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Accueil du site > Actualités > Politique > Stéphane Dion, le fédéraliste durable

Stéphane Dion, le fédéraliste durable

Quand les Canadiens ont peur des Québécois, il choisissent un Québécois pour les remettre à leur place. Après Pierre Elliott Trudeau, puis Jean Chrétien, c’est maintenant au tour de Stéphane Dion.

Ignatieff, le candidat arrivé deuxième, doit être vert de jalousie. Reconnaître que les Québécois forment une nation quelques jours à peine avant le congrès qui choisissait le nouveau chef du Parti libéral du Canada : quelle bourde de sa part ! Le pire, c’est qu’au Québec cela ne change strictement rien et que dans le ROC (Rest of Canada), c’était la pire des positions à prendre.

Que sait-on de Dion ?

Je reprends ma question : que sait Dion du scandale des commandites ? Est-il d’accord avec toute cette tricherie de son parti, mise à jour par le juge Gomery, lui qui veut des règles du jeu claires lors d’un prochain référendum au Québec ? Il devra répondre à cette question, il était ministre au moment du scandale.

Sa position a été pour le moins ambiguë : « Je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui m’ait dit que, parce qu’il a vu une commandite, il a changé d’avis (au sujet de la souveraineté du Québec). »

Que les Québécois ne s’y trompent pas. La loi sur la clarté a été l’atout principal de Dion, lui qui ne voyait pas la nécessité de reconnaître que les Québécois sont une nation. D’ailleurs, l’idée que les Québécois soient une nation, il ne peut pas la supporter.

Le Québec devra donc se mettre à genoux devant lui, et l’implorer pour qu’il juge acceptables les circonstances de légalité et de clarté dans lesquelles il pourrait, éventuellement, peut-être, faire sécession.

Quand on a la chance d’avoir plusieurs identités, a-t-il dit aux Basques en Espagne, on les accepte toutes. Pour lui, une identité, « cela ne se soustrait jamais ».

Dion est clair : la sécession n’est pas un droit en démocratie...

Aucun « ... groupe de citoyens dans un État démocratique ne peut s’arroger de droit à la sécession sous prétexte que ses attributs particuliers - langue, culture ou religion - le qualifient au titre de nation ou de peuple distinct au sein de l’État . »

Allocution devant les membres de la Fundación para la libertad Bilbao (Espagne), le 25 novembre 2003.

Que la nation québécoise reconnue par la Chambre des communes du Canada se le tienne pour dit !

Du reste, la Cour suprême du Canada lui donne raison : « Quelle que soit la juste définition de peuple(s) à appliquer dans le présent contexte, le droit à l’autodétermination ne peut, dans les circonstances présentes [celles d’un État démocratique], constituer le fondement d’un droit de sécession unilatérale. » (Avis de la Cour suprême du Canada sur le renvoi relatif à la sécession du Québec, [1998] R.C.S. 217, au par.125.)

Pour faire sécession, le Québec doit obligatoirement obtenir une modification de la constitution canadienne, ce qui « exigerait la négociation d’une multitude de questions très difficiles et très complexes », y compris, éventuellement, celle des frontières territoriales. 

Le gouvernement du Québec ne peut pas faire unilatéralement sécession, même s’il ne réussit pas à s’entendre avec le gouvernement du Canada, et ce gouvernement ne peut pas « entreprendre une telle négociation à moins que la Chambre des communes n’ait constaté que la question référendaire a porté clairement sur la sécession et qu’une majorité claire s’est prononcée en faveur de la sécession. »

Dion va plus loin : « Dans l’hypothèse où des populations territorialement concentrées au Québec demanderaient clairement de rester rattachées au Canada, il faudrait envisager la divisibilité du territoire québécois avec le même esprit d’ouverture que celui qui a conduit à accepter la divisibilité du territoire canadien. »

C’est toujours le même Stéphane Dion qui est devenu chef du Parti libéral. Le Stéphane Dion qui écrit que les Québécois « rejettent les définitions exclusives des mots peuple ou nation et veulent appartenir à la fois au peuple québécois et au peuple canadien ».

Le Stéphane Dion qui dit : « Plus Québécois nous sommes, plus nous nous sentons Canadiens. »


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4 réactions à cet article    


  • Cestquoiça (---.---.36.122) 5 décembre 2006 18:53

    C’est quoi le problème avec la clarté ? Depuis le temps qu’on se plaint des politiciens qui manquent de transparence et qui nous racontent n’importe quoi.


    • Michel Monette 6 décembre 2006 01:59

      Les deux fois dans le passé ou le gouvernement du Québec a fait un référendum demandant aux Québécois s’ils voulaient quitter la fédération canadienne, il l’a fait en proposant aussi que soit négociée une entente économique avec le reste du Canada advenant un oui. Le gouvernement fédéral conteste ce genre de question en disant que ça doit être une question « claire », du genre « voulez-vous vous séparer oui ou non ? » et il s’est voté une loi selon laquelle il ne pourra pas négocier avec le Québec s’il trouve que la question n’est pas acceptable.


    • Jean-claude Rannaud (---.---.53.161) 8 décembre 2006 07:17

      Au dernier vote à la chambre des communes sur la résolution reconnaissant que les québécois(es) forment une nation, notre bon Stéphane s’est fait tout petit et a voté OUI, malgré toutes ses prises de positions contre la notion de nation durant les jours précédents. Faut dire que voter NON aurait eu des conséquences désastreuses pour son avenir d’homme politique au Québec. Déjà que chez les francophones sa réputation n’est pas très bonne. Maintenant qu’il a dit OUI, il aura, malgré sa loi sur la clarté, de la difficulté à contester la validité d’un Oui majoritaire à une question claire lors d’un référendum sur la souveraineté du Québec. Une question du genre :« Voulez-vous que le Québec deviennent une nation souveraine qui vote toutes ses lois, perçoit tous ses impôts et signe tous ses traités ? Oui ou non ? » On ne demande pas aux Québécois d’approuver ici cet indigeste salmigondis de 500 pages qu’était la constitution européenne soumise au français par voie de référendun. Non. On parle ici d’une question de deux lignes. Peut-on être plus clair ? Le Québec sera bientôt prêt à répondre Oui à plus de 50% à cette question. Les politiciens fédéraux le savent par leurs sondages. C’est pour cela que cette question de nation a soudain fait surface peu avant le congrès du parti libéral. On appelle ça lâcher du lest. D’un côté on fait une petite concession aux Québécois, de l’autre on leur lâche Stéphane Dion, ce cabot qui se prend pour le rottweiler du fédéralisme.


      • Cestquoica (---.---.36.122) 12 décembre 2006 22:26

        Encore une fois, quand ça fait pas l’affaire d’entendre un point de vue différent sur le Québec, il faut s’en prendre au politicien personnellement et le traiter de cabot, de rottweiler, de rat ou autre diffamation. Un point de vue bien exprimé en vaut dix qui s’attaque à la personne. Mais bien sûr, si les Québécois ont déjà dit NON deux fois, cela veut dire qu’ils sont des peureux ou bien qu’ils ne savent pas se tenir debout. Alors, voici un nouveau concept... peut-être devrions-nous apprendre à respecter les opinions de ce qui ne pense pas comme nous, ou bien à apprendre à respecter la volonté de la majorité ? Alors, si un jour le Québec dit OUI à une question claire, et bien le Québec aura obtenu le mandat de négocier la cession ET le gouvernement fédéral devra négocier le « divorce ». Une question claire, cela veut dire que tout le monde est d’accord sur le CONTENU de la question-fédéraliste, séparatiste, souverainiste, autonomiste, socialiste et autochtone - j’ai oublier quelqu’un ? Ça, c’est clair ? Remercier donc M Dion de nous faire cette contribution importante. Pour ce qui est de concept de nation, faut pas encore, mêler les choses. Ce débat stérile, fut enclencher par M Ignatieff et son entourage, non pas par M Dion. Assurement le clarté ça ne fait pas l’affaire de bien du monde. Pourquoi ?

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