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Accueil du site > Actualités > Politique > Syndicats et sommet social de janvier 2012

Syndicats et sommet social de janvier 2012

Aux abois mais d’un cynisme sans qualificatif, le gouvernement et l’actuel président décident de convoquer les partenaires sociaux pour un sommet « important », « gravissime », « de la dernière chance ».

En janvier 2003 « Le Monde diplomatique » dans son Atlas, pages 28 et 29, annonçait une future catastrophe économico-financière, avec comme titre « Insupportable fardeau de la dette ». Dans le même Atlas, les articles intitulés pages 30 et 31 « Le pouvoir grandissant des multinationales », pages 32 et 33 « Dans la spirale de la spéculation » et pages 34 et 35 « La sphère impénétrable du monde financier » complétaient un tableau particulièrement sombre, mais oh combien annonciateur de 2008 et 2011.

En 8 pages, et je répète en janvier 2003, tout était dit, dans le style « chronique d’une catastrophe avancée ».

Las, « Le Monde Diplomatique » n’est pas une lecture pour nos dirigeants et nos parlementaires, et probablement pas non plus pour nos grands chefs syndicalistes, très certainement plus enclins à pérorer qu’à s’instruire, et bien entendu à garder leurs avantages personnels, leurs salaires, leurs voitures de fonction...

En 2007, un petit chef comme seuls des Etats aux abois peuvent les choisir arrive au pouvoir avec comme slogan quelque chose du style « on va voir ce qu’on va voir ».

Effectivement, on a vu ! Inutile de repasser en boucle le fameux « travailler plus pour gagner plus », qui de fait s’est révélé être « spéculer plus pour gagner plus » pour les uns, les copains du président, et « cotiser plus pour chômer plus » pour les autres, la piétaille juste bonne a prendre de nouveau un grand coup de rame dans la gueule avec une 2ème hausse de TVA en 2 mois, un record d’imprévision et de cynisme.

Mais que serait ce pouvoir sans des syndicats pour le moins inactifs, voire même complices sur ces 5 dernières années (entre autres) des baisses de pouvoir d’achat, de l’augmentation de la durée de cotisation, de la diminution potentielle de la durée de temps de retraite, du massacre du montant des retraites pour ceux qui n’ont pas les trimestres requis par la nouvelle loi ?

Que serait ce pouvoir sans des médias aux ordres, incapables d’étudier le moindre document dès lors qu’il ne rentre pas dans le cadre fixé par le pouvoir.

Reprenons deux analyses que j’ai faites en 2010 et relatives aux fonds de pension et aux retraites.

La 1ère : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-fonds-de-pension-et-les-81883 intitulé « les fonds de pension et les retraites, une arnaque géante ? »

La 2ème : http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/retraites-quand-les-syndicats-83048 intitulé« quand les syndicats oseront-ils aborder les vrais problèmes ? »

 

Les trahisons ont égrené la vie syndicale depuis 120 ans et pour ceux de ma génération les « accords de Grenelle » de 1968 en ont été une preuve flagrante. Dépassés par la base, les dirigeants de l’époque ont négocié à minima, se garantissant dans la dernière ligne droite qu’ils resteraient les seuls interlocuteurs du pouvoir en place à l’époque. Et pourtant, dans le département où je vivais, les Basses-Alpes, nous étions lycéens et faisions les permanences à la Bourse du travail, où les paysans apportaient de la nourriture pour les familles des ouvriers grévistes. Nous étions organisés pour tenir dans la durée, malgré la répression menée par les nervis des Comités de Défense de la République.

 Bis repetita placent. En 2010 les successeurs de ces « traitres » ont refait le même coup, soutenus par le parti socialiste, gommant des décennies de lutte, de grèves, d’avancées sociales obtenues au compte-goutte et au fil des ans.

Et enfumés comme jamais, les ouvriers et employés subissent un matraquage médiatique innommable : « la crise, la crise, la crise ». Le « triple A » a disparu des écrans radars, lui que le président voulait encore en novembre sauver pour sauver la France ! Désormais la classe moyenne est dans le même wagon, et les petits patrons ne sont plus loin d’être eux aussi mis au ban de la nation, assimilés à cette valetaille juste bonne à tailler et asservir. 

En 1962 un ouvrier au SMIG gagnait l’équivalent de 40 euros par mois, un cadre moyen 180 euros par mois et un cadre supérieur 360 euros, soit un rapport de 1 à 9 ! Dans la fonction publique un système similaire était mis en place, lequel faisait que la grille hiérarchique et des salaires avait un rapport maximal de 1 à 9, elle aussi.

De 1981 à 2012 une libéralisation sauvage, une déréglementation, le développement des sociétés off-shore et des paradis fiscaux, une extrême tolérance envers les tricheurs dès lors qu’ils sont riches ont permis que des fortunes colossales se recréent, que des salaires quasi illimités soient attribués y compris à des PDG ayant mis leur société en faillite (Jean-Marie Meyssier), voire même a dédommager à nos frais les amis du président (Bernard Tapie).

Quand on voit qu’en ce moment même les sociétés du CAC 40 demandent conseil à des sociétés en communication pour savoir comment annoncer les immenses bénéfices faits à partir d’un pays en récession ( http://fr.finance.yahoo.com/actualites/entreprises-cac-40-conseils-lagence-conseil-euro-rscg-122520639.html ).

Quand on voit que le glissement de 3% d’une TVA qui est plus dégueulasse que sociale va avoir comme effet une perte du pouvoir d’achat pour chaque employé, chômeur, lycéen, retraité, du même pourcentage. Quad on voit que de nouveau les médias viennent expliquer que cela sera récupéré sur les salaires ! Au cynisme s’ajoute aussi l’incompétence, comme si tous les français étaient salariés. Combien de personnes vont-elles être touchées et combien de personnes vont voir leurs salaires augmenter ? 

Alors vis-à-vis de ce énième sommet de la dernière chance, qui aura lieu sans Angela Merkel, qui a donné les pleins pouvoirs à son petit Nicolas, pour une fois : 

Non, les syndicats n’ont strictement rien à négocier avec ce pouvoir, ils doivent attendre la relève et reprendre ce qui nous a été volé !


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12 réactions à cet article    


  • Gabriel Gabriel 6 janvier 2012 13:01

    Excusez moi, mais ne se serait-il pas trompé de slogan sur l’affiche ? Celui ci n’est-il pas plus pertinent et adapté aux résultats : « Ensemble tout devient pénible .. » ?


    • Gérard Luçon Gerard Lucon 6 janvier 2012 13:10

      non, non ! son slogan est tres pertinent, ensemble, au sommet social de janvier, et donc avec les syndicats, tout devient facile pour lui

      si les syndicats declinent l’invitation considerant que ce gouvernement et ce president ne sont plus legitimes , cela sera plus complique pour lui


    • QUE TOUT SYNDICAT ET CITOYES SERIEUX BOYCOTTENT CE PROCHAIN SOMMET SOCIAL

      que tous les vrais gaullistes communistes et leurs familles les anciens résistants FFI ou FTP
      BOYCOTTENT DE SIMILI SOMMET SOCIAL ET CE PRESIDENT CORROMPU QUI DETRICOTE LES AVANCEES SOCIALES DU CNR REDITES NOUS MR HESSELINDIGNEZ VOUS PUIS REVOLTEZ VOUS CONTRE "LE NOUVEL ORDRE MONDIAL DU DIEU DE SARKOZY LE FRIC


    • alain_àààé 6 janvier 2012 15:47

      excellent article je suis d accord car nous retraités nous voyons depuis plusieurs mois notre retraite diminué comme peau de chagrin et c est vrai que les responsables syndicales sont comme nos politiciens sont a coté de la plaque quand je vois que les politiques imposent les responsables syndicales on ne peu avoir rien de bon.j aurais aimé que l auteur ecrive sur la taxe sociale ou on va avoir encore du pouvoir d achat en chute libre et comme je l ais déja écri les socialistes ne feront qu appliqué ce qui se passe en ce moment.sarko aura réussi d employer la formule de la terre brulée


      • Richard Schneider Richard Schneider 6 janvier 2012 15:48

        @ l’auteur : 

        Avec seulement 8% de syndiqués, comment voulez-vous que les syndicats résistent à la déferlante libérale de ces dernières années ? Surtout qu’ils n’arrivent même pas à parler d’une seule voix sur les grands dossiers ! Alors bien évidemment, les leaders des confédérations vont de compromis en compromis (la CFDT ayant pris la relève de FO depuis 1995).
        Aussi même si je partage certaines de vos affirmations, je ne me garderai de leur jeter la pierre : comme les partis politiques, les syndicats sont condamnés à une sorte d’impuissance.
        Faut-il ajouter que peu de membres = peu d’argent. C’est l’état - quand ce n’est pas le patronat - qui verse les subsides afin de faire fonctionner les confédérations et fédérations syndicales ...
        Aujourd’hui, au mieux les syndicats peuvent encore avoir une petite influence pour régler des cas isolés ; au pire, ils font descendre les gens dans la rue et ... finissent pas se coucher.
        Je suis d’accord avec vous pour souhaiter que la réunion du 18 janvier soit sabotée par nos Chérèque, Magny et autres Thibault. Mais c’est un vœu pieux...

        • paul 6 janvier 2012 17:10

          D’accord avec le constat fait dans l’article, mais sur les syndicats je rejoins l’avis de Schneider : ils ne sont pas les seuls responsables de leur faiblesse : tout a été fait depuis des dizaines d’années pour les affaiblir progressivement : par le patronat, les gouvernements, et les politiques qui aboutissent à la désindustrialisation , donc à la parcellisation du travail .

          Dans une société équilibrée, les syndicats sont les partenaires indispensables du dialogue social, pour toutes les négociations ( un mot qui fait peur ) liées aux droits du travail : on voit bien comment celui ci est laminé, il n’y a même plus assez d’inspecteurs pour faire respecter ces droits .C’est le but de l’individualisation du salarié et de la mise en concurrence entre les catégories professionnelles, en particulier entreprises privées contre services publics, ce bastion français( en ruines ), ennemi du libéralisme mondialisé .
          Seule une profonde réforme instituant une véritable représentativité syndicale de toutes les catégories professionnelles remettra sur les rails un dialogue social . Faute de quoi la contestation sociale peut devenir explosive .


          • Richard Schneider Richard Schneider 6 janvier 2012 18:00

            @ Paul :

            Vous avez raison de dire que c’est la « parcellisation du travail » qui explique en grande partie la faiblesse du syndicalisme français. Le travail de sape entrepris par le patronat et l’état a fini par payer.
            N’empêche, comme l’auteur de l’article l’écrit, on ne peut pas se poser une double question : pourquoi les confédérations sont-elles si souvent en opposition sur les grands sujets, alors qu’à la base l’unité est assez facile ? Et pourquoi, quand l’unité a été réalisée sur le plan national, cette dernière ne dure-t-elle pas ? Il y a toujours un leader qui semble négocier « en douce » à l’insu des autres. À mon époque c’était FO ( Bergeron). Depuis 95, c’est la CFDT (Notat, puis Chérèque).
            Ce qui est aussi très gênant, c’est que peu à peu les confédérations sont devenues des « bastions » pour quelques apparatchiks inamovibles : il manque incontestablement un souffle démocratique qui pourrait dépoussiéré les directions (c’est un peu la même chose dans les partis politiques). Peut-être, assisterions-nous à un regain d’intérêt pour les syndicats. Comme vous l’écrivez, une véritable représentativité de toutes les catégories professionnelles est nécessaire pour qu’un dialogue social digne ce nom ait lieu. La contestation « pure » n’aboutit généralement qu’à la confusion.

          • Gérard Luçon Gerard Lucon 6 janvier 2012 18:10

            @Richard et Paul, merci de vos complements, effectivement l’escalade entre les leaders a toujours ete un frein au progres en negociant trop souvent le minimum syndical

            et maintenant ils participent a la deconstruction des avantages sociaux alors qu’ils devraient etre des batisseurs !


            • efarista efarista 6 janvier 2012 22:56

              et maintenant ils participent a la deconstruction des avantages sociaux alors qu’ils devraient etre des batisseurs !

              c’est le moins qu’on puisse dire ! oui


            • Dzan 7 janvier 2012 11:18

              @ Richard Schneider
              Si après 1968, le droit syndical a été reconnu dans l’ entreprise ( les grandes surtout), avec un afflux de syndiqués, petit à petit, le patronat, a rogné les avantages acquis, et marqué à l’encre rouge, les militants syndicaux, et les syndiqués remuants, au détriment de leur paye, et de leur avancement.
              Dans les PME, certains patrons, ont carrément brandi des menaces si, un syndicat voulait s’implanter.
              Un syndicat n’est pas là pour appeler constamment à la grève, mais pour négocier avec l’employeur.
              Dans toute société humaine, il faut un contre pouvoir.
              Devant cet état de fait, et les luttes qui n’aboutissent plus, le nombre de syndiqués, a fondu comme neige au soleil.
              Alors, que représentent-ils, les syndicats Français ?
              Rappelons que même pour le 1ER Mai, ils sont incapables de défiler ensemble.
              Pour comparer avec l’Allemagne ( sujet favori ) il n’y a qu’un syndicat, puissant , et riche ;
              La syndicalisation est quasiment obligatoire, et quand conflit il y a , les grévistes sont dédommagés à hauteur de 75% de leur salaires.


              • Richard Schneider Richard Schneider 7 janvier 2012 16:52

                à Dzan :

                Tout-à-fait d’accord avec vous. Après 68, le patronat a freiné des quatre fers pour limiter l’influence syndicale dans les entreprises (surtout dans PME-PMI).
                À vos remarques, on pourrait ajouter :
                - que les cafouillages lors de la grande grève de 1995 ont perturbé plus d’un militant ;
                - que l’année 2003 a été désastreuse pour l’unité syndicale - le rôle plus qu’équivoque de la CFDT a fait beaucoup de mal.
                Mais vous avez raison : « il faut un contre-pouvoir » fort et uni pour que de véritables rapports de force s’installent dans les administrations et les entreprises. C’est la clé pour que des négociations sérieuses aient des chances d’aboutir.
                Amicalement,
                RS
                PS. En Allemagne, il est quasiment obligatoire (surtout dans les grandes boïtes) de s’inscrire dans le syndicat unique (DGB). Qui a négocié la baisse des salaires (plus de 8% en dix ans) et les jobs à 5 Euros. Il faut aussi le souligner.

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