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Société de cour

Au terme de ses deux années de présidence, force est de constater que l’Elysée s’est peu à peu transformé en société de cour. La suite gouvernementale auto-entretient l’autisme et l’aveuglement présidentiel par peur de la disgrâce. Cette dernière renforce constamment à coups de ronds de jambes, les certitudes de Nicolas Sarkozy sur sa destinée messianique…

En 1933, l’historien et sociologue allemand Norbert Elias avait réalisé une thèse sur “la société de cour” à l’époque de l’ancien régime. Il montrait et les parallèles sont parfois saisissants que la cour est une société à part entière avec ses différents cercles d’influence. On a tous encore en mémoire, ce fameux G7 où Sarkozy réunissait ses ministres favoris.

Norbert Elias expliquait que le Roi utilise la cour pour maintenir la noblesse (son gouvernement ?) sous sa coupe. Pour le monarque il s’agit bel et bien d’un « instrument de domination ». Le roi cherche à maintenir un équilibre dans un contexte de tensions et de rivalités permanentes. Dans la cour tout dépend du roi, il n’y a pas de place pour l’initiative individuelle. L’action d’Etat devient une action personnelle.

Entre humiliations et bonnes grâces…

Ces leçons de l’Histoire sont étonnamment d’actualité. Nicolas Sarkozy est dans une stratégie de violence constante, il distille les bons points et les reproches au milieu de ministres qui s’épient et se détestent. En cas d’échec, il ne cherche jamais à se remettre en question mais s’efforce de faire tomber les têtes des premiers responsables venus…

La semaine dernière, nous en avons eu un exemple assez probant avec le rejet du projet de loi Hadopi, Roger Karoutchi et Jean-François Copé en ont par la suite essuyé les plâtres. Nicolas Sarkozy est devenu au fil du temps un adepte de l’humiliation publique, il aime faire savoir lorsqu’il est en colère. Yves Jégo en sait quelque chose

Nicolas Sarkozy a bâti un gouvernement composé d’un certain nombre de personnalités politiques moyennes qui savent pertinemment ce qu’elles lui doivent. Leurs carrières politiques ne peuvent perdurer qu’à travers lui. La survie du régime c’est avant tout la leur. Elles ont dès lors choisi de subir et d’encaisser ses traitements d’un autre âge à défaut d’avoir une autre alternative…

Mais notre président s’est également faire preuve de mansuétude pour récompenser ses fidèles. Et tant qu’à faire, il le fait avec ostentation comme à son habitude. Outre la nomination de François Pérol qui a défrayé la chronique, nous avons appris récemment que la dernière promotion de la légion d’honneur accueillait en son sein, plusieurs amis intimes du Président. On pourrait citer entre autres : Vincent Bolloré, Dominique Farrugia voire Max Gallo. Ce dernier affirmait il n’y a pas plus tard qu’une semaine dans Le Parisien que notre président était dans la ligne droite « des républicains d’autorité dans la tradition de Gambetta, Clémenceau, Mandel, Mendès France et de Gaulle ». Coutumier de ce genre de flagorneries, le non-historien a bien mérité sa breloque.

Un aveuglement entretenu

Nicolas Sarkozy continue à penser qu’il ne doit son élection qu’à lui-même. Il considère toujours qu’il est dans le droit chemin et qu’il est victime d’un contexte économique particulièrement défavorable. A aucun moment, il ne cherche à remettre en cause sa propre personnalité car il estime que c’est en partie grâce à elle que les français l’ont élu. Il pense que s’il se met à écouter les critiques qui lui sont adressées, il sombrera dans l’immobilisme comme tous ses prédécesseurs.

Le rôle de ses proches serait pourtant de faire écho à la révolte des classes populaires qui avaient en grande partie voté pour lui en 2007. Mais ils n’osent le faire par peur de se mettre en porte à faux ou tout simplement par crainte de perdre le peu de légitimé qu’ils ont réussi à glaner.

Nicolas Sarkozy tire donc les mêmes conclusions des grèves de 2008-2009 que celles des soulèvements paysans du XVIème siècle. Pour lui, la rébellion de la population n’est jamais qu’un avatar du devoir de fidélité envers sa personne. Ce n’est pas lui qui est en cause, ce sont les ministres qu’il a placé et qui appliquent maladroitement ses directives. Il considère dès lors qu’il ne peut compter que sur lui même et cherchera de plus en plus à prendre réformes et problèmes à bras le corps. Cela renforcera inévitablement son incapacité à déléguer. Tout passant désormais par lui et par lui-seul…jusqu’au désastre final ?

http://reversus.fr/


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