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Accueil du site > Actualités > Politique > Somptueux hommages à Jules Ferry et Marie Curie

Somptueux hommages à Jules Ferry et Marie Curie

Non moins solennelles que sa remontée de l'Arc de triomphe le matin après avoir été investi sous le faste républicain pour raviver la flamme du soldat inconnu, furent ces deux visites dans l'après-midi, statue des Tuileries et l'Institut, l'Hôtel de Ville avec cet air ravi de Pierre Moscovici ensuite avant que de rejoindre la Chancelière allemande à Berlin pour sa première entrevue personnelle avec l'ogre européen…

 

Si l'école fut souvent à l'image de ses pères, souvent auraient-ils dû également la concevoir à l'image de ses enfants avant tout… On ne peut pas dire qu'elle est vraiment belle cette statue du Jardin des Tuileries où l'on trouve la femme et l'enfant placés en-dessous de l'homme Ferry pour bien sûr rendre les honneurs à l'institution scolaire… Et que n'a-t-il d'autre à faire notre nouveau Président que d'essuyer l'épuration des effectifs passée, la suppression de l'école de formation des maîtres rapidement remise en fonction si ce n'est que d'avoir en plus à remonter l'image de quartiers défavorisés, laissés pour compte des mauvaises répartitions budgétaires ? Vendre de la lessive aux Chinois ou former nos jeunes ? Telle est la question…

Il y a un moment où il faudrait savoir, même si finalement ces deux orientations différentes sont amenées à fonctionner ensembles. Car c'est un peu là qu'il la saisit l'école, dans les retranchements de son élitisme, appelée à redevenir gratuite (?), redevable du refus des exclusions. Grand chantier propice à remaniements que sont le dossier scolaire et plus tard, celui de la recherche dans la pochette de l'Éducation, ils ne quitteront pas le quinquennat d'un François Hollande émouvant de sérieux… Malgré l'époque à dominante coloniale dont est issu l'homme Ferry qui n'empêchât pas Clemenceau de bondir dans son fauteuil dont il tenait également à rappeler l'origine, François Hollande relance l'effort à poursuivre tout en invitant à ne jamais baisser l'attention ; que les manches sont déjà relevées et qu'elles n'attendent qu'à oeuvrer… L'idée n'est pas de lui mais ce sont leurs idées de projets qui n'ont jamais voulus être financés parce que trop innovants dont il se porte le garant.


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12 réactions à cet article    


  • bakerstreet bakerstreet 17 mai 2012 10:26

    Vous avez raison de rappeler que les nécessites finalement de l’éducation et du commerce vont ensemble, et qu’il est une chose de former de beaux esprits, mais qu’il faut tout autant leur garantir un avenir.
    ( mais ce n’est tout de même pas nous qui vendons notre lessive aux chinois, le marché avec eux est un vrai marché de dupes uniquement valable pour les investisseurs dont le seul objectif est d’augmenter leur marge, principe consacré maintenant comme principe de gouvernance.....)

    Et je dirais même que c’est en leur donnant des espérances, ressuscitant celles-ci, que l’école retrouvera le rôle intégrateur qu’elle a perdu.
    Jadis, en effet, son rôle n’était pas contesté, car elle était le socle de l’intégration et de l’émancipation, et son autorité en découlait.
    Il en est de l’autorité d’une institution autant que celle d’un père : Si vous êtes désavoué dans vos buts, alors vous perdez toute attraction et toute autorité.
    .
    Au politiciens d’œuvres maintenant à une ré- industrialisation de la France, objectif noble, et qu’on espère suivi de résultats.
    Tout autant que d’un renouveau de l’agriculture, en tenant compte de l’écologie, et d’une indépendance alimentaire que le pays a perdu : Ce qui serait source d’emplois, de qualification et d’espérance.

    Il est enfin terminé, ce temps des langues de bois, faisant l’apologie des services, et du tourisme,dans laquelle nous étions appelé à nous développer, véritable escroquerie intellectuelle, politique, et suicide d’un peuple.
    J’ai trouvé cet hommage à Ferry émouvant, écartant le coté colonial, qui à l’époque du positivisme était d’ailleurs vu autrement.
    Le progrès, la science et la culture européenne étaient vus comme des valeurs supérieurs incontestables, et ce, même à l’intérieur du pays, où les gens abandonnaient leur langue régionale, pour se conforter à un modèle que bien peu critiquaient.


    • Soi Même 17 mai 2012 14:50

      petit rappel un éminent personnage.

      <C’était oublier l’apologue de la colonisation. Car Ferry fut aussi celui qui établit les protectorats français sur la Tunisie et l’Annam (le Vietnam), nourrit de grandes ambitions pour la France en Afrique noire, et déclara un jour que « les races supérieures (...) ont le devoir de civiliser les races inférieures ». Une phrase qui provoqua de vives discussions à la Chambre des députés le 28 juillet 1885. Et sur laquelle François Hollande doit aujourd’hui s’expliquer.>

      http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/05/15/jules-ferry-le-colonisateur-suscite-la-controverse_1701252_1471069.html

      Où l’art est la manière de réconcilier les inconsolables de cette France coloniale, on pouvait s’attendre que cette page est tourné, et bien ce n’est pas le cas
      Cela reviens par la grande porte !

      Pourquoi ?, il avait le choix par exemple Victor Schoelcher, un beau symbole pour honoré ce que doit être l’Éducation nous rendre Libre et Adulte.

      Et non on préfère, un symbolique personnage sulfureux qui symbolise l’asservissement !

      Honte à Hollande, il définir bien ce que son action ne va pas être une sinécure pour les Français.
       
      Et cela se confirme aussi dans le choix de Marie Curie, et son choix de poursuivre avec l’EPR !

      On est fixé, on a éliminé un furieux, pour le remplacé par un démagogue roublard !


      • bakerstreet bakerstreet 17 mai 2012 15:32

        Soi-même

        Ce que vous dites est très vrai, mais est à remettre dans le contexte de l’époque. S’il y eut des esprits novateurs, comme Auguste Conte, pour se dresser contre le colonialisme, la plupart des gens s’accordaient à penser que c’était un progrès offert aux peuples.

        Segalen, dans les immémoriaux, livre formidable, montrant la transformation d’indigènes des tropiques, par les jésuites, leur faisant découvrir la honte et la culpabilité, est un témoignage qu’il y avait tout de même des esprits éclairés dés le dix neuvième siècle.

        En tout cas, pas celui de Jaurès, qui pensait lui aussi que le pari était gagnant-gagnant : La France profitant d’ouvertures géographiques et politiques, mais distribuant généreusement son esprit, sa langue et sa culture, à des peuples qui pour lui, comme pour beaucoup, n’en avaient guère,et étaient considérés tout juste comme des animaux supérieurs.

        Les gens de droite furent très rétifs à cette volonté de colonisation, du moins au départ, beaucoup moins après, quand ils virent l’intérêt financier, : Pour eux, comme pour Napoléon qui bien plus tôt, se débarassa des colonnies américaines, ce n’était là qu’une aventure douteuse, et qu’il convenait bien mieux de se concentrer sur les objectifs d’industrialisation de la métropole.

        Fau-il pour autant diaboliser Jaurès et Ferry, en vertu de ce que l’on sait maintenant de l’aventure coloniale, en faisant parler une sensibilité qui n’était pas dans l’air d’un temps, où même la femme n’avait aucun droit, et dont le sort ressemblait par certains cotés aux esclaves ;
        c’est se fermer à la compréhension, et montrer son impossibilité à relativiser les choses, et faire écho justement à ces positions autistiques, incapable de penser plus loin que la courte vue de leur époque, chaussant les lunettes qu’on leur a données.
        De même faut-il s’interdire la lecture des anciens, et refuser de lire le banquet de Platon, sous prétexte que celui fait l’apologie de la pédophilie.

        En refusant de voir la complexité des êtres et des époques, exigeant qu’elles correspondent à nos canons, incapable d’extraire la quintessence des actions et des pensées, nous nous fermerions au monde et à nous même, pleins d’autant de contradictions.


      • Radix Radix 17 mai 2012 18:04

        Bonjour

        On peut aussi mettre Fukushima sur le dos de Marie Curie pendant qu’on y est !

        L’anachronisme historique est de plus en plus fréquent.

        Radix


      • Soi Même 17 mai 2012 20:47

        < Fau-il pour autant diaboliser Jaurès et Ferry,> je fais une distinction entre Jaurès et Ferry.
        Ferry est comme Thiers des hommes où il est vraiment difficile de trouvé de quel que chose de positif.


      • Soi Même 17 mai 2012 20:53

        @ Radix, ce n’est pas à marie Curie que je critique, met bien à l’idée qui est d’un coté on fait des concessions pour fermé Fessehiem et de l’autre on maintient les projets EPR, qui est une usine à gaz

        C’est cette ambiguïté que je souligne dans cette commémoration !


      • Radix Radix 17 mai 2012 22:37

        Bonjour Soi même

        Tu t’enfonces tout seul !

        Radix


      • Soi Même 18 mai 2012 00:40

        Radix dans quelques temps on verras, tu serra étonné due conservatisme de Hollande sur bien des sujets.


      • bakerstreet bakerstreet 17 mai 2012 18:08

        Babylon,
         mes propos ne sont pas gravés dans le marbre, et je frémis d’être ainsi cité, car mes doigts courent un peu vite sur le clavier, et s’attachent plus au sens général qu’à la petite phrase.

        Je parle simplement de relativisme historique, et qu’il est toujours très facile de critiquer un match après qu’il se soit déroulé.
        Ferry et Jaurès (surtout le dernier) furent des individus engagés, dont on ne peut restreindre la pensée à ces tristes engagements, qui à l’époque étaient malheureusement positivés par la grande partie de l’intelligentsia et de la classe politique.
        Il fallait construire des empires, et chaque pays se comparait avantageusement à l’empire Romain qui avait amené la science et le progrés à une autre époque.
        Il est des individus et des causes aberrantes, telles le nazisme, dont on ne saurait s’encombrer d’aucune nuance pour le condamner. Jamais, la cause du mal et du bien ne fut si simplement évidente.
        Mais les notions de progrès au dix neuvième siècle, étaient liés à l’industrialisation, et à l’élargissement d’un savoir aux autres, dans l’esprit des lumières universelles, dont nous pensions tenir le flambeau.
        De quel coté aurions nous été, à cette époque, autant Babylon que moi ?

        Même dans les provinces françaises, la honte des langues et des patois, la caricature de la province, où ne pouvaient vivre que des gens stupides et bornés, que l’on pouvait donc asservir, en se déculpabilisant, est du même tenant que celui de la colonisation.
         Difficile de le dire,et de se mettre dans la minorité de gens éclairés.

        Du reste rappelons un homme comme Bartolomé de Las Casas prêtre dominicain espagnol, célèbre pour avoir dénoncé les pratiques des colons espagnols dés le début du seizième siècle.
        Si j’ai donné l’impression de dire que le colonialisme a été un progrès, je m’en excuse, cela n’est évidemment pas mon idée : Je dis simplement que certains gens le pensèrent, du moins un temps, par naïveté, bêtise, dogmatisme....Un peu comme pour le communisme, une autre forme de totalitarisme.
        Pour les deux, il y eut des voix de protestation qui se firent entendre et qui ne furent guère écouter : Celle de Orwell, de Koestler , contre le communisme.
        Gide eut le bon sens de dénoncer les deux systèmes !


      • lulupipistrelle 18 mai 2012 02:45

        Dans l’Empire Romain la règle était l’accession progressive à la citoyenneté de tous les hommes libres de l’empire...était-ce vraiment dans le projet des colonisateurs français ? Permettez-moi d’en douter...Dans toutes les colonies françaises, il y avait une Ecole indigène et une Ecole pour les Français... je vous renvoie à Brughelli pour apprécier ce qu’était l’Ecole pour les indigènes...

        Et pour finir, la guerre d’Algérie n’aurait pas eu lieu, si on avait accéder aux revendications des Algériens, qui étaient précisément l’accès à la citoyenneté.

        Alors franchement ça commence très mal, d’un point de vue vérité et symbole.


      • lulupipistrelle 18 mai 2012 02:34

        Loi du 28 mars 1882, Article 4 :

        4.  L’instruction primaire est obligatoire pour les enfants des deux sexes âgés de six ans révolus à treize ans révolus ; elle peut être donnée soit dans les établissements d’instruction primaire ou secondaire, soit dans les écoles publiques ou libres, soit dans les familles, par le père de famille lui-même ou par toute autre personne qu’il aura choisie.

        Un règlement déterminera les moyens d’assurer l’instruction primaire aux enfants sourds-muets et aux aveugles.


        Autrement dit, quand Hollande a déclaré que Jules Ferry avait rendu l’Ecole laïque et obligatoire, c’était un gros mensonge ou de l’enfumage idéologique...

        En France, c’est l’Instruction qui est obligatoire et pas l’Ecole.


        Moi je dirai que Hollande, ça commence mal.


        • lulupipistrelle 18 mai 2012 13:03

          La citoyenneté romaine était déjà largement attribuée avant Caracalla : Saül de Tarse (Saint Paul) était citoyen romain deux cents ans avant...
          Et je vous trouve bien dure : le deuxième siècle est l’apogée de l’empire romain, avec des empereurs comme Trajan (italo-espagnol), Hadrien d’origine espagnole (est sans doute punique), Septime Sévère, le Berbère (père de Caracalla)..Quelle plus belle preuve que l’adhésion à la romanité que cette accession la fonction impériale de citoyens issus de provinces colonisées ?

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