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Accueil du site > Actualités > Politique > Une banque collaborationniste : la banque Worms

Une banque collaborationniste : la banque Worms

Petit topo historique sur la banque qui avait un rôle pivot dans la synarchie française des années 30. La synarchie a financé des ligues fascistes puis des partis fascisants, et la banque Worms illustre parfaitement cette atmosphère de l’entre-deux-guerres, quand le capital, appelons un chat un chat, a tenté - dès les années 20 - de renverser la République avant de se rabattre sur Hitler et autres Franco, Pétain, Mussolini ou Salazar.

La banque WORMS est emblématique de ce qu’on appelle la synarchie des années 20-30. La synarchie a notammentSolidarite_francaise instrumentalisé les ligues fascistes et des partis d’extrême droite des années 30 (comme le Parti populaire français, PPF), qui ont tenté au moins quatre coups d’Etat fascistes en France, comme le 6 février 1934. La synarchie, c’étaient une douzaine de gros banquiers et industriels français, résolus à peser de tout leur poids sur le gouvernement de la France. En Angleterre, Italie, Espagne ou dans le Reich, on retrouvait le même processus, toujours piloté par des banques internationales et par les banques centrales.

Rappelons que les banques centrales appartiennent à des actionnaires privés. Par exemple, en France on parlait des "200 familles", ou du "mur de l’argent" (dixit Blum), pour évoquer le pouvoir de la Banque de France. Vichy et l’emblématique Laval étaient l’incarnation de la politique synarque en France.
L’intérêt principal d’une dictature fasciste, pour ces banquiers et industriels, était que les mouvements sociaux y sont tués dans l’oeuf. Ensuite, cela leur permettait de contrôler de très près les gouvernements, via des prêts concédés aux Etats. Si les gouvernements ne suivaient pas les recommandations de la synarchie, eh bien ils étaient renversés, on arrêtait les prêts et la situation devenait vite impossible (c’est ce qui est arrivé à Blum, entre autres).

En Allemagne, la synarchie a financé le parti nazi depuis le début des années 30, afin de faire monter Hitler jusqu’où l’on sait. En Angleterre, une partie des élites (synarques) comme Lloyd Georges ou lord Halifax (ministre des Affaires étrangères de 1937 à 1941), voulaient trouver des arrangements avec Hitler, Franco, Muissolini, Salazar (Portugal) mais aussi Vichy. On reviendra sur les manipulations qui ont conduit à la défaite française face au Reich.

Les banques comme Rothschild, Lazard, la banque d’Indochine ou la banque Worms ont donc financé de nombreux groupuscules fascisants dans l’entre-deux-guerres. En 1938, le PPF de Doriot appelle ainsi à s’unir avec le Reich, contre l’URSS.

Revenons à la Banque Worms. Créée à la fin de la Première Guerre mondiale par Hippolyte Worms et le gouvernement français afin de financer l’effort de guerre, il s’agit en fait d’un conglomérat d’industries (dont la Lyonnaise des eaux, Saint Gobain, Air France...). Certains des membres de ce conglomérat sont ensuite présents dans le gouvernement de Vichy.

Le président de la banque Worms, Gabriel Leroy-Ladurie, prend contact avec l’ancien du PCF, Jacques Doriot, en 1936. Le Front populaire vient de remporter les élections, et l’heure est grave pour les banquiers et industriels français. Ils décident de créer un parti d’exrême droite, financé par le patronat, le Parti populaire français. Antisémite et antibolchévique, il prône la "révolution nationale". Pacifiste afin de mieux laisser le Reich imposer sa loi, le PPF perd rapidement son prestige, ainsi que le financement du patronat. A l’origine, il regroupait d’anciens communistes et des membres des ligues fascistes interdites, comme Solidarité française (photo du haut), Action française ou les Jeunesses patriotes.

Ensuite, la synarchie se repose sur la Cagoule, une sorte de regroupement de membres des anciennes ligues, et mise sur le duo Pétain-Laval jusqu’en 1941-1942, quand le vent commence à tourner avec l’entrée en guerre des Etats-Unis. Mais nous y reviendrons. Après cela, la synarchie se rabat sur Darlan, qui devient le n°2 du gouvernement de Vichy, successeur attendu de Pétain, avant d’être - fort opportunément - assassiné en décembre 1942. Pendant son passage à Vichy, il a fait rentrer toute une clique de la banque Worms dans le gouvernement.

petain_nancy_microOn retrouve ainsi Pierre Pucheu, directeur de plusieurs sociétés du groupe Worms, dont l’usine Japy, qui a également financé des ligues fascistes. Pucheu s’est retrouvé secrétaire d’Etat à la Production industrielle puis à l’Intérieur à Vichy. Il a été le délégué à Vichy de Worms et du Comité des Forges, le puissant lobbie patronal des industries métallurgiques et sidérurgiques ( la famille Wendel, de laquelle est issu le baron Ernest Antoine Sellière, ex chef du Medef et chef aussi du fonds d’investissement Wendel, y était très importante). Ancien membre du PPF, Pucheu a été la courroie de transmission des financements du groupe Worms et de la synarchie en général vers le PPF. Il a été l’un des seuls patrons collaborationnistes fusillés, en 1944.

A Vichy, on retrouve encore Jacques Barnaud, l’un des trois directeurs généraux de la banque Worms, au poste officiel de délégué général aux Relations économiques franco-allemandes jusqu’en décembre 1942. Mais officieusement il semble qu’il assumait les fonctions d’autres membres du gouvernement comme par exemple celles de René Belin au Travail. Accusé de collaborationnisme, il a bénéficié d’un non-lieu en 1949, et rejoint la banque Worms à la demande d’Hippolyte Worms (le petit-fils du fondateur). Barnaud avait aussi crée la revue Nouveaux Cahiers à la fin des années 30. Celle-ci préconisait une collaboration économique soutenue avec le Reich. D’autres synarques notoires et collaborationnistes y ont participé, comme Georges Albertini ou Boris Souvarine.

Nous avons aussi François Lehideux (gendre de Louis Renault, il devient directeur général des usines Renault à partir de 1934), qui a été secrétaire d’Etat à la Production industrielle en 41-42. Emprisonné à la Libération pour actes de collaboration, il bénéficie lui aussi d’un non-lieu en 1949. Le groupe Renault faisait également partie du conglomérat de la banque Worms.

Un autre personnage, que j’ai déjà cité parmi les collaborateurs de la revue Nouveaux Cahiers, est un dénommé Georges Albertini, ancien dirigeant de la SFIO jusqu’en 1939, passé au Rassemblement national populaire de Marcel Déat, rassemblement antisémite, collaborationniste et raciste duquel il était le n°2. Albertini était surtout "conseiller technique permanent" de la direction du groupe Worms depuis le début de la guerre, il rejoint Hippolyte Worms à Fresnes mais aussi après avoir été libéré (il a été emprisonné pour intelligence avec l’ennemi, relâché en 1948 et amnistié en 1951) pour prendre en charge différentes revues subventionnées par le patronat et y faire de la propagande anticommuniste. Parmi ces revues, citons le Bulletin d’études et d’informations politiques internationales (BEIPI), "commandité par le patronat" français (selon une note des renseignements américains), positionné à l’extrême droite et très axé sur la propagande anticommuniste. Il est aussi parmi les fondateurs de l’Institut d’histoire sociale (IHS) en 1954, financé uniquement par la CIA comme le Sénat US le révèle en 1967, et foncièrement antibolchévique. Après la mort de Worms en 1952, Albertini était toujours rémunéré par le groupe.

Albertini est resté dans la sphère politique jusqu’à sa mort en 1983, très sollicité par certains membres de la droite comme Pompidou, Alain Madelin ou Marie-France Garaud. Sous le gouvernement de Vichy, il a été directeur général du cabinet de Déat au Travail et à la Solidarité nationale. Pendant l’Occupation il a été l’un des membres éminents, à l’instar de Marcel Déat, d’un certain Cercle européen (autoqualifié de "centre de collaboration économique européenne"), un groupe fasciste et intrinsèquement antisémite dont Louis Ferdinand Céline aurait également été membre, et c’est pour cela qu’il a été arrêté en 44.

Une note des services secrets US (le COI, futur OSS), citée par l’historienne Annie Lacroix Riz qui a eu le courage, disons-le, de faire des recherches au sujet de la synarchie des années 20-30 et de les publier, dit que les hommes de Worms à Vichy utilisent leur poste pour "collaborer pleinement avec les Allemands". La note (p. 7 du doc pdf), datée de 1942, dit ceci : "On peut s’attendre à ce que les membres de ce groupe cherchent leur propre protection en cas de victoire alliée ou allemande, et mettent leurs importantes relations internationales au service du vainqueur, quel qu’il soit. Ils oeuvreront à une paix négociée impliquant une réorganisation de l’Europe sur des bases libérales et qui les laisserait jouir de leur autorité financière, industrielle et politique."

On pourrait continuer longtemps à énumérer les imbrications entre une certaine catégorie d’industriels et banquiers français, et la collaboration, politique et économique. Le cas de la banque Worms, bien que symptomatique, est loin d’être isolé, mais il est intéressant pour aborder la période de manière un peu réaliste, pour une fois. D’ailleurs, le grand nombre de banques nationalisées après la Libération (Crédit Lyonnais, Société Générale, BNCI, Paribas, Crédit industriel et commercial...) prouve que la collaboration économique était plus que banale pendant l’"Occupation", et les SS eux-même ont dit que sans l’aide des banquiers et industriels français, il leur aurait été bien plus difficile de mettre la main sur l’économie du pays.


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48 réactions à cet article    


  • jakback jakback 30 octobre 2007 12:30

    rappelez-nous a qui appartenaient/appartiennent les Banques que vous dénoncées !!


    • ZEN ZEN 30 octobre 2007 12:46

      Article intéressant et bien informé

      De l’autre côté du Rhin, ne pas oublier le soutien dont Hitler a bénéficié de la part du banquier Prescott Bush (grand-père de notre WW), de l’aide du groupe Union Bank dans l’effort de guerre de Thyssen , de l’appui de H Ford au régime (Hiltler gardait sa photo sur son bureau),etc... pour en savoir plus :

      http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=13787


      • morice morice 30 octobre 2007 13:10

        N’évoquons pas trop dans ces colonnes la collaboration, le dénommé Cambronne ne va pas apprécier que l’on touche à ses idoles sacrées. N’oublions pas Japy comme fabricant... et le rapport avec une affaire récente métant en cause un résistant de venu célèbre 66 ans après sa mort (http://lionelcoutinot.club.fr/occupation/vichyc.html). Japy faisait partie du groupe... WORMS. A part ça, dirait Cambronne, la collaboration était le fait de « quelques uns ». Décidément, chaque élément supplémentaire apporté à la période renforce la thèse de Paxton : les français ont accueilli les nazis avec une bineveillance exceptionnelle. Je veux parler du patronat français, excédé par 1936 qui lui était resté en travers. Aujourd’hui, ce sont les 35 heures. Heureusement qu’Angela Merkel n’a pas de petite moustache ni de mèche sur le front...


        • Gazi BORAT 30 octobre 2007 14:19

          @ l’auteur

          Article intéressant mais terrible pour moi car, m’incitant à rechercher sur le sujet, je trouve impliqué Maximilien VOX, dont je ne connaissais (et appréciais) jusqu’à présent que son travail de classification des polices typographiques (classification Vox 1932) et qu’il fallait jusqu’en 1983 apprendre par coeur pour obtenir un CAP de Compositeur typographe..

          http://www.thyssens.com/03notices-bio/vox_m.php

          Au-delà des faits de collaboration, cet article met en lumière des réseaux de financement militants d’une partie du patronat pour un projet de société franchement fasciste.

          Ce projet de société de la Synarchie était particulier puisqu’il prévoyait la domination d’une classe sociale composée de techniciens et d’ingénieurs qui, à la différence du Saint Simonisme était liée, non à une économie libérale, mais à une économie planifiée..

          Société qui émergera, de façon plus « soft », avec la technocratie des débuts de la V° république..

          gAZi bORAt


          • Ceri Ceri 30 octobre 2007 15:38

            la prochaine fois je crois que je vais parler de Robert marjolin, « socialiste » du mont Pelerin, ex secrétaire général de l’OECE à sa création grâce à Monnet, vice président le la CEE de 1958 à 1967 chargé des questions économiques et financières, à la base de nombreux textes européens pronant le marché commun et le fodns européen avec des i,nstitutions supranationales.

            Il a aussi fricoté de très près avec des synarques anglais et français. De + le Monsieur a été financé par la Fondation Rockefeller pour étudier aux Etats unis dans les années 30, puis au centre de coumenation sociale ou on retrouve par exemple Marcel Déat du RNP d’avant guerre...


            • judel.66 30 octobre 2007 15:43

              san antonio ecrit qu’une minute de silence c’est mesquin et que le silence total c’est mieux...

              le passé est passé ...est il bon de réveiller des rumeurs..parle t’on du role des communistes Français dans la première chasse aux juifs après 1940...


              • Ceri Ceri 30 octobre 2007 16:10

                oui et à force d’enterrer le passé on recommence. Quand je vois Sarko qui se pavane avec sa lettre de Moquet je trouve ca franchement indécent, cet article est juste destiné à remettre les pendules à l’heure.

                De +, il faut comprendre que la synarchie a de beaux restes, et qu’elle fortement influencé ceux qui ont entamé la « construction européenn », que ce soit de leur plein gré ou non.

                Et sur les fameuses 200 familles, un bon paquet a encore sa place dans les gros patrons d’aujourd’hui. Donc voilà, sur l’histoire, on n’en sait jamais trop.


              • aurelien aurelien 30 octobre 2007 18:05

                Merci pour ce rappel historique, le plus inquiétant ou consternant, ou ..., c’est que cette partie de l’histoire française est encore bien présente dans certains esprits sans remords, ou peut-être « nostalgiques » (?) du collaborationnisme, qui rappelons-le était l’idéologie acceptée par le plus grand nombre à cette époque.

                Si cela recommençait à notre époque, nul doute qu’il en serait de même : une poignée de résistants, des « patriotes », n’hésitant pas à utiliser les armes, une autre partie de la population, soumise ou insoumise, s’efforçant de survivre ou résistant à leur manière, et une autre toute acquise à l’idéologie d’état, préoccupée à sauvegarder ses intérêts financiers et de classe, dans la société.


                • aurelien aurelien 30 octobre 2007 18:08

                  Comme quoi, la fameuse « Identité française » est une fumisterie ou une illusion qui ne résiste pas à l’analyse.


                • aurelien aurelien 30 octobre 2007 19:26

                  Une illusion qui reste bien tenace pour la plupart des personnes cependant.

                  Quelle frayeur pour le citoyen moyen que de réaliser que ce sur quoi sont basées les sociétés actuelles sont des consensus appartenant à l’imaginaire social, qui montrent vite leurs limites en cas de situation d’insécurité extrême (guerres, pénuries...)

                  Toutes les crises historiques le montrent, que ce soit des crises financières, des guerres, des famines, des catastrophes naturelles... dans ces situations, l’identité du groupe explose, et alors la loi de la survie, la guerre civile, les pillages...etc deviennent affaire communes. Le territoire bascule alors dans une politique sécuritaire, le plus souvent militaire, les médias sont contrôlés, la propagande gouvernementale, mêlant désinformation et martelage idéologique est alors instaurée et généralisée. C’est un mécanisme ne souffrant d’aucune exception, et valable pour n’importe quelle communauté nationale.

                  A l’heure de la politique mondialisée, la survie du système s’effectue de la manière la plus centralisée possible, bien loin du contrpôle citoyen. C’est la cas des instances internationales, et des petits comités qui décident des grandes orientations de développement au sein de la communauté européenne, de l’OCDE... etc. Et l’on voit bien que les politiciens nationaux ne souhaitent pas remettre en cause ce grand mouvement de contrôle idéologique, qui leur assure eux-mêmes une certaine subsistance et qui justifie leur existence (à gauche comme à droite), quand bien même celle-ci se limite à un minimum de décision, et cela à un niveau très local, et très éloigné des grandes questions touchant à la politique et à la démocratie, et aux grands axes de développement tant industriels qu’environnementaux, dans le cadre d’une certaine idéologie basée sur la libre efficience et la neutralité du libre-échange économique globalisé.


                • aurelien aurelien 2 novembre 2007 19:48

                  Bienvenue chez gogo vox, un espace pour les citoyens cachés derrière leurs écrans, pavanant sur l’actualité, pompeusement, égotiquement, ’cause journalisme citoyen...

                  lol


                • snoopy86 30 octobre 2007 22:48

                  Aprés Bonnet et Morice, nouvelle tentative d’amalgame collaboration-patronat.

                  Désolé de vous contredire et de devoir une fois de plus démontrer que l’honneur comme la trahison ont été de tous les côtés.

                  Vous voulez que je vous cite des patrons résistants ?

                  Jacques Ballet PDG d’Esso France et Esso-SAF

                  http://www.ordredelaliberation.fr/fr_compagnon/50.html

                  Pierre Louis-Dreyfuss banquier, PDG de Louis-Dreyfuss et Cie, père de l’actuel président de l’OM

                  http://www.ordredelaliberation.fr/fr_compagnon/616.html

                  François Sommer : PDG d’Allibert-Sommer

                  http://www.ordredelaliberation.fr/fr_compagnon/930.html

                  Citons aussi « l’ignoble » Pierre de Bénouville, ancien cagoulard et bras droit de Marcel Dassault

                  http://www.ordredelaliberation.fr/fr_compagnon/437.html

                  Et il y en a d’autres...

                  Rappelons aussi que le premier fusillé de la résistance ne fut ni Guy Môquet ni un des communistes de Chateaubriant mais Honoré d’Estienne d’Orves, royaliste

                  Que Gilbert Renault, le colonel « Rémy », fondateur d’un des tous premiers réseaux de résistance était militant de l’Action Française

                  Qu’à l’inverse :

                  Pierre Laval était un ancien député socialiste, tout comme Marcel Déat

                  Que Jacques Doriot était président des jeunesses communistes puis député communiste

                  Qu’à gauche ,comme à droite, les collabos, par conviction ou par opportunisme, n’ont pas manqué.

                  Tout ceci pour dire qu’il est hâtif de dire droite-patronat-collaboration et gauche-résistance, tout comme l’inverse...


                  • snoopy86 30 octobre 2007 22:57

                    Un dernier point

                    Votre mise en cause de la famille de Wendel pourrait être qualifié de diffamatoire.

                    Geoffroy Chodron de Courcel, premier officier français à rejoindre le général de Gaulle en faisait partie...


                  • Ceri Ceri 30 octobre 2007 22:57

                    est-ce que j’ai dit que TOUT le patronat était collabo ? J’ai juste sorti des faits, et j’ai parlé du cas de la banque Worms, qui elle était franchement collabo, et synarque. Et dans la synarchie ils étaient tous pro nazis au début de la guerre et même avant. Après certains ont été assez malins pour retourner leur veste en 42, d’autres pas, mais peu importe ils s’en sont presque tous sortis.

                    C’est comme les compulsifs des « moins » sur les différentes interventions, on dirait que la dissonance cognitive fait un peu mal. Eh bien oui, une partie des industriels et banquiers nous a sciemment fait perdre la guerre, et a sciemment collaboré avec le Reich, parce qu’en + idéologiquement ils adhéraient complètement.

                    C’est quand même grave que des faits ne soient pas pris comme tels mais juste comme une opinion.


                  • Ceri Ceri 30 octobre 2007 23:00

                    La famille Wendel tenait le Comité des Forges, qui était une des bases de la synarchie. Après que certains aient (vaguement ?) résisté, surement... Et la diffamation aujourd’hui elle est partout dès qu’on met en cause un nom ou une entreprise ca finit en diffamation. A ce propos, la différence entre calomnie et diffamation, c’est que pour la diffamation, on peut prouver ce qu’on dit.


                  • snoopy86 30 octobre 2007 23:00

                    Un détail : François de Wendel, président du comité des forges, sénateur, est un des parlementaires qui refusa les pleins pouvoirs au maréchal Pétain


                  • Ceri Ceri 30 octobre 2007 23:03

                    probablement parce qu’ils ont misé sur Laval. Après ce qui est certain c’est que le Comité des Forges et la banque de France ont tout fait pour détruire l’effort de guerre et ont financé des ligues facsistes


                  • snoopy86 30 octobre 2007 23:11

                    Amalgame et conclusion hâtive, une fois encore...

                    Je vous rappelle également que le colonel de La Rocque que vous considérez comme fasciste, ce qui me semble un peu rapide, a appelé à la résistance le 16 Juin 1940, soit deux jours avant le général De Gaulle

                    http://fr.wikipedia.org/wiki/De_La_Rocque


                  • snoopy86 30 octobre 2007 23:20

                    Sur François de Wendel

                    Quand il a refusé les pleins pouvoirs à Pétain, il n’était pas encore question de Laval. Qu’est-ce qui vous permet une telle affirmation ?


                  • Ceri Ceri 30 octobre 2007 23:29

                    bon, Les croix de feu c’était une Ligue, financée pour casser les mouvements sociaux et le communisme. Il était d’abord anti parlementaire, antisémite officiellement non, mais bon la mouvance est claire. Et la Rocque manifestement, s’est rangé derrière Pétain après l’armistice.

                    Pour les Wendel, c’est un fait qu’ils faisaient partie de ces « 200 » familles, francois de Wendel était bien le chef de la Banque de France , qui a fait virer Blum, notamment. Et que la banque de France et le Comité des Forges dont il faisait partie ont saboté l’effort de guerre en parfaite connaissance de cause, et qu’ensuite ils n’ont pas eu de difficultés à collaborer.

                    La banque de France a soutenu Franco et coulé la république espagnole comme la france, ce n’est pas anodin.

                    Et c’est pareil, on retrouve des industriels français qui ont profité de la guerre, et des commandes allemandes. Je ne comprends pas pourquoi on devrait nier ça, alors que pendant 60 ans on ’na pas eu accès aux archives pour mettre ca en lumière.


                  • Ceri Ceri 30 octobre 2007 23:33

                    Mais Laval était déjà en politique avant la guerre, et très lié au patronat via notamment sa famille.


                  • snoopy86 30 octobre 2007 23:34

                    On peut simplement le nier parce que celà ne repose sur rien si ce n’est la théorie fumeuse du complot de la synarchie...

                    Des faits s’il vous plait, pas des théories bidon

                    http://fr.wikipedia.org/wiki/Synarchie

                    http://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Saint-Yves_d%27Alveydre


                  • snoopy86 30 octobre 2007 23:39

                    ni des historiens cocos qui sont les seuls que vous citez :

                    http://fr.wikipedia.org/wiki/Annie_Lacroix-Riz


                  • snoopy86 30 octobre 2007 23:46

                    Pierre Laval :

                    Membre de la SFIO, défendant parfois des syndicalistes de la CGT notamment, devant les tribunaux, Pierre Laval s’affiche comme pacifiste avant la Première Guerre mondiale. Il est même inscrit au fameux « Carnet B », la liste de tous les militants de l’extrême-gauche pacifiste que le ministère de l’Intérieur prévoyait initialement d’arrêter en cas de conflit.

                    Après la Grande Guerre, Laval est élu député SFIO d’Aubervilliers, dont il devient maire en 1923. Réformé pendant la Première Guerre mondiale, il n’en développe pas moins un fort sentiment pacifiste, entretenu par ses contacts réguliers avec Aristide Briand, avec qui il travaillait à établir de bonnes relations avec l’Allemagne et l’Union soviétique. Il s’éloigne progressivement de la gauche à mesure que s’accroît sa fortune

                    source :

                    http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Laval

                    Strauss-Kahn où José Bové ?


                  • titi 31 octobre 2007 08:41

                    La réalité est bien plus complexe.

                    Le comportements des uns et des autres ont été totalement disparates et ce qq soit leur appartenance politique ou sociale. Je pense que nous avons du mal à nous imaginer ce que pouvait être l’état d’esprit d’un francais après des évènements tels que la débacle, mais aussi Mers El Kébir, l’invasion de la Syrie, de Madagascar. La famille Renault choisira la collaboration. Celle de Peugeot la résistance.

                    Pour illustrer la dualité des comportements, je ne saurais trop vous conseiller de vous procurer le film témoignage « Terroristes à la retraite » (« terrorists in retirement ») qui est une compilation de témoignages très forts d’anciens résistants FTP-MOI. Il eclaire sur plein d’aspects : la capacité des politiques a faire le grand écart, les motivations des « terroristes », et comment se faconne une « réalité historique ».


                  • snoopy86 31 octobre 2007 10:51

                    erratum :

                    Pierre Louis-Dreyfus n’est pas le père mais l’oncle de Robert Louis-Dreyfus actuel président de l’OM

                    La famille Louis-Dreyfus dont fait partie ce Compagnon de la Libération est elle-aussi considérée par les références de l’auteur comme faisant partie des 200 familles...


                  • judel.66 30 octobre 2007 23:31

                    merci Snoopy86 ..... vous avez raison ....


                    • Ceri Ceri 30 octobre 2007 23:42

                      pour les faits ca va venir, mais comme il faut faire court j’ai commencé par là.

                      Les théories fumeuses de la synarchie, ben ca me fait bien rire, j’aurais vraiment préféré que ce soit des théories fumeuses, mais mm les services secrets US le savaient à l’époque, tout comme des journalistes communistes comme Delaisi

                      Et accessoirement le meilleur moyen pour cerner ce genre de phénomène est de regarder les parcours de certains personnages, ca confirme les « théories fumeuses ». Ou ca les infirme mais dans ce cas là on n’en parle pas. Là j’ai donné des faits il me semble.


                      • Ceri Ceri 30 octobre 2007 23:45

                        et un historien est un historien avec un travail sur les sources, même communiste.


                      • snoopy86 30 octobre 2007 23:48

                        Les historiens communistes ont leur façon bien à eux d’écrire l’histoire, tout comme vous.


                      • snoopy86 30 octobre 2007 23:50

                        Delaisi : vachement crédible aussi :

                        http://fr.wikipedia.org/wiki/Francis_Delaisi


                      • Ceri Ceri 30 octobre 2007 23:56

                        le problème c’est que le + souvent la réalité est connue parce qu’il y a des dissidences avec les versions officielles. C’est comme les camps de concentration, les seuls à les avoirs dénoncés avant la guerre étaient des communistes, donc « pas crédibles ». Après qui est neutre ? Je trouve ca hypocrite de critiquer ceux qui affichent la couleur et pas ceux qui dissimulent leurs affinités.

                        Après, si lacroix Riz était incompétente, elle aurait été virée, et c’est tout. Elle a failli perdre sa place d’ailleurs, mais comme ses sources étaient très solides et pour avoir lu un de ses bouquins je le confirme, ben elle est toujours là.

                        Donc ce n’est pas « sa » ou « ma » vision de l’histoire, et je respecte trop cette matière pour avoir une vision biaisée, mais ce que révèlent les faits et qui certes a été occulté jusque là mais on peut comprendre pourquoi.


                      • 5A3N5D 31 octobre 2007 09:14

                        «  »« Après, si lacroix Riz était incompétente, elle aurait été virée, et c’est tout. Elle a failli perdre sa place d’ailleurs, mais comme ses sources étaient très solides et pour avoir lu un de ses bouquins je le confirme, ben elle est toujours là. »«  »

                        Pas d’accord : personne, POUR l’INSTANT, n’est en mesure d’apporter un démenti formel à Lacroix-Riz, les fonds d’archives n’étant pas tous communiqués (d’ailleurs, elle a complètement « oublié » les archives soviétiques.) Donc, les « sources » sont forcément incomplètes et partiales. Laissons faire les Historiens.

                        Votre argument : « si lacroix Riz était incompétente, elle aurait été virée, et c’est tout » me semble un peu léger : on ne vire pas un prof d’universté sur un claquement de doigts.


                        • Ceri Ceri 31 octobre 2007 11:45

                          elle a surtout travaillé sur les fiches de police et des renseignement français et américains, et là il y a une masse d’archives que personne d’autre n’avait vues, et qui parfois n’auraient pas du etre vues.

                          Maintenant vous pouvez nier ce que disent les sources, c’est votre problème.


                        • 5A3N5D 31 octobre 2007 13:20

                          Mes sources sont soviétiques et sont disponibles à cette adresse :

                          http://www.ihtp.cnrs.fr/spip.php?article343&var_recherche=ukraine

                          Elles dérangent Mme Lacroix-Riz qui prétend que Nicolas Werth (entre autres) serait payé par le pouvoir financier. Le problème est qu’on ne peut pas nier LA REALITE DE CES ARCHIVES, totalement passées sous silence par votre historienne. Car le choix de ses sources n’est pas le fruit du hasard, mais de la nécessité de casser du capitaliste et du curé ! Comment peut-on écrire sur les crimes du communisme sans se servir des archives soviétiques ? Il y a quelque chose qui m’échappe. Ce qui ne m’échappe pas, en revanche, c’est que les protestations d’un groupe ethniques ont été instrumentalisées dans une vaste campagne de « pétition de soutient. »

                          Qu’il y ait eu 1,2,4 ou 5 millions de morts en Ukraine ne change rien au problème : c’est bien le fait de Staline et non le résultat d’une propagande « germano-vaticane ». Les faits sont là et ils sont têtus : même le kremlin n’a pas cru bon de protester !


                        • Matéo34 Matéo34 31 octobre 2007 17:30

                          Bonjour,

                          Pour tous ceux qui veulent discuter avec Mme Lacroix-Riz et lire ses travaux direction :

                          http://www.historiographie.info/menu.html

                          Vaut mieux discuter avec Dieu que ses saints (sans vouloir offenser l’auteur de ce bon article).

                          A mon humble avis, si elle ne se réfère pas aux archives soviétiques, c’est parce que son sujet d’étude est plutot axé sur l’histoire de la politique internationale en l’Europe de l’ouest et du centre. Elle les utilise parfois, mais ce n’est pas son objet d’étude principal. Ces contracdicteurs n’utilisent pas plus les archives de la police française, les archives du MAE ou du Forein Office...

                          A mon avis, on se trompe de débat : ceux de l’IHTP étudient plus la violence politique interne à l’URSS que les rapports extérieur. Après, ils font une extrapolation en essayant de mettre cela sur le compte de l’idéologie communiste. Elle objecte et démontre que cela relève plus de conditions objectives que de pure idéologie.

                          Je ne sais pas qui a raison qui a tort, la seule chose c’est de savoir regarder un évènement à l’aide des deux points de vue.

                          Et on peut faire la même chose pour l’Ukraine...

                          De ce qui est son livre « Le choix de la Défaite », d’un point de vue scientifique, il ne me semble pas attaquable : elle démontre la collusion des élites (et pas seulement du patronnat) avec l’Allemagne Nazie, elle démontre en quoi « plutôt Hitler que le Front populaire » relève plus d’une volonté politique que du simple slogan. Elle s’appuie sur des archives incontestables. On peut réfuter sa thèse, mais il faudrait citer des sources pour étayer les contres arguments.

                          Mathieu


                          • Adrien 31 octobre 2007 17:33

                            C’est un article qui fait froid dans le dos.

                            Ceri, dans vos commentaires, vous mettez en cause la Banque de France. Vous affirmez qu’elle a soutenu le régime de Franco et qu’elle a coulé la république espagnole et la France. Pouvez vous nous en dire davantage.

                            Je me souviens avoir parcouru, il y a un moment, un livre sur l’Or de la banque de France (paru vers 2004) retraçant comme celui ci a été déplacé plusieurs fois pour qu’il ne tombe dans l’escarcelle du IIIème Reich, ou des anglais et des américains. Peut on considérer que la banque de France ait collaboré ? De quel côté était elle ? Comment cela s’est il passé selon vous ?


                            • Ceri Ceri 2 novembre 2007 10:46

                              Pour le régime de Franco ca a été très simple : l’Espagne républicaine a mis de l’or dans les coffres de la Banque de France, qui a simplement refusé de le rendre, ce qui a crée de grosses difficultés, dont une famine, et a complètement déstabilisé la république. Quand Franco est arrivé, on lui a donné l’or en question, et voilà.

                              Pour la France, ce qui est certain, c’est qu’avant la réforme de Blum sur le statut de la Banque de France, les gouvernements devaient en queslque sorte promettre de suivre certaines politiques économiques au gouvernement de la Banque de France ; S’ils ne le faisaient pas, la B de F cessait les avances et les prets, et le gouvernement se retrouvait avec les mains liées, et se faisait virer. C’est la raison principale de la forte instabilité ministérielle des années 30. Ce qui est certain, c’est que la Banque de France , et celle d’Angleterre, ont fait des prets à Hitler, qui les a remboursés avec l’argent des Juifs notamment. C’était donc très rentable de preter à Hitler. La Banque de France a complètement récupéré sa mise avec Hitler, pendant que ses grands actionnaires, y compris ceux du Comité des Forges, se placaient à Vichy pour mener la collaboration économique et même politique avec le Reich. Les mêmes qui ont tenté plusieurs coups d’Etat fascistes dans les années 30. La Banque de France, en fait , aurait nons eulement collaboré, mais aurait préparé le terrain à Hitler en freinant autant que possible le réarmement de la France dans les années 30, et pour ça il y a de nombreux exemples, et pas seulement cités par Lacroix Riz.


                            • 5A3N5D 31 octobre 2007 18:53

                              «  »« A mon avis, on se trompe de débat : ceux de l’IHTP étudient plus la violence politique interne à l’URSS que les rapports extérieur. Après, ils font une extrapolation en essayant de mettre cela sur le compte de l’idéologie communiste. Elle objecte et démontre que cela relève plus de conditions objectives que de pure idéologie. »«  »

                              C’est curieux de retrouver ici la démarche de cette historienne. Admettons : les membres de l’IHTP ont leur leur approche d’un fait historique, une historienne en a une autre. Je ne vois aucun motif de refuser l’une ou l’autre thèse. Sauf que l’une, pour des raisons purement idéologiques, nie purement et simplement l’existence même d’un fait historique. Et là, ce n’est plus acceptable.


                              • Matéo34 Matéo34 31 octobre 2007 19:59

                                @ 5A3N5D

                                Bonsoir,

                                Sur le fait que nier un fait historique est inacceptable, je suis bien d’accord avec toi. Quand j’ai commencé à lire ses travaux sur la question Ukrainienne, j’ai pensé qu’elle allait trop loin.

                                Sauf que... elle ne nie pas le fait (si tu parles bien de l’Ukraine), elle apporte des éléments qui peuvent amener à penser que les chiffres donnés et comment furent présentés les faits à l’époque étaient tendancieux (puisque principalement italien et allemand, cela fut repris tel quel par la suite par certains historiens). De plus, elle ne fait que dénoncer le fait que si on ne fait pas ce travail critique, eh bien on ne voit pas que la réhabilitation de l’UPA par le gouvernement ukrainien actuel ne fait que réhabilier des nazis ukrainiens. Enfin, elle donne aussi des références d’ouvrages qui appuient cette thèse (dont la majorité viennent d’Angleterre et des USA... alors pour l’influence des cocos, c’est plutot limité !)

                                La vérité historique n’est pas fixe. On peut penser ce que l’on veut suf qu’elle ne fait que donner des éléments pour nourrir un regard critique.

                                Tu peux penser que ses opinions communistes influencent son travail, mais ce qui est vrai pour elle , est vrai pour les autres...

                                Mathieu

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