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Un euro manquant de cohérence mais pas responsable de tous les maux. La preuve par la situation britannique

Si la situation américaine est plus que préoccupante, celle de l’Europe n’a rien à lui envier en termes d’inquiétudes. La monnaie unique avait certes de nobles buts, mais il apparaît aujourd’hui criant qu’elle a vu le jour dans un contexte totalement inapproprié. Comment avoir pu espérer mettre en compétition des pays totalement différents au sein d’une même zone monétaire, le tout en faisant tenir une monnaie unique ? Tout simplement du suicide … Mais si l'euro tel qu'il existe n'est pas moteur de croissance, il n'en est pas responsable de tous les maux européens pour autant.

Si la monnaie unique avait pris naissance dans une Europe fédérale à la dette mutualisée, à la banque centrale forte, présidée par des hommes élus au suffrage universel, au ministre des finances chargé de mener une politique commune, en bref dans une Europe unie au sein de laquelle tout le monde tire dans le même sens afin d’atteindre le même but, alors la monnaie unique aurait été un formidable outil, une véritable machine de guerre financière. Au lieu de tout cela, l’Euro sert plus ou moins les intérêts de certains pays de la zone alors qu’il en mène d’autres droit au fond de l’abime entrainant toute la zone avec elle. Il est pourtant tellement simple de comprendre que des pays aux compétitivités totalement différentes ne peuvent pas être mis en concurrence au sein d’une même zone monétaire, le tout en espérant faire tenir une monnaie unique et ce sans faire de dégâts irréparables sur les économies des pays la composant. Il en résulte aujourd’hui que la crise a mis à jour cette aberration et qu’à la suite de nombreux plans de sauvetages, cures d’austérités, politiques non-conventionnelles de la BCE (banque centrale européenne) la situation grecque est toujours insoluble, l’Espagne s’enfonce un peu plus chaque jour dans la tourmente, la santé financière italienne est un motif d’interrogations de plus en plus nombreuses et je ne parle pas du Portugal ou de l’Irlande.

Les institutions européennes sont dans un état de paralysie à peine masqué par l’activisme apparent d’un Mario Draghi qui se sait empêtré dans ce marasme politico-institutionnel et la situation sociale se dégrade à mesure que le chômage augmente et que les plans d’austérités gouvernementaux sévissent. Cependant l’Euro n’est pas responsable de toutes les difficultés du vieux continent, la preuve en est la situation très compliquée dans laquelle se trouve le Royaume-Uni et qui revêt là, des aspects plus similaires à l’autre géant anglo-saxon, les Etats-Unis. 

Le Royaume-Uni est également à l’instar des Etats-Unis et du Japon, un adepte de la planche à billet. La banque centrale britannique imprime donc de la monnaie afin de financer la dette du pays et l’effet est le même que pour ses camarades, un creusement du puis sans fond. Le fait que la City de Londres soit une place financière de premier ordre , donc très exposée, n’arrange en rien l’affaire et même si les grandes banques britanniques ont été largement bénéficiaires de grands plans de soutiens publics (3ème place mondial à 4% du PIB entre 2007 et 2011), le système financier reste très fragile outre-manche. Le Royaume-Uni est dans une situation encore plus précaire que les Etats-Unis. Afin de le vérifier, il est intéressant de jeter un œil plus en détail sur l’état des finances du pays de sa majesté. L’institut Mac Kinsey chiffrait, en 2011, la dette totale (ménages, associations, financière et publique) à 507 % du PIB ! Lorsque l’on prend uniquement le ratio de la dette financière par rapport au PIB, le Royaume-Uni arrive en tête du classement mondial avec 220 % du PIB (2011). Autant dire que les voyants sont au rouge cramoisi. Lorsque que l’on prend en compte la quantité des dettes ainsi que la dynamique de celle-ci (balance courante des paiements, déficit budgétaire primaire, épargne des ménages et évolution démographique) on s’aperçoit que sans le subterfuge de la planche à billet qui permet au pays de maintenir des taux d’intérêts très bas, le Royaume-Uni est l’état, après le Japon, qui risque le plus le défaut de paiement au monde ! Devant des pays comme la Grèce ou l’Espagne ! Et lorsque l’on sait que le pays est à nouveau entré en récession au quatrième trimestre 2011 après avoir subit un recul historique de son PIB de l’ordre de 5 % en 2009, on se dit que l’avenir est plutôt sombre. Le produit intérieur brut vient d’ailleurs de reculer de 0.7 % au deuxième trimestre 2012 (première estimation qui sera sans doute revue négativement) et ce troisième trimestre de baisse consécutive représente la plus importante chute du PIB depuis 2009. La stratégie de mise à l’écart volontaire du pays par rapport à ses voisins européens et surtout ceux de l’eurozone s’avérera au final, peut-être, suicidaire.

L’aspect géopolitique joue surement un rôle important dans cette affaire. L’eurozone se désolidarise de plus en plus des Etats-Unis après 50 ans d’affiliation économique post plan Marshall et les USA voient peut-être d’un mauvais œil le renforcement d’une eurozone qui pourrait à terme mener à l’avènement d’une super-puissance économique qui lui ferait de l’ombre sur l’échiquier géopolitique mondial en plus de la menace venant des pays émergeants et plus particulièrement d’Asie. Devant ce rapport de force dans l’ombre, les élites de l’upper class britannique ont choisi leur camp et montrent sans cesse qu’ils ne sont pas impliqués dans les changements à venir au sein de l’Union Européenne, changements impulsés par l’eurozone, quand ils ne font pas tout pour les freiner (récente menace de blocage du budget de l’UE par David Cameron). Reste que cette décision pourrait s’avérer fatale et l’explosion pourrait s’avérer être une implosion.

En effet, les mouvements de protestations au sein du peuple se sont intensifiés ces dernières années contre l’austérité à commencer par les étudiants (affrontements en plein cœur de Londres en décembre 2010) et surtout les violentes émeutes qui ont frappé la capitale du royaume il y a un an lorsque qu’en Août 2011, les quartiers sensibles de la ville se sont enflammés. La situation sociale est explosive et l’on comprend pourquoi, récemment, Nick Clegg, le vice premier ministre, a demandé à ce que les foyers les plus aisés du pays soient taxés de façon plus importante. Manière de faire passer un message aux classes moyennes et de donner une fugace impression de justice dans un état où l’injustice règne.


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10 réactions à cet article    


  • jjwaDal jjwaDal 11 octobre 2012 09:53

    Pas la peine d’avoir fait de longues études pour comprendre qu’au-delà d’un certain volume de dettes, même le recours à de nouveaux emprunts à taux proche de zéro (on en est loin pour beaucoup de pays) nécessite un minimum de croissance de l’activité économique sur une longue période. Or la mondialisation, telle qu’elle fut pensée, la limite des ressources naturelles, la perspective du pic de production pétrolier, les marchés spéculatifs, bien trop de choses empêchent le retour à ce minimum de croissance durable. On va donc en vain vendre les bijoux de famille (tout privatiser pour cacher encore un peu plus la misère) et différer le grand plongeon ou le changement des règles du jeu (retour de la création monétaire au public mais on n’en prend pas le chemin). Créanciers comme débiteurs sont dans la même barque qui prend l’eau, le résultat final ne peut être que catastrophique avec la gente politique actuellement en place. Je suggérerais de délester la barque des créanciers mais que vaut mon opinion ? On a choisis le sacrifice des peuples, c’est patent.


    • Fabien Buzzanca Fabien Buzzanca 11 octobre 2012 13:38

      C’est justement à cause de gens comme vous, qui ont une vision manichéenne qui consite à dire qu’au nord de l’Europe on est vertueux sur tout point et qu’au sud on triche et met en danger l’équilibre, que l’Europe est justement en danger. Essayez de creuser un petit peu et vous verrez que ce n’est pas aussi simple que ça.


    • Fabien Buzzanca Fabien Buzzanca 11 octobre 2012 18:42

      Mes grand-parents sont nés en Italie, du sang italien coule dans mes veines et je suis en partie d’accord avec vous. J’aimerais avoir le temps de vous répondre comme je le voudrais, malheureusement je le ne peux pas.


      Sachez juste que ce dit DSK est une réalité. C’est un principe que Keynes a établit en son temps et qui est toujours d’actualité. Dans une quelconque union entre nations qui a une visée économique, il faut que les pays excédentaires paient pour les déficitaires en temps de crise. Il est certains que les pays du Sud n’ont pas fait ce qu’il fallait et que les libertés que leurs citoyens prennent avec la loi sont un héritage culturel centenaire qui contraste fortement avec la culture du respect du droit des pays du Nord.

      Il s’avère seulement que les pays du nord se sont enrichis en partie grâce aux pays du sud. Je vous conseille le très bon reportage sur Goldman Sachs qu’a diffusé arte récemment, vous y verrez plus clair sur les conditions d’entrée de la Grèce dans la zone euro et vous apercevrez qu’ils sont loin d’être les seuls responsables de leur situation actuelle. 

      Le point majeur demeure le fait que la planète est en train de bouger à vitesse grand V, que le monde façonné par les USA au sortir de la deuxième guerre mondial est en passe de s’écrouler et que les cartes sont sur le point d’être totalement redistribuées. Alors soit l’UE se place comme un acteur qui compte sur l’échiquier géopolitique mondial qui se dessine et s’impose comme une puissance qui tient tête à celles de demain (qui prendront la place des USA) soit la zone éclate, chaque pays avance seul et perdra sa place de choix dans l’histoire.

      Vous avez raison quand vous dites que les électeurs du nord refuseront à un moment ou un autre de payer pour le sud. C’est justement ce qui va conduire l’Europe à sa perte.

    • Leo Le Sage 11 octobre 2012 14:22

      @AUTEUR/Fabien Buzzanca
      Vous dites : "Comment avoir pu espérer mettre en compétition des pays totalement différents au sein d’une même zone monétaire, le tout en faisant tenir une monnaie unique ?" [...]
      On peut mettre en concurrence des pays totalement différents grâce à des mesures correctives.
      Je vous invite à lire les écrits de Maurice Allais.

      Contrairement à ce que vous affirmez la dette japonaise est locale donc elle ne risque pas grand chose.
      Ce sont les pays exposés au monde de la finance internationale qui vont mal.

      Vous dites : "La stratégie de mise à l’écart volontaire du pays par rapport à ses voisins européens et surtout ceux de l’eurozone s’avérera au final, peut-être, suicidaire" [...]
      Ca dépend des pays...

      Vous dites : "les USA voient peut-être d’un mauvais œil le renforcement d’une eurozone qui pourrait à terme mener à l’avènement d’une super-puissance économique qui lui ferait de l’ombre sur l’échiquier géopolitique mondial" [...]
      Ce n’est pas « peut-être » c’est une certitude.
      C’est déjà une super puissance économique... [n°1]

       
      Mon avis
      Ce n’est pas le contexte qui est inapproprié mais les textes qui régisent cet euro et l’absence de mesures d’accompagnement.

       
      Cordialement

      Leo Le Sage
      (Personne respectueuse de la différence et de la pluralité des idées)


      • Fabien Buzzanca Fabien Buzzanca 11 octobre 2012 15:10

        Premièrement, les mesures correctives dont vous parlez sont soit inexistantes, soit totalement inefficaces.

        Deuxièmement, contrairement à ce que vous dites, le Japon est bel et bien le pays qui risqueraient le plus une faillite sans l’intervention de sa banque centrale (qui fait marcher la planche à billet depuis plus de 20 ans). Vous ne regardez que la dette publique hors c’est une erreur fondamentale. Si vous mettait en corrélation la dette totale, financière et publique en comparaison des richesses produites (PIB) ainsi que la dette externe totale et que vous analysez ces éléments par rapport à la balance courante des paiements, l’épargne, le déficit budgétaire et l’évolution démographique vous obtenez un Japon qui cumule le plus de risques de défaut de paiement sans l’intervention de sa banque centrale (ce qui a d’autres effets pervers, notament la stagnation de l’économie depuis de nombreuses années). Malgré une épargne forte, le Japon cumule trop de dettes dans tous les secteurs et sa population est vieillissante.

        Troisièmement, je pense en effet que le Royaume-Uni va suivre les USA dans leur chute mais je vous invite à lire mon précédant article intitulé « On l’appelle le rêve américain car il faut être endormi pour y croire ».

        Quatrièmement, une Europe fédérale serait de fait la première puissance économique du monde mais dans l’état actuel, vous savez très bien que l’énorme différence entre les USA, la Chine et l’Europe, c’est qu’aux USA et en Chine on tire dans le même sens puisque on est un même état, en Europe c’est loin d’être le cas.

        Mon avis, pour le résumé très grossièrement, est que l’Europe se trouve face un tournant qui va soit la faire se placer comme un acteur majeur de l’échiquier géopolitique mondial qui est en train de se dessiner soit la faire se perdre dans les tourbillons de l’histoire.

        Cordialement

        Fabien Buzzanca, un jeune homme ouvert au débat qui respecte les divergences d’opinions et qui souhaite seulement que la sienne soit également respectée ( ce que vous faites j’en suis sûr :) ).


      • Leo Le Sage 13 octobre 2012 02:44

        Vous dites : « les mesures correctives dont vous parlez sont soit inexistantes, soit totalement inefficaces » smiley
        J’ai écrit : "On peut mettre en concurrence des pays totalement différents grâce à des mesures correctives. Je vous invite à lire les écrits de Maurice Allais" [...]
        ON PEUT, je n’ai jamais dit qu’on l’a fait...
        Si on l’a fait alors l’euro aurait bien été une réussite...
        Donc je répète : lire les écrits du physicien Maurice Allais.

        Vous dites : "Deuxièmement, contrairement à ce que vous dites, le Japon est bel et bien le pays qui risqueraient le plus une faillite sans l’intervention de sa banque centrale (qui fait marcher la planche à billet depuis plus de 20 ans)" [...]
        Donc quand toutes les banques centrales agissent c’est forcément la faillite ? LOL
        La dette japonnaise est locale donc sans grande incidence...
        Faire marcher la planche à billet ne prouve pas que le pays va bien ou mal.
        C’est une politique et stratégie, de la simple géopolitique à l’echelle bancaire.

        Le Japon veut que le Yen baisse de valeur : il faut donc faire fonctionner la planche à billet pour cela.
        Les USA font marcher aussi leur planche à billet : « racheter leur dette » et accessoirement empêcher le renchérissement du dollar au cas où...
        Deux causes totalement différentes avec une décision semblable...

        Le problème du Japon n’est pas la dette avant tout mais la faible consommation des ménages.

        Vous dites : « c’est qu’aux USA et en Chine on tire dans le même sens puisque on est un même état, en Europe c’est loin d’être le cas » [...]
        Vous n’imaginez pas les pressions que vivent les dirigeants de ces pays : en clair ce n’est pas aussi simple que ce que vous dites...

        Le problème de l’Europe est la façon dont fonctionne cette Europe.
        Ca ne peut pas marcher.
        Si l’Europe avait été correctement construite, alors oui elle serait nettement meilleure que ce qu’elle est à l’heure actuelle...
        Ce qui n’enlève en rien que le n°1 reste l’Europe et les chinois comme les américains le savent très bien...

        Vous dites : "l’Europe se trouve face un tournant qui va soit la faire se placer comme un acteur majeur de l’échiquier géopolitique mondial qui est en train de se dessiner soit la faire se perdre dans les tourbillons de l’histoire" [...]
        Désolé de vous contredire mais l’Europe est déjà un acteur majeur...

        La question ne se pose plus.
        Tout au plus je veux bien admettre que si l’Europe prenait de mauvaises décisions elle pourrait se retrouver dans les limbes.

        Relisez mon avis du commentaire précédent.

         
        Cordialement

        Leo Le Sage
        (Personne respectueuse de la différence et de la pluralité des idées)


      • L'enfoiré L’enfoiré 13 octobre 2012 09:55

        J’adore cette discussion.


        « Ce n’est pas le contexte qui est inapproprié mais les textes qui régissent cet euro et l’absence de mesures d’accompagnement. »

        YES ; That’s right.
        On n’a pas besoin de moins d’Europe mais de plus d’Europe.
        L’idée de l’Europe fédérale est en marche, inéluctablement, si l’on veut encore exister quand des milliards d’autres arriveront.
        La Chine, on ne le dit pas encore, est devenir la première puissance mondiale. Elle est occupé à mettre ses pions en place. On a cru pouvoir limiter ses actions à la vente de t-shirts. C’était une première approche. Dans ce genre de pays-là, je vous dit qu’on sait ce que veut dire la solidarité que nous avons perdu complètement. Les études sont dénigrées dans nos pays. Un découragement a fait place à la surprise des erreurs du passé.
        Pourquoi croyez-vous que la CE a reçu le Prix Nobel de la Paix ?

      • L'enfoiré L’enfoiré 13 octobre 2012 10:07

        Questionnez un Chinois, un Indien. 

        Croyez-vous qu’il va chanter : « On est foutu, on mange trop ? » smiley

      • L'enfoiré L’enfoiré 13 octobre 2012 10:18

        Unifiez la fiscalité en Europe et vous commencerez à voir la différence.

         smiley

      • L'enfoiré L’enfoiré 13 octobre 2012 10:33

        « dette japonaise est locale donc elle ne risque pas grand chose »


        Exact. Tout le monde économique est basé sur la confiance et elle n’a pas été rompue jusqu’ici. Le Japon est un pays d’anciens samouraïs, de shoguns. 
        La dette publique japonaise représente en 2011 plus de 200 % du produit national brut soit le taux le plus élevé du monde. Le désastre causé par le séisme du 11 mars 2011 de la côte Pacifique du Tōhoku dont les dégâts sont estimé à 25 000 milliards de yens (210 milliards d’euros) et la reconstruction des zones dévastées faire augmenter le budget pour les années à venir. Un premier octroi de fonds de 4 000 milliards de yens (33 milliards d’euros) a été voté le 2 mai 2011.
        Le problème du Japon, car il y en a un, c’est au niveau de la direction du pays.
        Le trop grand changement de directions, de premiers ministres.
        Il est en récession depuis depuis quelques années, mais il a un énorme potentiel : la technologie qui peut concurrencer les géants américains.
        Se sont des travailleurs qui font des heures de travail qu’ici on n’envisagerait même plus.
        Lire Amélie Nothomb à ce sujet. Elle a une expérience sur le sujet.
         

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