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Accueil du site > Actualités > Politique > Une droite à 5 Branches

Une droite à 5 Branches

Bayrou, Borloo, De Villepin, Sarkozy, Le Pen... Du centre à l'extrême, la droite implose. Comme quoi la droite, et surtout l'UMP, s'inspire bien du Parti Socialiste pour se diviser. Mais quels seront les probables candidats pour 2012 face à Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen ?

François Bayrou est peut-être l'homme politique qui a officialisé le plus rapidement sa candidature pour la présidentielle de 2012... du moins de façon officieuse. Et cela depuis la création clownesque d'un  gouvernement virtuel pour préparer son hypothétique victoire, en septembre 2010. Mais François Bayrou est l'homme politique qui a peut-être le plus mal géré sa crédibilité politique : D'une part à cause de ses nombreux et hasardeux copier-coller basés sur le modèle politique anglo-saxon, dont le shadow cabinet, et d'autre part de l'image qu'il renvoie, avec l'exemple de son altercation avec Daniel Cohn-Bendit lors d'un débat télévisé (Mots croisés, le 4 juin 2009).. Mais sa plus grosse erreur aura été certainement ce qu'il aura pris pour une victoire "trop "personnelle : la présidentielle de 2007.

Modem, le parti de la discorde

Après avoir recueilli plus de 18% en 2007, François Bayrou est le troisième homme de la vie politique française. Il dissout alors l'UDF pour fonder le Modem. Un parti qui devait promouvoir l'indépendance du centre face à l'UMP mais qui sert finalement d'appareil au service du leader politique, François Bayrou. Certaines têtes pensantes quittent alors le navire, préférant un centre pouvant peser sur les idées de l'UMP (Hervé Morin, Michel Mercier, etc.). Au niveau national, les résultats catastrophiques des dernières élections témoignent la perte de confiance continue des Français vis-à-vis de François Bayrou : Le Modem ne fait que 8.46% des suffrages aux élections européennes et 4.2 % aux élections régionales de 2010 (moyenne nationale). De quoi être pessimiste pour 2012, mais François Bayrou croit encore en ses chances alors... se présentera-t-il ? certainement. D'autant plus que la main tendue par Jean-Louis Borloo n'a pas été acceptée par François Bayrou. Ce dernier préférant voir, dans la création du nouveau parti Borloo, une tentative d'intox pour ramener les voix centristes vers l'UMP de Nicolas Sarkozy. Bayrou, un cavalier seul, trop seul pour peser sur l'élection.

Borloo, intox ou crédible ?

Une cause d'échec qu'a bien compris Jean-Louis Borloo. Pour gagner une bataille électorale, il faut être uni et rassemblé. Jean-Louis Borloo veut s'assurer du soutien d'une partie du nouveau centre (dont Hervé Morin), quelques écologistes (dont certainement le Cap 21 de Corinne Lepage) et des gaullistes déçus du sarkozysme. Une confédération des centres qui n'a pas encore de parti mais qui voit peu à peu le jour. Ses intentions sont peu claires : présenter un candidat pour 2012 ? faire de l'intox pour faire peur à l'UMP (mission déjà partiellement réussite) ? Contrer le Modem de Bayrou ? Amener le maximum des voix centristes à l'UMP ? L'effet d'annonce de Jean-Louis Borloo sur le plateau de "A vous de juger", début avril, est en effet peu compréhensible. Voilà qu'un ancien ministre sous la présidence Sarkozy, qui a défendu la politique du maitre à penser de l'UMP, qui a fait du pied pendant deux mois au Président pour une place tout en haut du gouvernement, se met à comploter avec des anciens ministres sarkozystes... Tout cela pour former une alternative... Fiable ?

N'est-ce pas plutôt pour tenter d'approcher un candidat plausible mais encore discret du nom de... Dominique de Villepin ? Peut-être que plus le projet politique, il s'agirait pour Borloo et de ses amis de trouver un candidat idéal pour contrer Nicolas Sarkozy. Et Dominique De Villepin serait ainsi le favori. L' alternative ne serait donc pas sur le projet politique mais sur la personne à placer en haut de la hiérarchie. Du coup, les ex-ministres sarkozystes, déçus, déchus, oubliés ou voulant devenir Calife à la place du Calife, se retrouveraient de nouveau dans les bons petits papiers du nouveau Président de la République.


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9 réactions à cet article    


  • Voltaire Voltaire 13 avril 2011 10:37

    La conclusion de cette analyse me semble très largement erronée.

    Imaginer que Borloo ou Morin puisse rouler pour Villepin est assez comique lorsque l’on connait un peu la politique française. Aux yeux des centristes de la majorité comme du MoDem, DdV est perçu non seulement comme non-centriste mais comme incapable d’aller au bout de sa candidature, simplement parce que manquant d’un parti et de moyens nécessaires à une campagne crédible, et jouant largement une carte personnelle.

    Le reste de voter article peut se discuter. En ce qui concerne le MoDem et Bayrou, je ne partage pas votre avis sur le shadow cabinet qui a eu le mérite de faire sortir quelques têtes en dehors de Bayrou aux yeux des media. Mais sur la gestion de Bayrou à propos de son patrimoine politique issu de 2007, vous avez sans doute raison, ce qui ne signifie pas qu’il soit hors jeu en 2012.

    Pour Borloo, on est encore dans le flou, ce qui est d’ailleurs compréhensible. Borloo souhaite attirer vers cette nouvelle confédération un nombre conséquent de parlementaires de la majorité. Ceci ne sont guère courageux et n’iront qu’une fois certains que la carte Sarkozy est la mauvaise ; on risque donc d’assister à une période d’incertitude qui ne renforcera pas la crédibilité de Borloo comme présidentiel, mais qui peut être utile à former une vraie alternative modérée à l’UMP.


    • TOHT 13 avril 2011 11:28

      Cher Voltaire,
       pas si évident lors des dernières cantonales bon nombre de mes amis de RS ont apporté un soutient à des candidats Modem, DLR voir UMP tendance NC. L’autonomie des militants peuvent faire qu’au sommet des pyramides les gens puissent se rencontrer, se respecter et pourquoi pas s’entendre. Il faut bien avoir en tête que les idées ne vivent que par ceux qui les diffuses et ceux du terrain n’ont pas forcement la même lecture de proximité (pragmatisme locale) que leurs dirigeants. Et je sais à gauche comme à droite et aux centre(s), certain ont voté FN au 2 eme tour il ne faut pas se le cacher. Bref, à mon sens il est de leurs responsabilités politiques voir historique de reprendre le pouvoir.


    • Voltaire Voltaire 13 avril 2011 11:42

      @Toht

      Je vous suis certainement sur ces points :
      - il y a une « compatibilité » sur le fond entre ces familles démocrates, centristes et républicaines
      - sur le terrain, les choses sont souvent bien plus détendue et constructives qu’au sommet
      - ces responsables ont un devoir d’entente et de proposition afin de répondre aux attentes des français

      Je ne souhaitais pas sous estimer la valeur de DdV en tant que force de proposition, mais imaginer que Borloo et Morin puisse « rouler » pour lui ne tient pas la route. On est plus dans la perspective d’une alliance entre centristes et gaullistes de DdV que d’un ralliement/fusion à ce stade.


    • eric 13 avril 2011 11:43

      Les sondages créditent régulièrement l’ensemble des droites d’entre 55% et 60% des suffrages au premier tour des présidentielles. Compte tenu du contexte, crise, allergie de certains a Sarko, absence d’alternance depuis longtemps, c’est dire si les idées de droites sont majoritaires de façon écrasante dans notre société.
      Ces droites sont divisées par des nuances, mais fondamentalement beaucoup plus proches entre elles que les différentes gauches.
      Il est clair que cela constitue un facteur de division. De nombreux acteurs peuvent penser faire leur trou et pouvoir négocier quelque chose. Au contraire, la gauche est tres minoritaire et complétement divisée sur le fond sur la plus part des grandes questions de l’heure. Sa seule chance de gagner serait une union de façade. Chacun y travaille, mais ce n’est pas gagne.
      Je pense que, de façon très rationnelle, les français choisiront finalement comme président, comme les fois précédentes, celui qui aura fait la preuve qu’en se les conciliant ou en les tuant politiquement, il est capable de gérer les contradiction dans son propre camp et donc a une chance d’arriver a gerer un pays lui même assez divise.

      Compte tenu de la dominance de la droite dans la société, mais aussi compte tenu de leurs traditions respectives, cela devrait déboucher a nouveau sur un president de droite et vraisemblablement Sarkozy. Il s’agit de l’élection d’une personne. La gauche qui se méfie des personnalités et croit plus au collectif, est mal armée pour se réunir autour d’une personnalité charismatique ou même produire de telle personnalités. La preuve ? Le seul président qu’elle ait jamais réussi a placer avait été politiquement forme par l’extrême droite.....


      • Imhotep Imhotep 13 avril 2011 11:45

        Pour parler en expert encore faut-il connaître l’histoire et les chiffres.

        1- l’UDF existe toujours . Il faudrait que vous ayez un tout petit peu de cullture politique (je vous renvoie à un livre qui a tous les éléments) et vous y lirez que la bande à Morin avait fait signe d’allégeance au futur MoDem et parlé de sa fidélité à Bayrou. Les journaux de l’époque que je vous invite à consulter en sont la preuve tangible.
        2- le Modem fait 17,8 % aux cantonales là où il a présenté des candidats. Vous avez encore tout faux.
        3- Borloo ne crée pas de nouveau parti et n’a jamais tendu la main à Bayrou. Son parti le Parti radical quitte l’UMP tout en restant fiancé par elle.
        4- entre loes deux stratégies Bayrou et Morin on voit le résultat, puisque selon vous c’est Morin et sa clique qui auraient raison. malgré les avoinées que Bayrou reçoit dans le tout dernier sondage 53 % des votants pour lui en 2007 pensent qu’il est le représentant du centre quand seulement 2 %, mon petit bonhomme oui 2 %, pensent que c’est Morin. Alors tout observateur impartial et un tant soit peu honnête en conclura que pour eux Morin a trahi et ne représente pas le courant ex UDf mais que Bayrou le représente. Et encore dans ce sondage il y a Borloo qui a été co-fondateur de l’UMP participant à vider l’UDF d’une parie de sa substance et Villepin. J’aimeras bien avoir un sondage Bayrou / Morin.

        Votre article est un tissu d’inepties et très mal renseigné. Evitez à l’avenir de faire des affirmations propos de ce que visiblement vous ignorez complètement.

        Quant au shadow cabinet le PS en avait fait un aussi.

        • eric 13 avril 2011 12:30

          A Imhotep
          Que la sensibilité centriste existe comme elle a toujours existe est incontestable.Qu’elle se distingue des autres droites en mieux ou en moins bien suivant les sujets et les opinions des uns et des autres également. Que dans les pratiques au pouvoir, ces distinctions soient souvent très relatives est un fait historique. Que Bayrou au jour d’aujourd’hui ait beaucoup plus de visibilité au centre est evident. Que la frange la plus arriviste de la gauche soit éventuellement prête a conclure des alliances provisoires et purement tactiques pour enfin arriver au pouvoir si cela ne lui fait pas perdre trop de voix a gauche, c’est a dire entre les deux tours exclusivement n’est pas impossible, surtout compte tenu du précédent Ségolène. Mais que le noyau dur de la gauche ait du mal a distinguer Bayrou et Sarko est aussi une évidence. Pour ce noyau dur de la gauche, même de gouvernement, une alliance avec les facho du NPA est dans l’ordre des choses. Avec le modem non.
          Il n’y a donc qu’une vraie question : entre les nuances qui distinguent l"UMP du Modem et les conséquences possibles d’une victoire des gauches au présidentielles et en dehors des calculs personnels et politiciens il serait bon que le modem dise ses préférences.
          Personnellement, de sensibilité centriste, mais me disposant a voter UMP, je suis absolument sur qu’en cas de second tour Bayrou/n’importe qui a gauche, je n’aurai pas d’hésitations. Il me semble qu’au nom de la transparence démocratique, le modem devrait aussi affiche ses perspectives, surtout depuis que l’on connait le programme du PS.


          • goc goc 13 avril 2011 14:21

            De toute façon, le seul problème de la droite, c’est sarkozy
            lui seul a les règles du jeux à droite, et c’est lui qui dictera le jeu
            les deux seuls éléments connus en opposition à nabot1er sont Nicolas Dupont-Aignan et Bayerou. Les autres ne le seront que si le nain n’a pas besoin de leurs« voix » pour passer le 1er tour, car dans le cas contraire (et c’est visiblement ce qu’attend Borloo) le nains devra faire des compromissions pour éviter des candidats « parasites ». En effet il apparait évident que ce premier tour se fera à 2 ou 3 % autour du second arrivé (soit le candidat Ps soit le nain soit encore lepen). Or 2 à 3 % c’est ce que peuvent espérer faire les candidats de droite

            et sans oublier la candidature de Hulot qui pourrait aussi bien priver le candidat Ps que le nain, des voix nécessaires pour être au second tour


            • Normand45 Normand45 13 avril 2011 16:08

              Etre centriste, c’est affirmer qu’on n’est satisfait, ni de l’offre de l’UMP, ni de celle de PS et qu’on n’est pas extrême pour autant. C’est aussi dire que l’on croit que c’est par l’Europe qu’on s’en sortira.
              Je suis centriste et fier de l’être.

              En 2007, ni Sarko et ni Ségo n’avaient pour moi la carrure d’un Président. J’ai voté Bayrou.
              En 2012, si Sarko représente l’UMP et DSK le PS, je suis très exactement dans le même cas de figure.
              Et Bayrou demeure encore le seul crédible.
              J’aime bien Borloo, mais vraiment ses ronds de jambe n’ont rien à voir avec l’idée que je me fais d’un Homme d’Etat. 


              • airlane 14 avril 2011 10:17

                Absolument d’accord avec Normand45.
                Qui peut encore croire que Borloo, Morin et consorts ne roulent pas pour l’UMP ? Imothep a raison, ce n’est pas Bayrou qui a « tué » l’UDF il s’est refusé à un ralliement en 2002 quand Chirac a rebaptisé le RPR en UMP et que Borloo l’a rejoint, ce qui a été finalisé par les Leroy Morin en 2007 les uns et les autres préférant la soupe au combat.

                La preuve que Sarkozy caresse tout ce beau monde dans le sens du poil, c’est le détricotage de la loi TEPA dont il avait juré ses grands dieux qu’il n’y reviendrait pas (bouclier fiscal, ISF, droits de succession...) il n’en reste que la défiscalisation des H.S. qui n’est pas forcément une mesure de justice puisqu’elle bloque les possibilités d’embauche, les entreprises préférant « ajuster » en fonction de la charge de travail. A noter également que avant la TEPA les heures au delà des 35 h. étaient majorées de 10 % et avec la loi TEPA la majoration est passée à 25 %, il y a quelque part une aberration qui coûte très cher aux finances publiques.

                Egalement pour - enfin - satisfaire les députés centristes, le gouvernement va introduire la « règle d’or » dans la constitution, qui était également inscrite dans le programme de Bayrou 2007.

                Quant à DdeV je remarque qu’entr’autres il préconise de faire payer un impôt même aux plus modestes ne serait-ce qu’un euro. Cela aussi était dans le programme de F. Bayrou. A noter cependant qu’on devrait déjà récupérer la somme minimum au dessous de laquelle le fisc ne la recouvre pas (environ 65 euros je crois) en raison des frais administratifs je suppose. Avec les traitements informatiques actuels il me semble que ce n’est plus justifié.

                Toutes ces personnes ont fait partie des gouvernements Chriac et/ou Sarkozy en cautionnant leur politique en tant que membres du gouvernement ou députés votant des lois avec lesquelles ils n’étaient pas d’accord et tout-à-coup ils s’aperçoivent qu’ils se sont trompés. Si Borloo avait obtenu la place de Fillon lors du dernier remaniement ainsi que Morin un nouveau ministère, il y a fort à parier qu’on en entendrait pas parler. Je remarque que Leroy et Mercier sont encore au gouvernement et qu’ils ne semblent pas avoir l’intention d’en sortir.

                Quant à Galouzeau de Villepin on connaît l’estime qu’il porte à N. Sarkozy et son destin reste quand même suspendu non pas au croc de boucher mais au résultat du procès en appel.
                Qu’on ne vienne pas me rétorquer que F. Bayrou voue une haine viscérale à NS parce que ce n’est pas vrai : il n’approuve pas sa politique et il le dit depuis 2007. 

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