• vendredi 25 mai 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Politique > Un brisement des principes républicains...
0%
D'accord avec l'article ?
 
100%
(6 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Un brisement des principes républicains...

Renommé ou reconduit, peu importe le terme, le « nouveau » Premier ministre François Fillon a indiqué qu’une nouvelle étape s’ouvrait : celle de la croissance pour l’emploi.

Cela signifie, a contrario, que la croissance et l’emploi n’étaient pas jusqu’à ce jour des priorités pour le gouvernement sortant. En témoigne d’ailleurs le plan d’austérité en vigueur et qui risque de s’amplifier, avec en particulier, la réduction massive des dépenses publiques et sociales…

Qui dit plan d’austérité dit aussi pression accrue sur l’ensemble des salariés et du même coup, accroissement des inégalités sociales.
 
C’était déjà l’objet de la contre-réforme des retraites et du projet de budget 2011. Ce sera l’objet aussi d’une mesure annoncée avec grand fracas : la suppression du bouclier fiscal et de l’impôt sur la fortune (ISF) et la création d’une nouvelle tranche d’imposition (45%) pour l’impôt sur le revenu.
 
L’Union syndicale SNUI-SUD Trésor Solidaires estime en effet « qu’une telle réforme resterait coûteuse et injuste ». Cela reviendrait “à alléger considérablement l’imposition du patrimoine des plus aisés”.
 
Coûteuse, parce que selon les calculs du SNUI, “elle déboucherait sur un manque à gagner”. Supprimer le bouclier représenterait une “économie de 679 millions d’euros”. Supprimer l’ISF reviendrait à “se priver de 3,4 milliards d’euros”. Et “le rendement budgétaire d’une tranche à 45 % serait compris entre 700 millions d’euros et 1 milliard d’euros”. “Il manquerait entre 1,7 et 2 milliards d’euros pour le bouclage budgétaire de cette réforme”.
 
Injuste car une telle réforme “favoriserait les plus riches et les rentiers”. “Les revenus financiers étant imposés au taux proportionnel de 18 %, les contribuables percevant ce type de revenus seraient épargnés par la nouvelle tranche à 45 %” !
 
Un autre dossier, évoqué par le président de la république dans son dernier entretien télévisé, est le problème de la dépendance. Un vaste programme sauf que l’on n’en voit pas la solution dans la conjoncture économique actuelle avec 8 millions de personnes vivant sous le seuil de la pauvreté en France, des chômeurs, des retraités valides ou dépendants, mais aussi des salariés, qui ne pourront pas y contribuer et dont le sort a peu de chances de s’améliorer dans un avenir prévisible.
 
Et cette nouvelle « réforme » a de fortes chances de ne pas s’inscrire dans le cadre de la Sécurité sociale mais dans celui des assurances privées. Elle est particulièrement significative de la politique suivie par Nicolas Sarkozy : des promesses sociales mais essentiellement pour ceux qui pourront se les payer, un peu à l’image des maisons de retraite. Placer un parent par exemple dans une maison de retraite coûte cher, même très cher : autour de 1 800 € par mois ! C’est parfois plus, parfois aussi un peu moins dans le public.
 
L’étude de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) en date de décembre 2008 donne affiche un chiffre de 1212 euros, pour le montant moyen des retraites en France (pension de base + pension complémentaire). Si les hommes bénéficient de retraites pour un montant de 1598 euros, les femmes sont à la traîne, avec une retraite de 990 euros !
 
Mais qui dit plan d’austérité dit encore ralentissement économique, donc affaiblissement de la croissance et augmentation du chômage.
Pour la "nouvelle" équipe gouvernementale, plus de profits et un coût du travail plus faible favorisent la croissance et l’emploi mais c’est toujours en fait la bonne et vieille formule libérale qui est mise en avant : les profits d’aujourd’hui font les emplois de demain !
 
C’est au contraire en soutenant la consommation par des augmentations de salaires, en mieux répartissant les richesses produites grâce à une vraie réforme fiscale et en taxant plus lourdement les dividendes que la situation s’inversera au bénéfice de l’investissement et de l’emploi.
 
Une réorientation importante de la politique économique serait donc nécessaire mais ce n’est pas le cas malgré la crise, où l’on voit se développer fortement des inégalités sociales. Et ce ne sont pas les sommets européens, le G20 ou l’action de DSK au sein du FMI qui permettront de réguler et réglementer les effets d’un capitalisme débridé !
 
Au final, là où on était en droit d’attendre une rupture avec la politique économique et sociale, on assiste plutôt à une rupture avec les principes républicains…
 
Photo Flickr-cc : brisure par Moana Mateur (http://www.flickr.com/photos/karlesnine/4644592950/)
par Albert Ricchi (son site) lundi 22 novembre 2010 - 1 réaction
0%
D'accord avec l'article ?
 
100%
(6 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox