Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Politique > Solidité contre nervosité

Solidité contre nervosité

Trois heures de débats plus loin les deux finalistes de la présidentielle ont globalement confirmé l'image qui colle à leur personne. Le seul élément nouveau, c'est s'avoir trouvé en Nicolas Sarkozy un fauve aux griffes et aux crocs élimés alors que François Hollande, que ses adversaires dépeignaient comme une anguille, s'est révélé un requin marteau pilonnant avec efficacité un président sortant contraint, faute de projet, à défendre son bilan.

Tous les commentaires des éditorialistes n'y changeront rien. De guerre de mouvement l'affrontement Sarkozy-Hollande a tourné à une guerre de tranchées qui a renforcé les partisans mais lassé un peu plus une majorité d'électeurs saturée par une campagne qui semble interminable.

La nervosité de Nicolas Sarkozy était connue, elle a été relativement maîtrisée. Le président sortant a surtout démontré que seul contre beaucoup, sujet à un rejet massif et donné battu par tous les sondages il conserve une remarquable pugnacité. De son côté François Hollande confirme sa lente métamorphose d'apparatchik socialiste en homme d'Etat, solide, rassembleur et fin connaisseur des dossiers.

Il serait pourtant illusoire de penser que sur le plateau tv se trouvait un magicien, un sauveur qui demain permettra à notre pays de passer entre les gouttes d'une crise qui frappe le vieux continent. C'est bien de la capacité du futur Chef de l'Etat à s'entourer d'hommes de qualité, à tendre la main aux forces vives de la nation, à résister aux corporatismes et intérêts particuliers que viendra le salut. Il lui faudra également mélange faire preuve de rondeur, de détermination, de probité et de valeurs. A cette seule grille d'analyse François Hollande se détache nettement.

La disparition de Georges Pompidou en avril 1974 a eu pour incidence de recaler notre calendrier politique sur le mois de mai, période de l'année qui depuis Charlemagne et les champs de mai jusqu'aux Etats Généraux a toujours été celle où notre peuple s'est choisi un chef. Mais la désignation ou l'élection n'est pas une fin en soi. Le 7 mai au soir constituera l'ouverture d'une séquence politique particulièrement délicate au regard de la conjoncture économique. "C’est maintenant que les ennuis commencent" devait déclarer Léon Blum en 1936. La formule n'a pas pris une ride. Le vainqueur de dimanche soir l'aura assurément à l'esprit.

Crédit photo : Benjamin Géminel


Le débat Hollande - Sarkozy en moins de 3 minutes par LeNouvelObservateur


Moyenne des avis sur cet article :  4.25/5   (16 votes)




Réagissez à l'article

4 réactions à cet article    


  • ottomatic 3 mai 2012 10:22

    Ben, du peu que j’ai regardé, hollande y a perdu...


    PS : je ne vote pas dimanche, donc pas d’accusation d’être pour X ou Y...

    • lsga lsga 3 mai 2012 11:30

      Au final, Nicolas Sarkozy s’est pris une raclée monumentale


      (x_x)Q_(’_’ )

      Cela faisait longtemps qu’on avait pas vu une telle raclée. Lui qui roulait tellement des mécaniques a été dominé sur tous les sujets tout le long... Hollande l’a remis en place sur chaque chiffre, chaque proposition... 

      Le seul moment ou Sarkozy a légèrement pris l’avantage, cela a été sur l’immigration. Pourtant, même là il s’est retrouvé dans les cordes. Hollande a rappelé ce que les électeurs FN savent : Sarkozy est pour le vote des immigrés, et il ment pour séduire l’extrême droite. Idem sur le nombre d’immigré, Hollande a dit ce que les électeurs FN savent : sous Sarkozy l’immigration a considérablement augmentée, alors qu’il promettait déjà en 2007 de la réduire de moitié.

      L’écart entre les deux avant le débat était de plus de 6pt. Cet écart a encore été creusé. Et malgré tout, il continue à dire :

      ’ça se jouera dans un mouchoir de poche’, ’préparez-vous à une surprise’

      j’ai envie de dire : préparez vous à une fraude électorale basée sur l’utilisation du vote électronique. Préparez vous à la réélection surprise de Nicolas Sarkozy de 50,3%.

      • musashi 3 mai 2012 17:10

        Pas de surprise, 2 bons débatteurs dans leur style respectif.

        Hollande toujours dans l’illusion et Sarkozy dans la division....dommage que le discours de Bayrou n’ait pas convaincu.


        • RBEYEUR RBEYEUR 3 mai 2012 19:03

          « …Le seul élément nouveau, c’est s’avoir trouvé en Nicolas Sarkozy un fauve aux griffes et aux crocs élimés alors que François Hollande, que ses adversaires dépeignaient comme une anguille, s’est révélé un requin marteau pilonnant avec efficacité un président sortant contraint, faute de projet, à défendre son bilan… ».

          Nicolas Sarkozy doit rendre compte de son action passée dont il propose la projection sur les cinq futures années.
          En effet, la raison d’être du renouvellement de son mandat ne peut être que de valoriser, consolider et poursuivre une action déjà engagée.
          Il va de soi que présenter un nouveau projet serait la déclaration formelle d’un échec cuisant du précédent, soit une candidature ridicule et inconvenante.
          Il n’est pas donc possible de reprocher à Nicolas Sarkozy une absence de projet puisque celui-ci existe dans une action déjà engagée.

          Par contre, François Hollande doit, en tant que challenger, prouver le bienfondé de sa candidature de la manière la plus formelle, la plus rigoureuse et la plus exhaustive.

          C’est dans cette obligation que se justifient les trois débats contradictoires envisagés.
          Ils auraient pu être :
          -Le premier où François Hollande est investi de la mission d’auditer rigoureusement le bilan de Nicolas Sarkozy en s’appuyant sur tous éléments drastiques dont la véracité, l’authenticité et la pertinence sont démontrés et vérifiés.
          -Le deuxième où François Hollande expose exhaustivement son projet, domaine par domaine, sous l’examen critique de Nicolas Sarkozy.
          -Le troisième où Nicolas Sarkozy est investi de la mission d’auditer les compétences de  François Hollande à conduire le projet qu’il a exposé, par l’analyse de ses expériences passées et l’examen des résultats effectifs, matériels et concrets obtenus en rapport avec les compétences exigées du mandat.

          Je pense que c’est dans ces conditions que les citoyens auraient pu se faire une idée plus objective des valeurs en présence.

          Ce n’est certainement pas à partir du débat « fourre-tout »,  anarchique et en forme de pugilat verbal auquel nous avons assisté jeudi dernier que l’on aura pu obtenir ce résultat.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès