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Accueil du site > Actualités > Politique > Ségolène Royal et les sous-marins : barbouzes, officines, et (...)

Ségolène Royal et les sous-marins : barbouzes, officines, et net-campagne

Accélération et guerre des nerfs dans la net-campagne : une vidéo circule sur Internet, visant à mettre en doute la capacité de Ségolène Royal à devenir chef des armées. Analyse de l’opération.

5h49 ce vendredi matin, 26 janvier, un commentaire est déposé sur le blog politique Page2007 :

constitoui a écrit (le nom de serveur pour 90.25.xxx. est un abonné Wanadoo de Rennes) :
A écouter d’urgence : l’interview sur RMC de Ségolène Royal du 24/01/07 à propos de la défense nationale et de nos sous-marins nucléaires ; Peut-on raisonnablement la laisser devenir chef des armées ? Peut-on raisonnablement lui confier l’arme atomique ? C’est surprenant, consternant et inquiétant...
http://www.youtube.com/watch?v=RVgEVbQzRm0
http://www.dailymotion.com/video/x12b3t_sego-et-la-bombe "

Je consulte les URL indiquées : la vidéo n’a été visionnée que quelques fois sur chacun de ces sites. Elle vient d’être déposée. Le travail de viralité commence seulement...


Ségo et les SM

De quoi s’agit-il ? D’un extrait d’interview de Ségolène Royal sur RMC, monté, avec des images de sous-marins et d’explosions nucléaires.

Le journaliste Jean-Jacques Bourdin cherche à la piéger sur une question pointue de défense nationale :

- Bourdin : "Ségolène Royal, on a combien de sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, aujourd’hui ?"
(Le journaliste insiste plusieurs fois, après une première tentative d’évitement de Ségolène Royal).
- Ségolène Royal : "Nous en avons ... euh ... un."
- Bourdin : "Non, non"
- Ségolène Royal : "Deux ?"
- Bourdin : "Nous en avons sept." (*)
- Ségolène Royal : "Oui, sept. Bon..." (rire gêné).

Voici l’original de l’extrait :


Segolene Royal | Sous-marins | RMC

On ne peut savoir si le piège est honnête (travail légitime de journaliste cherchant à mesurer les compétences d’une candidate à la présidence de la République, potentielle chef des armées), ou s’il est partisan (tentative de montrer les failles de la candidate du Parti socialiste, pour servir un autre candidat). Seul Jean-Jacques Bourdin a la réponse à cette question, la nature de sa motivation.

Ce qui m’intrigue, en visionnant en boucle cette vidéo, et ce qui suscite immédiatement les soupçons de mon assistante, Philippine, c’est la qualité du montage, la rapidité de la production et de la mise en ligne.

Philippine décide de publier un deuxième billet, plus engagé. Elle dénonce "une opération d’officines, vraisemblablement sarkozystes" :

"La qualité du montage, la rapidité de la mise en ligne (24 heures après l’entretien sur RMC) laissent planer de sérieux doutes sur l’origine de cette vidéo.
Peu vraisemblable que ce soit un simple militant de l’UMP qui ait, en seulement 24 heures :

1 - entendu cet entretien sur RMC le 24 janvier
2 - réalisé l’enregistrement sonore
3 - réalisé le montage vidéo associant les séquences d’explosions nucléaires.
4 - mis en ligne le tout sur différents sites de vidéos (DailyMotion, YouTube)
5 - lancé une campagne virale pour faire connaître son montage.
Derrière cette opération, très vraisemblablement, doivent se trouver des barbouzes de Sarkozy, cherchant à nuire à la crédibilité de Ségolène Royal.
"

L’accusation pointant du doigt Nicolas Sarkozy est gratuite, sans preuve. Par expérience, je sais qu’un militant peut agir de son initiative, monter une opération, qui, du dehors, semble orchestrée, téléguidée, financée, alors qu’il n’en est rien.

L’analyse de l’adresse IP du posteur de commentaire indique Rennes, comme provenance. Il pourrait s’agir d’une origine militaire : un marin, un sous-marinier, un officier... a connaissance de cette interview, est choqué de la méconnaissance du sujet, et décide, en lançant cette opération, de plomber les chances de Ségolène Royal, pour qu’elle ne devienne pas chef des armées.

Opération de barbouzes ou d’officines spécialisées dans la net-campagne "trash", initiative isolée d’un militant, réaction indignée d’un militaire, voire guerre interne au PS (M. Hortefeux pourrait accuser Jean-Luc Mélenchon)... Les pistes semblent brouillées.

Un élément permet toutefois d’affiner la recherche : "macduc2".
C’est cet utilisateur qui, le premier, diffuse la vidéo sur YouTube. C’est la douzième vidéo qu’il dépose.

Une hypothèse peut déjà être levée : celle du militaire indigné. Ces douze vidéos, postées depuis le 24 décembre, sont soit des vidéos dénigrant Ségolène Royal, soit des vidéos présentant Nicolas Sarkozy sous un jour avantageux.

L’origine paraît claire. A moins d’imaginer un coup tordu de Mélenchon, préparant le terrain depuis un mois pour brouiller les pistes, l’origine c’est l’UMP.

Vraisemblablement, une cellule de net-campagne, professionnelle. Peut-être les équipes d’Arnaud Dassier ou de Thierry Solère ? Sans qu’on puisse écarter un militant isolé, très disponible, très réactif, ayant eu la capacité de produire, d’enregistrer, de monter, et de diffuser lui-même, si rapidement cette vidéo.

Seulement 24 heures après l’affaire des RG, la campagne s’accélère sur le Net, pour déstabiliser Ségolène Royal. Tous les coups semblent permis.

Revenons au contenu de cette vidéo.

Dans sa réponse, Ségolène Royal semble avoir fait une confusion, entre les sous-marins lanceurs d’engins, et le porte-avion nucléaire. On se souvient que dans un autre débat, elle avait fait une confusion entre le nucléaire civil et le nucléaire militaire, concernant l’Iran.
Ses rivaux socialistes aiment pointer du doigt sa méconnaissance des sujets internationaux et de défense.

Est-ce grave pour une candidate à la présidence de la République ? Interrogés aujourd’hui, plusieurs correspondants, de différentes tendances politiques, me disent : "oui". Cette faute sur un tel sujet, selon eux, rend impossible son accession au statut de chef des armées.

Je serais plus nuancé. Ségolène Royal est entourée de réseaux très compétents sur ces sujets. Si elle est élue présidente, nul doute qu’un homme compétent sera nommé à la Défense nationale.

Nous pouvons concevoir que le rôle d’un(e) président(e) n’est pas de tout savoir, mais de savoir s’entourer et déléguer. Ségolène Royal peut rebondir. Les Français peuvent décider de ne pas faire de la connaissance de ces sujets pointus de politique de défense la clef de leur choix.

Sur le fond, ces opérations jouent surtout sur les nerfs des candidats. Seront-ils capables de rebondir face à la multiplication des attaques, de trouver les réponses, de convaincre les électeurs qu’une faute, une méconnaissance, n’est pas si grave, n’est pas l’essentielle ?

Une autre question se pose : celle d’un éventuel effet boomerang pour les lanceurs d’opérations de ce genre.

En 1995, les attaques des Guignols visant Jacques Chirac l’ont rendu sympathique, et ont participé favorablement, contre toute attente, à son élection.
Il se pourrait qu’en cherchant à déstabiliser Ségolène Royal, ses opposants la rendent sympathique, suscitent un mouvement de soutien de la part des Français.

Qui choisiront-ils, entre celui qui lance les attaques, et celui qui est pris en flagrant délit de faiblesse sur un sujet ?

La communication politique n’est pas une science. En définitive, elle repose sur l’incertitude des réactions humaines, sur l’irrationnel de la psychologie.

S’il est difficile de cerner la psychologie d’un peuple, il semble qu’en France, une prime soit donnée à celui qui est attaqué, non à celui qui l’attaque. Si cela est confirmé, les opérations de manipulation comme celle-ci pourraient se retourner contre les manipulateurs, loin de les servir.

Il se pourrait aussi que les deux soient touchés : le manipulateur, et le manipulé. Un troisième homme pourrait alors bénéficier du discrédit mutuel des deux favoris.

* sur le site du ministère de la Défense, sont listés
4 sous-marins lanceurs d’engin, et 6 sous-marins nucléaires d’attaque


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432 réactions à cet article    


  • Papy (---.---.236.115) 26 janvier 2007 18:17

    Et les sous marins ignorés par le grand public !!!


    • space_cowboy (---.---.202.227) 26 janvier 2007 19:30

      Elle pue de plus en plus cette campagne...

      L’UMP joue les repéreurs de bourde... le PS joue la victime perpétuelle !

      Je suis à gauche, j’en ai marre... je déteste sarko, elle m’éxaspère...


    • vraitravailleur (---.---.135.162) 26 janvier 2007 22:13

      L’arrivée des socialistes à la tête de l’Etat fera sans doute brusquement empirer la situation économique de la France. C’est leur démagogie avec les oisifs et les désoccupés qu’il faut dénoncer, mais il est ridicule d’incriminer Ségo-démago-socialocatho de ne pas connaître le nombre de sous-marins nucléaires et de chercher à la piéger avec une question à deux sous.

      Le rôle du chef de l’Etat n’est pas de compter les canons et les bateaux, comme le croient quelques sous-officiers scrogneugneu, mais de savoir juger s’il doit engager le pays dans des expéditions militaires le moment venu.

      C’est aux exécutants, les stratèges de l’Etat-Major, de lui dire ce qu’il est possible de faire et comment.

      Par ailleurs, de même que Mitterand pouvait compter sur son frère Jacques, le général gaulliste, Ségo-démago-socialocatho a, dans sa propre famille, les meilleurs experts militaires du pays, reconnus comme tels du moins dans les milieux concernés, et qui sauraient la conseiller en cas de coup dur, même s’ils ne partagent pas nécessairement ses orientations politiques en général.

      Maintenant, en tout cas, elle saura que la Marine a plus qu’un seul sous-marin nucléaire.

      vraitravailleur


    • ben (---.---.219.84) 27 janvier 2007 11:58

      vote alors marie georges


    • jujubinche (---.---.162.94) 27 janvier 2007 12:31

      Votre honnêteté vous honore. Bayrou ou Sarkozy auraient très bien pu se tromper sur le nombre de sous marins, d’avions, de frégates.

      Il serait sage de retourner à des préoccupations plus politiques au bon sens du terme, ou les principaux candidats vont avoir de graves surprises.


    • François B (---.---.157.177) 27 janvier 2007 13:04

      La solution à votre problème est évidente : Bayrou


    • Yves (---.---.15.126) 27 janvier 2007 16:46

      Bonjour ,

      C’est très grave que Ségolène n’ait pas été capable d’indiquer au journaliste ( qui ne le connaissait pas non plus ... ) le nombre de S.N.L.E. ou S.N.A. de la marine française ... !!!
      - « injustifiable » comme l’a déclaré ALLIOT-MARIE ...

      Autrement plus « grave et injustifiable » ... que le désamiantage du Clémenceau ( qualifié de « déchet flottant » par le Conseil d’Etat ... ) ,
      - géré par MARIE-ALLIOT et la D.C.N. ... , dans la plus totale improvisation ... , en couvrant la FRANCE de ridicule au niveau international ...
      http://www.rtl.fr/info/article.asp?dicid=414706
      http://fr.news.yahoo.com/07062006/5/desamiantage-du-clemenceau-technopure-depose-plainte-pour-denonciation-calomnieuse.html
      - sans même avoir pensé à consulter préalablement les plans du navire ... pour localiser et calculer la quantité d’amiante ( ainsi que rappelé par le Canard Enchaîné du 24 mai 2006 - n° 4465 )
      - et avec un coût conséquent pour le contribuable ...
      http://www.contribuables.org/2006/02/16/clemenceau-un-aller-retour-aux-frais-des-contribuables/

      Ceci étant , pour être juste ... , l’emploi de la vérole flico-barbouzarde ... à des fins personnelles ... , n’est pas spécifique au bastringue R.P.R./U.M.P. ...
      - souvenez vous des écoutes sauvages et illégales réalisées par les porte-flingues du mafieux François MITTERAND ...
      http://fr.news.yahoo.com/08122006/202/ecoutes-de-l-elysee-une-relaxe-requise-et-de-la.html
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_des_%C3%A9coutes_de_l’%C3%89lys%C3%A9e
      - et , également , de l’affaire Dominique ERULIN ( frère du colonel ERULIN du 2ème R.E.P. , qui sauta sur Kolwezi en 1978 ) champion du monde de parachutisme , pilote d’essai , qui a assuré la protection rapprochée d’Alain POHER et de GISCARD ... , et qui fut traqué par les tontons flingueurs de « La Mitte » ... dans le cadre d’une cabale montée de toutes pièces contre lui ...
      http://www.albin-michel.fr/pages/news/recherche/resultat_fiche.php?code_article=86799&code_auteur=&page=livre


    • Yves (---.---.15.126) 27 janvier 2007 17:04

      Il y a manifestement un bug avec le lien sur l’article de Wikipédia sur les écoutes de l’Elysée ... , car l’article existe bel et bien ...
      - donc , tapez sur votre moteur de recherche : Affaire des écoutes de l’Elysée - wikipédia ... et vous l’avez ...


    • Heso (---.---.122.77) 27 janvier 2007 21:01

      VOUS devriez avoir HONTE !! que la video soit instrumentalisé, peut etre. Que le president est entouré de personne competante sur les sujets clefs, peut etre. Mais Il ya quelque chose de grave ici !!!! ELLE NOUS MENT !! elle cherche a bluffer la population francaise quand elle repond avec aplond. 1, puis 2, puis betement 7 ! pourquoi n’a t’elle pas plus humainnement admit qu’elle ne savait pas ? pourquoi n’a telle pas reussit a faire une pirouette ? Vous pensez qu’elle sera capable de NEGOCIER a l’internationnal en privé avec aussi peu de personalité ? si elle se fait manger par un journaliste que vont faire d’elle les autres chefs d’etat ?


    • PasKal (---.---.201.240) 28 janvier 2007 11:00

      Diamnche 28 janvier 2007

      Journal suisse « LE MATIN » - http://www.lematin.ch/

      ÉLECTIONS Nicolas Sarkozy contrôle même la vie privée des journalistes

      - MAINMISE SUR LA PRESSE TRICOLORE -

      LIAISON DANGEREUSE Depuis 2002, Nicolas Sarkozy a placé des hommes à lui dans presque toutes les rédactions parisiennes, dans la presse écrite comme dans la presse audiovisuelle

      Paris Ian Hamel

      Les Français ne connaissent pas la société audiovisuelle ETC (Etudes, techniques et communication). Pourtant, ils ne cessent de voir ses productions à la télévision. C’est cette entreprise, appartenant à l’UMP, le parti de Nicolas Sarkozy, qui filme le candi¬dat Nicolas Sarkozy et qui ensuite vend (ou plus souvent donne) ses reportages aux chaînes de télévision françaises. « Le plus grave, ce n’est pas que Sarkozy organise ses propres reportages, mais que les télévisions acceptent ce procédé car il leur fait écono¬miser de l’argent », proteste un journaliste parisien sous couvert d’anonymat.

      Pourquoi se gêner ? La société ETC jouit d’une excellente réputation profession¬nelle, elle offre des images parfaitement maîtrisées, avec des caméras face à la tribune, sur les côtés, et survolant la foule. Nicolas Sarkozy a même organisé le re¬tour de Cécilia, son épouse, au domicile conjugal. Son photographe a pris soin de prendre les clichés à distance afin de faire croire qu’il s’agissait de photos volées par un paparazzi... Rien d’étonnant à cela. Comme le rappelle Frédéric Charpier dans son livre « Nicolas Sarkozy. Enquête sur un homme de pouvoir » (1), l’actuel ministre de l’Intérieur avait imaginé un temps devenir journaliste

      Les journalistes au pain sec

      Maire de Neuilly, dans la région pari¬sienne, et président des Hauts-de-Seine, le département le plus riche de France, Nicolas Sarkozy courtise de longue date les patrons de presse, qui sont souvent ses administrés, comme autrefois Robert Hersant, propriétaire du Figaro et de 30% de la presse française, et aujourd’hui Martin Bouygues, le patron de TF1, dont le journal télévisé est regardé par 8 mil¬lions de personnes. « Il est non seulement l’ami des patrons de presse, mais il est aussi l’ami des rédacteurs en chef et des chefs des services politiques qu’il appelle tout le temps au téléphone. Sarkozy s’est aussi constitué une cour de sans-grade qui espionnent pour lui à l’intérieur des ré¬dactions, recevant en compensation des informations exclusives ou des promesses de promotion », raconte un enquêteur connu de la presse parisienne.

      Le climat est devenu tellement étouffant que ce journaliste demande non seulement que son nom n’apparaisse pas, mais que son journal ne soit pas mentionné non plus. « Je suis contraint de me méfier de mes propres collègues », déplore-t-il. Ministre de l’Intérieur, à la tête de deux services secrets, la DST et les Renseigne¬ments généraux (RG), Nicolas Sarkozy est un homme tout-puissant. Alors que ses « amis » journalistes sont abreuvés de scoops sur la délinquance ou sur le terro-risme, les autres rédacteurs se retrouvent au pain sec : les policiers ne leur parlent plus.

      Pire, ils découvrent que les Renseignements généraux ne font pas seulement des enquêtes sur les collaborateurs de Ségolène Royal, la candidate socialiste, comme Bruno Rebelle, ancien directeur de Greenpeace. Mais qu’à l’occasion, ils s’intéressent aussi à la vie privée des rédacteurs un peu trop à gauche.

      « UN PROCHE DE SARKOSY VOUS APPELLE AU TELEPHONE ET LÂCHE LE NOM DE VOTRE MAITRESSE, MENACANT DE LE FAIRE SAVOIR A VOTRE EPOUSE SI VOUS NE DEVENEZ PAS DAVANTAGE CONCILIANT AVEC LE CANDIDATE DE L’UMP », s’étrangle un journaliste du Figaro.

      Un proche de Sarkozy que Karl Laské, journaliste à Libération appelle carrément « le lanceur de boules puantes ». Le livre à charge intitulé « Nicolas Sarkozy ou le destin de Brutus » (2), écrit par plusieurs journalistes parisiens sous le pseudonyme de Victor Noir, s’est vendu à plus de 25 000 exemplaires. Il est réédité en livre de poche.

      (1) Frédéric Charpier, « Nicolas Sarkozy. Enquête sur un homme de pouvoir », Editions Presses de la Cité, 304 pages (2) Victor Noir, « Nicolas Sarkozy ou le destin de Brutus », Editions Denoël, 306 pages


    • Georges (---.---.12.124) 28 janvier 2007 19:32

      Quelques nuances :

      L’ex-Clemenceau est une coque agée de plus de 40 ans, constamment modifiée au cours de sa carrière : http://www.netmarine.net/bat/porteavi/clem/index.htm A l’époque on mettait de l’amiante partout, à commencer par les immeubles de logements. Cartographier l’amiante à bord du Clem’ est extrèmement difficile, les plans ne sont pas exhaustifs. Quant à enlever l’amiante qui reste sans totalement démonter le navire, c’est carrément illusoire. A ce titre, accuser ’la DCN’ (qui est devenue ’DCN’ depuis sa privatisation en 2003) est un peu gratuit.

      L’erreur de Michèle Alliot-Marie a été de reprendre le dossier d’un autre : en effet, un navire de guerre désarmé devient une coque, et est transférée aux domaines (ministère des Finances). Soit dit en passant, le Clemenceau a été retiré du service actif en 1997 (voir le même lien plus haut). La gauche plurielle n’a pas fait grand chose pour le dépolluer pendant son mandat de cinq ans... Bien leur a pris, de toute évidence...


    • dégueuloir (---.---.83.237) 29 janvier 2007 00:55

      Nicolas Sarkozy a été ministre du budget, porte-parole du gouvernement et de la communication en même temps. La découpe se fait comme ceci :

      Mars 1993 - janvier 1995, Ministre du budget, Porte-parole du gouvernement, puis chargé, à titre provisoire, d’exercer les fonctions du ministre de la communication (gouvernement Balladur).

      Janvier - mai 1995, Ministre du budget, chargé d’exercer les fonctions du ministre de la communication (gouvernement Balladur)

      Le budget : « Mon premier jouet... »

      L’ex-ministre de l’Intérieur doit en effet une bonne part de sa place en politique à son passage au ministère du Budget, dans le gouvernement d’Edouard Balladur, de 1993 à 1995. A l’époque placé sous la férule - légère - d’Edmond Alphandéry, ministre centriste de l’Economie, il avait laissé un souvenir plus que mitigé. Quand Nicolas Sarkozy prit les rênes du ministère du Budget en avril 1993, il n’avait « pas la moindre idée de la manière dont fonctionnait Bercy, ni même de ce qu’était le budget de l’Etat », confie un de ses proches de l’époque. Mais ce poste de grand argentier de l’Etat, le jeune maire de Neuilly le voulait plus que tout autre : le Budget, c’est la meilleure école pour qui veut se bâtir une stature nationale. C’est là qu’on apprivoise les arcanes de l’Etat. Mais, très vite, les mauvaises nouvelles s’accumulent et le verdict est sans appel : la France connaît sa pire récession depuis la Libération. La croissance, estimée quelques mois plus tôt à 2,5 % du PIB, est en fait sévèrement négative (- 1,3 %), le déficit public (48 milliards d’euros) est deux fois supérieur à celui attendu et la dette s’envole à 375 milliards...

      Toujours les mêmes recettes : « D’abord on dit que l’on va faire plaisir à tout le monde... »

      Nicolas Sarkozy se lance alors dans une politique mixte, de l’offre et de la demande, pour redonner du souffle à l’appareil productif tout en soutenant la consommation, totalement asphyxiée. Une politique de la demande De l’allégement des charges sur les bas salaires des entreprises à la suppression de décalage de remboursement de la TVA, en passant par une réforme fiscale, le relèvement de la contribution sociale généralisée (CSG) et la « balladurette » (prime de mise à la casse des véhicules anciens) ou d’une prime de rentrée scolaire pour les familles dans le besoin, tout le monde y trouve peu ou prou son compte. A l’été 1994, Nicolas Sarkozy semble avoir gagné son pari. La confiance revient, la croissance flirte de nouveau avec les 2 %, le chômage se stabilise à 11,2 % de la population active et le déficit budgétaire est en recul de 4 milliards d’euros. « Les voies du redressement sont tracées et les Français n’ont aucune raison d’être inquiets pour l’avenir », affirme le ministre du Budget, sûr de lui, en plein mois d’août.

      Résultat : en 1995, le déficit budgétaire avait augmenté de 500 millions d’euros, la Sécurité sociale avait replongé dans le rouge, et la dette publique, augmenté d’un tiers, à près de 500 milliards d’euros. Soit une aggravation en valeur, inégalée depuis, de 32 % en deux ans.

      Toujours les mêmes effets : « J’m’en fous, quelqu’un d’autre nettoiera derrière moi ... »

      A son départ, le budget de l’Etat affichait le plus fort déficit de la Vème République. Héritant du bébé, en 1995, Alain Juppé avait jugé le bilan « calamiteux ». Et avait dû corriger le tir par une médecine de cheval en augmentant les prélèvements obligatoires de 17 milliards d’euros. L’erreur de Nicolas Sarkozy est d’avoir financé sa politique pendant deux ans par de l’endettement, et de ne pas avoir commencé à tailler dans les dépenses, comme il s’y était engagé. Les 16 milliards d’euros de recettes de privatisations ont servi à payer les dépenses courantes et non, comme c’était la règle, à résorber la dette. Toujours la même attitude : « Je déteste ceux qui me contredisent car j’ai toujours raison ... »

      Alain Juppé est depuis toujours l’ennemi juré de Nicolas Sarkozy alors qu’il est aussi, ou plutôt puisqu’il est aussi, le chouchou de Jacques Chirac.

      Sarkozy préfère voir l’autre côté des choses : « Lorsque j’étais ministre du Budget, se souvenait-il en janvier, nous avons allégé l’impôt sur le revenu de 19 milliards de francs en 1994. ». Nicolas Sarkozy, dont le frère Guillaume est vice-président du Medef, pourrait se révéler plus proche des demandes patronales que Francis Mer, lui-même ex-grand industriel.

      Bravo Monsieur Sarkozy. S’endetter pour financer une politique irresponsable, voilà pour un premier poste ministériel, un coup de maître. Vos allègements d’impôts n’ont été que de la poudre aux yeux, une supplique pour de la popularité, mais dans les faits, vous savez très bien que :

      - ce ne sont pas des réformes globales de la fiscalité,

      - il s’agit d’annoncer la baisse du seul impôt sur le revenu, accentuant de ce fait le particularisme fiscal de la France concernant ce prélèvement fiscal,

      - « in fine » la baisse et la réforme profitent plus aux riches qu’aux classes moyennes.

      L’augmentation, à l’instigation de M. Sarkozy, du plafond des frais d’emploi d’un salarié à domicile à 90.000 F à compter des revenus de 1995, ouvre droit à une économie d’impôt maximale de 45.000 F et permet le paradoxe suivant : un contribuable ayant 45.000 F d’impôt à payer sera non imposable alors que sa femme de ménage payée au SMIC paiera, elle, de l’impôt si elle est célibataire et qu’elle n’a aucune réduction d’impôt. Cette mesure a permis à certains contribuables d’échapper au taux marginal à 56,8%.

      Pour couronner le tout, la baisse n’aura pas été de 19 Milliards mais de 14 Milliards. Bah ! ce n’est rien de plus que quelques 5 Milliards. smiley


    • dégueuloir (---.---.185.210) 29 janvier 2007 22:05

      Tous ça sont des propos de pilliers de bar(l’UMP sait parler aux « bobos »... !!!) ,cela nous amène tout naturellement à comptabiliser ,aussi et nettement plus important, le nombre de tétes d’apocalypses en fonctionnement sur notre pauvre planète,une épée de Damoclès sur toutes nos tétes.......... selon certaines estimations il y a plus de 30 000 tétes nucléaire(sûrement plus...avec les chinois !!)sans que personne(ou presque) s’en inquiéte,faisons des économies ! neutralisons notre arsenal ,montrons l’exemple ! et après on pourra crier bien fort après tous les pays qui refuseront d’en faire autant. Qui aura des « couilles au cul » pour faire ça et convaincre les autres ? car tôt ou tard il faudra en passer par là car l’utilisation de toutes ces horreurs provoquerait à coup sûr notre suicide...planétaire ainsi que la disparition de toute vie sur terre !smiley


    • dégueuloir (---.---.102.193) 26 janvier 2007 21:06

      Remue-ménage aux Renseignements généraux Le remplacement du patron des Renseignements généraux, proposé par Nicolas Sarkozy, a été annoncé lors du Conseil des ministres du 26 avril 2006.(Photo : AFP) Le remplacement du patron des Renseignements généraux, proposé par Nicolas Sarkozy, a été annoncé lors du Conseil des ministres du 26 avril 2006. (Photo : AFP) Le départ de Pascal Mailhos de la direction centrale des Renseignements généraux français (DCRG), à la tête de laquelle il a été nommé en janvier 2004, ressemble beaucoup à une reprise en main du ministre de l’Intérieur sur ce service très sensible. Nicolas Sarkozy n’était pas favorable au choix de cet ancien préfet mais avait dû s’incliner face à la volonté présidentielle. Après quelques affaires dans lesquelles le travail des RG a été mis en cause (scandale Clearstream, émeutes de banlieues, mouvement social anti-CPE), le ministre de l’Intérieur a réussi à imposer l’arrivée d’un homme de terrain plus proche de ses préoccupations. C’est, en effet, l’actuel numéro 2 du service, Joël Bouchité, un policier, qui reprend les rênes des RG.

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      Une mise à l’écart habillée en promotion. Comme souvent, c’est la nécessité impérieuse de profiter des compétences d’un homme pour mener d’autres tâches qui justifie son départ d’un poste clef, enjeu de pouvoir entre les responsables politiques... Officiellement, Pascal Mailhos est donc appelé à quitter la direction des Renseignements généraux (DCRG) parce qu’il a le profil idéal pour remplir une mission importante à la tête de la direction de la modernisation et de l’administration territoriale. Il n’aurait donc pas démérité mais partirait au bout de 27 mois à la tête des RG, une rotation jugée « normale » à ce niveau. Jean-François Copé, le porte-parole du gouvernement, a déclaré que cette nomination s’était faite de manière tout à fait « classique » sur proposition du ministre de l’Intérieur, avec l’accord du Premier ministre et du président de la République.

      Reste que tout n’est pas si simple. De sa nomination à son départ, le parcours de Pascal Mailhos à la DCRG aura été plutôt chaotique. Imposé par l’Elysée en 2004 pour éviter l’arrivée d’un homme jugé trop proche de Nicolas Sarkozy, Bernard Squarcini (l’adjoint de l’ancien chef de RG, Yves Bertrand), cette décision n’avait pas fait l’unanimité. Plus administratif qu’opérationnel, Pascal Mailhos n’était pas un spécialiste du renseignement. Le choix de le placer à ce poste répondait donc à des impératifs essentiellement politiques et s’inscrivait dans le cadre des rivalités internes de la majorité.

      Du grain à moudre pour Sarkozy

      Son éviction relève de la même démarche. Sauf qu’aujourd’hui, c’est le ministre de l’Intérieur qui reprend la main. Il est vrai que plusieurs événements ont donné du grain à moudre à Nicolas Sarkozy contre Pascal Mailhos. Il y a d’abord eu l’affaire Clearstream dans laquelle un corbeau bien mal intentionné a tenté d’impliquer, entre autres, Nicolas Sarkozy en l’accusant de détenir des comptes occultes au Luxembourg. Même si une enquête a finalement montré que cette dénonciation était infondée, le ministre de l’Intérieur a peu apprécié le manque de discernement des RG sur les tenants et aboutissants de cette tentative de manipulation à partir d’un document truqué.

      Est ensuite venu le temps des émeutes dans les cités de banlieue, au mois de novembre 2005. Là encore, une opposition est apparue entre l’analyse de Nicolas Sarkozy et celle des services de renseignement. Alors que le ministre l’Intérieur avait dénoncé des événements « parfaitement organisés », les RG ont avancé le contraire en parlant d’un mouvement « d’insurrection non organisé » et « d’une révolte populaire des cités, sans leader ». Décidément, l’harmonie n’était pas au menu. Si l’on ajoute à cela, la dernière crise sociale provoquée par le contrat première embauche (CPE), le tableau des désaccords est presque complet. Nicolas Sarkozy a, en effet, reproché à la DCRG de ne pas avoir réussi, là encore, à prévoir l’ampleur du mouvement de contestation. Alors que l’anticipation des crises sociales était l’une des actions prioritaires attribuées au service avec la lutte contre le terrorisme et les dérives urbaines (violence et économie souterraine).

      Dans ce contexte plus que tendu, la sortie du livre du président du Mouvement pour la France (MPF), Philippe de Villiers, Les mosquées de Roissy, dans lequel il publie une note établie, d’après lui, par les RG concernant la présence de nombreux islamistes sur la plateforme aéroportuaire, a certainement représenté la cerise sur le gâteau pour Nicolas Sarkozy. Même si le départ de Pascal Mailhos de son poste était, selon le ministère l’Intérieur, prévu depuis la mi-mars et si les Renseignements généraux ont démenti avoir rédigé ce document, cette polémique n’a certainement pas été pas du goût de Sarkozy, que Philippe de Villiers accuse de dissimuler les faits.

      Un homme de confiance

      La nomination de Joël Bouchité devrait donc permettre au ministre de l’Intérieur d’obtenir un fonctionnement du service qui correspond à ses attentes. Le nouveau directeur de la DCRG est, en effet, un proche de Bernard Squarcini, lui-même lié à Nicolas Sarkozy. Il a effectué toute sa carrière dans la police. Commissaire divisionnaire depuis 1995, il a gravi les échelons dans les services de renseignements généraux en région (Guadeloupe, Corse, Midi-Pyrénées) avant de rejoindre l’administration centrale à Paris. Il s’agit donc d’un homme du sérail. Son arrivée a d’ailleurs été saluée par le Syndicat des commissaires et hauts-fonctionnaires de la police nationale qui a déclaré qu’elle allait permettre de privilégier « l’impulsion opérationnelle plutôt que la gestion administrative ».

      D’autre part, à un an de l’élection présidentielle, le fait de disposer d’un homme de confiance à la tête des RG représente un atout supplémentaire pour le candidat Sarkozy, même si officiellement ce service n’est plus en charge de surveiller la vie politique française...

      par Valérie Gas


    • Jade Jade 26 janvier 2007 21:20

      @ dégueuloir : tout d’abord merci beaucoup pour cet article très instructif ! je me permets de répondre a deux faits

      « Est ensuite venu le temps des émeutes dans les cités de banlieue, au mois de novembre 2005. Là encore, une opposition est apparue entre l’analyse de Nicolas Sarkozy et celle des services de renseignement. Alors que le ministre l’Intérieur avait dénoncé des événements « parfaitement organisés », les RG ont avancé le contraire en parlant d’un mouvement « d’insurrection non organisé » et « d’une révolte populaire des cités, sans leader (...) la dernière crise sociale provoquée par le contrat première embauche (CPE), le tableau des désaccords est presque complet. Nicolas Sarkozy a, en effet, reproché à la DCRG de ne pas avoir réussi, là encore, à prévoir l’ampleur du mouvement de contestation. »

      Concernant les problemes dans les banlieues il était évident qu’il ne s’agissait pas de bandes organisées autour d’un leader mais plutot d’une partie de la population française qui criait son desespoir (meme si je n’excuse pas ce qu’ils ont fait il faut au moins admettre cette raison)..
      Quant aux manifestations de cpe je ne vois pas comment les rg pouvaient imaginer une telle ampleur de réponse des milieus étudiants car tout est venus au fure et a mesure.. la poursuite des grêves étant même votées semaine apres semaine !

      Bref tout ça n’était qu’une raison facile pour sarkoleon 1er de placer un homme a lui a la tete des rg et avoir ce qu’il voulait à savoir le contrôle des renseignements..


    • dégueuloir (---.---.195.146) 27 janvier 2007 01:45

      dégueuler c’est provoquer une réaction en chaine.... bbbeeeuuurkk !!! cette élection se présente comme une gastro........ smiley


    • andree2 (---.---.123.38) 27 janvier 2007 10:25

      Merci de la suite du commentaire. Ces raisons me paraissent plus pertinentes. Cela promet si NS est élu


    • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 27 janvier 2007 11:54

      Pourquoi voter comme un pigeon bien conditionné qui tape automatiquement de son bec un bouton rouge pour avoir du grain ?

      VOTRE COMMENTAIRE SUFFIT !

      Soyez intelligent : ne votez plus sur les commentaires ; exprimez vous par écrit.


    • dégueuloir (---.---.213.219) 27 janvier 2007 16:16

      cot cot cot coooooootttt cot cot ..... smiley c’est vrai Demian,ça ressemble à une basse-cour parfois AV.....COT ...COOOOOÔÔT ... smiley


    • Sam (---.---.203.131) 27 janvier 2007 18:07

      Le Parti de la Mort détenait déjà tous les postes « politiques » importants, à l’exception des régions sous domination socialiste. Et il continue à s’octroyer, via Chirac qui recase ses affidés et Sarkozy ses hommes liges, tous les postes importants de l’administration du pays.

      C’est une mise en coupe réglée, évidemment indigne d’un parti démocratique, qui ne manquera de poser des problèmes au futur gouvernement élu, s’il n’est pas celui de SDNB.

      Sans parler, bien sûr, de l’anti-démocratisme de la méthode qui parle mieux que tous les discours de dénonciation.

      Cela n’est pas vraiment relayé par notre presse, pas plus que le scandale permanent de la carte électorale, ou un député de droite a besoin en moyenne de deux fois moins de voix qu’un député communiste pour être élu.

      Pas plus que la contradiction au jour le jour entre la nouvelle supra-nationalité exercée par l’UE et notre Constitution, qui se voit de facto réduite à servir de marchepied législatif à un pouvoir dont nous n’avons choisi que les contours - et d’extrême justesse - sans avoir le moindre droit de regard sur ce qu’il produit, à commencer par une banque et sa monnaie qui nous offrent une augmentation des prix sans précédent.

      Pas plus que le lobbying feutré mais intense exercé autour des élus des Assemblées par les marques, qui font assaut de propositions de colloques dans de délicats endroits, ou de « voyages d’étude » exotiques à nos chers, très chers élus. Tout celà pour l’indépendance des lois, la rigueur de la représentation nationale et le respect de l’intérêt général.

      Pas plus que la composition surréaliste des Assemblées, si l’on regarde la population française, qui a conduit sans doute à voir les poids lourds de l’élection présidentielle tous à l’ISF, alors que le pays s’enfonce dans une crise toujours plus profonde, à peine observée par la « grande presse » française. Crise qui, corrélativement, frappe cette presse du Marché, si bien ligotée maintenant qu’elle ne peut que chanter « tout va très bien... », tandis qu’elle coule également.

      Et je serai bien aise, si on m’objecte, comme d’ordinaire les tenants du Parti de la Mort le font, que les socialistes, patati tous pourris aussi.

      Parce que pour moi ça ne fait aucun doute, comme ne fait aucun doute que sous la table valse les liasses pour les haut-parleurs qui seraient prompts à taxer de populisme les quelques qui tentent de secouer le cocotier.

      Et je n’oublie pas que, dans cette République qui marche sur la tête et tient des discours d’ivrogne, ou l’insensé le dispute à l’idiot par la voix de ses grands communicateurs, il reste, dans tous les partis sûrement, des hommes de convictions, intègres et courageux.

      Ils constatent, sans doute, comme moi, que même les discours qui prônent le changement sont fallacieux, formatés et au final jetés à la poubelle par ceux qui les prononcent. Que la présence même de ce genre de discours est un gage codé, à ceux qui attendent dans l’ombre, que tout restera bien en l’état, que la continuité s’appuiera bien sur le changement annoncé.

      C’est que de la cave au plafond, la gangrène s’étend. Il ne faut pas attendre qu’elle s’arrête puisque sa fonction c’est de corrompre, il ne faut pas attendre qu’elle se limite, ce serait l’opposé de ses naturelles qualités. C’est la structure même de la République qui est atteinte, ses corps constitués, son mode de renouvellement, les limites institutionnelles qu’elle s’était donnée, les contre-pouvoirs qu’elle avait dressé contre sa puissance même.

      Tout celà, de par l’intense modernité du consumérisme appuyé sur la techo-science, sombre aujourd’hui.

      Et il nous reste nos esprits pour contempler ce désastre et les lambeaux de démocratie pour demander encore, une des dernière fois sans doute, avec que la structure pourrissante nie ses géniteurs, et que nous versions dans le totalitarisme complet, qui nous supprimera pour notre bien le droit de vote, ou le réservera de manière généralisée à « une élite éclairée » qui se cooptera ad vitam aeternam, pour neuf ans ou plus.

      Il nous reste, donc, ce petit bulletin. Il est précieux, il est menacé, soyez-en en sûr, car il est un arme, encore, pour les « classes dangereuses » que le corps dans son entier va bientôt représenter pour une élite de plus en plus restreinte, de plus en plus loin de la démocratie.

      Il faut donc dans cette élection où « la guerre du faux » comme dirait Umberto Eco, fait rage, choisir un homme, une femme, un groupe de citoyens, qui ne soient pas, et n’aient pas été dans le mécanisme du système.

      Ce qui exclut SDNB, Royal, Bayrou, Le Pen, Buffet et bien d’autres.

      C’est dans cette ligne de pensée exclusive que je choisirai mon bulletin.

      Si je ne suis pas trop dégouté par le déroulement de cette campagne, qui va encore s’enfoncer et enfoncer de la manière la plus vile les candidats qui émergeraient et proposeraient autre chose, ainsi qu’une dignité nouvelle, accessoirement.


    • minijack minijack 29 janvier 2007 05:24

      Je suis assez d’accord avec les critiques positives de l’article. En effet, Ségolène sera chef des armées si elle est élue. Et elle n’en a pas l’habitude, c’est entendu. Mais qui en a l’habitude ? Comme dit Ludovic « Ségo avec par exemple DSK au Quai d’Orsay et Chevénement à la Défense (par exemple), c’est beaucoup plus lourd. »

      Ce qui compte n’est pas de savoir le nombre de sous-marins nucléaires. Nombre sur lequel tout le monde n’est pas d’accord, y compris l’Armée qui en annonce 10 ! (4 sm nucléaires lanceurs d’engins + 6 nucléaires d’attaque) Le journaliste qui l’a piégée n’est donc pas plus renseigné qu’elle sur la question !

      Le nombre, est-ce important ? Ce qui compte c’est de donner les bons ordres le jour « J » si jamais on en avait besoin. Et en matière de marine, je préfère une mer calme et une mère résolue même si ignorante des détails comptables, plutôt qu’un tribun tempêtueux frétillant d’impatience.

      A quoi peuvent bien servir 10 sous-marins nucléaires ? Est-ce que demain on va faire la guerre à l’URSS ? Non, elle est déjà morte. A l’Amérique alors ? hum... je me méfie de Bush mais souhaitons qu’on trouve tout de même d’autres voies. Nos 10 unités ne pèseraient pas bien lourd face aux + de 100 de la Navy.

      Ce qu’attendent les français c’est surtout un changement de politique intérieure : sociale, économique, et une avancée de l’Europe sur d’autres bases que l’ultralibéralisme. Bref, Segolène a bien raison de ne pas mettre la Défense au premier plan de ses projets.

      Et puis, est-ce que Jeanne d’Arc avait l’habitude des bouche à feux ? Non, et ça ne l’a pas empêchée de foutre les anglais dehors. Personne n’est omniscient. Ce qui importe c’est le MORAL et la VOLONTE !

      .


    • Aérien (---.---.175.213) 29 janvier 2007 13:40

      Le nombre, est-ce important ? Ce qui compte c’est de donner les bons ordres le jour « J » si jamais on en avait besoin

      Bien sûr que le nombre n’est pas si « important » (quoique...). Ce qui est important, comme certains l’ont souligné, c’est qu’elle a menti.

      Et ça c’est énorme...


    • le morange (---.---.78.33) 26 janvier 2007 18:21

      en ce qui concerne JP Bourdin, des auditeurs lui reprochent réguliérement de faire de l’anti-sarkozysme


      • (---.---.78.33) 27 janvier 2007 05:24

        JJ bourdin plutot


      • zOoO zO 26 janvier 2007 18:23

        Le probleme n’est pas son absence de connaissance sur tel ou tel sujet, car en effet il lui suffira de bien s’entourer.

        Son soucis aujourd’hui est d’apprendre à ne pas répondre aux sujets qu’elle ne maitrise pas. L’art des pirouettes verbales bien connus chez les politiques.

        Je n’aimerais pas être militant socialiste aujourd’hui, car je m’arracherais les cheveux, à voir tous les bâtons qu’elle donne à l’UMP.

        On ne peut pas non plus leur reprocher de les utiliser, le PS ne se gêne pas de son coté pour utiliser tous les moyens tels l’histoire des RG.  smiley


        • Popol (---.---.50.63) 27 janvier 2007 21:52

          Et elle sait super bien s’entourer : Montebourde, Delanoé, Jack Lang... Que des pointures.


        • jebthebear (---.---.112.200) 29 janvier 2007 14:44

          Delanoe est surement le meilleur maire que Paris ait connu !! A part les chauffeurs de taxis qui lui reprochent de ne plus avoir de bouchons (grace aux voies réservées) pour faire augmenter leurs ardoises, je ne vois pas ce qu’on peut lui reprocher ??

          Les JO de 2012 ??

          Jeb


        • bubu83 (---.---.109.153) 26 janvier 2007 18:24

          Ségolène Royal nous montre dans cette video sa totale incompétence à exercer le pouvoir.

          Un futur président doit savoir que notre flotte sous marine se compose de 6 SNA (Sous-Marins Nucléaire d’Attaque) et 4 SNLE(Sous-marins Nucléaire Lanceur d’engins).

          Que les Français ne connaissent pas les capacités nucléaires de leur pays, c’est tolérable. Mais qu’ une personnalité politique engagée dans la course à la présidence ne le sache pas c’est honteux !!

          Personnellement, je ne comprend pas comment on peut envisager de mettre cette femme à la tête de l’Etat.


          • andree2 (---.---.123.38) 26 janvier 2007 19:53

            Elle n’est pas Ministre de la Défense. Il y a des Généraux compétents pour ça. Mais je suis d’accord, elle n’aurait pas dû répondre à la question qui était pernicieuse. Et d’ailleurs le journaliste ne connaissait pas la réponse. Il lui a tendu un piège.


          • bubu83 (---.---.109.153) 26 janvier 2007 20:13

            Elle n’est pas ministre de la défense mais elle se prépare quand même à devenir le chef des armées !!! Elle doit quand même faire un effort.

            Elle a certes été piégée de manière honteuse mais quand on sait pas on se tait.

            Comme on dit : « Mieux vaut se taire et passer pour un con plutôt que de l’ouvrir et ne laisser aucun doute à ce sujet ».


          • Gnole (---.---.192.187) 26 janvier 2007 20:15

            Demandez donc à MAM (sans qu’elle prévoie la question) combine nous avons de frégates ou combien de chasseurs sont opérationnels dans les forces françaises... demander au président de la RATP combien il y a de bus en service dans son entreprise...

            Que des conneries... en plus le « journaliste » se vautre, la France possède 4 SNLE et 1 autre est en construction (donc pas 7)...

            Et en plus Ségo m’exapère, mais faut rester un minimum dans la réalité !


          • dégueuloir (---.---.195.146) 26 janvier 2007 23:13

            prout et prout ! smiley


          • Michel CARRIERE Michel CARRIERE 27 janvier 2007 03:19

            Merci pour la citation de Pierre DAC, elle est à méditer et mettre en pratique. Elle rejoint d’ailleurs celle-ci, du même auteur, « parler pour ne rien dire et ne rien dire pour parler, telle est la devise de tous ceux qui feraient mieux de la fermer avant de l’ouvrir »  smiley


          • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 27 janvier 2007 12:10

            N’importe qui aurait pu faire cette confusion, dans la cadre d’une campagne particulièrement fatigante et dans une conversation non préparée, entre sous-matin et porte avion nucléaires.

            On ne demande pas à un président de la république de toujours savoir répondre automatiquement à tout ; ce n’est pas un disque dur. On lui demande de savoir poser les bonnes questions , d’être à l’écoute des aspirations des électeurs en vue de définir avec eux un problématique intérêt général et, pour les réponses techniques, d’être bien entouré. Je rappelle que, chef des armée, il dispose d’une état-major pour cela. Un président de la république, même chef des armées est un politique et pas un militaire et heureusement pour nous. (De Gaulle a toujours été plus politique au pouvoir que militaire)

            Cette vidéo ne prouve rien d’autre que la mauvaise foi et/ou l’absence de compétence politique confondue avec des compétences techniques de ceux qui l’exploitent.


          • dégueuloir (---.---.213.219) 28 janvier 2007 00:40

            demandez donc à Sarko s’il connait le montant d’un smic....ou du minimum vieillesse......ou combien de CHU en France.....lol smiley


          • clairette (---.---.15.229) 28 janvier 2007 12:08

            @ Bubu 83 : eh bien, vous êtes sûr de connaître tous les bons chiffres ? vous appartenez au ministère des armées ? Ou vous avez lu ces chiffres quelque part ? et vous croyez en leur véracité ? Et les chars Leclerc, on en a combien ? et des véhicules divers, terrestres ou amphibies, combien aussi ? et nos armes de destruction massive ? Vous connaissez tout ça ?

            Je serais d’ailleurs bien étonnée que l’on puisse avoir des chiffres exacts sur le parc et le « patrimoine » de notre belle armée...

            « Il ne manque pas un bouton de guêtre » heim comme en 1870 ? sauf qu’on avait déjà perdu les guêtres et les uniformes...

            Bien sûr il y a des exemples plus récents de l’incurie de notre « grande muette »...

            Mais ça tout le monde les a en tête !

            Bubu, je vous laisse à vos certitudes ! cordialement !


          • clairette (---.---.15.229) 28 janvier 2007 12:32

            @ Sylvain Reboul,

            Tout à fait d’accord avec vos propos ! Pourquoi ne pas lui demander aussi le nombre exact de fusils « le clairon » (je ne sais pas si c’est sa bonne appellation) en état de servir, et aussi le nombre de parachutistes, et de divisions d’infanterie etc... ou de fusiliers marins ? et combien d’avions de chasse, heim ?

            Je trouve que l’on peut piéger n’importe qui avec ce genre de questions !

            Aux divers commentateurs qui se gaussent de la réponse de SR, pourquoii ne vont-ils pas demander au ministre de la santé le nombre exact de CHU ? de centres hospitaliers ? de maisons de retraite ? (c’est un exemple, on peut faire la même chose avec l’éducation nationale sur le nombre de lycées, de collèges, d’écoles maternelles).

            Je pense qu’au train où vont les débats, on va bientôt nous faire un article révélant que SR ne sait pas lire, et qu’elle est obligée d’apprendre par coeur chacun de ses discours ! et si elle n’a pas dit le nombre de sous-marins, c’est qu’elle ne sait pas compter !

            Je m’étais promis de ne plus aller sur ces forums « politiques » ou se défoulent les plus nuls (ceux qui ne connaissent pas grand chose, comme moi, mais qui croient tout savoir... et nous l’affirment haut et fort)... je vais m’y tenir désormais !

            Comme je l’avais déjà dit, plus les attaques volent bas, plus Ségolène (ça y est je l’appelle maintenant par son prénom...) me semble sympathique !


          • le morange (---.---.145.143) 28 janvier 2007 21:59

            Je pense que quand on a la prétention de vouloir devenir président de la république, on se doit de posséder un socle minimal de culture sur certaines thématiques. Quand on aspire à devenir chef des armées, 2 ou 3 connaissances sur l’organisation de la défense et sa pierre angulaire la dissuasion nucléaire, ne sont pas superflues. Là ça fait un peu amateur. Normal qu’elle ne connaisse pas tout mais on aurait pu imaginer que le PS organise des ateliers de remise à niveau pour SR.


          • un passant (---.---.149.70) 26 janvier 2007 18:24

            Que l’attaque soit mesquine, s’il s’agit d’une attaque, ça ne fait aucun doute, mais cela met en évidence que SR semble oublier une chose : mieux vaut dire « je ne sais pas » ou demander que la question soit répétée plutot que dire une bétise. Dans tous les cas, elle m’inquiète : manque de sang-froid ou manque de connaissance des sujets... (ceci dit, ça aurait été amusant/inquiétant de voir NS, confronté aux même questions...).

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