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Accueil du site > Actualités > Politique > Un mandat de plus pour Ries (PS) à Strasbourg ?

Un mandat de plus pour Ries (PS) à Strasbourg ?

Ries bientôt candidat à sa succession.

« Même par peur ! » en dépit des désagréments qui l’attendent et qu’il devrait normalement supputer. Il le sait sans doute mais croit aux bonnes étoiles de sa garde rapprochée, très réduite pourtant, qui lui montrent le chemin.

Attention pour eux au vieil adage « Mit gefangen, mit gehangen » dont peu d’édiles connaissent encore le sens qu’on traduira inélégamment par « pris ensemble, pendus ensemble ». Pourtant le PS et ses alliés disposent d’un potentiel remarquable de qualité à commencer par le premier adjoint.

« Le mystère de l’annonce » : magnifique titre claudélien d’un article des DNA.

 C’est avec ce courage là, sans doute impérieusement exigé par la primauté absolue du « devoir  », comme il l’a fièrement affirmé il y a déjà quelques mois, qu’il remettra çà, plus prosaïquement dit. Non pas pour un deuxième mandat mais pour deux mandats et demi ( la maire C . Trautmann nommé ministre lui avait abandonné le sien). Cependant les hésitations, les atermoiements et aujourd’hui les tergiversations qui tenaient en haleine même les membres de sa majorité, du premier au dernier avec de petites exceptions évoquées ci-dessus, ont désarçonné beaucoup de ses partenaires. L’annonce quasi évangélique au sens premier ( bonne nouvelle) devait créer l’unité derrière « l’homme appelé par le devoir ». Vraiment pas atteint ce noble but !

 C’est le premier temps du processus, si les cadres du PS et alliés, considèrent, à la majorité, qu’il est le bon chef d’état-major, le meilleur, capable de LES faire gagner en dépit d’une conjoncture générale défavorable. A quoi aura servi ce suspense ?

 Christian Bach dans le très bon article évoqué ci-dessus, trouve au candidat probable quelqu’ élégance dans la démarche hésitante, réfléchie, chaloupée par prudence devant les obstacles à contourner alors qu’on peut voir, aussi en poursuivant la métaphore, déambuler un homme à l’allure un peu « rad-soc », le dos un peu rond et les mains jointes au-dessous du nombril.

Forcément brave homme ! Peut-être pas homme de parole pourtant, en tout cas pas en ce qui concerne le mandat unique promis avant l’investiture PS.

 Enfin ce genre de « malentendu » est courant dans tous les partis mais pas de la part des meilleurs candidats plus habiles qui préfèrent la clarté et le consensus au sein de leur équipe et ce, d’emblée.

En cas d’investiture

Peut-être Paris et Harlem Désir ont-ils prodigué leurs encouragements. On le saura sans doute un jour. Certains en sont sûrs. L’annonce aurait été suggérée d’en haut.

Toutefois, l’investiture acquise après une primaire gagnée proprement, et c’est là le deuxième temps, supposons le, le candidat aura à affronter les électeurs non plus seulement pour la reddition des comptes du mandat mais aussi sur la « gouvernance », c’est le terme jadis employé pour fustiger l’attitude de Fabienne Keller. Sortant contre Challenger que les électeurs désigneront ! Rien de plus, comme en 2008.

 Alors on en dira et on en dira, on publiera, on lira et on relira… Exercices salutaires mais trop souvent troublants pour le bon sens démocratique. Les langues se délieront.

Comme à l’accoutumé des dossiers épineux seront brandis au grand jour avec les exagérations tout aussi coutumières. Chacun son tour : le candidat à sa propre succession qui sera sûrement tenté de vouloir rester au Sénat verra son mandat examiné à la loupe. D’ailleurs, il court là un double risque car, perdant la mairie, il perdrait le Sénat très vraisemblablement. Un vieux socialiste confiait discrètement : « Roland se suicide politiquement… » Il prétend même le lui avoir dit. Nous ne le dénoncerons pas. Nostalgique, il ajoute « Rendez nous Catherine », entendez Catherine Trautmann !

Le maire s’est beaucoup montré ces temps derniers avec ses acolytes favoris, attirant néanmoins quelques thuriféraires à sa botte, comme par exemple très récemment, lors de la pose de la première pierre d’un lieu d’Europe pour accueillir des visiteurs venus de loin. Belle idée, beau projet au demeurant, mais servis par une courte vue ou par une vision aussi étriquée que l’emplacement est exiguë. Coûteux en plus.

Il y a eu bien d’autres sorties médiatisées même parfois peu en rapport avec la fonction de maire de Strasbourg comme l’instant « t » du percement du tunnel pour le TGV -EST sous les Vosges, où apparaissait le tunnelier sortant de la montagne à plusieurs dizaines de kilomètres de Strasbourg. Personne de l’opposition parmi les invités car c’est le ministre des transports qui officiait. On a vu du sectarisme là où il n’y avait peut-être qu’une joie familiale. Et puis la campagne pour le Conseil Unique battait son plein et le maire était là encore en phase d’hésitation… que les Strasbourgeois lui ont fait payer dans les urnes. Mauvais présage ?

Dès lors, certains se persuadaient que Roland Ries était clairement en campagne, d’autres ne voulaient y voir que d’innocentes opérations de prestige pour Strasbourg.

Ce genre de petites mesquineries fleuriront pour accompagner des accusations plus graves ou du moins plus sérieuses comme celle qui sera évoquée au Conseil Municipal du lundi 24. (Voir la motion proposée par l’opposition ci dessous).

Des temps difficiles s’annoncent et, vraisemblablement, le maire sortant ne pourra pas compter sereinement sur toutes ses troupes, du moins pas sincèrement si elles en viennent à le choisissent quand même, à la régulière, comme candidat du PS. Des changements attendus n’auraient donc pas lieu alors qu’à Droite on s’y prépare via le Centre.

Antoine Spohr (article également paru sur Médiapart et eurojournal.net (bilingue)

 

CONSEIL MUNICIPAL DU 24 JUIN 2013

PROPOSITION DE MOTION DU CONSEIL MUNICIPAL :

Constitution de la Ville de Strasbourg comme partie civile dans le

cadre de l’information judiciaire sur les études du tramway à Bamako

GROUPE STRASBOURG AU CENTRE - UMP, UDI ET INDEPENDANTS

Il est proposé au Conseil Municipal d’adopter la motion ci-dessous :

Suite à l’adoption le 6 Avril 2009 d’une délibération portant sur la convention de partenariat entre la Ville de Strasbourg et la Ville de Bamako, le Maire de Strasbourg a signé personnellement le 8 Juin 2009 trois bons de commande pour un montant total de 49.160 euros H.T. (53.810 euros H.T. en incluant les frais de déplacement) pour la réalisation d’études sur la faisabilité d’un tramway à Bamako.

Ces commandes ont été faites en dehors de toutes les règles de mise en concurrence et de commande publique définies dans le code des marchés publics comme le stipule le rapport d’observations définitives dela Chambre Régionale des Comptes d’Alsace sur la gestion des comptes de la Ville de Strasbourg présenté au Conseil Municipal le 25 Mars 2013.

 La chambre a insisté sur le fait qu’ « à aucun moment ce marché n’a été géré par la cellule compétente en matière de commande publique de la collectivité » et qu’ « il s’agit en

l’espèce d’une commande de la Ville qui relevait bien du code des marchés publics ». De plus, les commandes ont été confirmées et réglées indépendamment des alertes juridiques communiquées au Maire de Strasbourg par ses adjointes alors en charge des marchés publics et de la sécurité juridique, ainsi que parson Directeur général des services.

Suite à la signature de ces trois bons de commande et à leur règlement par la Ville de Strasbourg, en dehors des procédures habituelles en vigueur, une information judiciaire pour « favoritisme » et « recel de favoritisme » a été ouverte en octobre 2010 et est actuellement menée par deux juges d’instruction du Tribunal de Grande Instance de Nancy, où l’enquête a été dépaysée.

Considérant qu’il s’agit ici de l’usage d’argent public et que la gestion de ce dossier, les échos dont il fait l’objet et le refus de transparence de ses principaux acteurs portent atteinte à l’image et à la probité de la Ville de Strasbourg, le Conseil Municipal de Strasbourg réuni le Lundi 24 Juin 2013 demande à la Ville de Strasbourg, représentée par son Maire, de se constituer partie civile dans le cadre de cette information judiciaire et qu’un point soit inscrit à l’ordre du jour du Conseil Municipal pour l’y autoriser.

Le Conseil Municipal de Strasbourg considère que cette constitution de partie civile est la meilleure solution pour permettre à l’action judiciaire de se dérouler dans les meilleurs délais et les meilleures conditions et pour permettre d’établir la vérité dans ce dossier et ce dans l’intérêt de la justice, de la Collectivité et surtout desStrasbourgeois

 

Mathilde Mathieu a suivi cette affaire révélée par Médiapart.


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