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Accueil du site > Actualités > Politique > Travailler pour être pauvre

Travailler pour être pauvre

La crise financière ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt. On ne doit pas oublier que l’action du gouvernement n’a pas permis de redresser la situation économique. Ceci n’est pas seulement de son fait, mais en tant que candidat le président avait pris un certain nombre d’engagements, comme celui d’être le président du pouvoir d’achat.

Mais mon propos n’est pas celui-là, c’est celui de dire que l’action volontaire du gouvernement dans la poursuite de la libéralisation du marché est conforme aux engagements de 1994. Le gouvernement escomptait qu’en sacrifiant le public au marché cela suffise à réduire les inégalités, il escomptait que gérer l’Etat comme une entreprise en responsabilisant les membres du gouvernement assujettis à un résultat cela suffise à les rendre efficaces pour réduire la fracture sociale.

Si le président veut être fidèle à sa conception « entreprenariale » de l’Etat, il devrait licencier tous les membres de son gouvernement pour absence de résultats faute d’avoir été capable de voir venir la crise. Au lieu de cela, elle leur sert encore de prétexte pour accélérer les mesures de déréglementation du monde du travail et ne pas renoncer à son indéfectible attachement au « libéralisme capitalistique entreprenarial » dans lequel la réduction des coûts demeure la priorité pour s’ajuster à la pauvreté sociale de la compétition mondiale.

Pour l’instant, il surfe avec les instances de solidarité mises en place par la lutte des classes antérieures et il n’a pas encore les moyens de les privatiser, ce qui nous conduirait à passer d’un système de solidarité à un système d’assurance pour les plus riches et la charité pour les autres. Et c’est là mon propos, car de plus en plus de salariés et même d’artisans travaillent pour être pauvre.

En 1601, la reine d’Angleterre prend conscience que la pauvreté peut entraîner des troubles et lève un impôt spécifique pour ce faire. C’est la loi des pauvres (Old Poor Law), la loi distingue les impotents et orphelins des pauvres valides qu’elle réprime sévèrement s’ils répugnent à l’effort.

1795 : des magistrats réunis à Speenhamland, parce que l’économie anglaise se détériore, décident que pour les pauvres toutes hausses du pain doit s’accompagner d’une hausse des secours. On a là une indexation du minimum sur le coût de la vie, c’est le système Speenhamland attribué aux pauvres, ce secours versé par les paroisses incite les employeurs à ne pas rémunérer le travail à son « juste prix ».

Or, depuis trois siècles, les pays développés ont mis en place des mesures (surtout par la lutte des classes) pour qu’un travailleur puisse vivre de son travail.

Mais la remise en cause permanente de cet équilibre, par la destruction des emplois pour de nouveaux dont certains sont de moins en moins rémunérés, continue de générer un contingent de pauvres que les Etats cherchent essentiellement à masquer…

Le pauvre français a connu le RMI et va connaître le RSA. Ce RSA (Revenu de solidarité active) viendra en complément des revenus inférieurs au Smic, quelque part un Speenhamland moderne car les employeurs pourront profiter de l’aubaine pour ne pas augmenter les salaires qu’ils pourront ajuster à ceux des concurrents mondiaux et les maintenir en dehors des grilles salariales conventionnelles.

L’Insee estime à 13,2 % le nombre de citoyens qui vivent avec moins de 880 euros/mois (en 2004 11,7%) alors que le salaire médian de référence définissant le seuil de pauvreté est de 882 euros/mois.

Ces chiffres expliquent au moins que la baisse du chômage n’entraîne pas la diminution de la pauvreté, mais fabrique une autre classe de salariés actifs pauvres.

On les trouve essentiellement dans la grande distribution, l’hôtellerie, la restauration, les centres d’appels, l’agriculture, le bâtiment, mais aussi dans l’administration. Leur profil, majoritairement des femmes à temps partiel non choisi, intérimaire à la journée, CDD, contrats aidés et d’autres formes moins répandues. Selon J. Cotta (La Face cachée des temps modernes), 7 millions de salariés ont un salaire inférieur à 722 euros, au total plus de 12 millions ont moins de 843 euros.

Le comble, l’envolée spéculative dans l’immobilier oblige (avant même l’effet subprime), 3 sans-domicile fixe sur 10 ont un travail à temps complet ou partiel avec un revenu compris entre 900 et 1 300 euros/mois.

Autre comble, le surendettement est devenu une source de rapport. Des officines souvent filiales des grandes banques offrent des rachats de crédits et certaines refusent même le rachat si l’endettement est inférieur à 10 000 euros, pas rentable.

C’est ainsi qu’une nouvelle définition venant des Etats-Unis qualifie ce marché « in work poverty risks », risque de la pauvreté au travail, si bien que les coupons d’alimentations ont fait leur apparition et, en juillet 2008, 29 millions d’Américains en ont bénéficié.

A quand en France ?

Les associations humanitaires et les banques alimentaires en particulier observent une augmentation de 8 % des demandes, toutes les catégories sociales sont touchées, avec des demandes de salariés à temps plein, mais aussi des retraités.

Enfin, la pauvreté fait que 4 Français sur 10 soit 39 % ont renoncé ou retardé un soin en raison de son coût.

Tout ceci n’est pas le produit de la crise financière des subprimes, mais la conséquence d’un marché qui ne rémunère plus le travail depuis que plus personne ne l’y oblige parce que les citoyens ont abandonné la réalité des classes (même si elles se sont recomposées) pour des miroirs aux alouettes communicantes.

La reine Elisabeth avait raison : l‘augmentation constante des pauvres engendrera des troubles un jour ou l’autre. Et d’après les mesures de ce gouvernement, les riches lui demandent de continuer d’en créer en mettant notre niveau social en concurrence sur le marché mondial.

Il manque à nos gouvernants le goût de la lutte émancipatrice des peuples. Sous la République attaquée de toutes parts, l’idée de « liberté » a fait émancipation malgré quelques accros, et l’on ne peut pas dire que nos gouvernants soient les défenseurs du modèle social français ; il est vrai que ce ne sont pas les possédants capitalistes qui l’ont mis en place.


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28 réactions à cet article    


  • Barth 31 octobre 2008 14:50

    Voilà bien le plus gros scandale de notre époque : Il n’est pas suffisant d’avoir un travail pour vivre décemment.
    On ne dira pas qu’il s’agit de l’objectif ultime de la classe dominante capitaliste.
    Disons plutôt qu’ils n’ont rien à foutre des conséquences de leur propre enrichissement : voir la large augmentation de la rémunération du capital relativement à celle du travail.
    Privatiser (donner ?) les secteurs rentables des services publics et advienne que pourra de ce qui ne l’est pas.
    Déréguler encore le travail - j’entendais ce matin, sur france Inter, le remplaçant de JM Sylvestre dire que l’assouplissement du travail réglerait le problème de la croisssance - puis poursuivre les baisses d’impôt pour effectivement remplacer la solidarité par la charité : on organise maintenant les championnats du monde de la charité ! Les mieux classés sont le plus souvent ceux qui ont fortement contribué à cette crise (W. Buffet, par exemple). Voilà une charité qui va coûter chère à tous les habitants de la planète.
    Aux nombreux organismes qui me sollicitent comme vous tous certainement, je dis :
    1 - Je donne aux ONG qui agissent exclusivement hors de France.
    2 - Aux franco-français, je dis que je vote et que je paye mes impôts et je ne donne pas !


    • ddacoudre ddacoudre 31 octobre 2008 23:49

      Bonjour barth.

      Durant de nombreuses années le communisme français comptait sur la paupérisation du monde du travail pour accéder au pouvoir. Malheureusement cette stratégie fut vouée à l’échec car elle c’est déroulée durant les trente glorieuses.

      Si ce n’était pas dramatique pour ceux qui vivent dans la difficulté, ce serait drôle de constater que depuis la chute du mur de Berlin, le système libéral capitalistique et entrain de fabriquer la paupérisation tant souhaitée par les communistes.

       

      En 1995 Bill Gate mettait en garde les détenteurs du pouvoir économique réuni à Davos contre le risque de voir se « redévelopper » un nouvel anticapitalisme s’ils ne modéraient pas leur politique.

       

      C’est ce qui arrive avec le renouveau de l’ancienne parti des travailleurs qui se refonde dans un parti anticapitaliste, pour représenter une opposition, et également avec la lutte de tendance qu’il y a dans le PS pour essayer de revenir à des valeurs qu’ils disent de gauche avec la candidature d’Aubry.

       

      Pour ma part nous sommes entrés dans une évolution inexorable où la puissance économique tirée de la production capitaliste va glisser de l’autre côté du pacifique, si nous ne savons pas trouver d’autres activités sources de richesse en dehors de celles qui font le lit du capitalisme, la pauvreté ne fera que croître qui que ce soit qui gouverne. Il faut une autre manière de penser l’économie que celle basé sur le capitalisme ou l’anticapitalisme. Et pour l’instant à l’exception de ceux qui prônent la décroissance sélective je n’en connais pas d’autre.

       

      Merci pour ton commentaire cordialement.


    • fredleborgne fredleborgne 31 octobre 2008 15:44

      Pour se convaincre de cette précarité, il suffit de lire les petites annonces de l’ANPE.

      Smic quasi systématique, y compris pour de jeunes diplomés Bac plus 2. Horaires à la con souvent.

      En plus, peu de nouvelles annonces chaque jour et le travail intérimèraire a énormément baissé depuis quelques mois.

      Merci qui ?


      • ddacoudre ddacoudre 1er novembre 2008 00:00

        bonjour fredleborgne

        tout à fait !

        cordialement.


      • Gabriel Gabriel 31 octobre 2008 16:13
        Bonjour,
         
        Je pense que la paupérisation des travailleurs est un choix de société. A ce jour, nous savons tous que seul le capital et la spéculation sont encouragés voir adulés. Les grandes questions sont relativement simples
         
        1°) l’homme doit-il être au service de la finance ou la finance au service de l’homme ? 
        2°) Le travail doit-il être la valeur prioritaire en terme de récompense ?
         
        En ce qui me concerne, les réponses ne font aucun doute.
        Aussi pour redonner de la valeur au travail nous pourrions commencer par quelques règles :
         
        1°) Le partage des bénéfices = 1/3 au patron, 1/3 aux ouvriers et 1/3 aux actionnaires
        2°) Allègement de 30% des charges patronales = 10% pour le patron 20% sur les salaires.
        3°) Taxe de 0,1% sur toutes les transactions boursières pour les caisses de retraites
        4°) Privilégier l’emploi de moins de 25 ans par de départ en préretraite à partir de 57 ans.
        5°) Etc.…
         
        Ce ne sont pas les solutions qui manquent mais je reste persuadé, comme je l’écrivais plus haut, que cela est un choix de société. Je ne crois pas qu’il ni a pas d’argent. Il y a un cinquantaine d’année ou pour produire 100 il fallait 50, aujourd’hui avec la technologie pour produire 100 il faut 5. Nous n’avons jamais été aussi riche. Malheureusement l’argent est distribué à une minorité. Encore une fois le choix de société !!!
         

        • ddacoudre ddacoudre 1er novembre 2008 00:53

          Bonjour gabriel.

           

          Certainement nous n’avons jamais été aussi riche, et il n’y a pas dans l’histoire humaine de situation semblable. Dans un commentaire sur la fabrication et la circulation de la monnaie Michel 34 explique bien comment le mécanisme d’endettement conduit à la concentration de la richesse vers des oligarchies, et ne pas confondre et création de monnaie par l’endettement et émission de monnaie.

           

           

          Il n’y a pas de société égalitaire toute société génère ses stratifications où chacun occupe une place en fonction de l’histoire de son milieu sociologique et de ses aptitudes dans le du cadre de la société.

           

          Mais le fait que chacun se position de la première à la dernière place, n’emporte pas de fabriquer des pauvres. S’il y a des pauvres c’est d’une part que la richesse sur laquelle nous nous appuyons n’est pas extensible à l’infini et nous oblige donc à une répartition inégalitaire c’est ce que l’on observe dans le mode.

           

          Mais chez nous conscient de cela nous avons mis en place des systèmes de solidarité pour compenser l’inégalité fruit de la compétition. De ce fait il y aura toujours un dernier et puisque nous nous prévalons en tant qu’humain au dessus de l’animalité de la « civilité », ce dernier a le droit d’être reconnu comme notre semblable, et ne doit donc pas dépendre de la charité qui est infériorisant.

           

          Or ce n’est plus dans cet esprit que nous nous éduquons, car l’ignorance et l’abêtissement font croire que si quelqu’un est dernier c’est de sa faute et qu’il doit donc en supporter les conséquences. Là aussi nous sommes dans un choix de société et il est observable de convenir que durant la période des luttes de classe la plupart des ouvriers n’étaient guère instruits, mais ils avaient l’intelligence du bon sens qui n’était pas soumis au matraquage médiatique de la pensée unique. Celle qui fait qu’aujourd’hui nous avons des générations de gens instruits professionnellement, mais avec une conscience politique et citoyenne des plus restreinte, muselée par l’endettement et la peur au ventre causée par le taux de chômage.

           

          Comme tu l’indiques il peut être fait des choix de répartition différent et comme tu l’écris restituer aux salariés la part de richesse qu’ils ont contribué à créer nous aurait évité cette crise.

           

          Cordialement.


        • Gabriel Gabriel 3 novembre 2008 09:26
          Bonjour Ddacoudre,

          Hélas, impuissants, nous ne pouvons que faire le constat des dégâts causé par la pensé unique relayée par les divers médias. Une télévision abrutissante et hypnotique à suffit en quelques décennies a scléroser la pensée de la plupart de nos concitoyens. Pour preuve, la majorité est convaincue que l’état est en faillite. 
          Le problème, c’est que tous cela va bientôt échapper aux marionnettistes. Quand les gens ont tous perdus, ils n’ont plus rien à perdre ! C’est ainsi que naissent les révolutions et malheureusement elles se déroulent toujours dans le sang. Je suis très pessimiste pour les 10 à 20 ans à venir (et je crois que c’est un maximum). Je pense que notre avenir est dans les livres d’histoires, qu’il suffit de les lire à l’envers. Mais pire encore, devant le gâchis, l’incompétence et l’aveuglement des dirigeants, nous allons au devant d’une catastrophe écologique majeure à coté de laquelle la crise financière ne sera qu’une farce ! Et celle ci ne pourra pas se régler avec de la monnaie de singe. Le plus triste c’est que justement nos dirigeants refusent de comprendre l’importance de cette crise écologique, que nous pourrions en tirer un profit collectif par un changement économique basé la priorité d’une production des biens d’équipements et de consommation courante propre qui serait générateur de milliers d’emplois.

        • Loïc Decrauze Loïc Decrauze 1er novembre 2008 11:07

          Pourquoi pas... mais tout cela n’est-il pas totalement dépassé par la débâcle qui s’annonce. Et certaines des mesures annoncées ne préfigurent-elles pas, à moyen terme, des subprimes à la française ? Comme un baume au moral...


          • ddacoudre ddacoudre 1er novembre 2008 18:35

            Bonjour Loïc

            Je crois aussi que nous risquons une débâcle, d’ailleurs j’ai lu dans un article que l’Amérique s’était préparé à cette éventualité.

            Je pense que le traitement mis en place parle gouvernement et les mesures d’accompagnements vont accentuer les difficultés dans la continuité de ce qui se déroulait déjà.

            Que le gouvernement est réagit et s’active c’est bien, mais il veut apporter une solution aux difficultés en pensant que le "marché", qui les a créé les solutionnera. Il vient un moment ou la puissance publique doit jouer son rôle sauf que depuis quelle a confié les décisions économiquement au seul marché, elle s’est privé des moyens d’une intervention politique. En clair la puissance publique ne peut plus faire d’émission de monnaie et doit emprunter sur le marché. Chacun sait que celui qui détient l’argent détient le pouvoir.


            Quand à la surveillance de l’affectation des fonds par les banques le président rêve, et son discours n’est qu’un discours populiste pour satisfaire la population, et relève des meilleures époques du totalitarisme. Il est toujours dans le paradoxe de cette société qui se dit libérale mais qui est de plus en plus répressive parce que l’appât du gain et source de tous les "vices" et malversations, ce qui n’est pas une nouveauté.

            Jean marie Albertini (un économiste) disait que l’économie n’avait pas besoin de morale mais du vice des hommes, et il considérait que la rareté était la meilleure chose pour pousser les hommes à l’action.
            Si c’était vrai il n’y aurait plus de pauvre, car ils auraient assez de courage pour aller prendre l’argent chez les oligarchies qui le détiennent.

            L’intervention de l’état est une intervention libérale, le gouvernement ne réagit pas comme une puissance publique, mais comme un garant de la loi du marché. Et je suis bien d’accord avec toi, Bush en voulant faire jouer un rôle social au marché plutôt qu’à son gouvernement a préparé la crise des subprimes, car les banques ont essayé de faire de l’argent avec la misère.

            Et j’ai bien peur comme tu le dis que les banques essaient de faire de l’argent avec les mesures gouvernementales. Je pense que face à cette crise l’état aurait du retrouver son pouvoir régalien et mettre les structures adéquates pour conditionner son aide et palier les insuffisances du marché en faisant régler la note à ceux qui en sont responsables. Mais cela pose un problème idéologique insoluble, et ne peut venir de ceux qui sont les dogmatiques du marché.

            Cordialement.


          • zarathoustra zarathoustra 1er novembre 2008 11:44

            Bien chere MR DDACOUDRE ,je ne crois pas que les gouvernements qui se sont suxédés depuis plus de 30 ans et meme avant n’est étés la pour faire le bonheur des gens non je ne le crois vraiment pas .Ci vous regardez bien, meme la révolution francaise na pas servi ceux qu’y l’ont faite bien au contraire ce fut l’empire et la guerre les bourgeois viderent la france de sa populace en l’envoyant guérroyer tout azimute et je ne parle meme pas de la commune de paris et du massacre perpétré par des troupes teutone a la demande expresse des bougeois qui dirrige aujourd’hui encore cette belle france qui est devenu 107 eme état de la voyoucratie américaine ! Triste constat s’il en est .


            • ddacoudre ddacoudre 1er novembre 2008 18:49

              bonjour zarathoustra.

              je ne pense pas non plus que les gouvernements soient là pour faire le bonheur des hommes.

              c’est aux hommes eux mêmes d’avoir une idée du type de société qu’ils veulent et quelle éthique ils sont prêt d’accepter pour que de leurs comportements surgissent les règles qui les conduiront.
              En conséquence de cela, dans une société démocratique par délégation comme la notre, ils éliront des représentants qui leur ressemblent.

              Et force est de constater que depuis toujours c’est un type de classe caractéristique qui se fait élire.

              La complexité de nos intrications fait qu’il devient de plus en plus difficile de faire des choix éclairés alors que la guerre de la communication manipulatrice n’a jamais été aussi performante et sournoise.

              cordialement.


            • appoline appoline 2 novembre 2008 13:03

              Les gouvernements sont dans l’erreur depuis des années, mais ceci n’est-il pas voulu de toutes pièces ? Nous avons des arrivistes-nombrilistes au pouvoir, vérolés par la corruption, menotés par leurs diverses dépendances. Ces gens qui nous gouvernent se foutent comme de leur dernière chemise de la "masse" qui pourtant les fait vivre. Le jour où elle descendra dans la rue, au moment de caillasser, j’espère simplement qu’elle ne se trompera pas de cible.


            • Bof 1er novembre 2008 11:47

              Nous sommes en mondialisation ! Voté par les Français . Il est temps alors d’en conclure avec l’ Egalité.
              Il est grand temps. Pourquoi aurions nous tout et les autres rien ?

              Alors, travaillons pour aider les autres !

              Ce n’est pas une leçon, pas un conseil non plus MAIS une déduction simple et logique de la mondialisation.

              Car... "Pendant ce temps, le monde sem meurt ’’.


              • ddacoudre ddacoudre 1er novembre 2008 19:10

                Bonjour Bof

                la mondialisation a toujours existé, seulement les moyens de circulation ont accru la facilité avec laquelle nous nous déplaçons les uns chez les autres et la rapidité de la communication par onde rend quasiment instantané l’es échanges immatériels.

                Ceci dit les relations internationales sont une guerre larvée pour se répartir la production de biens et les richesses minières ainsi que les suprématies technologiques et aujourd’hui source d’exploitation d’une main d’oeuvre bon marché.

                Si la croissance basée sur la production de biens trouvera un terme, la rareté cause de nombreuses sources de conflits et a entraîné l’effondrement des civilisations qui se sont succédés. C’est ce qui est entrain de se produire avec l’occident. Il nous appartient d’apporter une solution mais elle ne passe pas par la paupérisation de la population comme cela est entrain de se produire pour rester dogmatiquement dans un capitalisme hégémonique.

                Il peut être fait autrement, mais cela ne se décrète pas, ce sont les crises et les conflits successifs qui en feront émerger les tendances.

                Cordialement.


              • JL JL 1er novembre 2008 18:13

                Bonjour, comment ne pas être d’accord avec cet article ?

                Ceci peut-être, vous dites : ""Le gouvernement escomptait qu’en sacrifiant le public au marché cela suffise à réduire les inégalités"".

                ILs ont sacrifié le public au marché, comme on sacrifie une aile de la maison pour faire "la part du feu".

                Je ne crois pas un instant que le gvt de l’époque espérait une telle chose. Les promesses n’engagent que ceux qui y croient, et l’art des politiques aujourd’hui consiste seulement à trouver et porter un discours qui sera reçu par les masses.

                Ainsi, tels Sarkozy et Bayrou pour ne citer qu’eux, qui ne jurent que par la relance de l’offre.

                La politique de l’offre s’adresse à des consommateurs qui ont déjà tout et qui par définition sont solvables alors que la politique de la demande s’adresse à des gens qui n’ont rien ou peu et qui par définition sont peu solvables. Il est clair que pour cette raison, la première est beaucoup plus lucrative et intéresse davantage les actionnaires que la seconde. Il est clair aussi que la première est aux inégalités ce que poule est à l’œuf. Enfin il est tout aussi évident que c’est cette politique qui conduit au gaspillage et à la pollution pendant que la misère continue de faire des ravages.

                Exemple de produits absurdes que génère la politique de l’offre : les OGM, les produits financiers, la dernière console Hi Tech qui rend obsolète celle que l’on a acheté quelques mois avant ….

                Je n’ai pour ma part, et depuis longtemps, constaté que des mesures en faveur de la politique de l’offre. Le résultat en est que la part de la rémunération du travail a baissé de 15% pendant que la rémunération du capital augmentait de 33% .
                Autrement dit, si globalement avec la croissance, le pouvoir d’achat du travail a stagné, en revanche celui du capital a augmenté de 50%. Ceci explique pourquoi ils s’agitent en criant croissance, croissance comme des cabris. S’il n’y avait pas de croissance, ce hold-up serait impossible, les travailleurs ne le supporteraient pas.


                • Fergus fergus 1er novembre 2008 18:59

                  Globalement d’accord, JL, à ce détail près que les produits financiers se sont dissociés de la politique de l’offre pour s’apparenter désormais beaucoup plus à des jeux de casino vers lesquelles même nos polytechniciens courent pour s’enrichir avec leurs martingales miraculeuse. On est bien loin du monde des travailleurs et du financement des investissements de leurs employeurs ! 


                • JL JL 1er novembre 2008 19:11

                  @ Fergus, oui, je voulais seulement souligner que les produits financiers sophistiqués s’adressent à des gens qui ne savent plus quoi faire de leur argent tellement ils en ont et qui sont blasés de tous ces gadgets que la pub s’évertue à leur fourguer.


                • ddacoudre ddacoudre 1er novembre 2008 21:34

                  Bonjour JL

                  Si je demeure convaincu de la nécessité de laisser les individus entreprendre, même de leur confier des buts d’intérêt public, c’est autre cosaque de faire de l’existence une source d’investissement financier.

                  Que chacun agisse dans son intérêt conformément à sa condition biologique ne signifie pas que nous soyons incapable de développer une société d’équité. Lorsque se sont entreprise les négociations sur l’organisation mondiale du commerce, une idée régulatrice est devenu une raison dogmatique dans le rapport de force avec les states.

                  Si les individus sont libre d’entreprendre cela ne signifie pas que ceux qui entreprennent dictent leurs lois dans la mesure ou ils ont besoin la plupart du temps de l’aide des autres pour arriver à leur fin. Des autres à deux titres, un pour produire les biens et services sur lesquels ils escomptent préserver leur intérêt individuel, et deux, des autres pour consommer leurs productions. Et il faudrait que les autres la "ferme" et soit comme à l’époque féodale en servitude permanente.

                  C’est autres disposent de la possibilité de s’organiser en opposition civile ou publique pour défendre leurs intérêts individuels et je n’ai pas connaissance que les oligarchies possédantes aient favorisé l’émancipation de ceux qui demeurent essentiel à leur enrichissement.

                  Il me parait donc bien normal que ces derniers trouvent dans l’intervention de la puissance publique qui n’est que leur émanation démocratique l’équité que ne sont pas en mesure de leur donner les possédants, et qu’elle favorise les développements indispensables qui ne sont pas « marchandisables ».

                  Reconnaître que tout à un coût n’est pas dire que tout est « marchandisable » est doit être soumis à exploitation lucrative sur un marché dont le seul souci est le rapport financier. Si le libre marché est la base de l’idéologie libérale, certains de ses tenant l’ont dogmatisé au point de le rendre hégémonique.

                  Il faut tirer la leçon de cette crise qui mais un terme au dogme libéral de la loi du marché salvatrice, comme le mur de Berlin à mis un terme au dogme destructeur du "communisme" salvateur version soviétique.

                  Comme tu le dis le marché ne s’intéresse qu’à l’offre solvable, alors à la puissance publique de favoriser la demande insolvable, et dans un pays civilisé ceci n’est pas une injustice que l’état fasse ce que ne peut faire le marché.

                  cordialement.




                • Adrian Adrian 1er novembre 2008 22:08

                  "Comme tu le dis le marché ne s’intéresse qu’à l’offre solvable, alors à la puissance publique de favoriser la demande insolvable, et dans un pays civilisé ceci n’est pas une injustice que l’état fasse ce que ne peut faire le marché."

                  Ca rapelle bizarrement Freddie mac et Fannie mae.


                • ddacoudre ddacoudre 2 novembre 2008 00:15

                  bonjour adrian

                  éclaire moi je ne connais ni l’un ni l’autres.

                  cordialement.


                • JL JL 2 novembre 2008 11:03

                  Fanny Mae et Freddy Mac sont ces deux organismes de rédits à l’origine de subprimes. Adrian veut dire que s’intéresser à la demande insolvable est une mauvaise chose.

                  Le marché qui s’intéresse à la demande insolvable le fait au travers de la politique de l’offre, à savoir, permettre à ceux qui n’en ont pas les moyens, de se procurer des biens en leur offrant un moyen, à savoir des crédits adaptés dans une situation d’inflation qui n’en est pas une.

                  La politique de la demande, c’es le keynesianislme, je n’ai pas besoin de la décrire.


                • JL JL 2 novembre 2008 13:54

                  Précisons tout de même pour les mal comprenant : si le marché s’intéresse à la demande non solvable c’est tout simplement parce que si vous n’avez pas d’argent aujourd’hui, votre argent de demain l’intéresse aussi. TOUT l’argent l’intéresse !


                • ddacoudre ddacoudre 2 novembre 2008 20:42

                  bonjour JL

                  merci pour la précision mais sur le moment je n’avais pas fait le rapprochement.

                  Concernant le crédit permettant l’accés à des biens pour lesquels il faut disposer d’un capital conséquent que ne peut donner sa seule épargne dans l’instant , ce fut une bonne chose.
                  ce fut un changement de mode de vie qui nous a conduit dans le consumérisme et tout doucement vers la conception de l’enrichissement rapide par le jeux en bourse.

                  c’est une chaîne exponentielle qui ne peut que se réajuster à un moment ou un autres, soit par la raison (ce qui est rarement le cas) soit par les crises.

                  cordialement.


                • Bof 2 novembre 2008 18:20

                  Vous écrivez : " Si le président veut être fidèle à sa conception « entreprenariale » de l’Etat, il devrait licencier tous les membres de son gouvernement pour absence de résultats faute d’avoir été capable de voir venir la crise. Au lieu de cela, elle leur sert encore de prétexte pour accélérer les mesures de déréglementation du monde du travail et ne pas renoncer à son indéfectible attachement au « libéralisme capitalistique entreprenarial » dans lequel la réduction des coûts demeure la priorité pour s’ajuster à la pauvreté sociale de la compétition mondiale." MAIS ? alors..... OUI . Dans votre phrase, je pense qu’il faudrait écrire au lieu de "devrait" ..." IL DOIT "licencier tous les membres de son gouvernement pour absence de résultats en plus de nos députés, nos sénateurs, nos conseils Généraux, nos sous-préfectures et préfectures et mettre un prefet à la tête des conseils Régionaux.

                   Ainsi nous aurions, l’ Europe, puisque nous avons voté pour, puis un Président de la République et son staf, un préfet avec sa région, une communauté de commune et enfin un comité des fêtes pour les quartiers de ville et les villages. Notre pays est ruiné. Monsieur Hollande a eu le courage de nous l’annoncer avant les élections présidentielles. Il serait grand temps d’en prendre acte et de virer tous ces êtres qui sont chargés de gérer la fortune de la France. Nous n’allons pas attendre d’être au bord du gouffre quand même. Nous avons déjà la pauvre Hongrie qui a été ruinée par ses responsables...incompétents . Un exemple devant nos yeux et bien triste.


                  • ddacoudre ddacoudre 2 novembre 2008 21:27

                    Bonjour bof

                    je pense que notre président n’est pas un dictateur, même s’il est parfois proche de l’autoritarisme. Il ’a donc que le pouvoir de changer de gouvernement et pas celui de virer les membres élus.

                    Je suis trop conscient que la vie fonctionne sur le mode échec avec les drames que cela génère au passage pour être intransigeant et croire qu’un homme seul peut apporter une solution aux problèmes de ce monde.

                    Si les citoyens étaient moins à la recherche de l’homme providentiel ils prendraient leur destin en main en se rapprochant des instances démocratiques où ils ont leur mot à dire. mais comme on ne leur demande que de bosser, de consommer, de se distraire et occasionnellement de voter pour ceux entre les mains de qui ils vont confier leur destin, il leur devient difficile de penser qu’ils ont le pouvoir d’inverser le cours des évènement plutôt que de les subir.

                    Bien que je ne trouve pas cette situation anormale puisqu’elle est le produit d’une espérance hédoniste très humaine où le moindre effort fait parti intégrante des comportements attachés à la biologie du vivant qui est économe d’énergie, (l’inverse demande un effort contraint).

                    Alors que devenir un citoyen accompli demande un effort d’éducation qui peut être réalisé n’importe quand pour saisir la complexité du monde sans devenir un spécialiste, et nous éloigne donc de la recherche de l’homme providentiel sur laquelle nous surfons.

                    En se qui concerne la ruine d’un pays il y a la conception capitalistique à laquelle tu te réfères et à laquelle nous nous référons tous pour en parler, c’est a dire quand l’endettement est tel que l’Etat est devenu insolvable. Ce n’est qu’une conception analogique de la faillite d’entreprise, or l’Etat n’est pas une entreprise et peut à tout moment sortir de la règle du jeu convenu, si son "économie" réelle lui en donne les moyens, sinon elle se fait imposer la loi par les autres.

                     

                    La France en 1789 envers et contre tous et sorti de la loi commune. Il y a donc toujours une solution, elle dépend de l’effort que l’on veut consentir.

                    Cordialement.


                  • herodote herodote 2 novembre 2008 18:39

                    Bonjour à toutes et tous,

                    Débat très interressant, plein d’idées très justes et pertinentes

                    mais à mon avis

                    je cite : " l’action du gouvernement n’a pas permis de redresser la situation économique"

                    il serait plus juste de dire : "l’action du gouvernement permet de préserver, sauvegarder et renforcer( peut-être....) l’emprise du capital sur tous les domaines de la vie publique et privée"

                    les pouvoirs (exécutif, législatif, juridique, sans oublier bien sûr le quatrième......) sont au service du capital, qui peut aujourd’hui contester le fait que nous sommes à ce stade que Marx décrivait comme le "stade suprême du capitalisme"
                    la seule chose sur laquel nous pouvons lui disputer c’est que dans son esprit c’était le "stade suprême" et que derrière la seule issue était le socialisme puis le communisme (il ne dit pas non plus, à ma connaissance, combien de temps cela peut durer)

                    cordialement





                     


                    • ddacoudre ddacoudre 2 novembre 2008 21:46

                      Cordialement.

                       

                      Bonjour Hérodote

                      Le capitalisme s’appuie sur des comportements humains basiques et quelque part il ressort toujours de ses cendres présumées mais pas toujours dans les pays où il y a épuisé ses cycles.

                      Le capitalisme ne disparaîtra qu’avec la disparition d’un des éléments qui le nourrissent, une nouvelle éthique, la suppression du salariat ou une modification de la comptabilisation de la richesse.

                      Pour le moment il glisse de l’occident vers l’orient est n’est pas à l’orée de sa mort, même si nous, nous mourrons de son départ faute d’avoir su le remplacer ou le modifier.

                      Cordialement.


                    • chmoll chmoll 3 novembre 2008 09:10

                      une rectif

                      d’après (le meilleur baromètre) le secours catho,popu ,armée de salut,resto du coeur,ect ect

                      de la pauvreté s’pays est passé au statut de la misère ces derniers mois

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