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Accueil du site > Actualités > Politique > Un Vote Pour Rien ?

Un Vote Pour Rien ?

Un candidat anticapitaliste aux présidentielles, c'est un peu paradoxal. Est-ce que ça sert à quelque chose qu'il se présente, est-ce que ça sert à quelque chose de voter pour lui ?

Le droit et la légitimité d'être là.

 Les porte-parole du Nouveau Parti anticapitaliste l'ont dit et répété, "notre premier tour à nous, c'est la récolte des parrainages". Pour Philippe Poutou, comme pour les autres candidats n'ayant pas pléthore d'élus dans leur organisation, il a donc fallu, avant de pouvoir se défendre à l'occasion de cette élection présidentielle, obtenir le droit (au sens juridique du terme) d'être présent et donc récolter les précieux sésames. C'est maintenant chose faite, et au-delà du droit pur, cette réussite touche déjà à la notion de légitimité. En effet, beaucoup affirmaient, jusque dans les rangs du NPA, que jamais les paraphes nécessaires ne seraient réunis, que le parti était trop affaibli, trop divisé, que le candidat souffrirait trop de son déficit de notoriété, que les militants, ébranlés par le déséquilibre de dynamique électorale entre NPA et Front de Gauche, n'auraient pas la motivation pour se démener sur les routes pendant tous leur temps libre… Bref beaucoup affirmaient qu'il valait mieux ne pas insister et laisser la place. En arpentant sans relâche les routes de France, des centaines de militants ont arraché le droit d'être présents à cette élection, mais ont donc aussi remporté une première bataille de légitimité. Oui, nous avons les forces et le savoir faire pour nous présenter.

 Il faudra insister sur cette guerre de légitimité composée de multiples batailles car aucun candidat n'aura eu autant que Philippe Poutou à se battre pour affirmer qu'il n'avait pas à s'excuser de vouloir être là. Il a bien sûr fallu affronter ce que certains sociologues ont appelé le mépris de caste, oui un ouvrier, sans diplômes, avec son langage du quotidien peu stéréotypé, sa façon de se tenir qui ne correspond pas aux codes, son refus de se placer sur le terrain des politiciens qui pratiquent leur métier… oui cet ouvrier prend le droit de ne pas fermer sa gueule et d'être candidat. Ça n'a pas été évident, il a fallu taper du poing, affirmer qu'on n'est pas là pour faire rire de son nom ou de ses échecs scolaires mais pour parler politique, un peu comme si on avait une cravate et qu'on sortait de l'ENA, sauf que les classes populaires, on ne les connaît pas juste dans les livres.

 Mais la guerre de légitimité ne s'arrête pas là car rarement candidat n'aura eu autant à justifier l'idée qu'il avait sa place dans le cirque électoral. "Mais vous allez disperser les voix à gauche, vous n'avez pas peur d'un nouveau 21 avril 2002 ?", "mais vous allez disperser les voix à la gauche de la gauche, vous servez la social-démocratie", "mais pourquoi vous n'êtes pas dans le Front de Gauche", "pourquoi vous n'êtes pas avec LO", "à quoi ça sert de se présenter alors que les sondages ne vous donnent pas plus d'1%"… La logique voudrait qu'on demande aux candidats ce qu'ils ont à dire, aux électrices et électeurs de voir ensuite s'ils voient une utilité à cette candidature. Mais là, il faut commencer par justifier sa place ce qui laisse d'autant moins de temps pour développer son programme, la logique dans laquelle on se situe, ce qui serait pourtant la meilleure façon pour que les citoyennes et citoyens fassent la différence entre les différentes candidatures. Pour ce qui est d'affaiblir le PS, heureusement de plus en plus de monde comprend qu'il n'y a rien à faire avec ceux qui applaudissent le saigneur Papadémos comme ils ont soutenu Papandréou et Zapatero, qui veulent "la rigueur juste"… Pour Lutte Ouvrière, leur candidate s'est bien chargé de marteler qu'ils ne pouvaient pas être avec nous car ils sont les seuls à se dire communistes, montrant bien ainsi que pour eux l'étiquette compte plus que le contenu. Pour le Front de Gauche, il a fallu rabâcher avec pédagogie la différence entre un Mélenchon se présentant comme un sauveur suprême et un NPA appelant la population à se prendre en main, la différence entre un FdG qui veut relancer le système par la relance et un NPA qui veut détruire le système capitaliste, entre un FdG qui veut un référendum sur le nucléaire et payer la dette en prenant sur les profits et en empruntant directement à la BCE et un NPA qui veut sortir du nucléaire en 10 ans et veut annuler la dette illégitime, la différence entre un Mélenchon cocardier qui vente la République Française, chante la marseillaise en agitant les drapeaux bleu-blanc-rouge et martèle combien la France est une nation forte et un NPA qui en appelle à la solidarité internationale, en la force des travailleurs par delà des frontières (par exemple cette dernière réponse), qui ne vante que la république sociale, celle de la commune… Mais l'argument de notre faible poids est peut-être celui qui a le plus touché nos milieux sympathisants. Beaucoup de personnes que l'on côtoie nous disaient "vous avez raison, on est d'accord avec vous, mais vu votre score vous ne pèserez pas". Nous avons démontré la faible pertinence des sondages, rappelé le fait qu'un inconnu ne peut y percer et que Besancenot, avant de faire plus de 4% aux présidentielles de mai 2002, a du attendre mi-avril pour être crédité de plus de 1%, rappelé que le temps de parole égal serait imposé après validation des candidatures… Cependant, il ne faut pas exagérer, le NPA ne fera pas non plus des scores à deux chiffres, nous n'essayons pas de le faire croire et quand bien même… L'argument réel, celui portant le plus sur le fond, c'est que le NPA, qui de l'histoire a retenu qu'il était vain de vendre du rêve en parlant de révolution par les urnes, ne se présente pas pour gagner les élections mais pour s'en servir de tribune, pour faire passer des idées fortes, pour distiller son poison anticapitaliste au sein de cette société bien pensante. C'est là quelque chose que les gens comprennent et nombreux sont celles et ceux qui ont ainsi été convaincus de notre légitimité à s'inviter au banquet des politiciens pour y ouvrir notre gueule, notre légitimité à porter des revendications, à médiatiser les luttes populaires…

Dans la cour des grands

 Ça y est, les 500 parrainages sont obtenus, Philippe Poutou a su s'imposer sur la scène médiatique. Revenu chez Ruquier pour présenter son livre, tout le monde a remarqué le mordant gagné entre les deux passages. Mais c'est surtout lors de son passage à mots croisés, qu'il s'est fait remarquer. Non content d'avoir donné une leçon d'économie à la polytechnicienne NKM, porte-parole du candidat Sarkozy, son côté incisif et authentique aura impressionné y compris des gens peu suspects de rouler pour lui, comme Bruno Jeudy (rédac chef du journal du jeudi dimanche), Urvoas (député PS sioniste), de la Gontrie (VP de la région IdF) ou Coronado (directeur de campagne d'EE-LV). Prestation remarquée aussi par TF1, chaine sur laquelle il passera 3 jours plus tard, faisant une très bonne audience et taclant le patron himself.

 Si la bataille pour le droit de se présenter a été longue, couteuse et inutile politiquement, la guerre de la légitimité a été harassante mais fait pleinement partie du combat politique que le NPA compte mener lors de ces présidentielles car, cette légitimité n'est pas seulement celle du NPA, il s'agit de la légitimité pour les travailleurs du rang à avoir leur place dans cette campagne. Frantz Fanon écrivait "Politiser les masses, ce n'est pas, ce ne peut pas être faire un discours politique. C'est s'acharner avec rage à faire comprendre aux masses que tout dépend d'elles, que si nous stagnons c'est de leur faute et que si nous avançons c'est aussi de leur faute, qu'il n'y a pas de démiurge, qu'il n'y a pas d'homme illustre responsable de tout, mais que le démiurge c'est le peuple et que les mains magiciennes ne sont en définitive que celles du peuple." (Les Damnés de la Terre (1961), Frantz Fanon, éd. La Découverte poche, 2002, p. 187). Et bien c'est justement là le cœur de la campagne de Philippe Poutou, faire notre possible pour inviter les travailleurs, la population "qui souffre et se met en grève" dans le jeu politique. Puisque nous avons obtenus l'invitation au banquet des politiciens, Philippe Poutou ne s'y rendra pas seul pour se tenir sage à table et, au moment de l'allocution, avec une fourchette faire tinter le verre en baccara pour prendre la parole à son tour. Il compte y inviter le maximum de monde à ce banquet, tous ceux qui ont besoin de ne plus fermer leur gueule, et on y fera le maximum de bruits, sans laisser les représentants de la bourgeoisie se goinfrer sur notre dos, pour clamer que la terre appartient aux travailleurs, que le capitalisme les spolie de leurs richesses mais que les masses populaires, ensemble, peuvent renverser ce système inique et mortifère. La guerre de légitimité est à la fois une condition pour être entendu et un but de la campagne.

Le vote utile

 Se présenter aux élections présidentielles, c'est l'accès aux média, la possibilité d'une tribune immense pour passer nos idées et nos revendications. Si on en croie par exemple le demi-million de personne ayant fait ce test, mais surtout les personnes qu'on croise sur les marchés, aux bouches de métro ou les collègues, ces idées ne passent pas si mal que certains voudraient le faire croire. Il n'en va pour autant pas de même pour les intentions de vote. Car convaincre que le NPA a des idées intéressantes à porter, c'est une chose qu'il sait (plus ou moins bien) faire, convaincre qu'il est bien qu'il puisse exprimer ces idées également, mais convaincre les gens qu'il faut voter pour son candidat en est une toute autre largement déconnectée des deux premières. En effet, si les gens sont convaincus qu'une série d'idée est juste ou du moins n'est pas totalement hors-de-propos, il est aisé de les convaincre qu'on doit pouvoir les exprimer avec la meilleure audience possible, mais ce n'est pas pour autant qu'ils voient l'intérêt de voter pour une faible organisation qui ne sera pas élue et qui, qui plus est, refuse de gouverner avec le candidat de gauche ayant le plus de chance d'être élu (Hollande, œuf corse).

 Le NPA souffre en cela du travail de sape des autres organisations de gôche. Le parti "socialiste" fait pression pour un vote utile, celui du seul candidat à même de nous débarrasser de la racaille sarkozyste, même si c'est celui qui fera presque la même politique. Le front de gauche de Mélenchon, clame à qui veut l'entendre qu'il est le seul candidat audible à gauche du PS, que les autres devraient le rejoindre sans conditions, laissant entendre que le NPA serait sectaire et contre l'unité, ce qui serait oublier les divergence bien réelles mais aussi d'une part que Mélenchon n'a jamais accepté d'autres négociations unitaires qu'un simple ralliement à sa candidature (drôle de conception de l'unité) et d'autre part que même dans les mobilisations, le Front de Gauche a de surprenantes façons de s'y prendre pour qui se veut unitaire (que ce soit quand les militants Front de Gauche ont voulu empêcher les porte-parole du NPA d'intervenir devant les travailleurs en lutte de Fralib et de M real, ou quand le FdG refuse la proposition du NPA d'organiser une manifestation unitaire contre les licenciements, regroupant les représentants des différentes boites en lutte comme en 2001, parce qu'ils seraient trop occupés par les présidentielles, tout ça pour organiser leur propre manifestation identitaire, seuls, dont le seul but est de faire du rabattage pour leur candidat).

 Mais se contenter de reporter la faute sur les voisins ne serait pas honnête. La difficulté à voir l'intérêt de voter pour Philippe Poutou (ou Nathalie Arthaud), tient aussi au discours de la gauche révolutionnaire. Quand on dit qu'on ne compte pas renverser le pouvoir par les élections, les gens d'accord ou non avec cela, ne voient pas trop en quoi un tel bulletin de vote leur serait utile. Je ne dis pas qu'il faudrait mentir, tenir un discours électoraliste qui rejoindrait la médiocrité démagogique ambiante, mais si on veut que les gens votent pour un candidat révolutionnaire, encore faudrait-il leur dire en quoi ce serait utile. Or, si le NPA est très fort pour démontrer l'intérêt de son discours, il brille par son silence quand il s'agit de dire à quoi ça sert de voter pour lui. Pire, on trouve parfois des gens au NPA (plus encore à LO) capable de dire qu'on s'en fout du score final. Une telle aberration est à l'opposé exact de l'intérêt de voter NPA. Il est connu que si les élections pouvaient changer la vie, ça ferait longtemps que voter serait interdit. Du moins il est parfaitement vrai que les institutions actuelles, et donc le système électoral qui leur sert de moyen de reproduction, sont spécialement conçus pour ne pas permettre de renverser le dit système et que, par conséquent, les révolutionnaires qui par définition visent à virer ce système producteur de misère, de guerres et d'inégalités, ne comptent pas sur les élections pour atteindre leur but. La révolution par les urnes, chère à Mélenchon, n'est qu'une illusion utopiste et irréaliste, à moins de considérer comme lui, que ce qui se passe en Bolivie ou au Vénézuela (où une minorité continue de détenir le pouvoir politique et économique et réprime dans le sang les grèves ouvrières) est une révolution. Pourtant, il est évident que les élections et leurs résultats influent sur la situation politique, et c'est justement pour ça qu'il y a une utilité à voter pour un candidat révolutionnaire, que le vote Poutou, est un vote utile pour les travailleurs, les jeunes, les femmes … les opprimés.

Le dieu élections.

 Il en va des élections un peu comme de Dieu. Le dieu tout puissant ayant créé l'homme n'existe pas (du moins si Marx dit ne pas pouvoir prouver son inexistence, il prouve qu'on ne peut pas prouver son existence et surtout que celle-ci n'est pas utile pour expliquer le monde, voir ses manuscrits de 1844 et ses thèses sur Feuerbach). En revanche, l'homme a bien créé Dieu, par la croyance qu'il a en Dieu, il lui donne une existence. Ainsi, sans exister concrètement (donc d'un point de vue matérialiste, sans exister) il a une influence sur le monde en tant que création idéologique. Il en va un peu de même pour les élections dans une démocratie bourgeoise comme la nôtre. Ces élections sont créées pour la perpétuation de l'Etat bourgeois et du système capitaliste, elles ne peuvent, telles qu'elles existent (car il ne faut pas marquer d'infamie la notion même d'élection, nécessaire y compris dans une démocratie réelle, dans un comité de grève, dans un conseil ouvrier, dans une société socialiste sans classe ni Etat…), permettre de renverser le système. Pire, l'infrastructure économique, bien que laissant un marge d'autonomie à la superstructure, ne lui laisse que peu de liberté. Pour prendre un exemple concret, dans la période économique actuelle, quelle que soit la personne élue aux présidentielles, quelles que soient ses idées ou sa sincérité, tant qu'elle décide de respecter le système capitaliste et l'Etat, sera obligée d'appliquer un certain nombre de mesures d'austérité destinées à augmenter le taux d'exploitation et donc le taux de profit (cela ne signifie pas qu'il n'y aurait aucune différence entre Mélenchon, Hollande, Sarkozy ou Le Pen, mais il y aura un socle commun imposé par le système et surtout par les conditions objectives de la période). Pourtant, une part importante des français croient en la réalité du pouvoir des élections (y compris parmi les très nombreux abstentionnistes qui n'y trouvent pas leur compte, mais croient quand même à la force des élections). De fait, pour ces gens là, le résultat électoral a une importance, et donc influe sur leur façon de considérer la situation, sur leur confiance en eux ou pas, sur leurs idées politiques. Il faut préciser que les grands média démultiplient cet effet psychologique des résultats électoraux. Il suffit qu'un sondage et deux trois journaleux affirment qu'untel ou unetelle fait un tabac pour que les gens s'y intéressent et confèrent à cette prophétie un caractère auto-réalisateur, idem si on se met à dire que telle idée ne tient pas la route, ou que tel fait est anormal… Quand un candidat xénophobe fait un score important, les questions de nationalité, de chasse à l'étranger, prennent une place importante dans le débat politique (voir l'effet Le Pen). A l'inverse, le fait que EE-LV, principalement reconnu sur les questions écologistes soit dans les choux actuellement, renforce le fait que les questions écologistes soient si peu présentes dans la campagne (ce n'est évidemment pas une mécanique unilatérale, l'inverse étant vrai, la thématique et le candidat ont un effet dialectique d'entrainement réciproque ; si le thème est en vogue il favorisera le candidat auquel il est associé, la forte cote de celui-ci donnant à son tour de l'importance au thème et lycée de Versailles).

Le 22 avril, vous ne pourrez pas tout changer, mais ne laissez pas le monde exactement tel qu'il est.

 Ainsi, c'est parce que les résultats électoraux influent sur la politique et qu'il est faux de dire que les résultats ne changent rien, que voter pour un révolutionnaire n'est pas inutile.

 On l'a vu, le NPA utilise entre autre les élections comme une tribune pour un certain nombre d'idées, de revendications et le fait qu'il puisse le faire est admis comme important par une portion non ridicule de la population (et dépassant largement ses intentions de vote). Et bien la première utilité de voter Poutou est de renforcer la puissance de la tribune. Si Philippe Poutou fait un bon score, on parlera plus de ses idées dans la société après les élections, les gens seront plus enclin à s'intéresser aux idées émanant d'un candidat annoncé comme une surprise électorale (par exemple s'il fait 5% alors qu'on en prédisait le 10ème) qu'aux idées émanant d'un candidat présenté comme ayant été transparent (qui ferait par exemple 0.5%). Si on prend l'exemple de l'interdiction des licenciements, il y a 10 ans, il n'y avait que des groupes marginaux comme LO et la LCR qui en parlaient. Les vagues de licenciements, la crise économique, le travail quotidien fait par les militants de ces organisations au sein des entreprises et des luttes sont sûrement les premiers facteurs ayant donné du poids à cette revendication qui paraissait alors lunaire. Mais le bon score d'Arlette Laguiller et d'Olivier Besancenot qui ont dépassé les 10% en 2002 ont sûrement aidé à populariser une de leur revendication phare et n'est sûrement pas étranger au fait qu'aujourd'hui, sans avoir repris la revendication telle qu'elle, tant de monde à gauche ait repris le concept sous différentes variantes édulcorées (le front de gauche, le PS, la CGT…).

- Voter Philippe Poutou, c'est affirmer haut et fort, qu'on est favorable à un certain nombre de mesure d'urgence pour les classes populaires (partage du travail entre toutes et tous, pas un revenu sous les 1600€ nets…) et faire en sorte que ces revendications ne puissent plus être oubliées, invisibilisées, niées… leur donner du poids.

- Voter Philippe Poutou, c'est voter pour celui qui ne dit pas "je ferai pour vous" mais "la vraie force qui peut changer les choses c'est celle de l'ensemble des exploités mis en mouvement". C'est donc lancer un avertissement aux futurs gouvernements quels qu'ils soient ; il faudra compter sur nous, pas juste sur les quelques militants du NPA, mais sur nous tous. On n'acceptera pas vos attaques sans broncher, on se mobilisera massivement.

- Voter Philippe Poutou, c'est voter pour le candidat qui ose ouvertement parler d'une autre société, où la population se prend en main et décide elle-même de son sort. C'est donc crédibiliser la possibilité de renverser le capitalisme et de le remplacer par une société sans classe ni Etat, sans exploitation ni oppressions.

- Voter Philippe Poutou, c'est mettre une claque aux politiciens professionnels qui vivent (et vivent bien) sur le dos de nos problèmes, en votant pour un des deux seuls candidats non professionnel (tandis que l'abstention est noyée dans les différentes abstentions sans que son fondement puisse être connu).

- Voter Philippe Poutou, c'est surtout rendre leur fierté aux travailleurs du rang et donner confiance à tous ceux qui sont d'accord avec beaucoup de ses idées (le fait qu'il ne faut plus se laisser écraser, qu'il faut se soulever contre les attaques perpétuelles et la spoliation de nos richesses par quelques parasites que sont les patrons et bourgeois) mais faute d'espoir, se sentant trop isolés, faute d'y croire, baissent les bras et ne font rien. En effet, on a plus envie de se battre quand on se sent moins seul et on se sent moins seul quand un, deux, trois millions de personnes votent pour le candidat qui appelle à se battre sans concession.

http://red-and-rude.blogspot.com/2012/03/normal-0-21-false-false-false.html# !/2012/03/normal-0-21-false-false-false.html


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25 réactions à cet article    


  • Soi Même 17 mars 2012 10:24

    Tiens voilà que dise les mauvaises langues, donc je suis enclin à les croire.

    http://avant-de-voter.blogspot.fr/p/olivier-besancenot.html


    • jaja jaja 17 mars 2012 10:57

      Que ce soit sur le Siècle, sur le bank run ou sur la dette ces attaques contre Besancenot dans ce site facho devraient faire mourir de rire quiconque à un doigt de bon sens....

      Écouter par exemple les âneries de Soral sur la dette est un régal sachant que le NPA est pour l’expropriation de toutes les banques, sans indemnité ni rachat aux gros actionnaires, et la création d’un service public bancaire unique ayant le monopole du crédit et que ce parti refuse catégoriquement de rembourser la dette des capitalistes...

      Bien entendu le NPA qui défile dans la rue contre le FMI, le G20, l’Otan aurait des difficultés avec le Siècle une arrière cuisine de la bourgeoisie....c’est trop drôle... smiley

      Quand au bank run je laisse avec le recul du temps à chacun(e) d’observer à quel point même son instigateur s’en est moqué....


    • bernard29 bernard29 17 mars 2012 10:24

      Oui, c’est formidable que Philippe Poutou soit présent lors de cette présidentielle. Toutes ses apparitions télévisuelles sont empreintes d’un« humanisme » trés rare en politique. Elles démontrent plus que tous les discours qu’avec des gens comme lui, « un autre monde est possible ». 

      Tant qu’à jouer le jeu dans ce régime politique, il serait certainement « un Président révé ».


      • Gens_d_Ormesson Gens_d_Ormesson 17 mars 2012 11:10

        Oui, mais c’est surtout un homme de terrain. Il est malheureux d’attendre une prestation télévisuelle pour se faire une idée de son personnage et de son parti. Biensûr, c’est grisant de le voir rabattre le caquet des NKM ou autre Pulvar, avec force de conviction, d’une langue de fer contre toutes ces langues de bois. Mais P. Poutou mérite le respect et l’intérêt avant tout pour son combat quotidien, auprès des travailleurs qu’il défend. Sur ce terrain là, on ne voit évidemment plus grand monde...

        Mes respects à l’auteur, qui vise juste et de belle manière.


      • bernard29 bernard29 17 mars 2012 12:03

        Vous rigolez ? jamais je n’aurais voté pour Besancenot par exemple. 

        le NPA a proposé un candidat (philippe Poutou) que je ne connais évidemment pas personnellement. Mais il participe à la star ac de la présidentielle et la seule façon que les électeurs ont de le connaûitre sont ces apparitions audiovisuelles. Et vis a vis de celles là , je suis dans le même état d’esprit que Moustaki

        « Dans cette présidentielle, s’il y a un candidat dont les arguments m’interpellent, dans le sens où sa parole me touche, c’est Philippe Poutou. Il a l’air perdu dans l’univers politicien. Il le dit lui-même qu’il ne sera pas élu, mais il tient à cette tribune pour que le monde ouvrier ait voix au chapitre. Et je trouve cela attendrissant, oui c’est le terme qui convient selon moi... » .......« je ne suis d’accord avec aucune idée politique de manière inconditionnelle. Ce n’est pas dans le monde que l’on propose, ce monde politique, des programmes électoraux, que j’aimerais vivre. J’ai des objectifs marginaux, alors tous les programmes électoraux ne me concernent pas.... »....

        http://www.huffingtonpost.com/georges-moustaki/moustaki-poutou_b_1352754.html?ref=france


      • Gens_d_Ormesson Gens_d_Ormesson 17 mars 2012 12:39

        « Attendrissant » ?! Mieux vaut être aveugle que de lire ça ! Quelle condescendance !
        L’heure n’est pas à la la sensiblerie, il y a autre chose derrière la candidature de P. Poutou qui ressemble à la révolution.


      • Tall 17 mars 2012 10:30

        Poutou est sincère, direct, il voit clair et a superbement tenu tête aux pseudo-intello-journaleux qui ne sont que de bas courtisans superficiels et ignorants d’un système capitaliste qui les a transformés en poules sans tête.

        Le vote Poutou est à mon sens tout-à-fait utile pour exprimer une tendance populaire qui se répand suite au quinquennat cynique d’un arriviste décomplexé.
        Le vote anti-capitaliste aura de l’influence sur les élections législatives et la politique de la future présidence.

        A moins que Sarkozy soit réélu, bien sûr. Car pour lui, seuls les puissants comptent, le peuple n’étant à ses yeux qu’une bande pov cons.

        • Le citoyen engagé Le citoyen engagé 17 mars 2012 12:06

          Et non justement puisque comme est cette gauche communiste révolutionnaire et internationaliste, il est contre la souveraineté du peuple français ! Or le pouvoir au peuple c’est accepter sa souveraineté.


        • Dupont Georges Dupont Georges 17 mars 2012 13:49

          Peu importe que le souveraineté aille au peuple français, européen ou autre. l’important, c’est bien qu’il soir rendu au peuple !


        • Tall 17 mars 2012 18:23

          Le protectionnisme est inefficace contre la Finance internationale. La politique de gauche doit s’internationaliser aussi pour être efficace. Idem pour le syndicalisme.


        • lloreen 17 mars 2012 11:05

          Je suis absolument d’ accord avec votre article.
          Bernard29, vous dites que « c’est formidable ».
          Oui ça l’est effectivement et je trouve qu’il n’y a rien de plus normal.Il faut rappeler que la devise de notre nation est Liberté, Egalité, Fraternité.C’est la plus belle des devises.

          Nous n’avons jamais été libres, la preuve, la voilà en images.
          http://www.youtube.com/watch?v=eNAQMtiVt78&feature=related

          Nous n’ avons jamais été égaux puisque la majorité des personnes de ce pays subit de plein fouet les pires des inconséquences : une vie indigne d’un être humain.
          Mais les temps ont changé, il faut le reconnaître et prendre les choses en mains.

          J’avais souvent mis dans mes commentaires ces deux liens, révélateurs de ce qu’il faut faire.
          Les islandais ont été soumis au même « régime » que nous (et les autres pays tyrannisés par l’union européenne dictatoriale) et ils ont décidé de faire front.Il n’ y a absolument pas eu une goutte de sang versé, pas d’émeutes.Le simple geste citoyen a suffi.

          http://blogs.rue89.com/yeti-voyageur/2011/04/11/referendum-en-islande-seconde-torgnole-a-la-finance-mondiale-199458

          Ils ne se sont pas arrêtés en si bon chemin et ont poursuivi le travail
          http://rebellyon.info/L-Islande-a-recourt-a.html

          Par conséquent, par l’intermédiaire de Mr Poutou, à qui j’adresse mes meilleurs voeux de réussite, nous avons MAINTENANT en France, la possibilité de suivre la même voie.

          J’ai une propension naturelle à me tourner vers ceux à qui les « élites » (très mal nommés) rendent la vie dure.

          La politique est l’affaire de CHACUN puisqu’elle touche notre vie personnelle.
          Le « monde » politique est un microcosme et il est temps que cela change.
          Pour être crédible, Monsieur Poutou doit se comporter en tant que porte-parole et proposer d’ être le chef de file de tous les français qui souhaitent un REEL changement..Il peut être celui qui nous proposera le referendum comme seul mode d’expression, l’élaboration d’une nouvelle constitution rédigée par le peuple français qui tiendra lieu de « feuille de route » à tous ceux qui choisiront de soutenir sa candidature.

          Le fait qu’il ait réussi à recueillir 500 signatures prouve à quel point les français sont mûrs pour changer la vie politique.
          Que cela déplaise à cette soi-disant élite ne fait aucun doute mais je suis d’avis que ces gens ont fait leur temps et le mal qu’ils ont fait doit à présent être résorbé.
          Il y a du pain sur la planche...

          J’espère que Monsieur Poutou (est ce que dans certains coins de France un « poutou » ne signifie pas un « bisou » ??...) est favorable au revenu universel.C’est une condition sine qua non pour qu’il recueille ma voix.


          • Gens_d_Ormesson Gens_d_Ormesson 17 mars 2012 12:24

            Bonjour Iloreen,

            "J’espère que Monsieur Poutou (est ce que dans certains coins de France un « poutou » ne signifie pas un « bisou » ??...) est favorable au revenu universel.C’est une condition sine qua non pour qu’il recueille ma voix.« 

            Vous n’avez plus qu’à voter blanc. Le buzz »revenu universel" n’est apparemment pas un sujet de campagne cette année. Et si je n’ai jamais entendu P. Poutou s’exprimer sur la question, Michel Husson apporte un point de vue très tranché sur la question. lien
            Lisez et vous comprendrez pourquoi votre revendication est incompatible avec les positions du NPA sur le travail.


            • Pelletier Jean Pelletier Jean 17 mars 2012 12:01

              @l’auteur,



              Oui la candidature de Poutou est légitime, il incarne un courant de pensée politique, minoritaire certes, mais très présent sur le terrain des luttes.
              pour ma part je soutiens François Hollande, mais je suis attentif à la campagne du NPA.
              ce sont des voix qui comptent d’autant plus qu’au second tour elles se reportent massivement sur le candidat du PS.
              Donc je lui souhaite bonne chance.

              • Soi Même 17 mars 2012 13:19

                @ Pelletier Jean, merci d’avoir résumez tous ambiguïtés du NPA, qu’il montre bien que leur anti -capitalisme est un décor de théâtre.

                Il y a que les acculturés politiques qui pensent que Trotsky est un grand humaniste.


              • jaja jaja 17 mars 2012 13:22

                Le décor de théâtre est vécu par des centaines de militants qui se battent pied à pied contre leur patron... Vous n’êtes qu’un petit facho qui n’a aucun argument mais qui crachouille autant qu’il peut.... Que répondre à vos nullités ?


              • Soi Même 17 mars 2012 13:33

                @ non jaja, il y a les autres ! Ils sont justes un peut moins médiatiques. Car ils ne sont pas en odeurs de saintetés. Ce sont les pauvres !


              • mortelune mortelune 17 mars 2012 13:21

                La présence de Monsieur Poutou donne une idée de ce que pourrait être une véritable démocratie. J’aime cette idée ! Monsieur vous êtes le bienvenue dans ces présidentielles.


                • licorne 17 mars 2012 14:19

                  CQFD, Article très éclairant, le vote Poutou n’est donc par un vote contre Sarkozy, ni même un vote contre Hollande, mais vote anti Front de Gauche pour la plus grande joie du PS.



                  • bernard29 bernard29 17 mars 2012 15:15

                    attention à la paranoïa !!! personne n’en veut à votre cher et tendre mouvement.

                    Pour ma part, j’aurais bien aimé que les partis de gauche eussent choisis Poutou comme seul candidat de gauche à la présidentielle. Comme ce n’était pas possible, il reste la solution d’envoyer Philippe POUTOU au deuxième tour. Dans ce cadre là, on peut penser que « le vote Front de Gauche est un vote anti-Poutou, pour la plus grande joie du PS. »


                  • IanO 22 mars 2012 14:23

                    Je viens seulement de voir ce commentaire, j’espère donc que tu as une alerte mail sur les réponses et que tu verras cette réponse. Je précise avant tout que j’écris en mon nom propre et que je n’ai nulle volonté de représenter le NPA ou ses sympathisants. Si tu as eu l’impression que cet article était à charge contre le FdG, c’est une impression faussée. Il y a en effet plus de ligne consacrée ici au FdG qu’au PS ou à l’UMP, mais c’est du à la thématique bien particulière de ce texte. La remise en cause de la légitimité de Philippe Poutou a être candidat trouve bien plus souvent prétexte du Front de Gauche que du PS ou de l’ump, d’où la nécessité d’expliquer la différence entre les 2. Je ne considère absolument pas Mélenchon comme un adversaire mais comme un courant avec lequel j’ai de solides divergences... mais aussi des convergences. Je préfère largement voir des voix se porter sur lui que sur les candidats réactionnaires. Quand à une candidature du NPA basée contre le FdG et pas contre le PS et Sarkozy, c’est un pur fantasme paranoïaque. Il y a pour l’instant 4 affiches de campagne du NPA pour la campagne de Philippe Poutou, une basée sur la crise et contre les capitalistes, une autre basée sur la dette et contre les banquiers et les actionnaires, une troisième sur quelques unes de nos revendications, et une dernière contre sarkozy et accessoirement Hollande, c’est significatif. Quant au candidat lui-même il l’a souvent répété, Mélenchon n’est pas son adversaire. Dans la dépêche afp du 6 mars reprise par tous les média, il disait précisément « c’est loin d’être un adversaire parce qu’(il) représente aussi notre camp social ».
                    Sincèrement dans cette campagne présidentielle, on a de vrais divergences, qui nécessitent que chacun s’exprime librement, mais on n’est pas les adversaires l’un de l’autre (ce qui pourrait changer si des membres du FdG en venaient à soutenir un gouvernement socialiste).


                  • Le péripate Le péripate 17 mars 2012 17:28

                    Poutou, président de la République des Taxes et des Bisous.

                    Ca aurait de la gueule comme slogan.


                    • bigglop bigglop 17 mars 2012 20:16

                      Bonsoir à tous,

                      @lanO, j’ai apprécié votre article, mais il y a un problème.

                      Il n’y a plus de lutte des classes, plus de dictature du prolétariat, elles ont été confisquées par l’oligarchie financière sans aucune réaction des peuples, des citoyens.

                      Nous sommes sur le chemin de l’asservissement, pour vous en convaincre, lisez cette analyse :
                      http://www.renovezmaintenant67.eu/index.php?post/2010/01/17/Road-to-serfdom%3A-Shadow-Finances%2C-nostalgies-de-l-Association-de-Libre-Echange-et-de-l-%C3%A9piphane-Dictature-du-Prol%C3%A9tariat

                      Bon week-end


                      • sleeping-zombie 18 mars 2012 20:35

                        Bon article, bonne analyse.

                        A titre personnel, je ne suis militant d’aucun parti, comme (hélas) l’immense majorité des français. Et j’hésite entre un vote NPA (pour la conception du monde) ou FdG (pour le vote « utile »).

                        J’ai horreur de la notion de vote utile, mais l’auteur le signale lui-même, le changement ne viendra pas des urnes. Toutefois, le résultat des urnes influent sur la politique. Ce qui laisse une question sous-jacente, non répondu dans l’article « quel résultat des urnes tirera le plus la politique vers le monde ouvrier ? ». Un NPA à 5% au lieu de 1%, ou un FdG à 15% au lieu de 10% ?
                        D’où mon indécision actuelle.

                        PS : pourquoi pas LO ? leur lutte est la même, mais j’ai jamais rencontré de militant LO. Et vu d’un regard extérieur, la lutte LO vs LCR (pardon, NPA) pour se réclamer du titre « le plus authentique », m’a toujours paru puérile. Un peu comme à droite on se réclame « gaulliste » à qui mieux mieux

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