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Accueil du site > Actualités > Politique > Un gouvernement entre reniements et machiavélisme

Un gouvernement entre reniements et machiavélisme

La composition du gouvernement de Manuel Valls a quasiment unanimement déçu. Le peu de nouveautés, le rassemblement façon synthèse des courants du PS et un certain clanisme sont les reproches les plus courants, mais deux autres aspects peuvent également être critiqués.

Reniements et communication

Pas grand monde ne s’illusionne sur la promotion de Montebourg, qui co-dirigera Bercy avec Michel Sapin. C’est le second qui tiendra les cordons de la bourse, ce qui veut tout dire. Le candidat à la primaire qui dénonçait (et dénonce toujours) l’euro cher, partisan de la démondialisation, favorable à une politique de la demande et qui dénonce les politiques de l’austérité, reste sur un bateau qui fait l’exact inverse de tout ce qu’il prônait économiquement lors des primaires socialistes. Plus avocat que ministre, il se contente du magistère de la parole, sans avoir la moindre prise sur le cours des choses. Montebourg accepte de ne rien pouvoir faire contre l’euro cher ou les vagues de délocalisations, si ce n’est faire des déclarations qui lui assurent un petit moment de gloire, à défaut de changer quoique ce soit.
 
Comme je l’avais exprimé jeudi, il y a quelque chose de tragique à ce que Michel Sapin ait été nommé ministre du budget, lui qui a développé une communication audacieuse pour défendre le bilan du gouvernement en matière d’emplois, malgré la non atteinte des objectifs présidentiels. Il restera à jamais le ministre qui a vanté la baisse de la hausse du nombre de demandeurs d’emplois à défaut de parvenir à le faire baisser. Bruxelles doit rire jaune sachant que la France ne parvient pas à réduire son déficit budgétaire à la vitesse à laquelle elle s’était engagée. Nul doute que Michel Sapin pourra trouver une manière positive de présenter la non atteinte des objectifs de son ministère…
 
Machiavélisme mitterrandien

Mais ce qu’il y a également de toxique dans cette nouvelle équipe, ce sont tous les calculs bassement politiciens qui s’en dégagent. Au premier rang desquels, l’association entre le président et son nouveau premier ministre, qui rappelle beaucoup celle de 1988. Hollande ne veut-il pas simplement utiliser les qualités de communiquant de Manuel Valls, soit pour le mouiller et ainsi lui empêcher de se placer en recours en 2017 ou alors pour l’user et en faire son paratonnerre personnel, quite à le cramer dans les trois prochaines années ? Cela serait-il seulement surprenant de la part d’une personne qui a travaillé au cabinet de François Mitterrand ? Bizarremment, les deux voudraient parler davantage.

On peut également deviner les mêmes calculs machiavéliques derrière la promotion de Benoît Hamon et Arnaud Montebourg. Ne s’agit-il pas d’un moyen commode de mouiller et de cramer en même temps l’aile gauche du PS ? Le ministère de l’éducation nationale n’est pas réputé être le plus facile et il a usé beaucoup de ministres avant. Quand à Arnaud Montebourg, ne va-t-il pas s’épuiser à faire semblant de sauver notre industrie alors qu’en réalité, il laisse faire son démantèlement par son incapacité à changer le cours d’une politique économique qui lui est fatale depuis des années. Et comment espérer porter une alternative en 2017 (ou même en 2022) après avoir été ministre de François Hollande ?

Bref, tout dans ce remaniement est assez minable. Il y a, comme le rapporte Jacques Sapir, les reniements de la pseudo aile gauche d’un PS qui soutient un gouvernement qui mène une politique parfois carrément néolibérale. Et il y a les calculs mesquins et machiavéliques qui n’augurent rien de bon sur sa solidité.


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19 réactions à cet article    


  • zygzornifle zygzornifle 5 avril 2014 10:03

    Un seul mot....MINABLE


    • Fergus Fergus 5 avril 2014 10:12

      Bonjour, Zygzornifle.

      Minable ? Non, logique : un Premier ministre de droite pour mener une politique libérale.


    • Fergus Fergus 5 avril 2014 10:10

      Bonjour, Laurent.

      « Hollande ne veut-il pas simplement utiliser les qualités de communiquant de Manuel Valls, soit pour le mouiller et ainsi lui empêcher de se placer en recours en 2017 ou alors pour l’user et en faire son paratonnerre personnel, quitte à le cramer dans les trois prochaines années ? »

      Il faut arrêter avec ce fantasme d’un Hollande mitterrandien qui chercherait à éliminer Valls pour sauvegarder ses propres intérêts : cela ne tient pas la route une seconde ! Mitterrand, déjà malade, savait en 1988 qu’il n’y aurait pas de 3e mandat, et s’il a savonné la planche de Rocard, cela n’avait pas de conséquence sur son avenir. Tel n’est pas le cas de Hollande : soit le gouvernement Valls réussit, et le « président normal » aura de bonnes chances de renouveler son mandat en 2017, soit le gouvernement échoue, et Hollande coulera avec lui. A l’évidence, ces deux-là ont partie liée, qu’ils le veuillent ou non !


      • claude-michel claude-michel 5 avril 2014 10:17
        « Reniements et machiavélisme »..ou comment faire passer le temps jusqu’en 2017...Un coup d’épée dans l’eau..une imposture de plus..surtout de gros mensonges de sa part (le président) pour expliquer ce changement qui n’en n’est pas un..La pollution politique de Paris devient insupportable... !

        • Fergus Fergus 5 avril 2014 11:59

          Bonjour, Claude-Michel.

          Confronté aux résultat désastreux des municipales, Hollande n’a jamais dit qu’il y aurait, au lendemain de ce scrutin, un changement de ligne politique, mais la prise en compte du mécontentement des Français exprimé par ce vote sanction. Autrement dit, une action gouvernementale déterminée pour faire baisser le chômage.

          Le changement stratégique annoncé par Hollande lors de sa conférence de presse du 14 janvier vise à atteindre cet objectif. En nommant Valls et en favorisant une évolution de la méthode autour d’une équipe plus professionnelle, il estime avoir renforcé cette détermination et augmenté les chances d’atteindre de combattre efficacement le chômage. On y croit ou on n’y croit pas... 


        • claude-michel claude-michel 5 avril 2014 12:21

          Par Fergus...Bonjour...Toujours aussi endoctriné par la pensée inique du PS.. ?

          Dommage... !

        • Fergus Fergus 5 avril 2014 13:42

          @ Claude-Michel.

          Endoctriné ? En quoi ? Je ne miserais pas un euro sur la réussite de ce pouvoir !


        • claude-michel claude-michel 6 avril 2014 08:23

          Par Fergus ....Bonjour...Relisez votre commentaire.. ?


        • zygzornifle zygzornifle 5 avril 2014 10:18

          « Le socialisme ne dure que jusqu’à ce que se termine l’argent des autres. »


          • JL JL 5 avril 2014 10:37

            Bonjour,

            voilà une analyse uniquement à charge.

            Sans prendre parti pour François Hollande, en lisant votre article l’idée m’est venue que, entre la politique noble et la politique politicienne, il y a un dosage savant d’énergie à faire.

            Le chef de l’État est un peu comme le skipper sur le bateau dont il assure le commandement. Mais comme tous les autres à bord, il applique ce principe de base vital et sacré : une main pour soi, une main pour le bateau.

            Pour la politique politicienne la main pour lui, pour la politique noble l’autre main.


            • Robert Lavigue Robert Lavigue 5 avril 2014 12:03

              Une différence cependant... et elle est de taille...
              Mitterrand avait du talent !

              http://lavigue.blogspot.fr/2014/04/jeunes-socialistes-prets-se-partager-la.html


              • leypanou 5 avril 2014 12:37

                Le gouvernement mène une politique parfois carrément néolibérale : le parfois carrément c’est du 30% non néolibérale/70% néolibérale ou l’inverse ?

                On peut prendre un par un les grands dossiers des économie-finances (régulation bancaire entre autres), retraites (âge de départ - durée de cotisation), travail (protection du salarié - contrat de travail), santé (médecine publique - libérale), éducation : le gouvernement actuel n’a rien changé de fondamental. Pire, c’est dans la continuation de ce qui a été fait auparavant.

                Donc le parfois carrément est de trop et ce n’est pas le mariage pour tous ou autre compte de pénibilité ou même la suppression des peines planchers qui vont changer le fond.


                • bourne 5 avril 2014 12:43

                  Le plus important le transfert de Bercy au quai d’Orsay du Ministère du commerce extérieur. Le message : Montebourg ne pourra s’opposer au traité Transatlantique ...
                  Si après cela vous avez besoin d’un dessin ... smiley


                  • christian pène 5 avril 2014 16:20

                    il n’y a que les naïfs incultes qui pouvaient s’imaginer que Hollande pourrait faire quelque jour quelque chose d’intelligent, c’est trop lui dzmander......pour lui il s’agit de tenir encore jusqu’à la campagne présidentielle de 2017.....le reste il s’en moque dont se moquer du peuple.....chez lui c’est l’addiction pour l’argent massif du Trésor public pour se payer des suffrages., ensuite faire supporter au peuple épuisé ses comptes fantastiques......


                    • zygzornifle zygzornifle 5 avril 2014 18:40

                      Hollande à utilisé David Copperfield pour son remaniement ....


                        • zygzornifle zygzornifle 5 avril 2014 19:15

                          Comme l’a dit Winston Churchill : 
                          « Les socialistes, c’est comme Christophe Colomb, quand ils partent ils ne savent pas où ils vont et, quand ils arrivent, ils ne savent pas où ils sont. »  


                          • Akerios 6 avril 2014 13:13

                            En attendant les banques nous ruinent et le MEDEF va de victoires en victoires cotre les droits des salariés !
                            Le libéralisme c’est la non conccurence , les délocalisations , la négation des états et des peuples , la destruction du droit du travail et des conventions collectives , la disparition des acquis sociaux , le profit avant les lois .
                            Mais les libéraux font cela pour notre bien.
                            Le rétablissement de l’esclavage est le but ultime du libéralisme .
                            A coté le capitalisme passe pour de l’humanitaire.


                            • lsga lsga 6 avril 2014 13:19

                              la seule manière d’y résister est une union internationale des salariés.

                               
                              Le système social français est mort, 
                              Vive le système social Européen !

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