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Accueil du site > Actualités > Politique > Une rentrée originale : le mammouth bougerait-il ?

Une rentrée originale : le mammouth bougerait-il ?

La rentrée scolaire, c’est le marronnier de septembre. Au menu habituel : hurlements syndicaux (manques de classes, de sous, de profs etc.), récriminations de parents ( classe manquantes, rythmes scolaires contestés, programmes et cartables trop lourds et portefeuille trop plat, etc), et, bien sûr, satisfaction officielle... Eh bien non, pas cette année : pour une fois, ce sont deux vrais sujets qui ont tenu la vedette : la carte scolaire et l’éradication d’une mauvaise méthode d’apprentissage de la lecture. Et le peuple et le pragmatisme semblent bien l’emporter sur l’idéologie : le Mammouth est-il en train de se faire dompter ?

Commençons par la lecture.

Il y a évidemment des questions d’amour-propre : le virage à 180° de l’institution transforme l’ancienne avant-garde, à la pointe de la pédagogie, en arrière-garde harcelée... Se faire ringardiser quand on a suivi, voire créé la mode, c’est cruel. Et, comble, avec la controverse publique, le ministre exige l’obéissance des inspecteurs, qu’il oblige à manger leur précédent chapeau, devant les enseignants, devant tout le monde, à la télévision même ; ça grince, et c’est normal.

 

Mais, sur le fond, que trouve-t-on ? Que nous dit la science expérimentale en matière de méthode de lecture ?

A la suite de l’article que Cabouin, Cyberthi, le 5 septembre 2006 à 11h06, fournissait, je le cite : <a href="http://www.ecoledemocratique.org/IMG/rtf/Lir_meth.rtf">la seule étude francophone comparative crédible sur les méthodes de lecture > en ajoutant "Si vous en trouvez une autre montrez-la moi (j’ai environ 800 documents, thèses, publications, articles sur le problème de la lecture ayant été confronté aux difficultés de mes enfants."

Merci à Cyberthy : j’ai trouvé ce document très accessible et très clair, j’ai émis le souhait qu’on en fasse un article, et finalement je le fais moi-même. Passons sur la honte relative d’être obligé d’aller chercher en Belgique des informations qu’on attendrait de notre Mammouth national, saluons bien bas nos voisins, et voyons cela.

C’est une étude expérimentale sur 450 enfants, de 24 classes, dans 12 écoles. Les auteurs sont prudents, ils se veulent objectifs, sans a priori contre ou pour une méthode, et rappellent que tout cela peut dépendre de bien des paramètres, etc.

Pour le commun des mortels qui veut une réponse claire, dégagée des précautions scientifiques, la conclusion est nette : les méthodes "globale" et "mixte" ne valent rien sans un bon substrat de méthode syllabique et combinatoire (bref : B-A-BA) acquis en première année d’apprentissage. Avec un professeur qui suit un manuel. Ce sont les plus mauvais lecteurs qui souffrent le plus d’une mauvaise méthode, la queue d’une classe "combinatoire" restant en fait comparable à la moyenne d’une classe de "méthode mixte" ou "globale", méthodes qui, en plus, peuvent laisser jusqu’à un quart des élèves totalement hors course (qui, aux tests de lecture et de compréhension, peuvent répondre plus mal que le hasard !).

En outre, l’étude souligne en conclusion, en termes très diplomatiques mais très clairs, l’absence totale d’arguments scientifiques en faveur d’une "pensée actuellement [en 1996] dominante qui défend avec force la supériorité indiscutable de la pédagogie fonctionnelle " (comprenez : globale ou mixte)...

Enfin l’étude confirme des choses par ailleurs connues ou évidentes, mais comme ça n’était pas son objet, les auteurs n’insistent pas : les filles apprennent mieux que les garçons, les autochtones mieux que les immigrés, les enfants avec un vocabulaire riche et varié et ceux qu’on fait le plus travailler la lecture ont de meilleurs résultats... et le redoublement ne sert à rien, les petits effectifs non plus.

Alors maintenant, on peut chipoter et se dire que plus de vingt ans de dogmatisme anti-syllabique et encore dix ans pour entendre la voix de la science expérimentale - l’étude est de 1996, nous sommes en 2006 -, c’est un peu long. Certes.

Mais remarquons quand même le progrès : l’introduction de la méthode globale a été faite entre experts, experts auto-proclamés usant d’arguments totalement dépourvus de support expérimental, purement idéologiques (dans la grande tradition du lyssenkisme). Le bannissement de ces méthodes aurait pu se faire de même, sans plus de fondement et toujours entre soi, au sein du Palais (n’oublions pas que de bonnes décisions peuvent être prises pour de mauvaises raisons !). Or, au contraire, l’affaire a été portée par le peuple, à partir des observations expérimentales. Il y a là une victoire majeure et très notable du pragmatisme contre l’idéologie, du peuple contre les charlatans hauts placés.

Même chose pour la carte scolaire.

Comme pour les méthodes globales, voilà nos experts obligés de se justifier devant les élus et le peuple lui-même. Et pas seulement sur le plan des intentions - ça, c’est facile-, mais sur le plan des effets réels, ce qui est plus difficile !

Certains, par exemple ici, le 11 septembre 2006 à 13h21 nous ont dit que l’Allemagne et les USA n’ont pas carte scolaire, et qu’ils sont pareils ou pire que nous dans la fameuse étude PISA qui sert de référence. Bonne idée, ça, la comparaison internationale. Chiche ! Cherchons un peu. Ici, par exemple, ou , et là, et encore ici, que voit le non-spécialiste qui veut s’informer ? Stupeur : aux USA la carte scolaire existe ! Idem en Grande-Bretagne, qui nous est comparable en termes de résultat PISA ! Inversement, il n’y a pas de carte scolaire en Finlande, et au Japon elle n’existe que pour le primaire (ce sont deux pays en tête pour l’étude PISA). Pas de carte scolaire non plus en Hollande, ni en Belgique, deux pays bien notés. Si la carte scolaire a un effet pédagogique, il est plus probablement mauvais que bon ...

De même, il n’y aucune preuve ni même aucun indice concret d’un quelconque effet positif sur un autre plan (gestion administrative, mixité sociale, etc.), en dépit de l’ancienneté de ce dispositif. Si tous les avantages supposés de la carte scolaire n’ont d’assise qu’idéologique, sans le moindre indice pragmatique, si cette contrainte pour les parents (qui font beaucoup d’efforts, y compris financiers, pour en échapper !) n’apporte rien à la société, alors elle est intolérable et doit disparaître. Même s’il n’existe pas non plus, il faut le souligner et le reconnaître, de preuve que la carte scolaire serait forcément nuisible à la société (pour les parents, ça c’est clair !).

Au passage, sachant qu’il paraît que le couple Hollande-Royal a mis ses enfants dans le privé (et d’autres éléphants du PS itou), donc hors de la carte scolaire, voilà un parti qui doit se trouver gêné aux entournures pour prétendre vouloir la conserver telle quelle... Cette seule raison me semble suffisante pour pronostiquer que, quoi qu’il arrive, la carte scolaire à l’ancienne, où les enfants sont obligés de s’adapter à l’offre scolaire disponible à proximité, est moribonde.

Ça laisse de la place à une "carte scolaire" dans l’autre sens, quand c’est l’offre publique qui s’adapte à la demande et qui s’assure que tous les enfants, n’importe où en France, ont un égal accès à l’enseignement, qualité et diversité comprises. Exactement comme l’offre publique de soins ne se traduit pas par une "carte sanitaire" qui vous enverrait d’office dans l’hôpital de votre quartier, sans discussion, en vous laissant comme seule alternative une clinique privée...

Pour conclure, je vais encore piquer à Cyberthy : " Ne faites pas d’un problème complexe un débat politicien sans argument scientifique fondé".


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15 réactions à cet article    


  • La Taverne des Poètes 14 septembre 2006 12:51

    Pour la remise en cause de la méthode globale : On ne pourra plus dire que le mammouth écrase les épris de réforme, car, comme on le voit ici, quand la réforme est démocratique et pragmatique, elle passe.

    Pour la carte scolaire, le gouvernement l’a déjà aménagée : Le ministre de l’Education nationale Gilles de Robien a rappelé mercredi qu’il avait « déjà aménagé la carte scolaire ». Dans le cadre de la réforme des zones d’éducation prioritaire (ZEP), depuis cette rentrée, les élèves des collèges classés « ambition réussite » ayant décroché une mention très bien au brevet des collèges peuvent aller dans le lycée de leur choix.

    Sarkozy, lui, veut la supprimer purement et simplement.


    • gem gem 14 septembre 2006 14:43

      je m’excuse de squatter le commentaire pour corriger un truc, mais je tiens à mettre le lien correct pour (je cite toujours cyberthy) la seule étude francophone comparative crédible sur les méthodes de lecture

      (nota pour l’éditeur : avant validation de l’article j’ai réussi à corriger un autre lien, mais celui là, malgré 5 tentatives, ça a toujours foiré. à cause de l’extention .rtf ? En tout cas je pense qu’il y a un bug quelque part)

      Sinon, effectivement c’est bien ce que je souligne et qui me parait important : pour la première fois des réformes passent, et passent même avant les usuelles polémiques stériles. Très notable.

      La querelle entre suppression et aménagement pour la carte scoalire me parait purement marketing, entre ceux qui vendent de la rupture et de la vérité nue (et cruelle) et ceux qui vendent de l’évolution douce, un peu hypocrite mais moins brutale. Mais l’effet réel me semble très similaire (par exemple, on imagine bien que seuls les meilleurs élèves de ZEP ont la moindre chance de se faire accepter en-dehors de leur zone).


    • SilenT BoB SilenT BoB 14 septembre 2006 13:25

      tres bon article ! Excellent meme ! La reforme de Robien c’est l’arbr qui cache la foret, j’aimerais bien savoir combien de mentions tres bien il y a eu dans les ZEp et autres appelations du genre.

      Choisir le lieu d’education ds enfants c’est un minimum dans ce pays, mais bon est que les etablissement reputes excellents accepteront des enfats des ZEP, rien n’est moins sur...


      • (---.---.94.25) 14 septembre 2006 14:13

        1er budget de la nation pour quel resultat... les eleves en finlande reçoivent 30 % d’heure de cours en moins pour une acquisition de savoir superieur a la france chercher l’erreur...

        Que dire des gretas la partie formation pour adulte de l’education nationale : totalement inadapté pour les salaries.. desole mais l’employe de 35 ans en reconvertion se tape d’aller faire un bts au memes contenu qu’un adolescent... la geo, l’histoire, la gym pour un salarie de 35 ans il en rien a battre comme l’entreprise qui le recrutera d’ailleurs... quand les gretas seront capable d’offrir une offre de formation epuré comme l’afpa, les gretas de l’education nationale remplirons leur mission de service publique...aujourd’hui c’est pas le cas.

        Que dire de l’université, pas de selection, des filieres qui sont des usines a chomages : philo, socio, psycho, histoire de l’art, steps.... les utopies des therociens de l’enseignement de gauche tout cela au frais du contribuable du moins a credit sur les generations futures...vu les 1000 milliards de dette.

        Pour moi l’education nationale est victime de ces syndicats corporatistes animés d’utopie soixante huitarde totalement a coté de la plaque...

        Toute façon le resultat est la : incapable de se reformer et sur le declin les citoyens qui le peuvent se tourne vers le privé et c’est normal... surtout que les syndicats continuent leur imobilisme et a demander plus de blé et plus de moyen... qui ira croire que c’est un probleme de moyen... Les moyens ils y sont ... seulement cela ne sert a rien a cause du conservatisme et du corporatisme...


        • Kiri (---.---.190.47) 15 septembre 2006 10:05

          @ l’auteur :

          Merci pour introduire un peu de raison dans un univers (l’éducnat) de plus en plus sectaire. On pourrait pourtant penser qu’ils sont là pour aider à la pensée rationnelle, mais comme le disait Coluche, ils n’ont même pas un échantillon sur eux.

          La méthode globale est condamnée. Pourtant les instituteurs de l’école public de mon quartier la pratiquent encore cette année (même pas mixte pour certaines).

          La carte scolaire est une abbération idéologique qui ne produit pas plus de mixité sociale car elle ne produit pas de culture ni d’intelligence.

          Merci donc pour vortre article « définitif ».


          • gaspar (---.---.20.248) 15 septembre 2006 17:09

            C’est étonnant de voir ce débat sur les méthodes de lecture sur le devant de la scène en cette rentrée, tout le monde semble avoir un avis bien tranché, qui tient plus du café du commerce que d’un réelle prise avec la réalité, je juge un maçon à la solidité d’une maison et non à la méthode qu’il a utilisé pour construire son mur, je juge un médecin à la fiabilité de son diagnostic non à la méthode qu’il a employé pour ausculter un patient...tentons de faire un peu confiance à des gens dont c’est le métier...je pense que le débat de la méthode de lecture est tranché depuis une bonne quizaine d’années et il est remis sur le devant de la scène simplement pour rassurer le populo sur l’autorité du ministre de l’éducation nationale vis à vis de son personnel...mais puisque le poujadisme est à la mode ça marche...


            • gem gem 15 septembre 2006 20:35

              L’étude date de 1996 et présente encore les méthodes « fonctionnelles » (globale et mixte, dans le langage courant ; c’est sans doute une erreur, mais c’est bien sous le vocable de « globale » qu’on en parle) comme « dominante ». Et quiconque a ou a eu récemment des enfants scolarisés en maternelle ou dans le primaire se souvient qu’aujourd’hui encore, on fait reconnaitre à l’élève un mot dans une page pleines d’autre mots vaguement ressemblant. Donc : méthode « globale » (à base de signification, par opposition à une méthode de déchiffrement).

              De même, ça n’est qu’en 2005 (sauf erreur) que des orthophonistes et psychomotriciens ont taper du poing sur la table, que ça suffisait les conneries « globales », ça remplissait leur cabinets à un niveau jamais vu !

              Conclusion : si vous estimez que le débat est tranché depuis 15 ans, c’est que vous êtes sacrément à l’avant-garde pédagogique... et vous n’avez aucun contact avec le monde enseignant, ni directement ni indirectement, ou alors vous avez sacrément souffert, ou alors vous êtes vous êtes sacrément zen ou blindé !

              C’est clair qu’à répondre au souhait du peuple on prend le risque de se faire traiter de « poujadiste ». Libre à vous de penser que c’était le sens de l’intervention ministérielle...


            • françois sanchez (---.---.111.62) 27 novembre 2006 23:07

              C’est fatigant. Ces prises de positions tranchées alors que tous cherchons des modèles ouverts et qui seraient à priori construits sur des expériences mises en communs ... Qui détient la vérité ? Arrêtez d’étiqueter, dialoguez, comprenez l’autre, chercher à comprendre un peu. Qu’est-ce qu’on y gagne à se monter les uns contre les autres ? On fait le même métier, on a les mêmes soucis, les mêmes problèmes. Les partager c’est plus dur. On sait très bien qu’il n’existe pas UNE méthode. Et quand bien même, les élèves (qui changent souvent d’enseignants aux méthodes différentes) n’élaborent-ils pas leur propre méthodologie d’apprentissage ? Et vous, ne proposez-vous pas ce qui vous semble le plus « facile », « simple », « logique », évident", ce qui vous correspond le mieux, en vérité ? Après, s’il y a des problèmes exogènes, ce à quoi l’école est de plus en plus attentive, il n’est plus question de méthode. Oui ... La méthode Coué !


            • Kaoji (---.---.202.5) 15 septembre 2006 17:46

              Il faut savoir que dans la majorité des écoles la méthode globale a été complétement abandonnée depuis plusieurs années. Monsieur le ministre de l’éducation nationale en disant que désormais il ne fallait plus l’utiliser à l’air de découvrir le monde de l’éducation en cette rentrée 2006/2007. La méthode syllabique est la méthode qui a fait ses preuves depuis de nombreuses années mais certains professeurs des écoles se voient condamnés par des inspecteurs car utilisant une méthode ’’ringarde’’ permettant aux enfants sortant du CP de savoir lire... Le Monde de l’Education restera toujours un mammouth tant que l’on ne fera pas le ménage dans son administration.


              • gem gem 15 septembre 2006 20:07

                Assez clairement aucun inspecteur ne pourra plus flingué un prof parce qu’il utilise une méthode syllabique. Officiellement. Et je crois cette corporation, globalement, assez républicaine et honnète pour ne pas tricher sur ce point.


              • pierre garcia (---.---.24.67) 15 septembre 2006 18:16

                Je pense que l’auteur de l’article devrait être un peu plus attentif aux réalités qui se cachent derrière les comparaisons des systèmes éducatifs de différents pays. Je m’explique : On peut trouver tout et son contraire assez facilement, en fonction de ce que l’on souhaite prouver. Si le système éducatif français se trouve en difficulté, ce n’est évidemment pas à cause de telle ou telle méthode d’apprentissage de la lecture. Les causes sont plus profondes et sont sans doute à chercher du côté de l’évolution de la structure familiale et du marché de l’emploi. L’Ecole n’est plus l’ascenseur social qu’elle a été. Soit ! La carte scolaire y est-elle pour quelque chose ? Probablement pas. Une première preuve est qu’elle existe depuis très longtemps, au moins depuis une époque où l’Ecole avait de bons résultats... Le reste de l’article est finalement assez proche des débats de café du Commerce : quel rapport entre les enfants du couple Royal-Hollande et le débat sur la carte scolaire ? L’auteur cherche-t-il a refaire l’éternelle démonstration selon laquelle nous sommes dirigés par des « méchants » incompétents et/ou corrompus ? Est-ce bien le lieu, alors qu’il s’agirait au contraire de savoir quelle réforme permettrait à nos enfants d’être mieux éduqués ? Je trouve qu’il faudrait un peu de retenue dans ce domaine. Ce n’est pas en critiquant amèrement que l’on fera avancer ce débat, pourtant nécessaire.


                • gem (---.---.117.250) 15 septembre 2006 20:01

                  Je suis un scientifique de base, et je ne crois pas qu’on puisse prouver tout et son contraire. Argumenter, oui, prouver, non.

                  Je n’avais nulle prétention à traiter des difficultés du système scolaire, réelles ou supposées. Mon objectif était seulement de remarquer que, pour une fois, le débat avait lieu sur la place publique et avec des arguments pragmatiques, au lieu de se dérouler entre gens du sérail dans un café en bas de la rue de Grenelle avec des arguments idéologiques.

                  Je n’ai pas accusé la carte scolaire d’avoir casser l’ascenseur social ou causer d’autres dommages sociaux. Je dis, et je répète, que le simple fait qu’elle n’a aucun avantage prouvé (malgré des décennie d’existence !) est suffisant pour justifier sa suppression, compte tenu de la restricition à la liberté qu’elle implique.

                  De même, je ne crois pas avoir dit ou insinuer que le couple Hollande-Royal était méchant ou corrompu : mais seulement qu’à partir du moment où il a fait le choix, légitime et respectable, de passer outre la carte scolaire, il ne pouvait pas la défendre dans son état actuel. La position de Ségolène Royal est donc honnète et politiquement défendable, alors que elle s’était permis de défendre la carte scolaire (ou même si elle avait garder un silence prudent), elle se serait fait détruire sur le mode « mais vous, hypocrite, vous l’avez contournée ».


                • gem gem 15 septembre 2006 20:03

                  oups, pardon, je n’étais point logué. La réponse précédente est mienne.


                • krokodilo (---.---.206.84) 15 septembre 2006 18:47

                  Quoi qu’on pense de l’article, je crois que c’est une bonne chose de secouer le cocotier de l’enseignement : si les profs sont globalement dévoués à leurs élèves et à leur métier, ils sont comme tout le monde une partie d’un système complexe où chaque bout de réforme est aussi contesté que difficile, à une aussi grande échelle.

                  Il y a toujours eu dans le domaine de la pédagogie plus de théories et de doctrines que de démonstrations scientifiques fiables et reproductibles.

                  Sur la lecture, croyez-le ou non, mais mon fils a appris plus vite à lire en espéranto qu’en français, plus fluidement, pour la simple raison que dans cette langue il y a une correspondance totale entre un son et une lettre (une lettre = un son, un son = une lettre), ce qui veut dire pas de diphtongues, pas de lettre muette (sauf en poésie), c’est-à-dire pas de o, eau, haut, au, aux, etc. Le débat entre méthode globale ou syllabique ne se pose pas : on apprend l’alphabet, la lecture des sons, et on regroupe les syllabes, comme dans la traditionnelle méthode. C’est pour ça que c’est aussi une bonne langue pour des enfants dyslexiques, pour leur redonner confiance. Remarquons aussi que l’Angleterre a un très fort pourcentage de dsylexiques, à rapprocher du fait que c’est une des rares langues au monde dotées d’une phonétique chaotique, sans aucune règle ou en si grand nombre que c’est la même chose, je ne sais même pas s’il y a un autre exemple dans le monde !


                  • Frédéric (---.---.89.89) 19 septembre 2006 09:13

                    Dans cette discussion apparait clairement l’opposition entre ceux qui pointent les parents ou la société comme responsables des difficultés du système scolaire, et ceux qui invitent ce même système scolaire à s’interroger sur les conséquences de ses pratiques.

                    S’il y a une volonté de revenir aux méthodes syllabiques, exprimée par le Ministre et par la majorité des parents qui confient leurs enfants au système, et si tout cela est étayé par des arguments scientifiques (comme c’est la cas), je ne vois pas comment on pourrait encore faire confiance à des enseignants qui refusent de changer leurs pratiques, et qui sont légions. Il devient clair qu’ils roulent pour eux et non pour les enfants et leurs parents.

                    Dans ce cas, ces mêmes enseignants qui réclament une totale liberté pédagogique devraient aussi réclamer la suppression de la carte scolaire. S’ils ont le droit d’imposer leur pédagogie, il faut aussi donner le droit aux parents d’échapper à leur pédagogie et d’aller vers les professeurs qui enseignent avec des méthodes syllabiques.

                    La liberté pédagogique n’est pas compatible avec la carte scolaire. Il faut l’admettre, en finir avec la carte scolaire, et permettre le libre choix qui apaisera les tensions scolaires et permettra aux établissements de retrouver des ambitions.

                    J’espère seulement que ce n’est pas trop tard car les établissements ghettos auront du mal à se relever. Il faudra alors les y aider avec effort.

                    Pour la question des méthodes de lecture, voyez le site « lire-ecrire ».

                    Frédéric

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