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Accueil du site > Actualités > Politique > Trump : vers une « Convention contestée » ?

Trump : vers une « Convention contestée » ?

Donald Trump domine très largement la concurrence dans son camp, et vu de France, il semble avoir un boulevard devant lui pour obtenir l’investiture du Parti Républicain. Les choses ne sont pourtant pas si simples qu’il y paraît, et c’est une « Convention contestée » qui pourrait se tenir en juillet à Cleveland (Ohio)...

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Photo CBS News

Pour les Français que nous sommes, le système des Primaires américaines semble pour le moins complexe. Et de fait il l’est, avec ses scrutins par État qui ne prennent pas tous la même forme et ne désignent pas tous des délégués en proportion du résultat de chaque candidat. Ici l’on organise des votes traditionnels ; là des « caucus » dans des assemblées locales où l’on vote parfois à main levée. Ici, le nombre de délégués est proportionnel au résultat obtenu dans l’État ; là le candidat arrivé en tête rafle la totalité des délégués.

Qu’à cela ne tienne, les électeurs américains s’y retrouvent et ne semblent pas décontenancés par un système en apparence confus, et même inéquitable*. C’est le cas des électeurs républicains, ces partisans du « Grand Old Party  » (GOP) d’Abraham Lincoln** qui rêvent de reprendre la Maison Blanche aux démocrates pour enfoncer le clou du libéralisme et détricoter les rares, et pourtant bien timides, avancées sociales du double mandat d’Obama. Eu égard à la contestation de l’action du président sortant et à la personnalité controversée d’Hillary Clinton, cela semblait devoir être une formalité.

Or, voilà que dans une société de plus en plus déboussolée, et de plus en plus défiante à l’égard des élites, ce n’est pas un candidat républicain bon teint issu de l’« establishment » – du genre Jeb Bush – qui fait la course en tête, mais un pitre populiste et vulgaire qui multiplie dans ses discours les énormités envers les femmes, les Mexicains, et bien entendu ses adversaires. Nombre d’éminents éditorialistes et d’experts en politologie, des deux côtés de l’Atlantique, avaient pourtant pensé, à la lecture des sondages positifs dont bénéficiait Trump avant le début des primaires, que sa cote s’effondrerait très vite. La suite des évènements leur a montré qu’ils se sont gravement plantés.

Donald Trump a-t-il d’ores et déjà gagné l’investiture républicaine ? Ceux qui l’affirment vont un peu vite en besogne. Certes, avec ses 378 délégués, l’iconoclaste milliardaire possède actuellement une nette avance sur Ted Cruz (295 délégués), Marco Rubio (123 délégués) et John Kasich (34 délégués), Ben Carson ayant jeté l’éponge avant les scrutins de samedi. Mais contrairement aux apparences, cette victoire annoncée de Trump est loin d’être aussi évidente que les résultats acquis à ce jour semblent l’indiquer.

En réalité, la date véritablement importante sera le 15 mars. Ce jour-là, il y aura quatre primaires républicaines, dont deux cruciales pour l’issue de la course à l’investiture, en Floride et dans l’Ohio. Deux États où fonctionne, non le principe de la répartition proportionnelle, mais celui du « winner takes all », autrement dit du tout ou rien, le gagnant raflant la totalité des délégués. Or, Trump est actuellement donné largement favori en Floride, dans le fief du sénateur Rubio, le seul des candidats de l’« establishment » encore en course, mais en grande difficulté. Une victoire de Trump au pays de Mickey donnerait le coup de grâce aux caciques du GOP, et cela quel que soit le score de Cruz dans l’Ohio où il occupe le poste de gouverneur. Et pour cause : l’évangéliste latino – une sorte de « fou de Dieu » à l’américaine –, est tout aussi délirant que Trump, et tout aussi honni dans son propre camp.

 

Un cauchemar pour les républicains

Manifestement, il y a le feu au Parti Républicain, et c’est pourquoi tout a été mis en œuvre par les caciques du GOP pour briser la dynamique dont bénéficie Trump dans l’espoir probablement vain de sauver le subclaquant Rubio. Mitt Romney, le candidat républicain battu par Barack Obama en 2012, a lui-même sonné la charge avant les votes de samedi en tirant sur Trump au bazooka, allant jusqu’à le qualifier de « charlatan » et d’« imposteur ». Du jamais vu à l’encontre d’un candidat majeur au cours d’une primaire ! Dans le même temps, des campagnes de publicité négative financées par le GOP ont été diffusées dans les médias pour contrer le milliardaire blond. Là encore, c’est du jamais vu ! Et bien entendu les adversaires de Trump ne se sont pas privés de lâcher leurs coups sans la moindre retenue.

Tout sera-t-il définitivement joué en faveur de Trump au soir du 15 mars ? Probablement pas. Car pour être assuré de l’investiture, il ne suffit pas à un candidat d’arriver à la Convention avec le plus grand nombre de délégués : encore faut-il qu’il dispose de la majorité absolue, soit 1 236 délégués, pour que son investiture s’impose à tous. Or, tout démontre que les responsables du GOP vont continuer de faire le forcing pour empêcher Trump d’atteindre ce nombre d’or, probablement synonyme d’une défaite face à la probable candidate démocrate, Hillary Clinton. Encore faudrait-il, pour mettre Trump en échec dans sa quête d’investiture, parvenir à une union sacrée de ses opposants, de nature à rallier tous leurs délégués sous une même bannière. 

Un tel scénario est en principe possible dans le cadre d’une « Contested Convention », et certains caciques du Parti républicain se sont pris à en rêver. Mais en pratique il y a fort peu de chances que cela puisse se réaliser car, compte tenu de ses résultats à ce jour – il n’a gagné qu’un seul état –, on voit mal comment Rubio pourrait incarner un tel candidat de consensus parmi les adversaires de Trump. On le voit d’autant plus mal que Cruz, désormais en embuscade et fort des succès engrangés, entend jouer sa chance jusqu’au bout.

Mais surtout, qui peut croire que Trump accepterait sans broncher d’être écarté de l’investiture par une manœuvre d’appareil s’il est avéré qu’il possède le plus grand nombre de délégués ? Personne, évidemment. Or, Trump a laissé planer la menace d’une candidature individuelle à la présidentielle contre son propre parti. Avec à la clé la certitude d’un échec cuisant des républicains face au camp démocrate. Et le possible éclatement du Grand Old Party.

Décidément, cette primaire est un cauchemar pour Mitt Romney et ses amis. Comme dirait un vieil ami paysan : « Ils n’ont pas le cul sorti des ronces ! »

 

* Outre les différences évoquées dans l’article entre les États, le fait que les scrutins soient étalés de février à avril influe indiscutablement sur les votes de lecteurs, le choix des candidats étant plus large au début du processus qu’en son milieu ou en phase terminale.

 

** Abraham Lincoln a été le 1er président républicain de l’histoire des États-Unis. 

 


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67 réactions à cet article    


  • Donbar 7 mars 09:01

    Merci pour ce clip spectaculaire.


    • Fergus Fergus 7 mars 09:09

      Bonjour, Donbar

       ????


      • gruni gruni 7 mars 10:27

        Bonjour Fergus


        Oui le système américain est compliqué, mais puisqu’il semble convenir aux électeurs c’est l’essentiel. Je crois qu’il serait très difficile d’imaginer les résultats en France avec la méthode américaine, peut-être les mêmes finalement.
        Quant à Trump, s’il parvient à ses fins et devient Président des EU, c’est comme un plongeon dans l’inconnu. Le pire n’est jamais certain dit-on. Mais là j’ai un doute.

        • Fergus Fergus 7 mars 16:51

          Bonjour, gruni

          Un système d’autant plus surprenant pour les Français qu’au delà de ses particularités de scrutin, il s’appuie sur un financement totalement libre qui ouvre une large place aux milliardaires, soit comme candidats, soit comme lobbyistes faiseurs de présidents.

          « Le pire n’est jamais certain dit-on. »

          J’ai le même doute que toi.


        • Fergus Fergus 7 mars 17:47

          @ gruni

          Très intéressant, mais aussi très pertinent, l’article d’Anne Appelbaum.

          Il illustre bien le climat de chaos politique qui menace les équilibres actuels.

          Il pose également, en filigrane, la question de savoir ce qu’il faudrait garder ou ce qu’il faudrait rejeter des institutions pour ne pas donner prise aux dérives populistes dont nul ne peut savoir ce qu’elles pourraient engendrer.


        • jeanbarre (---.---.30.164) 7 mars 19:23

        • Fergus Fergus 7 mars 19:35

          Bonjour, jeanbarre

          Merci pour ces liens.

          Le premier avait déjà été proposé ci-dessus par Gruni. Mais il n’est pas inutile de le rappeler ici.

          L’article de Dan Simpson est d’une rare lucidité, surtout venant d’un ancien ambassadeur des Etats-Unis.


        • vesjem vesjem 7 mars 22:10

          @gruni
          tu fais confiance à « slate », gruni ? ; l’un de ses articles : « hollande n’a pas à avoir honte d’avoir décoré le prince héritier d’arabie saoudite » ;; ;; ;; t’es d’accord avec çà  ?
          tu n’aimes pas trop trump , n’est-ce pas ? ; t’as des raisons sérieuses et fondées autres que présupposées ?
          t’en as pas marre de tous les conflits engagés par les us (que trump semble vouloir arrêter) ?


        • vesjem vesjem 7 mars 22:16

          @Fergus, gruni
          n’ayez pas peur ; le pire c’est le fonctionnement actuel du monde par la domination us ; mais sans doute vous en êtes ravis


        • Fergus Fergus 7 mars 22:39

          Bonsoir, vesjem

          « le pire c’est le fonctionnement actuel du monde par la domination us »

          Je suis entièrement d’accord avec vous sur ce point, contrairement à ce que vous semblez croire. Mais j’ai du mal à croire que la solution puisse venir d’un Trump ou d’un Cruz.

          Parmi tous les prétendants à la présidence, qu’il soient républicains ou démocrates, c’est le seul Sanders que je créditerais d’une opinion positive.


        • vesjem vesjem 7 mars 23:09

          @Fergus
          pourquoi , fergus , as-tu opté pour quelqu’un appartenant à une communauté dominante ?


        • Fergus Fergus 7 mars 23:17

          @ vesjem

          En réalité, je n’ai « opté » pour personne.

          Côté démocrate, je pense que Sanders - évidemment mon préféré - va se faire essorer lors des prochains scrutins.

          Côté républicains, je n’ai de sympathie pour personne, eu égard aux valeurs dominantes de ce parti.

          Bonne soirée.


        • vesjem vesjem 9 mars 21:28

          @Fergus
          stp , fergus , assume


        • vesjem vesjem 9 mars 21:34

          @Fergu
          c’était pas le mot « opté » l’important ..... ; soit plus clair


        • Fergus Fergus 9 mars 21:40

          Bonsoir, vesjem

          Décidément, je ne comprends pas ce que tu veux dire...


        • Etbendidon 7 mars 10:38

          Bonjours Fergus
          C’est gruni euh non c’est dindon (merde il m’a précédé)
           smiley
          Ah lalalala Ce TRUMP il vous émoustille
          En voila un type qu’il nous faudrait dans notre franchouille sclérosée
          ça nous changerait de Hollandouille, de DARKO, de jupette, de manuelo, de la Mère Denis non lepen, du merluchon et des autres trumpettes

          VOTEZ DONALD
          ça c’est un modèle
          Il a meme dit au pape de s’occuper de son slip
           smiley


          • Fergus Fergus 7 mars 16:54

            Bonjour, Etbendidon

            « Ce TRUMP il vous émoustille »

            Ce n’est le bon mot. Mais en effet il attire les regards. A juste titre : ce qui est en jeu, ce n’est pas l’exécutif de Saint-Marin, mais celui des Etats -Unis, première puissance mondiale.


          • vesjem vesjem 7 mars 22:35

            @Fergus
            et alors , bush 1 , bush 2 , obama , c’est mieux que trump ? et le chaos qu’ils ont engendré !
            trump se fait encore des illusions (tout comme l’obama du début de mandat) ; il est anti système , semble-t-il ; c’est peut-être vrai ;
            dans ce cas s’il est élu , il retournera bien vite sa veste , sous la pression de la très haute finance (*) , celle qui commence à à tout mettre en oeuvre pour le saborder ;
            S’il ne le fait pas , l’épée de Damoclès suspendue au-dessus de sa tête lui sera fatale
            (*) : à ce propos , avez-vous noté que ni la famille rothschild , ni les rockfeller , ni la famille royale d’angleterre ne figurent dans les 20 plus grosses fortunes mondiales ?


          • Fergus Fergus 8 mars 10:14

            Bonjour, vesjem

            « bush 1 , bush 2 , obama , c’est mieux que trump ? et le chaos qu’ils ont engendré ! »

            Le chaos géopolitique qu’ont engendré les Bush ou Obama sont bien réels, en effet. Mais au moins savait-on à quoi s’attendre.

            Trump est, quant à lui, totalement imprévisible. Ce qui veut dire qu’une fois élu - s’il l’est un jour - la politique américaine pourrait partir dans tous les sens, le meilleur comme le pire.

            Et cela même si Trump laisse entendre qu’avec lui, la politique étasunienne se recentrerait sur l’Union. Entre les propos de campagne (de primaire de surcroît) et la réalité du pouvoir, il y a un fossé souvent très large.


          • vesjem vesjem 9 mars 21:32

            @Fergus
            tu as trop tendance à prendre tes interlocuteurs pour des billes ; méfie-toi de te discréditer à leurs yeux


          • Fergus Fergus 9 mars 21:42

            @ vesjem

             ????


            • Fergus Fergus 7 mars 16:58

              Bonjour, Passante

              Merci pour le lien. Mais j’avoue ne pas avoir tout compris.


            • wesson wesson 7 mars 12:28

              Bonjour Fergus, 

              j’ai bien peur que votre article finalement ne s’intéresse que à la forme de ce qui se passe, au cas particulier du GOP, mais pas au fond, et qui concerne l’Amérique du Nord.

              Le fond, tant du coté républicain que Démocrate, c’est le rejet d’un système politique verrouillé, et surtout identifié comme totalement sclérosé. Ce sont bel et bien les candidats des appareils qui se font rejeter, avec tout le lot d’intrigues de court en coulisse dont les gens commencent à comprendre les effets réels sur leur vie. Et c’est d’autant plus remarquable aux états-unis, ou l’art de la propagande théorisé depuis déjà un siècle a été poussé à des degrés absolument remarquables.

              Je passe sur la « vulgarité » d’un Trump qui est largement en dessous de celle du prix Nobel de la paix décerné à un Obama qui au final déclenchera plus de conflits que son prédécesseur (et n’as toujours en pratique pas fait grand chose pour fermer Guantanamo). Une campagne électorale, spécialement Nord-Américaine, c’est toujours l’occasion du populisme, de la surenchère, et de la vulgarité. Cette campagne ne se démarque pas des précédentes dans ce domaine. 

              Pour moi, la chose importante est que le peuple Américain est en passe de décider que ça se passera entre les 2 trublion de la campagne : Trump ou Sanders. Si ils ne le font pas, en qualifiant par exemple Clinton, et en l’élisant peut-être ensuite, vous avez la garantie que tant du coté GOP que du coté démocrate, tout sera fait pour que une telle chose ne se reproduise plus jamais. Ils vont se débrouiller pour que d’une manière ou d’une autre, les prétendants possibles à l’investiture ne puissent être que les personnes du sérail, c’est à dire ceux qui ont été dûment achetés, et qui à ce titre là ne représente plus aucun danger de changement véritable.

              Ce n’est pas non plus que je soit totalement naïf du peu de marge de manœuvre réelle dont disposeraient tant Trump que Sanders, avec une chambre qui leur serait essentiellement hostiles. Toutefois tant l’un que l’autre si ils arrivent à l’investiture malgré l’hostilité de leur propre formation, ils sauront peut-être la modifier en profondeur. A voir d’ailleurs ce que Corbyn est en train de faire au parti travailliste en Angleterre, qui me parait intéressant et pourrait donner des résultats à terme.


              En attendant et pour revenir au sujet, trop habitué à déminer la propagande qui s’adresse à moi, je ne m’arrêtes pas au déclarations à l’emporte-pièce de Trump (ou même de Sanders), et attends de voir pour juger sur pièce. Quand à considérer tant pour les républicains que pour les démocrates ils se livrent à une intrigue de court visant à qualifier de force une personne qui n’as pas reçu l’aval majoritaire de leur base militante et sympathisante, c’est un truc à vous fusiller un parti. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je ne m’inquiète pas des super délégués démocrates qui à l’heure actuelle sont tous pour Clinton. Si Sanders continue à gagner des états importants avec une avance à 2 chiffres, les super délégués changeront d’alliance, comme ils l’ont fait d’ailleurs avec Obama lors de la précédente primaire.

              • Fergus Fergus 7 mars 17:15

                Bonjour, wesson

                « Le fond, tant du coté républicain que Démocrate, c’est le rejet d’un système politique verrouillé »

                Vous avez entièrement raison, il s’agit là d’un article centré sur la stratégie du GOP confronté à l’étonnant cas de figure de cette campagne primaire.

                En ce qui concerne Sanders, je crains malheureusement que ses chances ne soient très réduites, notamment du fait du vote des afro-américains qui plébiscitent Clinton.

                Pour ce qui est des chances d’un Trump ou d’un Sanders de modifier la Constitution, ce serait évidemment impossible sans un fort soutien : 1) du Congrès, seul habilité à présenter une réforme constitutionnelle, et cela à condition de disposer des 2/3 des votes des parlementaires ; 2) des Etats de l’Union, dont les 2/3 doivent également être favorables au projet de réforme.

                Moyennant quoi, les 3/4 des Etats doivent valider le nouveau texte. Bref, un sacré parcours du combattant !

                D’accord avec vous sur la versatilité des « super-délégués » démocrates. A l’image des marins aguerris, ces gens-là savent prendre le vent. Mais encore une fois, je ne crois guère aux chances de Sanders. Dommage ! Mais au moins aura-t-il contribué - s’il échoue - à obliger Clinton à gauchir son discours, ce qui peut modifier quelque peu la ligne politique du futur mandat de Clinton si, comme tout porte à le croire, elle est élue en novembre.


              • wesson wesson 7 mars 20:53

                @Fergus
                « En ce qui concerne Sanders, je crains malheureusement que ses chances ne soient très réduites, notamment du fait du vote des afro-américains qui plébiscitent Clinton. »


                ça effectivement, donner aussi peu de vote à un type qui quand même s’est battu pour le droit de votes des noirs, c’est un peu fort de café (oui, j’ai osé ...). En tout cas, la religion a bien travaillé cette clientèle là.

                Ce qui est important en fait dans les états qui ont mis Clinton en tête, ce n’est pas le pourcentage d’avance qu’elle a obtenu, mais la participation à ce vote, qui as en fait été très faible. 

                Donc, même chez cette clientèle qui lui était acquise d’avance, Clinton n’as pas suscité un engouement délirant. C’est plutôt de bonne augure pour Sanders, qui semble provoquer bien plus d’enthousiasme. 

                Bref, même si je concède que Clinton a beaucoup de cartes en main pour au final l’emporter devant Sanders, il reste à ce dernier malgré tout une chance non négligeable.

                Par contre, je suis convaincu que l’issue d’un Trump-Clinton serait au final incertaine (eut égard justement au peu d’empathie que Clinton suscite), alors qu’un Trump-Sanders verrait une victoire très large de Sanders. Peut-être que cela pourra également jouer.

              • wesson wesson 7 mars 21:00

                @Fergus
                « Moyennant quoi, les 3/4 des Etats doivent valider le nouveau texte. »


                vrai, mais en pratique ce quorum peut être assez vite atteint, même si certains états voudront inévitablement faire de la résistance. 

                Pour l’anecdote, le dernier état à adopter le 13ème amendement de la constitution Américaine (interdiction de l’esclavage) fut le Mississippi ... en 2013

              • Fergus Fergus 7 mars 22:47


                @ Wesson

                « un Trump-Sanders verrait une victoire très large de Sanders »

                Ce serait une excellente nouvelle. Mais dans un pays où « socialiste »
                - le qualificatif dont il est affublé – est un terme insultant, je persiste à penser qu’il aurait beaucoup de mal à s’imposer.

                D’accord avec vous sur l’image assez négative que véhicule Clinton. Mais à moins d’une grosse erreur stratégique dans sa campagne, elle devrait être élue. Fut-ce par défaut !


              • Fergus Fergus 7 mars 23:13

                @ Wesson

                A propos de Sanders, il faut savoir qu’il dispose actuellement de 498 délégués contre 1129 à Clinton. Or, Sanders est donné battu (souvent nettement) dans le Michigan, l’Ohio et l’Illinois, ce qui pourrait engendrer un rapport de forces de 1 à 3 dans le duel démocrate et rapprocher toujours plus Clinton du seuil de 1323 délégués (majorité absolue) sans compter les super délégués qui, dans un tel cas, l’adouberont sans problème. Si les tous prochains résultats lui sont défavorables comme annoncé par les sondeurs, Sanders jettera l’éponge, peut-être avant même la mi-mars.

                Clinton a donc sans doute un boulevard devant elle, sauf énorme faute de sa part. Vu de France, on ne peut que regretter que les choses puissent tourner ainsi, mais ce sont les Américains et eux seuls qui votent lors de ces primaires.

                Bonne soirée.


              • wesson wesson 7 mars 23:18

                @Fergus


                « Ce serait une excellente nouvelle. Mais dans un pays où « socialiste » 
                 le qualificatif dont il est affublé – est un terme insultant, je persiste à penser qu’il aurait beaucoup de mal à s’imposer.
                 »

                Vous semblez croire qu’il s’agit d’un peu de rêve eveillé de ma part. Pourtant, je ne fait que répéter ce que les sondages nationaux Américains disent depuis maintenant quelques mois (plus de 8% d’avance, en moyenne). D’ailleurs Sanders est donné gagnant quelque soit celui qu’il aurait en face.

                Cette « inéligibilité » de Sanders était même l’un des gros argument de campagne de l’équipe Clinton. C’est raté, car ces mêmes sondages indiquent que Clinton serait moins bien élue que Sanders. Elle serait même donnée perdant face à Cruz, Rubio ou Kasich.

                Donc je persiste : celui qui au final serait le plus éligible n’est pas Clinton mais Sanders. Pas mal pour un « socialiste ».

                Et il y a également l’affaire des emails que l’on a tendance à oublier. Elle est très loin d’en avoir fini avec. 

              • wesson wesson 7 mars 23:36

                @Fergus
                « Sanders est donné battu (souvent nettement) dans le Michigan, l’Ohio et l’Illinois »


                Vrai, et avec 20% d’avance en moyenne. 

                Je le concède parfaitement : la réelle difficulté pour Sanders est de battre Clinton. Vos hypothèses sont effectivement les plus réalistes.

              • wesson wesson 8 mars 01:16

                @Fergus
                « et rapprocher toujours plus Clinton du seuil de 1323 délégués (majorité absolue) »


                sauf que vous semblez avoir confondu les chiffres : 

                1323 c’est le nombre de délégués désignés pendant les primaires du mois de mars. Les démocrates ont un total de 4763 délégués. La majorité absolue en délégués est donc à 2382. il en reste plus de 1000 à conquérir pour Clinton.

                Sur les superdélégués, ils sont 717, dont 461 pour Clinton, 20 pour Sanders, 1 pour O’Maley et 235 qui n’ont pas encore donné leur décision.

                L’avantage de Clinton est bien réel, important, et Sanders est donné perdant à quasiment toutes les primaires de Mars, et c’est probablement ainsi que ça se passera. 

                Mais je ne suis pas certain que cela lui fasse jeter l’éponge aussi vite que vous le dites. En particulier, pas si même défait, il l’est de peu.

              • Fergus Fergus 8 mars 08:48

                Bonjour, wesson

                « 1323 c’est le nombre de délégués désignés pendant les primaires du mois de mars. Les démocrates ont un total de 4763 délégués. La majorité absolue en délégués est donc à 2382 »

                Merci d’avoir souligné ma coquille : c’est bien ce nombre de 2382 que je voulais citer. Et très franchement, je ne vois comment Clinton pourrait ne pas l’atteindre, et cela assez facilement malgré la défiance qu’elle suscite, y compris dans son propre camp, particulièrement chez les jeunes. Le « rapport de 1 à 3 » auquel je faisais allusion se rapportait bien à cette perspective d’atteindre les 2382 délégués.

                « je ne suis pas certain que cela lui fasse jeter l’éponge aussi vite que vous le dites. »

                Nous verrons, mais c’est ce que ressort d’articles de la presse américaine. J’ai même lu - je crois dans le NY Times - que Sanders a perdu son sang-froid lors du dernier débat organisé à Flint. Cette même presse le dit très fatigué, ce qui n’est pas très encourageant pour la suite.

                Cela dit, dans le cas d’un duel Sanders-Trump (ou Cruz), le fait est que l’étiquette « socialiste » pourrait se révéler moins négative que les casseroles de Clinton. Mais les chances de voir un tel affrontement sont vraiment bien minces.


              • wesson wesson 8 mars 11:31

                @Fergus
                «  c’est ce que ressort d’articles de la presse américaine. J’ai même lu - je crois dans le NY Times - que Sanders a perdu son sang-froid lors du dernier débat organisé à Flint. »


                La presse Américaine déteste Sanders autant que la presse Française déteste Melenchon, mais ça il fallait s’y attendre c’est tout sauf surprenant. 

                Sur le cas particulier du débat Sanders-Clinton, ce que les médias identifie comme « une perte de sang-froid » consiste juste au fait que Sanders a dit en gros à Clinton « laissez-moi finir de parler et vous parlerez après ». Le principal reproche d’ailleurs fait à Sanders est sur le ton sur lequel il a apostrophé sa rivale - bonjour le niveau d’analyse. 

                La presse Américain a également relayé l’attaque principale de Clinton contre Sanders : « vous avez voté contre une aide à l’automobile en 1970 », sauf qu’il s’agit d’un clair mensonge de la part de Clinton (le vote de Sanders ayant été le contraire de ce Clinton a prétendu), ce que les médias n’ont pas cru bon de rectifier.

                Dans ces conditions là effectivement, Sanders n’as pas fini de « perdre son sang-froid », tout du moins selon les médias Américains qui soutiennent Clinton sans exception.

              • wesson wesson 8 mars 11:35

                @Fergus
                « Cette même presse le dit très fatigué »


                Attendez-vous à ce qu’elle le trouve à l’article de la mort, spécialement si il se mets à gagner là où on ne l’attends pas. 

                Sérieusement « cette même presse » a juste transformé l’argument d’inéligibilité en un argument d’incapacité.

                En fait, n’importe quoi pour éviter de parler du fond du programme, et des idées qu’il véhicule.

              • Fergus Fergus 8 mars 16:52

                @ wesson

                Merci pour ces précisions. Le fait est que Sanders n’est certainement pas le candidat de la grande presse US.


              • Donbar 7 mars 14:10

                Merci, wesson, vous m’évitez d’avoir à développer.


                • Abou Antoun Abou Antoun 7 mars 20:39

                  @Donbar
                  Même chose. Merci Wesson ....


                • Passante Passante 8 mars 08:25

                  idem

                  les trois premières minutes ici donnent une idée du job à faire :


                  mais wesson, je crois qu’il s’agit d’un deuxième onze septembre
                  ou enfin, des effets réels du premier, c’est simple :

                  -regarder le camp républicain, il s’est pris un avion, 
                  et se trouve sur le point de l’écroulement,
                  qu’il se maintienne ou pas dans la course, à cette étape, quel détail 

                  -la deuxième tour aussi est sur le point de s’écrouler 
                  (too much trade in your center honey ?.. smiley)
                  par sanders ? non 
                  car en cas de hilary qui s’impose,
                  alors on pourra dire que la nouveauté sera :
                  deux tours touchées de plein fouet,
                  et plus un bush à l’horizon,
                  enfin l’Amérique...

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