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Accueil du site > Actualités > Politique > Siliana, la Martyre, et l’expression « DÉGAGE » dans la Culture (...)

Siliana, la Martyre, et l’expression « DÉGAGE » dans la Culture Politique des Islamistes Tunisiens !

1. Les faits

Voilà déjà plusieurs mois que le peuple de Siliana, population laissée pour compte, pendant des décennies, par les régimes antérieurs, fut convaincu de l’incapacité des autorités nationales, dominées par le Parti Islamiste Tunisien Ennahdha au pouvoir, et locales, avec à leur tête Ahmed Ezzine Mahjoub, Gouverneur [l’équivalent du Préfet] de la région et partisan d’Ennahdha, à pouvoir résoudre leurs problèmes économiques et sociaux qui perdurent. Devant le refus manifesté par le Gouverneur pour un dialogue responsable et respectueux sur ces problèmes, avec leurs représentants de la Société Civile, et son approche népotique et partisane dans la gérance des affaires de la région, doublée, semble-t-il, d’une incompétence certaine, le peuple de Siliana a entamé, depuis le mardi 27 novembre 2012, une grève générale, soutenue et encadrée par la Centrale Syndicale l’UGTT (Union Générale Tunisienne du Travail) et les diplômés-chômeurs de la région,et ce,pour attirer l’attention des Gouvernants sur leur misère socio-économique et demander le départ du Gouverneur. Cette grève générale avait été accompagnée par un rassemblement pacifique devant le siège du Gouvernorat au cours duquel avait été scandé, entre autres, cela va de soi, l’historique slogan "DÉGAGE" à l’encontre du Gouverneur.

2. Que fut la réaction du Gouvernement ?

Ce fut, d’abord, une répression des manifestants, sans précédent dans l’ère révolutionnaire, d’une violence extrême, faisant plus de deux cent cinquante blessés, notamment à la chevrotine, dont une vingtaine ont été éborgnés ou risquant la cécité. Ce qui a conduit Navanethem Pillay, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux Droits de l'Homme, à tirer la sonnette d'alarme en "exhortant le Gouvernement à veiller à ce que les forces de sécurité cessent de recourir à la force excessive contre les manifestants".

Ensuite, Hamadi Djebali, Chef du Gouvernement et Secrétaire Général d’Ennahdha, a affirmé, dans un point de presse fait le jeudi 28 novembre 2012, que le Gouverneur de Siliana ne sera pas démis de ses fonctions. Qui plus est, il a déclaré " je partirai avant que le gouverneur ne dégage " (sic), en faisant de cette affaire une affaire personnelle !

Enfin, le Chef du Gouvernement a soutenu, le jeudi 29 novembre 2012 lors d’une conférence de presse, à propos, toujours, des événements de Siliana, que le mot " DÉGAGE " est synonyme de " CHAOS ". De plus, il a estimé que la violence perpétrée par les forces de l’ordre à l’encontre des manifestants de Siliana était justifiée, étant donné que ce sont ces derniers qui ont eu recours à la violence, sous toutes ses formes, contre les premiers, en jugeant que le recours des forces de l’ordre à cette violence contre les manifestants " rentre dans le cadre de la légitime défense et que cela est bien garanti par la Constitution" (re-sic). Voir, à ce sujet, par exemple, le Lien suivant :

http://www.businessnews.com.tn/Tunisie---Hamadi-Jebali—Crier-%C2%AB-d%C3%A9gage-%C2%BB-c%E2%80%99est-vouloir-semer-le-chaos,520,34835,3

Par ailleurs, Hamadi Djebali n’a cessé, lors de sa conférence de presse, d’incriminer, sans les nommer, des parties et des personnes manipulatrices d’être derrière ces manifestations. Il a laissé cette tâche aux autres membres de son Gouvernement et aux responsables de son Parti qui ont repris leur rengaine habituelle en accusant, souvent nominativement, des Partis et des personnalités de l’opposition, des organisations et des acteurs de la Société Civile, des meneurs rémunérés « à la solde du régime déchu », des « forces contre-révolutionnaires », des « ennemis du processus démocratique »,… et en oubliant dans leur inventaire : Bourguiba, le Mossad, les francs-maçons et, pourquoi pas, Sherlock Holmes !

3. L’expression "DÉGAGE" et les Islamistes

En vérité, pour ce qui concerne le slogan "DÉGAGE" , cri symbolique de notre Révolution, slogan internationalement connu qui a couru, à travers le monde, de soulèvement en soulèvement, premier mot que l’Histoire retiendra, demain, du Printemps Tunisien et, aujourd’hui, composante inaliénable de notre ADN nationale, le Chef du Gouvernement n’a pas, historiquement, tort, car, ce slogan ne fait partie ni de de la Culture Politique, ni de la Mémoire Commune des Islamistes, étant donné que :

 

" Les Islamistes vécurent notre Révolution en spectateurs

De Londres, de Paris, de Qatar ou d’ailleurs

Ce ne sont que des Révolutionnaires de la vingt-cinquième heure

Dont l’attachement à la Démocratie n’est qu’un leurre

Pour tromper, dans leur quête du pouvoir, les électeurs,

Leurs éventuels alliés et les opinions publiques, intérieure et extérieure,

Les Droits et les Libertés, toutes les Libertés, étant à l’index dans le registre de leurs valeurs :

Droits de la Femme, Liberté de Croyance, d’Opinion, d’Expression, de l’Artiste, du Créateur,… ",

 

petit extrait de mon Article intitulé "Démocrates de tous bords, combattez, combattez le Projet des Islamistes Tunisiens ! " et paru sur le Lien :

http://www.legrandsoir.info/Democrates-de-tous-bords-combattez.html

extrait que je n’hésite pas à rappeler à toute occasion, tous azimuts, afin de contrecarrer la propagande islamiste qui essaye, perpétuellement, de falsifier l’Histoire de notre Révolution en entretenant le contraire de son contenu.

4. Et qu’en est-il de notre Gouverneur ?

Quant à notre Gouverneur, Ahmed Ezzine Mahjoub, qui est toujours en poste à Siliana, il est intervenu, le mercredi 28 novembre 2012 au Journal de 20h de la Wattania 2, pour commenter les troubles survenus le mardi 27 novembre 2012 dans sa ville. La teneur de son intervention m’a conduit à publier sur ma Page Facebook la (fausse) Alerte-Info ci-dessous, Alerte-Info que le lecteur facebookeur peut consulter sur le Lien suivant :

https://www.facebook.com/salah.horchani.5# !/photo.php?fbid=491792514175073&set=a.403184793035846.91326.100000329856081&type=1&theater

Siliana : Alerte-Info !

Suite à la déclaration d’Ahmed Ezzine Mahjoub, Gouverneur de Siliana, faite le mercredi 28 novembre 2012 au Journal de 20h de la Wattania 2, affirmant que les pierres qui ont été lancées la veille, par les manifestants contre les bâtiments de son Gouvernorat, étaient des " pierres importées, et non pas des pierres de Siliana " (sic), le Bureau des Saisies de la Douane Nationale annonce qu’il a intercepté, à l’Aéroport de Tunis-Carthage, ce lundi 31 novembre 2012, plusieurs containers, remplis de cailloux, provenant, frauduleusement, par avion-cargo de Pierres-Latte et à destination de Siliana, comme le montre l’image de cette Page.

Comme il est indiqué dans le texte, cette Alerte-Info est accompagné d’une photo truquée, avec le logo de la chaine satellitaire Aljazeera, représentant le déchargement d’un avion-cargo, la charge étant de gros cailloux !

Salah HORCHANI


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20 réactions à cet article    


  • Henri Diacono alias Henri François 1er décembre 2012 13:05
    • D’accord avec vous, sur toute la ligne Horchani, avec peut-être un eu moins de violence, pour ce pays et ce peuple qui sont également les miens par plus de liens que vous pouvez le penser.
    • Mais il y a un MAIS un énorme MAIS. Il est vrai que les religieux et leur bras armé salafiste, que les politicards expatriés et ceux restés sur place n’ont qu’une envie, celui de posséder le pouvoir et ce malgré leur insigne inexpérience. Pourquoi donc vous être laisser déposséder de VOTRE révolution ? Pourquoi ne pas exiger avec force, comme à Siliana, à participer aujourd’hui pour une évolution menant à une démocratie « à la tunisienne » ? Pourquoi ne pas exiger que l’ANC fasse quotidiennement connaitre ses travaux par voie de presse ? Pourquoi ne pas manifester sans cesse devant les dérives religieuses que vous avez rejetées depuis si longtemps ? Pourquoi ne pas demander au pouvoir actuel de dévoiler publiquement l’utilisation qui est faite par tous les dons de soutien au pays venus de l’étranger qui se chiffrent par milliards et milliards ? Pourquoi ? La démocratie se gagne par une longue lutte de tous les instants, quelquefois hélas bien après la chute du despote. Il reste beaucoup de travail à faire. Notamment dans les couches profondes des populations rurales et pas seulement dans les villes.
    • Amitiés et couragey

    • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 1er décembre 2012 14:21

      @ Henri Diacono alias Henri François

      Bonjour,

      Des réponses à vos questions pourraient être trouvées dans le petit Texte suivant, extrait, aussi, du deuxième Lien cité dans mon Article :

      « Des Citoyens apitoyés par les déboires causés aux Islamistes par le Régime déchu

      Les créditant de la candeur que l’on accorde, souvent en politique, aux nouveaux venus

      Voulant, aussi, les remercier des pots-de-vin qu’ils ont, de leur part, reçus

      Sous diverses formes : Moutons de l’Aïd, frais de mariages,… ou cadeaux menus,

      Financés, soi-disant, par des bienfaiteurs locaux ayant pignon sur rue,

      Alors que, semble-t-il, il s’agit de donateurs du Golfe mondialement, dans le genre, connus

      Ces Citoyens leur ont donné, lors des élections pour la Constituante, une majorité non absolue

      Se situant au cinquième du nombre des électeurs, toutes catégories confondues.

      Les centaines de Listes des Modernistes, leur division, leurs égos et le taux de l’abstention

      Ont fait des Islamistes les premiers vainqueurs de ces élections ».

      Merci pour vos encouragements et bien cordialement,
      Salah HORCHANI


    • sirocco sirocco 1er décembre 2012 13:26

      « Dégage ! » est un excellent slogan. Il serait tout-à-fait à sa place aussi dans pas mal de manifs en France ou ailleurs. Merci aux Tunisiens de l’avoir popularisé.


      • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 1er décembre 2012 15:38

        Tunisie : la crise se poursuit à Siliana, des heurts dans d’autres villes

        Siliana se préparait samedi à une nouvelle manifestation après quatre jours de troubles alors que des heurts ont eu lieu dans d’autres localités de Tunisie, le gouvernement peinant à stabiliser le pays, deux ans après la première révolution du Printemps arabe.

        Signe des tensions croissantes, des heurts ont eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi entre des manifestants disant soutenir les habitants de Siliana et des policiers au Kef (nord-ouest) et à Sbeïtla (centre-ouest, région de Kasserine), selon des médias locaux et des témoins interrogés par l’AFP.

        Ces villes, respectivement situées à 70 km à l’ouest et à 120 km au sud de Siliana, sont considérées comme de points de tensions importants. Elles sont situées dans l’intérieur de la Tunisie, des régions déshéritées où les manifestations avaient été violentes lors de la révolution de 2011.

        A Siliana (120 km au sud-ouest de Tunis), des échauffourées ont aussi eu lieu dans la nuit. L’armée s’est retirée de la ville, à la demande de la police, selon des sources interrogées par l’AFP.

        Les habitants avaient pourtant accueilli favorablement vendredi soir la venue des militaires et prévoient désormais une nouvelle manifestation pour réclamer à nouveau le retrait des forces de l’ordre, la démission du gouverneur et des aides économiques à la région.

        « L’armée a proposé de venir et assurer la sécurité pendant quelques jours, mais le ministère de l’Intérieur a refusé », a expliqué un policier à l’AFP, des propos confirmés par deux de ses collègues.

        « Il faut que le gouverneur démissionne, c’est le seul moyen de rétablir le calme », a-t-il ajouté, alors que les violences ont fait quelque 300 blessés à Siliana depuis mardi.

        Le gouvernement, dirigé par les islamistes du parti Ennahda, a exclu de céder à la pression de la rue. Des négociations sont néanmoins prévues samedi à Tunis avec la principale centrale syndicale du pays, l’UGTT, pour essayer de sortir de la crise.

        La présidence veut un nouveau gouvernement

        Face à ces tensions, le président Moncef Marzouki a appelé vendredi soir à la formation d’un gouvernement restreint à même de stabiliser le pays, le cabinet actuel se montrant incapable de répondre aux attentes de la population, selon lui.

        Le ministre des Droits de l’Homme et porte-parole du gouvernement, Samir Dilou, a jugé ces déclarations « dangereuses » tout en indiquant que la proposition sera examinée.

        Le discours du président « comporte plusieurs points importants et dangereux qui seront discutés au sein du gouvernement dans les prochaines heures », a-t-il dit, selon l’agence officielle TAP

        Le chef de l’Etat, un laïc allié aux islamistes, n’a pas le pouvoir de remanier le gouvernement, mais il a indiqué avoir « peur » que les violences de Siliana, fondées sur l’exaspération de la population face à la misère et au chômage, ne contaminent d’autres régions.

        Ces questions étaient au coeur de la révolution de fin 2010 - début 2011, or l’économie tunisienne, minée par l’insécurité et la crise de la zone euro, son principal partenaire commercial, peine à se rétablir.

        Ces troubles interviennent aussi à l’approche du deuxième anniversaire, le 17 décembre, du début de la révolution, déclenchée par l’immolation d’un vendeur ambulant de Sidi Bouzid excédé par la pauvreté et le harcèlement des policiers, donnant le coup d’envoi du Printemps arabe.

        Outre les manifestations sociales, les attaques menées par des groupuscules salafistes se sont multipliées ces derniers mois en Tunisie. Parallèlement, le pays est plongé dans une impasse politique, sans aucun compromis en vue sur la future Constitution.

        Source :

        http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20121201.AFP6571/tunisie-la-crise-se-poursuit-a-siliana-des-heurts-dans-d-autres-villes.html

        Salah HORCHANI


        • Richard Schneider Richard Schneider 1er décembre 2012 17:59

          à l’auteur,

          Très bon article, documenté et très clair.
          Avec vous, crions aux islamistes :« Dégagez, laissez les Tunisiens profiter de leur révolution ! »
          Amicalement,
          RS

          • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 1er décembre 2012 20:45

            PARIS/Rassemblement contre les méthodes barbares de la police à Siliana-Tunisie

            http://www.legrandsoir.info/+pao-ârassemblement-contre-les-methodes-barbares-de-la-police-a-siliana-tunisie+.html

            Salah HORCHANI


            • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 1er décembre 2012 20:48

              Appel pour un Rassemblement de Solidarité et de Soutien à la population de Siliana

              Mardi 4 décembre 2012 - de 18h 30 à 20h30

              À Paris : Place de la Fontaine des Innocents

              EN TUNISIE, SOULÈVEMENT À SILIANA : UNE POPULATION CONTRE LE NÉPOTISME ET LA MARGINALISATION !

              Depuis plusieurs jours déjà, à Siliana, ville du centre ouest de la Tunisie, une épreuve de force est engagée entre la population en lutte, soutenue et encadrée, par la centrale syndicale, l’UGTT d’une part et le gouverneur nommé par Ennahdha à la tête de la région, d’autre part.

              La population, ayant constaté depuis plusieurs mois, l’incapacité de ce gouverneur à traiter leurs problèmes et ceux de la région, autrement que par l’incompétence et le mépris, ont fini par s’en lasser et demandent sa démission et son remplacement.

              Cette épreuve de force, depuis trois jours déjà, a atteint un degré dramatiquement grave avec plus de 200 blessés atteints par des décharges de chevrotine ainsi que de nombreuses arrestations. Les capacités d’accueil du petit hôpital régional sont complètement saturées et le personnel des soins manque à tel point que plusieurs forces de la société civile et politique appellent le personnel médical des autres régions à la solidarité et au volontariat.

              Rassemblements, manifestations, sit-in et révoltes sont devenus les seuls moyens, aux mains des tunisiennes et tunisiens qui veulent signaler la précarité de leurs situations et la marginalisation de leur région, particulièrement les régions déshéritées à l’origine de la révolution du 14 janvier 2011.

              Le gouvernement de la troïka, dominé par le parti Ennahdha répond à ces sollicitations par toute sorte d’accusations fallacieuses allant jusqu’à l’incrimination des citoyens et militants contestataires d’être « à la solde du régime déchu », des « contre-révolutionnaires » et « ennemis du processus démocratique » dans le pays, afin de justifier ses campagnes de répression de ces mouvements par les forces de l’ordre et/ou les milices à sa solde.

              Ce soulèvement populaire à Siliana, après ceux de Bouzid, Gafsa, Béja et dans d’autres régions de la Tunisie apportent un démenti cinglant à toutes ces allégations. Le peuple et sa jeunesse qui ont fait la révolution et ont porté au pouvoir les forces politiques qui nous gouvernent, constatant jour après jour, leurs mauvaises politiques dans la gestion des affaires du pays, expriment leur mécontentement de ne rien voir venir dans l’amélioration de leurs situations et veulent le transmettre de manière pacifique. Les forces qui détiennent le pouvoir dans le contexte de transition en Tunisie, constatant cette perte de confiance et mues par un désir ardent de s’y agripper, tentent désespérément, de cacher leurs incompétences par la répression, le pourrissement des situations et la division des forces de la démocratie et du progrès.

              Nous, militantes et militants, membres d’associations et/ou d’organisations politiques tunisiennes à l’étranger :

              • Affirmons notre soutien total aux revendications légitimes de la population de Siliana contre le népotisme et les nominations partisanes sans critères objectifs de compétences.

              • Réaffirmons notre soutien à l’UGTT et dénonçons toutes les tentatives qui cherchent à lui nuire dans le but évident de l’empêcher de jouer pleinement son rôle.

              • Exigeons l’arrêt immédiat de la répression, la libération des détenus et demandons au gouvernement provisoire de recourir plutôt au dialogue pour trouver les solutions adéquates aux vrais problèmes et revendications de la population.

              • Demandons l’évacuation de la ville de Siliana, des unités de répression dépêchées par le gouvernement et leur remplacement par des unités médicales et sanitaires pour soigner les blessés et secourir les traumatisés. Et que soit dorénavant banni l’usage des décharges de chevrotine.

              • Demandons aux forces démocratiques et progressistes en France et dans le monde de se joindre à ce mouvement de solidarité avec la population de Siliana et de soutenir les luttes du peuple tunisien pour accéder à la démocratie et pour la liberté et la dignité.

              • Appelons à un rassemblement de solidarité et de soutien à la population de Siliana :

              Mardi 4 décembre 2012 de 18h 30 à 20h30

              à la place de la Fontaine des Innocents

              Signataires : Chedly Elloumi, Emna Chouikha (El Joumhouri), Nathalie Saadallah, Jamel Chargui, Chafik El Ghoul, Hafedh Affes,Cherif Ferjani,Ridha SMAOUI,

              Premières Associations signataires :

              ATF, IDEAL 92, AIDDA, FTCR, Collectif 3C, VJFH, l’UTIT, ADTF


            • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 1er décembre 2012 22:54

              MISE À JOUR DE LA LISTE DES ORGANISATEURS

              Les associations :

              Association Démocratique des Tunisiens en France -ADTF
              Association des Tunisiens en France - ATF
              Union des Travailleurs Immigrés Tunisiens - UTIT-IDF
              AIDDA
              Collectif 3C
              Ideal 92 Fédération des Tunisiens Citoyens des deux Rives - FTCR
              Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’ Homme en Tunisie - CRLDHT
              Réseau Euro Maghrébin Citoyenneté et Culture - REMCC
              Mouvement Citoyen des Tunisiens en France - MCTF
              Association des Travailleurs Maghrébins en France - ATMF
              Association des Marocains en France -AMF
              Manifeste des Libertés
              Association Vérité et Justice Farhat Hached - AVJFH
              Association des Tunisiens du Nord en France - ATNF (Lille)
              Union des Tunisiens pour une Action Citoyenne - UTAC
              Dynamique Citoyenne des Tunisiens à l’ Étranger -DTCE
              Vérité et Justice Pour l’Algérie - VJPA
              Association pour les Droits de l’ Homme au Maroc - ASDHOM
              Elamal (Roanne)
              Cercle des Tunisiens des Deux Rives - CTDR(Nimes)
              Agir pour le Changement et la démocratie en Algérie - ACDA
              Ligue des Droits de l’ Homme - LDH
              Le Mouvement contre la Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples - MRAP
              Cedetim

              Les organisations politiques :

              Fédération Aljoumhouri France Nord (Tunisie)
              PTT-7ème Congrès
              El Massar France
              Nida Tounes
              Ettakattol France Nord

              Avec le soutien de

              Les syndicats :

              Confédération Générale du Travail - CGT
              Force Ouvrières - FO-CGT
              Fédération Syndicale Unitaire - FSU
              Solidaires - SUD

              Les partis politiques :

              Partis Communiste Français - PCF
              Les Alternatifs
              Europe Ecologie les Verts - EELV
              Nouveau Parti Anti-capitaliste - NPA
              Fédération pour une Alternative Sociale et Écologique FASE
              Parti du Gauche - PG


            • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 1er décembre 2012 20:59

              En Tunisie, les émeutes de Siliana déstabilisent le gouvernement d’Ennahda

              Le président tunisien, Moncef Marzouki, est intervenu à la télévision, vendredi soir 30 novembre, après quatre jours de violentes émeutes à Siliana – une ville située dans une région agricole à 120 kilomètres au sud-ouest de Tunis, où l’armée s’est déployée en fin de journée – pour réclamer la formation d’un gouvernement restreint de « compétences ». « Le problème majeur, a-t-il justifié, est que les attentes sont très grandes face à un rendement insuffisant du gouvernement en dépit des efforts fournis. »

              « Nous n’avons pas une seule Siliana, a poursuivi le chef de l’Etat. J’ai peur que cela se reproduise dans plusieurs régions, et que cela menace l’avenir de la révolution. » Vendredi, en début de soirée, les heurts se sont poursuivis à Siliana entre les habitants et la police, après une marche pacifique qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes sur la route menant, symboliquement, à Tunis. « Vers 16 heures, les affrontements ont recommencé entre les jeunes qui ont eu des frères ou des parents blessés les jours auparavant et la police », témoigne Ahmed Chaffaï, secrétaire général adjoint du comité régional de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), qui a recensé « 80 blessés » par gaz lacrymogènes. Les manifestants, de leur côté, ont lancé des cocktails Molotov, tandis que tous les commerces, hormis les pharmacies et les boulangeries, avaient baissé leurs rideaux.

              La police n’a cependant plus fait usage de tirs au fusil de chasse comme les jours précédents. Près de 300 personnes avaient alors été blessées, essentiellement par des cartouches de chevrotine, et 17 d’entre elles, touchées au visage, avaient été évacuées vers un hôpital spécialisé en ophtalmologie à Tunis. Le ministère de la santé avançait pour sa part, dans un communiqué diffusé vendredi, le chiffre de 252 blessés, dont deux civils ayant perdu l’usage d’un oeil.

              L’arrivée de l’armée dans la soirée a été accueillie par des exclamations de joie de la population, sans que le ministère de l’intérieur paraisse au courant de ce déploiement, ce qui traduit une certaine confusion au sommet de l’Etat. Une grande nervosité aussi, chacun ayant en tête les événements de décembre 2010, lorsqu’une autre ville du centre de la Tunisie, Sidi Bouzid, s’était soulevée provoquant par contagion, après plusieurs jours d’émeutes, le renversement, trois semaines plus tard, du régime de Zine El-Abidine Ben Ali.

               

              DES ÉMEUTES DUES EN GRANDE PARTIE À LA PAUVRETÉ

              Les ressorts des émeutes actuelles ne sont pas tellement différents : pauvreté, affrontements avec la police, contestation du pouvoir. Comme une bonne partie des régions du centre de la Tunisie, les habitants de Siliana souffrent d’un manque de développement persistant et d’importantes difficultés économiques et sociales. A cela s’ajoute un conflit ouvert avec le gouverneur, Ahmed Ezzine Mahjoubi, nommé il y a quelques mois par le gouvernement dominé par les islamistes du parti Ennahda et accusé de mener une politique partisane.

              Par-dessus tout, la puissante centrale syndicale UGTT, au coeur des évenements de décembre 2010, est entrée de plus en plus ouvertement en conflit avec le gouvernement. En septembre, Ennahda et le Congrès pour la République (CPR, le parti du président Marzouki) avaient boycotté une initiative de dialogue lancée par le syndicat.

              « Le point essentiel, c’est le départ du gouverneur », répète M. Chaffaï. Or le premier ministre, Hamadi Jebali, a jusqu’ici opposé une fin de non-recevoir à cette revendication, par crainte de la contagion. En octobre, déjà, sous la pression de la rue, le gouverneur de Sidi Bouzid avait dû quitter son poste quelques mois à peine après sa nomination.

              Les déclarations, vendredi soir, du président tunisien, allié d’Ennahda, rejoignent curieusement l’une des revendications de Béji Caïd Essebsi. A la tête du principal parti d’opposition, Nida Tounés, il avait réclamé il y a peu la nominations de « technocrates » à la tête des ministères régaliens, dans l’attente des prochaines élections promises il y a un an mais repoussées sine die. L’organisation d’un scrutin avant l’été est désormais « vitale », a estimé, vendredi soir, M. Marzouki.

              Source :

              http://abonnes.lemonde.fr/tunisie/article/2012/12/01/en-tunisie-les-emeutes-de-siliana-destabilisent-le-gouvernement-d-ennahda_1798738_1466522.html?xtmc=siliana&xtcr=1

              Salah HORCHANI


              • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 1er décembre 2012 21:13

                A l’ AUBE de la LIBERATION !

                Par Hichem KRIR

                Chers COMPATRIOTES ,

                Le bateau d’Enahdha a chaviré et risque de couler définitivement et à tout moment par notre volonté , un boulet et l’affaire sera réglée !

                Toutes les régions , toutes les villes , tous les faubourgs , tous les villages , toutes les bourgades et toute personne responsable et consciente de la gravité de la situation doivent participer à cet élan patriotique qui nous appelle à sauver notre République , notre mode de vie et les valeurs universelles auxquelles l’humanité civilisée s’est adhérée , des mains de cette horde noire élevée dans le giron d’une hydre fatalement venimeuse , nourrie au sein de Pandore particulièrement haineuse , rancunière , revancharde , criminelle et mortellement pécheresse !

                Tous ensemble , solidaires et unis comme un seul corps , pour extirper le mal depuis les racines , désherber notre SACRÉ champ du chiendent qu’ils sont , et installer un État LIBRE fort par ses enfants épanouis dans une BONNE moralité et dans de NOBLES principes !

                Ne craignons plus rien : une VIE digne ne peut sourire qu’à ceux et celles qui veulent se réaliser !

                La RÉSISTANCE c’est nous , la RUE c’est nous , la LUTTE c’est nous , le GOUVERNEMENT c’est nous ... l’ÉTERNITÉ c’est pour nous , par contre ces barbes qui se sont voilé l’esprit et ces voiles qui se sont barbés en embrouillaminis ne sont qu’une parenthèse dans l’histoire du pays ! La félonie c’est eux , la traîtrise c’est eux , le déshonneur c’est eux , la honte c’est eux ... et l’enfer c’est pour eux !

                Dès demain , chers PATRIOTES , main dans la main , soyons un seul HOMME pour la LIBERATION de notre TUNISIE des griffes de ces vautours charognards nommés Enahdha et ses satellites frappés de cécité , brillant par l’absence de toute lumière ! Salut , MILITANTS de la RUE !


                • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 2 décembre 2012 11:08

                  Human Rights Watch :

                  Tunisie : La police anti-émeute tire de la chevrotine sur les manifestants

                  Tunis) – Les affrontements entre police et manifestants dans la ville de Siliana, au sud-ouest de Tunis, les 27 et 28 novembre 2012, qui ont blessé plus de 210 personnes, soulignent le besoin urgent de réformer les forces de sécurité tunisiennes. Le gouvernement devrait s’assurer que la commission d’enquête indépendante qu’il a annoncée examinera tout usage excessif de la force par la police anti-émeute lors des manifestations.

                  Des témoins questionnés sur place par Human Rights Watch ont déclaré qu’une manifestation contre le gouvernement à Siliana, une ville de 25 000 habitants, s’était soldée par des jets de pierres du côté des manifestants et par l’usage de gaz lacrymogène et de tirs de grenaille (chevrotine de petit calibre) de la part des policiers anti-émeute des Brigades de l’ordre public, appelés familièrement « les BOP ». Au moins 20 personnes risquent de perdre la vue d’un œil ou des deux à cause de la grenaille, de petites sphères de caoutchouc ou de plomb tirées de certaines armes à feu en salves explosives, qui peuvent causer des lésions graves des tissus mous. Par ailleurs, le gouvernement a affirmé que 72 policiers avaient été blessés par des jets de pierres. Cependant Human Rights Watch n’a pas pu vérifier cette information de façon indépendante.

                  « Les policiers anti-émeute, qui ont joué un rôle central dans les efforts meurtriers pour étouffer la révolution tunisienne il y a deux ans, semblent continuer à user d’une force excessive contre les manifestants », a déclaré Eric Goldstein, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Ils doivent recevoir des ordres clairs, être entraînés et équipés, afin de ne recourir à la force que si elle est nécessaire et proportionnée. Et ils doivent être tenus responsables s’ils vont au-delà  ».

                  Le 27 novembre, les habitants de Siliana, soutenus par l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), ont organisé une manifestation en face du siège du gouvernorat de Siliana (la « wilaya »). Ils sont entrés en grève générale pour exiger des emplois, un meilleur développement local et le départ du gouverneur, qu’ils accusent de ne pas être sensible à leurs besoins.

                  Il existe des rapports contradictoires sur ce qui a déclenché la violence. Des témoins ont déclaré à Human Rights Watch que les policiers avaient tiré des cartouches de gaz lacrymogène sans motif ni avertissement, mais des responsables ont affirmé au contraire que les policiers avaient utilisé le gaz en réaction à des jets de pierres et à des tentatives de prendre d’assaut la wilaya. Une visite de la ville et l’étude de photographies des événements suggèrent que les manifestants ont en effet jeté une grande quantité de pierres. Human Rights Watch a observé que des fenêtres de la wilaya étaient cassées, apparemment par des pierres, mais n’a trouvé aucune autre trace d’une atteinte sérieuse aux biens. Il n’y avait aucun signe que les manifestants aient jeté des objets inflammables tels que des cocktails Molotov, comme l’a prétendu le Premier ministre dans une conférence de presse le 29 novembre.

                  Hassen Lekhrissi, un militant de l’UGTT de 45 ans, a déclaré à Human Rights Watch :

                  Le 27 novembre vers 10h, nous nous sommes regroupés devant le siège de l’UGTT et avons commencé notre marche. Quand nous sommes arrivés devant la wilaya, nous avons scandé des slogans qui demandaient du travail et qui appelaient au départ du gouverneur. Il y avait environ 5 000 personnes. La manifestation était bien organisée et contrôlée par des militants de l’UGTT. Environ 16 voitures et camionnettes des BOP étaient garées en face de la wilaya.

                  Après deux heures, le bureau régional de l’UGTT a annoncé la fin de la manifestation. Certains jeunes gens voulaient forcer l’entrée de la wilaya, mais les militants de l’UGTT les en ont dissuadés. Tout à coup, les BOP ont commencé à envoyer du gaz lacrymogène. La foule a été prise de panique et les gens ont fui dans tous les sens. Les BOP nous ont alors suivis dans les rues en tirant des cartouches de gaz, d’abord en l’air, puis à l’horizontale, directement sur les gens.

                  Human Rights Watch s’est entretenu avec 12 témoins, dont des manifestants, qui ont fourni des récits concordants sur des policiers tirant de la grenaille sur les gens à très faible distance, y compris vers le haut du corps, tout au long des deux premiers jours de manifestations. Certains manifestants ont même allégué que des policiers leur avaient tiré dessus par derrière, alors qu’ils s’enfuyaient et ne pouvaient représenter aucun danger pour la police.

                  L’hôpital de Siliana a enregistré 210 personnes blessées par des tirs de grenaille, dont 20 présentant des lésions oculaires. Tous les cas de blessures aux yeux ont été transportés vers des hôpitaux de Tunis, la capitale.
                  Human Rights Watch a trouvé des preuves de l’utilisation aussi bien de grenaille de caoutchouc que de plomb. Même si les grains de caoutchouc sont classés dans la catégorie des munitions « moins létales », ils peuvent causer des lésions physiques graves, en particulier aux yeux.

                  Le Premier ministre Hamadi Jebali, lors d’une conférence de presse le 29 novembre, a affirmé que les policiers avaient utilisé le gaz lacrymogène et la grenaille en réaction au fait que les « manifestants [aient] jeté des pierres, des cocktails Molotov, incendié des institutions de l’État et endommagé des bâtiments publics ». Il a aussi déclaré que les forces de police n’avaient pas d’autre choix que de se défendre et de protéger les institutions publiques.

                  Lors de la conférence de presse, Jebali a annoncé la création d’une « commission d’enquête indépendante qui examinera[it] l’usage de la violence par toutes les parties », pour déterminer les responsables, aussi bien des incendies et dommages subis par les institutions d’Étatque des blessures causées aux manifestants.

                  La commission d’enquête devra faire tous les efforts nécessaires pour recueillir des témoignages pertinents de manifestants et d’autres témoins, ainsi que d’agents des forces de sécurité présentes, a déclaré Human Rights Watch. Ses conclusions et recommandations sur l’usage de la force devront être conformes à la loi tunisienne et aux normes internationales, en particulier aux « Principes de base sur le recours à la force et l’utilisation des armes à feu par les responsables de l’application des lois » des Nations Unies.

                  Les Principes de base des Nations Unies sur le recours à la force et l’utilisation des armes à feu prévoient que les agents des forces de l’ordre « auront recours autant que possible à des moyens non violents avant de faire usage de la force » et ne peuvent faire usage de la force « que si les autres moyens restent sans effet ». Lorsque l’usage de la force est inévitable, les responsables de l’application des lois « en useront avec modération et leur action sera proportionnelle à la gravité de l’infraction ».

                  La loi tunisienne n°69-4 du 24 janvier 1969, réglementant les réunions publiques, cortèges, défilés, manifestations et attroupements, donne dans ses articles 20 à 22 des directives strictes pour l’usage des armes à feu par les forces de sûreté. La loi énonce que les agents ne peuvent recourir aux armes à feu que s’ils ne peuvent assumer autrement la défense « des lieux qu’ils occupent, des édifices qu’ils protègent, des postes et des personnes qu’ils ont été chargés de garder, ou si la résistance ne peut être réduite par aucun autre moyen que l’usage des armes ».

                  Si les manifestants « refusent de se disperser » malgré les avertissements, les agents des forces de sûreté doivent suivre les procédures suivantes pour les disperser : « (1) arrosage d’eau ou charge à coups de bâton ; (2) jets de bombes lacrymogènes ; (3) tir à feu vertical en l’air pour faire peur aux manifestants ; (4) tir à feu par-dessus leur tête ; (5) tir à feu en direction de leurs jambes ».

                  C’est seulement si « les manifestants tentent d’atteindre leur but par la force malgré l’utilisation de tous [ces] moyens » que « les agents de la Sûreté tireront directement sur eux ».

                  « Les informations découvertes à Siliana jusqu’ici suggèrent que la police a tiré directement sur les manifestants dans des situations qui ne remplissaient pas les conditions spécifiées par la loi tunisienne », a déclaré Eric Goldstein. « Le fait que les policiers anti-émeute aient utilisé de la grenaille plutôt que des balles réelles ne les exempte pas de remplir ces conditions, étant donné que la grenaille peut causer de graves blessures, tirée à faible distance, si elle atteint le haut du corps ».

                  ---------------------------

                  Récits de témoins

                  David Thomson, le correspondant de la chaîne de télévision France 24, a déclaré à Human Rights Watch :

                  Je suis parti à Siliana avec mon caméraman le 28 novembre. En nous approchant de la ville, vers 16h, nous voyions beaucoup de fumée. Nous avons compris plus tard que c’était des nuages de gaz lacrymogène envoyé par la police. Nous sommes allés filmer une foule de manifestants au rond-point situé en face de la garde nationale. À peu près 400 ou 500 jeunes et enfants se tenaient sur ce rond-point. Certains nous ont entourés, ils étaient contents de parler à des journalistes et de leur expliquer leurs réclamations.

                  Certains jeunes gens jetaient des pierres vers les policiers. Vers 16h30 les policiers ont jeté des cartouches de gaz lacrymogène et après quelques minutes ils ont chargé. Les gens couraient dans tous les sens. Nous nous sommes réfugiés dans une rue adjacente avec quelques jeunes hommes. Nous avons commencé à filmer la retraite de la foule. Je tenais une caméra et mon collègue portait une veste avec écrit « France 24 » en grosses lettres.

                  Quelques secondes plus tard, j’ai senti que j’étais touché par la grenaille de plomb. J’avais été blessé par derrière, au niveau des jambes et des fesses. Mon collègue était blessé aussi et j’ai vu plusieurs autres jeunes hommes atteints aux yeux et au cou. J’ai été transporté dans une clinique privée de Tunis, où les médecins ont extrait les grains. Ils ont pu en retirer 14 sur 30 mais ils ont dit que les autres étaient entrés trop profondément pour qu’on puisse les enlever. Les grains extraits étaient en plomb.

                  Hamdi El Brairi, un lycéen de 15 ans, a déclaré que lorsqu’il est arrivé au lycée le 28 novembre, la police a dit aux élèves de rentrer chez eux. Sur le chemin de sa maison, dans le quartier El Salah, vers 10h30, il a vu des gens se rassembler dans la rue et d’autres qui couraient dans plusieurs directions. Tout à coup il a senti l’impact de la grenaille sur son abdomen et un plomb a frappé son œil droit. Il a senti une douleur aigue, raconte-t-il, et s’est évanoui.

                  Marouene El Mbarki, 20 ans, un travailleur journalier issu du quartier Taieb Mhiri à Siliana, a déclaré à Human Rights Watch que le 28 novembre il s’était rendu comme d’habitude sur son lieu de travail, dans le centre-ville. Il l’a trouvé fermé, et l’atmosphère tendue. Il est parti chez son cousin, et vers 13h30 ils se sont rendus à la mosquée Takoua. Quand il est sorti, Mbarki a vu des gens courir dans plusieurs directions pour échapper au gaz lacrymogène. Soudain il a senti les plombs frapper ses deux yeux.

                  Bilal Bayari, un lycéen de 18 ans, avait plusieurs lésions visibles au visage et au cou quand Human Rights Watch s’est entretenu avec lui le 29 novembre. Bayari a déclaré que la veille à 16h, il était avec une foule de gens en face d’un centre culturel, lorsqu’un policier anti-émeute est arrivé et a commencé à les provoquer. Quittant le groupe, Bilal a suivi l’agent. Un autre policier anti-émeute est alors apparu soudainement de derrière un mur et lui a tiré dessus, le blessant de plusieurs plombs au visage, au cou et à l’abdomen.

                  Souhail Ahmed, un chômeur de 20 ans, a déclaré que le 28 novembre à 16h il était dans le quartier Gaa El Mezoued, au milieu d’une foule qui scandait des slogans, lorsqu’une camionnette transportant des policiers anti-émeute s’est approchée. Quatre agents en sont descendus et ont tiré des cartouches de gaz lacrymogène d’une distance d’environ 120 mètres. Ensuite ils sont remontés dans la camionnette et se sont approchés de la foule. Quand ils étaient à 20 mètres à peu près, ils sont descendus et ont tiré de la grenaille vers la foule. « J’ai vu au moins cinq de mes camarades atteints par des plombs », raconte Ahmed. « Nous les avons emmenés à l’hôpital ».

                  Source :

                  http://www.hrw.org/fr/news/2012/12/01/tunisie-la-police-anti-emeute-tire-de-la-chevrotine-sur-les-manifestants

                  Salah HORCHANI


                  • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 2 décembre 2012 12:21

                    Alors que la troïka est menacée, la contestation s’étend en Tunisie

                    Difficile période que traverse le gouvernement Ennahda, en Tunisie. Les événements de Siliana prennent une autre tournure. Les heurts qui ont éclaté mardi dernier se poursuivent.

                    Les policiers postés dans la ville sont accusés de violation et de répression. Les habitants demandent leur retrait et l’entrée de l’armée. Le mouvement de contestation s’est étendu à d’autres localités. Dans la journée d’hier, des jeunes, par centaines, indiquent des habitants à l’AFP, ont attaqué les policiers de cette ville déshéritée qui se trouve à 120 km au sud-ouest de Tunis. (Suite page 12) Mehdi Bsikri Les jeunes ont jeté des pierres sur les voitures de police qui partaient à destination de Tunis. Un agent a été blessé. Il est à souligner que les violences en sont à leur cinquième jour, avec un lot d’environ 300 blessées, dont certains grièvement. Pour apaiser la tension, le gouvernement Ennahda s’est entretenu, dans la même journée, avec le principal syndicat du pays, l’UGTT, qui revendique le départ du gouverneur local et l’élaboration d’un plan d’aide économique, ainsi que le retrait de la police. D’après l’AFP, qui rapporte les propos de trois policiers, « l’entrée de l’armée à Siliana a finalement été refusée par le ministère de l’Intérieur ».

                    Dans la localité de Bargou, à 20 km de Siliana, des jeunes ont barré une route. Ils ont également jeté des pierres. Les agents de l’ordre ont répondu par des gaz lacrymogènes. Les contestataires ont dressé des barricades à l’aide de pneus et de branches enflammées. La presse locale évoque, de son côté, des heurts qui ont éclaté dans la nuit de vendredi à samedi. Des habitants de Kef (nord-ouest du pays) et ceux de Sbeïtla (centre ouest, région pauvre de Kasserine) s’étaient respectivement opposés à des policiers. L’élan de solidarité avec Siliana a été remarqué à Tunis, la capitale, où environ 200 personnes ont manifesté sur l’avenue Habib Bourguiba. Les citoyens dénoncent la répression policière.

                    Ces villes, qui se trouvent à l’intérieur de la Tunisie, sont considérées comme des zones de tension, au vu de la pauvreté qui y sévit et du manque de solutions socioéconomiques que les citoyens attendent. Ces derniers ont été à l’avant-garde de la révolution qui a détrôné l’ex-président tunisien, Zine El Abidine Ben Ali, en décembre 2010. Les événements de Siliana sont enregistrés à la veille de la célébration du 2e anniversaire de l’éclatement de la révolution tunisienne. Le gouvernement, dirigé en majorité par Ennahda, semble ne pas répondre aux doléances élémentaires des contestataires. Les problèmes de chômage et de logement, de santé et de mal-vie n’ont pas été résolus en deux ans dans les villes intérieures de Tunisie.

                    Source :

                    http://www.elwatan.com//une/la-contestation-s-etend-en-tunisie-02-12-2012-194353_108.php

                    Salah HORCHANI


                    • Eurasie 2 décembre 2012 15:58

                      J’aime bien ces révolutions arabes, un concentré de la lutte du libéral, du laïcard et du traditionaliste.
                       
                      Avec Bodruchon on les importe chez nous, ça met de l’animation ...
                       
                      Au barbu qui dit  :
                      « Les putes c’est indigne, le voile c’est respectueux » ,
                      Au laïcard bobo qui dit :
                      « Les putes font ce qu’elles veulent par droitdelhommisme, le voile c’est pas bien »
                       Le rusé libéral répond :
                      « Uniformisation, vous aurez mes usines à putes et je fabriquerai les voiles en Chine. Je vais chier une diarrhée réglementaire pour garantir ces droits universels fondamentaux. »


                      • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 2 décembre 2012 19:00

                        Siliana : Le principal syndicat tunisien [UGTT] a annoncé la « suspension » du mouvement de contestation, après un accord avec le pouvoir

                        « Nous avons décidé de suspendre la grève générale », a annoncé Ahmed Chefaï, du bureau exécutif du syndicat [UGTT] à Siliana. « Le gouverneur est parti définitivement, il appartient au passé », a clamé le syndicaliste sous les applaudissements, ajoutant qu’une plainte sera déposée contre la police, accusée d’être responsable des violences qui ont fait plus de 300 blessés

                        L’UGTT, principal syndicat tunisien , a annoncé dimanche 2 décembre la « suspension » de la contestation à Siliana et le calme y régnait en début d’après-midi à la suite d’un accord avec le pouvoir après cinq jours de violences nourries par les espoirs déçus de la révolution de 2011.

                        Aucun affrontement n’a été constaté ni dans la nuit ni en début d’après-midi dans cette ville à 120 km au sud-ouest de Tunis, pas plus que dans d’autres localités tunisiennes, alors que la nuit précédente des heurts ont opposé policiers et manifestants dans deux régions voisines, laissant craindre une contagion.

                        « Nous avons décidé de suspendre la grève générale », a annoncé devant une centaine de personnes, Ahmed Chefaï, du bureau exécutif du syndicat à Siliana.

                        Il n’a pas précisé le durée de cette suspension, en attendant la mise en oeuvre de l’accord négocié la veille avec le gouvernement, dominé par les islamistes du parti Ennahda.

                        Mise à l’écart du gouverneur

                        « Le gouverneur est parti définitivement, il appartient au passé », a clamé le syndicaliste sous les applaudissements, ajoutant qu’une plainte sera déposée contre la police, accusée d’être responsable des violences qui ont fait plus de 300 blessés.

                        La grève générale, débutée mardi et qui a dégénéré en cinq jours d’affrontements avec la police, visait à obtenir le départ du gouverneur régional, un plan d’aide économique et la libération de 14 personnes arrêtées lors de violences sociales en avril 2011.

                        Excédés par le chômage et la misère, facteurs clés de la révolution qui a renversé le président Ben Ali en janvier 2011, les habitants de Siliana comme d’autres régions de l’intérieur déshérité de la Tunisie jugent que le gouvernement a trahi leurs attentes.

                        Le compromis trouvé avec les autorités samedi prévoit la mise à l’écart du gouverneur mais pas son limogeage immédiat, un examen accéléré par la justice du dossier des personnes emprisonnées, des aides pour soigner les blessés et un programme de développement dont le contenu n’a pas été précisé.

                        Présence policière réduite graduellement

                        Les habitants réclament aussi le départ des renforts policiers déployés dans la ville et accusés de violences excessives, en particulier mercredi lorsqu’ils ont tiré à la chevrotine sur les manifestants.

                        « Nous avons diminué le nombre de policiers et nous allons encore le réduire au fur et à mesure que le calme revient », a indiqué, sous couvert de l’anonymat, un responsable des forces de l’ordre.

                        Aucune présence policière particulière n’était visible dans les rues de Siliana, et aucun manifestant n’était présent vers 14 heures locales aux abords du principal poste de police, épicentre des affrontements.

                        Des magasins ont par ailleurs rouvert, alors que les rues portent toujours les marques des affrontements : barricades calcinées, des pierres par centaines jonchant le sol, tout comme les restes des grenades lacrymogènes tirées par la police.

                        « Nous avons gagné »

                        « Enfin je peux faire mes achats, il y en a marre de la violence et du chaos », s’est réjoui dans la matinée Fatma, une femme au foyer ravie de faire ses courses.

                        D’autres estiment avoir gagné une première manche mais que la lutte devra se poursuivre pour que le gouvernement se penche véritablement sur les problèmes de la région.

                        « Nous avons gagné, imposé notre volonté et obligé le Premier ministre [Hamadi Jebali, NDLR] à réviser ses décisions. Mais ce n’est qu’un premier pas », a jugé Mourad, un chauffeur de taxi.

                        Les mouvements sociaux dégénérant en heurts se sont multipliés ces derniers mois en Tunisie, dans une conjoncture économique mise à mal par la crise dans la zone euro et l’insécurité.

                        Le président Moncef Marzouki, exprimant sa « peur » de voir les violences contaminer tout le pays, a appelé vendredi à la formation d’un gouvernement restreint pour stabiliser la situation. Le Premier ministre n’a pas encore répondu à cet appel.

                        Source :

                        http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20121202.OBS1113/tunisie-les-suites-de-la-contestation-en-question-a-siliana.html

                        Salah HORCHANI


                        • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 2 décembre 2012 22:23

                          Incroyable, mais, vrai ! le Ministre Tunisien de l’Intérieur a avoué aux médias qu’il ignorait le genre d’armes utilisées par ses hommes contre les habitants de Siliana !

                          Interrogé vendredi [30 novembre 2012] par les médias à propos des grenailles utilisées par les forces de l’ordre pour réprimer les manifestants à Siliana, Ali Lârayedh [Ministre Tunisien de l’Intérieur]Ministre Tunisien de l’Intérieur a déclaré qu’il n’est pas expert en la matière et n’avait aucune idée sur les armes utilisées, mais dès qu’il en a discuté avec les responsables lors d’une réunion interne, il a ordonné d’arrêter tout de suite les tirs des grenailles, qui ont fait plus de 250 blessés dont certains risquent de perdre la vue.

                          S’il fallait une autre preuve de l’incompétence de ce gouvernement et de son incapacité à conduire les affaires du pays, cette confession du ministre de l’Intérieur est on ne peut plus éloquente.

                          Les Tunisiens peuvent donc se faire tuer par des armes utilisées par les forces de l’ordre dont le ministre de l’Intérieur, et, à travers lui, tout le gouvernement, n’ont aucune idée !

                          Source :

                          http://www.kapitalis.com/63-fokus/13143-tunisie-ali-larayedh-avoue-ne-pas-connaitre-les-armes-utilisees-par-ses-agents.html

                          Salah HORCHANI


                          • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 3 décembre 2012 09:39

                            La marche des borgnes

                            Une marche de solidarité haute en symboles a eu lieu [samedi 1er novembre 2012] à Tunis et plus précisément sur l’avenue Habib Bourguiba. Des jeunes ont défilé avec des pansements sur l’oeil, faisant allusion aux blessés de Siliana qui ont été atteints aux yeux par les impacts de chevrotines utilisées contres les manifestants ces derniers jours. Les slogans et les pancartes aussi étaient très éloquents ; le fameux slogan « Nous faisons don de notre sang et de notre vie pour toi, ô pays » a été malicieusement détourné : « Nous faisons don de notre sang et de nos yeux pour toi, ô Siliana »

                            Cette marche pacifique, spontanée et apolitique de quelques centaines de jeunes a mis en avant,encore une fois le talent et la créativité de la jeunesse tunisienne.

                            Sur l’une des pancartes, on pouvait aussi lire « La justice coûte beaucoup moins cher que les balles », une façon de s’exprimer sur le développement qui tarde à voir le jour dans les régions défavorisées du pays.

                            Source :

                            http://www.webdo.tn/2012/12/01/la-marche-des-borgnes/?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+webdo+%28webdo%29

                            Salah HORCHANI


                            • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 3 décembre 2012 09:48

                              Erratum

                              Remplacer

                              [samedi 1er novembre 2012]

                              Par

                              [samedi 1er décembre 2012]

                              Salah HORCHANI


                            • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 3 décembre 2012 11:39

                              À Siliana, des Tunisiens à bout contestent les islamistes

                              La petite ville tunisienne de Siliana, théâtre depuis mardi d’affrontements violents entre les forces de l’ordre et une jeunesse au chômage, réclame la chute du gouvernement islamiste et se demande ce que le « printemps arabe » lui a apporté.

                              Siliana sera-t-elle pour les islamistes modérés d’Ennahda au pouvoir en Tunisie, ce que fut Sidi Bouzid pour l’ancien président Ben Ali, le signe annonciateur de la fin ?

                              Il y a près de deux ans, le suicide d’un jeune marchand ambulant à Sidi Bouzid à qui l’on avait confisqué son étal donnait le coup d’envoi du « Printemps arabe » qui allait renverser Ben Ali puis Hosni Moubarak Egypte, Mouammar Kadhafi en Libye et Ali Abdallah Saleh au Yémen et mettre en difficulté les régimes syrien et bahreïni.

                              Deux ans plus tard, la Tunisie s’essaie timidement à la démocratie mais est toujours en proie à la pauvreté, au chômage et aux luttes intestines pour savoir quelle orientation donner à un Etat autrefois farouchement laïque.

                              Depuis mardi à Siliana, localité de 25.000 habitants située à 140 kilomètres au sud-ouest de Tunis, de jeunes hommes en colère, la plupart sans emploi, descendent dans la rue pour exprimer leur exaspération à l’encontre des islamistes modérés d’Ennahda, le parti du Premier ministre Hamadi Jebali qui dirige le pays allié à deux formations de gauche.

                              « Le peuple veut une autre révolution » ; « Ennahda, dégage ! La partie est terminée », affirment les graffitis tracés sur les murs de la ville, comme un écho aux slogans de la « Révolution de jasmin ».

                              « VOUS AVEZ PRIS NOS YEUX »

                              Les affrontements de ces derniers jours ont fait plus de 250 blessés, dont 17 personnes rendues aveugles par des tirs de chevrotine, dit-on de source médicale.

                              Le correspondant de la chaîne de télévision France 24 et son chauffeur ont été touchés mercredi par des tirs de chevrotine mais sont hors de danger. « Ça fait deux ans que je couvre des manifestations en Tunisie et je n’ai jamais vu un usage de la force aussi disproportionné. Il n’y avait aucune retenue », a expliqué David Thomson sur le site de la chaîne d’information continue.

                              La Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, a condamné vendredi que le gouvernement tunisien pour recours excessif à la violence.

                              « Vous avez pris nos yeux, mais vous ne pouvez emporter notre voix », affirme une apostrophe en rouge sur un mur.

                              « J’ai perdu mon oeil à cause de la police, voilà ce qu’a fait Ennahda. Ils nous ont attaqués sauvagement alors que nous sommes sans emploi et marginalisés. La police d’Ennahda ne fait que rajouter un problème », déclare Anis Omrani, 24 ans, un oeil recouvert d’un pansement.

                              « Siliana sera le second Sidi Bouzid. Nous allons nous débarrasser de ces islamistes qui ne connaissent rien à l’islam », ajoute-t-il.

                              Les manifestations à Siliana ont commencé mardi à l’appel du syndicat UGTT pour réclamer des emplois, des investissements et le départ du gouverneur islamiste de la région.

                              Conscient du parallèle avec Sidi Bouzid, le gouvernement a fini par mettre momentanément à l’écart le gouverneur de Siliana samedi et promis des emplois aux victimes de la « révolution de jasmin » de l’hiver 2010-2011.

                              Les manifestations de Siliana sont les plus violentes depuis l’attaque de l’ambassade des Etats-Unis à Tunis en septembre par les salafistes à la suite de la diffusion sur internet du film islamophobe « l’innocence des musulmans ».

                              « COMME LE RÉGIME DE BEN ALI »

                              Vendredi, dans un discours à la télévision, le président tunisien Moncef Marzouki a appelé le Premier ministre à remanier le gouvernement pour tenir compte des manifestations. Sinon, a estimé le chef de l’Etat, le pays risque de sombrer dans le « chaos ».

                              Mais Hamadi Jebali a rejeté ces appels. Il accuse les partis de gauche qui ont perdu les législatives de semer la discorde et d’inciter les Tunisiens des régions pauvres de l’intérieur à se tirer une balle dans le pied en organisant des troubles de nature à dissuader les investisseurs étrangers.

                              Les opposants de gauche à Ennahda sont clairement présents à Siliana. Ils accusent le gouvernement de n’avoir pas vraiment cherché à réformer les forces de l’ordre qui étaient des piliers du régime autoritaire du président Ben Ali.

                              « Le gouvernement se conduit comme le régime de Ben Ali », estime Iyad Dhamani du Parti républicain. « C’est un gouvernement arrogant qui pense que sa victoire aux élections lui permet d’utiliser les gaz lacrymogènes et la chevrotine sur les gens au lieu de leur donner des emplois et des investissements. »

                              Samedi, une manifestation a rassemblé 3.000 personnes. Les manifestants ont jeté des pierres sur les forces de l’ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogènes et procédé à des tirs de sommation de leurs véhicules blindés. Les voies autour de la ville étaient bloquées par des pavés et des débris brûlés.

                              « Siliana, tu seras le cimetière du parti Ennahda », scandaient les manifestants.

                              Une des manifestantes, qui n’a pas voulu donner son identité, a confié qu’à l’origine, elle avait soutenu Ennahda.

                              « Voilà à quoi ressemble le paradis promis par Ennahda, que nous avons élu. C’est ça qu’Ennahda a à nous offrir », déclare-t-elle en se saisissant d’une bombe vide de gaz lacrymogène. « Nous ne ferons pas cette erreur à nouveau. »

                              Source :

                              http://actualite.portail.free.fr/monde/02-12-2012/a-siliana-des-tunisiens-a-bout-contestent-les-islamistes/?bloc_actu

                              Salah HORCHANI


                              • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 3 décembre 2012 18:35

                                « Dégage ! », mot qui engage de Tunis au Caire, via Paris

                                Dégage ! : de la Tunisie à l’Egypte en passant par la France et l’Italie, cette injonction « à peine méchante », dit un linguiste, s’est imposée avec la force d’un tsunami libertaire, métaphore lointaine d’un petit mot germain à l’origine positif.

                                « C’est le mot qui court de révolte en révolte ! », lançait Marianne dans son dernier numéro [N°720 du 5 au 11 février 2011], s’arrêtant sur ce « mot-projectile » passé dans le langage courant au XXe siècle, selon Alain Rey, spécialiste de la langue française.

                                « Dégage Ben Ali ! » : la Tunisie a ouvert la voie dans la langue de Molière, renversant mi-janvier le président et le régime dont elle ne voulait plus. L’Egypte a suivi avec un slogan identique en arabe adressé au président Hosni Moubarak.

                                En France, c’est la démission de la ministre des affaires étrangères Michèle Alliot-Marie qui est désormais ainsi réclamée : « Dégage MAM ! ». Ce slogan fait l’ouverture, parmi d’autres, de la page d’accueil du site du MoDem d’Eure-et-Loir et porte le nom d’un groupe de citoyens en colère sur Facebook.

                                Plus fleuri, le « Dimettiti Buffone ! » (démissionne bouffon !) choisi le 3 février par des manifestants italiens à Bologne lassés des frasques du président du conseil Silvio Berlusconi avec la gent féminine.

                                L’origine du mot est pourtant germanique, dit Alain Rey : « wad » (caution, gage) date du Moyen Age.

                                « Dégage » renvoie à « de l’argent donné en échange de quelque chose, qu’on ne peut dépenser à sa guise. Si on le dé-gage, il devient libre. On dégage d’abord des choses, puis, par métaphore, on libère quelqu’un d’un engagement », explique Alain Rey.

                                « L’expression devient familière, voire grossière, dans la première partie du XXe siècle : on dégage pour sortir d’une situation dans laquelle on est coincé ou pour s’en prendre à quelqu’un qui ne veut pas partir », poursuit-il.

                                « L’effet produit reste, mais le contexte est totalement retourné. Politique et familiarité se sont rejointes une fois de plus », dit Alain Rey, constatant un glissement répandu « de la communication familière réservée à la sphère privée dans la sphère publique ».

                                Mais, ajoute-t-il, « +Dégage !+ c’est familier, mais ce n’est pas méchant. Avant, on aurait dit + A bas ! ou Va-t-en !+ ».

                                Source :

                                http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jP2Xrpg4UDzYdYskZy-dy0VtrB9w?docId=CNG.cc3d42cde9222337d2a279275d352881.721&index=0

                                Salah HORCHANI


                                • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 3 décembre 2012 21:24

                                  En Tunisie, les émeutes de Siliana déstabilisent le gouvernement d’Ennahda

                                  Le président tunisien, Moncef Marzouki, est intervenu à la télévision, vendredi soir 30 novembre, après quatre jours de violentes émeutes à Siliana – une ville située dans une région agricole à 120 kilomètres au sud-ouest de Tunis, où l’armée s’est déployée en fin de journée – pour réclamer la formation d’un gouvernement restreint de « compétences ». « Le problème majeur, a-t-il justifié, est que les attentes sont très grandes face à un rendement insuffisant du gouvernement en dépit des efforts fournis. »

                                  « Nous n’avons pas une seule Siliana, a poursuivi le chef de l’Etat. J’ai peur que cela se reproduise dans plusieurs régions, et que cela menace l’avenir de la révolution. » Vendredi, en début de soirée, les heurts se sont poursuivis à Siliana entre les habitants et la police, après une marche pacifique qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes sur la route menant, symboliquement, à Tunis. « Vers 16 heures, les affrontements ont recommencé entre les jeunes qui ont eu des frères ou des parents blessés les jours auparavant et la police », témoigne Ahmed Chaffaï, secrétaire général adjoint du comité régional de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), qui a recensé « 80 blessés » par gaz lacrymogènes. Les manifestants, de leur côté, ont lancé des cocktails Molotov, tandis que tous les commerces, hormis les pharmacies et les boulangeries, avaient baissé leurs rideaux.

                                  La police n’a cependant plus fait usage de tirs au fusil de chasse comme les jours précédents. Près de 300 personnes avaient alors été blessées, essentiellement par des cartouches de chevrotine, et 17 d’entre elles, touchées au visage, avaient été évacuées vers un hôpital spécialisé en ophtalmologie à Tunis. Le ministère de la santé avançait pour sa part, dans un communiqué diffusé vendredi, le chiffre de 252 blessés, dont deux civils ayant perdu l’usage d’un oeil.

                                  L’arrivée de l’armée dans la soirée a été accueillie par des exclamations de joie de la population, sans que le ministère de l’intérieur paraisse au courant de ce déploiement, ce qui traduit une certaine confusion au sommet de l’Etat. Une grande nervosité aussi, chacun ayant en tête les événements de décembre 2010, lorsqu’une autre ville du centre de la Tunisie, Sidi Bouzid, s’était soulevée provoquant par contagion, après plusieurs jours d’émeutes, le renversement, trois semaines plus tard, du régime de Zine El-Abidine Ben Ali.

                                  DES ÉMEUTES DUES EN GRANDE PARTIE À LA PAUVRETÉ

                                  Les ressorts des émeutes actuelles ne sont pas tellement différents : pauvreté, affrontements avec la police, contestation du pouvoir. Comme une bonne partie des régions du centre de la Tunisie, les habitants de Siliana souffrent d’un manque de développement persistant et d’importantes difficultés économiques et sociales. A cela s’ajoute un conflit ouvert avec le gouverneur, Ahmed Ezzine Mahjoubi, nommé il y a quelques mois par le gouvernement dominé par les islamistes du parti Ennahda et accusé de mener une politique partisane.

                                  Par-dessus tout, la puissante centrale syndicale UGTT, au coeur des évenements de décembre 2010, est entrée de plus en plus ouvertement en conflit avec le gouvernement. En septembre, Ennahda et le Congrès pour la République (CPR, le parti du président Marzouki) avaient boycotté une initiative de dialogue lancée par le syndicat.

                                  « Le point essentiel, c’est le départ du gouverneur », répète M. Chaffaï. Or le premier ministre, Hamadi Jebali, a jusqu’ici opposé une fin de non-recevoir à cette revendication, par crainte de la contagion. En octobre, déjà, sous la pression de la rue, le gouverneur de Sidi Bouzid avait dû quitter son poste quelques mois à peine après sa nomination.

                                  Les déclarations, vendredi soir, du président tunisien, allié d’Ennahda, rejoignent curieusement l’une des revendications de Béji Caïd Essebsi. A la tête du principal parti d’opposition, Nida Tounés, il avait réclamé il y a peu la nominations de « technocrates » à la tête des ministères régaliens, dans l’attente des prochaines élections promises il y a un an mais repoussées sine die. L’organisation d’un scrutin avant l’été est désormais « vitale », a estimé, vendredi soir, M. Marzouki.

                                  Source :

                                  http://abonnes.lemonde.fr/tunisie/article/2012/12/01/en-tunisie-les-emeutes-de-siliana-destabilisent-le-gouvernement-d-ennahda_1798738_1466522.html

                                  Salah HORCHANI

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