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Accueil du site > Actualités > Politique > « Transparency » : corrupteurs dans le collimateur

« Transparency » : corrupteurs dans le collimateur

Depuis les années 80 une véritable lutte contre la corruption a pris forme et ampleur.

Des mobilisations sociales et citoyennes ont lancé des accusations d'abus de pouvoir, de gouvernements, d'entreprises. Des médias ont relayé pour partie les "lanceurs d'alerte".
L'ONG "Transparency International" accompagne ces mobilisations et classe les pays selon leur degré de corruption ou de non-corruption.

Julien Coll est le délégué général de "Transparency International France" et il a présenté récemment dans un séminaire de Sciences Po l'organisation et son "indice de perception de la corruption".

 D'où viennent "Transparency International" et"Transparency International France" ? Comment fonctionnent-ils ?

"Cela fait plus de 20 ans que Peter Eigen l'ancien directeur de la Banque Mondiale pour l'Afrique a créé l'organisation. Avec un focus sur le développement et la corruption dans le commerce international.
Il y a maintenant des sections locales dans plus de 120 pays. Avec une organisation très décentralisée, mêlant des membres indépendants de la société civile, des institutionnels.
L'approche thématique s'est effectuée au travers du sport, des flux financiers et du blanchiment, de la petite corruption au quotidien, en tenant compte des processus électoraux, des entreprises.
Dans les années 2000 une convention des Nations Unies a mis l'accent sur ces problèmes. Dans les grandes entreprises la prévention de la corruption par le management a été mise à l'ordre du jour. Et depuis 10 ans "Transparency" s'intéresse aux victimes.
En septembre 2015 en Malaisie toutes les sections nationales se sont réunies. Elles tiennent compte de toutes les initiatives citoyennes et sont devenues des centres d'assistance juridique. Les sections nationales sont financées par "Transparency International" avec des bailleurs de fonds (dont étatiques) qui représentent 60% du financement, le monde des entreprises représentant 35%.
"Transparency" est associé à la Commission Européenne, sur le lobbying européen, et à toutes les lois sur la transparence, sur le lobbying et son encadrement.
En France "les biens mal acquis" par des dirigeants étrangers ont mis la lumière sur "Transparency " qui s'est constitué partie civile. "Transparency France" est devenu un centre agréé pour recevoir les signalements des citoyens avec l'accord de la Haute Autorité pour la Transparence. 7 salariés et 70 bénévoles actifs font fonctionner l'organisation."

 Transparency International" a mis en place l'Indice de Perception de la Corruption, l'IPC à base de sondages d'experts, indice parmi les plus utilisés pour la mesure du phénomène.

 "Transparency" publie, chaque année, à partir de cet indice, un classement des pays les uns vis-à-vis des autres, mais ce n'est pas un palmarès de toutes les formes de corruption. 175 pays sont passés en revue et des institutions comme la Banque Africaine de Développement, la Fondation Bertelsmann, la Banque Mondiale, le Forum Economique Mondial sont sollicités. Et depuis 2012 on peut comparer les pays d'une année sur l'autre.
L'Indice de la Perception de la Corruption a été mis en place en 1995. Sa vocation : être un indicateur composite utilisé pour mesurer la perception de la corruption dans le secteur public de différents pays. Durant les 18 dernières années, la méthodologie et les sources utilisées pour bâtir l'indice ont été ajustées. La méthode employée jusqu'à 2012 a été simplifiée et fait désormais appel à des données collectées sur un an seulement pour chaque source. Cette méthode permet désormais de pouvoir comparer les notes au fil du temps, ce qui n'était pas possible avant 2012."

Comment s'opère la sélection des sources de données pour l'établissement de l'IPC ?

"Chaque source doit provenir d'une institution professionnelle qui indique clairement la méthode qu'elle utilise pour collecter ses données. Cette méthode doit faire preuve d'une véritable rigueur scientifique. Par exemple quand il est fait appel à l'opinion d'un expert, nous nous assurons que cet expert est qualifié. Quand un sondage est réalisé auprès d'entreprises, nous vérifions que l'échantillon retenu est significatif. Les questions peuvent traiter d'un type spécifique de corruption( la petite corruption par exemple) ou de l'efficacité de la prévention de la corruption, dans la mesure où cela peut être un moyen de connaitre le degré de corruption perçue dans le pays.
Les données sources doivent pouvoir être légitimement comparables avec celles d'autres pays. Elles ne doivent pas être spécifiques à un seul pays. La source de données doit donc mesurer la même chose dans chaque pays et lui attribuer une note selon la même échelle."

Il faut que chaque source de données soit standardisée pour être compatible avec les autres sources disponibles

"La standardisation consiste à convertir toutes les sources de données pour les rapporter à une échelle allant de 0 à 100 ; 0 représente le plus haut niveau de corruption perçue et 100 le plus bas niveau. Quand un ensemble de données ne couvre qu'un nombre de pays limité, il est nécessaire d'imputer une note à chacun des pays qui ne sont pas inclus. La note de chaque pays dans l'IPC est calculée comme une simple moyenne de toutes les notes réadaptées, disponibles pour ce pays. Un pays ne se verra attribuer une note que si au moins 3 sources de données sont disponibles pour calculer cette moyenne. Aux côtés de la note de l'IPC sont indiqués l'erreur type et l'intervalle de confiance qui reflètent la variance des données sources qui constituent la note de l'IPC. En utilisant l'erreur type, il est possible de calculer un intervalle de confiance de 90%."

Ainsi l'action de "Transparency International" perdure et se bonifie d'année en année. Il en va de la moralisation effective de la vie publique et de la vie des entreprises. Utopie ? Longue marche ? Indispensable IPC !

A lire de Jean Cartier-Bresson :"Economie politique de la corruption et de la gouvernance" Paris L'Harmattan 2008.
A consulter le site de "Transparency International France" www.transparency-france.org


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2 réactions à cet article    


  • amiaplacidus amiaplacidus 25 novembre 2015 10:31

    Les « champions », dans l’ordre décroissant de « propreté » : Danemark, Nouvelle-Zélande, Finlande, Suède, Norvège, Suisse, Singapour, Pays-Bas, ...
    .
    Ce qui est inquiétant, c’est que la France occupe un rang peu glorieux dans le classement. Pour 2014, 26 rang.
    Même les USA, la Barbade, Hong-Kong, l’Uruguay, le Chili, les Bahamas, les Émirats arabes unis, sont moins corrompus. Pas de quoi être fiers.


    • sirocco sirocco 26 novembre 2015 02:17

      « Transparency » est associé à la Commission Européenne, sur le lobbying européen, et à toutes les lois sur la transparence... [...]
       « Transparency France » est devenu un centre agréé pour recevoir les signalements des citoyens avec l’accord de la Haute Autorité pour la Transparence... « 

      Houla... j’ai tendance à me méfier de tout ce qui est »Commission« , »Haute Autorité", organisation officielle... 
      Où en voyez-vous, de la transparence en matière de politique, d’économie, de finance, d’information ?

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