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Tabou médiatique sur la séparation des banques par activités, pourquoi et comment ?

Au pays des ratios bancaires fonds propres/actifs les plus exécrables au monde, il était normal que la séparation des banques par activité y soit tabou. Voulu à l'image de la City, les too big to fail français ont façonné la culture hexagonale comme celle anglosaxonne : Lord Keynes dans son acceptation de la banque (de risque) universel(le) et son relativisme convenu sur les souverainetés nationales vaut mieux que Roosevelt pour recadrer tout possible projet de régulation bancaire. Qu'on se le dise les gueux !

Mais les choses changent chez les anglosaxons. Le scandale du Libor montre que les banques universelles n'ont pas hésité, encore une fois, à pénaliser leur propre client à grande échelle ! Où est le contrepoids ? Comment responsabiliser et donc menacer de jugement voire de faillite les banques ? Même les anglosaxons les plus obtus en la matière ont reconnu leur erreur de s'être opposé à la séparation des banques par activité. En France, rien. C'est la même chose en Belgique et c'est historiquement bien plus étonnant. Dois-je rappeler que la Belgique fût le premier pays à adopter la régulation bancaire de Roosevelt dès 1934 (11 ans avant le reste de l'Europe) grâce à Albert 1° ? Oui puisqu'à l'évidence les régulations bancaires fortes sont maintenant mieux ignorées sur le continent européen que chez les anglosaxons !

Essayez seulement de parlez chez nous des faits d'armes de Roosevelt (évite de justesse des tentatives d’assassinats, redonne espoir aux USA avec son programme du New Deal, crée les 100 jours pour juger où il va séparer les banques, évite la famine aux USA, dote les USA de réserves d'or qui lui manquait cruellement par le passé, juge Prescott Bush pour trahison, juge Morgan pour pots de vin généralisés, évite une tentative de coup d'état autoritariste sur le modèle européens en 1935,... bref sauve les USA de l'autoritarisme dans lequel sombrait l'Europe). Cheminade le prouve, vous passerez au mieux pour un iconoclaste et au pire pour un dangereux sbire des américains (alors que Roosevelt était pour le multilatéralisme et a abandonné la doctrine Monroe !!!) ou un antisémite (alors que c'était le congrès US par antibolchévisme, pour ne pas dire pronazisme, qui s'opposa à l’accueil du St Louis) voire un keynésien (alors que Roosevelt n'était ni impérialiste, ni malthusien, ni eugéniste contrairement à lui), un choix laissé gracieusement par la culture financière des too big to fail dont ne se prive que trop peu de personne. Les plus insensibles se contentant du fataliste « c'est trop tard de toute façon », voilà comment il est intellectuellement interdit de penser séparation des banque par activités chez nous.

Bien sûr des personnes s’élèvent contre cet interdit chez nous. Cheminade étant le seule à défendre médiatiquement le retour à la séparation des banques par activité (mal lui en prit) depuis 30 ans, il continue évidement de plus belle. Reste des personnes lucide comme Oliver Delamarche ou Alpha Value dans le domaine financier, Trends-Tendances au niveau de la presse et Eric de Keuleneer pour illustrer les professeurs. Mais aucun média généraliste, ni en Belgique, ni en France, ne parle de ce sujet et ce n'est pas la conscience populaire bien formatée qui va faire pression apparemment.

Alors rassurez-vous les gueux, des gens seront là pour banaliser le scandale du Libor ou d'autres iront prôner encore moins de régulation puisque c'est les banquiers centraux les grands méchants du Libor et qu'un too big to fail peut se responsabiliser seul en coulant sans conséquences pour le reste de l'économie. Puisqu'on te le dit.


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5 réactions à cet article    


  • Alpo47 Alpo47 20 juillet 2012 09:36

    Pourquoi ? Parce que c’est une manière de couper court à ce qui est en cours, c’est à dire l’action du système bancaire qui vise encore à « Conservons nos profits et mutualisons nos pertes ».
    Donc, pour notre survie.


    • charlotangy 20 juillet 2012 13:38

      Pour être « gentil », je dirais que le peuple ne veut lui aussi pas être responsable de son destin. A leur décharge, toute une série d’idéologie présente comme impensable de rebâtir une économie productive. Les rooseveltiens de Solidarité et Progrès propose par exemple l’alternative à la financiarisation pour l’Espagne :
      http://www.solidariteetprogres.org/Grands-projets-faire-de-l-Espagne-un-pont-vers-l-Afrique_08923


      • Spip Spip 20 juillet 2012 20:59

        Comme nous sommes tous pratiquement obligés d’avoir un compte en banque, nous sommes dans le bateau, que ça nous plaise ou pas. Maintenant, en attendant le matin du grand soir ou l’explosion du navire (à votre avis, lequel arrivera le premier ?) il ne nous reste que deux échappatoires : retirer son argent au début du mois et le mettre sous son matelas... ou trouver des banques qui ne risquent pas notre argent sur le marché spéculatif. Ça existe encore, même en France, comme le Crédit Coopératif. Il n’y en a pas partout et c’est moins glamour, mais c’est plus sûr et plus moral.


        • cliquet 25 juillet 2012 19:23

          Merci pour ce rappel de l’action de Roosevelt. Ce n’est du reste qu’à partir de 1950 environ que les banques US ont commencé à agir pour abroger le « Glass Steagall Act » et ce n’est qu’en 1999 que Clinton réussit à leur donner satisfaction. Le concept du « too big to fail » ne pouvait se concevoir qu’à cette condition préalable.
          Seulement voila, les dirigeants des grandes banques pensent tous qu’ils sont plus malins que leurs collègues, et au lieu de la jouer collectif, ils ont opté pour Macao. Il parait évident que la finance mondiale, largement dominée par les banques anglosaxonnes, ne survivra pas aux champs de ruine qui est le résultat de la cupidité de ses dirigeants. Théorisant leur attitude par le néolibéralisme de Hayek et Friedman, le principal résultat est d’avoir réussi à faire disparaître les classes moyennes.
          Le hic, c’est que ce sont justement ces classes moyennes qui faisaient la richesse des établissements bancaires. Le plus grave, c’est que la disparition des classes moyennes condamne probablement la démocratie, et par là-même les états avec leur rôle redistributif .
          Le temps semble venu de nous préparer au retour de l’autarcie et du troc....

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