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Accueil du site > Actualités > Politique > Travail le Dimanche : la régression est en marche

Travail le Dimanche : la régression est en marche

Après plusieurs mois d’échanges virulents à l’assemblée, le texte de loi sur le travail dominical, tout juste censuré à minima par le Conseil Constitutionnel, a été publié au journal officiel (JO) le mardi 11 août.

Annoncé pour fin septembre, cette loi phare en emblématique de toute une idéologie à l’oeuvre, a été poussée vers l’avant en pleine période estivale pour une application quasi-immédiate.

Le dimanche 16 août, les modalités du texte pouvaient donc rentrer en application.

I. Un texte de régression sociale

Un bref rappel historique permettra de se remémorer qu’il fallut attendre jusqu’en 1906, après un long conflit social avant que le repos hebdomadaire du dimanche soit obligatoire. Cette journée, non ouvrée, offrait la possibilité à des millions de personnes de bénéficier d’une journée dans leur semaine à ne pas se consacrer à leur travail.

En 1936, le Front Populaire mettait en place les premières semaines de congés payés et réduit le temps hebdomadaire de travail de 49 à 40h. En 1956, la 3ème semaine, en 1969 la 4ème semaine, en 1982 la 5ème de congés payés est acquise alors que la semaine ne dure plus que 39h. En 1982, toujours, Mitterrand baisse l’âge de départ à la retraite de 65 à 60 ans.

Enfin, en 2000 la mise en oeuvre de la loi Aubry réduit le temps de travail hebdomadaire à 35h.

Ces diverses lois, souvent acquises de haute lutte, définissent un sens, une orientation de progrès sociale : l’individu tendant à moins consacrer de temps à son obligation "travail", dispose d’un temps plus large pour se consacrer à d’autres activités.

Ces avancées, couplées à l’arrivée de la femme sur le marché du travail, à l’émergence d’une société - et d’une économie - de loisirs, à la diversification des activités notamment vers des champs nouveaux comme le sport "professionnel", ont permis de bâtir un modèle "singulier", que beaucoup d’autres nations dans le monde nous envient.

Bien évidemment, tout le monde n’a pas bénéficié de ces avancées de la même façon, les professions libérales, les professions "contraintes" comme les hospitaliers ou même les chefs d’entreprises, n’ont pas forcément vécu ou perçu les mêmes conséquences.

Mais quoi que l’on puisse en dire, il y avait une logique progressiste, une logique qui tendait à améliorer la vie des individus.

Le gouvernement actuel lui, suit une toute autre piste, et ce n’est pas nouveau.

Confronté à des déficits abyssaux, souvent creusés par lui-même, il en vient à conclure que seul plus d’heures ouvrées permettront de rétablir les comptes publics et la croissance.

Profondément convaincu du dogme productiviste, consistant à penser que seul le temps de travail permet la productivité et la croissance, il explore plusieurs pistes, toutes orientées vers la réduction de ces progrès sociaux.

En 2003, la loi du 21 août (on appréciera la période) portant sur les retraites, visait déjà à élargir la durée de travail tout au long de la vie, mais, face à la contestation, s’est contentée d’une homogénéisation des régimes et de départs en pré-retraites.

En 2004, la suppression d’une journée de congés (lundi de Pentecôte) constituait, sous couvert d’un voile de solidarité (la fameuse journée solidarité pour les "personnes âgées") un élargissement du temps de travail.

Au passage, ces 2 dernières dispositions ont démontrées leur inefficacité profonde, l’une ayant coûté beaucoup plus cher qu’elle n’a rapporté, incitant des personnes à partir avant l’heure et donc à coûter plus cher, l’autre ayant démontré qu’elle coûtait plus cher à être ouvrée qu’à ne pas l’être, le lundi de pentecôte générant des rentes touristiques plus élevées que les gains générés en entreprises à flux "courant".

Non content de ce constat d’échec, prouvant du reste que les solutions sont ailleurs, N.Sarkozy surfant sur le "travailler plus pour gagner plus" a fait du travail dominical la mesure phare de son mandat. D’où l’obstination indéfectible du gouvernement à conduire cette "réforme" malgré une large opposition, y compris dans les rangs même de la majorité.

 

II. Travailler le dimanche : pour quoi faire ?

L’idée est simple, facile, superficielle. Si l’économie rame et qu’il reste un jour non ouvré, pourquoi ne pas l’ouvrir au travail ? D’une part il y a une demande (tourisme, achats, etc...), d’autre part il y a d’ores et déjà des fraudes qui traduisent cette demande (ouvertures exceptionnelles d’enseignes de zones commerciales et autres zones touristiques).

A partir ce constat, purement consumériste, on peut s’en convaincre : ouvrir le dimanche ce n’est pas une mauvaise idée, en plus aux USA, au Canada ou ailleurs, les magasins sont ouverts le dimanche et les gens consomment.

Néanmoins, derrière ce constat simpliste, plusieurs éléments, et non des moindres, ont été occultés.

Cette liste d’éléments, mis bout à bout, amène à reconsidérer la position, et finalement à dresser un bilan qui génère, pour un gain économique non démontré, une fragilisation notable des populations qui seront de "l’autre côté du guichet" ces jours-là.

Attention, je ne dis pas que le dimanche, tout doit être fermé, je dis qu’il faut - à mon sens - définir des usages et des limites, sinon on rentre clairement dans la régression sociale.

- Qui cela concerne ?

Première des questions à se poser : qui vise-t-on et pourquoi faire ? S’il s’agit de proposer à des secteurs touristiques, parfaitement définis et balisés, la possibilité d’ouvrir le dimanche parce que c’est une journée pleine pour cette activité, je dirais "pourquoi pas" : faut-il encore définir l’emploi "maître de ses choix" de l’emploi "salarié dépendant des choix".

Autrement dit, en secteurs touristiques, pourquoi pas, mais avec des modalités claires.

Pour les autres secteurs d’activité, notamment les commerces, en dehors des 3 dimanche avant Noël - et même dans ces cas là- je ne vois pas l’intérêt d’ouvrir des magasins le dimanche.

Il faut donc bien définir, décideur libre de son choix et salarié, activité touristique ou activité "traditionnelle" pour ne pas générer d’excès.

- Qui décide ?

L’ouverture le dimanche sera décidée par les enseignes ou les directions. Le salarié n’aura pas le choix de savoir si l’enseigne sera ou non ouverte. Au mieux il pourra ou non travailler le dimanche. Mais dans la majorité des cas, sous la pression des collègues ou de l’entreprise, le salarié devra accepter de travailler le dimanche comme un jour "de base".

Le volontariat devient donc "relatif", surtout si le dimanche rentre dans les modes de calcul horaires "annualisés" ou "mensualisés". L’importance de la liberté du volontariat est primordiale : chacun doit pouvoir faire le choix, de lui même. Sinon, ce n’est plus du volontariat, mais une obligation.

On peut comprendre qu’un étudiant soit tenté par le dimanche payé double, mais une mère de famille à 40 ans y portera sans doute un autre regard...

- Quelle rémunération ?

Le travail le dimanche doit, pour tout salarié, être rémunéré double. Cela devrait être inscrit noir sur blanc, quelles que soient les zones ou les activités. Cela aurait un double voire triple avantage : une activité économique qui ne serait pas rentable, fermerait d’elle même ses portes le dimanche. Ensuite, concernant les étudiants - et tout ceux qui sont derrière le guichet - cela aurait pour vertu d’être rémunérateur rapidement en peu de temps. Bien évidemment, le choix d’avoir en contre-partie 2 jours de récupération payés au lieu d’1 pourrait aussi être proposé.

Cette disposition devrait de plus être étendue, de droit, aux nombreux salariés qui bossent le dimanche mais n’ont actuellement aucune majoration. Cela aurait pour vertu de dire : si tu es patron, libre à toi d’ouvrir et de te rémunérer, mais si tu emplois quelqu’un, le coût c’est X2. Économiquement, ça calme.

- Quels intérêts économique ?

Si, dans certaines zones touristiques, on peut bien comprendre qu’une journée d’ouverture en plus permet de capter plus de clientèle, pour des zones commerciales, le gain est nettement plus discutable : acheter sa perceuse le dimanche plutôt que le samedi, c’est toujours une perceuse d’achetée : le gain est nul pour les enseignes concernées. En revanche, les personnes qui travailleront ce jour-là, seront autant de personnes qui ne consommeront pas le dimanche ce qui peut aussi générer des manques à gagner. Ne l’oublions pas, les salaires, eux, ne bougent pas...

- Quelles incidences pour la vie familiale ?

Travailler le dimanche, vu du patronat, cela peut paraître intéressant. Vu du salariat, c’est beaucoup plus compliqué. En effet, le travail le dimanche constitue un travail "en décalé", avec ce que cela comporte comme difficultés : peu ou pas de transports en commun, pas de nounous (sinon là aussi c’est X2 ou plus), etc... Tout devient un peu plus compliqué, avec une absence le jour où les enfants sont présents, une présence le jour où ils sont absents.

A moyen et long terme, on pourra découvrir également le délitement des vies de couples (couples TGV, couples "paliers", couples à distance) avec des horaires toujours plus "souples", mais aussi des convergences toujours plus compliquées. On pourra également se rendre compte que les enfants n’ont plus de repères, qu’ils ont du mal à suivre en classe etc... Bref, tout ce qui résulte de l’absence d’un parent un peu trop marquée, surtout s’il travaille le samedi ET le dimanche...

Bien sûr, certains me diront que travailler le dimanche, ils le font déjà depuis longtemps (restaurateurs, buralistes, hôteliers, etc...). Ce qu’ils oublient de dire, c’est qu’ils le font pour leur propre compte dans l’essentiel des cas, sous leur propre décision, et parce qu’ils sont dans un domaine d’activité où ne pas ouvrir le dimanche serait économiquement dommageable.

Si les éléments ci-dessus ne sont pas rédigés clairement en faveur du choix, en toute connaissance de cause et avec des contre-parties clairement écrites, on ne soumet plus les salariés à du volontariat mais à du chantage à l’emploi. On expose un peu plus ceux qui déjà n’ont pas grand chose à l’aléa du rythme de travail, aux difficultés d’organisation, en somme à une nouvelle forme de pression.

 

III. Le travail dominical : un facteur d’accroissement des inégalités

Le travail dominical constitue un formidable facteur de distorsion sociale : il y aura ceux qui n’auront pas le choix, et ceux qui verront la chose en étant bénéficiaires : les clients (qui ne se poseront pas la question sauf à voir leurs enfants dans cette situation) ou les patrons.

Les salariés du dimanche deviendront les serviteurs des autres, sans contre-parties garanties, exposés aux difficultés multiples de la situation le tout en se coupant d’activité socialisante comme le sport (les matchs de foot du dimanche), les repas ou les balades en famille, la vie politique parfois. Bref, ils deviendront des serviteurs broyés sous la logique du dieu dominical "consommation" au plus grand profit d’une minorité d’actionnaires heureux - sans doute trop vite - de générer plus de bénéfices.

Sans repères temporels, les gens seront mobilisables, jour et nuit, dimanche et fêtes, vivant avec des rythmes décalés sans réelle obligation de service (pompiers, infirmiers, agents de centrales nucléaires etc...) ni même significatives contre-parties.

Enfin, compte tenu des différenciations de régime, entre zones dites "PUCE" ou touristiques, et autres zones, entre les différenciations de villes (Paris, Marseille, Lille et villes d’intérêt touristique ou thermales (terme vague)), on crée immanquablement un régime inégalitaire.

Le travail le dimanche doit être bien plus limité, encadré, rémunéré, qu’il ne l’est via cette loi déstructurante. Il ne s’agit pas de tout rejeter en bloc, mais bel et bien de lire derrière le texte le sens idéologique qui anime l’écriture et d’évaluer les inévitables conséquences dévastatrices que cela va avoir sur bon nombre de Français.

Enfin, plus profondément encore, je crois que le gouvernement est incapable de se projeter intellectuellement d’un système passé, révolu et décadent fondé sur le quantitatif, vers un système progressiste, humain et d’avenir construit sur le qualitatif.

Le sens de l’histoire, c’est de travailler moins pour vivre mieux.

Que certains travaillent plus, pour que d’autres gagnent plus, cela s’appelle la féodalité, l’ancien régime.

Le vrai défi à relever, c’est de faire en sorte que chacun puisse, au travers d’un emploi, vivre décemment et espérer pouvoir évoluer : pour cela, seule la répartition des richesses, l’amélioration de ce qui existe et, il faut bien le dire, des règles du jeu collectives un peu moins déconnantes, pourront permettre d’y arriver.

Le travail dominicale est donc une mauvaise piste pour redresser la barre.


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139 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 18 août 2009 10:12

    Pour vous,qui affichez vos idées politiques c’est une regression,mais pour les centaines de milliers de travailleurs qui souhaitent travailler le week-end c’est une avancée sociale

    Quelques précisions s’imposent

    • Les autorisations d’ouverture le dimanche sont ciblées : elles concernent les grandes agglomérations de plus de 1 million d’habitants ;
    • Les élus locaux auront leur mot à dire : sans le feu vert de la mairie, rien ne change ;
    • Le travail le dimanche est basé sur le volontariat ; les salariés dans ces zones sont payés le double et bénéficient du repos compensateur ;
    • Le principe du repos dominical est conservé et le dimanche conserve son caractère de jour exceptionnel ;
    • Les petits commerces alimentaires sont mieux protégés.

    • 73% des Franciliens y sont favorables (sondage CSA, 12.10.08)
    • 7,5 millions de Français travaillent régulièrement ou occasionnellement. 67% d’entre eux (80% en région parisienne) approuvent la proposition de loi (sondage IFOP du 5-9.12.08).

      Votre conception réactionnaire de la société vous aménes à dire n’importe quoi

     http://www.tvargentine.com/

     


    • Rounga Ainsi parlait Roungalashinga 18 août 2009 10:36

      Le travail le dimanche est basé sur le volontariat ; les salariés dans ces zones sont payés le double et bénéficient du repos compensateur ;

      Ah ! L’argument du volontariat ! C’est une illusion, ça. Au début, seuls ceux qui veulent arrondir leur fin de mois acceptent le travail dominical, puis ensuite les autres se sentent obligés, on fait pression sur eux. La question n’est pas de laisser la possibilité de travailler plus pour gagner plus, mais plutôt d’offrir la possibilité d’avoir un salaire décent en travaillant à plein temps. Et tout ça pour quoi ? Pour que les Français puissent consommer le dimanche ! Pour que les riches ne soient pas privés de shopping, et que les pauvres continuent à dépenser au-dessus de leurs moyens pour s’acheter des choses dont ils n’ont pas besoin. Il y a quand même des choses plus intéressantes dans la vie que de flâner dans les magasins.

      Ainsi parlait Roungalashinga.


    • Loup 18 août 2009 10:58

      Juste une question :

      le travail de nuit existe et pourtant il n’est pas devenu la règle. Pourquoi en serait-il différemment du travail dominical ?

      Si le travail dominical est possible, certains en profiterons, comme les commerçants et les salariés qui verront leur salaire augmenter (si tant est que le travail du dimanche soit effectivement payé double pour tous).
      Sans intérêt pour le commerçant, pas d’ouverture le dimanche, et la mesure s’autorégulera d’elle-même.


    • Rounga Ainsi parlait Roungalashinga 18 août 2009 11:12

      le travail de nuit existe et pourtant il n’est pas devenu la règle. Pourquoi en serait-il différemment du travail dominical ?

      Quels sont les commerces ouverts de nuit, mis à part quelques épiceries, dites « de nuit » justement ? Le travail du dimanche existe déjà, dans la restauration, l’hotellerie, les cinémas...Mais la question qui m’inquiète, c’est de savoir si les magasins vont s’ouvrir le dimanche, car autant l’employé que le consommateur risquent de se faire avoir.

      Ainsi parlait Roungalashinga.


    • Ecométa Ecométa 18 août 2009 11:13

      @lerma

      « ...mais pour les centaines de milliers de travailleurs qui souhaitent travailler le week-end c’est une avancée sociale »

      Très peu de personnes, si elles avaient réellement le choix, travailleraient le Dimanche ; si elles veulent travailler le dimanche c’est généralement qu’elle ne peuvent pas travailler le reste du temps : la semaine ! Faisons en sorte qu’elles puissent travailler la semaine !

      Ne dites pas aux gens qu’ils disent n’importe quoi ! Par contre votre désir de consommation, comme celui des franciliens, qui feraient mieux de se livrer à d’autres sports que celui consistant à courir les magasins, mieux de se livrer à des loisirs plus simples et moins coûteux ; ce désir vous le verriez bien satisfait en faisant en sorte que des gens travaillent pour votre seule satisfaction le dimanche !

      Personnellement, et ce n’est pas politique, pas purement politique, ni religieux, mais plutôt philosophique, en réaction à ce monde de fuite en avant économico technoscientiste ; je trouve très bien qu’il y ait un jour de la semaine qui soit consacrer à autre chose que le commerce et le travail !


    • Loup 18 août 2009 11:15

      Et pourquoi se feraient-ils avoir, selon vous ?

      Ma question (ma réponse, plus exactement) est de dire que seuls ceux qui y verront un intérêt ouvriront le dimanche, et que le spectre de la « généralisation » est illusoire.

      C’est d’ailleurs précisément pour cette raison que vous ne voyez que peu de commerces ouverts la nuit.


    • Loup 18 août 2009 11:17

      Ecométa,

      je considère pour ma part que nous devrions TOUS avoir autre chose à faire après 20 heures que de courir les supermarchés.
      Je propose donc la fermeture à compter de cet horaire de tous les magasins. Pour notre bien à tous, bien entendu.


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 18 août 2009 11:33
      Pour le travail dominical sans supplément de rémunération.

      J’ignore si, à ce jour, les modalités relatives au travail dominical sont définitivement arrêtées. Quoi qu’il en soit, il semble qu’il soit politiquement et économiquement stupide de vouloir instaurer le travail dominical avec supplément de rémunération quand il serait si simple de l’instaurer sans supplément de rémunération.

      Pour y parvenir, il suffit d’ôter au dimanche son statut de jour chômé et, simultanément, de donner 52 jours de congés supplémentaires à tous les salariés.

      De cette manière, les tenants du dimanche chômé prendront ces 52 jours de congé durant les 52 dimanches annuels tandis que les autres salariés travailleront durant ces dimanches-là, sans supplément de rémunération.

      Parmi les « travailleurs du dimanche », heureux, on devrait trouver les juifs et les musulmans pratiquants qui, eux, choisiraient de prendre ces 52 jours de congés supplémentaires, respectivement, les samedis et les vendredis.

      Ceci dit, l’intérêt économique de travailler le dimanche est excessivement faible car le pouvoir d’achat n’est pas extensible brutalement au-delà de sa progression « normale » de conjoncture. Donc, le travail du dimanche ne provoquera que des transferts de pouvoir d’achat vers les magasins ouverts.


    • Rounga Ainsi parlait Roungalashinga 18 août 2009 11:41

      Ma question (ma réponse, plus exactement) est de dire que seuls ceux qui y verront un intérêt ouvriront le dimanche, et que le spectre de la « généralisation » est illusoire.

      Les grandes surfaces nevont pas se gêner pour créer un appel d’air, et les consommateurs seront ravis d’avoir un deuxième jour de libre pour faire leurs emplettes. Les deux se feront avoir car le plus souvent les consommateurs achètent des choses dont ils n’ont pas besoin et oublient qu’il y a mieux à faire que d’aller en famille au centre commercial le samedi, et les employés finiront par être des désignés volontaires.

      Ainsi parlait Roungalashinga.


    • jondegre jondegre 18 août 2009 11:50

      « 73% des Franciliens y sont favorables (sondage CSA, 12.10.08) »

      bah, tu m’étonnes, c’est le coin de France ou il n’y a pas de nature et il n’y a rien d’autre à faire que sortir en ville et consommer, c’est le seul coin de France où ikea bloque l’autoroute par son affluence le dimanche....

      Vas faire ce sondage à Marseille, Annecy, Montpellier ou Bordeaux par exemple, on va bien rigoler.


    • Loup 18 août 2009 11:52

      Ainsi parlait (vous me ferez grâce du reste ?),

      Proposons un texte pour indiquer qui doit consommer quoi.
      L’homme est un âne, c’est entendu, mais de là à conserver la fermeture du dimanche sous prétexte qu’il consomme sans discernement, j’avoue que l’argument me laisse un peu sec.

      Philippe Renève,

      Un peu léger, comme argument, non ?
      Vous prenez comme postulat que l’employeur est un salaud et, surtout, qu’il a la possibilité légale d’imposer le travail dominical et autres joyeuses mesures.
      En réalité, comme je l’ai dit maintes fois, seuls les employeurs qui y verront un réel intérêt ouvriront le dimanche.
      Non seulement cet intérêt fera croître son chiffre d’affaires, mais encore cette croissance ira en partie dans la poche de celui qui aura fait le sacrifice de travailler le dimanche.

      Si j’ai quatre salariés, il s’en trouvera bien un qui acceptera cette contrainte sans que j’aie à l’imposer arbitrairement (et avec les menaces que vous évoquez) aux autres.

      A défaut, il existe un nombre incalculable d’étudiants qui ne demandent qu’à travailler un jour où les facs sont fermées et où ils n’auront pas à faire le sacrifice d’un jour de cours.

      Formidable, non ?


    • Rounga Ainsi parlait Roungalashinga 18 août 2009 12:11

      L’homme est un âne, c’est entendu, mais de là à conserver la fermeture du dimanche sous prétexte qu’il consomme sans discernement, j’avoue que l’argument me laisse un peu sec.

      Ce n’est pas exactement ça. C’est plutôt l’habitude de la consommation encouragée par l’ouverture dominicale des commerces que je préfère ne pas voir se développer. Quand je vois des familles passer leur samedi après-midi au centre commercial, ça me laisse perplexe. Je me demane toujours s’ils ne pourraient pas vivre mieux en dépensant moins : jouer à des jeux de société plutôt que d’acheter à sa fille adolescente des chaussures qu’elle ne mettra que deux fois, se promener dans un sqare ou un parc plutôt que d’acheter un énième jeu vidéo à son enfant...Il y a des choses essentielles que la société de consommation a tendance à nous faire oublier.

      Ainsi parlait Roungalashinga.


    • Loup 18 août 2009 14:12

      Ainsi parlait,

      ainsi va la vie, et d’autant mieux avec un peu de liberté dans ses choix.


    • Rounga Ainsi parlait Roungalashinga 18 août 2009 14:29

      Elle a bon dos, la liberté. La société de consommation, fondée sur le désir, est justement l’ennemie de toutes les libertés. C’est une forme moderne de fascisme. La laisser nous envahir davantage est le meilleur moyen de se retrouver avec un monde de merde dans dix ans.

      Ainsi parlait Roungalashinga.


    • Loup 18 août 2009 14:51

      Je ne comprends toujours pas les raisons de votre colère.
      Tantôt vous pointez du doigt l’ineptie du consommateur qui, si on devait ouvrir le dimanche, en profiterait pour s’endetter encore plus, tantôt, vous en appelez au fascisme pour décrire une société dans laquelle on aurait le droit de travailler le dimanche...

      Etes-vous un nostalgique des pays communistes ? Parce que, me concernant, la vraie dictature est de ne pas autoriser certains actes au nom d’un « intérêt collectif » imposé.
      Certains seraient tentés, je pense, de vous traiter de vieux ringard réac (de droite, il se doit), pire : catholique !

      Soyons sérieux deux minutes, voulez-vous, et constatons que la vie et les temps changent, parce qu’à bien vous écouter, je pourrais être tenté de dire que ni la télé, ni la radio, internet, les ordinateurs, le téléphone ou autres techologies ne nous sont nécessaires, alors qu’un bon vieux sermon dominical, ça, ça vous pose une civilisation !


    • Rounga Ainsi parlait Roungalashinga 18 août 2009 15:19

      Soyons sérieux deux minutes, voulez-vous, et constatons que la vie et les temps changent

      Ca c’est l’argument massue : on est obligés d’accepter tous les changements sous prétexte que « les temps changent ». Mais les temps changent seulement si on le veut bien ! L’arnaque consiste à nous faire croire qu’on n’a pas le choix, alors qu’on a tout a fait le choix de choisir dans quelle société on veut vivre !
      Vous parlez de liberté, mais vous ne semblez pas croire que cette liberté de travailler ou de ne pas travailler le dimanche va vite se muer en obligation. Obligation pour les salariés pour conserver leur emploi, obligation pour l’employeur pour rester compétitif. C’est toujours la même logique de la fuite en avant : même si le travail dominical permet à la croissance de donner un coup de collier dans un premier temps (ce dont je doute d’ailleurs), dans quelques années on va se retrouver avec les mêmes problèmes sur les bras (faible pouvoir d’achat, faible croissance, chômage), car on se sera aveuglé dans la logique qui nous a amené où l’on est. Seulement, l’acquis social du repos dominical aura sauté, et pour continuer on sera obligé d’en faire tomber un autre. Il faut changer notre mode de fonctionnement du tout au tout, et pour commencer, s’attaquer à cette culture de la consommation de masse qui nous pourrit.

      Ainsi parlait Roungalashinga.


    • xa 18 août 2009 16:24

      « Les autorisations d’ouverture le dimanche sont ciblées : elles concernent les grandes agglomérations de plus de 1 million d’habitants »

      Non. 2 nouvelles dérogations sur l’interdiction du travail le dimanche sont créées.
      La première concerne les PUCE type Plan de Campagne et correspond à votre « résumé » de la loi.

      La seconde concerne les zones touristiques, dont la taille n’est pas limitée. Annecy (nettement moins d’1 million d’habitants) va ainsi demander la mise en place de cette dérogation au titre de la zone touristique.

      « Les élus locaux auront leur mot à dire : sans le feu vert de la mairie, rien ne change »

      C’est le prefet qui décide (sauf à Paris) sur demande du maire. Le classement en zone touristique impacte tous les commerces de détails.

      "Le travail le dimanche est basé sur le volontariat ; les salariés dans ces zones sont payés le double et bénéficient du repos compensateur« 

      Apprenez à lire.

      Primo, on rappellera que la loi normale (avant cette nouvelle loi) n’impose jamais le paiement double le dimanche. Ce sont les conventions collectives ou les accords d’entreprises qui l’imposent. Ce n’est donc pas systématique (demandez donc aux caissières).

      Secundo, dans le cas des PUCE cette nouvelle loi impose le paiement au moins doublé. Pour les zones touristiques, cela dépendra d’accords, l’ouverture de négociation est imposée, l’aboutissement d’un accord ne l’est pas. Donc rien ne garantit que le paiement sera double dans ces zones touristiques.

       »Les petits commerces alimentaires sont mieux protégés« 

      Euh ... vous pouvez me citer l’article de cette loi qui protège mieux les petits commerces ? Parce que je ne vois pas trop...

       »73% des Franciliens y sont favorables (sondage CSA, 12.10.08) "

      Un peu de précisions ne nuit pas ... sauf peut être à votre argumentaire.

      Selon ce sondage que vous citez (en fait vous citez la page du site de l’UMP, c’est un simple copier-coller), 73% des franciliens sont pour l’ouverture des magasins le dimanche, mais seul 52% des francais (sans distinction géographique ni d’activité) sont favorable. Si on ne retient que les salariés, on tombe à 46% qui sont favorables.

      Si on regarde dans le détail, sont favorables essentiellement des étudiants (qui espèrent surement pouvoir ainsi arrondir leur budget), des femmes au foyer, et des plus de 75 ans qui ne travailleront pas le dimanche. Les salariés sont majoritairement contre (selon ce sondage que l’ump nous ressort systématiquement)

      Les non salariés sont pour que les salariés travaillent le dimanche (enfin, ils sont pour pouvoir consommer quand ils veulent).

      Toujours dans ce sondage : seriez vous pret à travailler le dimanche si payé double : seul les moins de 1500 euros pour le foyer (pas par salarié, mais par famille donc) sont favorable réellement (63%, les salaires plus élevés sont favorables à moins de 50%)

      Donc sont près à bosser le dimanche ... ceux qui en auraient besoin histoire d’améliorer l’ordinaire via un salaire double.

      Curieusement, le sondage ne posait pas la question : seriez vous prêt à travailler le dimanche sans supplàment de salaire. C’eût été pourtant intéressant.


    • herve33 18 août 2009 21:53

      @lerma
      les salariés dans ces zones sont payés le double

      Sauf erreur de ma part , avec la nouvelle loi ,les patrons qui ouvriront le Dimanche n’auront absolument pas l’obligation de payer double leurs employés . D’ailleurs cela risque de poser problème avec les conventions déjà existantes dans les zones touristiques .

      Il existe des professions qui travaillent déjà le Dimanche et les jours fériés , en particulier dans les transports , et les hôpitaux . Les employès de ces secteurs bénéficient de repos compensateur ou de rémunérations supplémentaires . Avec cette loi de régression sociale , il faut craindre que dans quelques temps , on revoit ses avantages . Le travail le Dimanche doit rester exceptionnel et pour des nécessités de services , avec un nombre de WE limité dans l’année sinon , c’est le tissu social et les liens entre les individus dans la société qui vont en pâtir


    • Jean-paul 19 août 2009 00:50

      Thomas tu viens travailler ce dimanche ?
      Non ,je prefere rester au chomage .


    • LE CHAT LE CHAT 18 août 2009 10:28

      Je ne suis pas contre le travail du dimanche , à condition que ce soit sur la base du volontariat et en heure à 100% . Il est scandaleux que tous ceux qui travaillent le dimanche n’aient pas dans la nouvelle loi les mêmes contreparties , dans notre devise nationale , il y a égalité , et donc il n’est pas normal que dans certaines stations balnéaire on paie tarif ordinaire alors que dans la zone d’activité de Plan de campagne (13) ça paie double !


      • Marianne Marianne 18 août 2009 10:33

        Les dimanches, ce sont les poètes (et les travailleurs) qui en parlent le mieux :

        Les dimanches - Felix Leclerc

        Ceux qui disent que les dimanches
        Sont jours d’ennui, d’espoir qui flanche
        N’ont donc jamais mal dans le dos
        Pour n’avoir pas besoin d’repos.

        C’est jours de s’maine qu’on paie les comptes
        Qu’on se lèv’tôt et qu’on a honte
        De n’avancer qu’à pas de chat
        Dans un métier qu’on n’aime pas.

        Mais c’est un dimanche que s’arrêtent
        Ceux qui ont pain et amitié,
        Ceux qui n’ont rien regardent couler
        Le son des cloches sur les toits.

        C’est jours de s’maine que les enfants
        Dans des cahiers apprennent, apprennent
        Combien vieillir c’est dégoûtant

        Mais c’est dimanche que Ti-Jean
        Va voir Marie, sa souveraine,
        En complet bleu, c’est le seul temps
        Qu’il tourne dos à la semaine.

        C’est jours de s’maine que l’on enterre
        Ses morts, ses rêves et ses folies.
        C’est jours de s’maine que les bandits
        Pillent les banques et tuent leurs frères.

        C’est jours de s’maine qu’on pousse portes
        Qu’on offre bras, talent
        Qu’on s’fait bafouer et qu’on rapporte
        Plaies aux épaules, plaies en dedans.

        Mais c’est dimanche qu’on s’arrête
        Comme dans le creux vert d’une baie

        Et qu’on enlève son collier
        Pour oublier qu’on est des bêtes.

        http://www-v3.deezer.com/fr/music/playlist/f-leclerc-les-dimanches-28390240#music/playlist/f-leclerc-les-dimanches-28390240

        Post-scriptum :

        Au peuple de gauche qui s’est laissé endormir par les sirènes de la social-démocratie pendant tant d’années, rappelez-vous, ils nous disaient que le libéralisme était la solution, qu’il fallait juste réformer un peu dans un sens plus social...,

        C’est vraiment le moment de se réveiller et de dire : résister c’est mon choix !



        • Gabriel Gabriel 18 août 2009 10:43

          Bonjour Lerma,

          Dites moi :

          En quoi les petits commerces sont ils mieux protégés ?

          Vous-même, travaillez vous le dimanche ?

          Que vous inspire le terme « Acquits sociaux », vous savez ce pourquoi nos parents, grands parents et arrières grands parents se sont battus pour que la vie ne se résume pas seulement au travail et à la consommation ?

          Laissez moi vous expliquer à quoi peut servir le temps libre.

          1°) S’occuper de sa famille, enfants et petits enfants et parents âgés.

          2°) Militer et servir dans des associations pour pallier aux manquements de l’état.

          3°) Sortir, lire, se cultiver, rencontrer les autres. N’est ce pas là des richesses ?

          4°) Faire un peu de sport pour évacuer le stress de plus en plus présent dans la société que nous concocte votre bien aimé président.

          Pour comprendre tous cela, il faut être ouvert aux autres et ne pas porter des œillères au sicle de l’UMP !

           


          • BA 18 août 2009 10:51

            Bonne surprise pour Luc Châtel  : un supermarché plein d’UMP.

            Quand Luc Châtel se met à faire du Nadine Morano, ça donne une vraie-fausse scène de rentrée au supermarché. France Inter a levé le lièvre ce mardi en racontant la coulisse de la visite du ministre de l’Education nationale à l’Intermarché de Villeneuve-le-Roi (Val-de-Marne).

            Un petit voyage de presse bien organisé par les équipes du porte-parole du gouvernement et de son homologue, Hervé Novelli, secrétaire d’Etat chargé du Commerce et de la Consommation.

            Avec force caméras et photographes, parés à faire la «  belle image  » de la rentrée dans les rayons, puisque depuis deux ans, le gouvernement tente d’imposer à la grande distribution un panier de fournitures à bas prix, pour les ménages les plus modestes.

            Mais comme l’écrit l’Express, pas facile de tenir la «  séquence  » de la rentrée. Même si, depuis le début de l’été, Luc Châtel, promis au plus bel avenir en Sarkozie, n’a cessé d’intervenir sur tous les sujets d’actualité, souvent en tant que porte-parole du gouvernement.

            Dans la version officielle, filmée par une caméra de son staff et postée sur Dailymotion, cela donne une version sage et rassurante de cette rentrée, dont le ministre de l’Education nous explique qu’elle est décidément moins cher que celle de 2008 (attention, la séquence dure plus de quatre minutes…). (Voir la vidéo)


            Problème  : un lundi 17 août, à 11 heures du matin, les supermarchés ne font pas le plein de mères de famille affairées à équiper leur progéniture. Comme le hasard fait bien les choses, le ministre tombe sur plusieurs d’entre elles… ravies de la baisse des prix constatée.

            Seulement voilà, les mères de famille en question sont aussi élues et/ou sympathisantes de l’UMP locale. Et cela n’a pas échappé à la sagacité du reporter de France Inter… (Ecouter le son)

             

            Il y a un an, à Marseille, Nadine Morano faisait la même chose.

            Cela ne vous rappelle rien  ? Il y a tout juste un an, à la fin du mois d’août, la secrétaire d’Etat à la Famille, Nadine Morano, usait du même subterfuge pour vanter les mérites de la nouvelle allocation de rentrée scolaire (ARS), dont le montant varie désormais en fonction de la classe d’âge de l’élève. (Voir la vidéo)


            De leur côté, les associations de parents d’élèves ont bien constaté une baisse du prix du panier de fournitures. Selon les Echos, la baisse atteindrait jusqu’à 8,7%. Mais Familles de France a aussi relevé que le panier «  à bas prix  » offre des articles à la qualité très relative  : cartable en carton, post-it «  recyclé  »…etc. Et un mauvais point selon cette enquête  : des prix en forte hausse (plus 24%) pour les fournitures vendues en ligne.

            Les deux ministres auront sûrement un sujet de conversation pour la rentrée. Luc Châtel, lui, est déjà passé à autre chose ce mardi  : un nouveau voyage de presse consacré à la grippe A. Avec de faux malades  ?

            http://www.rue89.com/2009/08/18/bonne-surprise-pour-luc-chatel-un-supermarche-plein-dump

             


            • Loup 18 août 2009 11:00

              Argutie. 


            • Mouloud Oulianov 18 août 2009 14:12

              Et hop, un point Godwin pour Chantecler....


            • sisyphe sisyphe 18 août 2009 16:25

              Entièrement d’accord avec Chantecler.

              Sarko et la droite, dès son élection, avaient d’ailleurs annoncé la couleur en comptant se débarrasser des acquis sociaux du Conseil National de la Résistance.

              A ce propos, ce Conseil est désormais légitimement re-né de ses cendres, et plus que jamais indispensable ; vous pouvez rejoindre ses rangs.

              A lire aussi ...

              ... et aussi

              Résistance !!!


            • sisyphe sisyphe 18 août 2009 17:11

              Pour mémoire...

              Denis Kessler, ancienne crapule gauchiste devenue crapule libérale (le genre d’éternel collabo toujours dans le sens du vent : hier gauchiste quand c’était à la mode, libéral depuis que cette idéologie est devenue toute puissante) , plus récemment numéro 2 du MEDEF, président de SCOR, membre du Conseil Economique et Social et de la Commission des Comptes de la Nation, administrateur de BNP Paribas, de Bolloré Investissement et de Dassault Aviation, a été mandaté pour nous dire sans ambages que tout est remis en cause, nos salaires, nos retraites, notre Sécurité Sociale, nos écoles, notre justice, nos hopitaux, nos services publics,......A cet effet, il a osé déclarer dans le magazine « Challenges » du 4 octobre dernier :

              "Le modèle social français est le pur produit du Conseil National de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer et le gouvernement s’y emploie....Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945 et de défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance !"

            • Loup 18 août 2009 10:52

              Quels sont les critères pertinents pour la zone touristique ?

              Comment, avec toute l’équité possible, permettre à un commerçant d’ouvrir son commerce un dimanche et empêcher son voisin de le faire ?

              Vous notez que la mesure est justifiée pour certaines zones. Est-ce à dire que vous acceptez de sacrifier les salariés à qui est imposé ce traitement du travail dominical ?

              Vous pointez les dérives possibles du travail dominical. Mais poursuoi systématiquement brandir une menace future, fondée uniquement sur la prétendue volonté de mettre à sac le droit du travail par une droite sans coeur ?

              Je suis tout à fait d’accord avec le Chat.
              A partir du moment où les règles sont claires (paiement double le dimanche), chaque enseigne décidera si son intérêt réside dans l’ouverture ou non.

              J’imagine sans peine, d’ailleurs, que c’est sur cette base uniquement que se fera la sélection, et que tout commerce ne verra pas d’intérêt à cette possibilité. Par conséquent, il est faux de prétendre que le droit du travail recule.

              Quant au problème du volontariat, il y a une bonne part de l’argumentation qui est un prétexte.
              D’une part, l’inspection du travail existe pour réguler les excès qui pourront se faire jour sur les contrats existants, d’autre part, le travail dominical n’est pas la seule contrainte qui existe, et chacun est libre de postuler, puis de faire machine arrière si la mesure est imposée.
              Après tout, il ferait beau voir que le patron ne puisse décider de ce qui lui semble être de l’intérêt de son entreprise.

              Gageons que certains chômeurs seront ravis de trouver un emploi, même assorti d’une obligation de travail le dimanche.


              • LE CHAT LE CHAT 18 août 2009 11:01

                salut le Loup ,
                oui , il est crétin de s’opposer au travail dominical par dogmatisme , c’est facile pour certains bobos ou travailleurs protégés qui n’ont pas à le faire et sont confortablement renumérés , mais il ne faut pas oublier que de nombreuses personnes comptent sur ces heures payées doubles pour boucher leur budget ! c’était également le cas des heures sup malheureusement disparues avec la crise , le seul moyen qu’aient certaines gens pour mettre du beurre dans les épinards !


              • Loup 18 août 2009 11:06

                Tout à fait, Le Chat,

                c’est comme les 35 heures, pour lesquelles le même dogmatisme considère qu’elles étaient une avancée majeure, en oubliant la mise sur la touche de milliers de salariés qui ont vu leur salaire fondre au soleil.

                Bonne mesure pour ceux qui ont les moyens de profiter de leurs congés supplémentaires pour consommer le fruit de leur travail. Pour les autres...


              • LE CHAT LE CHAT 18 août 2009 11:15

                @LOUP

                les 35h ont abouti au blocage des salaires des salariés pendant 3 ans et ont largement contribué à l’élimination du candidat Jospin , mettre des Bilderberg , qui en plus a dit que son programme n’était pas socialiste . La perte de pouvoir d’achat des 35h conjugée au renchérissement dû au passage à l’euro a complétement plombé budget des ménages les plus modestes .


              • Loup 18 août 2009 11:22

                Ma conclusion serait celle-ci :

                à une mesure imposée à tous « pour notre bien », je préfère une mesure qui me laisse un choix.


              • LE CHAT LE CHAT 18 août 2009 11:22

                C’est membre des Bilderberg , et non mettre !


              • LE CHAT LE CHAT 18 août 2009 11:35

                c’est bien le problème avec les bobos socialistes , ils sont persuadés d’agir pour le bien de tous , mais ne consultent jamais la base ....


              • Rounga Ainsi parlait Roungalashinga 18 août 2009 11:47

                c’est facile pour certains bobos ou travailleurs protégés qui n’ont pas à le faire et sont confortablement renumérés , mais il ne faut pas oublier que de nombreuses personnes comptent sur ces heures payées doubles pour boucher leur budget !

                Trouvez-vous normal que quelqu’un qui travaille en semaine ait à faire une croix sur son dimanche pour joindre les deux bouts ? Vous réfléchissez à l’envers : il faudrait que tout travailleur à temps plein puisse jouir d’un salaire décent. Votre raisonnement continue la logique de fuite en avant : quand même le travailleur dominical aura du mal à payer ses factures, après la baisse des salaires inexorablement orchestrée par nos dirigeants et le dogme de la rentabilité, que restera-t-il à faire ? Créer un huitième jour de la semaine ?

                Ainsi parlait Roungalashinga.


              • LE CHAT LE CHAT 18 août 2009 11:54

                pas seulement , l’appauvrissement vient aussi du renchérissement excessifs des loyers 15% des revenus consacrés au loyer dans les années soixante , autour de 40% aujourd’hui !


              • Loup 18 août 2009 11:56

                Ainsi parlait,

                c’est ça qui est formidable avec des mesures intelligentes, c’est qu’elles permettent à l’employeur ET au salarié d’y voir un gain dans leur rémunération.

                Le partage du travail a induit à la fois un frein sur la production et un frein sur la croissance des salaires.

                Comprendre que chacun doit trouver un intérêt dans la mesure est un premier pas indispensable car vous ne trouverez que peu de chefs d’entreprise qui accepterait d’augmenter les salaires sans contrepartie.


              • appoline appoline 18 août 2009 19:13

                @ Le Chat,

                Si les gens veulent travailler le dimanche payés double, je ne vois pas où est le problème. C’est curieux cette manière de s’exprimer aussi vertement quand on n’est pas concerné. Car l’auteur nous écrit :

                « Pour les autres secteurs d’activité, notamment les commerces, en dehors des 3 dimanche avant Noël - et même dans ces cas là- je ne vois pas l’intérêt d’ouvrir des magasins le dimanche »

                Bien, ça ne regarde que lui, quand les gens travaillent le dimanche, ils voient que le chiffre n’est pas le même sur leur fiche de paie et cela leur convient, qu’on oblige un commerçant à fermer alors qu’il veut bosser, c’est ridicule. Ceci dit certains patrons devront être mis au pas car l’inter à côté de moi se réfugier derrière le fait que cela n’était pas stipulé, d’être payé double le dimanche, sur les contrats de ses plus anciens employés. Avec ces filous oui, il faudra des garde-fous car ça va déraper et bien sûr pas à l’avantage des employés.

                Sinon à l’excès, pour ceux qui veulent la fermeture dominical, je propose de laisser des rations de survie dans les hôpitaux pour les patients car après tout, si certains voient des déséquilibres familiaux pour les uns, ça marche aussi pour les autres. Liberté, égalité, fraternité et puis après, qu’ils se démerdent.

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