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Accueil du site > Actualités > Politique > Service minimum dans les écoles : un nouveau pan du débat s’ouvre

Service minimum dans les écoles : un nouveau pan du débat s’ouvre

Derrière l’apparente modernité du débat sur le service minimum dans les écoles, on va peut-être finir par découvrir l’archaïsme des rapports entre l’Etat et les collectivités locales. En voulant une nouvelle loi, Nicolas Sarkozy déplace la discussion des sondages d’opinion vers celle des parlementaires qui seront forcément sensibles à l’avis des maires dont l’hostilité au projet tel qu’il est présenté jusqu’à maintenant est immanquable.

Le service minimum d’accueil dans les écoles provoque un débat national opposant le droit de grève des enseignants et le respect de la vie des familles qui ont de réelles contraintes de disponibilité. Le président de la République a indiqué qu’il souhaitait préserver un équilibre et concilier ces deux préoccupations légitimes. Ce débat, largement relayé par les médias, en dissimule un autre qui intéresse plus directement ceux qui vont devoir mettre en œuvre ce service minimum. Le processus législatif va mettre en lumière ce deuxième débat qui confronte l’Etat et les collectivités locales sur le partage des rôles en matière d’éducation.

L’un des problèmes de notre système éducatif national, peut-être le plus important, en tout cas le plus spécifiquement français, c’est l’imbrication complexe des responsabilités locales et nationales dans la gestion des établissements scolaires. De la maternelle au lycée, et même souvent au-delà maintenant, il y a deux patrons sous le même toit de chaque école : l’Etat en tant qu’employeur des enseignants et la collectivité locale en tant que fournisseur de toute la logistique qui va du bâtiment à la photocopieuse en passant par le ménage et jusqu’aux assistants territoriaux spécialisées des écoles maternelles (ATSEM).

Lorsque j’ai pris connaissance de la convention proposée par l’inspecteur d’académie à la commune pour la mise en place du service minimum dans les écoles, j’ai découvert un article 1 ainsi libellé :

"l’Etat et la commune conviennent de mettre en place un service minimum d’accueil afin d’accueillir, durant les heures normales d’enseignement, les élèves des écoles primaires de la commune en cas de grèves du personnel enseignant des écoles".

Cela m’a tout de même fait un peu sursauter ! Non, la commune ne saurait être co-organisatrice de ce service minimum puisqu’elle n’est pas employeur des enseignants, qu’elle n’a pas compétence pour encadrer les enfants pendant les heures scolaires. Dans les écoles maternelles, c’est d’ailleurs un point délicat de la cohabitation puisque le maire est employeur des ATSEM mis à disposition du directeur de l’école : autrement dit, le chef du service municipal des ATSEM encadre les agents jusqu’à l’heure d’ouverture des classes le matin, pendant la pause méridienne, puis après la fermeture des classes, mais il n’a pas autorité pendant les 6 heures scolaires.

Ce que dit le député UMP en tant que président de l’association des maires

L’observation technique est évidente, et c’est exactement le sens de ce qu’a écrit le maire de Paris au ministre de l’Education nationale dès les prémices du service minimum des écoles, en janvier 2008 : il est « inrecevable de sous-traiter à une commune une responsabilité légale de l’Etat ». L’adjointe chargée de l’Education à la ville de Rennes par exemple, comme bien d’autres de ses collègues, n’a pas manqué de souligner « le désengagement de l’Etat vis-à-vis de sa mission d’employeur ». L’Association nationale des directeurs de l’éducation des villes de France (ANDEV), dans un point de vue très détaillé, souligne d’abord qu’en « se défaussant sur les communes pour mettre en place cette organisation, l’Etat remet en cause les mécanismes actuels de compétences partagées au sein de l’école communale, mécanismes qui reposent certes sur la complémentarité des actions, mais sur le respect strict des responsabilités des uns et des autres sur les différents temps de l’enfant ».

Les médias ont généralement mis en avant la différence d’attitude des villes suivant la couleur politique de leur maire. Il est évident que cela a eu une réelle influence depuis janvier dernier, les élus locaux se positionnant eux aussi plus souvent dans un premier temps sur le droit de grève ou sur les problèmes rencontrés par les familles. Néanmoins, les légitimes préoccupations de gestionnaire des élus locaux vont forcément devoir être pris en compte dans le débat parlementaire si le gouvernement veut une nouvelle loi. Localtis, média internet très spécialisé, a rapporté une déclaration significative du président de l’Association des maires de France, qui n’est pas précisément un gauchiste, mais le maire UMP de Long-le-Saunier : « si demain les éboueurs de ma commune sont en grève, je ne vais pas aller demander aux instituteurs d’aller ramasser les poubelles. C’est une question de principe. »

Une culture archaïque d’enrôlement

En réalité, les communes sont sollicitées en tant que prestataires de service, mais on ne voit pas bien pourquoi elles seraient les seuls prestataires possibles ni en quoi elles pourraient être tenues pour responsables de l’organisation ou non d’un service minimum des écoles. C’est pourtant exactement ce que l’Education nationale induit quand elle invite le public à contacter la mairie « qui vous indiquera les modalités d’accueil des enfants le jour de grève » sur son site internet. Il faut se rendre compte qu’il y a là un comportement qui irrite profondément les gestionnaires locaux, on force la main aux maires dans une affaire qui n’est pas la leur. Les services publics locaux ne veulent plus être les larbins des services publics nationaux, au niveau des élus comme au niveau des agents.

On ne manquera pas de souligner dans les semaines qui viennent que l’Etat propose des conventions qui ne couvrent pas entièrement la charge financière de l’organisation du service (voir ce qu’en dit déjà la ville de Vitré) et qu’il reste un sérieux flou juridique en matière de responsabilité civile du service. Dans ma commune de 4 000 habitants, si tous les enfants scolarisés s’étaient présentés aux écoles le 15 mai dernier, en fonction du nombre d’enseignants grévistes, il aurait fallu 18 agents. Ce chiffre dépasse l’effectif du service scolaire municipal qui, de toute façon, assure d’autres tâches et qui ne pourrait que très partiellement se rendre disponible – sans parler de son propre droit de grève. Il y a donc un réel problème d’organisation, d’autant que pour l’instant le secteur public n’a pas le droit de recourir aux agences d’intérim. En pratique, il n’a pas d’autre moyen que l’embauche de vacataires. Pour l’essentiel, ces petites difficultés découlent d’une méthode où les collectivités locales sont les supplétifs dans une culture archaïque d’enrôlement.

Le président et le gouvernement de notre pays jacobin ont toujours un peu de mal à intégrer l’égale légitimité de tous les suffrages universels. La tentation de faire sa politique avec les moyens des autres est persistante : c’est l’histoire de ce projet politique où le président s’attribuerait le mérite auprès des familles d’un service minimum en reléguant les problèmes de gestion et les éventuels ratés de mise en œuvre aux maires. Bien sûr, le président peut miser sur l’indifférence des électeurs pour la décentralisation et les conflits qu’elle génère, c’est simplement miser sur le pire, autrement dit sur les archaïsmes de l’Etat.

Ma préoccupation personnelle, de responsable des services municipaux dans une commune, est surtout le déficit de reconnaissance ressenti par le personnel presque exclusivement féminin des écoles. L’une des règles essentielles du fonctionnement des écoles, c’est que les ATSEM ne doivent jamais être seuls avec un groupe d’enfants et cela disparaît subitement des préoccupations académiques, par pur opportunisme. Le manque de considération pour nos agents municipaux en position subalterne est induit, pratiquement personne ne voit bien nettement d’emblée cet aspect essentiel de relations sociales au travail, cela me fait mal. Il y a aussi autre chose qui ne devrait échapper à personne et alerter tout parent : le service minimum d’accueil des écoles est en train d’avouer implicitement que le centre de gravité du service d’Education nationale s’est déplacé de l’éducation à la garde des enfants.


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29 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 20 mai 2008 14:54

    Il est quand même bon de signaler que les budgets et les subventions pour les associations d’emplois d’aide à la personne ont quand même explosé ! et que si ce marché est atomisé actuellement c’est parce que le bizness qui consiste pour des municipalités à créer des structures d’aides à la personne ne permet pas le développement du secteur privée

    ll est bon aussi de préciser que vous touchez beaucoup d’argent de l’Europe quand il s’agit de financer des operations de développement économique

    Ceci pour dire que vous avez bien la compétence pour mettre en place un service minimum de garde pour les enfants ,puisque vous le pratiquez déjà avec vos associations d’aides à la personne

    Vous menez un combat d’arrière garde à vouloir défendre des interets corporatistes au détriment de l’interet général

     

     


    • Christophe Christophe 20 mai 2008 15:26

      @Lerma,

      Cela vous dérangerait d’essayer d’argumenter sur le sujet traité.

      Le développement des aides à la personnes dans les communes n’est pas orienté vers les enfants mineurs ; pour ces derniers, leur encadrement c’est largement renforcé depuis la recrudescence des affaires de pédophilie. Alors de grâce, au lieu de parler de combat d’arrière-garde sur des bases d’arguments fallacieux, essayer d’utiliser un tant soit peu ce qui doit vous servir de cerveau ; il doit bien vous rester quelques neuronnes en activité, non ?


    • val 20 mai 2008 15:04

      Excellent article.

      Les difficultés de mise en place du SMA sont parfaitement expliquées. Dans ma petite commune de 820 habitants, l’organisation d’un tel dispositif serait encore plus difficile. Nous disposons d’une ATSEM à temps plein et d’une autre à temps partiel, plus 3 ouvriers communaux.

      Comment faire si les 108 élèves se présentaient tous un jour de grève ?


      • wiztricks 20 mai 2008 15:33

        Bon article.

        Comme d’habitude Sarkozy jette en pature des idées auraient mérité un minimum de réflexion avant d’être mises en avant. C’est un monsieur pressé qui n’a même pas la politesse de respecter le temps des autres.

        -w


        • Céline Ertalif Céline Ertalif 20 mai 2008 20:14

          En deux lignes, vous avez dit l’essentiel et je ne crois pas facile de gagner au Parlement contre l’avis du Président de l’AMF. Ce sera dur à l’Assemblée et encore plus au Sénat.


        • JL JL 21 mai 2008 09:34

          @ Wizticks : ""NS est un monsieur pressé qui n’a même pas la politesse de respecter le temps des autres.""

          Selon la définition d’Audiard, "Un con ne perd pas son temps, il perd celui des autres". 


        • ben ben 21 mai 2008 09:43

          Au moins le débat est ouvert, mieux vaut ca que le statu quo, non ?


        • sisyphe sisyphe 20 mai 2008 16:12

          Merci pour cet article.

          La politique d’opposition des français entre eux, via le focus compassionnel vis-à-vis des parents d’élèves qui travaillent, opposés aux méchants grévistes, ne vise à rien d’autre, à terme, qu’à vider la grève de sa substance, voire à supprimer le droit de grève.

          J’espère que les municipalités se serviront de tous les arguments tant juridiques qu’administratifs pour ne pas laisser le gouvernement continuer son oeuvre de démolition des droits sociaux.


          • ben ben 21 mai 2008 09:45

            Vous dites que le gouvernement detruit les droits sociaux. Ne pensez vous pas que les grève à répétition détruisent finalement le service publique ?

             


          • sisyphe sisyphe 21 mai 2008 14:07

            Non.

            Les grèves sont le seul instrument des travailleurs pour faire valoir leurs droits. Sans grève, vous n’auriez pas de sécurité sociale, de congés payés, de durée légale du travail, de retraite.

            Ce qui détruit le service public, c’est l’entreprise de démantèlement actuellement engagée par ce gouvernement de démolition nationale. La droite a toujours attaqué le service public, préférant confier les services à ses affidés du privé.


          • chris chris 21 mai 2008 14:34

            "Les grèves sont le seul instrument des travailleurs pour faire valoir leurs droits. Sans grève, vous n’auriez pas de sécurité sociale, de congés payés, de durée légale du travail, de retraite."

            Entièrement faux, en France les droits sociaux n’ont pas été acquis grâce aux syndicats mais grâce à l’Etat qui est l’un des plus interventionnistes au monde. C’est la raison pour laquelle la démocratie sociale est si peu présente, du fait de la faiblesse des syndicats mais surtout à cause de l’omniprésence de l’Etat.

            En France, les grèves ne servent qu’à faire chier ceux qui travaillent par ceux qui se plaignent de travailler, rien de plus...


          • Elisa 20 mai 2008 16:33

            Cet article est tout à fait intéressant.

             Toutefois le réponse de Sarkozy à la grève des enseignants me paraît très inquiétante d’un autre point de vue. Le service minimum de garde des élèves est une réponse consumériste et démagogique. L’école n’est pas une garderie et ce n’est pas parcequ’on assure un service minimum qu’on se dédouane de l’exigence éducative. Dans la logique de notre président peu importe que les profs soient désormais en grève puisque les enfants sont accueillis. Mais là où il commet une grave erreur c’est que la continuité du service public d’éducation n’est en aucun cas assuré par l’accueil des élèves, il est assuré par les enseignements que tout élève et toute famille sont en droit d’exiger de l’école. Se battre pour que les élèves aient suffisamment d’enseignants, refuser un "SMIC(ulturel)" c’est bel et bien assurer véritablement la continuité du service public d’éducation.


            • ben ben 21 mai 2008 09:51

              Vous mélangez tout.

              Les profs étant en grève, l’enseignement des élèves n’est plus assumé, ce qui est normal. Par contre l’accueil des élèves, et seulement l’accueil, pourrait etre assuré pour soutenir les parents. Il n’empeche que la greve restera une gene pour les parents, vu que leurs enfants ne suivront pas de cours pendant ces jours de greve.

              Personne ne dit que l’école est une garderie.

               


            • Emile Red Emile Red 21 mai 2008 11:46

              Bien vu Elisa.

              Il faut comprendre que l’école n’est ni une garderie ni un centre de vacances.

              C’est étrange qu’on trouve du pognon pour gérer une grève possible des enseignants et qu’on en trouve pas pour augmenter le nombre de surveillants dans les collèges ou pour créer de nouvelles places de crèche ou de maternelle.

              D’autre part je ne vois pas comment une commune pourrait trouver un nombre suffisant de personnes habilitées à s’occuper d’enfants en un temps record alors qu’il y a pénurie constante dans ce domaine.

              En plus si je ne me trompe pas, à part les gardes d’enfant, je suppose qu’il faut au minimum un BAFA, or les titulaires de BAFA sont pour la plupart étudiants et ont autre chose à foutre que de jouer les jaunes pour les yeux vitreux du nain de jardin.

              De mon temps (et c’est vieux...) un BAFA ne pouvait avoir en charge que 11 enfants maxi à la fois, Sarko va devoir embaucher l’armée....


            • Emile Red Emile Red 21 mai 2008 11:57

              Toutes ces simagrées pour ne pas dévoiler le but final qui est la destruction pure et simple de l’école publique.

              En dehors des lobotomisés qui pensent que le gardiennage d’enfants est comme le gardiennage de parking, taser et chien en moins (et encore... ?), ce sujet dépasse toutes les tendances politiques républicaines, en plus il est curieux qu’on nous bassine à longueur de journée que l’état n’a plus d’argent et notre bon empereur-président continue d’alimenter tous ses caprices les plus démagos.

              Jusqu’à quand ce gouvernement fantoche va-t-il mener en bateau les gogos ?


            • Christophe Christophe 20 mai 2008 16:42

              @L’auteur,

              Cet annonce devrait aussi obliger à revoir les catégories de structures d’acceuil des enfants définies dans le Décret n° 2002-883 du 3 mai 2002 relatif à la protection des mineurs à l’occasion des vacances scolaires, des congés professionnels et des loisirs en supposant que les contraintes afférentes (habilitation des encadrants ainsi que leur nombre) ne soit pas modifié. Ce qui ne résout pas pour autant la problématique de la responsabilité mais qui laisse entrevoir une nécessité de formation des personnels au-delà de l’existant.

               Existe-t-il si ce n’est qu’une seule solution ? vous qui êtes sans doute plus informées que certains d’entre nous sur le droit administratif ? Et si il existe une solution, quel en est le coût estimé ? Qui le prendrait en charge ?


              • Céline Ertalif Céline Ertalif 20 mai 2008 20:33

                Dans les communes, on réagira moins par comparaison à la règlementation des centres de vacances, parce qu’on en gère pas, que par comparaison avec la reglementation des Accueil Collectifs de Mineurs (ACM) qui viennent de remplacer les centres de loisirs sans hébergement (CLSH). Dans ce domaine, il y en effet une règlementation plus exigente que le quota 1 pour 15, sans parler de la formation des agents et de diverses autres choses encore... L’Etat est très exigent avec les autres, plus qu’envers lui-même : voilà l’impression désastreuse que ça donne. 


              • Céline Ertalif Céline Ertalif 20 mai 2008 20:57

                Beaucoup de communes ont un personnel qualifié pour les centres de loisirs et pour les garderies péri-scolaires, mais cela ne peut pas être en rapport avec le nombre nécessaire au SMA. Je confirme ce que je dis dans l’article : il n’y a pas d’autre solution que le recours à des vacataires (sans aucune formation, forcément).

                Pour ce qui du rapprochement avec les USA, il y a sans doute quelque chose de vrai dans la comparaison, néanmoins il y a une culture fédérale très différente. Les collectivités locales US ont une gestion plus lisible que les nôtres et elles ne sont pas ballotées en permanence par une règlementation capricieuse comme c’est le cas chez nous.


              • Christophe Christophe 20 mai 2008 23:14

                @Céline,

                Je suis dans une commune où il y a un centre de loisir. En effet, ils ont un personnel qualifié mais il y a un hic, du moins à mon sens. La plupart du personnel encadrant les enfants (sauf deux), même si ils ont les diplôme d’encradrement requis, sont des étudiants.

                Cela signifie que si nous devons compter sur ces étudiants pour garder les élèves de maternelle et primaire en cas de grève, il faut souhaiter qu’ils soient disponibles ... ce qui est loin d’être évident.


              • Céline Ertalif Céline Ertalif 20 mai 2008 23:33

                @ christophe

                oui, c’est une situation assez fréquente puisque les services périscolaires ont 3 heures de pointe par jour : avant le début des classes, la pause méridienne et la fin des classes. Pour les CLSH, c’est le même genre de problème : travail le mercredi + vacances scolaires. Difficile d’organiser des temps pleins avec ça et donc de temps partiels notamment avec des animateurs jeunes.


              • JL JL 21 mai 2008 09:41

                 

                Excellent article, qui se termine sur la phrase ""le centre de gravité du service d’Education Nationale s’est déplacé de l’éducation à la garde des enfants."" Lorsque cela sera accompli, qu’il n’y aura plus dans les écoles que les enfants des pauvres et ceux des républicains, nous n’aurons plus qu’à penser : "Droits des pauvres, pauvres droits".

                Relire "Matin Brun"


                • Emile Red Emile Red 21 mai 2008 11:57
                  Toutes ces simagrées pour ne pas dévoiler le but final qui est la destruction pure et simple de l’école publique.

                  En dehors des lobotomisés qui pensent que le gardiennage d’enfants est comme le gardiennage de parking, taser et chien en moins (et encore... ?), ce sujet dépasse toutes les tendances politiques républicaines, en plus il est curieux qu’on nous bassine à longueur de journée que l’état n’a plus d’argent et notre bon empereur-président continue d’alimenter tous ses caprices les plus démagos.

                  Jusqu’à quand ce gouvernement fantoche va-t-il mener en bateau les gogos ?


                  • Achéron 21 mai 2008 12:17

                    Merci pour cet article "enrichissant" pour le débat dont il est actuellement question. Le fait d’avoir un point de vue extérieur au corps professoral permet :

                    - de mettre en lumière des faits, simples, mais pourtant inconnus de la majorité d’entre-nous au plan technique et juridique (moi-même qui suis pourtant parent d’élève, vous m’avez appris quelques détails que j’ignorais, et pour cela je vous en remercie).

                    - de désarmer le processus qui tend à simplement dire que "tous ceux qui sont pour sont des méchants" et "tous ceux qui sont contre sont des gentils" (ou l’inverse selon le point de vue où on se situe, et le courant politique dont on se sent proche) par l’exposition d’arguments clairs et irréprochables, qui feront peut-être taire ceux qui ne pensent qu’a dénoncer une collusion du monde enseignant luttant pour conserver des droits sociaux contre le monde du "privé" qui juge ces mêmes droits illégitimes (du moins les procédés employés pour les revendiquer).

                    La question principale qui se pose, à mon sens, est : "Quels sont les moyens que pourraient employer l’E.N. pour faire connaître ses griefs et manifester son mécontentement (hormis l’histoire ridicule du brassard de grêve qui n’est ni efficace, toujours à mon sens (du type : "braille toujours, du moment que le travail est fait..."), ni même simplement dans notre culture (hormis dans des corps spécifiques comme les Sapeurs Pompiers ou les Agents Hospitaliers)sans lèser la majorité de ses concitoyens ayant des enfants en bas âge ? La question se pose dans les mêmes termes pour les agents des transports en commun, d’ailleurs. Faire les manifs le dimanche, comme cela a été fait le w.e. dernier me semble le meilleur paliatif. Tout comme faire de la distribution de tracts de prévention, des piquets de grêve devant les institutions "publiques" en dehors des heures de cours aussi, quitte à organiser des "piquets tournant" en fonction des emplois du temps de chacun. L’inscription de ces mouvements dans la durée et dans le paysage, des actions concertées de communication autour des problèmes rencontrés par le monde enseignant tout en respectant la liberté de chacun en ce qui concerne le droit (voir l’urgente nécessité) de travailler ne pourront que jouer en faveur des profs, plutôt que ces actions brutales, décrétées à brûle pourpoint, qui ne contribuent (même si elles ont un caractère ponctuel très bref) qu’à retourner contre elle une opinion publique qui pourrait facilement lui être acquise par des opérations "pédagogiques" d’information...

                    Qu’en pensez-vous ?


                    • chmoll chmoll 21 mai 2008 12:29

                      ah bon, j’pensais que ct déjà fait l’service minimum,pasque des milliers d’enfants qui passe de primaire, au collège,ne savent presque pas lire et compter

                       


                      • Emile Red Emile Red 21 mai 2008 14:13

                        On peut aussi ouvrir l’Elysée, les ministères, les préfectures...

                        Oups !!! C’est vrai ils veulent pas faire voir aux gosses, nos technocrates, qu’ils passent leur vie sur internet.


                      • Christophe Christophe 22 mai 2008 15:53

                        @Thierry Jacob,

                        Si le service minimum consiste à ouvrir les écoles pour accueillir les enfants le temps d’une gréve...OK !

                        Même si cette mesure doit faire augmenter vos impôts locaux ?


                      • Dolores 24 mai 2008 19:40

                        Je crois que l’instauration d’un service minimum est beaucoup plus pervers  que ce que l’on croit généralement.

                        Comme chacun le sait le but de la grève est de provoquer la grogne de ceux qui en pâtissent et de faire pression de cette façon sur l’état-patron pour obtenir un accord sur les revendications.

                        Or, aujourd’hui, dans un monde individualiste, les parents voient dans l’école une garderie gratuite doublée d’une mission enseignante.

                        Quand les enseignants se mettent en grève pour protester contre les suppressions de classes, les classes surchargées, la dégradation des conditions de travail pour eux et leurs élèves, les parents ne voient que que le fait qu’ils vont devoir payer une garde ou prendre une journée sur leur RTT s’il n’ont pas une grand-mère disponible. Résultat, ils ne reprochent plus à l’état de ne pas traiter avec les syndicats, mais aux enseignants de ne pas" garder" gratuitement leurs enfants.

                        Sarkozy gagne sur 3 tableaux en instituant un "service minimum" :

                        1°) il gagne la sympathie des parents-électeurs,

                        2°) il rend hypocritement toute grève inutile tout en prétendant faussement ne pas détruire ce droit,

                        3°) il décharge l’état de ses devoirs sur les communes.

                        Privés du droit de grève les enseignants ne pourront plus protester que vainement contre les suppressions de postes, les classes surchargées, (on annonce déjà que moins il y aura de profs, meilleur sera l’enseignement : nombre de "gogos" le croit), les programmes idiots des technocrates, le manque de crédits,ect...

                        Tout cela pour aboutir à la destruction de l’école publique, laÏque et gratuite qui a déjà commencé.

                        Les classes aisées de la société envoient déjà leurs enfants dans les écoles privées ; nombre de parents moins aisées "se saigneront aux quatre veines" pour faire de même quand ils voudront voir leurs rejetons réussir leur scolarité.

                        Le "résidu" sera une école publique pauvre et réservée aux pauvres mais où les enseignant seront sous contrat privé et ne pourront protester sans se faire renvoyer. Comme aux USA !

                        Privatiser les services publics, c’est le but de l’Europe et l’ école n’y échappera pas : en tant que service public l’école est improductive - en dehors du fait qu’elle éduque ceux qui demain seront la France ! - et même coûteuse, elle doit donc disparaître pour faire place aux profits. L’éducation devenant une marchandise comme une autre, les familles devront payer pour que leurs enfants puissent accéder à un enseignement de qualité normale ou végéter dans une école sans moyens.

                        Prendre une mesure brutale de privatisation provoquerait une levée de boucliers et il faudrait renoncer à cette belle idée !

                        Mais provoquer un lent délabrement de l’école, en décrédibilisant les enseignants, en faisant des privilégiés, en institant un "service minimum", aboutira au constat qu’il faut tout changer ; et les 75% qui y applaudissent constateront qu’ils se sont tiré eux-même une balle dans le pied et qu’ils sont les dindons de la farce.

                        Pour l’instant on demande aux communes de prendre en charge le service minimum, mais il y a déjà des rumeurs quicirculent et qui disent qu’on prévoit aussi de leur déléguer l’enseignement primaire dans son ensemble et pas seulement les locaux ou le matériel comme c’est le cas actuellement.

                        Ce qui est déjà difficile dans le cadre restreint du service minimum deviendra insurmontable, surtout pour les petites communes.

                        Nouveau sujet de mécontentement qui confortera l’idée de privatisation si les citoyens ne se réveillent pas et ne se rendent pas compte qu’on "les promène". Mais il sera trop tard !

                         

                         


                        • tvargentine.com lerma 24 mai 2008 19:49

                          Arrêtez avec vos gemissements sur Nicolas Sarkozy et la défense de vos interets ultra corporatiste de fonctionnaires

                          Oui,le service minimum est une nécessité et les français approuvent

                          Ensuite vos idées réactionnaires et sectaires qui n’acceptent que de défendre des interets particuliers qui va à l’encontre de l’interet général donnent à vomir

                           


                          • Dolores 24 mai 2008 22:05

                            Pauvre lerma

                            Vous êtes NUL et AVEUGLE !

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