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Accueil du site > Actualités > Politique > Tragédie d’Ouvéa : la reconnaissance tardive de Michel (...)

Tragédie d’Ouvéa : la reconnaissance tardive de Michel Rocard

Il y a plus de vingt ans, vingt-cinq personnes ont péri dans une opération bien mal engagée. Les conditions de certaines morts ont été très vite contestées.

Ouvéa, une petite île paradisiaque dans le Pacifique, avec sa forêt tropicale très dense, sa plage, sa lagune, son corail, ses cocotiers… et, depuis vingt ans, le souvenir d’une douleur profonde, le point extrême de la tension entre loyalistes et indépendantistes en Nouvelle-Calédonie.

Du 22 avril au 5 mai 1988, la prise d’otage d’Ouvéa a profondément marqué le déroulement de l’élection présidentielle devenue un combat entre les deux têtes de la première cohabitation, François Mitterrand et Jacques Chirac.

Beaucoup de morts

Vingt-cinq morts au total ont été déplorées, parfois dans des conditions vite jugées douteuses par le nouveau ministre de la Défense, Jean-Pierre Chevènement (nommé après la réélection de François Mitterrand), parlant de ces : « actions contraires à l’honneur militaire » et « des points paraissant obscurs après l’évacuation d’Alphonse Dianou » tout en relevant qu’« aucun élément de l’enquête [de commandement] ne fait apparaître qu’il y a eu des exécutions sommaires » (Conférence de presse de Jean-Pierre Chevènement du 30 mai 1988).

Le procureur de la République de Nouméa, Jean-Pierre Belloli, avait, lui aussi, ouvert deux informations judiciaires pour « non-assistance à personne en danger » et « exécution sommaire ».


Une réconciliation rapide

Pour éviter l’escalade, le nouveau Premier ministre, Michel Rocard, chargea le préfet de Seine-et-Marne, Christian Blanc (actuel sous-ministre de Sarkozy chargé de la Région parisienne), d’engager le dialogue entre les deux parties, ce qui a finalement abouti très rapidement aux Accords de Matignon signés le 26 juin 1988 par l’indépendantiste Jean-Marie Tjibaou (qui fut ensuite assassiné le 4 mai 1989 à la commémoration de la tragédie d’Ouvéa) et par le loyaliste Jacques Lafleur.

Ces accords furent ratifiés par référendum national le 6 novembre 1988 avec 80 % d’approbation (et avec une très faible participation, 37 %).

À l’époque, j’avais voté favorablement au nouveau statut de la Nouvelle-Calédonie qui prévoyait un nouvel accord dix ans plus tard (ce fut l’Accord de Nouméa négocié par le Premier ministre Lionel Jospin, signé le 5 mai 1998, ratifié par référendum local le 8 novembre 1998, et qui prévoit un référendum d’autodétermination entre 2014 et 2019).

Je pensais qu’il fallait absolument pacifier cette zone et que tout accord entre les deux parties était a priori favorable à ce retour au calme en Nouvelle-Calédonie.


Une amnistie nécessaire ?

Ce que je ne savais pas, c’est que le référendum prévoyait (implicitement) une amnistie notamment pour tout ce qu’il s’était produit lors de ce drame d’Ouvéa.

Et ce lundi 18 août 2008, dans une émission diffusée sur France Culture, l’ancien Premier ministre, Michel Rocard, vient de reconnaître officiellement qu’il savait que des militaires français avaient achevé certains ravisseurs kanaks de la prise d’otages d’Ouvéa.


Révélations récentes de Michel Rocard

Michel Rocard déclare en effet ceci : « Ce que je savais moi – et j’étais seul à savoir, je ne pouvais pas le dire aux autres délégations parce qu’il ne fallait pas que le secret sorte –, c’est qu’il y avait aussi des officiers français… enfin, au moins un et peut-être un sous-officier, on ne sait pas très bien… À la fin de l’épisode de la grotte d’Ouvéa, il y a eu des blessés kanaks et deux de ces blessés ont été achevés à coups de bottes par des militaires français, dont un officier. »

Michel Rocard poursuit : « Il fallait prévoir que cela finisse par se savoir et il fallait donc prévoir que cela aussi soit garanti par l’amnistie. (…) La France a tenu sa parole. »

Ces déclarations ont été reprises par le site Médiapart et également le site Rue89 déjà connu pour sa dénonciation de la gestion de la prise d’otages par les responsables politiques de l’époque, à savoir le président de la République François Mitterrand, le Premier ministre Jacques Chirac et le ministre des Dom-Tom Bernard Pons.


Retour sur la prise d’otage

Je ne veux pas revenir trop en détails sur les événements eux-mêmes sinon pour rappeler quelques petits faits.

Une première prise d’otages dans une gendarmerie s’était déjà produite à Tiéti le 22 février 1988 qui a bien fini puisque les otages ont été rendus sains et saufs et les ravisseurs avaient eu un jour pour s’enfuir (avec des armes des gendarmes toutefois).

C’était un événement sans précédent qui avait ridiculisé la gendarmerie et qui a donné des idées aux indépendantistes les plus ultras qui refusaient les élections régionales prévues par le nouveau statut du territoire et organisées le même jour que le premier tour de l’élection présidentielle (24 avril 1988).

Le 22 avril 2008, les ravisseurs kanaks tuèrent quatre gendarmes à la gendarmerie de Fayaoué, dans l’île d’Ouvéa, dans une opération mal engagée et qui continua en la prise de vingt-six otages qui mit le gouvernement dans l’impuissance en pleine campagne électorale.

Ancien preneur d’otages à l’époque, Benoît Tangopi a déclaré le 5 mai 2008 sur Radio Djiido : « L’opération a foiré. On n’avait pas l’intention de tuer. (…) Dans cette affaire, on est tous victimes, eux aussi les autres… on est tous victimes des politiques. »

Pendant presque deux semaines, la gendarmerie et l’armée sont mobilisées et la rivalité entre François Mitterrand et Jacques Chirac fut déterminante de le traitement de l’affaire, le premier représenté par le capitaine du GIGN Philippe Legorjus et le second représenté par le général Jacques Vidal, commandant supérieur des forces armées en Nouvelle-Calédonie et responsable des opérations d’Ouvéa. Bernard Pons, fidèle de Jacques Chirac, séjourna à Nouméa pour observer la situation.

Le premier était partisan de la négociation et de la reddition sans effusion de sang et le second plutôt de la manière forte, encore qu’elle fût très difficile à préparer dans un lieu à la végétation très dense (la grotte de Gossanah) et avec des ravisseurs très aguerris.

Les indépendantistes du FLNKS ont vite compris l’impasse de cette prise d’otages et ont refusé toute implication, même dans une éventuelle médiation. Un lâchage considéré comme une trahison par les ravisseurs qui n’avaient donc politiquement plus beaucoup d’espoirs pour imposer leurs vues (à savoir, l’indépendance immédiate de la "Kanaky").

Alors que la situation s’envenimait (le substitut du procureur et le capitaine Legorjus pris en otage puis deux autres officiers de gendarmerie venus parlementer, refus d’accepter des médiateurs), le général Vidal réussit à obtenir, après une journée de retard, l’accord de François Mitterrand, chef des armées, pour lancer l’assaut final.

La première phase de l’assaut fit deux militaires tués. Ensuite, les ravisseurs autour d’Alphonse Dianou, le chef des ravisseurs, se retranchèrent en ne s’occupant plus des otages, mais en se défendant avec acharnement. Au final, dix-neuf Kanaks (ravisseurs, mais aussi quelques "porteurs de thé", ceux qui les ravitaillaient du village voisin) ont été tués.


Reproches aux forces de l’ordre

On reprocha plusieurs choses dans cette opération.

Le premier reproche, c’est que des ravisseurs kanaks et des "porteurs de thé" ont certainement été tués alors que ce n’aurait pas été nécessaire. Douze des dix-neuf tués ont reçu une balle dans la tête.

À ce reproche, le général Vidal expliqua : « La seule façon de progresser et de limiter les pertes amies est de développer devant soi une très forte puissance de feu. (…) Les forces de l’ordre ne pouvaient progresser qu’après avoir réduit au silence chaque nid de résistance. Ceci explique que certains cadavres présentent plusieurs impacts. (…) Seuls les personnels qui se seraient rendus en jetant leurs armes et en levant les bras auraient été sûrs d’avoir la vie sauve. Avant l’opération, j’avais d’ailleurs donné l’ordre très strict de ne pas tirer sur les blessés ou les personnels qui se rendraient. Aucun de nos hommes ne l’a fait. »

Le second reproche, c’est que l’élection présidentielle interféra de manière dramatique sur le cours des événements. Après le premier tour, le candidat Jacques Chirac n’avait plus beaucoup de chances de gagner le second tour face à François Mitterrand, sauf en cas de coup d’éclat. La libération des otages au Liban en fut un, le 4 mai 1988. Celle de la grotte de Gossanah à Ouvéa aurait pu en être un autre. De son côté, François Mitterrand (qui a donné son aval à l’assaut) ne répugnait pas à envenimer la situation. Le résultat, c’est que l’opinion publique a réprouvé ce carnage et François Mitterrand a été largement réélu avec 54 %, nommant Michel Rocard à Matignon.

Le capitaine Legorjus a affirmé après la tragédie : « Alphonse Dianou voulait sortir vivant de cette affaire, avec ses camarades. J’expliquai à Bernard Pons que l’idée d’une reddition était possible. Après le second tour de la présidentielle. »

Selon Rue89, le général Vidal aurait estimé : « En déconnectant le temps présidentiel et le temps de la négociation, on aurait sorti tout le monde vivant », puis aurait raconté la teneur de sa conversation téléphonique avec le Premier ministre Jacques Chirac entre le 1er et le 4 mai 1988 :

Jacques Chirac : « Que pensez-vous de l’idée d’intervenir ? »
Général Vidal : « C’est possible, mais difficile et risquée. »
Jacques Chirac : « Que ferait les Israéliens et Margaret Thatcher dans un pareil cas ? »
Général Vidal : « Ils la feraient. »
Jacques Chirac : « Alors, nous allons la faire. »

Le général Vidal, sur demande de Jacques Chirac, s’engagea sur les pertes possibles : « Un à deux tués, six à huit blessés, minimum ».

(Propos prêtés au général Vidal retranscrits sous réserve de confirmation.)


Un drame atroce à l’origine

Les reproches sont cependant faciles à formuler bien au chaud dans son fauteuil, loin des événements.

La réalité, c’est que quatre gendarmes ont d’abord été odieusement assassinés puis de nombreux otages ont été pris et mis en danger de mort. Si tous les otages en sont finalement ressortis sains et saufs, deux militaires ont également trouvé la mort aux côtés des dix-neuf Kanaks.

C’est surtout cette différence de bilan entre les deux côtés qui a choqué (2 contre 19).


Mais le besoin de connaître la vérité

L’amnistie des accords de Matignon n’a pourtant pas aidé au devoir de mémoire et de pardon.

Car, pour se réconcilier, il est impératif de reconnaître la réalité des événements (que je ne connais pas).

Commémorer ne suffit pas.

Même vingt années après, il serait donc pertinent que le gouvernement décide d’ouvrir une enquête pour déterminer ce qu’il s’est réellement passé. Si des ravisseurs ont été effectivement tués par vengeance alors qu’ils ne présentaient plus de danger. Ou pas.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (20 août 2008)


Pour aller plus loin :

Histoire précise de la prise d’otage d’Ouvéa du 22 avril au 5 mai 1988.




Documents joints à cet article

Tragédie d'Ouvéa : la reconnaissance tardive de Michel Rocard Tragédie d'Ouvéa : la reconnaissance tardive de Michel Rocard Tragédie d'Ouvéa : la reconnaissance tardive de Michel Rocard Tragédie d'Ouvéa : la reconnaissance tardive de Michel Rocard Tragédie d'Ouvéa : la reconnaissance tardive de Michel Rocard

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16 réactions à cet article    


  • fjr 20 août 2008 14:20

    Merci pour cet article qui revient sur une tragédie qui a beaucoup marqué les consciences poltiques en 1988, et qui est certainement pour moi une des clefs essentielles du jugement que je peux porter sur le gouvernement Rocard.
    Il m’avait semblé à l’époque, et l’histoire ne l’a pas contredit, malgré le meutre de Jean-Marie Tjibaou, que les accords de Matignon ouvraient la voie d’une réconciliation et d’une sortie pacifique aux tensions que connaissait alors la Nouvelle Calédonie, alors que cette sortie par le haut paraissait à l’époque hors de portée.
    Etait-il nécessaire pour autant de prévoir une amnistie ? Sans doute.
    Est-il également nécessaire de connaître dans les détails la vérité ? Sans aucun doute, encore, oui.
    Mais avons-nous déjà le recul nécessaire, 20 ans après, pour que les historiens se penchent sur les détails de la prise d’otages de la grotte d’Ouvéa et l’intervention militaire qui y a mis fin ? C’est visiblement ce que pense Michel Rocard s’il considère pouvoir aujourdhui en parler plus librement après s’être tu pendant 20 ans. Dire la vérité alors que la majorité des parties prenantes -ou de leur famille directe- est encore là pour l’entendre, c’est un objectif qu’on ne peut qu’approuver. Espérons seulement que cette recherche de la vérité pourra se faire sans réveiller de vieux démons. Espérons que Michel Rocard, encore une fois, ne se trompe pas...


    • COLRE COLRE 20 août 2008 14:38

      Merci de cette information : je n’avais pas entendu cet aveu de Rocard. Mais tout le monde le savait déjà. Pas un seul survivant… une balle dans la tête… et puis, surtout, cette déclaration :

      Avant l’opération, j’avais d’ailleurs donné l’ordre très strict de ne pas tirer sur les blessés ou les personnels qui se rendraient. Aucun de nos hommes ne l’a fait. 

      Incroyable déclaration, non ? un terrible aveu, en fait…

      J’ai un souvenir précis et cuisant de cette affaire et du boucher d’Ouvéa. 20 ans plus tard me remontent des bouffées de révolte !


      • Kiwi 21 août 2008 01:04

        Vous avez lu l’article ou vous avez survole l’article ? Ou Rocard a ete mis en cause la dedans ? Vous le faites expres c’est pas vrai !


      • Gil NC 21 août 2008 05:39

        Bonjour, je suis caldoche, j’habite la banlieue nord de Nouméa, Rivière Salée, chômage, alcool, violence etc...
        Les kanaks, ça fait plus de quarante ans que je les pratique, cinq générations pour ma famille ; pour certains d’entre eux, ils sont capables du meilleur comme du pire... demandez à leurs femmes, ou lisez les faits divers de la presse locale...

        Quand on sème la violence.... vous connaissez la suite.

        Les militaires du 11 Choc et du commando Hubert ne sont pas du genre à "amuser le terrain", ça faisait des années que la France, et son armée, se ridiculisaient en NC, alors lorsque la coupe est pleine, elle déborde.

        N’oublions pas qu’un militaire, même d’élite, est avant tout un homme, et que ces hommes s’étaient faits intoxiquer, on racontait sur "Radio Cocotier" que les otages avaient été passés à tabac et violés...

        Il semble évident que des blessés ont été achevés, et d’autres abattus de sang froid... Il me semble à moi qu’ils l’avaient un peu cherché... désolé de le penser, mais comme nombre de mes compatriotes calédoniens (car je refuse qu’on m’appelle "français"), j’ai tendance à penser que les France est un pays de "mous des gonades", vous me pardonnerez l’expression j’espère.

        Si au moment de l’assaut les otages n’ont pas été abattus, c’est parce qu’ils se sont défendus... Le capitaine Legorgus est un GIGN, avec un 38 à la main, après 72 heures dans le noir, il a mis trois des ravisseurs hors de combat ; lui il était venu parlementer, on l’a pris en otage.... dommage.

        Désolé mesdames et messieurs, le mythe du "bon sauvage", c’était il y a longtemps, ceux d’Ouvéa avaient été formés en Lybie, je ne l’ai pas lu dans l’article plus haut.


        Par chez moi on dit "qu’il y a des gens, comme ça, qui crachent en l’air, et après ils disent qu’il pleut..."


        • E-fred E-fred 21 août 2008 11:10

          à Sylvain R.

          merci pour cet article qui propose un nouveau point de vue.

          J’ai parcouru l’article et je ne me rappelle pas si vous citez l’émission de télé d’il y a quelques semaines :

          http://www.leblogtvnews.com/article-19376979-6.html 

          J’ai été présent sur Nouméa car j’y aît éfféctué mon service militaire en tant qu’auxiliaire sanitaire. J’ai débarqué à Tontouta en décembre 1989. L’aiffaire d’Ouvéa était loin, du moins en surface.
          Un des "porteurs de thé" a fait son service militaire avec nous. La cerise sur le gâteau c’était le stress des cadres lors des scéances de tir avec lui !!!

          Il y a encore beaucoup de choses à dire. Mais que faire avec l’amnistie et les accords de Matignon ?

          Je remarque que "le commentaire d’un caldoche" est toujours aussi empreint d’un certain racisme.

          Nous, militaire, étions entre deux feux. Ceux des Caldoches et ceux de Kanaks.

          Franchement, je préfère les Kanaks, mais c’est mon opinion personnelle. Les Caldoches se sont toujours comportés en terrains conquis. Ceux que j’ai croisé pendant ma période à la caserne Gally-Passebocq ne m’ont pas laissé un grand souvenir (et encore, je reste poli).

          Encore une dernière info, le nouveau CEMAC, le général Elrick IRASTORZA qui est sous le feu des projecteurs depuis deux jours était le commandant en second du Rimap-Nc quand j’y étais.

          Un petit coucou à tout les anciens du Rimap-NC et de la CCS.


        • Gil NC 21 août 2008 11:28

          Un oubli dans ce que j’ai écrit plus haut : Que des blessés aient été achevés, c’est un secret de Polichinelle, ici tout le monde le sait depuis longtemps.
          Ce que moins de gens savent c’est que MM. Pons et tutti quanti ont bu le champagne en se congratulant de leur "victoire", ça se passait au "Grand Chêne", le restaurant du "Kuendu Beach", un hôtel à l’écart de Nouméa...

          La violence aveugle est un problème endémique en NC, et ça fait longtemps que ça dure, la misère et l’alcool n’arrangent rien à la chose, le complexe post-colonial dont souffrent les français non plus.


        • Kimi 20 mai 2011 03:28

          Le caldoche dans toute sa splendeur qui vient nous gaver de construction stéréotypée qu’on lui sert en pâté dans les médias calédoniens ! « Chômage alcool violence » vous dites ? C’est typique de la Nouvelle-Calédonie à vous entendre parler, et des kanak en particuliers. Vous vous appelleriez Gilles Moglia que ça ne m’étonnerait pas !


          Si les kanak ont agit ainsi très cher c’était dans un but bien précis celui de manifester leur profond désaccord contre le statut PONS avec une occupation PACIFIQUE décidé au niveau des instances du FLNKS mais dont la décision finale revenait aux comités locaux. Oui c’est bien de cela qu’il s’agit comme il en est fait état dans divers ouvrages que j’ai consulté a ce sujet UNE OCCUPATION pacifique qui a mal tourné comme mentionné dans le présent article ! Ce type de rapport de force avait déjà eu lieu sur Poindimié et Fayaoué sans aucune effusion de sang. Alors vos petit discours à la mord moi le nœud gardez les pour vous faites plutôt état des actions menées par les loyalistes comme la tuerie de Hienghène par exemple !



          Vous dites « Les kanak (sans »s« )...je les pratique », mais qu’est ce que vous entendez par ce terme, vous parlez de quoi exactement de marchandises ou d’être humains ?
          Les kanak ont subit la colonisation libre et pénale tout comme ceux et celles qui sont arrivés les chaines aux pieds, les « déchets » dont la France voulait se débarrasser, prisonniers politique y compris. 
          Vous faites surement partie d’une de ces vagues de colonisation pour venir nous chanter que votre présence remonte à je ne sais combien de générations. Soit bagnards soit descendant d’une famille auprés de laquelle on a fait miroiter un enrichissement certains sur des terres spoliés aux autochtones qui ont été parqués comme du bétail dans des réserves. Cette histoire vous devez la connaître aussi non ?


          « Le mythe du bon sauvage » vous dîtes c’est exactement ce point là qui nous différencie des Antilles où on a favorisé l’assimilation. C’est peut être ce que vous souhaitez voir révolu mais il n’en est rien, nos traditions évoluent certes avec le temps mais nous conservons ce lien qui nous unit avec la nature et la terre de nos ancêtres. Et ce contrairement au lien économique que vous entretenez avec ces propriétés qui font votre richesse aujourd’hui et qui vous ont été servit sur un plateau. Oui toutes les communautés qui ont fait ce qu’est la Nouvelle-Calédonie aujourd’hui peuvent revendiquer ce lien légitime à la terre mais selon des approches totalement opposées mais que l’on s’efforce de prendre en considération aujourd’hui pour le bient être de TOUS.

          N’oubliez pas de mentionner dans votre speech qui vole bien bas que durant les évènements c’est bien derrière la France que vous vous êtes réfugiés car selon vous (les loyalistes) elle seule pouvait vous garantir une présence pérenne sur « le caillou ». On veut conserver ces avantages à 22000 KM mais on ne veut pas être appelé « français » bein voyant, 100 balles et un mars aussi ça ne vous tente pas ? Vous êtes les premiers a dénigrer les français de souches qui souhaitent s’installer sur le territoire et Mr refuse qu’on l’appelle « français ». Mais on aura tout vu et tout entendu !


          Les 19 d’Iaai (nom de l’aire coutumière) n’ont rien cherché du tout comme vous dites, si ce n’est un minimum de reconnaissance légitime du peuple kanak que vous semblez faire passer pour des terroristes dans vos propos. Reprenez l’histoire des évènements de 1984-1988 dans le contexte de la Guerre froide et de relation franco-lybienne concernant le Tchad pour comprendre quelles raisons ont poussés la Lybie a apporté son soutien aux indépendantistes kanak. C’est ce qu’on appelle la géopolitique que votre vision manichéenne vous empêche de cerner.

          Vous refusez que l’on vous appelle français mais vous ne semblez pas cracher sur les milliards que l’Etat verse à la Nouvelle-Calédonie tous les ans pour vous entretenir au sein de la Province Sud où tout est centralisé aux MAINS DE LA DROITE COLONIALE.
          « Nouméa la blanche » comme certains historiens l’appellent !
          Vous faites partie de cette classe sociale qui veut le beurre, l’argent du beurre et le cul de la fermière ! Vous savez lever le drapeau bleu blanc rouge quand ça vous arrange pour éviter certainement de vous retrouver un jour SDF sur les Champs Elysées !

          Vous ne connaissez rien de la culture kanak si ce n’est que les préjugés que vous véhiculez dans vos commentaires et qui démontrent bien quelle personne inculte vous êtes !

          Parlez aussi des inégalités sociales, ou des békés martiniquais version new calédonia qui s’en mettent plein les poches depuis des décennies sur le dos du peuple ça pourrait peut être tout aussi bien intéresser les lecteurs ! En omettant pas bien sûr de nous épargnez le type de discours condescendant dont vous faites preuve à l’égard des kanak.

          Enfin pour votre gouverne on crache en l’air pour soi disant arrêter la pluie, je me demande bien d’où vous sortez ces inepties dont vous êtes certainement seul a comprendre le sens !

           


        • snoopy86 21 août 2008 10:54

          Bonjour Sylvain

          Comme toujours un excellent article.

          Néanmoins il n’aurait pas été inutile de rappeler quelques éléments du contexte :

          En 1984 le gouvernement Fabius ( Hernu aux armées et Joxe à l’intérieur ) a désarmé les gendarmes de Nouvelle-Calédonie et leur a intimé l’ordre de ne pas résister lors d’attaques du FLNKS. D’où cette prise d’otages.

          Que dans ces conditions les gendarmes aient liquidé quelques assassins n’a rien de surprenant ni même de scandaleux.

          Michel Rocard aurait quant à lui été mieux inspiré de se taire, lui qui fit voter l’amnistie des assassins de gendarmes...

          Ci-dessous un lien vers un rappel historique sur un site des familles de gendarmes :

          http://www.gend-ouvea.asso.fr/Home.html


          • E-fred E-fred 21 août 2008 11:16

            mais oui snoopy !

            donc ça, c’est quoi ?

            DIJOU GUY

            A

            MONSIEUR LE PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE EN NOUVELLE-CALEDONIE

            LE 09 JUILLET 1994

            Par la présente, j’ai l’honneur de porter à votre connaissance les faits suivants :

            Le 07 avril 1993, FRANCK WAHUZUE a invité de 09 heures à 13 heures JOSEPH WANANIJE et ANTOINE HONAKOKO dans sa villa sise 12 rue LE CARROUR - OUEMO - MAGENTA.

            Au cours de cette réunion, FRANCK WAHUZUE a parlé de la filière libyenne MATABA, celle qui a été utilisée pour envoyer des jeunes kanaks en LIBYE, en stage de formation au terrorisme.

            Celui-ci a affirmé être un des auteurs du montage de cette filière et pour prouver ses dires, a montré à ses deux interlocuteurs un passeport spécial en cachant avec ses doigts le nom et le prénom apposés sur ce dernier.

            Ce passeport comportait la photo d’identité de FRANCK WAHUZUE ainsi que des tampons d’entrée et de sortie de LIBYE.

            Je crois qu’il est inutile de préciser l’importance de cette filière, qui a motivé le vol perpétré par notre organisation dans les locaux des passeports et des cartes d’identité.

            Cette opération visait particulièrement les archives des passeports depuis la mise en place de la filière MATABA, pour avoir les visages de ces stagiaires, les passeports et les cartes d’identité étant secondaires bien qu’importants.

            Il convient de noter que FRANCK WAHUZUE s’est vanté d’appartenir. à la troisième section du B.E.L. qui n’est autre que la section de manipulations du bureau d’étude et de liaison, au haut-commissariat de la république française en NOUVELLE-CALEDONIE.

            Le B.E.L. n’est que le nom officiel de la D.G.S.E. qui s’est"illustré’’ dans l’affaire du RAINBOW WARRIOR, en prenant la NOUVELLE-CALEDONIE pour base de départ et de repli pour commettre cette exaction qui a coûté la vie d’un homme en NOUVELLE-ZELANDE.

            En plus de se vanter de son appartenance à cette structure occulte, celui-ci a proposé à plusieurs reprises d’enrôler JOSEPH WANANIJE dans les rangs de cette section...

            A défaut d’obtenir son accord, FRANCK WAHUZUE devait utiliser les facultés naturelles de JOSEPH WANANIJE pour mener à bien une action"commando’’ dans les locaux d’AIRCAL., comme l’explique ce dernier dans la plainte qu’il a déposée auprès de vos services...

             


          • snoopy86 21 août 2008 11:24

            " Ca c’est quoi ? "

            Fred à toi de nous l’expliquer car c’est pour le moins brumeux...


            • E-fred E-fred 21 août 2008 11:40

              à snoopy

              Paul Barril au poker ?

              Les feu de brouillards :

              http://www.libertes-internets.net/archives/docs/les_deux_cons/web/tribunal090794.html 

              ce n’est pas brumeux, c’est la réalpolitique.

              Bon, je vais aller voir notre nabot de PR sur F2qui, je l’espère, ne va pas avoir ancore un de ces rictus de rire narquois que hier ( "Je n’ai pas de doute, il faut être là. Moi aussi, j’étais sous le choc (...), mais je vous dis en conscience que si c’était à refaire, je le referais. Pas la patrouille et l’enchaînement des événements, mais le choix qui m’a amené à confirmer le choix de mes prédécesseurs d’envoyer l’armée française ici", a-t-il souligné.) en parlant des soldats envoyés au casse pipe.


            • Gil NC 21 août 2008 11:52

              Ca m’attriste un peu de me faire traiter de raciste parce que j’ai écrit que certains kanaks étaient capables du meilleur comme du pire....

              Le simple fait d’écrire "je préfère les kanaks" EST un commentaire raciste.... c’est bien de réfléchir, avant d’écrire n’importe quoi.

              Maintenant, pour ce qui est de l’antagonisme calédoniens/français.... ça fait 150 ans que de "petits calédoniens", toutes ethnies confondues, sont confrontés à des donneurs de leçons venus de France.

              A force, ça gave...

              Il peut être intéressant quand on visite les colonies de regarder en l’air de temps en temps, voir si on a pas un casque colonial qui a poussé sur sa tête...


              • Gil NC 21 août 2008 12:06

                Guy Dijou.............. Super référence, M. E. Fred, pourtant c’est un méchant caldoche....

                A son palmarès :
                Destruction de bâtiments administratifs, braquages, importation d’armes et d’explosifs (par containers entiers...)
                S’est fait pincer par la DGSE en achetant de faux passeports français en Belgique.

                A passé pas mal de temps en prison avec un des "porteurs de thé" de Gossanah, là il a compris que son camarade de cellule et lui étaient tous deux manipulés, pour servir les intérêts supérieurs de l’état Français.
                De cette rencontre est né un livre, jamais publié : "Non messieurs les Présidents" (Mémoires de deux cons...) on le trouve sur le web.


              • E-fred E-fred 21 août 2008 12:29

                à GIL

                C’est vrai, autant pour moi !
                Je me suis mal exprimé !
                Disons que j’avais, finallement, plus d’affinité avec les kanks qu’avec les caldoches, mais c’était il y a presque 20 ans. peut-être es-tu quelqu’un avec qui j’aurais eût plaisir à discuter.


              • E-fred E-fred 21 août 2008 12:31

                Les références sont celle que je trouve sur le net.

                Il n’y a pas de méchants et de gentils.
                des hommes pris dans les arnaques et les combines...

                Attention avec les faux passeports Belges, on se rapproche de Massoud !!!


              • E-fred E-fred 22 août 2008 09:24

                D’Ouvéa à Massoud, ça ferait un bon titre ?

                http://grand-barnum.blogspot.com/2007/12/propagande-islamique-terroriste-sur.html 

                Les vrais faux passeports Belge.... ?

                http://www.senaat.be/www/?MIval=/publications/viewPubDoc&TID=33614496&LANG=fr 

                Je vous remercie, monsieur le vice-ministre, pour votre réponse très circonstanciée. Si vous ne pouvez répondre à ma toute dernière question concernant monsieur Schuller, c’est, je le suppose, parce que vos attendez toujours une réponse des services français. Ce qui m’inquiète le plus, c’est le fait que l’on ait volé non seulement des passeports, mais aussi des machines permettant d’en fabriquer

                Là, ça sent de + en + mauvais ? Non ?

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