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Accueil du site > Actualités > Politique > Un New Deal pour la France de 2012

Un New Deal pour la France de 2012

L’avertissement est des plus sérieux. Selon un sondage OpinionWay-Fiducial publié jeudi dans La Croix, 72 % des Français estiment que la campagne pour l'élection présidentielle de 2012 n’apporte que des réponses éloignées à leurs préoccupations. L’élection phare de la vie politique française ne fait plus recette. Quand oubliés et invisibles deviennent la majorité silencieuse, c’est la démocratie qui tremble sur ses fondements.

Certes, on pourrait retenir le verre à moitié plein. Les 24% des personnes interrogées qui estiment que c’est François Hollande qui "proposent les meilleures solutions à leurs préoccupations quotidiennes". Ce serait néanmoins se cacher derrière son petit doigt et reconnaître qu’au pays des aveugles, les borgnes sont rois.

La vérité est ailleurs. Le désenchantement des français à l’égard de la politique tient en grande partie à l’impuissance du pouvoir politique à formuler des solutions à la crise et notamment à l’explosion du chômage. Les derniers chiffres sont il est vrai calamiteux. Selon une étude de la société Trendeo pour Les Echos, 880 sites industriels ont été fermés en France depuis 2009 et environ 100 000 emplois industriels ont été perdus durant la même période.

 L’échec du volontarisme de Nicolas Sarkozy qui constituait sa marque de fabrique après le ronronnement décadent des années Chirac est aujourd’hui facturé au prix fort par des classes populaires et moyennes qui voient leur environnement et leurs repères s’effondrer.

 L’archevêque de Paris, Monseigneur André XXIII confiait dernièrement sur Europe 1 : "Noël a un gout d’ébranlement. On a le sentiment que beaucoup de choses qu’on pensait assurées ne sont plus assurées ou en tous cas sont soumises à perplexité".

 Ce sont bien des assurances et des perspectives, non des promesses de lendemains qui déchantent que les français attendent : de bonnes nouvelles sur le font de l’emploi, du maintien de la protection sociale notamment.

 A cet égard le discours du sang et des larmes unanimement repris par nos dirigeants politiques est totalement contreproductif dans la mesure où il n’est pas assorti d'un horizon. Or, c’est bien d’une terre promise après les sables du désert dont les électeurs ont besoin.

 "Un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir" avait dit un jour Aimé Césaire. S’il est une chose à retenir de l’histoire c’est justement le New Deal proposé par F-D Roosevelt pendant la grande dépression de 1933. Une nouvelle donne qui avait pour objectifs de soutenir les couches les plus pauvres de la population, de réformer les marchés financiers et de redynamiser une économie américaine meurtrie depuis le krach de 1929 par le chômage et les faillites en chaîne. Un tel paysage de désolation n'est pas sans présenter de nombreuses analogies avec notre environnement actuel.

Le New Deal c’est le contraire de la résignation, état d’esprit d’ailleurs totalement étranger à Winston Churchill. C’est au contraire de l’audace et du volontarisme, deux qualités bien falotes chez nos candidats à la présidentielle.

 Le New Deal aujourd’hui attendu c’est une véritable refondation du contrat social passant par la mise en place d’instruments de régulation économique et un Etat fort, interventionniste qui n'a pas peur de mettre à bas les intérêts de quelques-uns. Ce n'est pas de lécher les bottes des marchés même si, force est de reconnaître, que depuis Roosevelt, hormis l'avidité et la cupidité, l'économie a beaucoup changé.

 C’est surtout porter un espoir en étant convaincu qu’il existe une sortie de crise possible, à court terme et non dans une décennie, par l’adoption de mesures pragmatiques et novatrices.

 C’est également lutter contre le défaitisme ambiant. Un état d’esprit résumé dans la formule de Roosevelt : "la seule chose que nous ayons à craindre, c’est la crainte elle-même". De cette terrible crise des années 30 devait d’ailleurs naître le meilleur : l’Etat providence. Tout comme étrangement aux lendemains de la seconde guerre mondiale devait éclore, sous l'impulsion du Conseil National de la Résistance, dans un pays à genoux les fondations de la solidarité nationale. Serait-il aujourd'hui décent de renoncer dans un pays qui reste riche à ce que nos anciens ont su créer dans une nation exsangue ?

 Du New Deal toujours, le futur président français devra retenir cette période extraordinaire des cents jours pendant lesquels furent adoptées de nombreuses lois très diverses relatives à l'économie américaine. Cents jours, ce sera la fenêtre de tir dont disposera le futur chef de l’Etat pour donner une impulsion et une couleur à son mandat. Cents jours pour le pire ou le meilleur. Pour relever la tête ou courber un peu plus l’échine. Si les candidats ne nous donnent pas de feuille de route, c’est pourtant celle-là que l'on attend.


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7 réactions à cet article    


  • raymond 30 décembre 2011 09:56

    Bonjour, suite à une réponse récente d’un député ici même, « l’impuissance du pouvoir politique à formuler des solutions à la crise et notamment à l’explosion du chômage. » moi je pense que c’est bien pire que cela , ils ne voient pas la réalité tout simplement, des martiens au pouvoir


    • gonzales gonzales 30 décembre 2011 18:54

      une seule question : qui a mis ces martiens aux pouvoirs ? pas moi en tout cas car tout ces martiens on les connaissait depuis longtemps les sarko bachelot longuet juppe etc ;; ;;
      j’espere que beaucoup de francais reflechiront a deux fois en 2012


    • jef88 jef88 30 décembre 2011 12:36

      880 sites industriels ont été fermés en France depuis 2009 et environ 100 000 emplois industriels ont été perdus durant la même période.

      Avez vous compté les emplois perdus dans l’industrie depuis 1975 ?
      Tous les gouvernements gauche et droite confondus ont fait crever des usines...
      Bien sur la fermeture des mines et la sidérurgie ont fait de magnifiques écrans de fumée pour cacher la démolition systématique des PME :
      - textile habillement
      - chaussure
      - meuble
      - jouet
      - lunetterie
      - informatique (Bull)
      et j’en passe ..... Chacun pourra ajouter ses références !

      Mais le CAC 40 ? Pas touche ....


      • velosolex velosolex 30 décembre 2011 16:55

        Curieusement quand il aurait fallu y avoir une régulation de la finance, et un new deal construit autour des gigantesques paris à venir autour de la survie de la planète, s’est enclenché cette dérégulation dont on n’entrevoit un tout peu les conséquences : Pour le moment tout va encore bien, nous sommes sur la plage.
        Au large une vague a commencé à gonfler.
        Seuls les animaux ont pris conscience de ce qui allait nous tomber dessus. Ils se tirent ventre à terre.
        Les spécialistes, penchés sur leurs claviers sont plus prudents.
        Certes, il faudrait faire quelque chose, disent ils

        L’idée serait d’organiser un sommet entre états


        • Roosevelt_vs_Keynes 30 décembre 2011 17:46

          Un Roosevelt cru 1995 pour 2012 ? C’était ce matin 30/12/2011 sur RMC.


          • millesime 30 décembre 2011 18:59

            sortir de notre cadre de référence actuel proposer des idées novatrices en effet
            tout comme un Roosevelt ...nos dirigeants actuels écoutent bien trop leurs amis financiers.. ; !
            lisez
            http://millesime.over-blog.com

            bonne année 2012 (durant laquelle tout va changer.. !)


            • franck2012* 30 décembre 2011 21:34

              Début automne 2012 retour au Franc ...

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