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Accueil du site > Actualités > Politique > Tous les chemins mènent au Centre

Tous les chemins mènent au Centre

Le paysage politique est en profonde mutation, de gauche à droite en passant par un centre que tout le monde cherche.

Les voies du centre sont impénétrables

On connaissait le centre-droit, l'UDF. Celui des alliances automatiques, celui qui faisait office d'appendice d'un grand parti de droite, et obtenait au mieux un réseau d'élus locaux qui pouvaient jouer un rôle ponctuel mais jamais vraiment déterminant pour le pays. 

On connaissait aussi le centre à droite, les "centristes de l'UMP" anciens de l'UDF. Incolores, inodores, écrasés, inutiles. On voit les mêmes ou presque évoluer à nouveau en centre-droit du XXIe siècle dit indépendant, l'UDI, dont on attend toujours les preuves d'indépendance réelle au delà de l'autonomie organisationnelle. A suivre...

On connait le centre-centre, le MoDem. L'unique véritable tentative de troisième voie, la plus sincère, qui semble avoir démontré que son approche est impossible, si l'on s'en réfère à ses échecs répétés. Et pourtant, avec 3-7 millions de votes pour François Bayrou en 2007 et 2012, il y a une réelle attente du peuple pour cette offre politique, mais un parti qui n'a pas su s'organiser, définir et clarifier cette offre, et faire émerger les leaders pour la porter.

On n'a jamais vu le centre-gauche (soit-disant PRG et maintenant FD). Pas la peine de s'y attarder.

Demain, allons-nous assister à l'avénement du centre à gauche, celui qui veut moderniser le socialisme ?

Le centre à gauche : celui qu'on n'a pas encore essayé

Vous qui suivez l'actualité politique avec assiduité me voyez bien venir. Allons-y, prenons l'interview Valls 2014 dans l'Obs et le Programme Bayrou 2012 accompagné de quelques passages dans les média :

  • Valls 2014 : "Nous aurions dû faire dès 2012 un constat plus clair sur la situation de la France, sur sa triple crise : crise de croissance, crise de la dette et des déficits, crise de confiance."
  • Programme Bayrou 2012 : "Un environnement favorable à la production ; atteindre l’équilibre budgétaire en 2016 ; Un nouveau contrat démocratique - moralisation de la vie publique
  • Valls 2014 : "Nous avons privilégié l’impôt par rapport à la diminution de la dépense publique..."
  • Programme Bayrou 2012 : "répartir à part égale l’effort de redressement des finances publiques entre recettes et dépenses"

Dans la presse :

  • Valls 2014 : "l’idéologie a conduit à des désastres mais la gauche que je porte garde un idéal : l’émancipation de chacun. Elle est pragmatique, réformiste et républicaine. [...] Notre impératif, c’est le rassemblement. [...] Il n’y a rien de pire que le sectarisme au nom d’une prétendue pureté."
  • Bayrou 2013 dans Les Echos : "Je crois que cet affrontement sans fin est stérile et que pour redresser le pays, il faudra que les réformistes de tous les camps, de la majorité comme de l'opposition, prennent ensemble leurs responsabilités.2013 dans L'Obs "La confiance sera plus grande si les réformes sont soutenues au-delà des frontières des camps politiques."

La confirmation :

Valls 2014 : "En 2012, nous avons commis l’erreur de ne pas tendre la main à François Bayrou. Peut-être l’aurait-il refusée, mais nous aurions dû le faire, alors qu’il avait appelé à voter pour François Hollande."

La victoire des idées ?

Maintenant, Manuel Valls parle de construire une "maison commune de toutes les forces progressistes" tout comme François Bayrou s'est fait le chantre de l'idée d'unité nationale rassemblant les réformistes.

Valls en social-démocrate ou social-libéral proche des idées du leader du centre, rien de surprenant jusque là. La grande différence est qu'il a choisi de grandir au sein d'une des deux grandes formations politiques de gouvernement, et semble avoir attendu son heure pour prendre la main et faire valoir ses idées. Premier Ministre d'un Président au fond du trou, leader populaire d'une gauche divisée, c'est maintenant, bien avant le début des festivités présidentielles, qu'il faut que Valls lance son OPA sur le PS.

Malin, sans doute. Mais il ne faudra pas tarder à faire le choix entre les idées et la stratégie politique.

S'il souhaite vraiment réformer la France en suivant les principes, qualifions-les de centristes, qu'il a déjà décrits en s'attirant par la même occasion les foudres de Martine Aubry et autres ténors de l'aile gauche du PS, il faudra que cette "maison commune" soit "une fédération, ou une seule formation [...]" comme il l'a déclaré dans son interview à l'Obs. Un nouveau PS comme Sarkozy veut créer une nouvelle UMP ? Une autre formation politique qui le coupera du PS, ou détruira le PS, mais risque de l'affaiblir en même temps ?

S'il veut pouvoir être le nouveau leader de la gauche en utilisant au maximum le PS comme socle électoral, il lui faudra alors faire un pas en avant et deux en arrières, s'assoir sur certaines idées pour optimiser ses chances de victoire. Ca s'est déjà vu...

Le centre indépendant, c'est maintenant !

Juppé, Sarkozy, Valls... tout le monte chasse et cherche son centre.

Mais si Bayrou a dit oui a Juppé et n'en finira jamais de dire non à Sarkozy, il a répondu à Valls "je ne participe et ne participerai pas à des manoeuvres d’appareil." Jean-Christophe Lagarde dans le cadre de sa campagne pour la présidence de l'UDI a ajouté "le centre n’est pas la variable d’ajustement d’une gauche en perdition".

Qu'est ce qu'ils attendent, une fois pour toutes, pour construire un parti unique au centre, indépendant, clair sur ses valeurs, son corpus idéologique et sur sa volonté de moderniser la France dans le cadre d'une Europe forte et unie ? Qu'est devenue l'Alternative ?

Selon un sondage publié la semaine dernière (Odoxa pour Le Parisien/Aujourd’hui en France, CQFD et i-Télé), deux tiers des Français (66%) estiment que le centre est un courant politique qui doit rester indépendant.

Chiche ?
 

www.desmotscrates.com


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7 réactions à cet article    


  • lsga lsga 27 octobre 2014 11:39

    et oui, dans la Vème République de De Gaulle, les élections se gagnent au centre. Voilà ce qu’avait compris le Sarkozy de 2007, qu’a compris Hollande en 2012, et que le Sarkozy frontiste et réactionnaire de 2012 avait oublié. 


    Plus les extrêmes sont forts, plus les élections se gagnent au centre.


    • Piotrek Piotrek 27 octobre 2014 13:38

      Tentative d’importer le modèle politique américain en France (encore !)

      Vous qui avez vécu le système politique américain de l’intérieur : En quoi est-il mieux ? Est-il plus représentatif ? Plus efficace pour faire passer les réformes ? Moins corrompu ?


      • Olivier Des Mots Crates Olivier Des Mots Crates 27 octobre 2014 22:52

        Intéressant. Je ne vois pas en quoi j’ ai essayé d’importer quoi que ce soit des US avecce billet. Mais bon, j’y ai vécu 7 ans en effet donc j’imagine que cela doit déjà représenter pour vous une sorte de sacrilège diabolisant. Je ne pense pas que le système politique américain soit supérieur au français. Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, je suis pour le pluralisme et notamment une troisième voie centriste assumée, différenciée et indépendante, rien à voir avec le profond bipartisme américain. Je m’étais d’ailleurs exprimé à ce sujet sur mon blog si ça vous intéresse http://www.desmotscrates.com/2012/10/lamerique-est-elle-prete-pour-une_27.html


      • Piotrek Piotrek 28 octobre 2014 11:19

        Zemmour est arrivé en grande pompe avec le néo-conservatisme. La gauche en France est déjà démocrate. Équilibrée, responsable, solidaire et progressiste.

        Elle conduit une politique illisible. Ce sont des mots qui ne veulent rien dire sans point de référence.

        Equilibré : Par rapport à quoi ? La politique de la Russie, des USA ou de la Chine ?
        Responsable : Face à qui ? Au budget ou aux électeurs ?
        Solidaire : Avec qui ? Avec l’artiste subventionné ou la famille nombreuse ?
        Progressiste : Pour qui ? Les FEMEN ou le citoyen lambda ?

        Ca n’a historiquement pas de rapport avec le bipartisme aux USA, bien sûr, mais ça en aura les mêmes effets : un ballotage mou des idées, une sur-négociation des mesures de l’un ou de l’autre qui va virer au paté. Le tout sous les enchères croissantes des lobbies.
        Personne ne veut la guerre aux Etats-Unis, pourtant ils la font partout. Voyez le problème ? Un simulacre de démocratie : un terreau pour les Frank Luntz, et un terrain de jeu du consumérisme politique écervelé.

        Le bipartisme à l’idéologie unique, c’est pas un système qui résout des crises, c’est un système qui les cause.


      • Olivier Des Mots Crates Olivier Des Mots Crates 29 octobre 2014 00:34

        Il ne s’agit donc pas d’importer un système mais bien des défauts du notre qui nous suffisent bien. Je comprends vos interrogations et en partagent meme certaines, mais ne suis pas d’accord sur le simulacre de démocratie. C’est un coup bas facile qui semble ignorer les conditions de tant d’autres pays. Loin de moi l’ides de niveler par le bas, mais il faut quand meme arrêter de crier au loup quand les choses sont bien évidemment à améliorer mais que les fondamentaux, notamment ceux de notre démocratie, restent solides. D’ailleurs, que préconisez-vous ?


      • Piotrek Piotrek 29 octobre 2014 12:27

        Il faut un système qui de part sa nature empèche les abus : La démocratie directe au lieu de la démocratie représentative.

        Actuellement nous élisons des rois et des roitelets pour de longues périodes, eux même dépendants d’intérêts supérieurs (multinationales, Europe, comptabilité) sur la base de promesses qui ne sont jamais tenues et dont il ne sont jamais tenus responsables.
        Il en résulte :
        - L’appauvrissement politique du citoyen
        - Une dette que tout le monde a laissé filer pendant 40 ans
        ... tout ce que l’on a aujourd’hui.

        Voila pourquoi réduire encore plus la démocratie à des simples choix sociétaux et comptables c’est aggraver encore plus le problème.

        Allez voir Etienne Chouard et son projet de constituante, la démocratie à haute fréquence c’est la solution à la spéculation à haute fréquence.


      • jeanVidales jeanVidales 27 octobre 2014 15:16

        Dans toute l’Europe, les sociaux-libéraux sont allié avec la droite. Et ils gouvernent ensemble le parlement et la présidence européenne. Il est tout à fait logique que Valls veuille se rapprocher de Bayrou et Juppé comme ses collègues européens.
        L’autre fait, c’est que cette mutation signe l’arrêt de mort du Parti Socialiste comme chez nos voisins européens. Mais est-ce la mutation qui entraîne la mort, ou la mort qui entraîne la mutation ?

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