la présence du président du Front national : « C’était en fin d’après-midi, Alain Chaillou et moi-même, nous avons reçu l’ordre d’inviter, pour le journal de 23 heures, Jean-Marie Le Pen, et c’était un ordre suffisamment précis pour qu’on soit obligés d’y obéir [10]. »

                                    Avec le recul, Annik Beauchamps et Alain Chaillou expliquent pourquoi ils ont cédé : « Il faut reconnaître qu’à l’époque Le Pen ne faisait peur à personne, il était complètement marginal. Et puis on n’allait pas démissionner pour cela. » Seul à ne pas se souvenir des pressions politiques qui ont entouré cet épisode, Jacques Boutet. Un trou de mémoire que ses fonctions actuelles de président du Conseil supérieur de l’audiovisuel peuvent en partie expliquer.

                                    Dans les couloirs de la Une, c’est la stupeur. Daniel GrandClément, rédacteur en chef de la chaîne, vient en effet de découvrir par l’AFP le contenu de la lettre de François Mitterrand. Il tend la dépêche au chef du service politique, Roger-Xavier Lanteri, et éclate

                                    " On ne va tout de même pas donner la parole à ces cons-là !

                                    - Mais non, temporise Lanteri, on est journalistes et on ne les invitera que si c’est justifié. "

                                    Tous deux ne savent pas encore que Jean-Marie Le Pen est déjà prévu sur le plateau du dernier journal.

                                    Coïncidence, le direct avec le dirigeant d’extrême droite a lieu le soir d’un mini-remaniement ministériel. Pierre Dreyfus et Nicole Questiaux quittent l’équipe Mauroy. Pierre Bérégovoy, alors secrétaire général de l’Élysée, fait son entrée. Jean-Pierre Chevènement coiffe désormais un vaste ministère de la Recherche et de l’Industrie. Placé de fait en opposant privilégié, Jean-Marie Le Pen commente ce changement à chaud devant les caméras : « François Mitterrand est un grand manouvrier. Avec ce remaniement, il vire large. Cela démontre que le président veut prendre la barre en main dans la tempête qui s’annonce. »

                                    Retour à l’actualité. Le journal roule sur quelques sujets l’étranger, le Liban, puis réapparaît le chef d’extrême droite, introduit par cette question sans détour

                                    " Le président est un homme que vous connaissez bien, monsieur Le Pen, puisque vous lui écrivez. Alors, il paraît que vous êtes mécontent de la télévision, qui est pourtant indépendante ?

                                    - Il n’y a pas de télévision libre en France. Mais plutôt qu’à 23 heures je voudrais parler aux Français soit à midi, soit à 20 heures. Bref, pas quand ils dorment. En tout cas, je vois que cette lettre porte ses fruits. François Mitterrand réussit à se faire obéir. J’espère seulement que je serai réinvité en septembre pour notre grande fête des Bleu-Blanc-Rouge.

                                    - La prochaine fois, monsieur Le Pen, passez-nous un petit coup de fil, ça ira plus vite, lui conseille Alain Chaillou avec ironie.

                                    - Mais c’est ce que je fais et ça ne marche jamais [...] [11]. "

                                    Opération réussie pour Le Pen. En quelques minutes d’interview, il a su évoquer sa « rareté » dans les médias et les démarches nécessaires pour s’y faire inviter. Avec sa faconde et son style rentre-dedans, le président du Front national a surpris. Mieux, il est devenu pour de nombreux journalistes un « bon client ». Roger-Xavier Lanteri, présent sur le plateau, ne s’en cache pas : « Il a vraiment été très bon, c’était du spectacle. » Un nouveau réflexe apparaît. Sous l’impulsion du pouvoir politique, Jean-Marie Le Pen fait son entrée dans la sphère médiatique. Par la petite porte certes, mais le pas est désormais franchi. Bel exploit pour un homme qui règne sur 1500 militants tout au plus, dont 2 permanents, Michel Collinot et sa femme.

                                    A la radio comme à la télévision, les apparitions du Front national se multiplient. Journal de 13 heures sur TF1 le 7 septembre, journaux de 20 heures sur TF1 et A2 le 19 septembre à l’occasion de la fête des BAR [12], de nouveau sur la Une le 30 octobre et, enfin, le lendemain, la Deux livre un extrait brut d’un discours de Jean-Marie Le Pen sur la « lutte antimarxiste » .

                                    (à suivre)


                                  • Mizo (---.---.81.97) 5 septembre 2006 21:59

                                    (suite du Chapitre I de « La main droite de Dieu » de Faux, Legrand et Perez, Seuil 1994)

                                    Autre rendez-vous aussi couru qu’inespéré : le célèbre « Tribunal des flagrants délires », animé par Claude Villers sur France-Inter. « C’est la première fois que le service public m’offre la possibilité de m’exprimer pendant plus d’une heure », reconnaît d’ailleurs à l’antenne le dirigeant du Front national. Émission mémorable entre toutes. Violent réquisitoire du procureur Desproges, plaidoirie caustique de l’avocat « le plus bas d’Inter », Luis Régo : l’invité est malmené, on rit de lui, on rit avec lui. Mais, c’est là l’important, Le Pen n’effraie pas.

                                    La série continue au moment des élections municipales de mars 1983. Par deux fois en six semaines, Yves Mourousi convie Jean-Marie Le Pen dans son journal de la mi journée. « Il y a incontestablement un mouvement boule de neige dans une telle succession d’interviews, constate le politologue Roland Cayrol. En résulte un effet structurant dans l’opinion en termes d’image et d’impact électoral [13]. »

                                    Mécontentement social, crispation politique à droite et premières désillusions à gauche feront le reste. Verdict des urnes pour le Front national : 11,3 % des voix en faveur de la liste Le Pen dans le XXe arrondissement de Paris, 9,6 % à Roubaix et 5,9 % à Marseille.

                                    A l’autre bout de l’échiquier politique, la Ligue communiste révolutionnaire d’Alain Krivine et Lutte ouvrière d’Arlette Laguiller n’auront pas la divine surprise d’être propulsés sous les projecteurs au nom du « pluralisme des opinions » . Au fil des ans et de la montée en puissance du Front national, François Mitterrand a vu enfler une vague de suspicion sur sa responsabilité. A ceux qui l’accusent d’avoir mis le feu aux poudres lepénistes, le président répond avec la dernière énergie : « Vous me faites un procès politique [14] ! » A l’occasion, il contre-attaque : « Ma vie et mes actes démentent ce soupçon. La calomnie dévoile un terrible désarroi chez ceux qui s’y adonnent. Quand ils en arrivent là, c’est qu’ils sont perdus, qu’ils le savent et qu’ils perdent la tête. Les mots pour eux n’ont plus de sens. Il ne leur reste plus que l’injure. Plus tard, dès qu’on aura le temps, on prendra pitié d’eux [15]. »

                                    Pourtant, l’hôte de l’Élysée ne réfute ni ses promesses écrites à Jean-Marie Le Pen ni les démarches qui les ont suivies : « J’ai bien dit aux postes de télévision de le faire venir [16] », reconnaît le président de la République. Et d’argumenter comme en 1982 sur son devoir « de rassembler tous les Français et de veiller au pluralisme » .

                                    Longtemps ignorée, puis objet d’une tentative d’exploitation politique de la part du RPR en 1984, à l’occasion des élections européennes, la lettre de juin 1982 refait surface huit ans plus tard, sur l’initiative de l’organisation d’extrême gauche Reflex [17]. 10 000 tracts sont lâchés dans les rues de Paris le 14 mai 1990, lors de la manifestation nationale de l’après-Carpentras [18], à laquelle se joint... François Mitterrand !

                                    Quelques semaines plus tard, Philippe Alexandre s’attire les foudres de l’Élysée en évoquant la missive dans sa chronique matinale [19]. Contestant d’abord l’existence même du document, l’Élysée exige un rectificatif sur l’antenne, puis se ravise devant l’évidence. Échange nourri de coups de fil avec le « château », et l’incident est clos.

                                    Lorsqu’on lui demande aujourd’hui s’il a le sentiment de devoir au président de la République ses premières grandes apparitions télévisées d’avant son décollage électoral, JeanMarie Le Pen répond sans hésiter : « Oui, on peut le dire. »

                                    Au-delà des polémiques, le résultat est là. Défiant toute logique, l’ascension médiatique de Jean-Marie Le Pen a précédé son expansion électorale. La reconnaissance avant la légitimité. Une reconnaissance qui, à la lumière de faits précis, datés, prend racine dans une stratégie politique, celle du président. Celle que Pierre Bérégovoy, encore secrétaire général de l’Élysée en juin 1982, avouera plus tard à Franz-Olivier Giesbert : « On a tout intérêt à pousser le Front national, il rend la droite inéligible. Plus il sera fort, plus on sera imbattables. C’est la chance historique des socialistes [20]. » Une confidence que les proches du président reprennent. Maurice Faure, l’ancien ministre de la IVe et de la Ve République, figure du Sud-Ouest radical, complice du président, confie : « Mitterrand est un fameux connaisseur des rouages de la politique, hein ! Les autres ont bien fait ça avec les communistes. Alors, pour le Front national, c’est de bonne guerre [21]... » Paul Quilès, ancien ministre, directeur de la campagne de 1981, doit toute sa carrière à François Mitterrand. Homme à tout faire qui a gravi les échelons de la confiance en un éclair, il entonne lui aussi ce refrain : « Mes réflexions avec lui ont été nombreuses sur le sujet. Elles étaient plus stratégiques que politiques. Mitterrand est assez tacticien pour savoir qu’il faut diviser l’adversaire [22]. »

                                    Bastien Leccia est un mitterrandiste fidèle. II a suivi son ami depuis 1946 dans chacune de ses formations politiques (UDSR, Convention des institutions républicaines, FGDS, PS). Chaque 10 mai, il est convié à l’Élysée pour célébrer avec les « anciens » la victoire de 1981. Lui aussi justifie cette pratique : « Sans Le Pen, la gauche ne serait pas restée au pouvoir pendant dix ans. Mitterrand est un fin tacticien, c’est un champion. C’est une règle, vous savez, diviser l’adversaire. Si vous êtes de gauche, vous ne pouvez qu’être d’accord [23]. » Jean-Marie Le Pen lui-même, s’il ne veut pas accréditer l’idée qu’il doit son ascension à quiconque, reconnaît que François Mitterrand a joué la carte FN et admet ne pas avoir eu à se plaindre de l’Élysée : « On ne peut pas dire que Mitterrand ait été pour nous un président persécuteur. II y a des gens autour de lui et au PS qui s’effraient en me voyant. D’autres disent »On ne va pas le louper, celui-là", et, au lendemain du 10 mai 1981, j’ai eu droit à une vérification fiscale [24] !

                                    François Mitterrand a du phénomène Le Pen une vision bien particulière. Le président de la République ne perçoit pas le leader du Front national comme un véritable danger, mais simplement comme un instrument tactique. Lorsque, au coeur de l’hiver 1984, le porte-parole du gouvernement vient à s’inquiéter de la médiatisation croissante de Jean-Marie Le Pen et demande au chef de l’État de freiner cette dérive, il s’entend répondre : « Ne vous en faites pas, Le Pen, je le connais, c’est rien, c’est un notable ! > En privé, François Mitterrand s’emploie à banaliser le FN : » C’est une force comme les autres. Il ne faut pas avoir peur du Front national > , s’est vu un jour rétorquer un Claude Cheysson [25] inquiet. A l’historien Benjamin Stora, qui exposait ses craintes de voir durer le phénomène Le Pen, le président a répondu sèchement : « L’extrême droite, c’est la droite [26]. »

                                    La stratégie du « coup de pouce » n’est pas niée par l’extrême droite. Alexis Arette-Landresse, conseiller régional d’Aquitaine, démissionnaire du Front national en 1993, resté proche de son président, explique : « Le Pen a considéré que ce serait un mur sur lequel il pourrait rebondir. En fait, il y a eu une instrumentalisation mutuelle. Jean-Marie l’a reconnu. Je lui en ai parlé un jour en tête à tête. Ça ne l’a jamais trompé. Il m’a répondu, un peu à la manière de Mitterrand d’ailleurs : »C’est l’Histoire qui voulait ça« [27]. »

                                    (à suivre)


                                  • Mizo (---.---.81.97) 5 septembre 2006 22:02

                                    (suite et fin du Chapitre I de « La main droite de Dieu »)

                                    La proportionnelle intégrale, instaurée pour les élections législatives de 1986, offre au Front national un groupe parlementaire et l’installe dans la durée. Pour Pascal Perrineau [28], le changement de mode de scrutin s’inscrit dans la stratégie du président :

                                    " Avec ces élections, on voit bien la gestion du phénomène Le Pen. On attend 1985, après les cantonales, pour donner un débouché politique au Front. C’est, à ce moment-là, l’utilisation du scrutin proportionnel.

                                    - Cela faisait partie des 110 propositions du candidat Mitterrand en 1981 [29]...

                                    - Oui, mais pourquoi attend-il 1985 pour le mettre en oeuvre ? Et pourquoi cet intégrisme dans le choix d’une proportionnelle intégrale [30] ? "

                                    A la même époque, la stratégie présidentielle poursuit un deuxième objectif, complémentaire du premier : après s’être employé à diviser la droite, il s’agit de ressouder un électorat de gauche en déshérence, en favorisant l’émergence d’un pôle antiraciste. L’opération SOS-Racisme commence. Son symbole, la petite main frappée du slogan : « Touche pas à mon pote ! »

                                    « Tout est parti du petit groupe Filoche [31], tenu par Julien Dray, Didier François, alias »Rocky« [32], et Harlem Désir, explique Benjamin Stora. Ils avaient été très marqués par la Marche des Beurs [33] et se disaient qu’il fallait faire quelque chose. Tous décident d’en parler à leur camarade Jean-Loup Salzmann, dont le père est en poste à l’Élysée [34]. Salzmann en parle au président, qui passe le bébé à Bianco. Et l’affaire est lancée [35]. »

                                    Désormais, tout est piloté de l’Élysée. Jean-Louis Bianco, alors secrétaire général de la présidence de la République, témoigne sans retenue :

                                    « Mon premier contact, c’est Jean-Loup Salzmann. Il m’a dit : »J’ai des amis qui voudraient lancer un mouvement et j’ai même un type pour le diriger, il s’appelle Harlem Désir... Je te jure, c’est son vrai nom !" Je rencontre donc pour la première fois Julien Dray, Rocky, Harlem Désir. On les met en contact avec Pilhan [36] pour la communication. On consulte aussi Marti [37].

                                    - Pourquoi faire appel à des hommes de marketing ?

                                    - Parce que c’est la plongée dans les sondages. C’est 83-84, les années noires pour le PS. Mitterrand voit à ce moment-là plein de gens, il commence à les écouter et il donne son feu vert... Pilhan les guide, leur dit : « C’est bon, c’est pas bon ! » Sauf pour l’emblème, la petite main, ça, c’est Rocky [38]. Vous savez, tous les gens qui sont sortis de ces années-là sont des créations de François Mitterrand : Élisabeth Guigou, même « Juju » [39] et Harlem, bien sûr...

                                    - Et votre rôle concret dans le lancement de SOS ?

                                    - Moi, j’essaie de les aider à trouver des financements des ministères [40]. "

                                    Le ministère de la Culture répond à l’appel avec empressement. Ministre des « fêtes » et des « coups » tous azimuts, Jack Lang ne peut pas manquer une si belle occasion. Tout l’art consiste alors à récupérer le phénomène en se présentant comme l’un de ses inspirateurs : « J’ai participé à la Marche des Beurs en 1983. Plus tard, je réfléchissais à organiser moi-même ou à faire organiser un grand rassemblement. Je les ai vus, je leur ai donné un coup de main. Mais l’idée de la Concorde, c’était moi. J’ai bien versé de l’argent, c’était proprio motu et pas sur ordre. D’ailleurs, au début, je n’ai pas compris quels étaient les fils qui allaient de ce groupe à l’Élysée [41]. »

                                    A ce financement public s’ajoute la manne des fonds dispensés par des industriels proches de François Mitterrand, comme Jean Riboud, PDG de Schlumberger, les frères Seydoux, des Chargeurs réunis, et Pierre Bergé, PDG de la société Yves Saint Laurent.

                                    Le cofondateur de SOS-Racisme, Julien Dray, devenu député socialiste de l’Essonne, conteste tout « calcul machiavélique » de l’Élysée à l’époque et affirme même qu’en 1983-1984 « le PS voit SOS comme une divine surprise car il ne sait pas répondre au FN [42] ».

                                    Quel usage politique François Mitterrand peut-il faire de l’instrument SOS-Racisme ? Pascal Perrineau livre l’analyse suivante : « On se redonne du contenu avec SOS-Racisme. Il y a la solution cynique qui consiste à utiliser le Front national pour diviser la droite et en même temps cela permet de ressaisir les socialistes et les déçus du socialisme en leur redonnant une identité et des valeurs. On se retrouve grâce à un diable xénophobe. François Mitterrand, pour sa part, a toujours privilégié une lecture cynique du Front national [43]. »

                                    Notes :

                                    5. Entretien avec les auteurs, ler juin 1994.

                                    6. Sur ces relations estudiantines, voir Gilles Bresson et Christian Lionet, Le Paris, Éd. du Seuil, 1994.

                                    7. Cette scène nous a été restituée par les deux protagonistes (Guy Penne, le 13 mai 1994, et Jean-Marie Le Pen, le 27 mai 1994).

                                    8. Cette scène nous a été racontée par Georges Fillioud le 10 juillet 1990

                                    9. Cette scène est racontée par Annik Beauchamps. Entretien avec les auteurs, 10 septembre 1990.

                                    10. Entretien avec les auteurs, 6 novembre 1992.

                                    11. Extrait sonore des archives de l’INA.

                                    12. La fête des Bleu-Blanc-Rouge est la fête annuelle du Front national.

                                    13. Entretien avec les auteurs, 20 septembre 1990.

                                    14. Entretien avec les auteurs, 9 octobre 1990.

                                    15. Interview au Monde, 20 juin 1990.

                                    16. Entretien avec les auteurs, 9 octobre 1990.

                                    17. Association ayant pour objet de " lutter contre le racisme, le fascisme, les idées et pratiques sécuritaires et xénophobes > .

                                    18. Le 10 mai 1990, plusieurs tombes du cimetière de Carpentras sont profanées par des inconnus. L’émotion est grande dans toute la société française.

                                    19. Sur RTL.

                                    20. Le Président, Paris, Éd. du Seuil, 1990.

                                    21. Entretien avec les auteurs, 25 avril 1994.

                                    22. Entretien avec les auteurs, 26 mai 1994.

                                    23. Entretien avec les auteurs, 8 mars 1994.

                                    24. Entretien avec les auteurs, l-juin 1994.

                                    25. Entretien avec les auteurs, 11 février 1994.

                                    26. Propos rapportés par Benjamin Stora. Entretien avec les auteurs, 22 février 1994.

                                    27. Entretien avec les auteurs, 28 octobre 1993.

                                    28. Directeur du Centre d’études de la vie politique française (CEVIPOF), à l’Institut d’études politiques de Paris, Pascal Perrineau est l’auteur du Front national à découvert, en collaboration avec Nonna Mayer, aux Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1989.

                                    29. La proposition n°47 prévoyait : " La représentation proportionnelle sera instituée pour les élections à l’Assemblée nationale, aux assemblées régionales, aux conseils municipaux pour les communes de 9 000 habitants et plus. Chaque liste comprendra au moins 30 % de femmes. >

                                    30. Entretien avec les auteurs, 17 mars 1994.

                                    31. Gérard Filoche, leader de la Ligue communiste révolutionnaire, est à l’époque le mentor de Julien Dray, Didier François et Harlem Désir.

                                    32. Didier François est aujourd’hui grand reporter à Libération.

                                    33. Entre octobre et décembre 1983, à la suite de crimes racistes dans le quartier des Minguettes à Vaux-en-Velin (banlieue est de Lyon), est organisée, de Marseille à Paris une grande marche « pour l’égalité et contre le racisme ». Plus de 100000 personnes sont à l’arrivée dans la capitale.

                                    34. Charles Salzmann est chargé à cette époque des sondages et statistiques au cabinet de François Mitterrand.

                                    35. Entretien avec les auteurs, 22 février 1994.

                                    36. Ex-directeur de stratégie à l’agence RSCG (cofondée par Jacques Séguéla), Jacques Pilhan est, avec Gérard Colé, à partir de l’été 1984, le conseiller en image du président de la République.

                                    37. Claude Marti conseille divers hommes politiques, dont Michel Rocard, pour leur stratégie de communication.

                                    38. L’agence de Jacques Pilhan, Temps public, réalise le projet de la petite main.

                                    39. Surnom affectueux de Julien Dray.

                                    40. Entretien avec les auteurs, 14 avril 1994

                                    41. Entretien avec les auteurs, 20 avril 1994.

                                    42. Entretien avec les auteurs, 9 février 1994.

                                    43. Entretien avec les auteurs, 17 mars 1994.


                                  • Mizo (---.---.81.97) 5 septembre 2006 22:05

                                    Ce qui suit est également tiré des débats sur d’autres articles.

                                    A propos des relations de Mitterrand, voici aussi des extraits d’un article de Thierry Meyssan publié par le Réseau Voltaire,

                                    http://www.voltairenet.org

                                    le 3 mars 2004. Du moment que c’est toujours sur la Toile, c’est qu’il n’a pas été attaqué en diffamation. Suit l’extrait :

                                    Antisémitisme et anti-maçonnisme

                                    Histoire secrète de L’Oréal

                                    par Thierry Meyssan

                                    http://www.voltairenet.org/article12751.html

                                    Le géant de la cosmétique, L’Oréal, vient d’annoncer la restructuration de son capital. Ainsi disparaît le holding de contrôle créé par Eugène Schueller pendant la Seconde Guerre mondiale. Le fondateur du groupe était aussi l’un des grands financiers du complot de la Cagoule et du nazisme français. A la Libération, la société et ses filiales étrangères servirent de refuge aux criminels en fuite. Aujourd’hui, l’héritière du groupe, Liliane Bettencourt, est devenue la femme la plus riche de France. L’histoire du groupe éclaire la face cachée de la politique française contemporaine. (...)

                                    L’Oréal est aujourd’hui évalué à 43,6 milliards d’euros. Les Bettencourt détiennent 11,99 milliards ; Nestlé 11,5 milliards ; les 20,11 milliards restants flottants en Bourse. La fortune personnelle de Lilliane Bettencourt, héritière du fondateur de L’Oréal, était estimée en 2002 à 17,2 milliards d’euros. Ce qui en fait la personne la plus riche de France.

                                    (...)

                                    Le 6 février 1934, en réaction à un retentissant scandale politico-financier, les ligues d’anciens combattants de la Grande guerre manifestent devant la Chambre des députés à Paris pour obtenir la démission du gouvernement Daladier. Sous l’impulsion des fascistes, le rassemblement tourne à l’insurrection et tente de renverser la République au profit du colonel de La Rocque qui refuse le rôle qu’on veut lui faire jouer.

                                    Divers autres échauffourées surviennent dans les semaines suivantes, y compris une tentative de lynchage de Léon Blum en marge de l’enterrement d’un historien monarchiste, de sorte que, le 18 juin, le gouvernement prononce la dissolution des ligues. Immédiatement, un groupe de militants fascistes, pour la plupart issus de la XVIIe section des Camelots du roi, rompt avec le philosophe monarchiste Charles Maurras et décide de passer à la clandestinité. Ils constituent l’Organisation secrète d’action révolutionnaire nationale (OSARN). Il y a là autour d’Eugène Deloncle, Aristide Corre, Jean Filliol, Jacques Corrèze, bientôt rejoints par Gabriel Jeantet, François Méténier et le docteur Henri Martin.

                                    (...) Quoi qu’il en soit, l’OSARN se structure rapidement en groupes locaux et en système hiérarchisé extrêmement cloisonné, de sorte qu’en dehors des chefs, les membres de l’organisation ignorent tout de son ampleur, de ses objectifs réels, des moyens et soutiens dont elle dispose. Certaines cellules du complot, dont les Chevaliers du glaive, dirigés à Nice par Joseph Darnant et François Durand de Grossouvre, adoptent un rituel et un costume inspirés du Klu Klux Klan états-unien, ce qui vaudra à l’OSARN d’être désigné par les monarchistes sous le sobriquet de « La Cagoule ».

                                    Ami intime d’Eugène Deloncle, Eugène Schueller met ses moyens personnels à disposition du complot. Plusieurs réunions de l’équipe dirigeante se tiennent dans son bureau au siège de L’Oréal.

                                    Un groupe de jeunes gens, résidant à l’internat des pères maristes (104, rue de Vaugirard à Paris), fréquente les chefs du complot et se joint à certaines de leurs actions sans pour autant adhérer formellement à l’OSARN. Il s’agit de Pierre Guillain de Bénouville, Claude Roy, André Bettencourt et François Mitterrand.

                                    Robert Mitterrand, frère de François, épouse la nièce d’Eugène Deloncle.

                                    (...)

                                    Si une partie des « cagoulards », hostiles à la domination étrangère, rejoint de Gaulle, la plupart d’entre eux se félicite de la victoire du fascisme et s’engage dans la Collaboration. En septembre 1940, Eugène Deloncle et Eugène Schueller créent le Mouvement social révolutionnaire (dont l’acronyme MSR se prononce « aime et sert ») avec le soutien de l’ambassadeur du Reich, Otto Abetz, et l’approbation personnelle du chef de la Gestapo, Reinhardt Heydrich. Les réunions de la direction du MSR se tiennent au siège de L’Oréal (14, rue Royale à Paris).

                                    Le programme de l’organisation indique « Nous voulons construire la nouvelle Europe en coopération avec l’Allemagne nationale-socialiste et tous les autres nations européennes libérés comme elles du capitalisme libéral, du judaïsme, du bolchévisme et de la franc-maçonnerie (...) régénérer racialement la France et les Français (...) donner aux juifs qui seront conservés en France un statut sévère les empêchant de polluer notre race (...) créer une économie socialiste (...) qui assure une juste distribution des produits en faisant augmenter les salaires en même temps que la production ».

                                    Première application de ce programme, Deloncle organise le plasticage de sept synagogues parisiennes, dans la nuit du 2 au 3 octobre 1941.

                                    Subsidiairement, une organisation dans l’organisation est créée avec l’aide du SS Theo Dannecker, représentant Adolf Eichmann : la Communauté française dont le but est de « libérer complètement (la France) de ces ferments de corruption que sont les juifs et les Francs-maçons ». C’est ce groupe secret qui organise la spoliation des juifs souvent au profit personnel de ses membres. Parmi eux, on relève Jacques Corrèze déjà cité et Jean Filliol, le tueur de la « Cagoule ».

                                    Quant au jeune André Bettencourt, il devient le patron français de la PropagandaStaffel. Il est placé sous la triple tutelle du ministre de la propagande, Joseph Goebbels, de la Wehrmacht et de la Gestapo. Il a la haute main sur toutes les publications françaises, qu’elles soient collaborationnistes ou nazies. Il dirige lui-même La Terre française, une publication explicitement nazie destinée aux familles rurales, qui préconise la rééducation des intellectuels décadents par le retour forcé à « la terre qui ne ment pas ». Il y emploie l’agronome René Dumont. Par ailleurs, Bettencourt offre régulièrement les colonnes de ses journaux à Schueller.

                                    La solution Bettencourt

                                    Le 15 février 1941, à la demande de la SS, le MSR de Deloncle fusionne avec le Rassemblement national populaire (RNP) de Marcel Déat. Le patron de L’Oréal, Eugène Schueller, devient la personnalité économique de référence. Son livre, La Révolution de l’économie, se classe dans les ouvrage de référence du fascisme français.

                                    Le 15 juin 1941, dans son discours au congrès de l’organisation au Palais de la Mutualité, il appelle à « une révolution préliminaire à la fois d’épuration et de redressement » qui ne peut « être que sanglante. Elle consistera tout simplement à fusiller vite cinquante ou cent grands personnages ».

                                    Le 22 juin 1941, le Reich attaque l’Union soviétique. Deloncle et Schueller décident de créer la Légion des volontaires français (LVF) pour combattre le bolchévisme sur le front de l’Est et de la placer sous l’autorité de Jacques Corrèze. Tous ses membres prêtent serment d’allégeance au führer.

                                    Ils tentent de s’appuyer sur cette puissante formation armée pour éliminer leur adversaire politique Pierre Laval et leur allié et néanmoins rival Marcel Déat. Le 27 août 1941, à l’occasion d’une cérémonie de départ d’un contingent de la LVF sur le front russe, ils organisent un double attentat au cours duquel Laval et Déat sont blessés.

                                    Le 20 décembre 1941, André Bettencourt, qui n’ignore rien des débats en cours à Berlin, écrit dans l’éditorial de Noël de La Terre française : « Un jour, trente ans plus tard, les juifs s’imagineront pourtant gagner la partie. Ils avaient réussi à mettre la main sur Jésus et l’avaient crucifié. En se frottant les mains, ils s’étaient écriés : « que son sang retombe sur nous et nos enfants ». Vous savez d’ailleurs de quelle manière il est retombé et retombe encore. Il faut que s’accomplissent les prescriptions du livre éternel ».

                                    En effet, quelques jours plus tard la Conférence de Wansee décide la « solution finale » : des millions de personnes vont être exterminées dans le plus grand secret.

                                    (...)

                                    (fin de l’extrait)


                                  • (---.---.12.17) 6 septembre 2006 11:56

                                    même s’il dit des choses vraies, ce reseau voltaire n’est pas crédible. C’est un maître en désinformation ...


                                    • Niveleur (---.---.1.34) 6 septembre 2006 13:10

                                      Mais en ce qui concerne l’Oréal, s’il n’y a pas eu d’attaque en diffamation, c’est que LES FAITS RAPPORTES SONT VRAIS.

                                      Quant à l’ouvrage « La main droite de Dieu », il n’est pas du Réseau Voltaire mais de trois journalistes qui ont recueilli une quantité énorme de matériel, y compris un interview de Mitterrand. Le livre a été publié en 1994, en vie de Mitterrand, qui ne lui a opposé aucun démenti. Il n’y a eu aucune attaque en diffamation.

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