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Accueil du site > Actualités > Politique > Sarkozy-Villepin, l’automne en pente douce avant un hiver meurtrier (...)

Sarkozy-Villepin, l’automne en pente douce avant un hiver meurtrier ?

Après la furtive trêve estivale, la passe d’armes entre Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy, avec la rentrée et donc le retour aux réalités politiques, a repris ses droits et repart de plus belle. De ce duel, peut-il sortir du bon ou du mauvais ?

 

Avec la rentrée, la trêve estivale entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin semble oubliée. Bien loin. Une trêve précaire. Il faut reconnaître que durant l’été, le soleil, la plage, les beaux jours, la détente, tout se prête aux bonnes intentions, à une réconciliation, à la politique de la main tendue ! Loin du quotidien et des enjeux nationaux. Mais avec la rentrée, les bonnes résolutions estivales ont vite cédé face à la pression électorale et à la perspective de la présidentielle. Avec le retour aux réalités politiques et à leurs enjeux, les habits de respectabilité que chacun avait revêtu craquent. Des habits trop étroits pour des desseins aussi ambitieux ! Donc, fin de la farce.

Ceux qui pensaient que la relation conflictuelle entre les deux hommes appartenait au passé avaient juste oublié une chose, et de taille : aucune paix n’avait été signée. Donc, pas de signature de traité d’armistice ! C’était, en effet, juste une trêve. Chacun avait décidé de déposer les armes d’un commun accord, mais de façon délimitée dans le temps.

Comment expliquer cette reprise des hostilités ? Et peut-elle être utile pour le pays ? Pour la droite ? Ou au contraire, néfaste ?

Ce duel est positif s’il en résulte une émulation créatrice. Autrement dit, s’il suscite une véritable concurrence de projets et d’idées nouvelles pour la France.

Il est négatif, autrement dit destructeur, s’il est l’expression exclusive d’une lutte d’ambitions, d’egos, de vanité, bref se réduit à un combat de chefs en mal d’autorité, de personnes animées par la seule motivation de conquérir le leadership, la succession chiraquienne. Destructer par là-même à double titre.

D’une part, pour la France, car ce sera une perte de temps. Au lieu de créer les conditions d’un débat fertile donc utile sur les problèmes et les solutions concernant les principales préoccupations des Français, on en restera à une démarche stérile.

D’autre part, désastreux au niveau politique, car cette division, cette lutte à couteaux tirés profitera aux adversaires, même si le plus dangereux, le Parti socialiste, est, lui-même, confronté à une rivalité de personnes sans précédent, et incarne le contre-exemple de l’unité. Une ambiance de guérilla, qui pourrait à la longue lui coûter la victoire en 2007.

Ce n’est que le début du bras de fer. Il devrait s’intensifier au cours des mois à venir. Aucun des deux ne cèdera, car chacun jouera sur sa légitimité - populaire et militante pour Sarkozy, de chef de gouvernement et fort d’un bilan globalement positif (croissance, emploi), même s’il cache de nombreux vices dans la présentation, pour Dominique de Villepin.

Ainsi, chacun maintenant affine sa thématique. Celle de la rupture pour Nicolas Sarkozy, qui, sur certains sujets, carte scolaire, monde du travail, traduit une réelle volonté de changer les choses en profondeur, et vite. Celle du « changement dans la continuité » pour Dominique de Villepin. En d’autres termes, oui aux réformes, mais sans rompre avec le passé et certainement pas en imposant la méthode Coué. Dominique de Villepin préfère la politique des petits pas sûrs à la grande bousculade avec le risque de choir à tout moment. Dans les sondages ? Cela va sans dire.

Chacun vise les mêmes objectifs, mais les moyens diffèrent. Idem pour les valeurs et les idées. Face à l’hégémonie sarkozyste, Dominique de Villepin ne veut pas capituler, se déclarer hors course. Ainsi, il fait entendre une autre voix, histoire de tester l’opinion publique.

Mais jusqu’où ira ce duel, et surtout la détermination du premier ministre, car il connaît ses faiblesses face à son concurrent ? Et elles sont, tout de même, sur le papier, de taille, voire fatales pour espérer se positionner comme un candidat sérieux à l’Elysée.

Cependant la campagne n’a pas encore commencé. Et à l’instar de la Coupe du monde de football, ce ne sont pas forcément les favoris d’avant la compétition que nous retrouverons en finale. Un exemple que Dominique de Villepin doit garder précieusement en tête, et qu’il doit se répéter tous les jours (devant la glace), pour y croire jusqu’au bout, pour reprendre une de ses expressions favorites, employée à propos de son travail à Matignon.


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11 réactions à cet article    


  • tartator (---.---.52.177) 6 octobre 2006 12:29

    Il est fort à parier que les boules de neiges seront lestées à la caillasse, gare à celui qui va se les ramasser dans la figure....et tant qu’à faire autant terminer en beauté en coulant la droite avec de bien belles histoires cachées d’un côté comme de l’autre...le boulevard ainsi ouvert va profiter à qui ? je ne pense pas que la gauche en tirera quelque chose de plus de ce combat entre deux êtres, deux clans qui s’opposent ouvertement depuis 1995. Chirac hait sarko, et villepin de même...ils vont tout faire pour lui pourrir sa candidature, quitte à laisser la france à besancenot, krivine ou le pen....


    • odlhp (---.---.63.161) 6 octobre 2006 14:22

      il est possible que le clan Chirac appelle a voter ps au deuxième tour (si le ps est présent bien sur), du moins, à tout sauf sarkozy. Ca ne serait pas la première fois...


    • Professeur Couillon (---.---.178.243) 6 octobre 2006 16:57

      Que ces deux là se détestent cordialement n’est pas une nouveauté, chacun étant le bâton dans la roue des ambitions de l’autre. Est-ce bon pour la droite ? Probablement pas. Pour la gauche ? Pas forcément et la gauche aurait tout intérêt à ne compter que sur ses propres forces et sur ses propositions pour gagner en 2007. Pour la France ? Tout dépendra des conséquences que cela aura en mai prochain. Si cela devait favoriser la candidature de Le Pen, ce serait inquiétant, mais l’hypothèse doit être envisagée : s’il se trouve certainement du côté chiraquien des électeurs qui préféreront Bayrou ou même le PS à Le Pen, il s’en trouve tout autant, et peut-être davantage, dans la clan sarkozyste pour se sentir plus proches des thèses frontistes que du centre ou de la gauche. Mais si cela devait néanmoins donner un coup de pouce à la gauche et porter le PS au pouvoir, ce ne serait pas forcément mauvais pour pays, tant il est caricatural de parler du bilan « globalement positif » (expression comiquement empruntée au vocabulaire stalinien) de Villepin : les chiffres du chômage sont moins bons qu’on le dit, si l’on tient compte de la situation démographique, (sans parler des radiations administratives pour ne pas polémiquer) ; la croissance est un phénomène européen auquel le gouvernement n’a pas apporté grand chose (je ne suis même pas sûr que la croissance française soit au moins égale à la croissance de la zone euro) ; la situation sociale n’a pas cessé de se dégrader depuis 2002, et la précarisation de l’emploi n’y fait rien ; le bilan de la politique sécuritaire lui-même est très mitigé, les violences contre les personnes, y compris non crapuleuses, n’ayant jamais été aussi nombreuses qu’aujourd’hui.


      • Sam (---.---.242.184) 7 octobre 2006 18:28

        « Professeur Couillon », c’est un joli pseudo ; ça me plaît bien.

        Une remarque en passant, qui n’engage pas vos propos, ni mon appréciation de ceux-ci que je n’ai pas encore lus.

        Bonjour chez vous. smiley


      • Ar Brezonneg (---.---.101.49) 6 octobre 2006 20:56

        Dans les « diners enville », certains analystes et journalistes politiques de grands journaux en arrivent même à envisager un « duel » LE PEN / ROYAL au second tour. LEPEN etant devant tous les autres !... Et ROYAL deviendrait président de la République, Car l UMP donnerait l ordre de voter ROYAL au second tour pour « effacer » LE PEN !


        • David972 (---.---.73.191) 7 octobre 2006 04:23

          Le PEn au second tour est possible mais ce n’est pas crédible. Surtout qu’il y aura un vote utile...


          • FredSud37 (---.---.114.163) 7 octobre 2006 14:20

            « Je l’affirme parce que c’est un engagement du Gouvernement : EDF et GDF ne seront pas privatisés. (.....) Le Président de la République l’a rappelé solennellement lors du Conseil des Ministres au cours duquel fut adopté le projet. Mieux, le Gouvernement acceptera l’amendement du Rapporteur prévoyant de porter de 50 à 70 % le taux minimum de détention du capital d’EDF et de GDF ».

            Nicolas Sarkozy à l’Assemblée Nationale le 15 juin 2004.


            • (---.---.175.155) 7 octobre 2006 17:44

              Avant de faire des pronostics, attendons de voir si LE PEN aura les 500 signatures : SARKOZY le tient en partie et tache de récupérer sa clientèle ...


              • FredSud37 (---.---.114.163) 7 octobre 2006 18:55

                La preuve en vidéo : ICIsmiley


                • malin (---.---.156.78) 8 octobre 2006 21:28

                  nous avons du souci à nous faire s’il est élu


                  • (---.---.52.177) 10 octobre 2006 16:21

                    Je pense que dans ce cas, le souci sera de courte durée, son élection sera le prélude à une révolte du peuple, à moins que tout le monde ne partage les opinions du cyclope...le FN n’a pas l’envergure d’un parti capable d’administrer la France, ses élites n’ont pas la grandeur nécessaire à cette tâche, il lui faudrait faire appel à des « compétences extérieures »....et le petit nicolas n’a pas encore sorti toutes ses crasses, il doit en avoir encore de bonnes dans son chapeau d’ici la fin de l’année...il n’est pas à l’intérieur pour rien

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