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Ségo pour, Sarko contre, valse ou tango

Mme Royal vient d’être désignée candidate officielle du PS par un vote que personne n’aurait imaginé, tant sur la forme que sur le fond, au lendemain du 21 avril 2002. Ce n’est pas un programme qui a gagné mais une image, une façon de faire, une méthode. A l’UMP, la méthode et le discours de la rupture (même si celui-ci ne s’appuie sur rien de très précis tant les promesses de ruptures sont légion) ont aussi permis à M. Sarkozy de s’imposer différemment, puisqu’il a d’abord pris le parti, pensant que celui-ci lui confierait la candidature de droite.

Si les choses restent en l’état (et c’est rarement le cas dans les élections présidentielles de la Ve République), il y a fort à parier que le futur président de la République sera Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy. (Qu’ils se retrouvent au deuxième tour face à face n’est pas sûr du tout, mais il est certain que celui qui sera opposé à Jean-Marie Le Pen au deuxième tour sera quasiment automatiquement élu). Dans notre époque de communication à outrance, l’allure et le choix des mots ont complètement annihilé le contenu (d’autant plus que très peu de gens croient à la force du contenu, puisque tout se fait dans l’urgence, donc dans la communication).

Maintenant que les deux challengers annoncés sont presque face à face, que va-t-il se passer ?

Une des premières évidences est que la politique sécuritaire dure va être en vogue en France dans les prochaines années. Aucun des favoris ne fait dans l’angélisme passé et le mot sauvageons de Jean-Pierre Chevènement va bientôt passer pour une bienveillante expression pour nommer de jeunes agités de banlieue.
Paradoxalement, Sarko et Ségo étant sur la même longueur d’onde répressive, peut-être seront-ils tentés de se démarquer l’un de l’autre par l’annonce de mesures préventives ou éducatives innovantes.
En relation avec ce qui précède, un des autres aspects intéressants à observerau cours des mois prochains sera le choix du futur premier ministre, dans le programme des candidats. Les favoris opteront-ils pour un renforcement de leur ligne propre, ou pour une alliance avec un autre bord de leur parti ou une autre pensée de leur famille politique, par peur de ne pas rassembler assez dans leur propre camp ou par envie de se démarquer de l’autre ? Là encore, le dilemme du prisonnier va être réexaminé par les entourages politiques et nous assisterons peut-être à une sorte de valse d’alliances en fonction des actions de l’autre.
La première de ces valses sera peut-être d’ailleurs le mode de désignation du candidat de l’UMP. Cette formation peut-elle se permettre de désigner son candidat, comme Nicolas Sarkozy le souhaitait jusqu’à présent, alors que le PS, parti beaucoup plus traditionnaliste, vient de faire une superbe démonstration de démocratie interne ? Avec une candidate maintenant officielle qui fut tout d’abord désignée par l’opinion, le PS a placé (peut-être involontairement) l’UMP devant la nécessité de prouver que les choses ne sont pas dans un parti dictées par avance par son appareil.
La question principale derrière tout cela sera de savoir quel style (ou peut-être est-ce de la tactique ;-)) va gagner, car nous avons deux méthodes opposées. D’un côté, Ségolène Royal "positive", ne répond pas aux attaques, énonce ses idées et tente de rassembler autour d’elle le plus grand nombre possible de gens. En face, Nicolas Sarkozy provoque, et se crée des opposants pour mieux rallier et tenir son camp. On voit jusque dans l’analyse des mots et locutions employés dans leurs discours que Mme Royal existe pour et que M. Sarkozy existe contre.
Les deux tactiques ont leurs avantages et inconvénients. En cas de situation difficile, les Français cherchent souvent un sauveur, et préfèrent en général ceux qui sont contre le système établi, source des problèmes. Dans les autres cas, on est siffisamment fatigués des schtroumpfs grognons et des empêcheurs de tourner en rond, pour préférer ceux qui construisent et proposent.
Bien entendu les politiques sont trop malins pour ne pas le savoir, et les multiples études qualitatives qu’ils utilisent leur en disent bien plus.
On peut donc être sûr que le discours changera d’ici les élections pour passer par des phases où Nicolas Sarkozy sera plus constructif et Ségolène Royal plus "rupturante", mais finalement, et peut-être dans le débat de l’entre-deux tours qui les opposera, on aura quand même face à face une femme qui dégage une image rassurante (allure sage, classique, non ostentatoire, physique régulier, cinquantaine rassurante de mère) et un homme combatif (allure nerveuse, physique un peu torturé). Nicolas Sarkozy ne pourra pas attaquer Mme Royal, car quel que soit le bien-fondé de ses critiques, s’il s’attaque à cette image, il passera pour le méchant. Il devra donc éviter de répéter les erreurs de DSK et de M. Fabius pour débattre différemment, à la limite en copiant la méthode de Mme Royal, c’est-à-dire en délivrant son discours sans prendre en compte sa concurrente et sans même en parler. Sera-t-il capable de ne pas attaquer le premier, et d’attendre patiemment ? Si tel est le cas, Mme Royal aura-t-elle encore quelque chose à dire au-delà de son attitude/image et de sa vitrine du Poitou ? Les débats entre lieutenants et réactions à l’actualité risquent fort de se transformer en tango.
Un troisième personnage pourrait profiter de ce jeu d’images opposées à somme nulle, un personnage avec une image différente... Entre le coq et la poule, pourrait surgir un renard, avec des défauts après tout bien sympathiques. Un personnage rusé, déjà dans le poulailler et bien copain avec tous les animaux de la ferme, qui le trouvent somme toute bien plaisant. Certains le croient édenté, mais ils oublient que pour rafler la mise, l’expérience compte beaucoup, que l’instant de l’attaque est au moins aussi important que la force des jambes, et que les animaux de la ferme sont en majorité de la même génération que lui... Ce rusé renard, à l’image à la fois rassurante et combative, en raison de sa fonction, pourrait bien transformer le tango annoncé en valse à trois temps et faire tourner la tête des danseurs annoncés...

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7 réactions à cet article    


    • Simbad (---.---.198.18) 22 novembre 2006 18:00

      Je suis boulversé. Je ne connaisais pas l’histoire comme peut-etre beaucoup de ce qui voulaient voter pour madame SINISTRE ROYAL. On voit maintenent derriere l’iconne fabriqueé de tout-pieces par les medias asservies le caracter abject ,cinic et avid de pouvoir de Madame Segolene Royal. Peut-etre que Royal s’est un nom predestine a l’absolutisme. Toute l’admiration pour Bernard Hanse et sa famille. Bucur Cornel Strasbourg NE VOUS FIEZ PAS AUX IDOLS !!!


    • Algunet 21 novembre 2006 17:59

      « Ségo pour, Nico contre, valse ou tango », tel aurait du être le titre de cet article par respect pour l’équité à moins que ce choix ne démontre une touche affective pour l’une et une touche limite fachisante pour l’autre.

      D’autre part inutile de revenir sur les débats du PS qui faisaient plus que friser le ridicule tant leur réalisation était faite pour éviter que les caractères des candidats ne se révèlent (tristes monologues...). 3 mois de prises de tête avec les médias pour permettre à 200 000 adhérents de choisir leur candidat !

      Pour l’UMP qui va choisir son candidat lorsque la date prévue par ce parti début janvier arrivera à échéance la question sera peut-être de savoir s’il faut débattre en public pour monopoliser les médias comme l’a fait le PS. Ce n’est pas sûr, mieux peut-être faut’il un vrai débat avec ses opposants politiques que risquer de se déchirer au sein du parti si près des élections.


      • Alain (---.---.34.142) 21 novembre 2006 18:03

        Voilà donc un remake de la bande des 4 avec la bande des 2 smiley Analyse intéressante et c’est vrai que Ségo et Sarko se complètent beaucoup plus qu’on ne croit. Vont-ils ainsi, au delà de la présidentielle, dominer la vie politique française pendant 20 ans ?


        • Alain (---.---.34.142) 21 novembre 2006 18:05

          Pourquoi absolument un débat ?? QUe l’UMP reste le seul parti de France sans opposition (même au Fn il y a débat) et prouve ainsi que Sarko unit son parti CONTRE les autres smiley) et pour lui ..


          • Cochonouh Cochonouh 21 novembre 2006 18:46

            Encore un article qui parle de Super-Pimprenelle !

            Je ne sais plus où donner du copié-collé ...

            « Nous allons gravir la montagne jusqu’à la victoire et aujourd’hui c’est un beau jour pour partir au combat, car nous sommes portés par un mouvement populaire généreux et heureux qui sent que nous sommes soutenus par une cause qui est plus grande que nous. »

            Mais qu’en pense la jeunesse (Sarko-Zyva) ?


            • pverbois (---.---.85.97) 28 novembre 2006 21:33

              Et c’est reparti ! La diva vient de remporter la Primaire. Les Bonnie & Clyde du PS ont raflé le magot de Tonton, un vrai coup de Jarnac. Chapeau bas ! Les socialistes sont désormais en lévitation derrière leur Madone. Le PS a son élan, son icône ; il ne lui manque plus que la parole ! La foire aux bonnes idées peut enfin commencer. Et voilà que la rengaine médiatique s’est remise en marche depuis une dizaine de jours. On nous ressert le Ségo-Sarko au p’tit déj, le midi, au goûter, au dîner. Vous ne voulez pas du rab ? « Ce soir, petit, c’est la poire ou le fromage. Et si tu ne choisis pas vite, Papi Jean Marie viendra te botter le cul ! » Assez ! Le blanc ou le noir, la droite ou la gauche, le bien ou le mal, la grande muette ou le p’tit dur...c’est stupide ! Fuyons cet enfermement ! Libérons-nous ! Devenons adultes, la voie à suivre est tout autre.

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