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Un moment historique dans la construction politique de la nation...

Ou comment la maxime célèbre de Louis XIV « L’Etat c’est moi ! » reprend du sens.

On peut être républicain et se poser quelques questions sur le séisme à la fois médiatique et politique qu’ont provoqué les élections successives de la présidentielle et des législatives.

Séisme médiatique tant les retombées dans les titres de presse et les grands titres des journaux télévisés ont été mis en avant. Séisme dont l’épicentre parisien a trouvé des échos de la Grande-Bretagne aux aux Etats-Unis d’Amérique. Séisme intérieur tant l’expression « ensemble », n’a jamais autant divisé une nation.

Séisme politique également, par l’éclatement des frontières traditionnelles et structurantes du fonctionnement de nos institutions et de nos partis politiques. La droite est à la tête du pays, avec l’ancien chef de son parti à l’Elysée et une représentation majoritaire de son corps d’élite à l’Assemblée nationale.

Ceci est d’autant plus étonnant que la rupture annoncée, fil conducteur de la campagne de l’UMP, a le mieux été incarnée par le gouvernement sortant et la majorité sortante selon le vote des Français qui, historiquement, ont « soif » de rupture. Depuis 25 ans en effet dès que les Français en ont eu l’occasion, ils ont changé de majorité. Mais pas cette fois...

Mieux encore, des députés de droite et les anciens UDF ( regroupés sous la bannière du PSLE), qui ont été réélus ou qui sont en ballottage favorable, sont des députés sortants. Essayons donc de comprendre pourquoi !

Il est aisément compréhensible de comprendre les anciens UDF, nouveaux PSLE, ayant rejoint la majorité présidentielle. La peur de perdre leur siège a été plus forte que celle de leurs propres convictions. La signature d’un pacte garantissant l’acceptation de toutes les propositions du gouvernement sans possibilité de censure en fait néanmoins un groupe asservi et en somme un groupe qui n’en est pas un, un simulacre de groupe représentatif.

De plus, nous avons depuis cinq ans maintenant une gauche incapable, tiraillée par ses luttes internes, par son aile gauche et son aile sociale démocrate (en aparté, y’a-t-il une gauche du centre ?). Cette gauche qui ne sort pas de ses dogmes traditionnels, irrationnels, qui joue l’atout « contre la droite » quand la droite joue l’atout maître « tous ensemble ». Cette gauche qui n’a tiré aucune leçon du passé, fière d’exprimer publiquement les désaccords qu’elle a en interne. Fière d’exhiber des intérêts personnels surpassant l’égocentrisme : « Qui connaît M. Besson ? » (S.Royal), « Mais qui va s’occuper des enfants ? » (L.Fabius devant l’hypothèse d’une candidature Royal à la présidentielle).

Cette gauche qui finalement a ouvert un boulevard pour laisser M. Sarkozy et, rappelons-le, M. Bayrou (18.6 %, ce n’est pas rien) pour s’exprimer et conquérir les Français.

Habilement orchestrés par et pour Nicolas Sarkozy, ces différents éléments produisent un tout. Ce tout, c’est la dépendance totale de l’appareil démocratique au président de la République.

Nicolas Sarkozy l’a parfaitement compris en jouant une partition qu’il adore. Le Modem ? Fini ! On en parlera plus avant cinq ans ! La gauche ? Qu’elle se divise, plus besoin de la prendre en considération ! Pas besoin d’elle pour faire voter les lois à l’Assemblée ! Même si pour être exact il faut aussi passer par le Sénat.

L’Histoire de France a connu des crises de régime, certaines ont permis de hisser des hommes de poigne à la tête du pays (Louis XIV par exemple ou encore Napoléon au lendemain de la Révolution).

Leur point commun fut de gouverner seuls (à l’aide de quelques conseillers), en ayant pris soin d’asservir les divergences pour ne former qu’un Etat : le leur !

Ces hommes n’ont pas poussé la France dans une situation exécrable, bien au contraire, diront certains. Ils ont su tirer profit de leur pouvoir pour établir de nouveaux standards encore d’actualité (l’administration sous Louis XIV, le Code civil, le Collège de France ou la Légion d’honneur pour Napoléon). Il est vrai que le rayonnement de la France est passé par des étapes douloureuses sous la houlette de tels personnages, et l’analogie avec la personnalité et le fonctionnement de Nicolas Sarkozy est saisissante.

Gageons que le peuple français ait fait le bon choix, plus le choix d’un monarque absolu dans une démocratie moderne et laïque. Démocratie non pas gouvernée par l’Etat seul mais par une multitude d’éléments extérieurs que seul Nicolas Sarkozy semblait, dans l’inconscient des Français, à même de pouvoir maîtriser. (Pouvoir des médias presse et télévision, pouvoir de la Finance, poids de l’international et de la géopolitique, etc.). Cette maîtrise de ces différents pouvoirs, de par ses réseaux relationnels, amène une telle influence du pouvoir présidentiel dans toutes les sphères des pouvoirs et contre-pouvoirs, que l’on verrait bien notre nouveau président répliquer sérieusement :

« L’Etat, c’est moi ! »


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