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Socialistes réveillez-vous : il faut scinder le parti en deux !

Mon précédent article a diagnostiqué la mort de la social-démocratie à laquelle nombre de dirigants socialistes veulent aujourd’hui nous convertir, alors même qu’ils ont déjà franchi un cap idéologique supplémentaire : ils sont devenus démocrates à l’américaine. Il est temps d’en tirer les conclusions.

L’actualité de ces derniers jours m’a fait définitivement prendre conscience de la maladie incurable dont souffre le Parti socialiste actuellement : figé, incapable de trancher entre une aile gauche qui se refuse à abandonner son objectif de toujours, le progrès social, et une aile droite résolument démocrate qui soutient la majorité des réformes du gouvernement, le PS n’assume pas son rôle de premier parti de l’opposition et est absent sur les questions d’actualité comme la grève des cheminots.

Cet exemple est bien caractéristique du gouffre idéologique séparant les deux ailes du PS, gouffre dont on avait déjà pris conscience au moment du référendum européen (soit dit en passant les discussions sur son fils spirituel, aussi appelé "mini-traité", ont quand même entraîné la démission Benoît Hamon) : d’un côté l’aile gauche (Mélenchon et autres) réclame l’abrogation totale du projet de réforme des régimes spéciaux des cheminots qui a pour objectif de les faire passer dans le régime général et d’un autre l’aile droite du parti (Valls, Hollande, Lang et autres) est et a toujours été favorable à cette réforme. Tout cela conduit à une absence désolante du PS dans les médias sur cette question primordiale dont le principal parti d’opposition devrait se saisir.

Que faire pour sauver le PS ? Il faut le faire exploser !
En effet, le congrès de l’été prochain me paraît être le moment idéal pour faire ce qui aurait dû être fait depuis le référendum européen : créer deux partis distincts (ce qui n’exclut pas d’éventuelles alliances électorales) pour les deux grandes orientations du PS actuel.
La désorganisation de l’extrême gauche, qui n’a pas su profiter de son nouveau statut post-CPE/Référendum lors de la présidentielle offrirait une place de choix et un électorat potentiel considérable à un nouveau parti formé à partir de l’aile gauche du PS. Ce parti pourrait alors enfin affirmer clairement ses opinions, notamment sur l’Europe (protectionnisme) ou encore sur les régimes de retraite (alignement à 57,5 ans de l’ensemble de la population) afin de créer une dynamique qui servirait la gauche dans son ensemble.
De plus, le score du MoDem (18 %) aux présidentielles, qui se définit lui-même comme un parti démocrate, a montré qu’il existe un créneau important au centre-gauche pour un éventuel parti basé sur l’aile droite du PS, parti qui pourrait siphonner un nombre important de voix des déçus du sarkozysme lors des prochaines échéances électorales. Ce nouveau parti doit être créé sous peu afin de profiter des difficultés qu’éprouve François Bayrou à organiser son nouveau parti et à retrouver une dynamique stoppée par les élections législatives.

On peut d’ailleurs noter que ce genre d’expérience fonctionne à l’étranger notamment en Allemagne avec le parti Die Linke ("la gauche"), dont la création à l’initiative d’Oskar Lafontaine (ancien du SPD qui a démissionné en 2005 pour protester contre l’alignement de Gerhard Schröder sur les politiques libérales) est un réel succès.
En effet, après la perte par le SPD de onze élections locales dans les Lander, l’élection nationale anticipée donne un résultat inédit : la droite obtient un meilleur score que le SPD, mais n’est pas majoritaire ! L’addition des scores du SPD et de Die Linke donne une majorité à la gauche : c’est l’existence de Die Linke qui a redonné à la gauche la possibilité d’être majoritaire.

Malheureusement le SPD n’ayant pas voulu céder aux quatre conditions que réclamait Die Linke pour qu’il y ait une alliance (instauration d’un salaire minimum à 8 euros de l’heure, revalorisation des petites retraites, reconstruction de la Sécurité sociale et retrait des troupes allemandes d’Afghanistan), on a finalement assisté à une alliance entre la CDU et le SPD.

Les derniers sondages donnent à Die Linke environ 12 %, et même jusqu’à 24 % d’intentions de vote, alors même que le SPD est en chute libre, mis en difficulté par son alliance avec la CDU de la chancelière Angela Merkel. Cela nous montre bien qu’il est possible de scinder le PS en deux, et que cette action aura pour effet non pas une mise en péril de la gauche dans son ensemble, mais la création d’une dynamique nouvelle grâce à l’arrêt des synthèses grotesques et la reconquête d’une crédibilité auprès des Français actuellement perdue.

C’est pour cela que j’appelle aujourd’hui tous les socialistes à se réveiller et à se rendre à l’évidence : il faut exploser le parti !


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29 réactions à cet article    


  • elric 22 novembre 2007 15:59

    c’est là une idée originale qui mériterai d’être exploré,mais attendons la suite quand même la suite des évemements en allemagne oû l’auteur prend exemple


    • stephanemot stephanemot 23 novembre 2007 13:05

      pas la peine d’aller outre-Rhin ; le parti est déjà taillé en pièces :


    • Blackeagle 22 novembre 2007 16:55

      Tout a fait d’accord avec cet article. La situation actuelle est intenable pour un régime prétendument démocratique. Il faut à nouveau proposer au citoyen une alternative crédible de transformation de la société pour sortir progressivement du neolibéralisme. Le PS avec l François Hollande pour dirigeant à passé sous silence, depuis l’accetion de ce dernier au poste de premier secrétaire, toutes les fracture présentes dans le parti. Aucun réel choix n’a été fait. Le seul but de hollande étant, par la manoeuvre politicienne de maintenir une unité de façade de son partis sans se préoccuper du contenu. Il est temps de choisir une orientation clair pour le parti. En fonction de cette derniére, un autre parti peut être créé par ceux qui ne se reconnaitront plus dans la ligne choisie.

      Mais, quand on entend hollande dire qu’il veux créer un parti encore plus globale que le PS, allant du modem à la LCR, ça fait peur.


      • saint_sebastien saint_sebastien 22 novembre 2007 17:52

        yes, il faut que le ps éclate voir disparaisse. il est completement incohérent et surtout trop mou niveau opposition


        • Traroth Traroth 23 novembre 2007 14:32

          Personne n’a parlé de « faire exploser » le PS. Vous prenez vos désirs pour des réalités. Pas facile, hein, de faire tenir dans la même phrase « il faut le faire exploser » et « il n’en reste plus rien, de toutes façons » ?


        • Forest Ent Forest Ent 23 novembre 2007 02:04

          Entièrement d’accord avec cet article. Le principal obstacle, c’est les « cadres » du PS, les appartchiks, quoi. Ils pensent presque tous à droite, du côté de leur portefeuille, et le transfert instantané de certains joueurs au club adverse montre que ce ne sont pas les idées qui les guident.

          Pour arriver à un poste « en vue » dans un parti, il faut avoir acquis une certaine notoriété. Pour cela, il faut être relayé par les médias, il faut du buzz. Pour cela, il faut donner des gages aux médias et à leurs propriétaires. Et ceux-ci penchent tous du côté du portefeuille (tous détails à ce sujet sur mon site).

          On ne peut donc avoir d’hommes politiques éligibles que soutenus par Bouygues, Arnault, et al. Ca limite.

          Tony Blair, en quittant son poste, a mentionné le sujet et ses relations avec Murdoch à mots à peine couverts. Le soutien à l’expédition irakienne a-t-il été le prix à payer pour le soutien de la presse ?

          Internet offre une opportunité d’alléger la pression des médias. Pour cela, il faudrait abroger la DADVSI. Justement, la commission Olivennes vient de proposer de la renforcer, et d’ajouter du flicage partout.

          Olivennes est le patron du groupe FNAC, sous-groupe du groupe Pinault, célèbre copain de Chirac qui lui a évité pas mal d’ennuis dans l’affaire Executive Life aux frais du contribuable.

          Olivennes est membre du ... PS.

          Il fait partie du « groupe des Gracques », dont ont fait partie aussi Jouyet, ex-PS, actuellement secrétaire d’état d’un gouvernement UMP, et de Margerie, PS, un des patrons du Crédit Agricole. De Margerie est cousin du patron de Total, qui bénéficiera bien de la privatisation de GdF et de la libéralisation du marché de l’électricité. La femme de Jouyet, Mme Taittinger, a hérité du groupe Baccarat, et est aussi cousine de de Margerie.

          Le secrétaire général de LVMH, Jamet, est un ancien dircab de Fabius. Le directeur général, Bazire, est un acien dircab de Balladur et collègue de Sarkozy. La patron de LVMH est Arnault, homme le plus riche de France, et ami personnel de Sarkozy.

          Ce ne sont que des exemples. Il y en a des centaines comme ça.


          • Rage Rage 23 novembre 2007 10:15

            Que dire de plus ?

            Oui, le PS doit se scinder, le ménage doit être fait.

            Oui, la démocratie est en otage, car derrière les étiquettes, on a finallement toujours les mêmes issus des mêmes milieux et des mêmes cercles.

            Bien sûr, ils ne s’en vantent pas, mais ces réseaux souterrains sont ceux qui guident les choix et les paroles de certains...


          • ZEN ZEN 23 novembre 2007 18:27

            @ Forest

            A propos des relations Blair/Murdoch , tes propos semblent confirmés par ce document , si on le considère comme sérieux. Je n’ai pas eu le termps de faire les recoupements nécessaires :

            http://questionscritiques.free.fr/edito/Independent/Andrew_Grice/Rupert_Mur doch_Tony_Blair_Jacques_Chirac_190707.htm


          • vivelecentre 23 novembre 2007 08:08

            quand le ps , ou du moins un de ses membres emminants, ancien premier ministrable derape ;

            source « ouest france » :

            «  »"La polémique enfle, à Nantes, depuis que Jean-Marc Ayrault a appelé les militants PS à lui signaler « les opposants notoires » de leur quartier. L’affaire décolle le vendredi 9 novembre. Un militant socialiste « écoeuré » alerte la presse. Il dénonce un questionnaire envoyé aux 1 200 adhérents nantais. Et parle « d’agissements indignes ». De quoi s’agit-il ? Dans un courrier envoyé par Internet, le député et maire de Nantes entend en savoir plus, à l’orée de la campagne des municipales, sur les préoccupations de la population. Jusque-là, rien d’extraordinaire. Là où tout se gâte, c’est lorsqu’à la missive est adjoint un questionnaire où il est demandé aux adhérents de signaler « une situation associative particulière, la présence de relais connus ou d’opposants notoires à la municipalité ».

            « Délation, fichage, KGB... » : depuis, la droite, emmenée par la candidate UMP Sophie Jozan, s’est déchaînée. Le MoDem conduit par Benoît Blineau n’est pas en reste : « Le maire a cédé aux pires dérives ». La conseillère municipale d’opposition, qui a déjeuné mercredi avec Nicolas Sarkozy à l’Élysée, « critique sévèrement un tel climat ». Et fait agir ses amis. L’un de ses proches appelle à une manifestation, samedi, devant les grilles de l’hôtel de ville. Tandis qu’Annick du Roscoät, présidente du Centre national des indépendants (CNI), dépose plainte auprès de la Commission nationale informatique et libertés (CNIL).

            Ainsi mis en cause, le locataire de la mairie refuse de s’expliquer. « Jean-Marc Ayrault ne veut pas s’égarer dans de petites polémiques », répond Pascal Bolo, le directeur de campagne du maire, qui brigue son quatrième mandat«  »«  »


            • Plum’ 23 novembre 2007 08:20

              Oui il faut scinder le PS en deux selon le clivage Oui/Non de 2005, c’est évident. Le problème est ailleurs. Il est comment le faire pour que chacune des deux parties ait un financement correspondant au poids de ses militants ?

              Rappelez-vous ce qui s’était passé au FN entre Maigret et Le Pen. Il y avait eu scission et seule la partie la plus importante, celle de Le Pen, avait gardé l’intégralité du financement. C’est la loi qui veut ça. La partie Maigret s’est donc éteinte par manque de financement.

              Je pense que c’est là le problème majeur qui empêche le PS de se scinder en deux.


              • Traroth Traroth 23 novembre 2007 14:40

                La loi ? Dans le cas du FN, c’est simplement que le financement du parti est en grande partie assuré par Le Pen lui-même, et que le MNR n’avait pas un sou. Les partis touchent un financement en fonction de deux choses :
                - Un financement régulier en fonction du nombre de leurs élus à l’Assemblée et du Sénat. Zéro pour le FN comme le MNR. Dans le cas du PS, il faudra que les députés et sénateurs choisissent leur camp
                - Un remboursement des frais de campagne, proportionnel au nombre de voix obtenus, à condition de faire plus de 5%. C’est ça qui coulé le MNR : ne pas avoir obtenu, heureusement, 5%. Là, ce sont les électeurs qui devront trancher Reste évidémment la question des reservers financières du PS...


              • Ehooh 23 novembre 2007 11:38

                Certes le PS est le principal parti d’opposition, mais doit forcement etre en desaccord avec les reformes actuelles pour que la population ne le crois pas « mort » ? Autre question, si on est orienté politiquement a gauche ( comme moi ), doit-on forcement etre contre la droite systématiquement pour etre crédible ?


                • JL JL 23 novembre 2007 13:58

                  Ehooh «  »si on est orienté politiquement a gauche ( comme moi ), doit-on forcement être contre la droite systématiquement pour être crédible ? «  » : Vous voulez dire : doit-on être un godillot avec deux pieds gauche ? C’est ça ?


                • Ehooh 23 novembre 2007 14:30

                  JE trouve ça un peu puérile de forcement fustigé le parti politique adverse pour se donné une raison d’existé. Le PS fait cela avec l’UMP et l’UMP fait de même avec le PS et autre parti de gauche ( Je pense surtouta Copé et Devedjian que je deteste tout particulièrement, mais ce n’est que mon avis et il y en a plein d’autre). A aucun moment on a entendu parler un membre du PS ou de quelque soit le parti, dire publiquement qu’il etait favorable pour les réformes. Je trouve ça surprenant que le nombre, aucun ne soit d’accord avec les réformes actuel. Et ceci fonctionne avec tout ce que le gouvernement actuel essaye de faire passé. Je ne suis pas tout le temps d’accord avec les réformes de Sarko, mais je ne suis pas sytématiquement contre.


                • JL JL 23 novembre 2007 13:57

                  « Le coeur a ses raisons que la raison ne comprend pas » : il est inutile de faire ce genre d’analyse rationnelle puisque le PS est une affaire de famille. Ce n’est que par la désaffection de ses militants que la direction du PS réagira d’une manière totalement imprévisible aujourd’hui.

                  Ses militants c’est un trésor qu’on ne saurait partager : aucun courant n’est prêt à tenter l’aventure de la scission.


                  • Sophie Sophie 23 novembre 2007 14:39

                    Bien d’accord avec l’auteur de l’article sur la nécessité de mettre enfin en accord les structures et les idées. Mais comme certains commentateurs je ne suis pas optimiste : l’aile gauche du PS n’osera pas tenter l’aventure de la scission. Et plutôt que la configuration souhaitée, avec un nouveau parti bien ancré à gauche, et un PS social-démocrate absorbant le centre, le statuo quo délétère aboutira plutôt à ce que le PS se fasse manger d’un côté par Besancenot et de l’autre côté par Bayrou.


                    • nico T 23 novembre 2007 17:34

                      ça fait un bail que j’attend la cission du PS. Maintenant je suis au PCF dans l’espoir de voir le congrès de dissolution du parti et la création du parti de rassemblement de l’autre gauche. Dans 2 ans si rien ne bouge j’irais dans les mouvements encore plus radicaux (je parle pas spécialement de la LCR mais plutôt des anarchistes) ou bien élever un chèvre en ardèche. Quel cauchemard d’être de gauche en ce moment ! Enfin vive la grande union !


                      • vivelecentre 23 novembre 2007 17:51

                        dans un sujet sur le ps , je sors l’information locale reprise dans ouest france :

                        «  »La polémique enfle, à Nantes, depuis que Jean-Marc Ayrault a appelé les militants PS à lui signaler « les opposants notoires » de leur quartier. L’affaire décolle le vendredi 9 novembre. Un militant socialiste « écoeuré » alerte la presse. Il dénonce un questionnaire envoyé aux 1 200 adhérents nantais. Et parle « d’agissements indignes ». De quoi s’agit-il ? Dans un courrier envoyé par Internet, le député et maire de Nantes entend en savoir plus, à l’orée de la campagne des municipales, sur les préoccupations de la population. Jusque-là, rien d’extraordinaire. Là où tout se gâte, c’est lorsqu’à la missive est adjoint un questionnaire où il est demandé aux adhérents de signaler « une situation associative particulière, la présence de relais connus ou d’opposants notoires à la municipalité ».

                        « Délation, fichage, KGB... » :«  »"

                        apparement cela l’air de n’emouvoir personne

                        Faut croire que cela doit etre les methodes habituelles des socialistes ....


                        • Le péripate Le péripate 23 novembre 2007 19:38

                          Ayrault, c’est de la graine de sarkosiste....


                        • Mohamed BOUHOUCH Lecomte 23 novembre 2007 18:30

                          texte déjà envoyé


                          • vivelecentre 23 novembre 2007 19:17

                            c’est bien cela le probleme , lorsqu’un eminent socialiste encourage delation et autosurveillance, cela ne choque personne...


                          • Mohamed BOUHOUCH Lecomte 23 novembre 2007 18:48

                            Diviser le PS pour le sauver ? Peut-être. Mais le diviser en combien de mini-partis ? Le problème actuel du PS ne consiste pas en une une question d’idéal politique,d’orientation idéologique ou de programme socio-économique. Le problème du PS réside dans l’absence d’un leader rassemleur,respecté et écouté de tous.Ce qui manque au Ps, c’est un homme de la stature de François Mitterand.Actuellement trois principales fractions se sont fait connaître:celles ayant pour chefs de file Mme Royal, Fabius et DSK. A ces trois « patrons » il faudrait ajouter peut-être F. Hollande...


                            • Le péripate Le péripate 23 novembre 2007 19:32

                              Quatre « patrons » issus de la même motion, la 1, majoritaire de justesse !!!

                              Moi, perso, je me suis habitué à être minoritaire.... smiley

                              Et, quid des problèmes financiers ?


                              • ddacoudre ddacoudre 25 novembre 2007 01:13

                                Bonjour Mathieu White.

                                Bon article dans la suite de celui que tu avais déjà rédigé.

                                Je partage ton point de vue sur la scission nécessaire du PS pour lever une confusion de taille qui est l’abandon de sa lutte contre les inégalités générés par l’exploitation capitaliste pour accepter l’idée que dans une économie libérale seule la loi du marché dans une concurrence non faussé peu les réguler, bref le mythe d’Hayek ou de Rawls. De ceux qui pensent que la vie n’est qu’un échange commercial sans philosophie ni morale. Lire mon article « c’est quoi être libéral aujourd’hui ».

                                Dés 1993 j’avais mis en garde contre cette dérive en disant que l’on ne peut garder le nom d’un vin qui ne correspond plus à son contenu. Les choses auraient eu l’avantage d’être claire et ceux qui ne se seraient pas sentis à leur aise dans ce que pudiquement ils appelaient la réalité de la loi du marché pour ne pas dire la réalité capitalistique, aurait certainement franchit le pas plutôt que vouloir infléchir sa ligne.

                                Après les européennes j’écrivais ceci à un ami le 23 01 06

                                C’est un peu long mais j’y explique clairement pourquoi il faut un nouveau PS ou autre, bref une opposition idéologique forte, même en étant d’essence libérale.

                                « Depuis lors, le référendum a donné le refus de cette constitution majoritaire et il ne manque pas de débats sur le sujet ; je les regarde parfois, mais ne m’apportent rien sur le fond dans l’immédiat. Si ce n’est que une fois de plus les bons penseurs désignent des vainqueurs et des perdants. Pourtant choisir quel type d’organisation sociale une population souhaite n’est qu’un acte minimum dans une démocratie, mais ils semblent que tous les acteurs politiques n’ont pas la même approche de la démocratie ; surtout quand ils sont dans la sphère des « dominants systémiques » qui organisent la compétition du moins disant.

                                Pourtant ce non à la constitution en France est à distancier. S’il n’est pas un refus de l’union européenne des peuples pour les « européanistes » il l’est pour les souverainistes et nationalistes.

                                Si ces derniers peuvent se satisfaire de leur refus, les européanistes n’ont aucune garantis de la prospérité de leur refus s’ils ne trouvent pas une traduction politique au refus de la majorité des français, même souverainistes et nationalistes, à l’Europe de la loi du marché Pour deux raisons :

                                - La première est que le monde dans sa grande majorité s‘est mis à la loi du marché impulsé par une vision idéologique de la richesse car basé sur la conviction d’une croissance exponentielle dans la production de biens et services.

                                De telle manière que tous les acteurs sociaux et les populations, même quand ils refusent cette vision idéologique, y concourent par leurs actes quotidiens de consommateurs et de producteurs. Ce qui de fait renforce les tenants de la loi du marché, car ils savent qu’ils n’ont qu’à attendre puisqu’il n’existe pas d’opposition effective formalisée et structurée en une puissance de contrepoids ou de contre-pouvoir.

                                Qu’il n’existe aucune forme de pensée nouvelle source d’une utopie créatrice. Ils savent très bien que même si leurs opposants accédaient au pouvoir ils ne trouveraient aucun appui international puisque tous les anciens pays non alignés se sont ouverts à la loi du marché, et pratiquent dans leur ensemble une politique monétaire identique fondée sur une monnaie forte qui contraint et limite l’action régulatrice des États.

                                -  La deuxième est qu’il y a eu une inversion des valeurs qui brouille les grilles de lecture de la plupart des citoyens. Déjà dans le milieu des années 80, à partir des années 85 les salariés se sont arc bouté sur la défense de leur acquis et devenaient de fait au fil du temps conservateurs, tandis que le patronat réclamait la remise en cause de ces acquis et des allégements fiscaux : c’est a dire qu’il revendiquait.
                                -  Ainsi la base traditionnelle de la grille de lecture sociale dans une économie capitalisatrice c’est inversé. Les salariés de revendicatifs sont devenus conservateurs et le patronat de conservateur est devenu revendicatif. Ceux qui revendiquent sont classés comme modernistes ou réformateurs et les autres comme des réactionnaires. Or dans cette inversion des comportements la disponibilité du salarié est classée comme une modernité, tout en fustigeant les coûts sociaux générés par l’incertitude de la compétition. Compétition où l’on confond guerre économique et émulation commerciale. Et l’on peut comprendre que si les salariés français conçoivent que nous puissions nous trouver dans une guerre économique vis à vis des autres pays du monde, ils puissent trouver anormal qu’au nom de la paix entre les pays d’Europe, l’union européenne propose une compétition économique entre eux dont ils ne seront pas les bénéficiaires.

                                Ceci d’autant plus que dans son discours de bonne année le président de la république a mentionné dans ses vœux pour l’Europe que nous nous dirigerions vers une moyennisation, sans en préciser la nature, ce qui est inutile quand l’on sait lire entre les lignes.

                                Ainsi si ce non sépare politiquement les citoyens sur ses fondements, il les relie dans leur opposition au système libéral de la loi du marché (capitalistique) et c’est là une difficulté qu’il ne faut pas voiler. Ceci car dans la monté du fascisme d’avant 40 également les difficultés générées par le système libéral d’alors se trouvaient pointées du doigt, et ceux qui avaient la même analyse économique n’avaient pas les mêmes buts politique.

                                Si dans les années trente les bolcheviques étaient l’ennemie extérieur, aujourd’hui l’ennemi extérieur c’est l’immigré et les pays musulmans, je ne recherche pas à savoir en l’espèce si c’est fondé ou non ; quarante neuf pour cent des français le pensent.

                                Ce qui laisse penser que s’il doit dans la suite de ce non y avoir des manifestations d’opinions ou de revendications, les syndicats et les parties nationalistes n’ont pas le même but, et nous risquons de nous retrouver dans une situation analogue à celle de 1934 avec la CGT d’alors qui s’opposait au fascisme rampant.

                                Ce non n’apporte aucune solution dans l’immédiat, d’autant plus que les partisans du oui sont à leur encontre plutôt méprisant d’après les débats que j’ai pu suivre. Et la réponse du chef de l’État sera inefficiente car il ne dispose pas des moyens budgétaires pour satisfaire la demande sociale, et si jamais le débat se poursuit dans la rue, la nomination de Sarkozy est très indicative de ses intentions, en plus de servir ses intérêts de présidentiable.

                                Comme je te l’avais écrit dans mon précédent courrier, cela serait bien si les difficultés que rencontre le PS pouvaient déboucher sur une nouvelle formation politique.

                                Une formation qui soit capable d’utopie afin de regrouper et refondre tous les partis socialisants qui restent accrochés à leurs vestiges, qui, s’ils demeurent pertinents dans leur analyse ils ne le sont pas dans leur aboutissement politique.

                                Car ils ne reformulent pas de propositions qui ne soient pas inscrite dans le processus de la loi du marché via la conversion de la demande qui est suggéré par la recherche d’une croissance qui nourri le système qu’ils dénoncent.

                                Donc à partir de ce non peut émerger une nouvelle « sociale utopie » qui replace au travers du libéralisme l’individu au centre de ses préoccupations et non pas l’argent et peut-être rappeler que libéralis signifiait homme généreux et qu’être libéral signifie aussi être tolérant.

                                Ce qui me paraît être deux valeurs qui ont totalement disparu du langage de ceux qui justement se disent être des libéraux, et ne proposent comme réalité que l’acceptation de la guerre économique qui est là.

                                Là aussi il y a eu un glissement linguistique qui caractérise les quiproquos qu’entretiennent les discours politiciens. Car le libéralisme était censé sortir les êtres du statut d’esclave ou de sujet et de fait nous le sommes devenus de l’argent et qui plus est avec les accords de Maastricht c’est la Banque européenne qui détient le pouvoir sur la monnaie.

                                Il est donc difficile de penser que ces accords n’aient pas eu une influence sur la dégradation des conditions de travail et de rémunération, sinon pourquoi les avoir fait. Ce n’est pas ce non qui va changer cela, sauf s’il se structure et prend une dimension internationale et s’appuie sur les courants alter mondialiste et autres.

                                Je ne pense pas que le pouvoir de la rue soit de nature à transformer les structures financières, pour cela il faut disposer du pouvoir politique. Or ce dernier a organisé la séparation du pouvoir politique et du pouvoir financier, ce qui oblige les gouvernants à alourdir les prélèvements pour disposer d’une marge de manœuvre, et ne pas faire du déficit, tout en promettant la réduction des charges et des impôts. Ce qui laisse comprendre qu’une tranche moyenne de la population soit plus particulièrement pressurisée car les plus démunies sont exonérés et les plus riches dont les grands groupes sont incités aux créations d’emplois via des mesures de dégrèvement et d’exonération ; ce qui laisse la charge des prélèvements sur les autres. Cette situation, sauf tour de passe passe a transformé les chômeurs en précaire du travail partiel, n’a pas d’issus en dehors d‘un choc qui viendra de la cherté du pétrole et de l’aggravation de la pollution mondiale, ou du glissement vers une Europe fascisante déjà en cours ».

                                Besanceno est sur les rangs, je ne crois pas que Bayrou soit de nature à modifier le schéma général.

                                L’enjeu est énorme préparer la France à la transition du développement d’une nouvelle source de richesse qui ne se basera plus seulement sur la production exponentielle de biens ou de services à but exclusivement lucratifs. Cette seule transition peu être génératrice d’emploi, mais il faut qu’elle puisse se formuler dans un projet politique de la taille d’un plan marshall. Sinon elle ne sera que des grenelles de bonnes consciences. Mais c’est déjà un caillou de plus.

                                Cordialement.


                                • Mathieu P. Mathieu White 25 novembre 2007 12:19

                                  La lettre est très intéressante et reflète bien ce que pense beaucoup de socialistes aujourd’hui. Pour ma part je considère que la branche « démocrate » du PS n’est pas vraiment de gauche, car selon moi la gauche c’est avant tout le progrès social. Votre analyse sur la perception d’une gauche conservatrice et d’une droite résolument progressiste vers laquelle glisse l’opinion est très juste, j’en ai moi même fait plusieurs fois le diagnostic en privé, et c’est selon moi le positionnement démocrate d’une partie du PS (notamment une très grande partie de ses dirigeants) qui en est à l’origine.

                                  Arrêtons le massacre et scindons le PS, je suis persuadé que la base (qui a voté majoritairement contre le traité européen) suivra Mélenchon & co, mais encore faut il qu’ils aient le courage de créer un nouveau parti. Ce ne fût pas le cas après le référendum...


                                • Gilles Gilles 25 novembre 2007 11:33

                                  Le « P » de PS c’est « parti », OK.

                                  Mais le « S » ? Singe ?

                                  NON ?...ne me dîtes pas que c’est S pour ’socialiste", quand même

                                  heu, ça veut dire quoi « socialiste » , papa ?


                                  • ddacoudre ddacoudre 25 novembre 2007 20:00

                                    bonjour gilles.

                                    tu ne me feras pas croire que tu l’ignores puisque c’est une partie intégrante de l’humain qui englobe sa dimension économique, avant que cela ne s’inverse et pose problème, puisque notre être n’est pas réversible.

                                    cordialement.


                                  • ddacoudre ddacoudre 25 novembre 2007 22:33

                                    Bonjour Mathieu

                                    merci pour ta réponse.

                                    Il est vrai qu’historiquement ce que nous appelons la gauche c’est caractérisé par la recherche de l’amélioration des conditions de vie des travailleurs, avec les deux tendances socialisantes, une par lutte politique dans le respect de la république assise sur des concepts libéraux. L’autre par la conquête du pouvoir par la révolution prolétarienne. Cela jusqu’à ce que le progrès social devienne une source de marché profitable, et donc, ne soit pas le privilège des gens de gauche exclusivement.

                                    Sauf que lorsque l’on en fait une analyse approfondie il n’échappe pas aux observateurs que la structure capitalisatrice n’en est pas l’inspiratrice, mais la cause. Et l’on ne peut tout de même passe se flatter, qu’en étant des exploiteurs de la condition humaine l’on ait motivé les plus transgressifs à organiser une opposition (parfois insurrectionnelle) d’où est né le progrès social que nous connaissons aujourd’hui, dans lequel ce même capitalisme c’est investi pour poursuivre ses même fins « exploitatrice ».

                                    Alors des théoriciens de l’économie ont fait de ces relations « de maître à esclave » renommer le louage de service, des règles de comportements qui s’induisent les unes les autres que l’on à appelé la loi du marché qui veut tout et rien dire, puisque cette loi va dépendre de la manière dont l’on va comptabiliser notre activité économique, et cette comptabilisation demeure celle qui induit nos comportements capitalistique. Alors l’on peut bien donner le nom que l’on veut à la relation d’échange, si on la comptabilise toujours de la même manière elle donnera les mêmes résultats.

                                    Alors comment pouvait-on imaginer que les socialistes gérant sur les mêmes bases cela conduirait à un résultat différent. La tentative de Mitterrand d’équilibrer les puissances financières par les nationalisations bancaires fut l’échec d’une ignorance de gens de gauche qui n’ont pas su aider politiquement le pouvoir socialiste à instaurer d’autres règles libérales que la domination capitalistique. Pouvait-il en être autrement puisque les règles comptables qui déterminent nos salaires et notre pouvoir d’achat sont issus d’une comptabilisation capitalistique qui nous garde dans ce concept relationnel. Je pourrai presque dire par une image que le peuple de gauche (socialiste) aura creusé sa tombe, parce qu’ils n’ont à l’esprit que la notion sociale comme caractéristique de la gauche, alors que leurs comportements d’acteurs économiques sont capitalistiques. Ainsi comme je le disais au début, ce concept de capitalisme n’est qu’exploiteur, et ce n’est que par le conflit que l’on en extirpe sa part.

                                    Comme nous le voyons aujourd’hui ce ne sont plus ces notions de luttes pour le progrès social qui sont à l’ordre du jour, ce serait plutôt l’inverse, et sans aptitude transgressive il n’y a qu’asservissement.

                                    Donc si un nouveau PS ou autre ne développe pas d’autres types de relations libérales économiques (dans ce sens, c’est-à-dire une philosophie débouchant sur l’économie, l’économie comme moyen, non comme fin) nous ne changerons rien.

                                    Sauf lorsque la guerre pour les matières premières nous conduira à la régression pendant que ceux qui jouent et spéculent sans autres fins que de nous y conduire, iront se mettre à l’abri dans les nouveaux pays riches.

                                    Ce n’est pas inéluctable sauf que dans cinquante ans à l’échelle de la planète c’est à notre seuil.

                                    Cordialement.


                                  • cza93 cza93 26 novembre 2007 15:46

                                    C’est vrai, j’avoue que, comme nombre de socialistes aussi bien de l’« aile gauche » que de l’« aile socio-démocrate », j’ai l’impression de ne plus avoir beaucoup de choses en commun avec les copains de l’aile d’en face (moi je suis aile gauche « décomplexée » !) ...

                                    Alors la scission, pourquoi pas ... mais c’est risqué quand même, il va y avoir des dommages collatéraux, des morts dans chaque camps ... Comment faire pour que cela se passe dans une relative sérénité, sans amertume, sans chantages divers, en partageant équitablement les actifs et les outils, sans se bagarrer comme des chiffonniers pour récupérer les militants qui n’auront pas encore pris leurs jambes à leur cou ... bref comment parvenir à un divorce à l’amiable dans lequel chacun s’y retrouve ? ... et dans lequel nous puissions nous reconstituer rapidement en force politique d’opposition efficace, efficiente, visible, de poids ? Sur les grands enjeux, chaque portion du PS scindé, à elle seule, ne sera pas suffisamment fournie pour peser électoralement, il faudra donc des accords, au moins au début entre les 2 portions ... Jusqu’au moment où on s’avisera qu’il serait plus afficace de fusionner ... ... difficile à évoquer sans avoir l’air de mener une discussion du café du commerce !

                                    D’un autre côté, ménager la chèvre et le chou pendant 10 ans comme l’a fait Hollande, on voit où cela mène !!!

                                    Donc en attendant, plutot que de tendre vers une rupture irrémédiable, nous sommes plus de 1300 en 5 mois à avoir rejoint Gauche Avenir et signé son appel ... venez jeter un coup d’oeil, et si le menu vous convient, venez réfléchir avec nous à la reconstruction d’une gauche « de gauche », ouverte aux militants et sympathisants ... de gauche tout simplement ...

                                    http://www.gaucheavenir.org/

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