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Accueil du site > Actualités > Politique > Un provocateur peut-il être de gauche de nos jours ?

Un provocateur peut-il être de gauche de nos jours ?

Cela en surprendra certains, en indignera d’autres mais il existe beaucoup plus de points communs qu’il n’y parait entre Louis-Ferdinand Céline et Serge Gainsbourg. Comment peut-on oser comparer un collabo antisémite et l’auteur de la Marseillaise en reggae ? Mais en y regardant de près, ne sommes nous en face de deux provocateurs de génie, égocentriques, misanthropes et désespérés qui ne respectaient pas grand-chose. Céline était-il de droite, rien n’est moins sûr malgré son voyage en Allemagne « au mauvais moment » et ses pamphlets douteux, non réédités. Et est-il raisonnable de considérer Gainsbourg comme un homme de gauche, ce serait s’avancer bien vite. Céline n’est pas Drieu La Rochelle et quand Gainsbourg brula un billet de 500 francs, il a choqué la France de gauche.

Gainsbourg et Céline irritent la bourgeoisie de culture catholique, même si elle n’est pas pratiquante. Mépris de l’ordre établi, aucune retenue vis-à-vis de la décence et de la morale, bref une absence totale de respect pour les biens pensants. Car celui qui a chanté l’inceste avec sa fille mineure, qui a interprété le nazi rock around the bunker, qui a repris dans un clip « mon légionnaire » avec un gamin impubère coiffé d’un képi est à des années lumières de la « bien pensance » de la gauche frileuse et moralisatrice.

Nous avons à faire à deux énergumènes très cultivés avant tout individualistes, qui ne retiennent de la devise de la patrie que la composante liberté. On est donc très loin de la pensée de gauche qui s’insurge devant les injustices, c’est-à-dire réagit à l’encontre du mot « nauséabond » ou de l’attitude douteuse.

La plupart des grands provocateurs sont ou ont été dans leur grande majorité des apolitiques individualistes. Bedos en faisait partie avant un revirement qui lui a fait lire des notes d’une « revue de presse » en public, et il a perdu de son mordant et de son ironie. Il n’oserait plus désormais son sketch au second degré sur les Marocains. Celui où il dit : « Le Roi, c’est un garçon très bien, et pourtant il parait que ce serait un arabe ! ». Coluche avant les Restos du Cœur avait pondu lui aussi un sketch dans lequel il tentait « c’est l’histoire d’un noir… non !, On peut pas, alors c’est l’histoire d’un juif…Non. Là non plus tu ne peux pas non plus, Ah bon ! ». Il ne sera pas fait mention de Dieudonné, car s’il s’est politisé, il a perdu son humour initial.

Car l’homme de gauche s’insurge à chaque dérapage, et de citer l’aphorisme de Pierre Desproges à tout bout de chant comme un perroquet. Oui, il faut rire de tout, même avec n’importe qui !

Il aurait été judicieux et irrévérencieux de raconter des blagues antisémites aux condamnés de Nuremberg avant de leur passer la corde ! Encore le nazi rock, nous y revenons.

Les plus grands provocateurs de jadis étaient souvent homosexuels. On se souvient d’Oscar Wilde, d’Aristide Mayol, de Jean Cocteau, de Jaques Chazot et Michou que l’on peut difficilement classifier à gauche. On pourrait même oser l’oxymore d’« anarchistes de droite ». Et Georges Brassens, Brel, Henri Tachan (à ses débuts) sont plus des libertaires que des artistes engagés avec leur soupe gnangnan. On peut être libertaire sans se réclamer de la gauche, sans pour autant se satisfaire du capitalisme et des inégalités. Et bien évidemment, on ne peut non pas faire l’impasse sur Jean Genet et sa phrase électrochoc, « Je préfère la compagnie des fascistes à celle des bourgeois  ». Quelle claque de la part de l’auteur des « Paravents » interrompue bruyamment par les paras, comme la Marseillaise de Gainsbourg.

Dans la même lignée des agitateurs, contestataires ou simplement originaux, on retrouve pêle-mêle Rimbaud, Baudelaire, Brummell, Michel Tournier tous esprit libres mais que l’on ne peut guère considérer comme des socialistes ou des sympathisants.

Vous allez rétorquer, il nous reste l’extrême gauche, enfin une partie d’entre elle, mais certainement pas les trotskistes ! Le sens de l’humour d’Arlette Laguiller, d’Alain Krivine et d’Olivier Besancenot est plus que discret et crypté. Reste les gens de Charlie Hebdo et de Hara-Kiri, enfin ceux de la grande époque du « bal tragique à Colombey, un mort ! », de « Reiser va mieux, il est allé au cimetière à pied » et c’est à peu près tout.

L’engagement politique tue souvent la spontanéité et l’ironie. Il faut se fondre dans le groupe, suivre des mots d’ordre, ne pas trop se démarquer des autres par une pensée originale et contestataire dans le sens pur du mot. Repenser à Brassens, « Quand on est plus de quatre, on est une bande de cons. Bande à part c’est ma règle et j’y tiens ». Le militantisme est un obstacle au rire et à la provocation. L’engagement politique vise le plus souvent à réprimer l’individualisme.

La gauche s’est enfermée dans le dogmatisme, la pensée lénifiante qui tue l’initiative, le bon mot et l’ironie. Il ne faut pas stigmatiser les noirs, les juifs, les arabes, les gros, les vieux, les handicapés et bien d’autres. Patrick Timsit doit très bien s’en souvenir, lui qui fut obligé « d’aller à Canossa » après son numéro sur les mongoliens, euh, pardon, il faut dire désormais les trisomiques.

Quand on entend les socialistes actuels, Mélenchon, Duflot et son histoire de confit de porc, ainsi que la majorité des Verts, on se dit qu’ils ne doivent pas rigoler souvent en meeting de coordination. Ca les regarde certes, mais hélas, ils veulent imposer leur morale laïque sinistre à toute la société. Un précédent article développait que la chute du communisme pouvait s’expliquer par son cruel manque d’humour et de dérision. Maintenant, toute la gauche s’y met, elle se veut bien pensante, respectueuse et, le terme est voulu, bien que choquant pour ces gens, politiquement correcte.

Le moindre mot de travers est banni, dénoncé, il s’est installé ce que les psychologues appellent pompeusement l’hygiène du langage. Cela avait commencé dès Mai 68 quand communistes et trotskistes déchiraient les tracts orduriers des gauchistes. « Crève salope, le peuple aura ta peau  », « Un clou, je glisse » et « L’imagination au pouvoir » ne mettaient pas assez en avant le rôle des masses et des classes laborieuses.

Le célèbre « Plus je fais la Révolution, plus j’ai envie de faire l’amour » n’est plus d’actualité. Le sexe est banni à gauche, qui reprend la morale vieillotte des cathos intégristes, comme la sirène du Poitou et son attitude permanente d’institutrice en train de morigéner, bien qu’elle s’exhibât avec son nouvel amant.

La gauche est donc enfermée dans une attitude plus moralisatrice que morale, dans un paternalisme unisexe (féminisme oblige) qui se décline tous les jours en laïus pontifiants, en prise de position offusquée à la moindre boutade ; les fameux dérapages de trop et les dérives intolérables. Vals, pourtant (encore) socialiste, en a fait les frais avec ses « white et blancos ». Et pourtant, il n’est pas un grand humoriste. C’est triste à dire, les gens de gauche sont devenus ennuyeux et convenus. Ils reprennent à leur sauce les vieux mots d’ordre de la droite réactionnaire catholique et bourgeoise, celle que dénonçait Souchon dans « Poulailler song ». Et Renaud, avant de devenir insignifiant, l’avait bien vu dans « Ma socialiste ».

Où est passé l’esprit frondeur des Français ? Où est donc ce foutage de gueule qui nous fait traiter d’arrogants par les Anglais ? Mais un prof syndiqué, lâche, démissionnaire et consensuel ne peut se retrouver dans la saine provocation et l’irrévérence, sauf celle de ses élèves qui le méprisent.

Heureusement finalement que Jean-Marie le Pen n’a qu’un petit humour douteux, sauf sur Fillon, « le fidèle castré » et que sa fille ne se prend pas pour Claire Bretécher ou Anne Roumanof, sinon, le FN monterait encore plus haut dans les sondages à cause de l’aboulie de la gauche.


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46 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 9 août 2010 10:36

    tu as bien du le constater , ceux qui osent faire de l’humour sur les enterrements en Afrique et la consommation d’Albinos sont de dangereux extremistes de la droite la plus extrême et cela nous rappelle les heures les plus sombres de notre histoire !
    heureusement que la gauche bienpensante vient rappeller à ces gens nauséabonds qu’il est indécent de propager les remugles de la bête immonde , Morice a bien raison , c’est scandaleux !  smiley  smiley  smiley  smiley


    • zelectron zelectron 9 août 2010 10:37

      L’homme de gauche français a une culture oppositionnelle de mauvais aloi. Dès qu’une proposition est énoncée par l’un quelconque de ses adversaires politiques il va s’ingénier à en démolir tous les arguments un à un, même si, dans son for intérieur, il y souscrit ( à l’instar d’un avocat qui défend indifféremment un criminel ou un innocent )
      A titre d’exemple une Martine Aubry ne peut s’empêcher de dire du mal de la droite en tous lieux et circonstances et on ne lui connait pas d’exemples contraires. ( il faut dire qu’à droite c’est la même chose, mais le sujet de cet article c’est l’homme de gauche, pas la femme : excuses pour Martine )
      La provocation pour la provocation est désormais une de ses armes favorites et le pire c’est que l’homme de droite en fait autant : le concours de provocs des uns et des autres devient pitoyable ou agaçant, s’est selon...


      • jaja jaja 9 août 2010 10:41

        « Le célèbre « Plus je fais la Révolution, plus j’ai envie de faire l’amour » n’est plus d’actualité. »

        Et c’est tant mieux...

        Parce qu’avec tout ce qu’on fait en Révolution aujourd’hui on baiserait pas souvent...


        • Fergus Fergus 9 août 2010 10:42

          Bonjour, Georges.

          « Les plus grands provocateurs de jadis étaient souvent homosexuels. »
           
          Et pour cause : dans une société qui n’admettait pas les « déviances », leur choix sexuel était en lui-même considéré comme une provocation. Aller plus loin dans cette provocation sur d’autres sujets était pour eux une manière de noyer leur sexualité « amorale » dans des paroles, des écrits, des attitudes iconoclastes.

          Leur provocation n’était, le plus souvent, rien d’autre qu’une défense !


          • Pyrathome pyralene 9 août 2010 11:05

            AHHHH non !........ smiley


          • Pyrathome pyralene 9 août 2010 11:07

            Bon , j’ai une palette de billet de 1000 euros à cramer, si quelqu’un pouvait me donner un coup de main....


            • LE CHAT LE CHAT 9 août 2010 11:18

              J’entends des voix off , qui me disent Adolf , tu cours à la catastrophe , je me dis bof , tout ça c’est du blof ....

              Un des meilleurs albums du grand Serge ! des textes excellents !


              • Pyrathome pyralene 9 août 2010 11:20

                Allez viens !! on va danser le nazi rock ......... smiley


              • LE CHAT LE CHAT 9 août 2010 11:33

                Et après se la couler douce comme dans SS in Uruguay ...  smiley


              • leypanou 9 août 2010 11:22

                "Quand on entend les socialistes actuels, Mélenchon, ...on se dit qu’ils ne doivent pas rigoler souvent en meeting de coordination. Ca les regarde certes, mais hélas, ils veulent imposer leur morale laïque sinistre à toute la société" : avez-vous été en privé avec eux pour sortir ce genre de propos ? Ne savez-vous pas qu’il y a une différence entre ce qu’on nous montre publiquement et derrière les caméras ?


                • Georges Yang 9 août 2010 17:18

                  On les imagine mal chantant « Marginal, nous voilà », avec une fausse moustache !

                   


                • Pyrathome pyralene 9 août 2010 18:44

                  Dis-donc tête de noeud, « l’autre ( Gainsbourg..)a plagié 50 % de son » oeuvre"

                  t’as des arguments pour dire ça ?? des preuves ?? 
                  arrête tes mensonges et tes délires.....


                • Georges Yang 9 août 2010 13:17

                  Ceux qui ont pu rire au calembour sur le penis de le Pen, apprecieraient ils une vanne sur Monte -Bourre ? Pas sur
                  Quant a ceux qui ont apprecie « Inglorious Bastards » ils peuvent se demander pourquoi on ne peut faire un film de fiction avec un de Gaulle a Londres homosexuel avec Delatre, et en plus alcoolo et antisemite !
                  Il y a encore du progres a faire dans la provocation


                  • pastori 9 août 2010 13:41

                    "ils veulent imposer leur morale laïque sinistre à toute la société"

                    morale laïque sinistre ! Car la morale catholique, juive ou musulmane est sans doute un enchantement ?


                    • Iren-Nao 9 août 2010 14:37

                      Il y a tout de meme un vrai Clown au PS :

                      La Dinde du Poitou.

                      Mais est elle au PS, voire a gauche  ?

                      Iren-Nao


                      • Fergus Fergus 9 août 2010 16:31

                        Et le paon de Neuilly, il est d’où ?


                      • Georges Yang 9 août 2010 17:27

                        Sarkozy est un cuistre sans culture , une sorte de Djamel de droite
                        Rien d’un grand provocateur, juste un enfant capricieux, D’Arvor avait raison
                        Je prefere les provocations droitistes de Zemmour, lui il a une culture


                      • pastori 9 août 2010 15:09

                        tant que vous ferez joujou avec les dindes qu’on agite sous vos yeux, , il y a des vautours qui auront le champ libre pour vous posséder


                        • sisyphe sisyphe 9 août 2010 15:19

                          Dans le but d’une nouvelle provoc’, l’auteur redécouvre ......... la « bienpensance » et le « politikmencorrekt » chers à la novlangue de la droite décomplexée... 


                          Provoc qui tourne donc au nouveau politiquement correct, en mélangeant tout, faisant de Céline l’antisémite forcené un mec qui n’aurait pas été de droite, et de Brassens...un anar qui n’aurait pas été de gauche...

                          Bof... sans intérêt... 

                          • Georges Yang 9 août 2010 17:22

                            Une belle provocation est celle de « C’est arrivé près de chez vous » avec le sucre, l’olive et le petit Grégory

                             


                          • CAMBRONNE CAMBRONNE 9 août 2010 16:42

                            SALUT A L’AUTEUR

                            Décidément j’ai pris gout à vos billets . Bien écrits et bien enlevés ils sortent de la médiocrité ambiante dans laquelle le « gars » sysiphe souhaiterait nous maintenir .

                            Lecteur de Céline et d’ouvrages sur Céline je dois reconnaitre que c’était un drôle de pistolet .

                            La classification gauche droite lui était complétement étrangère comme d’ailleurs à beaucoup de ses compagnons de misère dans « d’un château l’autre » où il narres les tribullations des restes de l’Etat français et des collabos qui étaient pour la plupart issus de la gauche .

                            Les livres de Céline sont aussi délirants que les films de Kustorica . Chat noir, chat blanc ?

                            Anti sémite Céline ? Oui et alors ! contre quoi n’était il pas ?

                            Bien à vous .


                            • Waldgänger 9 août 2010 16:49

                              En gros, dans « Bagatelles pour un massacre », il aurait fallu seulement retenir le premier mot du titre. Et sur les appartenances politiques des collaborateurs, vous avez des sources précises, qui seraient des enquêtes statistiques systématiques, et non pas un vague relevé de quatre ou cinq noms, dont certains avaient parcouru tout l’échiquier politique depuis longtemps et n’étaient pas plus de gauche que divers droites ou radicaux (on pense à Laval) ?


                            • Georges Yang 9 août 2010 17:16

                              Le provocateur tire du plaisir à fustiger les imbéciles, le politique se sert d’eux pour se faire élire, tant à droite qu’à gauche. C’est probablement là où réside la différence d’approche de la société.

                               

                              Quelques réflexions complémentaires :

                               

                              -  Céline ne respectait rien, pas même ses malades, cela ne signifie en aucun cas qu’il les soignait mal. Gainsbourg devait se marrer doucement en catimini à chaque nouvelle provocation, se demandant à chaque fois ce qu’il allait inventer pour exciter la meute. A côté de ces deux là, le pitoyable Djamel et son Comedy Club, n’est qu’un vulgaire bouffon, ne faisant s’esclaffer que sa clique d’incultes.

                               

                              -  « Jouissez sans entraves » ne peut être un slogan de gauche, il sent trop l’hédonisme, le soufre et ne sait être fédérateur pour appeler la plèbe aux urnes. Il en est de même pour le mot d’ordre, « Ni le nain, ni la folle ! » pourtant suffisamment fédérateur. Sartre et Beauvoir étaient surtout des pétitionnaires sans humour, pas des provocateurs

                               

                              -  Il y a longtemps, Wolinski avait osé « j’encule le Pape, au nom du Christ-Roi », pourrait-il le faire aujourd’hui en remplaçant les protagonistes par le hezbollah et le Prophète, ou le Dalaï-lama et le bouddhisme tantrique ! On peut fortement en douter.

                               

                              -  Quant à Jane Birkin, elle n’était qu’un jouet dans les mains de son Pygmalion. Après sa séparation, elle s’est mise à la compassion consensuelle et naïve en prenant fait et cause pour les Birmans et les Tibétains.

                               

                              -   Enfin, j’oubliais Nabe, avec ses pamphlets muraux « Chirac, reviens ! » et « Enfin nègre ! » qui a dû faire grincer bien des dents à gauche.

                               

                               


                              • JL JL 9 août 2010 17:27

                                 « Où est donc ce foutage de gueule qui nous fait traiter d’arrogants par les Anglais ? » (georges yang)

                                Il ne faut pas confondre provocateur et bouffon du roi ! De nos jours, le roi ce sont les banksters ! Et le plus grand bouffon du roi, provocateur à ses heures après Berlusconi, ou ex-aequo, aujourd’hui c’est à l’Elysée qu’il crèche.

                                Ceux qui mettent en péril le roi parce qu’ils montrent qu’il est nu, sont accusés et inquiétés : cf. « ce jeune militaire américain et ses dizaines de milliers de documents, (...) ou plus près de chez nous, les enregistrements effectués chez Madame Bettencourt, qui bien qu’ils dévoilent des implications de certains membres du pouvoir exécutif dans des affaires privées, etc., ceux-ci ne sont ni inquiétés, ni poursuivis, et comme pour le jeune militaire, ce sont les auteurs de la divulgation des faits qui sont mis en examens. » (par ddt99)


                                • JL JL 9 août 2010 17:28

                                  Oui, je sais, je manque d’humour !

                                  En réalité, je me refuse à rire n’importe qui, ça je le garde pour moi !

                                   smiley


                                • Georges Yang 9 août 2010 17:33

                                  Autant je suis d’accord sur votre analyse , ce n’est pas Sarkozy et Belusconi qui ont le pouvoir, ce sont des clowns mais par contre j’insiste sur le bienfait de la derision
                                  Rien n’est respectable, surtout pas les causes serieuses

                                  PS Si vous avez de l’humour, vous le cachez bien


                                • JL JL 9 août 2010 17:56

                                  La dérision c’est l’arme des résignés.


                                • sisyphe sisyphe 10 août 2010 08:27

                                  Le ricanement, ce n’est pas le rire ; c’est le mépris du cynique. 


                                  La vraie dérision s’applique avant tout à soi-même

                                  Gainsbourg était un dandy cynique, qui n’ a jamais provoqué l’ordre établi, mais n’a fait que s’en servir pour son propre compte

                                • Georges Yang 10 août 2010 10:24

                                  JL et Sysiphe
                                  Vous etes probablement des gens intelligents, mais vous etes sinistres comme des bolchevicks !
                                  Oscar Wilde disait qu’un cynique connait le prisx des choses sans en connaitre la valeur, je penseen connaitre les deux ,c’est utile pour survivre dans ce monde


                                • JL JL 10 août 2010 10:53

                                  George Yang, vous avez le droit de rire de tout, et avec n’importe qui. Je suppose que si vous étiez prisonnier à Guantanamo, vous rigoleriez bien avec vos bourreaux ! Ha ha !

                                  Permettez que l’on ne pense pas comme vous sans être traité de bolcheviks.


                                • sisyphe sisyphe 10 août 2010 11:16

                                  sinistre ?? 

                                   et « bolchevik » ? smiley 

                                  Ce que vous ne comprenez pas, Yang, ou du moins que vous n’avez pas assimilé, c’est que la provocation n’est utile (et jouissive, comme vous dites) que lorsqu’elle s’attaque à un ordre établi, qu’elle bouscule les conventions, les dogmes d’une société figée sur des valeurs « morales » ; pas lorsqu’elle n’est le fait que d’un cynisme qui ne fait qu’entériner la domination de ceux qui ont les moyens de se la jouer perso....

                                  Toute la différence entre le cynisme et l’iconoclastie. 

                                  La provoc pour la provoc, ce n’est qu’une pantomime, un effet d’image, un acte proprement narcissique, et ça ne gène en rien les tenants de l’ordre moral.
                                  Gainsbourg était un personnage brillant, mais un dandy, qui n’a fait que surfer sur son personnage, pour en tirer un profit personnel ; il n’a jamais, en quoi que ce soit, dérangé l’ordre établi : il s’en est servi à son usage. 

                                  Wilde était aussi un dandy, mais son homosexualité, affichée et revendiquée, était un acte d’iconoclastie, qui dérangeait les conventions, la « bonne société » 

                                  Céline fut un écrivain particulièrement génial, ; novateur, mais sa haine du monde, des juifs, l’a confiné dans un rejet global, qui ne pouvait en aucun cas perturber les tenants de l’ordre moral..

                                  Les vrais iconoclastes ; comme Clovis Trouille, les dadaistes, les surréalistes, tous ceux qui se sont attaqués aux piliers de l’ordre moral, par l’antimilitarisme, l’anticléricalisme, l’antimoralisme, ne le faisaient pas dans un but de gloire personnelle, mais pour dénoncer des dogmes, et ont réussi, eux, à faire progresser l’esprit critique, les moeurs, la liberté...
                                  On peut également citer (dans le désordre) Vian, Brel, Brassens, Ferré, Fellini, Bunuel, Ferreri, Vigo, Blier, et bien d’autres, pour qui la provocation ne fut pas une posture, mais un engagement pour affirmer des notions de liberté, de transgression, de brisure des carcans moraux et societaux. 
                                  Tous ces gens là étaient, assurément, de gauche ; c’est toujours la gauche qui a permis une évolution des moeurs, à travers la dénonciation des privilèges, des conventions, des outils de la domination des nomenklaturas , quelles qu’elles soient. 

                                  A cet égard, quelle plus belle libération des moeurs, dans l’époque moderne, que celle qu’a engendré 68 ? 

                                  Vous, vous ne faites qu’entretenir la confusion entre la provoc pour la provoc ; inutile, narcissique, gratuite, sans effet, 
                                  et la véritable iconoclastie, qui bouscule l’ordre moral et sociétal instauré par les dominants, et permet une évolution des moeurs, et de la liberté. 

                                  Votre provoc n’est qu’une posture, qui, au final, ne dérange rien ni personne, une fois les maigres clameurs tues
                                  quand la véritable iconoclastie demande beaucoup plus de courage, de force de caractère, de volonté, et un réel désir de s’attaquer à l’ordre établi. 

                                  Quant à moi, ne vous inquiétez pas, je n’ai rien de sinistre, ni de bolchevik ; j’ai toujours été du côté de la rebellion, et de la joyeuse révolte ; mais me défiant de tout cynisme, qui n’est qu’un haïssable et narcissique sentiment de supériorité.

                                  La gauche est iconoclaste, quand la droite est cynique ; c’est toute la différence. 


                                • Georges Yang 10 août 2010 15:09

                                  Sysiphe
                                  Vous avez de l’intelligence et de la culture, mais aussi la posture de l’indignation des gens de gauche
                                  Holland et Royal sont ils de gauche ? En tout cas, ils ne font rire qu’a leurs depends
                                  Quant a ceux que vous citez, pour la plupart, il s’agit de libertaires, mais pas de militant
                                  On peut aussi considerer DALI comme un provocateur de droite


                                • Georges Yang 10 août 2010 15:12

                                  JL
                                  Pour vous, un dessin de Reiser, la vangeance des molaires, ca repond a votre commentaire


                                • Spip Spip 9 août 2010 18:27

                                  J’aime bien vos articles, j’ai déjà eu l’occasion de le dire.

                                  Dans celui-ci il y a quand même quelques passages qui m’ont fait tousser :

                                  Céline, un voyage au mauvais moment, des pamphlets douteux. Non, quand on a eu l’occasion de les lire, il ne subsiste aucun doute. C’est de l’antisémitisme violent et haineux ! Ceci dit, Louis-Ferdinand haïssait l’humanité entière, à commencer par lui-même...

                                  Oui, il faut rire de tout, même avec n’importe qui ! Non, Desproges avait vu juste : pour moi, un rire en commun avec une personne aux positions nauséeuses risque de passer pour de l’approbation et là, je n’ai plus envie de rire.

                                  Le politiquement correct : vaste sujet. Je me bornerais à constater que humour et militantisme sont forcément incompatibles puisque l’humour réclame une prise de distance, ce que le militantisme interdit.

                                  Le problème du PS est le même que celui des autres partis dits « de gouvernement ». Surtout ne pas donner prise à l’adversaire, dans la forme du moins, autrement dit : la com, encore la com, toujours la com ! Mais, à partir d’une certaine dose, la forme finit par bouffer le fond..

                                  Où est passé l’esprit frondeur des Français ? Mais là où on lui a laissé un peu de place bien sûr, sur le Net, vous en êtes une illustration.


                                  • non667 9 août 2010 18:30

                                    à georges
                                    -  Il y a longtemps, Wolinski avait osé « j’encule le Pape, au nom du Christ-Roi », pourrait-il le faire aujourd’hui
                                    pourquoi pas ? polanski a bien enculé une gamine au nom de l’art cinématographique ! smiley


                                    • Danièle Dugelay Danièle Dugelay 9 août 2010 20:50

                                      Je ne suis pas d’accord avec le fond de cet article. Vous semblez attendre de l’humour de la part des provocateurs et de la provocation de la part des humoristes. Ce sont deux attitudes ou aptitudes différentes, qui peuvent se rencontrer parfois, mais pas forcément. De plus, votre conception de la provocation se situe souvent dans l’hostilité et il en est de même pour l’humour. Personnellement, j’aime bien conjuguer amour et humour, et provoquer avec amitié.
                                      Cependant, ce qui me semble le plus important, c’est d’avoir la pensée suffisamment libre pour exercer son esprit critique et contester chaque fois que c’est nécessaire. Là, l’humour ou la provocation, selon le cas, ou les deux ensemble, peuvent être des outils efficaces, mais l’essentiel reste le fond : la contestation.
                                      Bien entendu, lorsque la contestation peut s’exprimer dans la provocation et avec humour,c’est certainement plus agréable pour tous et plus efficace, mais ce n’est pas toujours possible.
                                      Lorsque je passe mon après-midi du 14 juillet devant la porte centrale d’un hyper-marché avec une pancarte « L’ouverture le 14 juillet insulte la République », je conteste notre société de consommation et notre pensée dite « unique ». Lorsque je déplie un fauteuil de camping pour m’y asseoir avec ma pancarte, je provoque certains clients qui ne se sentent pas très à l’aise ; si je me présente ainsi bien coiffée, bien habillée, avec ma béquille, mes 70 ans et un grand sourire amical, le côté insolite et peut-être cocasse du spectacle donnera éventuellement une note d’humour à ma petite manif individuelle, surtout si je m’applique à trouver des réparties drôles envers le service d’ordre. Et j’agis en militante de gauche. Dans mon parti, nous avons souvent ce genre d’attitude. Les crieurs du métro, les petites pièces de théâtre sur les trottoirs etc..., nous n’avons pas manqué d’idées pendant les campagnes électorales, mais les stratégies sont toujours parties d’une contestation des habitudes des bien-pensants. Quant à Jean-Luc Mélenchon, vous ne l’avez pas bien entendu si vous n’avez pas vu comment il démontait les artifices des journalistes qui lui étaient hostiles. Ce n’est de la provocation que pour ceux qui sont prêts à se soumettre à n’importe quoi pour passer dans la prochaine émission, moi je vois cela plutôt comme un match où son intelligence sort toujours gagnante, même si Madame la Journaliste en Chef de la Chaîne lui ferme la porte pour 2 ou 3 mois. C’est elle qui a l’air d’une gourde et cela, c’est un vrai régal, avec ou sans humour.


                                      • Spip Spip 10 août 2010 13:44

                                        @ Danièle Dugelay

                                        Chapeau pour le coup de la pancarte devant l’hypermarché ! Ca met bien des gens devant leurs contradictions : faire bosser les autres les jours fériés pour pouvoir sacrifier au culte de l’hyper-consommation compulsive, tout en étant prêt à hurler si on touche à leur dimanche...

                                        Sisyphe : bien d’accord sur les différences entre provoc, cynisme et iconoclastie. D’un côté posture narcissique qui ne comble que son auteur et ne dérange pas grand chose (une fois l’effet passé), de l’autre un engagement de vie pas vraiment confortable, s’il est vraiment vécu.

                                        Toutes proportions gardées, Gainsbourg avait un point commun avec Céline : il ne s’aimait pas. De son propre aveu, il aurait voulu être un grand peintre, il n’y a pas réussi et a toujours considéré la chanson comme un art mineur, un pis aller.

                                        Entre brûler un billet de 500 Francs et exhiber son alcoolisme, il n’a fait d’exposer son problème personnel sans révolutionner quoi que ce soit, ça n’était pas le but, de toutes façons.


                                      • bnosec bnosec 10 août 2010 08:40

                                        Parler de provocation sur un site qui censure le moindre petit commentaire « décalé », c’est déjà une provocation. Mais tout se tient : agoravox est plutot tendance extrême gauche, non ?

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