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Accueil du site > Actualités > Politique > Une lecture stimulante : « Qu’ils s’en aillent tous ! » de (...)

Une lecture stimulante : « Qu’ils s’en aillent tous ! » de J.-L. Mélenchon

Cet article ne parle pas de Mélenchon en tant que tel. J’ignore si on peut faire confiance à cet ancien mitterrandiste. Tout ce que je peux dire, c’est que les idées qu’il expose dans son livre sont souvent très justes. En tout cas, elles changent des vieilles rengaines de l’UMP et du PS et pourraient contribuer à un débat démocratique de qualité.

« Populisme » ou haute idée de la démocratie ?

Naturellement, les idées exposées dans Qu’ils s’en aillent tous ! sont souvent discutables. Mélenchon est le premier à le reconnaître. Son livre n’est d’ailleurs pas un programme politique, mais un ensemble de propositions dont les militants de son parti, et tous les citoyens en général, doivent se saisir pour les critiquer, les modifier, les compléter. Sur ce point, Mélenchon est cohérent avec sa conception de la politique. S’il refuse de proposer un programme bien arrêté, c’est sans doute parce que son parti, le Parti de Gauche, a déjà un programme. Mais c’est aussi, me semble-t-il, parce qu’il a une haute idée de la démocratie. D’après lui, il s’agit de refonder la république sur des bases entièrement nouvelles, en convoquant une assemblée constituante. Cette assemblée aura pour tâche de formuler les grands principes de la démocratie française, et ce sera au peuple de valider, s’il le souhaite, cette nouvelle constitution. Pour Mélenchon, cette procédure n’est pas un gadget : elle est un outil pour repolitiser les citoyens français et asseoir les futurs gouvernements sur une réelle légitimité. De plus, elle est rendue nécessaire par les dérives d’un régime de plus en plus antidémocratique.

L’idée d’une assemblée constituante n’est pas non plus une pure et simple utopie : elle s’inspire de quelque chose qui a déjà eu lieu dans trois pays d’Amérique du sud – le Venezuela de Chavez, l’Équateur de Correa et la Bolivie de Morales. Là-bas, il s’est avéré indispensable d’associer les citoyens à la révolution démocratique qui s’y déroulait, afin qu’ils reprennent confiance envers la politique et leurs gouvernants. Bien entendu, la situation française est très différente de celle de l’Amérique du sud. Mais il y a également des analogies : une déception de plus en plus grande vis-à-vis de l’oligarchie politique et financière, une montée de l’abstention, une augmentation des inégalités. Seule une « révolution citoyenne », c’est-à-dire une refondation de la démocratie par les citoyens eux-mêmes peut mettre fin à cette dégradation de la vie sociale et politique.

Pour en finir avec l’oligarchie

Autre idée centrale du livre : celle qui est exprimée dans son titre. Qu’ils s’en aillent tous ! Ce mot d’ordre peut paraître démagogique. Il est plus juste et plus profond qu’il n’en a l’air. Mélenchon reprend ici le slogan lancé par les citoyens de plusieurs pays d’Amérique du sud, au moment où leurs pays respectifs basculaient dans de graves crises à cause de l’incompétence ou de l’égoïsme de leurs « élites ». Pour l’instant, sans doute, la France n’a pas subi un effondrement total de son économie et de son système politique. Seulement, comme beaucoup d’autres pays, elle n’en est pas passée bien loin en 2008. Il y a deux ans, on s’en souvient, le système bancaire international était secoué par une crise gigantesque dont les conséquences se font encore sentir. L’idée de se débarrasser de tous ces « experts », journalistes, politiciens, chefs d’entreprise qui mènent la France à la catastrophe n’est donc pas démagogique : c’est simplement une réaction de bon sens. L’étonnant, en effet, ce n’est pas la colère de Mélenchon : c’est que cette colère ne soit pas devenue plus générale et plus visible chez nos concitoyens. Comment se fait-il qu’on voie toujours ces mêmes têtes satisfaites et arrogantes à la télévision, comment se fait-il qu’on confie encore de hautes responsabilités à ces escrocs et incompétents, à ces Diafoirus qui ne font qu’aggraver l’actuelle catastrophe sociale, économique, politique et écologique ?

A-t-on vraiment besoin des riches ?

Mélenchon s’en prend non seulement aux politiciens et aux « grands » journalistes (grands par leur pouvoir plus que par leur talent), mais aussi aux grands patrons, gros actionnaires et richissimes hommes d’affaire qui accroissent leur fortune grâce à l’exploitation des salariés et à la bienveillance des gouvernements (allègements de « charges », cadeaux fiscaux…). Un des grands mérites de Qu’ils s’en aillent tous !, c’est de démystifier l’idéologie qui prétend justifier les privilèges des riches au nom de leur prétendue utilité sociale. Tout le monde a entendu ce discours : « C’est malheureux, mais on est bien obligé de dorloter les riches. Si on les taxe trop, ils quitteront le pays, emportant avec eux leur fortune. Et alors, il ne faudra pas se plaindre si notre économie s’effondre ». Discours apparemment réaliste, mais qui occulte une vérité élémentaire : les richesses sont d’abord produites par le travail. Les actionnaires qui s’octroient une part de cet argent ne sont pas des « créateurs de richesse » mais des parasites. Ils sont même destructeurs d’emploi et d’entreprises, avec leurs exigences démesurées (15% de rentabilité). Qu’ils s’en aillent donc ailleurs, ce n’est pas leur départ qui appauvrira la France.

Bien entendu, on pourrait objecter à Mélenchon que les riches ne sont pas forcément de méchants profiteurs qui se tournent les pouces en attendant de toucher leurs dividendes : il y a aussi beaucoup de patrons compétents et efficaces. Mais sur ce point, le discours de Mélenchon est très mesuré. S’il appelle de ses vœux la création de coopératives gérées démocratiquement par les travailleurs, il ne se présente pas pour autant comme l’ennemi de tous les chefs d’entreprise. Sa cible, ce sont essentiellement les grands patrons, qui se gorgent de salaires démesurés et de stock-options alors même qu’ils saccagent des entreprises et des vies humaines par une gestion au service de la rapacité actionnariale.

De manière générale, la fiscalité proposée par Mélenchon viserait surtout une petite minorité de riches. C’est pour elle qu’il souhaite créer de nouvelles tranches d’imposition et un revenu maximal :

« Cette progressivité renforcée concernera les contribuables qui déclarent plus de 70 000 euros de revenus annuels. Il s’agit des 5 % des contribuables les plus aisés. Et qu’on ne vienne pas me dire que, si une telle mesure est prise, les reins des « créateurs de richesses » seraient brisés et leur esprit d’entreprise « cassé ». Il ne faut pas perdre de vue que le revenu moyen des 3 millions de chefs d’entreprise que compte le pays se situe à 40 000 euros annuels. À ce niveau, le revenu maximum et les nouvelles tranches d’imposition qui l’accompagnent ne leur prendront rien de plus. Et même quand on regarde du côté des patrons d’entreprise entre 50 et 100 salariés, leur revenu moyen est de 110 000 euros annuels. On reste très nettement en dessous du plafond envisagé, qui se situe autour de 352 000 euros. » (p. 69)

Un discours à la fois social et écologique

Une des principales forces du livre, à mon sens, est le chapitre consacré à l’écologie. Trop souvent, les luttes sociales et écologiques se mènent en parallèle, comme si elles n’avaient rien à voir. Contre cette séparation, Mélenchon montre qu’on ne saurait mener une politique vraiment sociale sans s’attaquer aux problèmes écologiques, pas plus qu’on ne saurait être vraiment écologiste sans s’attaquer au problème des inégalités. Avoir des préoccupations environnementales n’est donc pas le privilège des bobos :

« C’est pourquoi je prie gentiment qu’on aille se faire voir ailleurs quand on prétend être de gauche mais qu’on continue à asséner que l’écologie est une diversion par rapport aux vrais problèmes sociaux. Comme si ce n’était pas le premier des problèmes sociaux que la destruction de l’écosystème qui rend possible la vie sociale. Comme si les migrations climatiques, les empoisonnements des travailleurs, les accidents de santé et les pandémies liées à l’indifférence écologique n’étaient pas des problèmes sociaux. Pour ne dire que cela. Et comme si la destruction du monde n’était pas un vol immense pour tous ceux qui en bénéficiaient gratuitement, et parfois seulement de cela ! » (p. 97)

Inversement, une politique vraiment écologique doit forcément être sociale, c’est-à-dire contrecarrer les puissances financières qui sacrifient sur l’autel du profit les fragiles équilibres naturels dont l’homme a besoin pour vivre. Mélenchon n’a d’ailleurs pas de mots assez durs pour dénoncer la récupération de l’écologie par le capitalisme :

« Dans le blabla du « capitalisme vert », il n’y a pas que l’objectif de faire vendre ou de filouter qui est visé. Il y a aussi un enjeu idéologique essentiel : effacer l’image désormais majoritaire d’un capitalisme destructeur. Car, vaille que vaille, une prise de conscience s’élargit à propos du lien entre le capitalisme et le saccage de l’écosystème humain. Rien n’est plus terrible pour un système social qu’un tel rejet. Le communisme d’État à l’Est s’est effondré aussi parce que « ça ne marchait pas », non dans le ciel des idées, non pour la bureaucratie qui en vivait, mais pour les millions de gens occupés à essayer de prendre leur part de bonheurs simples dans l’existence. L’explosion du puits de pétrole de BP dans le golfe du Mexique est le Tchernobyl du capitalisme. Venant après tant d’autres désastres, tant d’exemples petits et grands, cet accident marque les esprits d’une façon irréversible. Chacun de ces épisodes, la cupidité des managers, l’insouciance du P-DG, l’impuissance de la première puissance mondiale, tout cela prononce un réquisitoire cuisant contre le capitalisme. » (pp. 95-96)

Peut-on se passer d'un mouvement social ?

Jusqu’à présent, j’ai surtout fait l’éloge du livre de Mélenchon. J’y trouve pourtant des faiblesses. La principale, à mes yeux, constitue son analyse des rapports de force dans la société française :

« De façon évidente, le système libéral a rationné le grand nombre pour donner aux privilégiés. Alors ceux qui avaient peu n’ont plus rien eu. Mais, surtout, en faisant reculer les droits du travail au nom de la flexibilité, on a désarmé et atomisé la classe des salariés. La maltraitance sociale des femmes diffuse la peur dans tous les foyers. La peur du déclassement joue un rôle terrible dans la diffusion de l’égoïsme social. Ce cercle vicieux s’autoalimente si bien ! La visibilité des pauvres, sauf dans les lieux de séjour des riches, ne chagrine pas le système alors même qu’il prouve son échec humain. Plus il y a de pauvres visibles, plus on craint de le devenir. Et moins on se bat de peur de perdre ce que l’on a. Et moins on se bat, plus la déréglementation avance et plus il y a de nouveaux pauvres. Cet enchaînement, aux allures de machine infernale, explique qu’autant de gens augmentent leurs revenus de façon aussi indécente et que si peu se révoltent. Ce que le rapport de forces social ne permet plus dans le moment, il faut donc le récupérer par l’usage des droits civiques. Autrement dit, la révolution citoyenne sera le bras législatif de la récupération sociale à laquelle il faut procéder. » (pp. 55-56)

Il y a beaucoup de vrai dans cette analyse. On ne peut s’empêcher de faire un lien entre l’essoufflement des mouvements sociaux et la montée de la précarité et de la pauvreté depuis la fin des « trente glorieuses ». Mais les propos de Mélenchon se heurtent à deux objections.

La première, c’est qu’il y a sans doute un lien entre mouvement social et mouvement politique. On voit mal comment des citoyens ayant massivement déserté le terrain des luttes sociales auraient tout d’un coup le désir de faire une « révolution citoyenne ». Comme le reconnaît le parti de gauche, c’est justement dans les classes populaires que l’abstention est la plus forte en France. Pourquoi ces ouvriers et employés abstentionnistes se mettraient-ils subitement à voter pour le front de gauche alors qu’ils n’ont pas voté pour le PCF, la LCR ou LO lors des précédentes élections ? Il semble bien qu’un changement radical en politique soit toujours précédé d’une forte agitation sociale. Les pays que Mélenchon cite en exemple – le Venezuela, la Bolivie et l’Équateur – n’échappent pas à la règle.

La deuxième objection qu’on pourrait faire à Mélenchon, c’est que le cercle vicieux du désengagement et de la pauvreté peut à certains moments être brisé par un mouvement social. Les récentes grèves et manifestations contre la « réforme » du régime des retraites le prouvent dans une certaine mesure. Certes, elles ont été très insuffisantes, puisqu’elles n’ont pas empêché une victoire quasi totale du gouvernement. Mais on ne peut pas non plus dire qu’elles aient été insignifiantes. L’avenir nous dira si ce mouvement a été un dernier sursaut avant une longue période d’apathie ou au contraire le prélude à de nouvelles insurrections, voire à une révolution sociale.

Pour conclure, je ne saurais trop conseiller la lecture du livre de Mélenchon. Il n’est sans doute pas parfait, mais il va suffisamment à l’encontre des idées dominantes pour susciter un sain débat démocratique – et, peut-être, le désir d’une révolution d’un genre nouveau…


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22 réactions à cet article    


  • Romain Desbois 17 janvier 2011 10:30

    J’ai lu « qu’il s’en aille tous » et je dois dire que j’ai été agréablement surpris.

    De très bonne idées novatrices et loin de la caricature que les médias et les concurrents en font.


    • Romain Desbois 17 janvier 2011 10:31

      « Qu’ils s’en aillent tous » bien sur (mon esprit devait penser à Sarkozy)


    • ELCHETORIX 17 janvier 2011 10:59

      J’ai également lu le livre de JLM , qui est excellent à tout point de vue !
      Seul bémol , le « dirigeant » du Front de Gauche est resté plus de 30 ans au PS , j’ai comme un doute sur sa sincérité d’autant plus qu’il a côtoyé les cercles de la Franc-maçonnerie qui sont pour le mondialisme et la destruction des états souverains .
      A voir et à réfléchir !
      RA .


      • kéké02360 17 janvier 2011 13:41

        ELCHETORIX

        Oui il manquait ton bémol sur la partition de Mélenchon smiley

        Ce beau parleur rame pour le système dont il est client à n’en pas douter, on connait sa chanson smiley

        La candidature à son impossible élection est contre productive, c’est un acte de non changement ............................................


      • Walid Haïdar 17 janvier 2011 16:29

        @kéké02 et quelques : les accusations péremptoires c’est bien pour faire passer des messages quand on a pas d’argument.


        Continuez donc ,avec des messages tels que celui-ci vous plaidez pour votre ignorance, d’autant qu’il y a certainement des arguments valables pour critiquer tout le monde, y compris bien entendu Mélenchon.

        J’ai envie de dire, mobilisez-vous les gars, parce que si Mélenchon est une arnaque, il va falloir le faire savoir, et à force de crier au loup sans argumenter, vous renforcez le « grand méchant Mélenchon ».

        En fait je vous ai démasqué, vous êtes un vil comploteur franc-maçon qui, par une stratégie subtile, visez à décrédibiliser les gens qui critiquent Mélenchon.

        Ah la la, ces arguments bidon du style « il est pour l’europe donc c’est un méchant du système », ou encore « il est internationaliste et pour la paix et la solidarité entre les peuples donc c’est un illuminati »... mais vous avez pas l’impression que l’histoire des idées et des courants politique est légèrement plus complexe que cette fable ? C’est vraiment une vision paranoïaque et débilitante, et pour le coup, ça décrédibilise en partie les vrais complots, et les vrais secrets de l’histoire, qui sont légion.

      • Yvance77 17 janvier 2011 23:39

        Salut Elchetorix,

        Tu sais c’est comme l’histoire du mec (voir gonzesse) qu’à passé 15 piges avec son (sa) partenaire et qui du jour au lendemain se demain s’il pourra aimer encore. Et puis un jour...

        Faisons cette grâce à Mélenchon


      • kemilein 18 janvier 2011 19:44

        « dirigeant » du Front de Gauche est resté plus de 30 ans au PS , j’ai comme un doute sur sa sincérité d’autant plus qu’il a côtoyé les cercles de la Franc-maçonnerie qui sont pour le mondialisme et la destruction des états souverains ."

        socialiste aille gauche qui n’a eu de cesse que de proposer congret apres congret des motions (programme/direction et liste de direction)

        socialiste de 30 ans, je pense que vous n’avez souvenir que de ces 10 dernieres années, JLM est resté sur l’espoir de 1981.

        quand aux franc-macons, sachez que meme si nombre de loupiotte n’en était pas, leur idée viennent pour une part des FMs et d’autre part celle ci on été propager dans le pays grace au FMs. donc d’une certaine facon la République Démocratique (qui n’existe plus) nous leur devons.

        les FMs sont une sorte de secte ayant quand meme une vision humaniste, ce ne sont pas des conspirationnistes fascistes (bien sur y’a toujours des exeptions)

        note : je ne les défend pas, j’essai d’etre objectif (et de faire le pluss de fautes d’écriture possible)


      • Le journal des tueursnet Le journal des tueursnet 17 janvier 2011 11:07

        Le chant de Mélenchon

        Camarades…
        Rendez-vous le 17 octobre !
        Quand est-ce que nous allons mettre fin à cette mascarade ?
        Fini le temps des dérobades…
        Gauchers par ci, droitiers par là…
        Tous dehors ou tous dedans ?

        http://www.tueursnet.com/2011/01/mademoiselle-melenchon/


        • Cocasse cocasse 17 janvier 2011 13:15

          Bonjour, je ne parviens pas à faire confiance à Mélenchon, bien que nombre de ses idées soient séduisantes.
          Peut être pourriez vous m’éclairer...
          Je vois sur son site qu’il est pro-européen, ou du moins pour « changer l’europe », ce qui est bien sur impossible.
          Parle t’il d’une sortie de l’europe ou de l’euro ?
          Compte-il naturaliser tous les immigrés et leur donner le droit de vote ?


          • Jordi Grau J. GRAU 17 janvier 2011 13:43

            Bonjour cocasse.

            Je ne suis ni mélenchoniste, ni membre du parti de gauche. Tout ce que je peux dire, c’est que Mélenchon reconnaît dans son bouquin avoir été longtemps naïf à l’égard de l’Union européenne. Il pensait qu’on pourrait réaliser au niveau fédéral un programme de gauche. Aujourd’hui, il semble profondément désillusionné. Voici quelques lignes résumant assez bien le chapitre consacré à l’Europe : Sortir du traité de Lisbonne.

            « Je dis adieu à mon fédéralisme, puisqu’il est sans objet. Je le range. Prêt à servir si l’occasion historique s’en présente, je l’astiquerai de temps en temps quand je fais le grand ménage des idées. Mais je ne m’engage plus que sur des objectifs concrets, immédiats, liés à la refondation républicaine et sociale de mon pays.

            Un nouveau référendum sur l’Europe

            Il faut donc travailler au marteau-piqueur pour arracher les racines profondes que le cancer de l’Europe libérale a incrustées dans la chair de notre République. Il faut demander au peuple français son avis sur les questions essentielles qui engagent son identité républicaine. Exemple : doit-on continuer à appliquer le démantèlement des services publics ? Pour moi, c’est clair, il faut demander l’ »opt-out« comme disent les Anglais pour suspendre l’application d’une règle communautaire. Eux l’ont obtenu pour l’objectif inverse. Ils voulaient empêcher l’application chez eux de toute législation sociale européenne plus favorable que la leur. Nous, nous appliquerons l’ »opt-out« pour sortir les services publics du champ de la concurrence libre et non faussée. »Opt-out« pour permettre à notre banque centrale, la Banque de France, qui existe toujours, de soutenir le pays en prêtant à l’Etat et aux services publics. »Opt-out« sur la liberté de circulation des capitaux pour que nous puissions enfin mettre un coup d’arrêt à la spéculation. Et ainsi de suite. Bref, il faut sortir du traité de Lisbonne. La méthode doit être conforme au but. Puisqu’il s’agit de rendre le pouvoir aux citoyens, alors il faut les consulter. »


          • kemilein 18 janvier 2011 19:55

            « Je vois sur son site qu’il est pro-européen, ou du moins pour »changer l’europe« , ce qui est bien sur impossible. »

            la France apres la trahison du parlement et du président a ratifié le traité constipationnel de l’EU
            Donc on ne peut se désengager du jour au lendemain... quoi que (mais la ca demande la restauration de la guillotine)
            il est pro-européen comme tout humaniste qui se respecte (hein ? oO) un humaniste pense que tous les hommes doivent vivre libre et heureux (c’est con non ?) or donc intellectuellement il ne peut se résoudre au frontière de la nation.
            dans un premier temps il se dit (ce qui disait deGaule en son temps) vive la France... Libre et indépendante (en y ajoutant heureuse)... une fois cela fait il s’en tournera vers nos freres d’europe.

            « Compte-il naturaliser tous les immigrés et leur donner le droit de vote ? »
            étant sans doute une espece de fasco ? xénophobe ? raciste peut etre ? assez crédule pour voir l’étrangé en ennemi... lequel ? celui de la nation ? ou celui du travail ?
            le travail c’est le secteur privé... prennez en vous aux « patrons » pour qui la baisse des salaires est leur unique but
            la nation France est bâtie sur le « multi culturalisme » athée depuis la révolution de 1789, et j’entend par la que nombre de région avait une culture différente de Paris. Qu’en suite sans immigration majeur la france a été une terre de promesse pour les hommes voulant etre libre.


          • Unghmar Gunnarson Unghmar Gunnarson 17 janvier 2011 13:28

            Ce gribouillis de Jean Luc Mélenchon est en effet très intéressant à lire et la perspective d’une constituante après m’être intéressé aux travaux de monsieur Etienne Chouard l’est encore plus.

            A compléter avec la lecture du livre de Jacques Généreux, économiste du Front de Gauche, « la Grande Régression ».

            Jean Luc Mélenchon dans une école de commerce, c’est à voir ici pour ceux que ça intéresse. ( 1 h50 tout de même ... )


            • JL JL 17 janvier 2011 14:27

              Merci pour cette « critique ».


              Vous écrivez : « J’ignore si on peut faire confiance à cet ancien mitterrandiste. »

              J’ai moi-même été voté 4 fois pour François Mitterrand. Peuis-je me fair confiance ?

              Bon, je vous taquine. Plus sérieusement, vous demandez : «  Pourquoi ces ouvriers et employés abstentionnistes se mettraient-ils subitement à voter pour le front de gauche alors qu’ils n’ont pas voté pour le PCF, la LCR ou LO lors des précédentes élections ? »

              A mon avis, le PCF, la LCR et LO sont historiquement des partis internationalistes et dont les positions relatives au libre échange n’ont jamais été réactulisées depusi que l’on connait les ravages de la mondialisation libérale. Voilà la réponse que je vous propose.


              Sur l’écologie : « ... Mélenchon montre qu’on ne saurait mener une politique vraiment sociale sans s’attaquer aux problèmes écologiques, pas plus qu’on ne saurait être vraiment écologiste sans s’attaquer au problème des inégalités. »


              De fait, si toute politique a un impact écologique, l’inverse n’est pas vrai : le greenwashing est, évidemment, un danger social : comment faire confiance à ceux qui pillent les ressources naturelles sans les payer, quand ils proposent leurs solutions vertes ? Ces gens ont encadré en lettres d’or dans leurs bureaux le slogan : « je pollue, tu dépollue, et on partage ». L’on sait que plus il y a de poisons en circulation, et plus les pollueurs seront assurés de l’impunité !

              La question n’est donc pas de savoir si un projet politique est écologique, ni si un parti écologiste est de gauche, mais de constater qu’il ne saurait y avoir de véritable écologie que de gauche, à commencer par l’instauration d’un RMA : « Revenu maximum acceptable ».

              Lire à ce sujet, d’Hervé Kempf : « Comment les riches détruisent la planète ».

              Sur le Revenu maximum acceptable (RMA) : « Une société très inégalitaire un gaspillage énorme, parce que la dilapidation matérielle de l’oligarchie – elle-même en proie à la compétition ostentatoire – sert d’exemple à toute la société. Chacun à son niveau, dans la limite de ses revenus, cherche à acquérir les biens et les signes les plus valorisés. Médias, publicité, films, feuilletons, magazines « people », sont les outils de diffusion du modèle culturel dominant. » (Kempf)


              • Jordi Grau J. GRAU 17 janvier 2011 16:26

                A mon tour de vous taquiner un peu. Vous écrivez : « La question n’est donc pas de savoir si un projet politique est écologique, ni si un parti écologiste est de gauche, mais de constater qu’il ne saurait y avoir de véritable écologie que de gauche, à commencer par l’instauration d’un RMA : »Revenu maximum acceptable« . » Il me semble qu’il y a une petite contradiction dans votre propos : si, comme cela semble est le cas, vous êtes favorable à une « véritable écologie » (de gauche), alors la question est bien de savoir « si un projet politique est écologique ». Sur le fond, bien sûr, je suis d’accord avec vous et avec Hervé Kempf, dont j’ai lu le livre que vous mentionnez.

                Quant à votre analyse du manque d’intérêt des classes populaires pour LO, la LCR et le PCF, elle est peut-être juste. Je signalerai seulement que l’internationalisme n’est pas forcément synonyme de libre-échange. L’internationalisme est un effort pour fédérer les travailleurs du monde entier contre ceux qui les exploitent, pas pour les mettre en concurrence sur un marché mondial. (En un certain sens, d’ailleurs, Mélenchon est internationaliste, puisqu’il aimerait acclimater en France les révolutions en cours en Amérique du sud). Je ne suis pas plus à LO, au NPA ou au PCF qu’au Parti de Gauche, mais je ne pense pas que ces partis soient favorables à la mondialisation. D’ailleurs, n’y eut-il pas une période où le PCF recommandait « d’acheter français » ?


              • taktak 17 janvier 2011 16:48

                effectivement LCR et LO sont historiquement dans l’illusion internationaliste.

                Pour le PCF, c’est assez différent. Il y a eu à mon sens les effets conjugués de la vampirisation suite au programme commun et à l’intégration dans des gouvernement dit de gauches, sans conditions qui l’ont totalement décrédibilisé en tant que roue de secours du PS. D’autre part les campagnes anti communiste conjugué à la chute du mur de Berlin, qui ont conduit le PCF a un reniement idéologique total (le fameux argent roi et préocupation sociétale de R Hue, qui maintenant se situe au niveau de l’aile droite du PS....). A tel point qu’actuellement, on ne saurait dire quelle est la position politique précise du PC et que sur bien des point il se trouve à droite du front de gauche (entrainé qu’il est dans sa compromission avec le PS pour de basse raisons de fromage à conserver pour des élus (il y a plus de 30m€ à se partager au PCF....).


              • taktak 17 janvier 2011 16:55

                je complete : par la suite, et encore actuellement, le PCF s’est lui aussi fourvoyé comme LO et NPA dans la défense d’une autre europe au non d’un anti nationalisme tout à fait irraisonné, si ce n’est par les bon sentiments genre on est tous des bisounours, et les interets de rester accroché au PS.

                Le PCF est ainsi incapable de demander la sortie de l’euro ou de maastricht !

                La question essentiel du succès d’un front de gauche, c’est de revenir sur ce point de la défense de la souveraineté nationale et de la défense de la nation. A l’heure de la mondialisation, contrairement à l’époque des impérialismes coloniaux, c’est bien le cadre national qui permet la défense des peuples, car c’est dans ce cadre qu’il bénéficie des conquètes sociales qu’ils ont gagnées et de leur droit à l’expression (notamment leur langue !)


              • JL JL 17 janvier 2011 18:15

                Pas de pb J. Grau !

                sur l’orientation du PC, je ne dirai pas mieux que taktak ci-dessus.

                En revanche, je crois que vous me faites un mauvais procès en ne reprenant qu’une partie du § concerné : j’ai bien précisé, je me cite : « qu’il ne saurait y avoir de véritable écologie que de gauche ».

                Ce qui signifie dans mon post que la droite est incapable de proposer autre chose que du greenwashing, lequel est à l’écologie ce que l’aspartame est au sucre.


              • Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 17 janvier 2011 16:04

                Les remarques du style « Il a approché la Franc-maçonnerie, donc c’est un agent du Nouvel Ordre Mondial qui travaille contre les peuples » sont stupides et lassantes. La Franc-Maçonnerie regroupe des individus d’orientations idéologiques complètement différentes : des bourgeois arrivistes, des laïcards anti-curés, des esprits philosophiques... et des connards (comme partout). Beaucoup de gens s’y inscrivent pour le côté « réseau d’influence » qui leur sera professionnellement utile. La grande majorité des membres n’est même pas au courant de l’action des loges « noires » dont il est fait grand cas sur les sites dénonçant de vastes complots contre la liberté. Non, votre pharmacien franc-mac n’est pas forcément un agent des forces obscures ! 

                Mélanchon, sa crispation idéologique franc-mac s’est fait sentir surtout à propos du Tibet : il déteste tellement l’idée que le pouvoir politique et religieux se confondent qu’il est prêt à soutenir la dictature... pourvu qu’elle soit antireligieuse. Le Dalaï-Lama est forcément pour lui un tyran... et l’occupant chinois un libérateur. C’est son côté franc-mac-laïcard-très-con qui l’a poussé à sortir des idioties sur le plan historique à ce sujet (« Le Tibet a toujours été chinois ».) 

                Ca n’empêche pas que c’est un homme courageux qui brise des tabous en politique et qui a un discours bien construit. Je le crois également sincèrement engagé dans son combat. 

                •  C BARRATIER C BARRATIER 17 janvier 2011 16:22

                  C’est enfin du nouveau, du « bien vu » et MELENCHON est sans aucun doute celui qui inquiète plus les rapaces incapables au pouvoir.
                  L’idéal serait que les socialistes le choisissent pour sortir de l’impasse dans laquelle ils se sont eux mêmes enfermés


                  • Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 17 janvier 2011 20:49

                    Oui, mais les socialistes ne le feront pas, car ils sont fondamentalement contre les intentions de Mélenchon, en particulier sur le plan de la politique des finances. Oui, il inquiète les rapaces et les reptiles incompétents et sournois, mais il inquiète aussi la classe moyenne qui pense toujours qu’elle a plus à perdre qu’à gagner à faire une vraie révolution. 


                  • Blé 17 janvier 2011 18:20

                    Rares sont les critiques constructives () sur le livre de Mélanchon. J’espère que ce sera une invitation à le lire.


                    • Ariane Walter Ariane Walter 23 janvier 2011 15:46

                      @ L’auteur

                      je n’avais pas lu votre présentation.
                      elle est géniale ! Très drôle !

                      je lirai le bouquin dans le train la semaine prochaine.

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Jordi Grau

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