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Un brisement des principes républicains...

Renommé ou reconduit, peu importe le terme, le « nouveau » Premier ministre François Fillon a indiqué qu’une nouvelle étape s’ouvrait : celle de la croissance pour l’emploi.

Cela signifie, a contrario, que la croissance et l’emploi n’étaient pas jusqu’à ce jour des priorités pour le gouvernement sortant. En témoigne d’ailleurs le plan d’austérité en vigueur et qui risque de s’amplifier, avec en particulier, la réduction massive des dépenses publiques et sociales…

Qui dit plan d’austérité dit aussi pression accrue sur l’ensemble des salariés et du même coup, accroissement des inégalités sociales.
 
C’était déjà l’objet de la contre-réforme des retraites et du projet de budget 2011. Ce sera l’objet aussi d’une mesure annoncée avec grand fracas : la suppression du bouclier fiscal et de l’impôt sur la fortune (ISF) et la création d’une nouvelle tranche d’imposition (45%) pour l’impôt sur le revenu.
 
L’Union syndicale SNUI-SUD Trésor Solidaires estime en effet « qu’une telle réforme resterait coûteuse et injuste ». Cela reviendrait “à alléger considérablement l’imposition du patrimoine des plus aisés”.
 
Coûteuse, parce que selon les calculs du SNUI, “elle déboucherait sur un manque à gagner”. Supprimer le bouclier représenterait une “économie de 679 millions d’euros”. Supprimer l’ISF reviendrait à “se priver de 3,4 milliards d’euros”. Et “le rendement budgétaire d’une tranche à 45 % serait compris entre 700 millions d’euros et 1 milliard d’euros”. “Il manquerait entre 1,7 et 2 milliards d’euros pour le bouclage budgétaire de cette réforme”.
 
Injuste car une telle réforme “favoriserait les plus riches et les rentiers”. “Les revenus financiers étant imposés au taux proportionnel de 18 %, les contribuables percevant ce type de revenus seraient épargnés par la nouvelle tranche à 45 %” !
 
Un autre dossier, évoqué par le président de la république dans son dernier entretien télévisé, est le problème de la dépendance. Un vaste programme sauf que l’on n’en voit pas la solution dans la conjoncture économique actuelle avec 8 millions de personnes vivant sous le seuil de la pauvreté en France, des chômeurs, des retraités valides ou dépendants, mais aussi des salariés, qui ne pourront pas y contribuer et dont le sort a peu de chances de s’améliorer dans un avenir prévisible.
 
Et cette nouvelle « réforme » a de fortes chances de ne pas s’inscrire dans le cadre de la Sécurité sociale mais dans celui des assurances privées. Elle est particulièrement significative de la politique suivie par Nicolas Sarkozy : des promesses sociales mais essentiellement pour ceux qui pourront se les payer, un peu à l’image des maisons de retraite. Placer un parent par exemple dans une maison de retraite coûte cher, même très cher : autour de 1 800 € par mois ! C’est parfois plus, parfois aussi un peu moins dans le public.
 
L’étude de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) en date de décembre 2008 donne affiche un chiffre de 1212 euros, pour le montant moyen des retraites en France (pension de base + pension complémentaire). Si les hommes bénéficient de retraites pour un montant de 1598 euros, les femmes sont à la traîne, avec une retraite de 990 euros !
 
Mais qui dit plan d’austérité dit encore ralentissement économique, donc affaiblissement de la croissance et augmentation du chômage.
Pour la "nouvelle" équipe gouvernementale, plus de profits et un coût du travail plus faible favorisent la croissance et l’emploi mais c’est toujours en fait la bonne et vieille formule libérale qui est mise en avant : les profits d’aujourd’hui font les emplois de demain !
 
C’est au contraire en soutenant la consommation par des augmentations de salaires, en mieux répartissant les richesses produites grâce à une vraie réforme fiscale et en taxant plus lourdement les dividendes que la situation s’inversera au bénéfice de l’investissement et de l’emploi.
 
Une réorientation importante de la politique économique serait donc nécessaire mais ce n’est pas le cas malgré la crise, où l’on voit se développer fortement des inégalités sociales. Et ce ne sont pas les sommets européens, le G20 ou l’action de DSK au sein du FMI qui permettront de réguler et réglementer les effets d’un capitalisme débridé !
 
Au final, là où on était en droit d’attendre une rupture avec la politique économique et sociale, on assiste plutôt à une rupture avec les principes républicains…
 
Photo Flickr-cc : brisure par Moana Mateur (http://www.flickr.com/photos/karlesnine/4644592950/)

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1 réactions à cet article    


  • Peretz Peretz 23 novembre 2010 17:59

    Bien sûr il faudrait monter le pouvoir d’achat de la population, mais de façon ciblée (SMIC, basses retraites, allocations familiales, indemnités de licenciement, indemnités de chômage, etc....) , pour qu’il y ait un redémarrage de la consommation de base (éviter la thésaurisation). Cela s’appelle le fordisme. C’est la seule façon de s’en sortir. Mais les agences de notation ne seraient pas d’accord. Il faudrait commencer par les supprimer, ensuite re-frapper le franc, pour ainsi avoir des marges de manoeuvre. Dans l’état actuel ça s’appellerait une révolution.

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