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Accueil du site > Actualités > Politique > Septembre 2011 : les six points de tension de la rentrée scolaire

Septembre 2011 : les six points de tension de la rentrée scolaire

La rentrée scolaire est l'occasion d'un bilan des actions du gouvernement en matière de réformes éducatives. Celui-ci révèle la situation sinistrée du système éducatif français : chacun perçoit à la fois l'échec de l'école à la française, les dégâts durables qui vont être causés, la nécessité absolue d'apporter des réponses et la difficulté de les trouver. C’est, sans doute, la seule bonne nouvelle de la rentrée : l’école et le système de formation de la maternelle à la fac seront au centre de la campagne présidentielle. Terra Nova a souhaité apporter ses éléments de diagnostic en publiant une série de notes consacrées aux enjeux de la rentrée scolaire, au bilan de la réforme du recrutement et de la formation des enseignants, à l’école primaire et aux ZEP. Ces travaux annoncent le rapport du groupe de travail de Terra Nova sur l'éducation, constitué il y a plusieurs mois, et qui, après avoir procédé à de nombreuses auditions, formulera très prochainement des propositions substantielles.

Au lieu de s’attacher à atteindre les objectifs, définis lors du Conseil européen de Lisbonne de mars 2000, et précisés à Barcelone en 2002, de conduire 85 % des jeunes au niveau du baccalauréat, et 50 % à celui de la licence, les politiques publiques conduites depuis lors n’ont eu de cesse de réduire les moyens consacrés à l’éducation, au mépris de toute stratégie d’investissement dans l’avenir.
 
La rentrée scolaire 2011-2012 se déroule dans un contexte de tension exacerbée. Cette note révèle les blocages et échecs des réformes éducatives menées par la droite à travers six points :
 
- Le choix de mettre fin à l’accueil des enfants de 2 ans en maternelle, en échange d’économies d’emplois, a des incidences scolaires et surtout sociales majeures, en freinant l’accès à l’emploi des femmes. Le transfert de la prise en charge de la petite enfance aux familles, communes ou entreprises pénalise les ménages les plus modestes.
 
- La réduction du nombre de redoublements, si elle permet l’économie d’emplois enseignants, se contente de ne traiter que les symptômes, et non les causes, de l’échec scolaire : chaque année, environ 20 % des élèves quittent le système éducatif sans baccalauréat ni premier diplôme professionnel ; le quart le plus faible des lycéens de 15 ans voient leur niveau continuer à baisser. Or la lutte contre l’échec scolaire débute bien en amont, notamment à l’école maternelle.
 
- La faiblesse du taux d’encadrement à l’école primaire est un frein à l’acquisition des compétences, en particulier pour les élèves issus des milieux les moins favorisés. Il est urgent de recréer des emplois, mieux former les enseignants et mieux allouer les moyens pour réduire les effectifs.
 
- La réduction à trois ans de la préparation au baccalauréat professionnel pose le problème de l’acquisition des compétences nécessaires par les élèves. L’apprentissage conduit une large proportion d’entre eux à un cul-de-sac : pas de poursuite d’études ou de formation. Mieux armer ces élèves permettrait de faire du baccalauréat professionnel un véritable ascenseur social.
- Le lycée fonctionne aujourd’hui comme un établissement de tri sélectif, répartissant les élèves dans les séries générales, technologiques ou professionnelles. Ces séries se distinguent non seulement par les enseignements qu’elles proposent, mais également par le milieu socio-professionnel des élèves qu’elles accueillent. Cette ségrégation sociale, liée à l’organisation actuelle du baccalauréat, rend inaccessible l’objectif de 50 % de jeunes conduits au niveau de la licence, alors même que seul le baccalauréat général prépare aujourd’hui convenablement aux études conduisant à la licence.
 
- La suppression unilatérale et sans dispositif de substitution de la formation des maîtres a déjà montré cette année ses conséquences catastrophiques. Or la maîtrise de méthodes pédagogiques appropriées dès le cours préparatoire permet de prévenir une grande part de l’échec scolaire. Elle ne peut seulement s’acquérir « sur le tas », et nécessite une solide formation initiale et continue, théorique et de terrain.
 
Consulter la note intégrale

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10 réactions à cet article    


  • Kalki Kalki 20 septembre 2011 13:37

    d’ailleurs, il y a plus personne qui travail, et aussi les surdiplomés ...

    OH : on la refait comme dans les années 1980 : on dit au ptit cons étudiants qui ont soutenus la gauche, ca va être la fete, tout le monde aura bac + 5, les cons, ont rien compris

    pendant ce temps là on retirait des comptes du chomage des millions de personnes, oh ils sont étudiants, puis on met en place les stages a vie et on est tranquile pendants quelques décennis

    oups désolé, la c’est la fin

    plus personne ne travail


    • Kalki Kalki 20 septembre 2011 13:39

      j’ai une idée, il faut faire bac + 30 , et retraite à 5 ans de travail pour 1 heure de travail par mois.

      Allocation universelle, revenu de vie, revenu citoyen : une condition pour la société du futur ( le futur c’est maintenant )

    • ottomatic 20 septembre 2011 15:00

      C’est marrant de voir terra nova critiquer ce que la droite fait quand on connait le travail délétére du PS dans ce domaine...


      Bref, comme toujours, on se demande ce que vous venez faire ici....

      • norbert gabriel norbert gabriel 20 septembre 2011 16:16

        alors pour ceux qui votent négativement, quels seraient les points critiquables dans cet article ??
        ce serait bien d’apporter des infos pour expliquer que la rentrée se passe bien..
        Comme dans ce village des Alpes qui doit payer une instit" de maternelle, pour que les mômes de 4/5 ans ne fassent pas 5 kms tous les matins .. Dans les Alpes..
        Ou cette classe en Bretagne, de 39 élèves (trente neuf) avec plusieurs niveaux, genre CP plus CM1 plus CM2... même dans les années 50, on ne voyait pas ça ..


        • titi 21 septembre 2011 07:54

          Turlututu

          Heureusement que l’Etat gère ses effectifs. C’est pas à l’Etat d’assumer des cours particuliers. Or c’est bien à cela que conduit la désertification de certaines campagnes.

          « même dans les années 50, on ne voyait pas ça .. »

          Moi je l’ai connu dans les années 80, dans le Berry. Classe CM1 + CM2.
          Dans une village qui comptait 3 000 habitants.
          Un village doté de deux maternelles, une école primaire, et un collège.
          Au dernier recensement ce même village ne compte plus 30 ans plus tard que 1 700 habitants.

          J’espère bien que l’Education Nationale a redéployé ses effectifs vers d’autres zones plus densément peuplées où le besoin éducatif est plus pressant : l’education nationale n’a pas vocation à assurer des prestations luxueuses même si ca fait plaisir aux parents.

          Par contre là où était le vrai scandale, c’est qu’une autre commune offrait exactement le même niveau de service à 8 km... Oui mais voilà : pas le même département et pas la même académie. Ce qui fait qu’arrivé au niveau Lycée, il fallait partir à 45 km de là plutot que 8 km.

          C’est beau la France et ses cases administratives.


        • norbert gabriel norbert gabriel 20 septembre 2011 16:21

          «  » La réduction à trois ans de la préparation au baccalauréat professionnel pose le problème de l’acquisition des compétences nécessaires par les élèves"

          dans les années 60, l’équivalent du bac pro (les ENP) c’était 4 ou 5 ans d’études, avec des programmes plutôt chargés, genre 7 heures de cours par jour, 3 ou 4 heures le jeudi, et idem le samedi matin. Et la plupart des élèves étaient pensionnaires, soit une heure d’étude le matin, et deux heures le soir. 


          • Krokodilo Krokodilo 20 septembre 2011 18:08

            Et l’anglais est IMPOSE au CP, une langue à la phonétique complexe à un âge où ils peinent sur les rudiments du français, dans un pays où le mot liberté est au fronton des mairies ! De toute façon, ce ne sont plus des mairies.


            • titi 21 septembre 2011 07:58

              Mais si vous militez pour autre chose...

              Il faut bien vous mettre dans la tête que l’anglais est incontournable.

              Perso j’ai appris l’Allemand au CP (et je sais pas pourquoi : on était pas limitrophe... ?!??) . Pour ce qui est de la phonétique complexe ca bat quand même des records...
              Bah c’est rudement efficace.


            • Krokodilo Krokodilo 20 septembre 2011 18:22

              Intéressant papier sur l’AFrAV : ce que nos enfants n’apprendront plus à l’école (en histoire de France)


              • eric 20 septembre 2011 18:24

                Ici, on touche le fond du fond des paradoxes des gauches. Sur d’autres sujet ces partis de profs et terra nova à leur suite, ont parfois même des idées un peu intéressantes. Ici, concernant la réforme de ce qui est le secteur principal de leur base militante, il n’y a exclusivement que des proposition quantitatives !
                Pas une idée neuve hors « des postes des moyens ». Compte tenu du fait que la dépense en euro constant par élève a doublée en trente ans, cela n’en est que plus pathétique.

                Et la boucle est bouclée. Comment faire confiance pour l’ensemble d’une société qu’ils connaissent mal à des gens incapables de produire de vraies propositions sur un des rares secteurs qu’ils sont réputés bien connaitre ?

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