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Sur le recrutement des professeurs

Les personnes qui souhaitent devenir professeurs de l’Education nationale en France doivent passer par une étape inévitable : le concours de recrutement. Les professeurs sont ainsi considérés comme des fonctionnaires identiques aux autres, leurs fonctions semblent ne pas demander des qualités exclusives au métier d’enseignant, un fonctionnaire de l’Etat doit être recruté par concours, les professeurs sont donc recrutés par concours.

Problèmes rencontrés

Le concours se passe en deux sessions, écrite puis orale. Un programme national sort chaque année dans le Bulletin officiel du mois de mai de l’année précédant la session de recrutement, la plupart du temps le programme de l’année précédente est en partie remanié, ce qui permet une plus grande équité entre les nouveaux candidats et ceux qui se sont déjà présentés au concours l’année précédente.

Ce changement de programme a également un coût pour les candidats, encore plus pour les redoublants, puisqu’il faut se procurer les livres officiels du programme, sans parler de l’économie souterraine de certaines maisons d’édition qui sortent des livres d’aide ou d’étude des oeuvres que tout candidat consciencieux souhaitera acquérir afin d’optimiser ses chances de réussite.

Les épreuves écrites sont exclusivement théoriques, il faut potasser et bâchoter le programme et répondre à une infime partie de ce dernier grâce à l’immense connaissance accumulée durant les derniers mois de préparation. Cette préparation peut se faire chez soi ou bien dans les Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM), la réussite au concours ne dépend évidemment pas de l’environnement choisi mais du travail personnel effectué durant la préparation.

Une fois les épreuves écrites passées, et si seulement si le candidat les a réussies, vient le temps des épreuves orales, théoriques elles aussi. Ces épreuves diffèrent suivant la spécialisation, seule une épreuve est commune : l’épreuve pré-professionnelle. Malgré son intitulé, cette épreuve est tout aussi théorique que les autres, il faut une solide préparation didactique et une connaissance parfaite des textes officiels de l’Education nationale. La préparation en IUFM peut être un atout pour ces épreuves orales car le candidat sera probablement plus entraîné face à un jury.

Le constat : le candidat doit non seulement exceller en théorie mais également être chanceux, puisque ce concours laisse une part importante à l’imprévu. En effet, suivant le sujet des épreuves (écrites et orales) et les correcteurs et jury qui examinent son travail, un candidat excellent peut être recalé et un candidat médiocre accéder au monde enseignant.

Solutions envisagées

Le concours de recrutement des professeurs devrait être beaucoup moins théorique, et prendre en compte l’expérience des candidats. En effet, peu d’entreprises accepteraient de recruter un employé sur ses seules connaissances théoriques, les stages ou les emplois accumulés, même dans une branche différente, sont garants de sa volonté et de sa motivation pour accéder au monde du travail.

Les futurs professeurs devraient ainsi être recrutés en prenant en compte :

1. leurs connaissances disciplinaires, mais d’une manière moins arbitraire et moins sélective qu’aujourd’hui ; un bon professeur n’est pas seulement un puits de science, pourquoi pas l’écriture d’un mémoire plutôt que les épreuves actuelles ?

2. Leurs connaissances institutionnelles : il est normal pour un agent de l’Etat de connaître et maîtriser les instructions officielles de l’Education nationale, un bon professeur se doit d’appliquer les recommandations du ministère après les avoir bien comprises et intégrées.

3. Leurs compétences pédagogiques : il semble logique pour un professeur de faire preuve d’un certain sens pédagogique, la connaissance ne fait pas tout, il faut mettre en situation les candidats afin de pouvoir les évaluer en classe, et prendre enfin en compte la plus importante des qualités pour un enseignant dans le recrutement.

4. Leur motivation et leurs expériences : être professeur ne doit pas être un choix par défaut, après quelques années d’études à l’université, ou un emploi pas si stable que ça, le corps professoral semble être un refuge pour les jeunes (et moins jeunes) indécis. Le bon professeur doit montrer qu’il souhaite réellement enseigner, il doit tout mettre en oeuvre durant sa scolarité puis sa vie professionnelle pour trouver des expériences et/ou des formations visant à étayer son projet enseignant.

Conclusion

Le problème lié à l’école aujourd’hui est intimement lié au système de recrutement des professeurs. Plutôt que de réformer la formation après le concours, comme le premier hors-série du Bulletin officiel de l’année 2007 le préconise, le gouvernement devrait réformer le concours en lui-même. Si les professeurs sont recrutés sur des compétences spécifiques au métier d’enseignant, les désillusions et autres réveils tardifs des candidats fraîchement promus n’auraient plus lieu d’être, et les écoles gagneraient en qualité et en professionnalisme.


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60 réactions à cet article    


  • Cris Wilkinson Cris Wilkinson 8 février 2007 11:15

    « Les professeurs sont ainsi considérés comme des fonctionnaires identiques aux autres »

    Il faut aller dire cela aux représentants des forces de l’ordre, un professeur peut « foutre en l’air » l’avenir de 30 jeunes tout les ans pendant des années sans qu’on lui dise rien, alors qu’un policier qui « blesse légèrement » un jeunes (surtout s’il n’est pas autochtone) lors d’une interpellation justifiée, verre sa tête à la une de tout les journaux et ce fera licencié pour faute grave par son ministre de tutelle, qui ne voudra pas froisser une partie de son électorat.


    • Hakim I. (---.---.29.67) 8 février 2007 11:23

      Il existe au contraire aussi des flics qui font tout pour qu’on leur réponde et qui vous collent un outrage plainte et dommages et intérets a la clé... On peu jouer longtemps à ce jeu la...


    • boomer 19 avril 2007 20:20

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    • (---.---.67.85) 8 février 2007 12:00

      Vous parlez des professeurs de primaire et secondaire, mais il y a encore mieux (enfin, si je puis dire) : le recrutement des maitres de conférences au niveau universitaire.

      A la fin de votre doctorat (car il faut avoir un doctorat pour postuler, mais ce n’est pas vraiment le problème), vous devez d’abord passer l’étape de la « qualification ». Les règles sont extrêmement simples : pas de publication scientifique, pas de qualification (je rappelle que nous parlons du recrutement d’enseignants, pas de chercheurs). Si par bonheur vous avez une publication et êtes « qualifié(e)s », vous devez ensuite vous engager dans un véritable tour de France des universités qui recrutent (à vos frais, il va de soi), sachant que la plupart des universités françaises souffrent d’un atavisme consistant à ne recruter que leurs propres thésards.

      Un de mes amis, qui a obtenu un doctorat après être passé par l’ENS, et qui était agrégé du secondaire depuis 10 ans (et donc enseignant depuis 10 ans), s’est par exemple vu refuser la qualification par manque de publication. Quel est donc cet employeur qui refuse à ses salariés non pas une promotion mais carrément le droit de postuler à une promotion ?


      • Tristan Valmour 8 février 2007 14:39

        Le poste de Maître de Conf est avant tout politique. Sans relationnel et sans appui politique, c’est quasiment impossible. Sinon, la précarité est effectivement plus grande dans le supérieur que dans le secondaire. De toutes les façons, gauche ou droite, l’enseignement sera complètement privatisé. Il faut donc anticiper.


      • (---.---.30.43) 8 février 2007 15:22

        et oh n’importe quoi, un maître de conférences est aussi un chercheur !!!!! c’est même sur sa recherche qu’il est jugé ! il me semble que c’est 1/3 d’enseignements et 2/3 de recherche dans son statut

        évidemment leur recrutement ce fait sur l’analyse de son dossier par un rapporteur (histoire de voir si sa recherche est pertinente) et ensuite il passe un oral de 10 mn où l’ensemble du jury (pas forcéments des spécialistes du domaine) prend sa décision

        bref un emploi à vie contre 10 mn, c’est on ne peut plus arbitraire, surtout que le copinage et les passes-droits sont fréquents (je vote pour ton candidat cette année et l’année prochaine tu voteras pour le mien !) sans oublier la promotion canapée (combien de directeur de recherche de 50 ans couchent avec leur thésarde ?) le népotisme : suffit de voir les filiations !

        bref tout n’est pas rose dans le recrutement des chercheurs et enseignants-chercheurs...


      • (---.---.30.43) 8 février 2007 15:31

        quelques rectifications : « En effet, peu d’entreprises accepteraient de recruter un employé sur ses seules connaissances théoriques, les stages ou les emplois accumulés, même dans une branche différente, sont garants de sa volonté et de sa motivation pour accéder au monde du travail. »

        petite erreur certainement due à ton manque d’expérience dans le privé, c’est exactement la même chose dans les entreprises qui recrutent des ingénieurs de grandes écoles(X, Mines, Centrale) ou alors des commerciaux (HEC ESSEC) c’est uniquement sur leur diplôme (et leur réseau) et pas du tout sur leur compétence réelle !!

        la situation est telle qu’il préfèrent recruter un gamin qui a eu la chance de réussir un concours à 20 ans plutôt que de conserver un ingénieur qui a 30 ans d’expériences dans ce métier ! c’est pour cela qu’il y a plusieurs vitesse dans notre système éducatif, les entreprises préfèrent embaucher des gens formatés par une école qu’il connaissent plutôt que de laisser des jeunes tout aussi diplômés (master ou dess) tenter leur chance et montrer leurs compétences


      • Clara Clara 8 février 2007 16:09

        Il est clair qu’il existe en France un système d’enseignement supérieur à deux vitesses : l’université d’un côté et tout le reste de l’autre. On retrouve là encore le manichéisme économique entre « ceux qui ont » et « ceux qui n’ont pas ».

        Notre société se nourrit de cette différence, et même lorsqu’elle donne l’illusion d’égalité (pour en revenir aux concours), tout n’est finalement qu’apparence.

        La France tient effectivement beaucoup trop aux savoirs et aux diplômes pompeux. Durant des dizaines d’années, les professeurs n’avaient pas besoin d’une Licence pour être recrutés, sont-ils des mauvais enseignants pour autant ?

        Si on faisait passer le CAPES ou le CRPE a des professeurs en poste avant 1990, combien seraient effectivement reçus après les épreuves écrites et orales ? Et les membres des jury qui nous évaluent, vous pensez qu’ils seraient plus nombreux ?


      • armand (---.---.75.86) 8 février 2007 22:40

        Désolé d’avoir à rectifier, ayant été à tour de rôle postulant à la liste de qualif, au niveau de maître de conférences puis de professeur, et faisant partie aussi de commissions de spécialistes.
        - Je n’ai jamais rien vu de « politique », tout au plus une tendance à priovilégier les candidats qui ressemblent aux membres du jury, un travers humain universel.
        - Les candidats docteurs sans concours du secondaire ont bien entendu plus de mal à se faire qualifier, puis recruter, et là c’est leur dossier de publications qui font la différence. Inversement, un candidat sorti de l’ENS et agrégé a besoin d’assez peu d’articles pour qu’on lui déroule le tapis rouge.
        - En effet, comme précisé ci-dessus, le dossier recherche est déterminant, car il s’agit d’un poste d’enseignant-chercheur et puis, franchement, comment allez-vous évaluer la qualité de l’enseignement d’un collègue ? On peut faire cours pendant des années en étant assez médiocre, inversement, on peut démarrer très fort et faire des cours de qualité. Un dossier de publications ainsi qu’une thèse peuvent faire l’objet d’une évaluation assez équitable (à l’échelle humaine !)
        - Le double verrouillage CNU (qualification) et commissions locales (recrutement) sert à prémunir contre l’esprit de clocher. Et il est fréquent qu’un candidat « maison » se fasse sortir (même injustement) par un candidat venu d’ailleurs. Voila pour quelques éclarcissements.


      • armand (---.---.75.86) 8 février 2007 22:57

        @Clara,

        Vous avez toute ma sympathie devant les difficultés que vous rencontrez en « stagnant » devant les portes de l’institution. Comme j’ai passé des années comme chargé de cours payé à l’heure, enseignant contractuel, pour obtenir finalement un poste de MC puis de prof je suis bien placé pour savoir qu’on y pratique un sadisme psychologique souvent bien loin de la seule excellence professionnelle.Autant dans le secondaire que dans le supérieur. Car les jurys, même les plus rigoureux, ne son composés que d’êtres humains. Et quand on n’est pas des « happy few » issus de la voie royale (ENS, agrégation) c’est la tenacité qui permet d’y arriver. Et puis, ayant taté de métiers fort différents, sportifs, artistiques,militaires et même... de sécurité, j’ai trouvé dans l’éducation moins d’esbrouffe, de corruption et de nepotisme qu’ailleurs. Ainsi que la satisfaction de transmettre, qui n’a pas de prix.

        Bon courage


      • Céline Ertalif Céline Ertalif 9 février 2007 00:41

        Car les jurys, même les plus rigoureux, ne sont composés que d’êtres humains.

        Le concours est une très mauvaise méthode de recrutement. Notamment à cause du problème des jurys, composés d’êtres humains la plupart du temps gentils, sympathiques et bien intentionnés mais néanmoins parfaitement irresponsables.

        J’ai participé à bien des recrutements et je vais avoir l’occasion à nouveau de recruter un chef de service : mais si je me trompe, je vais en supporter les conséquences pendant longtemps ! Dans un recrutement sérieux, c’est le recruteur qui prend les risques et qui a toutes les raisons d’être angoissé, pas le candidat.

        Dans ce type de situation, mes préoccupations sont généralement les suivantes : en premier lieu, un membre du jury présente ses collègues du jury pour que le candidat sache à qui il a affaire, on indique les éventuelles informations pour dire comment cela va se passer, on donne les informations sur le contexte du poste qui fait l’objet du recrutement, on fait tout pour que le candidat puisse s’exprimer et donc on le met à l’aise autant que possible. Certains candidats d’ailleurs se trompent sur le sens de cette ouverture, il ne faut pas oublier que l’attitude vaut pour tous les candidats. Moi, je veux que les candidats se révèlent en un minimum de temps. Pour autant que j’en sache les concours publics sont très loin des préoccupations que je viens d’exprimer, et qui sont pourtant de pur bon sens.

        Dans la fonction publique territoriale, que je pratique depuis assez longtemps, on recrute généralement des fonctionnaires mais on choisit librement son personnel comme une entreprise. Mais on subit tout de même les travers du système. J’ai deux agents, un bon et un très mauvais, qui ont passé le même concours il y a quelques mois. Un concours interne du CNFPT, catégorie C, avec une épreuve orale sensée porter essentiellement sur le parcours et l’expérience professionnelle. Résultat : la meilleure note à l’agent plus que médiocre. Pourquoi ? Parce que tout le monde peut se tromper, surtout un jury irresponsable !


      • (---.---.229.127) 9 février 2007 07:58

        FAUX en ce qui concerne les ingenieurs !

        Excepte le top, ou les portes sont ouvertes dans la fonction publique. Pour les autres, c’est l’experience qui prime !

        Le diplome n’est plus un sesame pour l’emploi, et en etant ingenieur, c’est pareil !

        Regardez les annonces sur les sites d’emplois, c’est 5 d’experiences (sur poste equivalent bien sure). De plus, vu le monde qui recherche un boulot, les profils debutants sont mis « out »

        Donc, les petits jeunes ... ils font la queue comme tous le monde.

        En ce qui concerne les concours, c’est un mode de selection qui ne convient plus quand on depasse un certain nombre de candidats car c’est l’arbitraire qui joue !

        En effet, quand vous avez 200 candidats pour un poste au concours ca fait sur une note de vingt un ecart entre candidats de 0.1 point ...

        C’est tout comme le prive, sur un poste, il y a en moyenne 100-200 candidats. La aussi, la selection sur Cv, c’est totalement « pipo » !

        Quand aux maitres de conference, pour etre selectionne c’est une veritable mafia.


      • chantecler (---.---.4.90) 8 février 2007 12:03

        @ Clara : j’ai du mal à comprendre ton article. Les enseignants sont recrutés sur concours et diplomes, et sur casier judiciaire vierge...

        Je ne vois pas comment on peut juger à priori des compétences pédagogiques : celles-ci ne sont pas innées mais se développent au contact des élèves sur le terrain...Et on apprend toute sa vie.

        Les connaissances institutionnelles...Pareil : il faut parfois des années pour saisir les arcanes administratives de l’EN.

        Et parfois, bien du temps pour piger comment fonctionne réellement une école : tout n’est pas affiché sur les murs....

        Enfin, bon courage, car si la critique est aisée, l’art est difficile, et bien peu de nos détracteurs ont envie de faire ce métier.

        J’ajouterai que bien peu de ces « victimes » font une analyse rétroactive de leur comportement passé d’écolier et de collégien, et préfèrent accuser toute leur vie les dizaines d’enseignants qu’ils ont eus, plutot que faire un retour sur eux-mêmes. C’est toujours la faute aux autres....


        • Sam (---.---.128.207) 8 février 2007 12:40

          On comprend et partage l’angoisse et la frutstration de ne pas réussir ce concours de l’EN, voire de ne pas obtenir un boulot, quelqu’il soit avec un contrat si possible pas CNE...

          Mais je trouve contradictoire de demander à des bachoteurs de concours des compétences pédagogiques, puisque le but du concours est de leur permettre d’accéder à l’IUFM, qui est censé leur donner ces compétences pédagogiques, sans parler de l’expérience qui approfondira.

          A moins de ne sélectionner que des fils et filles d’enseignants, je ne vois pas non seulement le moyen, mais encore la nécessité de demander celà.

          A moins qu’on souhaite un fonctionnement endogame. On voit déjà ça dans trop de professions - acteurs, politicards, grands patrons - pour que l’EN s’y prête.

          Cependant, je souhaite évidemment courage, ténacité et réussite à l’auteur.


          • Clara Clara 8 février 2007 12:44

            @ Cris Wilkinson : les profs, comme les policiers d’ailleurs, souffrent d’une image dégradante due en partie à une médiatisation mal placée de leurs faits ou méthodes face aux élèves et aux « jeunes » en général. Ce n’est pas un problème de personnes mais bien une nécrose du système dans son ensemble.

            @ Anonyme : je ne connaissais pas le système de recrutement au niveau universitaire, mais je me doutais bien qu’il devait être aussi performant que celui du primaire et du secondaire. Là aussi, il faudrait se remettre en question...

            @ Chantecler : je suis tentée de penser que les compétences pédagogiques sont quelques parts innées, lorsqu’on a la « vocation » de devenir professeur, il y a une certaine vision des choses, un rapport à l’autre, qui montre une sensibilité pédagogique qui ne demande qu’à se développer au contact des élèves.

            Si je me prends en exemple, j’ai donné des cours particuliers durant mes années universitaires, je suis partie enseigner 1 an à l’étranger, j’ai pris des classes quelques heures lors de mes stages, j’ai préparé mes cours en prenant soin d’intégrer à la fois l’institutionnel et le pédagogique, et pourtant l’Education Nationale de reconnait pas ses expériences comme indispensables.

            Je ne demande qu’à enrichir ses expériences afin de peaufiner mon enseignement, malheureusement je ne dépasse pas les écrits lors du concours de recrutement. Ce que je reproche aux concours, c’est un peu trop de bachôtage et de bourrage de crâne et pas assez de logique et d’adéquation avec le métier d’enseignant.

            Ceux qui veulent réellement enseigner sont constamment en formation, il y a un immense travail de recherches personnelles pour se tenir au courant. Cette motivation n’est malheureusement pas reconnue, et pourtant quelqu’un qui s’intéresse à l’école à ce point avant même d’être professeur en poste devrait avoir au moins l’opportunité de prouver sa valeur face à un jury en chair et en os.


            • Clara Clara 8 février 2007 13:02

              @ Sam : la plupart des professeurs qui sont passés par l’IUFM pourront confirmer que la formation n’est qu’une nébuleuse institutionnelle, un bachôteur de concours, même avec 1 ou 2 ans de formation à l’IUFM, reste le plus souvent un bachôteur de concours, s’il ne fait pas preuve d’initiative pédagogique, même avec l’expérience, il deviendra un des ces profs qui semblent inébranlables malgré leurs lacunes évidentes en matière de pédagogie.

              Je suis moi-même issue d’un milieu populaire et je suis la première génération de ma famille à avoir eu le bac. Bachôter un concours semble être un concept équitable, pourtant les anciens de classes préparatoires ou des grandes écoles ont un avantage notable sur les étudiants universitaires.

              Malgré les apparences, les stagiaires à l’IUFM (ceux qui ont réussi le concours) sont en grande majorité issus de la classe moyenne, et même de la classe enseignante. Le fait qu’une année de préparation à un concours demande un investissement personnel énorme totalement non rémunéré peut-être une explication...


            • Clara Clara 8 février 2007 13:20

              @ Le Furtif : je crains que vous soyez bien loin des réalités du concours et de l’IUFM.
              - la compétence en la matière est la SEULE compétence évaluée lors du concours (c’est bien beau de connaitre des choses, encore faut-il savoir les enseigner, non ?)
              - je ne suis pas dupe face aux formateurs et à l’administration de l’IUFM, et je suis même la première à m’insurger contre leurs pratiques pédago-didactico-institutionnelles (dont le concours)
              - si un futur enseignant n’est pas évalué sur sa motivation et sa pratique en classe, alors sur quoi devrait-il être évalué ? (parce que ça fait quand même partie du métier qu’il va excercer durant une bonne trentaine d’années) Et pour votre gouverne, le rapport de stage, c’est lorsqu’on a passé la barrière du concours, et je fais partie de ceux qui ont des connaissances trop limitées pour la franchir...


            • Sam (---.---.119.204) 8 février 2007 14:58

              Clara

              D’accord avec toi que l’IUFM n’est pas top et je me souviens d’un dossier que Marianne y consacra en demandant sa fermeture, suite à des critiques répétées de formateurs, et surtout d’enseignants, peu formés par cette institution.

              Mais deux ans de formation, c’est pas rien, en tous cas mieux que quelques jours ou semaines un peu décousues.

              De toute façon, c’est un long travail, une longue patience la pédagogie. Te demander une évaluation pédagogique à l’entrée du concours de PE serait une abherration, je le répète.

              Ce qui ne doit pas empêcher les examinateurs de juger tes sensibilisations pédagogiques personnelles comme un signe de motivation, qui doit être quantifié et porté à ton crédit, de manière correcte, durant le concours.

              Par ailleurs, c’est vrai que dans ce genre de compétition, les personnes qui ont famille dans le métier et ceux qui sortent de prépas, grandes écoles, ont un avantage.

              C’est sans doute l’illustration du concept de reproduction...Mais Bourdieu précisait que les choses ne sont pas figées, que l’« habitus » ne détermine pas totalement le destin individuel de chacun. Et heureusement.

              Ton texte, comme tes réponses aux messages montre que tu es pertinente et claire, avec une plume ordonnée et précise. Sans oublier ta détermination qui ne fait pas de doute. Donc, tu as donc les armes pour finalement décrocher ce concours, je crois.

              Peut-être devrais-tu, si c’est possible, faire un crédit-étudiant en banque, ce qui te laisserait ce temps précieux qui peut faire une différence, comme tu le soulignes...

               smiley


            • Ziquette (---.---.218.241) 8 février 2007 20:25

              @Clara : « Mais deux ans de formation, c’est pas rien, en tous cas mieux que quelques jours ou semaines un peu décousues. »

              La première année de formation prépare au concours. C’est celle dont Clara parle : une année de bachotage.

              La deuxième année, année de stage pratique, se résume, côté formation, à 2 jours de formation par semaine. Avec deux cours théoriques par journée de formation. Quelques journées de formation plus pratique par-ci par-là. Et pendant ce temps-là, on est sur le terrain. A froid et sans filet.

              Donc on a beau y passer deux ans, ça se résume bien à quelques jours décousus.


            • Ziquette (---.---.218.241) 8 février 2007 20:26

              Argh. Je répondais en fait à Sam.


            • Sam (---.---.119.204) 8 février 2007 21:43

              Ziquette

              J’ai dit « c’est pas rien », j’ai pas dit « c’est le summum ».

              Pendant les stages tu as un contact direct avec la PE que tu remplaces plus des visites d’enseignants et autres...C’est un encadrement qui vaut pas énormément, mais toujours mieux qu’une sensibilisation hasardeuse dans un établissement qui a bien voulu t’accepter quand tu as dit que tu voulais te préparer au concours...

              Je n’inclue pas dans ce scénario les personnes qui ont bossé dans l’enseignement privé, sans être titulaire, et qui ont, de fait, une expérience pédagogique de terrain qui est sans doute très valable, s’ils ont passé un certain temps en classe.

              Ceci dit, ça fait des années que la formation IUFM est critiquée à juste titre. Le problème est qu’on ne veut pas, d’une manière générale, donner vraiment les moyens à l’enseignement public et que le facteur hiérarchique est omniprésent. Ainsi les élèves, les enseignants, sont bombardés de recommandations, préconisations pédagogiques ultra-pointues fournies ex cathedra par les instituts de recherche pédagogiques. Mais la réalité mouvante du terrain est oblitéré et les gens de terrain livrés à eux-mêmes finalement. Tout ça n’est pas neutre.


            • Ziquette (---.---.218.241) 8 février 2007 20:33

              En fait, c’est un cercle vicieux ; la première année d’iufm ne prépare pas au métier de prof : elle prépare au concours.

              Tant que le concours s’attardera plus sur le théorique disciplinaire que sur le pédagogiqie, la première année d’iufm formera des bachoteurs.

              Il est évident qu’une réforme du concours doit s’accompagner d’une réforme de la formation proposée en première année.

              Proposer une réelle formation pédagogique, avec pourquoi pas des stages pratiques comme pour les professeurs des écoles, qui aboutirait sur une évaluation des pratiques pédagogiques (entre autres).


            • gem gem 8 février 2007 12:56

              Le concours, c’est une nécessité pour éviter le népotisme et le clanisme (dont on a l’exemple dans les universités, comme rappellé dans un commentaire plus haut).

              Le problème, c’est la formation et le diplôme qui donne le droit de se présenter au concours : il n’y a aucune place pour les activités pratiques qui forment pourtant des marches toutes toutes naturelles dans l’escalier de la formation d’un prof :

              * la simple surveillance et le maintient de la discipline (le rétablissement d’une discipline foutue, là c’est carrément un autre métier, mais son maintien fait parti du boulot normal d’un enseignant)

              * la correction et la notation de copies ; l’évaluation

              * la tenue des « études » le soir et des « colles » (modèle « punition » ou modèle « prépa »)

              * l’encadrement ponctuel de TD ;

              * le remplacement de durée très courtes (petite grippe), courtes (maladie ordinaire, accident), ou longues (congé maternité, longue maladie)

              * l’éducation de ses propres enfants (avant de prétendre s’occuper de ceux des autres !)

              * et, enfin (une fois franchies les étapes précédentes), la tenue d’une classe entière pour une année, dont les résultats (par différence avec le niveau de départ) donne la note de l’apprenti prof : car on reconnait l’arbre à ses fruits, et à rien d’autres (et surtout pas la conformité avec les instructions officielles !)


              • Senatus populusque (Courouve) Courouve 8 février 2007 14:28

                Ce sont les modalités de l’enseignement qu’il faut repenser.

                L’unité « classe », un professeur avec n élèves, remonte à l’Antiquité et se justifiait lorsqu’il n’y avait pas d’autres moyens de communication.

                Aujoourd’hui, comme nous disposons de moyens audio-visuels et d’Internet, cette unité représente un véritable archaïsme.


              • armand (---.---.189.35) 9 février 2007 11:05

                Faux ! Rien ne remplace le contact direct entre une classe et un enseignant. Ou alors demandez aux enseignants d’arts martiaux de travailler à distance sur des petits écrans. C’est parfaitement comparable.


              • (---.---.172.30) 9 février 2007 11:14

                Ce qui est utile, c’est le contact de l’élève avec l’enseignant.

                Une partie du travail fait en classe pourrait être laissée à des moyens audios-visuels ou informatiques.

                L’acquisition de certains automatismes en langue française et en mathématiques n’exige pas le rituel « classe ».

                En langues vivantes, le travail en cabine est bien plus profitable que le travail en classe.

                Une part des difficultés actuelles des enseignants vient justement de cette inadéquation entre le rituel « classe », quasi-immuable depuis l’Antiquité, et l’état des techniques de communication.


              • afterglow (---.---.56.82) 10 février 2007 17:53

                « * l’éducation de ses propres enfants (avant de prétendre s’occuper de ceux des autres !) »

                — > Voilà un argument qui me paraît totalement aberrant ! IL faudrait que chaque jeune enseignant ait d’abord élevé ses propres enfants avant de pouvoir prétendre à être professeur ? Pour cela, il faudrait fermer la porte à tous les célibataires et à tous ceux qui n’ont pas d’enfants pour des raisons qui les concernent et cela me semble totalement discriminatoire ! De plus, même si la fonction de l’enseignant fait souvent de lui un éducateur de nos jours (je sais de quoi je parle, j’enseigne en banlieue difficile), sa fonction première consiste néanmoins à enseigner une matière dans laquelle il s’est spécialisé. Il ne devrait pas lui incomber d’éduquer les enfants des autres, sous prétexte que les parents sont irresponsables et incapables de leur inculquer une bonne éducation.

                Par ailleurs, pour ce qui est de la première année de formation en IUFM, elle ne sert guère plus que la seconde. On y perd plus son temps qu’autre chose et plutôt que de remettre en cause leur système, ils nous forcent à émarger sous peine de retrait sur salaire pour dissuader les plus rebelles de rester chez eux et de faire quelque chose d’UTILE à la place. En ce qui me concerne, j’ai fait ma 1ère année à la fac pour la préparation au CAPES et à l’agrégation et je n’ai jamais trouvé qu’il s’agissait de bachotage. Au contraire, cette année s’inscrivait dans la lignée d’un apprentissage débuté en 1ère année de DEUG, apprentissage qui s’est soldé par un accomplissement personnel.


              • gem gem 12 février 2007 17:01

                @afterglow

                désolé d’insister, mais il me semble que les profs sont fait pour les élèves, et non les élèves pour justifier un poste auquel n’importe qui devrait pouvoir prétendre. Dans la mesure du possible, donc, exclure les gens sans enfants eux-mêmes ne me semble pas un inconvénients ; à revoir si, du coup, on manque de candidats, mais j’en doute.


              • afterglow (---.---.56.82) 13 février 2007 20:15

                Ce raisonnement me paraît toujours aussi aberrant si on considère qu’un étudiant n’ayant jamais redoublé et réussissant le concours la 1ère année a entre 22 et 23 ans... Tout le monde n’a pas d’enfants à cet âge là, loin de là (ils faut bien se concentrer sur les concours !) ce qui ne veut pas pour autant dire qu’ils n’en auront pas par la suite...

                Et si l’ont suit votre raisonnement jusqu’au bout, il faudrait que les candidats aient déjà élevés leurs enfants à un certain âge ! On marche sur la tête ! Sans compter la possibilité de recruter des mauvais parents mais parents quand même... (Ca me rappelle d’ailleurs la clause qui stipule qu’une mère de 3 enfants peut prétendre passer les concours sans avoir le niveau Licence requis pour les candidats... c’est tout aussi ahurissant. Je ne vois pas en quoi avoir élevé 3 enfants donne l’équivalence de la licence, il faudrait qu’on m’explique...) J’ai vraiment du mal à voir comment on peut ne serait-ce qu’émettre une telle idée...


              • Alake (---.---.251.50) 8 février 2007 13:10

                En Italie il existe un diplôme en trois ans qui prépare à être instituteur ... pardon Maître des écoles. Il faut passer un test après le bac pour pouvoir y accéder. Une fois entré dans cette filière, l’étudiant suivra des cours dans toutes les matières enseignées en primaire ainsi que des cours de pédagogie, psychologie enfantine... C’est un système intéressant qui permet d’avoir un contact avec les élèves puisqu’il y a des stages obligatoires à faire dans des classes de primaire afin de valider le diplôme. Ce système permet à un étudiant de voir s’il est apte à enseigner et le système des équivalences fait que si cette filière ne lui plaît pas il peut passer dans une autre filière sans avoir perdu de temps. En France on demande aux étudiants de faire 3 ans d’études, donc d’avoir une licence, ce qui veut dire que l’étudiant ne va étudier qu’une seule matière et qu’il va devoir bachoter toutes les autres matières pour pouvoir accéder au concours de maître des écoles. Enfin, s’il a le concours, il peut très bien s’apercevoir après coup qu’il n’est pas fait pour ce métier ! Il aura donc perdu 4 ans de sa vie (dans le meilleur des cas).


                • (---.---.215.141) 8 février 2007 14:12

                  l’immense connaissance accumulée durant les derniers mois de préparation.

                  IMMENSE : N’est ce pas un peu présomptueux

                  - 1. leurs connaissances disciplinaires,
                  - 2. Leurs connaissances institutionnelles :
                  - 3. Leurs compétences pédagogiques :
                  - 4. Leur motivation et leurs expériences

                  Ce classement me semble faussé par la prédominance du savoir sur le savoir faire : je proposerai plustôt :
                  - 1. Leur motivation
                  - 2. Leurs compétences pédagogiques :
                  - 3. leurs connaissances disciplinaires et leur expérience
                  - 4. Leurs connaissances institutionnelles :

                  Il ne faut pas oublier l’essenciel : faire passer des connaissances dans la tête des enfants. Avoir une licence d’histoire est totalement inutile pour enseigner en primaire. La preuve j’ai eu des enseignants pourvus du brevet élémentaire qui s’en tiraient fort bien, l’illétrisme était moins fort dans les années 50 que maintenant.


                  • Alake (---.---.251.50) 8 février 2007 14:17

                    Tout à fait d’accord. Tout comme les mathématiques niveau licence ne sont d’aucune utilité pour enseigner en primaire. Sans compter que les gens qui ont fait histoire n’ont pas fait de maths et vice-versa, ce qui veut donc dire que les futurs enseignants auront des lacunes à rattraper dans certaines matières avant même de pouvoir les enseigner.


                  • Clara Clara 8 février 2007 14:24

                    La connaisance n’est immense que face à l’infime partie demandé lors de l’épreuve. C’était surtout pour mettre en avant le bourrage de crâne...

                    La numérotation de correspondait pas à un classement, j’ai cité les compétences actuelles en premier afin de ne pas choquer les partisans du concours sous sa forme actuelle (réformer... mais pas trop).

                    Le classement que vous proposez me convient parfaitement.


                  • Henri Grégoire (---.---.227.174) 8 février 2007 14:49

                    Un certifié est un élève-enseignant tandis qu’un agrégé est un enseignant en formation même si le premier a plus d’expérience de terrain que le second. En France, le savoir prime sur le savoir-faire. Le concours permet de voir des potentialités et non des compétences. On est dans la quadrature du cercle entre l’obligation d’avoir des enseignants capables, qui seraient practiciens sans avoir eu à être face à des élèves à qui l’Etat doit des enseignants valables.


                  • lavieenrose (---.---.4.90) 9 février 2007 01:20

                    @ Clara:nous ne sommes pas dans un monde bisounours : partout dans notre pays le travail et les postes se font rares...

                    Combien de postulants pour un emploi ? C’est valable pour tout et n’échappe pas à l’éducation nationale sinistrée.

                    Il y a quelques années, l’EN avait organisé un recrutement d’infirmier(e)s scolaires... Beaucoup de battage partout : ANPE, télé ,circulaires, etc...Bref, enfin la révolution en médecine scolaire !. Le concours s’est déroulé au sud de Paris, à coté de Rungis. J’ai vu des centaines d’infirmières de CHU de pédiatrie, d’oncologie s’y rendre...La base de l’épreuve écrite était une question bateau (une allergie alimentaire) et une vague question : "vous vous présentez comme inf. scol. dans un bahut...) . Je sais que 7 participants, sur cette salle bourrée à craquer ont été déclarées admissibles, pour l’oral....

                    Ce qui est dramatique c’est la situation de l’emploi en France ,les finances de l’état, et peut-être la mentalité de nos dirigeants.C’est cette violence inouïe faite aux jeunes....

                    Tout est fait pour te disqualifier, te culpabiliser, pour te faire intérioriser que ton échec ne peut s’expliquer que par tes absences de capacités, de motivations, d’expériences...

                    Voila comment on traite les hommes et les femmes dans notre pays. Et aprés, il y aura des enquéteurs pervers qui feront mine de s’interroger sur la « surconsommation » de tranquillisants et d’antidépresseurs en France !....

                    Le monde de l’enseignement est un monde trés dur, peu généreux.

                    C’est paradoxal puisqu’on est censé s’occuper d’enfants. C’est trés violent institutionnellement. Les enseigants prennent des beignes de partout, ce sont les putching balls de notre société -bon prétexte pour ne jamais les augmenter- et « ça commence à l’école ». Lis bien Avox et tu verras la tendresse de certains commentateurs nous vouent : « quand j’entends le mot professeur, je sors mon revolver » !

                    Encore,bonne chance.


                  • Henri Grégoire (---.---.227.174) 8 février 2007 14:36

                    Si les concours sont difficiles, c’est que beaucoup s’y inscrivent. Pourquoi ? Parce qu’on fait des filières universitaires sans autre débouchés que de reproduire le système en devenant enseignant.

                    Le pire est plutot la gestion des personnels : les plus anciens dans de calmes établissements alors que les petits jeunes auront les publics nécessitant les meilleurs pédagogues. Les mauvais enseignants pourront pourrir des générations d’enfants sans aucune réprimande de leurs inspecteurs, à qui ils expliqueront qu’on ne peux pas les licencier car il faut payer les études des enfants ou les mensualités de la maison. Ces inspecteurs expliquent que les programmes ne sont pas importants et surtout que les terminer ne sert à rien si les élèves ne suivent pas. Alors pourquoi les inspecteurs généraux et autres pontes donnent-ils des programmes et des durées pour les traiter qui ne sont pas suivis ? Il faudrait arréter le pédagogisme centré sur une approche sociologique de l’élève pour le remplacer par une pédagogie centrée sur les savoirs et leurs transmissions.


                    • Tristan Valmour 8 février 2007 14:49

                      @ l’auteur

                      Bon article. Pour ma part, je trouve que l’IUFM est inutile et les concours peuvent être remplacés par une autre formule. D’ailleurs, je crois qu’historiquement, le concours a été demandé par les syndicats pour que les profs soient assimilés fonctionnaires cat. A. Mais c’est à vérifier.

                      Je préconise d’intégrer la formation théorique au professorat en faculté dès la première année de LMD, sous forme d’UV. Et d’ajouter une UV « expérience professionnelle » qui conduirait les étudiants en professorat à dispenser gratuitement des cours de soutien aux élèves. Un professeur qui a réussi son concours est avant tout un bon étudiant. C’est l’expérience qui rend les professeurs bons ou mauvais. En plus, en première année de fac, le volume présentiel est d’environ 20h par semaine. Deux UV de 4h chacunes ne feront de mal à personne, d’autant que la fac ouvre en octobre pour fermer en mai (environ). Et le soutien scolaire va permettre aux plus jeunes d’augmenter leur niveau.


                      • Muthesbest (---.---.92.205) 8 février 2007 15:08

                        Je suis moi-même dans une situation ubuesque : j’ai préparé durant 7 ans le concours du CAPES d’Arts Plastiques sans succés(sauf une fois où j’ai passé les épreuves orales à Arcueil et Beauvais, à mes frais, sans soutien logistique pour me retrouver face à un jury « souverain » de 3 personnes qui faisaient joujou avec un PC portable au mieux ou me faisaient un cours accéléré de chasse à la crotte de nez au pire !). On me re-dira aprés que les jurys sont bénévoles, ça n’est pas vrais, ils sont « indemnisés » pour le déplacement, et ça peut doubler leurs émoluments parfois. J’en conserve une cuisante leçon qui m’a assommée pour les 2 années suivantes, il y a même une année où je ne me suis pas présentée au concours tellement la charge émotionnelle était forte. L’année suivant cet échec, je me suis représentée en cours, en auditeur libre(mais de quoi ?...)pour soulever auprés des intervenantes en cours de didactique que non, l’oral à « Paris » n’est pas un « grand moment de théâtre » comme elle me l’avait si joliment présenté avant mon départ pour l’échafaud. Qu’il serait temps de savoir être plus proche des réalités de la vie quand on a face à soi des étudiants qui se sont généralement perdus par là parce que qu’ils n’ont pas réussi le concours d’entrée aux Beaux-Arts : pas assez barrés dans leurs têtes. On ne peut pas dire à des jeunes gens de 21 ans, tout frais sortis de la Licence qu’ils sont la future élite du corps enseignant : il est anorexique ce corps et peine à reprendre le dessus. L’entrée à l’IUFM était simple : il s’agissait d’une simple inscription impossible à régler pour les boursiers : l’entrée en IUFM retarde au pire de 3 mois le versement des bourses car c’est vécu par le CROUS commpe une réorientation, pas comme une « évolution dans les études »...là commence à se creuser le fossés entre les futurs militants qui trouvent encore la force de se battre pour une certaine égalité et ceux qui font un ouf de soulagement parce qu’ils sont passés à côtés des hallebardes des couperêts économiques et qu’ils vont pouvoir désormais se planquer. J’en connais qui ont laissé tomber : ont fait « instit’ » pour échapper à la précarité. Je ne dis pas qu’ils n’ont pas bossé, tout comme moi ils ont mis pas mal de choses entre parenthèses pour se donner les meilleurs conditions mais choisir le professorat par défaut me rends malade. On a la vocation ou on l’a pas. La vocation, c’est tout simplement de se sentir prêt à exercer, tout en se disant qu’on apprends tout le temps, c’est de ne pas avoir « peur » des gosses car on apprends d’eux aussi, c’est enfin être à l’aise dans sa discipline et avoir le feu sacré pour la transmettre. Ce qui marque les mémoires d’un gosses, ce sont ces profs qui leur faisaient oublier le temps qui passe tellement le voyage pédago était bien et ceux qui les ont martyrisés. Enfin, je voudrais rappeler que même si on dit que le concours est anonyme, j’entends encore des personnes dire qu’il y a une part de chance dans l’obtention du sésame...au vu de mes nombreux échecs, dois-je me dire une bonne fois pour toute que je suis la plus grande poissarde qui soit et me jeter dans la Garonne ? Ah non, il paraît aussi que l’Académie de Bordeaux est la plus « méchante »...bon, ben je suis dédouanée de ma responsablilité de mes échecs alors. Merci les biens-pensants ! PS : Je me suis réorientée, j’ai dû me reformer à mes frais, batailler comme une perdue auprés des administrations pour faire co-financer une formation en animation socio-culturelle. On ne comprenait pas pourquoi je voulais entrer dans une formation niveau Bac vu mes expériences dans l’enseignement, mes compétences et ma pratique artistique perso et mon Bac+3.
                        - « Ben peut-être parce que je veux faire ma place au soleil moi aussi...et peut-être aussi parce que je sais que je peux être une réelle personne-ressource dans les secteurs Jeunesse qui font un pendant aux écoles...peut-être ». Mais à ce moment-là je demande : dois-je me représenter une 8ème fois ?


                        • Thierry (---.---.130.76) 8 février 2007 15:56

                          Dites-donc, ça vous ennuierait de structurer votre texte en paragraphes ? Vous vous prenez pour Beckett, ou quoi ?


                        • vieux con (---.---.230.196) 13 février 2007 12:43

                          si dans vos examens votre propos était aussi structuré que dans votre commentaire on comprend le résultat

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