Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Politique > Tsunami européen, acte II

Tsunami européen, acte II

​ ​​​​La vague du non au traité constitutionnel européen aura au final eu l’effet d’un tsunami politique dans l’ensemble des Etats membres de l’Union. Les non français et néerlandais, aussi différents soient-ils, ont brisé les digues communautaires et l’Europe entière ne se retrouve aujourd’hui ni dans le texte, ni dans la procédure. Les Anglais ont gelé leur référendum, les Polonais s’expriment massivement contre le texte, le gouvernement luxembourgeois hésite à consulter ses citoyens, les Danois veulent savoir « sur quoi exactement porte leur référendum » (en fait à quoi peut-il servir dans de telles conditions ?) et les sondages allemands expriment désormais une sympathie massive avec les non français et néerlandais. Difficile de faire une omelette avec autant d’œufs cassés...

Le débat sur l’avenir de l’Europe est donc (ré)ouvert. Tandis que Nicolas Sarkozy propose un retour vers le futur avec une « Europe à neuf », instrument parfait pour une division profonde entre une Europe riche et une Europe pauvre, d’autres déclarent l’idée européenne tout simplement morte. Autre projet de plus en plus évoqué : la mise en place d’une « phase de réflexion de 18 mois, voir 2 ans » (n’aurait-on pas déjà vu cela...). L’idée ? En revenir aux seules parties I et II du traité et les faire entériner par la voie parlementaire... Sans demander leur avis aux citoyens. A croire que nos politiques n’ont vraiment rien compris et que l’intox a de beaux jours devant elle. Pourquoi. Parce que la partie III contient les traités actuels qui, dans une telle configuration ne disparaîtraient nullement et resteraient en vigueur, sans qu’on ne puisse y ajouter les quelques avancées sociales que contenait le texte soumis à référendum. Ainsi, ferait-on, à peu de choses près, passer la constitution telle quelle, en dépit de ce vote massif en Europe. Vive la démocratie.

Heureusement, tous n’ont pas encore perdu la tête. Le Premier ministre belge, Guy Verhofstadt, a ainsi demandé la tenue d’une « discussion approfondie » sur l’avenir de l’Union. Mais celle-ci ne pourra cette fois se limiter à des négociations derrière des portes closes. Entre gens du monde. Elle devra, si l’on veut avancer et non reculer, être menée entre nos représentants politiques et la « société civile ». En fait, en revenir à ce qui avait été proposé à l’origine de la Convention. L’Europe n’a d’autre choix si elle veut regagner un minimum de crédibilité. Il importera dès lors d’en passer par une sorte d’états généraux. D’abord à l’échelle nationale, pour connaître les véritables ambitions, craintes, souhaits des populations des différents Etats membres. Puis à l’échelle européenne, parce que l’Europe n’est pas une simple addition d’individualités mais un vivre ensemble. La démarche pourra être longue, mais n’en manquera pas d’intérêt. Sans compter qu’elle pourrait - enfin - permettre aux citoyens de s’impliquer dans le processus politique européen. La volonté exprimée « d’en-bas » semble avoir d’ailleurs été assez clair sur ce point.

Kai Littmann est président du Forum citoyen eurodistrict


Moyenne des avis sur cet article :  5/5   (1 vote)




Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès