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Accueil du site > Actualités > Politique > Syndicats : chronique d’une mort annoncée

Syndicats : chronique d’une mort annoncée

Depuis le 13 novembre 2007 à 20 heures, les Français expérimentent avec leurs pieds le plus souvent, l’expression de la démocratie. Pourtant combien sont-ils, battant le pavé froid, qui voient l’enjeu de la tragédie à laquelle ils ont été conviés ? Tragédie car une issue fatale guette un des acteurs ; une issue toute entière contenue dans le début de la pièce. Fallait-il seulement la percevoir. Chronique d’une mort annoncée des syndicats.

La dernière campagne pour l’élection présidentielle française a connu une nouvelle façon de faire de la politique. Le 6 mai 2007 à 20 heures, plus de 53 % des 35 773 578 des suffrages exprimés font de Nicolas Sarkozy le sixième président élu de la cinquième république. Hérault d’un programme qu’il qualifiait de “décomplexé”, Nicolas Sarkozy s’est engagé à plusieurs reprises pendant la campagne, et solennellement au soir de sa victoire, à tenir ses promesses. En donnant rendez-vous aux Français pour le juger sur les résultats qu’il obtiendrait, le nouveau président français prenait un risque politique fort et confirmait en filigrane la fermeté de sa ligne politique. C’est précisément au soir du 6 mai 2007 que les syndicats français sont morts. Tant absorbés qu’ils étaient à mettre leurs forces éparses dans la campagne d’entre deux tours, qu’ils sont passés à côté de l’unique initiative sensée : une réforme à l’allemande. En manquant cruellement de sens historique, ils n’ont pas réalisé qu’au lendemain de l’élection présidentielle, le retentissement médiatique d’une telle annonce était pourtant garanti. Car en face d’un homme très présent et volontaire, il n’y aurait bientôt plus de place pour cette constellation syndicale hétérogène. Il fallait se mettre au rythme de l’Histoire sous peine de périr.

Sous peine de discréditer toute son action, Nicolas Sarkozy ne peut se permettre de fléchir face au mouvement de grève actuel. Il devra prendre toutes les occasions pour donner du porte-parole, du Premier ministre et du ministre du Travail afin de rappeler l’iniquité des régimes de retraites, la nécessité de réformer et le droit qu’a chacun de pouvoir travailler. En parallèle, il prendra les décisions qui s’imposent pour faire face à un durcissement du mouvement. Enfin, les médias, dont on dit qu’ils ne lui sont pas si défavorables ne cesseront de donner la voix à ceux que l’on n’entendait pas auparavant : les anti-grévistes. A court terme, les syndicats se trouveront rapidement dans une position intenable : responsables d’un mouvement impopulaire et difficile à justifier aux yeux de ceux qui travaillent jusqu’à 60 ans et plus, ils seront à la merci des tentatives de la base pour empêcher les non-grévistes de travailler qui risquent de les stigmatiser. Des dissensions internes apparaîtront entre la base, qui souhaitera “aller au bout”, et la direction, qui s’essoufflera dans la recherche du relais avec le mouvement des fonctionnaires prévu le 20 novembre, amplifiées par la caisse de résonance médiatique. A moyen terme, les impacts financiers et sociaux du mouvement de grève poursuivront le travail de sape sur sa crédibilité. Ce sera la période charnière, celle où les altercations pourront se produire entre les usagers mécontents, les non-grévistes et les grévistes, particulièrement si des contre-manifestations sont organisées. On reparlera alors, comme le fit Laurence Parizot avant le conflit, de la nécessité de repenser le syndicalisme français. Des avancées de l’enquête sur l’UIMM seraient alors, on peut le penser, très largement commentées dans le climat social qui prévaudra alors. Viendra alors l’heure de l’Hallali.

Les syndicats ne pourront sortir de ce conflit qu’affaiblis. Car ils y sont entrés sous-préparés. Ils ne pourront, s’ils veulent encore jouer leur rôle essentiel de contrepoids social, échapper au prix de la réforme “à l’allemande”. Ils devront pour ce faire, saisir la première porte de sortie honorable que leur proposera le gouvernement sous peine de connaître le destin de ces étoiles, trop lourdes qui s’écroulent sous leur propre poids.


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44 réactions à cet article    


  • elric 20 novembre 2007 13:52

    je pense que le syndicalisme en france est à revoir complètement.Ils sont trop basés sur le principe de lutte des classes,c’est vrai que dans ce pays la culture marxiste commence à se faire pesante,il faudra bien un jour que les syndicats comme la gauche d’ailleur se décident à entérer le marxisme,on a peut être besoin de références plus récentes et plus pertinentes pour notre époque.


    • Lucrezia 21 novembre 2007 09:29

      Tout à Fait d’accord ERIC !

      Nous avons en France le Syndicalisme le plus REACTIONNAIRE du Monde !

      C’est toujours NON à toute tentative de proposition de réforme ...Nos Syndicats ont une conception du Syndicalisme uniquement du TOUJOURS « PLUS » mais jamais du « AUTREMENT »... Plus de salaire, Plus de temps libre, plus de retraite ...Mais ils ne veulent pas en supporter aussi les contre-parties, à savoir la popérisation des travailleurs Français !

      Le Syndicalisme Français est paradoxalement en train de « tuer » les classes ouvrières en forçant les industriels de délocaliser pour maintenir leur compétitivité et la survie des entreprises à long terme.

      Enfin, le Syndicalisme Français est resté arqueboutté sur des dogmes idéologiques que tout le monde à réjeté, particlièrement dans le contexte economique et social du XXIième Siècle !

      Le Syndicalisme Français qui repose sur une représentativité ULTRA minoritaires des Travailleurs est un Syndicalisme TOTALITAIRE et SOURD ...qui mène ses adhérents vers un « suicide » collectif !


    • JL JL 20 novembre 2007 14:41

      Encore un texte à la gloire du chef. En substance : «  »Sous peine de discréditer toute son action, Nicolas Sarkozy ne peut se permettre de fléchir face au mouvement de grève actuel«  ».

      Ne perdons pas notre temps ici.


      • Deuxa 20 novembre 2007 15:31

        Où avez-vous lu que c’est à la gloire du chef ? dire que Sarko est obligé de tenir sa ligne s’il ne veut pas que son quinquennat s’arrête le lendemain me parait un constat neutre - et partagé d’ailleurs par les militants qui s’opposent à lui ! Mais vous avez sans doute raison de ne pas perdre votre temps ici : j’ai cru comprendre qu’AgoraVox était un média ouvert et tolérant => il ne vous est manifestement pas destiné...


      • Deuxa 20 novembre 2007 15:38

        Nous avons besoin de syndicats en France, mais nous n’en avons pas réellement. Avec moins de 10% de syndiqués - la plupart étant des fonctionnaires au statut mieux protégé que les salariés du privé, qui sont de ce fait dans une situation dramatique. Leurs « syndicats » défendent des droits dont ils ne profitent pas. CGT, FO, SUD, toutes ces « associations » de salariés ne font, depuis des années, que dire non à toute tentative de réforme, et n’en ont proposé aucune. Je fais une exception pour la CFDT, qui a eu depuis que l’excellente N.Notat en a entamé la mutation, le courage de donner son accord pour plusieurs réformes. On ne voit pas bien comment cela pourrait se terminer autrement que mal, alors justement que des réformes profondes sont indispensables en France.


      • Christophe Christophe 20 novembre 2007 15:42

        Pas seulement JL,

        Notre auteur fait même des amalgammes douteux dont je ne sais si ils sont fait sciemment ou parce qu’il connait finalement bien peu de chose en matière d’organisation syndicales.

        D’ailleurs, rien que le fait de souhaiter l’enterrement des idées de Marx, alors que nous pouvons fort bien ne pas partager l’ensemble de ses idées en reconnaissant, en toute intégrité et intelligence, que sa réflexion n’est pas dénuée d’apports certains, est en soit un avoeu.

        A priori, à l’inverse de Wittgenstein, notre auteur semble prier pour que nous adhérions à une autre idéologie. C’est sans aucun doute ce que certains nomment la modernité ; alors qu’ils démontrent que cette modernité là est justement l’antithèse du progrès !


      • Wang PI 20 novembre 2007 17:28

        Bonsoir JL et merci pour l’intérêt que vous avez porté à mon article.

        Si vous avez pu croire qu’il s’agissait là d’un message « à la gloire du Chef », vous m’en voyez désolé. C’est qu’il me reste des efforts à faire pour bien me faire comprendre. Mon approche est la suivante : les germes de l’avenir sont contenus dans la situation présente. Parvenir à les identifier permet d’adopter la meilleure conduite possible vis-à-vis du devenir. Après un certain stade de développement cependant, les événements évoluent hors de la portée de ceux qui les vivent.

        Prenez l’exemple d’un bloc de pierre qui se détache d’une montagne. Le savoir permet de consolider ce bloc ou bien de le détruire avant qu’il ne dévaste le village en bas ou encore de mettre en place des obstacles qui dévieront sa course ...

        Dans mon exemple, et sans vouloir condamner qui que ce soit, je pense (c’est d’ailleurs mon simple avis) que les organisations syndicales n’ont pas perçu qu’avec l’élection présidentielle, il fallait, sous peine « de constituer un nouveau trophée au tableau du chasseur » mettre en place une nouvelle façon de dialoguer (dans le sens du dialogue social). Je pense que le moment de l’élection était idéal car il aurait bénéficié d’une couverture médiatique appropriée.

        Partant de là, je pense qu’il reste une possibilité pour les organisaitons syndicales de ne pas predre toute crédibilité dans un conflit dont je ne pense pas qu’ils puissent sortis grandis. Cette possibilité consiste à sortir honorablement par la négociation puis à annoncer une réforme à l’allemande (pardonnez-moi si le MEDEF appelle à la même idée : je n’ai pas d’intérêts chez eux).

        J’espère que cela aura permis de dissiper un malentendu qui ne peut être que le fruit de mes maladresses.

        Bien cordialement.

        Wang PI


      • Wang PI 20 novembre 2007 17:52

        Bonsoir Christophe et merci pour l’intérêt que vous avez porté à mon article.

        Effectivement, il y a des positions de Wittgenstein que je ne puis partager. En particulier l’application de châtiments corporels à l’encontre de ceux qui ne comprennent pas assez vite (c’est d’ailleurs la raison qui le poussa à démissionner en 1926). En revanche je le rejoins particulièrement quant au sentiment de frustration qu’il éprouvait à l’encontre des membres du Cercle de Vienne dont il estimait que les membres commettaient des contre-sens quant à son Tractatus Logico-philosophicus.

        Bine loin de mettre mon article au niveau d’un penseur tel que Wittgenstein, je tiens à attirer votre attention que ce qu’à aucun moment je ne souhaite quoi que ce soit de négatif aux idées marxistes. Je vous encourage à lire la réponse que j’ai faite à JL.

        En espérant qu’il ne s’agit que d’un malentendu et que nous ne sombrerons pas dans une sordide guerre des idées dont l’issue ne peut être que stérile.

        Bien cordialement,

        Wang PI


      • JL JL 20 novembre 2007 18:43

        Cher monsieur Pi, je rends hommage à votre exquise courtoisie. Je suis revenu sur ce fil pour signaler un article qui donne une autre vision des choses :

        « CASSE DU CODE DU TRAVAIL, la fin du boulot » « Plusieurs mois, voire plusieurs années seront sans doute nécessaires pour que ce nouveau code révèle tous ses secrets » Ch. Radé (qui a fait partie du « comité d’experts » chargé de la réécriture), avant-propos de l’édition Dalloz 2007 du nouveau code du travail issu de l’ordonnance du 12 mars 2007

        http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2007/11/19/87-demolition-acceleree-du-droit-du-travail-democratie-en-danger

        Quant à votre article, je l’ai relu, mais non, vraiment, je vais en rester à ma première impression, d’autant que Christophe dont j’ai souvent apprécié ici les propos, ne semble pas être d’un avis très différent du mien : «  » Notre auteur fait même des amalgames douteux dont je ne sais si ils sont fait sciemment ou parce qu’il connaît finalement bien peu de chose en matière d’organisation syndicales.«  »


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 20 novembre 2007 21:06

        Je crois que le consensus se fait sur l’inutilité de la gréve qui, en opposant le travailleur au lambda consommateur a plus fait pour briser la solidarité populaire que tous les discours de droite réunis. Je ne pense pas qu’il faille en déduire que le syndicalisme, comme point de convergence des travailleurs, soit une idée du passée. Simplement a revoir et le doter de nouveaux moyens d’action.

        http://nouvellesociete.org/102.html

        http://nouvellesociete.org/5028.html

        Pierre JC Allard


      • Christophe Christophe 21 novembre 2007 00:26

        @PJCA,

        Lorsque vous écrivez cela : Devenus une maçonnerie, des corporations qui défendent uniquement les intérêts de leurs membres, je ne sais si vous connaissez l’un des fondements de tous les syndicats.

        Dans un ouvrage du CNRS, dans l’introduction générale, il est écrit, concernant les syndicats : organisation stable ayant pour objectif la défense des intérêts professionnels de leurs adhérents, ....

        Depuis leur naissance, les syndicats ne défendent que les intérêts de leurs adhérents. Si nous prenons l’exemple anglais, Le taux de syndicalisation en Grande-Bretagne est l’un des plus élevés d’Europe qui s’explique par l’intervention syndicale avant l’embauche (pre-entry closed-shop) et le fait d’adhérer au syndicat une fois embauché pour conserver son emploi (post-entry closed-shop). Non seulement les syndicats anglais prônent la préférence syndicale à l’embauche mais en plus ils peuvent vous donner le choix entre vous syndiquer ou risquer de vous faire virer (en tout cas, ils ne vous défendront pas).

        En fait en France, c’est d’autant plus criant que les salariés ne veulent plus se syndiquer ; mais est-ce dû aux syndicats qui ne sont que le reflet de ceux qui y sont, ou aux salariés eux-mêmes (voir la relation patron-syndiqué) qui souvent craignent pour leur évolution de carrière ?


      • JL JL 21 novembre 2007 11:05

        Wang Pi à JL : «  »Il est bien entendu du ressort de la liberté de chacun de ne pas vouloir changer d’avis«  ».

        Votre délicatesse affichée cache mal la perfidie de vos propos. smiley


      • Wang PI 21 novembre 2007 11:48

        Bonjour JL,

        Non, malgré tout, ils ne sont pas perfides. Désolé.

        La suite de la phrase dit clairement « et c’est heureux ainsi ». La phrase suivante souligne l’intérêt des positions individuelles, génératrices de grands débats d’idées qui ont fait de la France le pays des Lumières et des droits de l’Homme.

        Si je suis surpris par votre réaction, je continue de vous remercier pour vos commentaires intéressants, en particulier celui d’hier (18 heures 43) et de ce matin (9 heures 16 et 10 heures 59).

        Bien cordialement,

        Wang PI


      • JL JL 21 novembre 2007 13:51

        Wang Pi, le nom sous lequel vous écrivez m’incite à vous accorder le bénéfice du doute. Vous ignorez peut-être l’habitude que l’on a de dire « seuls les imbéciles ne changent pas d’avis ». Si je n’accorde qu’une importance relative à ce propos, en revanche, je le trouve particulièrement maladroit.

        Je vous remercie pour votre appréciation de mes commentaires, c’est trop.


      • JL JL 21 novembre 2007 13:58

        erratum : « en revanche je trouve votre façon me dire mes droits particulièrement maladroite, pour ne pas dire plus, venant de la part d’un homme si délicat ».


      • Wang PI 21 novembre 2007 14:39

        JL,

        Merci de cette précision. Toutefois, si j’avais utilisé l’expression que vous mentionnez, je crois que cela aurait contribué à maintenir une ambiguité dont visiblement ce fil n’a pas besoin.

        Bien cordialement,

        Wang PI


      • Wang PI 21 novembre 2007 14:47

        Cher JL,

        Cette fois, je saisis mieux ce que vous voulez dire et si je vous ai heurté en parlant de droit, je vous prie d’accepter mes excuses. Tel n’était pas mon intention.

        Bien au contraire, loin de concéder quelque droit à qui que ce soit (quelle présomption alors !), je pense que les idées, les avis et le fait de ne pas en changer relèvent du plus strict « droit fondamental de l’être humain ». Une fois encore, cela souligne la marge de progression qu’il me reste avant de pouvoir exprimer clairement mes idées.

        Merci encore pour vos propositions qui ne peuvent que m’aider à progresser et qui sait ... transformer le doute en semi-certitude ?

        Bien à vous,

        Wang PI


      • Fred62 22 novembre 2007 00:31

        En fait plus exactement ils ont fait une ’contre-proposition’ qu’on pourrait qualifier de gasconnade : retour pour tous les salariés aux 37.5 années de cotisations. à croire qu’ils ne savent pas compter, puisque c’est eux qui (co-)gèrent les caisses des régimes de retraites.


      • Julien Julien 20 novembre 2007 14:44

        RATP : Rentre Avec Tes Pieds smiley


        • naudin 20 novembre 2007 16:35

          Tant que les salariés du régime général cotiseront - toujours plus longtemps - pour ceux des régimes spéciaux, tout ira bien. Mais les convaincre de continuer à le faire va être de plus en plus difficile.


          • durail 20 novembre 2007 21:35

            bonsoir, les salariés du régime général ne cotisent pas pour ceux des régimes spéciaux. la compensation qui existe entre les régimes est un mécanisme comptable prenant comme référence un régime fictif où tous le monde est aux mêmes conditions. et d’ailleurs, ce système de compensation bénéficie à 93.7% aux artisans, commerçants, exploitants et salariés agricoles. mieux encore, d’après les travaux du conseil d’orientation des retraites, le régime le plus symbolique, celui des cheminots deviendra contributeur aux alentours de 2015 ! petite précision pour un post qui n’a pas vraiment sa place dans ce fil.


          • Wang PI 20 novembre 2007 19:04

            Bonsoir JL,

            Merci pour le lien que vous nous avez fourni et que je consulterai avec grand intérêt sous peu.

            Il est bien entendu du ressort de la liberté de chacun de ne pas vouloir changer d’avis et c’est heureux ainsi. Que seraient devenus, sinon, les débats qui firent de la France le pays des Lumières et des droits de l’Homme ? J’essaierai donc de clarifier mes propos dans un article ultérieur afin de tenter de ne pas générer plus de confusion. En effet, j’ai sincèrement rédigé mon propos en tentant de dresser un instantané d’une situation mouvante, d’en décrire ce que je crois être les conséquences possibles. Passons cependant, je ne voudrais pas vous importuner en étant trop inssitant.

            Cependant, et afin d’éclairer ma progression vers plus de clarté et moins de polémique, aurez-vous l’amabilité de m’indiquer quels sont les propos que j’ai rédigés qui vous semblent tenir « des amalgames douteux » et en quoi ils peuvent relever d’une volonté manifeste ou d’une méconnaissance patente des organisations syndicales ? Je vous en suis par avance très reconnaissant.

            Vous pouvez bien entendu me répondre sur ma boîte de messagerie si vous jugez que cela risque d’enccombrer inutilement le fil.

            Bien cordialement,

            Wang PI


            • Christophe Christophe 21 novembre 2007 00:02

              @Wang Pi,

              C’est dans mon propos qu’existait un amalgame douteux mais je vous dois des excuses car, a priori, vous avez une connaissance de surface du syndicalisme.

              Les premières structures ouvrières datent de de 1724 environ en France. Ces structures ont donné lieu d’ailleurs à des réactions du pouvoir en place (loi Le Chapelier en 1791, ou même Napoléon qui a fait acté dans le code civil la suprêmatie du maître sur l’ouvrier en 1795). Tout en étant interdit, les organisations de ce type, qui ne portaient pas encore le nom de syndicat, ont vécu dans le secret ou sur surveillance policière permanente. Le syndicalisme a été reconnu en 1884.

              Depuis 1895, date à laquelle naquît la CGT, le monde syndical français est une lutte perpétuelle entre le syndicalisme réformiste et le syndicalisme que nous nommerons révolutionnaire. La CGT qui était réformiste a connu trois scissions (1921 CGTU - révolutionnaire, 1939 CGTU, et la dernière en 1948 donnant naissance à la CGT-FO) ; sauf que la dernière, ce sont les réformistes qui quittent le navire avec l’aide de l’AFL (syndicat américain) et peut-être des fonds secrets américains.

              Pour ce qui concerne la CFTC, elle a connue elle aussi une scission qui donna naissance à la CFDT (1964) ; année de signature du pacte d’unité d’action CGT-CFDT ; ce sont les deux seules organisations syndicales qui font référence à la révolution prolétarienne dans leur statut.

              Historiquement, les syndicats réformistes sont bien la CFTC, la CGC et la CGT-FO. La CGT et la CFDT sont restés syndicats révolutionnaires liés par un pacte d’unité d’action jusqu’en 1981 ou la CFDT se place dans la position de soutien au gouvernement.

              Par contre, politiquement, les trois réformistes se sont détachés de leurs liens ; à la CGT-FO, seul le passage de BLONDEL ne sera pas compris par les adhérents par ses positions trop contestataires (les branches métallurgie, pharmacie et ... dont je ne me souviens plus refusent de se joindre aux blocages lors des manifs sur les retraites).

              En fait, historiquement, il existait deux tendances dans le monde syndical : les contestataires (voir révolutionnaires) et les réformistes. Depuis son soutien aux gouvernements, la CFDT a ouvert une nouvelle voie qui ressemble étrangement aux Trades-Unions britanniques ; une forte politisation. Et l’enjeu actuel est là ! Il faut tout autant rappeler que le bureau de la CFDT est le responsable de la création du syndicat fortement contestataire qu’est Sud (naissance après une grève des routiers si mes souvenirs sont bons).

              Si nous remontons l’histoire récente, il faut tout autant savoir que, côté patronat, il y a des branches qui ne veulent pas mélanger rapports sociaux et politique. Si le MEDEF est devenu une structure très politique, la plus grosse branche qui ne souhaite pas la politisation des rapports sociaux est l’UIMM (Union des Industries Métallurgiques et Minières). L’UIMM a des partenaires en terme de négociations et de signatures d’accords ; ce sont la CFTC, la CGC et la CGT-FO ; il arrive que la CFDT signe mais c’est très rare, la CGT c’est quasiment jamais.

              Ce que fait actuellement le gouvernement, et il n’est pas le seul, les deux ou trois derniers l’ont fait, consiste à anihiler les syndicats réformistes qui ne veulent pas subir de politisation. Pour le grand public, regardez les organisations qui sont mises le plus souvent en avant : la CGT, contestataire et la CFDT, adhérent aux politiques gouvernementales.

              Actuellement, que se passe-t-il ? Les position de la CFDT sont refusées par ses propres adhérents impliqués (refus des mesures gouvernementales) et la CGT est montrée comme la tête de pont des mouvements sociaux ; alors qu’il ne faut pas se leurrer, elle est actuellement débordée sur sa gauche par Sud. Pour les autres, ils sont à l’initiative des négociations dans les entreprises ; ils défendent ce qui est appelé la politique contactuelle.

              Donc, tout dépend de ce qui se passera dans les négociation au sein des entreprises et de la volonté des patrons de ces entreprises publiques dont l’actionnaire est l’Etat.

              Pour l’instant le gouvernement a joué un jeu dangereux qui risque allégrement de renforcer les plus contestataires, à savoir Sud au détriment sans doute de la CGT (même la CFDT risque d’y laisser des plumes). Mais corrélé à l’affaire de l’UIMM, dont rien n’a avancé, bien que nous puissions penser qu’ils se sont fait piéger compte tenu du fait que l’UIMM était opposée à la fusion UNEDIC-ANPE, cela laisse penser que le but innavoué du gouvernement consiste à politiser au maximum les rapports sociaux et donc, les organisations syndicales tout autant que les branches réticentes des syndicats patronaux.

              Mais ce qui reste un point important, chose que les Trades-Unions anglaises ont déjà accepté, est que malgré que les réformistes aient accepté le libéralisme (les fondements), c’est un des principes de base de toutes les organisations syndicales au monde qui est remis en cause : le Welfare State (Etat Providence). Mais cela n’annonce pas pour autant la fin des syndicats ! Et si le gouvernement veut avancer, il lui suffit de savoir négocier ; chose qui, à mon sens, se perd en politique. Mais un gouvernement préfère avoir des syndicats aux ordres plutôt que des syndicats ouverts à la négociations qui peuvent très bien, dans certains cas, ne pas être en accord avec le gouvernement. A savoir si c’est ce que veulent les français ? smiley

              P.S. : en filigrame, il faut penser qu’une organisation syndicale défend les intérêts de ses adhérents et non des salariés dans leur ensemble. Ce n’est rien d’autre qu’une valeur fondatrice de tous les syndicats dans le monde.

              P.P.S. : Par contre, je reste convaincu, mais vous semblez l’être aussi, que le gouvernement a recherché sciemment l’épreuve de force. Il a tout autant pris en otage les usagers que les grévistes eux-mêmes puisqu’il les a mis dans une position de non choix !


            • Wang PI 21 novembre 2007 01:57

              Christophe,

              J’avais pourtant décidé d’aller me coucher mais je ne puis décemment le faire sans vous remercier pour le commentaire que vous avez pris le temps de m’adresser.

              Je l’ai parcouru un peu rapidement pour le moment, mais je vais profiter de la première occasion (un certain flottement dans la régularité des transports en commun) pour m’en imprégner.

              En revanche, je dois vous avouer que je ne puis accepter les excuses que vous me proposez. Car il n’y a pas eu d’offense, Christophe. Tout au plus un malheureux malentendu.

              En vous remerciant d’être retourné sur vos pas pour dialoguer,

              Bien cordialement,

              Wang PI


            • durail 20 novembre 2007 21:57

              Beaucoup de vrai dans cet article.

              Toutefois, il y a plusieurs points à prendre en compte, et notamment certaines spécificités française. D’abord, la multiplicité des syndicats. Historiquement, quasiment à chaque fois que le monde syndical s’est trouvé confronté à un problème sérieux, un nouveau syndicat est né.

              La généalogie des syndicats français est un arbre et tous descendent peu ou prou du même socle.

              Ce morcellement fait qu’aujourd’hui, chacun a à coeur d’être LE syndicat. Il ne faut pas oublier que le financement, donc l’audience d’un syndicat repose sur les cotisations et aussi sur les résultats des élections professionnelles. Il y a donc un jeu politique au sens de réagir parfois non pas en fonction d’un gain pour le salarié, mais d’un gain pour l’organisation.

              D’autre part, le syndicat est encore perçu par le patronat comme étant une gène plus qu’un interlocuteur. Le patronat français se contentant fort bien de syndicats multiples et divisés. Dès lors prôner un syndicalisme à l’allemande en France est extrèmement compliqué.

              La plupart des réformes mises en place ces dernières années, notamment depuis la crise des années 80, ne sont pas des réformes d’amélioration de la condition des travailleurs mais, au mieux, de sauvegarde d’acquis antérieurs. Exceptés les 35 h (les accords devant être négociés avec un syndicat. Nous avons vu des patrons appeler les syndicats pour monter des sections dans leur boite afin de négocier ces accords ! il y a eu là une tentative de renforcement du syndicalisme qui n’a malheureusement pas eu de suites.)

              Aujourd’hui, si des actions violentes comme le conflit actuel peuvent exister, cela relève de la faiblesse des syndicats français, pour toutes les raisons que je viens de dire.

              Pour finir, cassons un peu l’image des syndicats allemands avec cette grève des conducteurs de trains, menée par un seul syndicat, si ce n’est par un seul homme, et qui fut d’autant plus dur que le syndicat corporatiste était peu puissant.


              • morice morice 20 novembre 2007 22:24

                Il est un fait marquant dans cette grêve, c’est que chez les cheminots, se sont les derniers rentrés les plus vindicatifs. Les plus anciens se sentent résignéss, dirait-on. Les plus jeunes viennent de constater qu’ils ne toucheront pas ce que leurs aînés ont eu où vont avoir dans peu d’années maintenant. Ce mécontentement social est nouveau, dans le sens où on a toujours dit que ces dernières années le syndicalisme, cette prise de conscience, baissait. Thèse reprise dans cet article de complaisance gouvernementale. Les syndicats ont peut être fini leur étiage : un gouvernement dur comme celui que nous avons vient de fabriquer, par son intransigeance, un nouveau lot de nouveaux combattants. Sarkozy, qui ne travaille que dans l’instant, est bien incapable d’imaginer que ces jeunes, dont certains ont voté pour lui dans l’espoir d’un « changement » rapide qui ne vient pas et qui ne viendra pas se retourneront tous contre lui dans 5 ans. L’aigreur n’amène rien de bon en politique. Cette grêve démontre déjà les prémisses de ce changement surprenant. Les jeunes ont peut être fini de ne plus se syndicaliser, le mouvement va engranger de nouveaux venus tant le pouvoir d’achat est devenu déplorable, tant la vision d’avenir est bouchée. Une autre forme, certes, de syndicalisme, mais qui risque aussi d’être bien plus violent que ce à quoi on a été habitué ces 20 dernières années. Les bobos individualistes seront remplaçés par des ouvriers vindicatifs, c’est tout ce qu’on aura gagné avec ce gouvernement d’opérette qui ne pense qu’à goinfrer les plus nantis. Pour ne pas l’avoir vu, ce texte est bien une apologie du pouvoir en place, une de plus. « C’est précisément au soir du 6 mai 2007 que les syndicats français sont morts. » Comment peut-on OSER écrire ça ? C’est le 6 mai 2007 que la démocratie est morte, oui, bernée par des médias contemplatifs d’un pouvoir fort déguisé en république classique ! « En manquant cruellement de sens historique », vous ne faites qu’abonder dans le sens commun d’un nouveau sauveur de la nation. On a déjà eu le même cas en 40, il était beaucooup plus vieux et avait promis exactement les mêmes choses, et monté aussi une partie de la population contre une autre. Si le spectacle monté de toutes pièces par les militants UDF des contre-manifestations ne vous émeut pas, c’est que vous croyez dur comme faire que l’ensemble est contre une toute petite minorité. Continuez donc à le croire, mais souvenez vous qu’en 45 la minorité ne l’était plus, c’est elle qui avait gagné, elle s’appelait DeGaulle. Je n’ai jamais vu autant dans un téléviseur de sondages et de reportages sur les gens que les grêves gênaient. En 1995 elles ont autant gêné, on a pas eu tous les jours ses litanies sur les difficultés à circuler. Le pouvoir, à force de bourrer le crâne, crée aussi la tendance inverse : dans le pblic, des gens affichent en 2007 leur solidarité : ce n’était pas le cas en 1995. A force de vouloir trop en faire, le gouvernement récolte un phénomène classique et bien français : les gens DOUTENT déjà du bien fondé des images qui INSISTENT autant sur les ennuis provoqués, et commencent même à sympathiser... avec les grêvistes, en se disant que demain ce sont eux qui vont être mangés pareil... Ça, le pouvoir ne le voit pas, et ressort tous les jours des sondages, martelés, répétés, sur le nombre de grêvistes qui « s’amenuise ». Pour des gens qui ne faisaient pas de syndicalisme, je trouve que 7 jours de perte de salaire c’est plutôt balaise. La propagande sarkozienne est telle qu’elle fabrique déjà plus vite que prévu une résistance forte. Les gens DOUTENT déjà de l’efficacité du chef d’état, bien trop vite : il y a net discrédit, là. Et lui aussi, à ne pas intervenir, il y perd tout son crédit. Ces grêves sont donc l’INVERSE de ce que vosu écrivez, tout à la gloire de votre héros fanatique des pontons vernissés. Pour ce qui est de « l’hallali des syndicats », puisque vous citez Parisot, sachez quand même dans quelle estime la tient le chef de l’état « quelle conne » affirme le Canard depuis la semaine dernière selon le Président, comme quoi, quand on écrit un article, il ne faut pas lire QUE le Figaro. Pour l’instant, l’affaibli, c’est lui, Nicolas Sarkozy. Pas les syndicats qui viennent de lui prouver qu’ils peuvent encore tenir tête. Vous pourriez, vous laisser 25% de votre salaire comme ça ? Ils l’ont déjà fait, les cheminots, et ils ne s’arrêtent toujours pas !


                • Wang PI 21 novembre 2007 01:23

                  Bonsoir Morice, ou plutôt bonjour,

                  Merci pour l’intérêt que vous avez porté à mon article.

                  Je sens beaucoup de colère, d’émotion et de révolte dans vos propos Morice. La période actuelle est tellement essentielle pour tous, syndicalistes militants comme représentants gouvernementaux, que je le comprends bien aisément. Pour autant, non Morice, je ne reprends pas de thèse particulière, je me contente d’exposer, bien peu clairement il semblerait, la mienne. Tout en m’efforçant de n’être l’homme d’aucun bord.

                  Ainsi, je ne prétends pas que le militantisme syndical, force vive et indispensable à toute démocratie, (cette “prise de conscience” si essentielle) ait “baissé”. Je dis, en empruntant quelque peu à Durail, que je remercie pour sa contribution à ce fil, que le morcellement du syndicalisme est, selon mon humble avis, un facteur de faiblesse dans le contexte actuel.

                  Morice, ainsi que vous le rappeliez, “l’aigreur n’amène rien de bon en politlique”.

                  Aussi, jetons bas les clichés dont la seule puissance est celle de l’absence de signifié et imaginez un instant que les syndicats, qui eurent la même campagne électorale que celle que vous et moi avons vécu, aient annoncé, au lendemain de l’élection présidentielle, leur regroupement au sein d’un mouvement à l’organisation différente (par branches par exemples). Dès lors de deux choses l’une : la Candidate avait gagné l’élection présidentielle et dans le sillage de sa démarche de démocratie participative, elle bénéficiait d’une interface rêvée pour recueillir les attentes des militants et entretenir avec eux le dialogue social. Où alors, et c’est ce que les urnes ont décidé (je n’écris pas pour applaudir tel ou tel), c’est le Candidat qui était élu. Imaginez alors le colossal retentissement médiatique qui aurait accompagné l’annonce d’une telle réorganisation des syndicats ! Car quoi, en face d’un homme à la ligne “décomplexée”, une structure forte de sa cohérence, de son nombre et parlant au nom d’une masse soudée avec un objectif de progrès social commun...

                  Dans les deux cas de figure, il me semble que l’inclinaison de l’Histoire plaidait pour cette réforme “à l’allemande”. Soyez assuré que je n’y place aucune idéologie. J’essaye, au risque de vous sembler insistant, de décrypter la situation.

                  C’est donc pourquoi, je dis qu’au soir du 6 mai, les syndicats sont morts. Non que je considère que le militantisme soit une chose dépassée, bien au contraire. En revanche, Morice, je suis sincèrement convaincu que les syndicats dans leurs formes actuelles appartiennent à une autre époque. Et vous-même me semble-t-il, le ressentez intuitivement lorsque vous parlez de “lot de nouveaux combattants”, de “prémisses d’un changement surprenant” et surtout “d’autre forme ... de syndicalisme”.

                  Pour le reste Morice, vous avez raison : “7 jours de perte de salaire, c’est balaise”. Mais, une fois encore, mon intention n’est pas de dire que tel ou tel à raison. Je ne souhaite pas que cela me regarde, J’examine, je réfléchis et je ne puis m’empêcher de me dire que l’issue du conflit est inéluctable. Syndrome de Cassandre ? Pessimisme ? Clairvoyance ? Je ne le saurai que plus tard.

                  Pour conclure, Morice, outre vous remercier de votre patience pour être parvenu au bout de cette réponse, il me reste à vous dire qu’il y a trois choses en ce bas monde dont je ne puis douter : 1 - il m’arrive de lire bien d’autres journaux que Le Figaro, 2 - je ne voue aucune “gloire” à aucun “héros des pontons vernissés” et 3 - ... l’aigreur n’amène décidément rien de bon en politique.

                  En espérant avoir dissipé un malheureux malentendu,

                  Bien cordialement,

                  Wang PI


                • Céphale Céphale 20 novembre 2007 22:49

                  Pardonnez-moi d’intervenir sur un sujet que je connais mal. Il me semble que la faiblesse de cet article est de considérer les syndicats de salariés comme un ensemble : « Les syndicats... » Le syndicalisme français est divisé en plusieurs chapelles : CGT, CFDT, CFTC, SUD, CGT-FO, CGC, et j’en passe. Leurs stratégies sont différentes.

                  Il serait certainement utile de regarder leur avenir en étudiant leurs interactions. Ceci pourrait faire l’objet d’un prochain article.


                  • ddacoudre ddacoudre 20 novembre 2007 23:46

                    bonjour wang pi

                    ton article est bon mais il se fait le porte parole de ce que transmet depuis 1983 le discours néolibéral de gauche et de droite qui c’est accentué sur l’accent de la victoire avec la fin du communisme (auquel j’ai souscrit car je suis un libéral qui ne confond pas la philosophie libérale et capitalisme que j’ai toujours combattu)il n’était plus utile pour les libéraux capitalistiques que la marié se fasse belle.

                    Dans l’analyse juste que tu fais de la position de sarkozy, tu définis sans peut-être le savoir ce qui caractérise les démocraties totalitaires, mais pas le libéralisme qui considère qu’imposer la décision d’une majorité aux autres est antinomique de la morale libérale. Seul le contrat peut apporter une réponse à cela, et le contrat suppose que les individus soient représentés quand ils ont une communauté d’intérêts particuliers. Ce n’est donc pas en détruisant le syndicalisme et l’expression de l’opposition (qui varie suivant les présidences) que l’on développe une démocratie libérale. le libéralisme ne se limite pas<à l’économie. c’est l’inverse, il tire ses principe économique de sa morale et de sa philosophie.

                    Vos propos sont sensés mais il faut qu’il tiennent compte d’une manipulation systématique que font tous les présidents.

                    Au premier tour chaque candidat reçoit le vote de ceux qui sont d’accord avec leur programme, en l’espèce ceux qui sont favorable au programme Sarkozy sont ceux du premier tour. Et je crois me rappeler qu’il arrivait tout juste au 1/3.

                    Le deuxième tour n’est qu’un choix par élimination, et hormis les partisans déjà connus les autres, se prononcent sur d’autres choix que leurs seulement leur programme.

                    Alors quand un président dit que la majorité des Français l’ont élu pour qu’il applique son programme électoral c’est faux. Les autres présidents savaient cela, lui le sait aussi, mais fait celui qui l’ignore pour répondre seulement à son électorat, c’est pour cela qu’il le répète sans cesse dans une espèce d’autojustification.

                    Alors l’autre partie des français ils sont en droit au nom de l’opposition de défendre leurs intérêts particuliers de quelle nature qu’il soit, c’est le principe de base du libéralisme auquel se réfèrent tous les tenants du capitalisme, sauf quand cela ne les concerne pas.

                    il est donc bien naturel que l’industrialisation des consciences (titre d’un article) conduisent à développer le point de vue que tu rapportes.

                    cordialement.


                    • ddacoudre ddacoudre 20 novembre 2007 23:53

                      Bonjour wang pi ton article est bon mais il se fait le porte parole de ce que transmet depuis 1983 le discours néolibéral de gauche et de droite qui c’est accentué sur l’accent de la victoire avec la fin du communisme (auquel j’ai souscrit car je suis un libéral qui ne confond pas la philosophie libérale et capitalisme que j’ai toujours combattu)il n’était plus utile pour les libéraux capitalistiques que la marié se fasse belle. Dans l’analyse juste que tu fais de la position de Sarkozy, Tu définis sans peut-être le savoir ce qui caractérise les démocraties totalitaires, mais pas le libéralisme qui considère qu’imposer la décision d’une majorité aux autres est antinomique de la morale libérale. Seul le contrat peut apporter une réponse à cela, et le contrat suppose que les individus soient représentés quand ils ont une communauté d’intérêts particuliers. Ce n’est donc pas en détruisant le syndicalisme et l’expression de l’opposition (qui varie suivant les présidences) que l’on développe une démocratie libérale. Le libéralisme ne se limite pas à l’économie. C’est l’inverse, il tire ses principes économiques de sa morale et de sa philosophie. Le contraire de tous les discours économicologiques

                      Vos propos sont sensés mais il faut qu’ils tiennent compte d’une manipulation systématique que font tous les présidents.

                      Au premier tour chaque candidat reçoit le vote de ceux qui sont d’accord avec leur programme, en l’espèce ceux qui sont favorable au programme Sarkozy sont ceux du premier tour. Et je crois me rappeler qu’il arrivait tout juste au 1/3.

                      Le deuxième tour n’est qu’un choix par élimination, et hormis les partisans déjà connus les autres, se prononcent sur d’autres choix que leurs seulement leur programme.

                      Alors quand un président dit que la majorité des Français l’ont élu pour qu’il applique son programme électoral c’est faux. Les autres présidents savaient cela, lui le sait aussi, mais fait celui qui l’ignore pour répondre seulement à son électorat, c’est pour cela qu’il le répète sans cesse dans une espèce d’autojustification.

                      Alors l’autre partie des français ils sont en droit au nom de l’opposition de défendre leurs intérêts particuliers de quelle nature qu’il soit, c’est le principe de base du libéralisme auquel se réfèrent tous les tenants du capitalisme, sauf quand cela ne les concerne pas.

                      Il est donc bien naturel que l’industrialisation des consciences (titre d’un article) conduise à développer le point de vue que tu rapportes. Cordialement.


                      • Wang PI 21 novembre 2007 01:46

                        Bonjour Ddacoudre,

                        Merci pour ton commentaire qui est, à mon modeste niveau, du plus grand intérêt,

                        Je te rejoins sur ta description de la morale libérale, s’adossant au Contrat qui, lui-même, n’a de sens qu’au travers de la représentation des individus ayant une communauté d’intérêts.

                        En revanche, la fin de ta contribution (à partir du cinquième paragraphe) m’interpèle quelque peu. Aurai-je sous-entendu que Nicolas Sarkozy répète qu’il a été élu pour appliquer un programme ?

                        Car si je reconnais bien aisément que ce sont des propos que l’on ouï, et que l’on continuera sans doute d’ouïr, mon idée était plutôt que de la qualité de sortie de conflit pour lui dépendent le reste de son quinquénat, la possibilité d’un autre et la validation (ou la dénégation) d’un engagament de plusieurs années. En somme, l’enjeu politique et psychologique est titanesque pour lui. C’est ce qui me pousse à dire qu’il ne cèdera pas.

                        Pour l’heure, Ddacoudre, je te remercie vivement pour ton commentaire vif et stimulant. Je crois qu’il est grand temps que j’aille me reposer car ... je me lève très tôt pour aller travailler. L’air frais du matin stimule les pensées.

                        Très cordialement,

                        Wang PI


                      • morice morice 21 novembre 2007 08:05

                        Mr Pi, votre politesse me change des habitudes d’Agoravox, où la moindre critique entraîne l’insulte et la crachat. Je ne pense pas que le syndicalisme aît à changer quoi que ce soit. C’est l’individualisme forcené entretenu dès le plus jeune âge qui entraîne sa mort, pas lui-même. Cette grêve à ceci d’extraordinaire d’entraîner des gens opposés au départ à la soutenir, car ils viennent de percevoir le MARTELAGE des médias à propos des « nantis ».. Ces même nantis qui expliquent qu"ils partiront dans 25 ans à la retraite avec à peine 500 euros : les gens réfléchissent là car c’est aussi leur cas, souvent. Les gens ne s’y attendaient pas, persuadés du discours gouvernemental. Le rôle du sociologue Sarkozien Mermet est terrible, car il s’est présenté comme neutre alors qu’il n’a jamais caché son goût pour le régime en place. C’est lui qui a incité aux manifs contre. Ce pouvoir est prêt à tout pour imposer ses vues. On a déjà quitté le termes de démocratie là. Si elle l’est encore,elle est devene bananière.


                        • Wang PI 21 novembre 2007 10:03

                          Bonjour Morice,

                          Merci pour votre réponse et votre souci marqué du débat d’idées.

                          Il est possible que l’individualisme forcené soit responsable de la dégradation du dialogue social. C’est malheureusement une compsoante forte de la nature humaine que l’Histoire, dans son long terme, n’a cessé de confirmé. Les utopies communistes ou collectivistes ont perdu face au libéralisme et le mouvement général qui en découle génère effectivement une attention plus centrée de l’Homme sur lui-même et sa cellule familiale. Attention cependant, je n’émets ici aucune attaque idéologique : je tente d’être le plus lucide possible.

                          Cela, pour frustrant et révoltant que cela puisse être pour des personnes engagées et soucieuses du bien être collectif, n’est pas nécessairement une malédiction dans le moyen ou le long terme. En effet, si la mondialisation et le capitalisme « dur » (pas le libéralisme dans la forme noble qu’a très clairement expliquée Ddacoudre) pourraient accroître les inégalités sociales, ils ont cette vertu intangible qu’ont les grandes expériences traumatisantes : la transformation puis l’émergence de nouveau modes de pensée, de dialogue social et d’actions.

                          Aussi, si je ne puis me « déconvaincre » que nous assistons actuellement aux spasmes mortifères des syndicats. l’observation des cycles de l’Histoire (considérés dans leurs phases courtes et longues) montre que de la disparition d’un organisme (pris au sens biologique et politico-philosophique) accouche inévitablement d’une nouvelle forme, d’une « mise à jour » ainsi que l’on dit dans votre langage d’informaticien.

                          Mon avis est que cette « update » du dialogue social devrait passer pour ne pas être un feu de paille, par cette réforme à l’allemande qui m’a valu tant d’incompréhension.

                          A surveiller avec attention donc,

                          En vous remerciant pour vos remarques et votre franchise,

                          Bien cordialement,

                          Wang PI


                        • JL JL 21 novembre 2007 09:16

                          Mr Pi, merci de votre réponse. Sur les amalgames, Christophe a magistralement répondu, vous en conviendrez. Pour ma part je vous dois aussi une explication et je le ferai sur un exemple. Vous avez dit :

                          «  »Sous peine de discréditer toute son action, Nicolas Sarkozy ne peut se permettre de fléchir face au mouvement de grève actuel. «  »

                          Pour montrer le danger que de tels propos engendrent, plutôt qu’un long développement je vous propose de le considérer dans un autre contexte aussi crucial :

                          Nicolas Sarkozy a annoncé : « Nous avons arrêté l’assassin du préfet Erignac ». Sans commentaire ..

                          Et sans rancune.


                          • Wang PI 21 novembre 2007 10:15

                            Bonjour JL,

                            Merci pour votre réponse et votre noble intention de m’alerter sur la possible mé-compréhension de mon propos.

                            Lorsque j’écrivis « Sous peine de discréditer toute son action, Nicolas Sarkozy ne peut se permettre de fléchir face au mouvement de grève actuel », je tentai, à l’instar de celles posées par Brzezinski dans le Grand échiquier (1996), de poser l’hypothèse stratégique qui doit être de mise aujourd’hui à l’Elysée. Non que je me compare au conseiller du président Carter qui alimenta et continue d’alimenter une certaine polémique. Non, simplement, poser des hypothèses stratégiques de la façon la plus analytique possible.

                            Mon hypothèse reçoit d’ailleurs un écho favorable dans le Canard enchaîné de ce matin (La Mare aux canards, Le dos au mur, fin du second paragraphe.

                            En vous remerciant pour vos considérations intéressantes,

                            Bien cordialement,

                            Wang PI


                          • Céphale Céphale 21 novembre 2007 10:17

                            Le ton de l’article me fait penser que ce monsieur Wang PI est un personnage public, vieux libéral militant, un de ceux qu’on voit sur le plateau d’Yves Calvi ou qu’on lit dans les colonnes du Point, qui avance masqué sous un pseudonyme. J’ai plusieurs noms en tête. Les paris sont ouverts.


                            • Wang PI 21 novembre 2007 10:29

                              Bonjour Céphale,

                              Non, votre hypothèse n’est pas bonne, désolé.

                              Je ne suis qu’un citoyen, épris de politique, de géopolitlique et de philosophie chinoise. C’est d’ailleurs la raison d’être de mon pseudo. Wang Pi était un lettré chinois dont l’apport philosophique me paraît plus que digne d’intérêt. Je vous renvoie à cette page Web pour plus d’informations : http://fr.wikipedia.org/wiki/Wang_Bi

                              Si mes propos vous semblent mériter un passage sur le plateau de monsieur Calvi, je vous en remecie car je serais tenté de le prendre comme un compliment.

                              Laissons de côté les spéculations conspirationistes qui ne devraient pas venir ternir un échange d’idées qui me semble riche. Merci encore à tous pour vos contributions, qui pour être mal parties (en raison de ma maladresse très certainement), évoluent rapidement vers des apports de belle facture. Je pense particulièrement aux posts de JL, de Morice et de Ddacoudre qui m’ont aidé à clairifer mes propos afin de lever des ambiguîtés malsaines.

                              Bien cordialement,

                              Wang PI


                            • JL JL 21 novembre 2007 10:31

                              Pas mieux !


                            • JL JL 21 novembre 2007 10:41

                              Je voulais dire pas mieux que Céphale. Malgré le précédent post, je maintiens.

                              Monsieur Pi, je ne sais pas si vous êtes nouveau ici (seul votre pseudo pourrait l’être), mais c’est la règle : c’est ce qu’on dit qui compte et non pas ce qu’on a voulu dire. Mais on peut toujours dire autrement.


                            • Wang PI 21 novembre 2007 11:19

                              Bonjour JL,

                              Si j’accepte tacitement en publiant sur ce site, la règle qui privilégie ce que l’on dit par rapport à ce que l’on veut dire, je souligne la justesse de votre ultime phrase, « on peut toujours dire autrement ».

                              Il m’apparaît que c’est ce que j’ai fait au travers de mes réponses et me plais à penser que vous n’êtes pas de ceux qui jugeraient définitivement un individu sur ses propos initiaux. Sinon, que deviendraient les progrès humains (sociaux, économiques ...) ? Ils sont le fruit de discussions qui évoluent au gré des apports de chacun, pères de la philosophie empreinte de tolérance qui fait la grandeur de notre pays.

                              Je maintiens que je ne suis pas un personnage public. N’en déplaise à ceux qui pensent le contraire. Je forme cependant le voeu que l’énergie investie dans l’imagination de sombres complots à l’envergure somme toute basique puisse être « recyclée » (le terme est porteur) dans la génèse d’un vrai débat de fond.

                              En vous remerciant pour vos avis à l’intérêt manifeste,

                              Bien cordialement,

                              Wang PI

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