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Trois leaders face au corps social français

L’énergie, la résistance, l’excellence en matière de communication des trois leaders désignés lors du premier tour sont impressionnantes.

Quelle force ! quelle conviction sur sa capacité à l’emporter ne faut-il pas avoir pour aller jusqu’au bout du marathon politique que constitue l’élection présidentielle !

Dans un singulier combat, Nicolas Sarkozy s’est battu avec la dernière énergie pour échapper à l’étouffement organisé par son mentor, le président actuel et ses affidés. Il lui a fallu pas moins de quatre années et la pression des échéances pour obtenir de Jacques Chirac qu’il dépose les armes.

Ségolène Royal quant à elle n’a eu besoin que de moins d’une année pour défaire les éléphants de son parti avec le brio que tous à gauche comme à droite ont admiré. Etait-elle plus brillante ou plus puissante ? Ou alors étaient-ce ses contradicteurs qui étaient moins solides ?

Quand à François Bayrou, il a choisi une voie solitaire, affrontant les élus de son propre parti et ses alliés du gouvernement de droite, votant la censure avec la gauche, menaçant d’exclure G. de Robien, ne craignant pas de perdre le soutien de 2/3 des députés UDF et d’être lui-même potentiellement exclu de l’UDF - sigle qui appartient à un député de l’UMP ! - pour se retrouver à la tête d’un parti démocrate encore dans les limbes.

Nos trois valeureux chevaliers ont fait le spectacle : tous trois sur le podium, ils ont bien mérité les 85 % de participation dont les Français les ont gratifiés au premier tour de l’élection présidentielle.

Nos trois leaders partagent avec un(e) sportif(ve) de très haut niveau un « ego » démesuré et désarmant, une foi incroyable dans leur propre légitimité et leur capacité à atteindre leurs objectifs. De ce point de vue, la compétition présidentielle a bien joué son rôle en « faisant monter » les plus capables devant les Français.

Aggravée par des tics et des paroles malheureuses, la perception de cet ego conduit des polémistes à souligner les tendances autoritaires de Nicolas Sarkozy, le risque que son comportement ferait conduire à la démocratie. Peut-être...

Mais on peut en dire autant de son adversaire Ségolène Royal : ceux qui l’ont côtoyée en Poitou-Charentes ont témoigné plusieurs fois de son autoritarisme, de son refus de la contradiction. Ces dernières semaines, c’étaient ses plus proches collaborateurs qui apprenaient la substance de son propos quelques minutes avant un discours, quand ce n’était pas après, par la presse.

François Bayrou n’est pas différent, la voie solitaire, quasi gaullienne, qu’il a choisie ne manque pas de grandeur. Il s’y est engagé par une suite de diktats et d’abandons de ses propres amis.

Chacun de nos trois leaders ferait ainsi un excellent dictateur.

Mais alors, comment se fait-il que notre processus électif ultraconcurrentiel fasse monter sur le podium trois politiques dont les personnalités - ego, orgueil, raideur - soient aussi proches les unes des autres ?

Ce ne peut être un hasard quand plus de trente millions de Français ont voté pour eux.

La seule interprétation que l’on peut faire de ce fait est que c’est ce que veulent les Français.

Le jacobinisme ambiant serait-il un avatar de la monarchie ? Nous serions mal guéris de nos monarchies passées, de Louis XIV à de Gaulle, en passant par Napoléon, le général Boulanger et Philippe Pétain ? Des graines semées par l’aristocratie ont germé des pousses dont les fruits sont notre haute fonction publique, vivier de gouvernants jacobins de gauche comme de droite.

Pendant des mois, nos trois leaders ont répondu aux demandes nombreuses et extraordinairement diverses du corps social. Beaucoup d’entre nous, français, sommes tenus par la conviction que la solution de notre problème est au plus haut niveau, et non pas près de nous. Ceci explique que notre corps social est un terrain fertile sur lequel un autoritarisme de gauche ou de droite peut se développe entre deux révolutions.

Giscard a laissé filer la dette. Mitterrand a déséquilibré l’économie, puis l’a rétablie avec la politique de droite menée par Mitterrand 2. Chirac s’est fait élire deux fois sur deux mensonges. Les Français veulent maintenant un gouvernement qui fasse ce qu’il dit.

Je veux croire que nos deux candidats à la présidentielle sont décidés à s’assumer. Toutefois, pour avoir des dirigeants qui s’assument, chacun de nous, humble citoyen, doit s’assumer. On ne peut pas se plaindre de relations sociales détestables et ne pas prendre de carte syndicale. On ne peut pas critiquer l’autoritarisme si l’on ne participe à la vie démocratique qu’une fois tous les cinq ans. On ne peut pas fustiger les dépenses des communes si on attend de son maire la solution aux déjections canines sur les trottoirs.

L’engagement social n’est ni de droite ni de gauche. Il est le terreau du civisme, indispensable pour cesser d’en appeler encore et toujours à l’Etat . Il est incontournable pour parvenir à la démocratie apaisée que certains candidats appellent de leurs vœux. Le dirigeant que nous aurons choisi appliquera la politique pour laquelle nous l’aurons élu si nous l’exigeons de lui : il y aura donc du travail pour les citoyens après le 6 mai.

Mais alors, pour qui voter au second tour ?

Selon la sensibilité de chacun, on fera un choix de conviction, ou un choix raisonné.

Choix de conviction : c’est la foi du charbonnier. Je crois à celui qui veut rétablir l’ordre et remettre les gens au travail : « la France on l’aime ou on la quitte ». Ou je crois à celle qui veut réconcilier les Français avec eux-mêmes - « je serai une bonne présidente parce que je suis mère ».

Choix rationnel : comme il n’y a qu’un programme explicite, celui de Nicolas Sarkozy, le choix est facile à formuler. C’est « pour » ou « contre ».

Quel qu’en soit le résultat, souhaitons que notre futur(e) président(e) ne se laissera pas prendre par l’ivresse du pouvoir comme ses prédécesseurs. Ce sera à nous, citoyens, de le leur rappeler régulièrement. A partir du 7 mai.


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5 réactions à cet article    


  • Blablabla 4 mai 2007 07:06

    @ l’auteur

    Comme dans de nombreux sports, la coupe décernée au vainqueur est remise en cause dès le lendemain par de nouvelles équipes ou challengers, lesquels, passés à coté de la victoire, se mettent au travail avec encore plus d’obstination.

    A l’instant T, « on » a été meilleur. Mais sur la durée, c’est moins évident. Confirmer ce gain, c’est montrer son courage dans l’effort et son mental de gagnant.

    Reste que le sport politique est un sport d’équipe, et que le beau jeu ne suffit pas toujours pour être le meilleur.

    Dont acte.


    • jps jps 4 mai 2007 13:08

      blablabla vous avez raison hélas parfois le beau jeu n’est pas suffisant alors : http://poly-tics.over-blog.com/


    • jack mandon jack mandon 4 mai 2007 11:53

      Enfin un article courtois et objectif ! Merci

      Et voilà, tout devient bien peu de chose 48 h après ce fameux débat tant attendu.

      Allez jusqu’au bout de vos investigations, écoutez les spécialistes objectifs et vous comprendrez, qu’entre S.R. et N.S. Il n’y a pas de gagnant et de perdant.

      En revanche, ce qui a été écorné, une fois de plus, c’est la sincérité et un fond de vérité.

      Ce moment politique a été l’occasion, pour beaucoup d’entre nous, de libérer les griefs, les peurs, les passions antagonistes. Sur la personnalité et la prestation de l’un et de l’autre des intervenants, on projette sa hargne ou son admiration.

      Cependant, les héros sont fatigués et ne méritent pas autant de vagues, d’enthousiasme et de colère.

      Deux camps, deux manières de gouverner veulent à tout prix exister, mais si l’on creuse un peu, tout cela est bien artificiel.

      En revanche, ce qui est nouveau, c’est que près de 20% d’électeurs ont compris qu’avec les deux adversaires, S.R. et N.S. on pouvait obtenir une seule personne compétente et l’appeler F.B.

      Le seul dilemme, ils sont toujours et encore désespérément deux.


      • prgrokrouk 6 mai 2007 13:58

        AgoraVox n’est pas un espace d’expression démocratique. C’est une maison de (pré)retraite où se bousculent des planqués et des fonctionnaires. Un tas d’incapables à la recherche de consécrations narcissiques se bousculent pour leurs CACAs éditoriaux. Des posts DRAMATIQUES à quoi il faut ajouter bien des notations SOURNOISES, ajoutent à ce RIDICULE.


        • Jean Bourdariat Jean Bourdariat 6 mai 2007 22:51

          Cher lecteur Prgrokrouk, Il semble surprenant que vous consacriez autant de temps à lire des « cacas éditoriaux ». Certes, il n’est pas certain que tous les rédacteurs d’Agoravox entreront à l’Académie Française. Rien ne vous oblige à lire les contributions des rédacteurs, ni à faire des commentaires blessants et gratuits que facilitent notre votre anonymat.

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