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Une réforme et huit enterrements.

Histoire des trois grands acteurs de la lutte pour des retraites diversifiées et inégalitaires : FLUX, REFLUX et AFFLUX

FLUX

Les médias se mélangent les pinceaux : il n’y a pas eu seulement 8 manifs cette année mais 11 dont 3 samedi pour « élargir au privé et aux lycéens et étudiants ». Manifs tortillard. Manifs de corbillards à chaque fois. Plus difficile à manœuvrer que les cortèges étudiants la « multitude salariée » a été plus longue à épuiser, bien qu’elle ait été surtout composée de vieux prolétaires et des bénéficiaires des régimes spéciaux, qui les ont conservés mais qui savent qu’ils passeront tôt ou tard à la casserole. Il y avait, il faut le reconnaître sans concession à l’attaque gouvernementale, une certaine absurdité à vouloir combattre une vilenie anti-ouvrière en espérant l’empêcher alors que seule une lutte offensive l’aurait permis. Suffit la mascarade des défilés flonflons ! Vous en redemandez ? Ils peuvent vous en resservir encore fin novembre ! Les bonzes auront eu du mal à calmer les troupes mais s’ils y sont arrivés. C’est pas de leur faute. Les "suivistes" croyaient triompher en marchant à pied avec des drapeaux bleu blanc rouge en chantant des conneries, et que ce serait suffisant pour faire plier la bourgeoisie ? Pour ces milliers qui ont cru au père Noël avant décembre c’est une victoire il débarque bientôt et on le nomme d’ordinaire Saint Nicolas...

Prenons tous ensemble (sic) un peu de recul : TOUTES les protestations contre les attaques successives sur les retraites ont été DEFAITES de la même manière : tous les défilés du monde n’y ont rien changé, au contraire. L’aristocratie syndicale a joué le même scénario à chaque fois :

  • 1. Unité des syndicats pour défiler une fois tous les quinze jours,
  • 2. Déclarations fiers à bras des chefs syndicaux contre leurs employeurs du gouvernement (les syndicats dépendent du ministère du travail… même si certains de leurs chefs sont payés par la caisse de retraite des concierges…)
  • 3. Un peu de violences dans la rue avec la peu discrète participation de provocateurs professionnels avec flics en baskets,
  • 4. Quoique la tactique du casseur jusqu’auboutiste ait peu fonctionné pour impressionner « l’opinion publique », les chefs syndicaux ont dénoncé des « agissements policiers » alors que naguère ils s’en servaient pour dénoncer leurs bases gauchistes « irresponsables ».
  • 5. Fin du scénario : les syndicats se divisent en laissant un seul jouer les jusqu’auboutiste (comme par hasard le chouchou du gouvernement la CGT qui va pouvoir ainsi ramasser le max de voix aux élections professionnelles).

REFLUX

Il n’y a rien de pire qu’un mouvement social qui se termine en eau de boudin. A ce titre la bourgeoisie triomphe. On ne peut plus appeler un chat un chat. Ce n’est sur les forums qu’invectives et insultes. Comme toujours, comme au moment de l’Affaire Dreyfus, comme à la veille de la guerre, comme au second tour des élections bourgeoises, vous êtes sommés de choisir entre deux camps sinon vous êtes un traître pour les deux. Il n’y a plus de place que pour les enculeurs et les enculés.

Le rouleau compresseur idéologique écrase les derniers manifestants trempés jusqu’aux os dans le crétinisme syndicaliste anti-sarkozyste primaire :

  • Le gouvernement de la bourgeoisie se garde de triompher en chantant, seul un vague porte-parole adjoint «  s’est borné à estimer » qu’il faut que cela cesse sinon les syndicats « se tireraient une balle dans le pied » ;
  • Le principal collabo de l’Etat Chérèque, avec des précautions de sénateur pervers conçoit « qu’il y ait une mobilisation légèrement inférieure, compte tenu du fait que la loi a été votée ». Ce qui s’appelle voter en touche. Et a ajouté, avec le ton du sacristain « il est exclu que la mobilisation puisse faire reculer Sarkozy » et expliqué qu’il faut revenir « aux éléments de la crise, chômage des jeunes et des seniors ». Ce qui s’appelle syndiquer en touche.
  • Mailly de FO a déploré « un certain gâchis dans la conduite du mouvement par les syndicats ». Quel gâchis ? L’unité a été parfaite jusqu’au coin de la rue ! Comme Chérèque il fait dépendre l’affaiblissement du mouvement non des processions syndicales nunuches mais de « l’adoption de la réforme des retraites au parlement  » (ce dont pourtant se fichaient les manifestants)
  • Le PS par la voix de son éléphantineau Benoît Hamon a confirmé sa vision parlementaire des prolétaires floués : «  mouvement exceptionnel de solidarité entre Français du public et du privé  » ; et les autres « français » ou « immigrés » au chômage il s’en tape le coquillard ?
  • Comme le PS, sabre au clair, Bernard Thibault sera jusqu’au bout « avec les Français et avec les syndicats » (pardon celle-là était encore de Hamon), non Thibault s’est contenté de dire « la CGT ira jusqu’au bout », ajoutant avec les phrases lumineuses d’abstraction dont il est coutumier, sabir aristocrate que seuls ses compères aristos syndicaux comprennent : «  il n’est pas aberrant qu’il y ait une séquence de long combat du flux et du reflux ». Flux et reflux sont donc les nouveaux héros de la saga syndicale jusqu’aux élections professionnelles qui permettront la victoire du troisième larron : Afflux... des prébendes de l’Etat.

AFFLUX

Psychologie du syndiqué de base

  • 1) Sarko est un salo
  • 2) je n’ai pas assez collé de badges couleur orange de mon syndicat
  • 3) je veux encore manifester dans la rue derrière le camion sono ou porter le gros ballon de mon syndicat
  • 4) je pense qu’il fallait frapper plus fort au début grâce à l’unité des syndicats qui sont toujours avec nous au début
  • 5) hélas grand malheur les syndicats pour la première fois de leur histoire se divisent
  • 6) heureusement mon syndicat, la CGT, "ira jusqu’au bout de la rue
  • 7) la CFDT réformiste est morte pour les élections professionnelles bientôt
  • 8) tous ceux qui critiquent les syndicats sont les alliés objectifs de ce salaud de Sarko, des sales umpistes à qui on cassera la gueule une fois qu’on aura viré ce salo de Sarko.
  • 9) Je place mon vote CGT dans l’urne de ma mairie.

PS pour les syndicalophiles acharnés : pas vrai que les grands bonzes sont grillés à vie, à chaque fois depuis 15 ans ils reprennent la tête des "troupes" qui les suivent lesquelles oublient que Chérèque et Thibault s’étaient fait virer des manifs en 2003 et 2007.

L’alzheimer est le mal de la classe ouvrière, c’est pas guérissable pour 1/3 des militants de l’appareil gouvernemental CGT qui sont... retraités. Signe du désarroi qui s’est installé suite à ce long fleuve tranquille pour une retraite heureuse dans le capitalisme, les ouvriers licenciés de Molex, après avoir un peu espéré des syndicats vont prier le bon dieu... navrant mais ils sont aussi les victimes de l’absence de parti crédible et de la politique des syndicats pourris.

Enfin, arrêtez tous les invectives. Parlons entre nous hors des enceintes des flics syndicaux : le problème n’est pas le retraite en soi mais l’avenir du capitalisme. Est-ce que vous croyez qu’il peut s’améliorer ? Est-ce que vous croyez en un véritable changement de société possible ? Est-ce que vous pensez que, nous les millions de prolétaires, on est incapable de se réunir pour discuter et élire nos propres organisations, les contrôler, INTERDIRE LES CONCILIABULES SECRETS, FAIRE COMME LES OUVRIERS POLONAIS EN 1981 : mettre des micros dans toutes les réunions au sommet, avec ou sans intersyndicales pour contrôler et contester ce que tout "représentant" peut dire ou "magouiller". Répondez là dessus et la discussion pourra s’engager.

Réponse à un bobo socialo

La fraction bourgeoise, le PS en opposition, n’a plus de programme because on est plus en 1981 mais 30 ans plus tard avec une énorme crise économique et que le PS ne tient pas à assumer. Par respect pour le quinqua bobo que tu es, permet-moi de te dire qu’il faut un paquet d’année pour fabriquer un leader à gauche ou un leader à droite comme présidentiable et que ledit leader se prenne deux ou trois vestes avant d’y parvenir : Mitterrand a mis dix ans, pour les autres (Rocard, Jospin, Fabius, etc.) c’était trop court. Lula au Brésil a mis 15 ans après deux échecs. Voilà juste pour te dire que deux ans c’est trop court pour fabriquer un nouveau ténor de la gauche bourgeoise ! Donc tes amis et directeurs de conscience bobo et trotsko peuvent jouer les contestataires tranquillement - et de toute façon ils nous fourniront un zozo pour la forme au moment de la future mascarade électorale - qui sera battu et vous, les idiots de base viendrez encore pleurnicher que "l’ouvrier fait son propre tort lui-même" en votant Sarko ou Marine.


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1 réactions à cet article    


  • juluch 13 novembre 2010 13:27

    Tiens un article qui sort du lot !!


    merci à l’auteur...

    Votre analyse est malheureusement exacte. Votre description humoristique des syndicats, des politiques est vrai...
    La psychologie du syndiqué de base est rigoureusement authentique !
    J’en ais fais partit de ces syndiqués manifestant.

    Je pense aussi que c’est surement Sarkozy qui risque d’etre réélut en 2012.
    Vu le programme des socialistes..........

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Auteur de l'article

Hempel


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