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Accueil du site > Actualités > Politique > Sur le Premier ministre, la constitution et le Chef de l’Etat (...)

Sur le Premier ministre, la constitution et le Chef de l’Etat ?

Il semblerait, selon la photo officielle, que ce ne soit pas du tout une relation malsaine entre le chef de l’Etat et le Premier ministre, j’aimerais tant le croire entre ces deux hommes politiques ayant des tempéraments bien différents, l’un préférant se faire servir des cigares en période de crise et l’autre se gardant bien d’en faire de même, l’un se pressant continuellement et l’autre ressemblant plus à un gentleman venant de la City sachant sans doute mieux se tenir à table.

Le premier bombardant continuellement l’autre de ses directives, j’exige, j’ordonne, je veux, le second acceptant tout : « Oui vous avez raison, oui il faut aller plus vite, oui Mr le président nous sommes encore trop lents, oui se sont tous des nuls et des incapables ». Le premier disant : « Accélérons la cadence de vie ». Le second disant : « Mais Monsieur les gens n’en peuvent plus ». Le premier : « Et alors je ne veux rien entendre, je veux la réforme c’est le salaire de ma fonction, par l’usage de la force ou de la peur s’il le faut, il faut moderniser à tous prix la société sinon de quoi nous aurions l’air devant les autres pays, non je n’accepterai pas un autre échec de plus à cause du climat, ce n’est pas l’image que je me fais de la France après une tempête » Et si le malaise de notre société n’était pas uniquement dû à la crise, mais à la présence continuelle du Chef de l’Etat dans les esprits et à ceux préférant lui donner total soutien, jusqu’à la gêne de devoir plus longtemps le supporter, et cela dans le déshonneur de leur personne, d’une fonction, quelle image donnez-vous de vous, de votre parti, de votre électorat ? Au risque même d’en voir davantage vous tourner le dos demain.

Des spécialistes du monde du travail, vous en parleraient sans doute mieux que moi de ce genre de management, de relation pas très saine à la tête d’une société, possible que le pays l’endure péniblement. Pourquoi faire subir brutalement aux autres ce que vous n’aimeriez pas que d’autres vous fassent subir dans d’autres circonstances ? Car si aujourd’hui vous permettez à un seul d’agir ainsi parce qu’il viendrait d’un parti, alors comment pourriez vous le reprocher à un autre d’en faire de même demain ? Comme si les gens n’étaient pas suffisamment exaspérés de toutes ces mesures qui ne servent à rien, si ce n’est qu’à entretenir plus longtemps ces mêmes pratiques dirigeantes à la tête des autres. Ne serait-il pas plus sage de s’adresser autrement aux Français au regard des événements actuels ? Comme il y aurait des choses bien plus judicieuses à mettre en place, mais apparemment ce n’est pas vraiment ce que nos dirigeants veulent d’abord faire ressentir à leurs administrés. J’écoute mais je ne tiens plus compte, à défaut de ne plus savoir comment mieux s’y prendre. Mais n’y aurait-il pas d’autres personnes dans ce pays comportant plusieurs millions d’habitants, capables de conduire le pays d’une manière moins coûteuse, sans se sentir obligées et contraintes de faire le même numéro à l’antenne.

L’attachement au pouvoir, au contrôle, au dirigisme, s’imposer totalement aux autres détruit forcément la capacité de chacun à croire qu’il est encore possible de changer sans boulets aux pieds. Pourquoi se durcir politiquement face à tant de personnes ne voulant plus vous suivre, à quoi sert le Parlement, vos Députés, le Premier ministre maintenant ? Rien n’est plus aveuglant et trompeur que le seul attachement politique à une personne détenant autant de pouvoir et de moyens politiques et médiatiques sur plus de 60 millions d’individus. Pour entendre dire qu’il ne fait que son devoir, prendre la place du Premier ministre, alors qu’il occupe déjà la première place. Hélas à chaque fois qu’un homme pose un tel acte de captation du pouvoir, il devrait logiquement en avoir honte devant ses électeurs. Mais non il déclare qu’il ne fait que son devoir, dit le politicien habile au nom de la réforme, c’est la mode dans le monde des affaires. Même Chirac dans sa deuxième année de septennat n’avait pas exaspéré autant de gens, quelle rupture, quelle habileté ne donnant bien évidemment au chef du gouvernement aucune dimension politique importante. Ainsi ce n’est plus lui qui définit légalement les objectifs de travail, en charge du suivi de l’exécution de la politique gouvernementale. Politiquement, le second n’incarnant plus l’action du gouvernement, en conséquence, ce n’est plus le Chef du gouvernement que la constitution Article 49-1 charge de nommer ou d’engager devant les députés du parlement. Plus de limite de vitesse, ce n’est plus au Premier ministre et au gouvernement, à qui revient dorénavant de mettre en œuvre la politique de la nation, avec prudence, sagesse et responsabilité.

En premier lieu, le Président s’impatiente, ensuite les gens s’empressent de répondre à ces multiples attentes, un Président Premier ministre qui décide de tout à la fois en petit comité restreint, le Premier ministre étant donc souvent mis à l’écart de certaines discussions, sauf pour le choix de la météo de la semaine, pour mieux paraît-il contribuer au bon déroulement des institutions, mais jusqu’à quand… ? Forcément au quotidien l’influence du Premier ministre sur la Conduite du travail gouvernemental est quasiment nulle, inexistante cela se ressent à tous les niveaux, pas de raison de le faire remarquer, c’est si normal pourrait-on dire, en toute bonne ou mauvaise foi de parti ? Le Premier ministre ne coordonnant plus grand chose, sauf de temps en temps pour faire figuration. Le chef de l’Etat s’exprimant sur tous sujets par l’envoi de fréquentes instructions, il veut des résultats, mais les résultats se font attendre surtout en matière de bonheur et de joie pour la société, en effet les gens sont bien plus souvent poussés à vivre dans la peur. Quel sentiment d’insécurité partout présent. Ce n’est plus le Premier ministre qui conduit raisonnablement la politique de la nation, mais un autre plus impatient, dirigeant et disposant à la fois de l’ensemble de l’administration du pays, de tout pouvoir réglementaire, afin d’assurer d’une part l’exécution des lois votées par son Parlement, et d’autre part de s’en satisfaire quotidiennement à l’antenne. Le Premier ministre, n’étant plus alors en mesure d’être le détenteur du pouvoir réglementaire, de l’administration ne se trouvant plus à l’origine de l’ensemble des Textes ( décrets venant de l’Elysée). Bien sur je me demande comment, dans de telles conditions, l’action gouvernementale pourrait-elle être bien vue honorablement aux yeux des Français.

En fin de compte, le chef de l’Etat s’inscrit bien dans un rapport peu scrupuleux à l’égard des lois et de la Constitution : Il peut même décider selon ses désirs de réécrire le texte constitutionnel, pour s’assurer que plus personne ne respecte la Constitution par l’usage de la loi, sa loi, mais à la faire évoluer dans le sens qui l’arrange, comme pour le mini-traité Européen réécrit en vitesse. Il ne suffit pas de réformer une société en vitesse pour faire toujours bonne impression, encore faut-il se montrer capable de respecter les lois, la justice et les institutions que vous n’aimez guère voir vous remettre en cause. Est-ce réellement rendre service au pays que d’en faire autant la désolation de ses institutions, en bafouant et écartant autant de monde à la fois ? Si seulement le Premier ministre avait un peu plus d’indépendance d’esprit, de marge de manœuvre, il pourrait faire entendre raison à son Maître, lui dire par exemple que ce n’est pas parce que l’on s’empresse, que tous les problèmes seront résolus, bien au contraire ! Hélas j’ai bien peur que le second fonctionne comme le premier, le mal est grand dans le pays ! Comment un politicien détenant autant de pouvoir, de gens à ses bottes, de morgue pourrait-il changer les choses, mais ça n’a pas de sens ? Au rôle tant effacé du Premier ministre, quel service rendez-vous exactement au bon déroulement démocratique des institutions, le pays vous appartient-il aussi, comme la police, la gendarmerie, l’armée, la justice, les magistrats et autres corps intermédiaires.

A la réflexion je me demande si nous devrions pas parler plutôt du second que du premier, oui mais comme cela m’est bien difficile, comprenez moi lorsque le premier occupe tant la fonction du Premier ministre... Il est vrai que jusqu’à présent nous avons souvent parlé du chef de l’Etat comme le seul responsable, mais le Premier ministre n’aurait-il pas sa part de responsabilité devant tant d’effacement de sa personne alors qu’il est en place ? La fonction du Premier ministre ne consiste-t-elle pas à diriger l’action du gouvernement, et non à pas agir pour répondre aux attentes d’un seul et de son salaire une fois au pinacle. Pourtant juridiquement d’après les textes de lois le premier Ministre n’est-il pas en charge de la conduite des affaires ? Serait-il tant prisonnier qu’il exécute sans plus aucune liberté de penser et de parole les ordres du Président, dans ces conditions est-il bien en mesure de rendre objectivement service à son pays ? Quel manquement aux règles de bonne conduite démocratique, n’est-ce pas plutôt malsain pour une démocratie de faire taire toute opposition d’esprit ? Quelle emprise de l’un sur l’autre, à se montrer lorsque le chef de l’Etat est parfois malade ou fatigué, n’a pas effectué son jogging, occuper la scène devant les photographes. Il est tout pâle et fatigué Mr Fillon, on comprend sa fatigue, son silence et parfois son embarras avec un tel petit chef nerveux à sa tête, mon Dieu pourvu que cela ne dure pas trop longtemps.

J’ai toujours eu grand souci de la santé de mon prochain, qu’il soit d’ailleurs de droite ou de gauche, cela vient peut-être de mon grand Père qui n’était affilié à aucun parti politique quel qu’il soit. Ce serait en effet trop facile pour certains de se faire élire en vitesse, j’ose croire que l’ensemble de l’électorat de droite ou du patronat Français ne fonctionne pas comme le Président. Lorsque nous devons constater qu’avec un tel Premier ministre à ses ordres, le chef de l’Etat se prend mieux maintenant pour Napoléon, se voyant au-dessus des lois, les malaxant à sa guise, « et vas y que je te modèle la société comme avec de la terre glaise, à mon image, je suis si moderne ». Qu’est-ce que la réforme ? Qui le sait vraiment ? Lorsqu’on aime trop la faire, on en finit bien évidemment par en écœurer les citoyens de vous suivre, c’est alors la rupture, tiens il reste de l’argent dans les caisses pour que je m’augmente. Qu’est-ce que nous le méritons bien, faire propagande, alors que vous êtes déjà élu, encore en compagne contre les autres, électeurs flatteurs ou plus dépités à vos cotés, d’ailleurs qui d’autre pourrait faire un tel numéro, c’est sur il n’y a personne d’autre capable de rivaliser avec vous, c’est l’idée reçue partout dans les têtes, voir les gens ou les citoyens comme des menaces ou des soutiens, de toute ces choses auxquelles vous tenez tant à préserver dans la tête de vos administrés, vos valeurs dominantes, bien mieux comprises maintenant pour beaucoup, quel usage personnel faites-vous des institutions de ce pays, de la justice, de la police, de certains médias ? Protégez vous vraiment le citoyen de l’arbitraire se mettant en place, ou protégez-vous d’abord les intérêts de votre parti et de vos Amis fortunés vivant ailleurs au détriment de votre société si mal en point, le désastre financier mondial. On veut en mettre plein la vue aux autres, avoir sans arrêt le contrôle sur les événements, le climat et les êtres, rester dans l’histoire, mais j’y pense êtes vous réellement un homme responsable en allant si vite à le faire croire à l’antenne, c’est si facile ? Ne serait-il pas tant de cesser de prendre vos administrés pour des imbéciles, à ce même petit jeu d’identification et d’étiquetage politique pour tous.

Si vous étiez semblable à un politicien, aveuglé par son emploi du temps, que vous vouliez être élu parce qu’une majorité en finirait par le réclamer par les idées reçus, comment verriez-vous les êtres après vous être fortement augmenté en période de crise ? Quels sentiments politiques auriez-vous à leur égard ? Quels sentiments domineraient votre intérêt pour eux ? Vous seriez préoccupé par l’électeur ou le consommateur en puissance ? Quel regard porterez-vous sur les personnes n’étant pas en accord avec vos pratiques dirigeantes ? Vous ne verriez bien sûr que des incapables ou des mécréants autour de vous, surtout s’ils résident en province et non à Paris ou le pouvoir rend fou. Après votre mandat vous irez certainement faire de l’argent autre part, ou pourquoi pas faire comme d’autres à 150 000 euros la conférence. Il faut que vous fassiez toujours tout vous même, sinon ça ne fonctionne pas. Comme lorsque vous voyez une personne marcher lentement dans la rue, et non à bord d’un train fou lancé à pleine allure, sans aucun frein, tututu c’est moi qui dirige mon monde maintenant, le gouvernement doit être repris en main, conduire le pays à un train d’enfer, oui mais avec aucune bride et aucun mord à la bouche ! On ne peut occuper la scène et bien gouverner un pays à la fois. Le citoyen vous dérange peut-être lorsqu’il se désole d’apprendre que vous n’aimez guère lire, vous cultiver, prendre le temps de vous arrêter, de réfléchir, respecter la constitution et les lois, et bien, soit, mettez y davantage de désordre et de confusion dans l’esprit de beaucoup. A défaut de mieux vous conduire, vous irez sans doute à la télé expliquer vos choix de moderniser l’univers entier, et pourquoi pas demain avec d’autres moyens de coercition de plus, faire tourner plus précipitamment les astres, histoire que cela aille toujours plus vite pour faire de l’argent.

Mais qui vous a mis toutes ces idées obsessionnelles de réforme dans la tête pour vous faire élire des gens fortunés ?


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7 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 16 février 2009 16:49

    la photo est truquee, on devrait juste voir les cheveux de sarko .......... et encore
     smiley


    • Papybom Papybom 16 février 2009 20:58
      Souvenez-vous, en parlant de François Fillon, le Roi a dit :
      « Il est lisse comme sa mèche. Tout est faux, chez cet homme. Tout est fait par-derrière. Impossible d’avoir une vraie conversation avec lui
       

      • Ocséna 17 février 2009 01:47
        L’esprit de la Constitution
         
        Le sarkozysme frise, disons-le, en ce moment la tragédie. La politique familiale en plus ce matin n’arrange dans sa dérision assurément rien.
         
        Il faut absolument revenir à l’esprit originel de la cinquième république : Dans la 5e, seul le premier ministre a le droit d’avoir l’air d’un imbécile.

        ................................................

        Les Pensées zaz de l’Ocséna

        Ocsena, Organisation contre le système-ENA... et pour la démocratie avancée

        - [-> http://ocsena.ouvaton.org]

         

        • Gabriel Gabriel 17 février 2009 09:20

          Bonjour,

           
          Voici une petite profession de foi des UMPISTES.
          Une fois la lecture de ce texte « palindryque » terminée, veuillez le lire de haut en bas en commençant par la dernière ligne et en remontant jusqu’au début. Vous découvrirez peut-être une vérité.
           
          Dans notre parti politique, nous accomplissons ce que nous promettons.
          Seul les imbéciles peuvent croire que
          nous ne lutterons pas contre la corruption.
          Parce que, il y a quelque chose de certain pour nous :
          L’honnêteté et la transparence sont fondamentales pour atteindre nos idéaux.
          Nous démontrons que c’est une grande stupidité de croire que
          les mafias continueront à faire partie du gouvernement comme par le passé.
          Nous assurons sans l’ombre d’un doute, que
          la justice sociale sera le but principal de notre mandat.
          Malgré cela, il y a encore des gens stupides qui s’imaginent que
          l’on puisse continué à gouverner
          avec les ruses de la vieille politique.
          Quand nous assumerons le pouvoir, nous ferons tout pour que
          Soit mis fin aux situations privilégiées et aux trafics d’influences.
          Nous permettrons d’aucune façon que
          Nos enfants meurent de faim.
          Nous accomplirons nos desseins même si
          Les réserves économiques se vident complètement.
          Nous exercerons le pouvoir jusqu’à ce que
          vous aurez compris qu’à partir de maintenant
          nous sommes avec Nicolas Sarkosy, la « nouvelle politique »
           

          • hand87 17 février 2009 14:00

            Excellent, merci...  smiley


          • tomasi75 17 février 2009 18:19

             Fillon est pire que de villepin. Il est muet, claude guéant est le premier ministre officieu.

            la preuve sur mon blog


            • gruni gruni 21 février 2009 12:14

              Dans son livre "Témoignage"voilà ce que dit Sarkosy : "Les français doivent savoir qui décide...c’ est pourquoi j’estime que le rôle du Premier ministre doit être reconnu comme celui d’un coordinateur..."C’est vrai que F.Fillon est un coordinateur effacé ! en fait il serait plutôt un collaborateur tenu à l’écart des décisions importantes,voir le g7à l’Elysé qui ce tient sans lui.
              Sarkosy dit ensuite "Et si une institution doit faire contrepoids au président de la République,il ne peut s’agir que du parlement ".Bien sûr on le croit tous.
              En tous cas 53% des français qui ont voté pour lui,des gens aisés mais aussi des modestes,doivent se dire ,du moins les modestes ,qu’ils ont fait une erreur grave de conséquences.

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