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Structure des révolutions par les urnes

Une élection présidentielle en France n'a rien d'un suffrage à deux tours. Il faut en compter quatre. Quatre tours, en France, minimum syndical. Quatre tours dont deux seulement seront de notre fait - les deux derniers, tout en aval ; les autres - les deux premiers - déterminant les termes du choix contraint que tout inscrit à dû trancher dimanche. Hollande ou Sarkozy ; l’Europe des marchés ou… l’Europe des marchés ; blanc-bênet, bênet-blanc… ou blanc. Il n'aura pas fallu moins de quatre tours avant qu'un tel dilemme ne se résolve, enfin, par l’intronisation de « Karamelpudding ». Quiconque prétend à la magistrature suprême doit en effet franchir un puissant jeu de filtre avant de conquérir son droit à figurer parmi les bulletins de vote. Une alchimie complexe, dont les étapes ne sont pas toutes aussi morales qu'on pourrait l'espérer. Brève excursion dans la cuisine des élections…

Conçue pour écarter tout risque d’ « ingérence démocratique », la première phase de sélection – la phase dite éliminatoire –, convient de la notoriété les médias jugent à propos de conférer à tel ou tel des postulants (avec une préférence marquée pour les mieux accordés). Ces postulants doivent déjà, au surplus, bénéficier d’une légitimité de parti. Autant avouer que les élus sont rares. Cette éliminatoire cachée prend alors les allures d'un casting de régie. Qui passe ? Qui part ? Cet arbitrage est suspendu au bon vouloir de la camarilla (passablement réduite) des éditorialistes, abonnés de longue date aux partis d'envergures. Leur vocation : trier les impétrants, filtrer les « acceptables », admis au « cercle de raison », qui auront seuls droit de cité ; les départir des « candidats fantasques » qui ne valent pas la peine d'être connus. La preuve : ils ne passent pas dans les médias.

La seconde phase de sélection échoit aux maires et grands élus, pour l'occasion transformés en « parrains » (statut quasi-légal qui ne laisse pas de mettre la puce à l'oreille). Leur vocation : autant que faire se peut, présenter les candidatures. Ces « parrains », donc, parmi la tapée de candidats qui passent à la télé - la grappe des opposame retenus par les éditocrates - « choisissent » celui que leur alignement leur impose de choisir - ou n'en choisissent aucun (65 % s'abstiennent) pour ne pas s'exposer (politiquement) et exposer (financièrement) leur administration à des mesures de rétorsion. Les parrainages sont en effet rendus publics à la hauteur de cinq cent noms par candidat, désignés par tirage au sort depuis la loi de 1976. Le « parrainage », le bien-nommé, rend compte de cette activité fort transparente et fort démocratique qui consiste à léguer aux tenants du pouvoir le soin de coopter les tenants du pouvoir. A ce compte-là, autant y aller franchement et décréter les parrainages pour les municipales, les cantonales, les régionales, et pourquoi pas les élections législatives et les européennes…

Cela n'a pas toujours été. Ces deux verrous – les verrous cathodiques et institutionnels – n’existaient pas du général De Gaulle. Il n'y avait pas, alors, de parrainage qui tienne. Pas de « parrains » ; pas de « sphincters républicains ». Les médiacrates rongeaient leur frein, bien sages, en back-office, et les partis ne pesaient pas si lourd qu’il faille nécessairement frayer sous leur égide. Nous dirions, plus encore, qu’il s'agissait précisément de lutter contre les partis. Une élection présidentielle se voulait une rencontre – rencontre franche d’intermédiaires - entre le peuple et son monarque républicain. De Gaulle, en soumettant ce projet par référendum (autre levier démocratique récemment profané), venait s'inscrire dans les ornières d'une tradition qui remontait au Roys de France et, plus encore, aux empereurs romains.

C’est l'image d'Épinal du souverain livrant bataille aux côtés de son peuple contre les abus féodaux ; l’image inverse mais non moins significative des empereurs dévergondés qui a retenu l'historiographie. Lorsque Louis IX rendait la justice de sous son chêne, il le faisait pour que triomphe le paysan contre le noble. Si Tacite et Suétone ont à ce point « chargé » les Césars antérieurs, c’est qu’ils avaient conçu la mauvaise habitude de faire chou gras de l’or des patriciens pour arroser la plèbe. Toujours chercher qui parle et d’où. De même De Gaulle, lorsqu'il propose par voie référendaire de confier aux français les clés de leur destin, court-circuitait l’emprise des seigneuries locales ; le soutirait, par l'isoloir, à la juridiction des sommités régnantes. La troisième phase des élections a bien été, ab initio, le premier tour.

Puis il y eut Pompidou. Les parrainages furent instaurés. Décrétés. Imposés. Fixés d'abord à cent, ils montèrent vite jusqu'à cinq cent - chiffre prohibitif qui devait garantir l’atlanto-compatibilité des candidats en lice. Comprenez là que pour percer, les candidats doivent avoir des mécènes. De riches commanditaires. Bolloréens. Bettancourriens. Souvent transatlantiques. Des amis bons payeurs puisque, sans contredit, les bons amis font les bons comptes. Or – dura lex sed lex - la main qui donne est toujours au-dessus de la main qui reçoit. L'ensemble du dispositif se trouvant aussitôt placée sous l'hypothèque des véritables électeurs, ceux qui financent les partis politiques : les oligarques, les financiers, les banques, le patronat, la clique de Bretton-Woods, les lobbys politiques dont la philosophie transpire tous les pores de nos « experts » ès expertise. C’est une troisième décantation discrète, tablant sur l’exhaure pécuniaire des candidats non-arrosés, et sur le triomphe symétrique des « impétrants » dont la longévité ne traduit rien, sinon le sacre censitaire de leurs bailleurs de fonds.

Le troisième tour (premier dans la glossologie d’Etat) : c’est là, seulement, que nous intervenons. Là que le citoyen fait son entrée en scène pour désigner son favori. Hormis le fait que l'éventail des candidats autorisés résulte d’une présélection, une autre composante peut encore peser sur son choix : « le vote utile ». La considération du vote qui, selon les sondages (« redressés » sur demande et circulaire, et publiés – si judicieux – par les journaux ou candidats qui les commandent), se révélerait le plus « propice » à faire gagner sa famille politique. Foin des programmes, malheur aux ou outsider, on sacrifie au mieux placé. Les électeurs eux-mêmes sont cohobés : votent les inscrits, comptent les votants non nul ou blanc. A rien ne sert de bourrer son enveloppe avec du papier-Q.

Arrive la quatrième étape de cette folle aventure. Le second tour proprement dit. Peu s'y retrouvent. On traîne des pieds. On se prononce moins par ferveur que par défaut. Dimanche 6 mai fut tellement prévisible… Emblématique. Hollande n'avait aucun programme (certes, Sarkozy non plus : faire l'intendance des banques ou la lessive des Commissaires n'est pas en soi une perspective d'avenir). Il fut élu, comme son prédécesseur l'avait été en 2007, sur un report de voix. Vote de sanction plutôt que d'adhésion. La faveur du rejet obviant à l'absence de projet. Triste tropisme… Est-ce cela la démocratie ? Celle que Rousseau, Varlet, Proudhon, Castoriadis appelaient de leurs vœux ? Démocratie (directe, pardonnez l'oxymore) qui fut spoliée pour faire place nette aux régimes représentatifs ? Il y a vraiment un je-ne-sais-quoi d'étrange et de malsain au royaume de la « république », petit secret d’élite qui ne ferait pas long feu, pour peu que les français leur montrent qu'ils ne sont pas dupes.


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28 réactions à cet article    


  • aliante 9 mai 2012 14:13

    Les médias lancent les candidats comme une lessive ,il n’y a que des gens du sérail qui peuvent accéder à la présidentielle après les gens pensent que c’est la démocratie mais c’est un faux
    une fois que les marionnettes que l’oligarchie mediatico financière a validé sont en lice que le meilleur gagne
    Essayez de partir de rien pour accéder à la présidentielle si vous défendez des valeurs contraire à celle de l’oligarchie, les’issues de secours et les fenêtres sont barricadées avec les 500 parrainages et les pressions faites sur les maires en cas de soutien à des gens qui risquent de renverser la table compte tenu que les candidats validés par les signature auront obligatoirement accès aux grands médias ,cette situation est dues à l’incapacité des maires a se remettre en cause et la peur de ne plus obtenir de subvention ,on vit dans une république bananière non républicaine ni égalitaire encore moins fraternelle mais oligarchique et dictatorial ,rien a envier à la Russie de Vladimir Poutine n’en deplaise à la petite caste Umps


    • La fille du croquant La fille du croquant 11 mai 2012 12:29

      L’UMPS est mort ! Vive le PSUMP ! ^ ^


    • Robert GIL ROBERT GIL 9 mai 2012 14:49

      Les intérêts des travailleurs (et des chômeurs) ne sont plus représentés ni défendus. Hollande vs Sarko, c’est doublement les hommes des puissances d’argent, du système, de l’UE et de Wall Street.
      Les puissances de l’argent controle le simulacre democratique :

      http://2ccr.unblog.fr/2012/04/24/cirque-et-manipulation-electoral/


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 10 mai 2012 16:13

        @ Roberto Gil


         Oui, bien sûr. Il aurait mieux valu le dire avant et prôner l’abstention... 

        @ L’auteur : vous avez tout bon. Je souhaite que vous réussissiez encore souvent à passer le double filtre en amont de l’avis des modérateurs et de la censure arbitraire d’Avox 

        PJCA

      • bigglop bigglop 10 mai 2012 20:02

        Bonsoir à tous,

        Merci @Gokool pour cette très saine analyse de la faune politique française et de la disparition de la démocratie.

        Tout d’abord, nous sommes dans une illusion démocratique depuis au moins 2002, qui s’est révélée lors de la ratification en Congrès du traité de Lisbonne, acquise grâce à la présence des parlementaires socialistes et leurs votes. S’ils avaient tous voté Contre, il aurait manqué 3 voix pour atteindre le quorum de ratification.

        De cette façon, ils ont trahi le vote de 2005 sur le TCE par lequel plus de 54% des citoyens avaient repoussé ce traité.

        En février 2012, lors de la ratification du MES, ils ont persévéré en faisant voter leurs parlementaires, très majoritairement, pour l’abstention, tout en revendiquant une ’’abstention agressive et dynamique (pour une future renégociation)’’.

        Finalement, pendant toute cette campagne totalement contrôlée par les médias et les deux principaux partis, il n’y a jamais eu de vrai débat sur :

        la crise financière et de la dette publique et privée

        la ’’construction’’ européenne, sans les citoyens, et plus particulièrement le TSCG, les Six et Two-Packs.

        Le supposé ’’Glass-Steagall Act’’ et les moyens de lutte contre les marchés financiers annoncés, avec cuivres et trompettes, par F Hollande, sans aucune méthode et calendrier.

        La catastrophe de Fukushima qui s’aggrave, dans un silence de mort.

        Ces derniers jours, bizarrement, les Van Rompuy, Juncker, Barroso, Draghi, Monti ’’découvrent’’ les vertus de la croissance, mais tout en continuant à vanter les mérites de la discipline budgétaire, de la règle d’or et des réformes structurelles (plans d’austérité).

        Hier, en toute urgence, Van Rompuy (Bilderberg) a rencontré Hollande et aujourd’hui, Jean-Claude Juncker (réunion Bilderberg 2011), ’’à l’écoute des thèses de Hollande’’. Quel empressement très douteux.

        En attendant, les autres rencontres avec A Merkel, l’Eurogroupe, Obama......

        Pour les pays européens, la situation devient catastrophique :

        Après une violente recomposition du paysage politique, la Grèce est définitivement en faillite organisée à travers les plans d’austérité successifs, les privatisations massives, les renflouements des banques (transfert de dettes privées à la dette publique), une restructuration de la dette (PSI) inefficace.

        En Espagne, malgré les plans d’austérité, les objectifs de réduction de la dette publique ne seront pas atteints, malgré 10 mds€ de nouvelles économies sur la Santé et l’Education.

        Pire, la quatrième banque espagnole, Bankia, est en ’’faillite’’ (comme toutes les banques européennes) et l’état espagnol intervient indirectement par une participation de 45% dans le capital et la création de plusieurs structures de défaisance (Bad Banks) pour gérer les créances pourries de la bulle immobilière. Estimation 7 à 10 mds €

        En Italie, Monti veut privatiser les services de l’eau, de l’énergie tout en s’asseyant sur le référendum des 12-13 juin 2011, pour ’’améliorer la compétivité et la croissance’’. Des cessions sous-évaluées aux acteurs privés.

        Ne soyez pas surpris, les nouveaux chiens de garde veillent.

        Le Parti Socialiste, n’est plus de ’’gôche’’ depuis longtemps, est dirigé par des sociaux-démocrates ou des libéraux (Valls, Moscovici, Cambadélis....)

        Hollande devra réconcilier l’eau et le feu, à savoir tenir ses promesses faites au citoyens et satisfaire les exigences des institutions financières.

        Lire l’annalyse du rapport Cheuvreux et regarder l’entretien de Nicolas Doisy

        Les ’’européens’’ accepterons une renégociation sur son projet de relance européenne et de renforcement du contrôle démocratique en le mettant en annexe du Pacte Budgétaire et ainsi il pourra revendiquer une victoire (à la Pyrrhus).

        Pour les législatives, il ne faut pas que le Parti Socialiste ait une majorité (avec EELV), mais qu’il doive la constituer avec le FdG, LO, NPA.

        Nous risquons de nous réveiller avec une sacrée gueule de bois.



      • Traroth Traroth 11 mai 2012 11:21

        Le parti qui défend les intérêts des travailleurs a fait 11%. On peut tourner longtemps autour du pot, mais à un moment, si les travailleurs ne votent pas pour leurs propres intérêts, il n’y a pas grand chose qu’on puisse faire...


      • chapoutier 11 mai 2012 11:34

        c’est peut-être aux partis dit ouvriers de se remettre en cause plutôt que de remettre en cause les ouvriers, qu’en pensez-vous ?


      • Traroth Traroth 11 mai 2012 12:01

        @chapoutier : Vous allez devoir être précis. Je ne réponds pas aux insinuations.


      • Traroth Traroth 11 mai 2012 12:07

        Le système de démocratie représentative, basé sur des partis fonctionne par proposition politique, c’est à dire que chaque parti élabore une proposition politique et les électeurs choisissent celle qu’ils pensent nécessaire à la France. La proposition politique du Front de Gauche, c’est de défendre les travailleurs, justement. A partir de là, si les travailleurs n’adhèrent pas, effectivement, le Front de Gauche pourrait changer sa proposition politique et cesser de défendre les travailleurs, effectivement. Mais ça ne changera rien au fait que personne ne défendra les travailleurs, d’un strict point de vue logique... smiley


      • chapoutier 11 mai 2012 13:07

        Traroth, il n’y avait aucune insinuation, juste de la précipitation, je suis au boulot, et il m’est difficile de prendre le temps de développer une argumentation.

        Le parti qui défend les intérêts des travailleurs a fait 11%. On peut tourner longtemps autour du pot, mais à un moment, si les travailleurs ne votent pas pour leurs propres intérêts, il n’y a pas grand chose qu’on puisse faire...

        je vais donc tacher de développer : « si les travailleurs ne votent pas pour leurs propres intérêts »,cette phrase est importante à plus d’un titre : en premier vous partez d’un présupposé, à savoir que le FDG est ce qu’il y a de mieux pour la classe ouvrière, un parti achevé avec un programme clé en main, prêt à servir, et il vous semble incompréhensible que les travailleurs n’adhèrent pas en masse au FDG et à son orientation, or aucun parti ne peut se prévaloir d’une telle affirmation, le FDG à ses intérêts de parti, sa ligne politique, ses propositions politiques, son orientation. Si une grande majorité de la classe ne s’y retrouve pas, il faut se poser la question du pourquoi ? Et non pas remettre en cause la conscience politique de la classe ouvrière. La classe ouvrière à souvent remis son sort entre les mains de partis qui ont trahis, la sfio, le pcf à la libération, le pcf en 68 qui a appelé à « la reprise victorieuse » de travail alors que la France se couvrait de comités de grève, qu’un comité central national de grève se construisait, l’équivalent des soviets de 17. vous voyez, la classe ouvrière à de quoi être méfiante.

        Ne tombez pas dans le piège de croire qu’une partie de la classe ouvrière à voté fn, la France est dans une situation pré-révolutionnaire, l’abstention aux présidentielle est réelle dans les quartiers ouvriers, car il y a une attente chez le monde ouvrier. Parmi les grévistes de 95 et 2010, combien se sont abstenus, combien n’ont pas votez pour Mélenchon ? Et pourquoi ? Car ils, nous, n’y croyons pas. La classe à intégré le mot d’ordre qu’il n’y a pas de sauveur suprème, que la solution aux problemes qui assaillent le peuple ne peut venir d’un sauveur, d’un président, tant que les institutions de la 5eme république resteront en place. Pensez-vous que le mot d’ordre de la 6 république ai eu un retentissement dans la classe ? Les travailleurs savent parfaitement que remplacer pierrre par jacques ne changera rien. La classe est méfiante et il va falloir beaucoup de travail de masse sur le terrain pour retrouver la confiance de la classe ouvrière.

        Donc dans votre phrase : « si les travailleurs ne votent pas pour leurs propres intérêts », il y a beaucoup de condescendance envers les travailleurs, pas volontairement, mais quand même, elle est là.

        Les travailleurs et les travailleuses sont de grands garçons et de grandes filles majeur(e)s et émancipé(e)s, ils n’ont pas besoin d’un parti qui les défendent, ils ont besoin d’une direction révolutionnaire qui les mènera à la victoire, à la prise du pouvoir, au socialisme !

        Nous nous en battons les c.. de la démocratie représentative, nous voulons la démocratie réelle le pouvoir au peuple par des élus révocables en assemblée générale comme la commune de Paris à su l’inventer, cela même par quoi nous pourrons mettre à bas la propriété privé des moyens de production.


        Il y a le choix entre deux alternatives, changer le parti ou changer le peuple.

        N’oubliez par qu’un parti n’est qu’un outil si l’outil n’est pas le bon, on change d’outil.

        Et les partis dit de gauche n’existent que par le peuple.


      • Traroth Traroth 11 mai 2012 13:38

        "La classe à intégré le mot d’ordre qu’il n’y a pas de sauveur suprème, que la solution aux problemes qui assaillent le peuple ne peut venir d’un sauveur, d’un président, tant que les institutions de la 5eme république resteront en place. Pensez-vous que le mot d’ordre de la 6 république ai eu un retentissement dans la classe ?«  : Vous voyez la contradiction dans ce que vous écrivez, là ? Comment peut-on voir les limites de la Ve république, au point de ne plus voter, et refuser le changement de constitution ? On ne vote pas, donc rien ne change, et donc on se plaint que rien ne change et on clame qu’on ne votera pas parce que le vote ne changerait rien !

         »Donc dans votre phrase : « si les travailleurs ne votent pas pour leurs propres intérêts », il y a beaucoup de condescendance envers les travailleurs«  : Désolé, mais vous êtes loin de l’avoir démontré. Vos propos signifient simplement que les travailleurs préfèrent l’inaction au risque d’être trompé (à moins que vous affirmiez qu’il n’y ait un autre mode d’action actuellement mis en œuvre ?). J’affirme donc que vos propos ne contredisent pas les miens.

         »ils n’ont pas besoin d’un parti qui les défendent, ils ont besoin d’une direction révolutionnaire" : Ah oui ? Et par quel moyen, dites-moi ? Si c’est par les élections, vous jouez sur les mots. Si c’est par la violence, je ne suis pas pressé de voir la boucherie que ça va être, et je pense qu’il faut d’abord épuiser les possibilités moins dramatiques de changement ! Dans un pays comme la France, vous imaginez ce que ça peut donner, une révolution armée ? Je ne dis pas qu’il ne faudra pas en passer par là un jour, mais prendre des raccourcis en disant que de toutes manières, les élections, ça ne sert à rien, ça me parait irresponsable ! De plus, je suis aussi sceptique envers les révolutions qu’envers les élections, je dois bien le dire. Qu’est-ce qui vous permet d’affirmer que le résultat politique d’une révolution est meilleur que celui d’une élection ? Certainement pas l’Histoire !


      • cancrela 9 mai 2012 14:54

        Très bon article, nous ne sommes plus en démocratie mais en ploutocratie.

        Que dire des fameux économistes du tube cathodique (j’en ai encore un) qui se gaussaient des candidats qui voulaient anticiper la chute de l’Euro en revenant à une monnaie nationale et qui maintenant non annoncent la chute de l’Euro ?

        Et le traité de Lisbonne imposé alors le peuple à une grande majorité s’y était opposé ?

        Il faut rejeter tous ces partis (ump et ps) qui nous volent, nous mentent et se conduisent en féodaux, décidant ce qui est bon pour nous alors que c’est seulement bon pour leur carrière et leur portefeuille.


        • Lisa SION 2 Lisa SION 2 9 mai 2012 15:17

          Bonjour,

          c’est Alain Soral qui témoignait avoir pratiqué la tournée des signatures pour le FN, et Marine qui déclare que ça coûte sept cent mille euros sur plus d’un an. Cette barrière infranchissable pour un petit candidat sans appareil ni parti ouvre la voie à la mafia, la seule apte à réunir les deux. Pour remèdier à ces injustices auxquelles nous nous rendons complices, l’idéal serait le vote électronique sans faille, aussi bien sécurisé que le bancaire. Les coûts étant assumés par l’abonnement internet de chacun, une élection ne coûte déjà plus rien au contribuable et garantit à tous de pouvoir participer avec passion.

          Vive la Démocratie Numérique !


          • Yaltanne 9 mai 2012 15:44

            « sur cette place de la cathédrale que comme maire j’ai contribué à la réfection (faute de français en prime pour pas nous changer trop brusquement de l’inculte sortant) […] si j’avais imaginé qu’un jour… Oui je l’avais imaginé ! Merci ! »

            C’est la fin du discours de Hollande à Tulle. Si quelquefois on doutait encore du fait que ce ne soit rien de plus qu’un carriériste...

            19:20
            http://www.dailymotion.com/video/xqnesd_discours-francois-hollande-tulle-le-6-mai-2012_news


            • bernard bernard 9 mai 2012 16:35

              « On se prononce moins par ferveur que par défaut. Dimanche 6 mai fut tellement prévisible… Emblématique. Hollande n’avait aucun programme (certes, Sarkozy non plus : faire l’intendance des banques ou la lessive des Commissaires n’est pas en soi une perspective d’avenir). Il fut élu, comme son prédécesseur l’avait été en 2007, sur un report de voix. Vote de sanction plutôt que d’adhésion. » (sic)

              Les urnes ne sont rien d’autres que des corbeilles à papier...
              Qu’il faut vider de temps en temps pour en recycler le contenu.

              Et c’est bien là...tout le problème !


              • citoyenrené citoyenrené 9 mai 2012 16:44

                la prochaine évolution sera une réflexion sur le système démocratique

                à ce titre, les travaux d’Etienne Chouard nous seront nécessaires

                car rappelons nous les propos limpides d’Emmanuel-Joseph Sieyès, un des « penseurs » de la Révolution française,

                Discours du 7 septembre 1789 :"Les citoyens qui se nomment des représentants renoncent et doivent renoncer à faire eux-mêmes la loi ;

                 ils n’ont pas de volonté particulière à imposer.S’ils dictaient des volontés,

                la France ne serait plus cet État représentatif ; ce serait un État démocratique.

                Le peuple, je le répète, dans un pays qui n’est pas une démocratie (et la France ne saurait l’être), le peuple ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants."


                • diogene 9 mai 2012 16:51

                  patatras !!! toute cette belle construction va finir par terre.
                  Le rejet de ce système oligarchique actuel devient patent. Que ce soit en Grèce, en Espagne, en Italie, aux Pays bas, en France et même en Allemagne.... et horresco de horresco même en Angleterre, les partis inféodés au système actuel sont en chûte libre.
                  - Percée impressionnante des anti-système en Grèce, de gauche comme de droite.
                  - Désaveu des landers allemands contre Merkel.
                  - Mega torgnole pour Cameron en GB.
                  - Et aussi en Espagne, au Portugal où les oeillets refleurissent, et en Irlande, et aux Pays bas etc... etc...
                  - En France aussi, bien sûr, avec l’essor des anti, du Front de gauche au FN.

                  Ils faudra bien qu’ils entendent enfin les peuples, malgré leur surdité chronique et la mécanique bien huilée de leurs systèmes électoraux.



                  • mortelune mortelune 10 mai 2012 11:44

                    « En France aussi, bien sûr, avec l’essor des anti, du Front de gauche au FN. »

                    Pourquoi parler du FN ? L’électorat FN a voté massivement pour Sarko sans ignorer qu’il est européen convaincu et mondialiste acharné « nouvel ordre mondial ».


                  • diogene 10 mai 2012 18:50

                    @mortelune

                    Ben on ne peut pas dire que le FN soit pro-europe de bruxelles, vu la campagne de Marine.
                    Si un pourcentage élevé de l’électorat FN s’est porté sur sarko au 2eme tour ce n’est pas par adhésion au idées pro-europe de l’ump mais plutôt pour faire barrage au PS.


                  • paul 9 mai 2012 18:01

                    Le 4 février 2008 au congrès de Versailles, une forfaiture a été commise au nez et à la barbe du peuple français, plongé dans l’état de sidération : l’adoption du projet de loi qui modifie la constitution, afin de permettre la ratification du traité européen de Lisbonne . Un traité refusé nettement par le référendum du 29 mai 2005 .

                    Un coup de Jarnac pourrait on dire ,commis grâce à l’abstention des partisans de l’hôte célèbre de cette ville .Cette forfaiture sera un cas d’école pour analyser comment politiques et médias ont été parfaitement complices pour passer outre la volonté du peuple et en somme, comment notre démocratie peut être contournée pour servir une caste mondialiste . Ici comme ailleurs .

                    Pour l’élection présidentielle qui vient d’avoir lieu ,le grand éditocrate « FOG » s’est lâché, pourtant sur une chaine publique, en insultant les petits candidats « qui sont une perte de temps » et autres signes de mépris, bien aidé par ses comparses .
                    Ce système qui fait croire « qu’il faut rembourser ses dettes comme un bon père de famille » ne peut que produire de la haine pour la majorité qui subit .


                    • intercepte 9 mai 2012 18:52

                      Les partis politiques dominants, ne se tirons pas une balle dans le pied pour donner du vrai pouvoir au peuple.

                      Le fait qu’il y est des partis politiques fait qu’il y a tout de suite une barrière entre les élus et le peuple. Un élu et là pour aider son parti à gagné et donné du boulot à ces adhérents les plus populaires.


                      • emphyrio 9 mai 2012 19:08

                        @ l’auteur

                        Merci pour cet article qui reprend dans ses grandes lignes la précédente analyse de François Asselineau. Il aurait été juste de lui en reconnaître la paternité.


                        • Attilax Attilax 10 mai 2012 02:08

                          Asselineau est contre la démocratie directe. Il le dit clairement à Etienne Chouard dans une long échange de mails, lisible sur le site Plan C.


                        • Croa Croa 10 mai 2012 08:06

                          Faut pas déconner là ! smiley

                          Ces réflexions sont évidemment un résultat collectif grâce à des sites comme Agoravox et des commissions multiples.


                        • emphyrio 10 mai 2012 11:09

                          Je faisais simplement remarquer combien il est regrettable de ne pas citer ses sources. Cela conduit au discrédit. Et dire qu’une analyse peut être le résultat d’une réflexion collective me fait doucement rigoler. Même si cela est vrai sur le long terme, dans l’agitation de la campagne présidentielle, cela a permis à certains de siphonner un discours et un programme savamment verrouillé par les médias dont ils se sont fait les complices objectifs. J’attends que vous me démentiez sur le fait qu’Asselineau a été le premier a porter à la tribune publique le constat d’une élection médiacratique et le désintérêt des maires à la présentation des petits candidats. Dans l’attente,

                          http://www.media-investigation.com/?Presidentielle-2012-Franc%CC%A7ois

                          http://www.u-p-r.fr/actualite/france/plagiat-ehonte-de-melenchon-sur-le-programme-presidentiel-de-francois-asselineau

                          http://www.dailymotion.com/video/xpok56_jean-luc-melenchon-grille_news
                          http://www.dailymotion.com/video/xh50ql_asselineau-denonce-marine-le-pen-et-melenchon_webcam


                        • Gokool Gokool 10 mai 2012 12:13

                          Salut ! Quoique je ne partage pas toujours l’ensemble de ses analyses, Asselineau reste en effet pour moi une source continuelle d’inspiration. A ce compte là, puisque viens l’heure de rendre hommage aux maîtres, je citerais également E. Chouard, Jovanovic, et J-C Michéa ; ainsi que nombre de contributeurs d’Agoravox qui continuent de m’informer quand les médias ne le font plus depuis longtemps... Je ne pense pas que les idées doivent être brevetées... Cela ne les rensd pas plus vraies et il n’y a pas déperdition. Communiquer sur une idée, c’est allumer un cierge avec un autre cierge.


                        • Zobi Aldo Rifort 9 mai 2012 23:32

                          Le seul petit problème c’est qu’il y a eu 75 % de votes exprimés.
                          75 % qui votent et qui cautionnent le subterfuge, c’est à dire le faux clivage.
                          Pas forcément dupes mais encore soumis. Combien de fois m’a-t-on demandé avec un rictus suppliant : « Tu est allé voter, hein ? » !!! :D
                          On ne peut pas forcer le verrou parce que le verrou n’existe pas.
                          C’est là où ils sont forts ;D


                          • moussars 10 mai 2012 10:31

                            Les faits sont là : aucun des 3 premiers du premier n’avait un réel programme complet et précis (moins dans les chiffres quand dans les dispositions prises), écrit, censé l’engager.
                            Encore moins leur logorrhée traitait-elle des questions de fond et des véritables soucis des citoyens...

                            Alors que le programme de 2007 du président sortant est depuis longtemps inaccessible sur le site de cet individu et sur celui de son parti, le seul à avoir publié un programme complet pour 2012, et qu’on pouvait acheter pour 2 Euros, est arrivé quatrième.

                            Les élections sont un moment particulièrement « éloquent » de la psychopathie collective et politique.
                            En clair, nous assistons régulièrement à un déni fondamental du fonctionnement de la démocratie !

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