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Accueil du site > Actualités > Politique > Un plan A comme Arnaque, ou un plan B comme Bayrou ?

Un plan A comme Arnaque, ou un plan B comme Bayrou ?

J’accuse … une partie du peuple français de se laisser influencer, abuser et aveugler par le cercle vicieux qu’impose le système des élections présidentielles.

J’accuse donc aussi … les medias en particulier, pour laisser-faire.

Comment expliquer que Sarkozy avec son bilan et avec un récent rapport de la cour des comptes qui met beaucoup de ses erreurs en perspective ET Hollande qui fait un pas en avant et deux en arrière (retraites, emplois jeunes, quotient familial, accord EELV, fusion IR/CSG…) et qui promet des choses intenables quand il fini par décider … continuent à se trouver en tête des sondages ? Comme-ci le fond de ce qu’ils disaient, ou l’impact de leurs actes, n’avaient que peu de conséquences sur l’opinion publique ?

Permettez-moi de développer les quatre points cardinaux de ce que je qualifie de « système des élections présidentielles » :

La présence dans les medias – je cite mon ami blogueur l’Hérétique qui a fait l’analyse factuelle suivante (j’ai pris la liberté d’adapter un peu) : dans les medias, le temps de présence à ce jour est de 87 heures pour Sarkozy, 61 heures 30 pour Hollande, et 22 heures 30 seulement pour Bayrou. Soit trois à quatre fois moins. Par exemple, pour les émissions d'information et selon le CSA, sur France 2, Bayrou est à 4.74 % pour le mois de janvier et Hollande 39 %, Sarkozy 23 % et Mélenchon 18 %. 
On peut s’amuser à comparer la proportion similaire de ces chiffres avec les intentions de vote pour Hollande et Sarkozy, alors que Bayrou "sur-performe" clairement par rapport à son taux d’exposition médiatique. 
Les chaînes ont jusqu'au 19 mars pour respecter l'équité, j’espère qu’elles feront, ou qu’on leur fera faire, leur devoir.

La notoriété des soutiens – nous parlerons des élus juste après, mais évidemment le fait qu’il n’y ait beaucoup moins d’élus du MoDem ou de l’ARES ne joue pas en la faveur de François Bayrou. Malgré cela, il bénéficie d’un nombre très important de soutiens (voir www.bayrou.fr pour des exemples) mais qui n’ont pas le mérite d’être connus du grand public. Mais qui connaissait Gueant, Baroin, Morano, Lefebvre, Jacob et les autres avant qu’ils ne soient au gouvernement ? Idem pour Hamon, Montebourg, Valls, Cahuzac ou même Sapin dont les noms ont émergé ces toutes dernières années. Et bien Bayrou a de Sarnez, Lambert, Idrac, Rocherfort, Peyrelevade ou Arthuis et les bientôt-connus Werlhing, Fesneau, Folliot, Henno, Gourault et tant d’autres. La valeur doit-elle être associée à la notoriété ? Ou le VRAI changement passe t’il aussi par des hommes et femmes différents à la tête du pays ?

Les élus – qui vont donc de pair avec les soutiens « connus à la télé », qui sont aussi importants dans l’organisation locale du tissu de volontaires. En l’absence d’une part de proportionnelle aux élections législatives, il est difficile de promouvoir la diversité politique à l’Assemblée Nationale. Il faut reconnaître que le PS à déjà dit être d’accord avec son introduction, tandis que l’UMP résiste. La question qui revient souvent est « avec qui Bayrou va-t-il gouverner s’il est élu ? ». Coté gouvernement, il a dit qu’il prônerait un gouvernement rapproché de dix ministres. Avec ceux que j’ai cité ci-dessus, et d’autres qui rejoindront le Président, vous pouvez avoir une idée. Concernant l’Assemblée Nationale, je suis obligé de faire une hypothèse qui me parait très réaliste : dès que Bayrou sera élu par le peuple, la bousculade des politiques du centre, de droite modérée et de gauche moderne, comme on dit, rejoindront la majorité présidentielle, ne serait-ce que pour garder leur poste. Il n'aura plus qu'à choisir les meilleurs. 

Le budget – pas de surprise, les budgets du PS et de l’UMP sont sans commune mesure avec ceux du MoDem. Un article sur l’internaute fait état de 55 millions d’euros pour le PS, 50 millions pour l’UMP, puis 32 millions pour le PC, près de 9 millions pour EELV et 5 millions pour le MoDem… Dix fois moins que les deux grands !

Maitrise des medias + Notoriété des soutiens + Nombre d’élus + Argent…. je crois que la capacité même de François Bayrou à générer à la fois un tel niveau d’enthousiasme pour 12-14% des électeurs, et une telle crainte de la part des grands partis, est tres révélatrice du rôle central qu’il est prêt à jouer pour la France.

Mais alors, me direz-vous, prouve-moi que Bayrou a un meilleur plan que les autres ? Très bonne question, merci de l’avoir posée ! Première réponse, vous l’aurez compris, il faudrait un peu plus lui en laisser l’occasion !

Mais, comme vous avez raison, je vous dirai que si vous ne venez pas à Lagardère, Lagardère ira à vous ! Je vous propose donc de continuer à suivre ce blog. ainsi que ceux des amis Démocrates en colonne de droite, et pour plus de simplicité, voici un lien vers 20 propositions pour l’économie, et 30 pour l’éducation. Lisez, dialoguez et choisissez…

Et s’il vous plait, quand vous voterez en Avril prochain, ne vous mettez pas en mode automatique, et gardez en tète votre intérêt et celui du pays. Car le plan B est parfois bien meilleur que le plan A


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9 réactions à cet article    


  • fredleborgne fredleborgne 11 février 2012 10:20

    UMPS, les deux faces sombres d’une même pièce


    • democradirect democradirect 11 février 2012 10:53

      Il ne faut voter que pour des candidats qui prennent l’engagement suivant :

      « Si je suis élu à la présidence de la république, je m’engage à soumettre en votation populaire ou au Parlement durant la première année de mon mandat l’introduction du droit de référendum d’initiative populaire suivant : si une proposition de modification de la Constitution est soutenue par un million de signatures de citoyennes et de citoyens inscrits sur les listes électorales réunies en 18 mois, alors cette proposition devra obligatoirement être soumise en une votation populaire dont le résultat s’imposera aux élus. De plus, toute modification de la Constitution – même voulue par les élus – devra obligatoirement être soumise en une votation populaire dont le résultat s’imposera aux élus ».

      Pour le président actuel, il ne s’agirait pas simplement de formuler cet engagement, mais de lancer immédiatement le processus.

      Voir ici un appel à diffuser et un argumentaire.

       


      • Dzan 11 février 2012 14:24

        Bayrou, membre du cabinet de campagne de Ballamou, avec pour acolytes Sarkozy, Léotard, Bazire ( mis en examen)Pasqua ( no coment)

        En 1993, il est nommé ministre de l’Éducation nationale dans le gouvernement de cohabitation d’Édouard Balladur. Il propose une réforme de la loi Falloux, qui aurait déplafonné la possibilité, pour les collectivités locales, de subventionner les investissements des établissements d’enseignement privé. Le 24 janvier 1994, près d’un million de manifestants s’en prennent à ce projet, pour défendre l’école laïque. La méthode de François Bayrou est alors critiquée à droite comme à gauche. Finalement, le Conseil Constitutionnel rejette le projet de François Bayrou.


        • Olivier Des Mots Crates OlivierDesmotscrates 11 février 2012 15:08

          Il me semble important de s’en référer au passé , mais aussi de reconnaître les parcours dans leur ensemble - vous ne pensez pas que citer une situation d’il y a 20 ans sans mettre en perspective ce qui s’est passé depuis soit franchement honnête ?

          1998 : présidence de l’UDF, 2002 : refus catégorique de rejoindre l’UMP à sa création, 2007 : refus de l’offre de Royal d’être son premier ministre en échange de son soutien au 2eme tour et création du MoDem, 2009 : sortie du livre « Abus de pouvoir » où il dénonce la manière de gouverner de Sarkozy...

          Concernant la loi Falloux, je citerai un passage du livre « 2012. Etat d’urgence » :
          « L’affaire Falloux m’a coûté, mais elle m’a beaucoup appris. Elle a mis de centaines de milliers de personnes dans la rue contre un texte qui ne méritait pas tant d’indignité, puisqu’il visait seulement à permettre aux collectivités locales d’aider l’enseignement privé à réparer ses bâtiments ou à en construire si besoin. Ce qui se faisait et se fait sans le dire tous les jours par diverses ruses juridiques. Disons de suite que je portais la responsabilité de cet échec. J’ai voulu batailler et remporter la bataille. J’étais jeune et gascon. La vie s’est chargée de me corriger les excès de l’un et l’autre de ses états. »

        • mimi45140 11 février 2012 15:12

          Je suis d ’ accord, pour un homme de consensus il a mis un beau bordel, auquel ni la droite ni la gauche dans la querelle de l éducation nationale ne voulais réactiver le feux , mais le bordel cela attire l ’attention. Tout ne s’ oubli pas, tout comme sa prestation avec cohn-bendit , ont ne devient pas un grand homme en abaissant les autres .


        • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 11 février 2012 14:54

          « Comment expliquer que Sarkozy avec son bilan (...) et Hollande… continuent à se trouver en tête des sondages ? »

          L’auteur a raison de rappeler que le temps parole accordé à Sarkozy joue un rôle déterminant dans ses sondages. Ceci dit, à la place des conseillers de l’Elysée je m’inquiéterais de voir que 63% de couverture médiatique se traduisent par un modeste 24% d’intention de vote au premier tour. Tant d’efforts déployés pour si peu de résultats... il y a de quoi saper le moral des plus ardents partisans.

          Quant à Hollande je pense qu’il bénéficie mécaniquement du rejet de l’autre affreux à talonnettes. Le population est écoeurée par l’omniprésence de Sarkozy, par ses mensonges, ses coups bas, ses manipulations abjectes, et elle pense - à tort ou à raison - que seul le candidat du PS est en mesure de chasser le petit cintré.

          Ce qui fait la force de Hollande c’est la détestation de Sarkozy. Tout comme elle faisait le succès de DSK avant l’affaire du Sofitel. Et si Hollande venait à faire défaut, c’est certainement Bayrou qui le remplacerait dans les intentions de vote.

          Dans cette atmosphère de rejet du sortant les programmes ne sont malheureusement pas au coeur de la campagne. C’est un effet collatéral navrant de la politique néfaste de Sarkozy.


          • Tall 11 février 2012 16:05

            Le parlement européen est actuellement sous majorité chrétienne de centre-droit. C’est le club de Bayrou.


            • 100reproches 100reproches 11 février 2012 21:36

              Dans le discours d’aujourd’hui, il a été bon. Plus d’une phrase mérite d’être retenue, notamment sur les valeurs ou sur le rôle du pouvoir.


              Or, ce que l’on nous propose aujourd’hui, ce que Nicolas Sarkozy présente comme valeurs, c’est à mes yeux la négation même d’un certain nombre de ces valeurs qui ont fait la France ! L’idée, pour gagner des voix, d’un référendum organisé sur le droit des chômeurs, c’est la négation de ce qu’un chef d’État doit à un pays comme la France. Ce ne sont pas les chômeurs qui sont responsables du chômage, ce sont les gouvernants !
              (........) Je veux finir par une phrase, elle est encore de l’Abbé Pierre, on me l’a envoyée ce matin sur mon mail alors je vous la lis car je l’ai trouvée extrêmement juste et émouvante :

              « Le pouvoir est fait non pour servir le plaisir des heureux, mais pour la délivrance de ceux qui souffrent injustement ». 

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