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Accueil du site > Actualités > Politique > Une sorcière, participative

Une sorcière, participative

Avoir raison avant tout le monde, c’est avoir tort ! S.Royal avait raison en 2007. La démocratie participative à l’époque fait figure d’OVNI politique. Raillé par l’intelligentsia, ce concept s’impose deux années plus tard comme le standard des campagnes futures. Trop tôt donc. Et si le phénomène de la politique française, la figure vraiment nouvelle, n’était pas un petit bonhomme égocentrique, dérangé et chef d’une clique de godillots, mais plutôt celle que l’on affuble du sobriquet de “sorcière du Poitou”. Une sorcière, participative. Une sorcière qui avait compris (avant tout le monde) que s’ouvrait un “méta-monde”, celui des citoyens qui participent au débat politique, grâce notamment à l’Internet.

S.Royal étonne le monde politique et médiatique lorsqu’elle lance la campagne présidentielle par un leitmotiv ubuesque : la démocratie participative. Ubuesque pour un landerneau frappé d’archaïsme depuis V.Giscard D’ Estaing. En effet pour cette élite médiatique, composé d’A.Duhamel, L.Joffrin, N.Beytout, E.Mougeotte, et bien d’autres, la modernité c’est une campagne médiatique de pilonnage centralisée comme F.Fillon l’orchestrera en 2007. Il déclarait lors du lancement du “sarkoshow” au micro de France Inter “on ne va pas vous laisser souffler”. Et effectivement depuis, c’est l’apnée.

B.Thieulin responsable de la campagne internet de S.Royal l’a bien expliqué. Le problème du participatif n’est pas le concept, mais la pratique. Entre la phase de consultation des militants et participants et celle de la genèse des propositions programmatiques, il ne s’est écoulé qu’une brève période. Un problème de timing et de culture. La candidate n’a pas su rallier un appareil rétif à de nouvelles méthodes de fonctionnement dites participatives. Finalement, ce fut l’inverse, une campagne exclusive vis-à-vis du PS. Il se pose alors le problème de la crédibilité des promesses. La maturation n’a pas lieu, et la campagne file à grande vitesse.
 
Une vitesse imposée par le candidat de la droite, qui s’est affranchi des contraintes de temps. Tout d’abord parce que les médias sont focalisés sur lui. Il bat le tempo de la politique française depuis cinq ans (dès l’élection de J.Chirac il est candidat). Un microcosme archaïque s’est entiché d’un bonhomme sans scrupule, sans gêne et d’une immense ambition. La fascination du mouvement pour le mouvement, économiquement utile à la presse classique qui a besoin de flots ininterrompus d’actes, de postures, de maladresses. Il s’est aussi affranchi des contraintes par la fausse modernité de sa campagne. Un barnum à l’ancienne dont la seule nouveauté est l’opulence des moyens. Les meetings au décorum grandiloquent, les communiqués de presse en flux tendu, des déplacements opportuns et ciblés pour sonder le péquin. Finalement, c’est tout en verticalité qu’elle s’est déployée. Aux antipodes du concept de participatif.

La question n’est pas de juger de l’efficacité, la citrouille PS est restée citrouille. Mais un basculement a pourtant eu lieu. Imperceptiblement. Foisonnement des réseaux sociaux politiques, émergence des blogs comme vecteurs signifiants d’analyses, microbloging politique. L’approche en réseau, participative est sur les rails. L’élection de B.Obama est aussi passée par là.

Aujourd’hui, la politique participative relève surtout de la fiction. L.Wauquiez*, symptomatique, s’exprime sur le réseau social twitter comme s’il envoyait des dépêches à L’AFP. Un minimum de clairvoyance induit des interactions, de l’écoute. Mais on transpose les vieux réflexes verticaux et centralisés de la communication politique. À l’ancienne. Comme par magie, le nouveau paradigme doit s’adapter. Amusant et ridicule. On se donne “l’air de ” mais on ne bouge pas d’un micron. Cela se comprend, écouter des gens et répondre en adéquation est un comportement totalement étranger aux hiérarques “modernes”. L’abandon de pouvoir n’est pas simple à admettre ni à pratiquer. La démocratie élective telle qu’elle existe aujourd’hui est un blanc-seing. On est élu, on communique, mais surtout on fait ce que l’on veut (car élu). Et ce jusqu’aux échéances suivantes.
Ecouter le peuple ce n’est pourtant pas sorcier.

*Après des débuts grotesques, ses conseillers en communication ont légèrement rectifié le tir laissant croire à un embryon d’écoute et d’interaction.


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10 réactions à cet article    


  • Internaute Internaute 25 avril 2009 13:28

    Elle a peint en blanc ses belles dents.

    Dis, grand-mère, pourquoi as-tu de grandes dents ?
    C’est pour mieux te manger mon enfant.


    • paul muadhib 25 avril 2009 16:47

      des qu un couillon a une idee , il veut l imposer a tout le monde, je dis bien imposer, et non en discuter.
      ne pas s occuper de soi est criminel, car nous sommes tous des acteurs actifs ou resignes de l horreur humaine...ca n a pas l air de produire une etincelle de genie pour en sortir, a croire que ca nous convient, alors maso l humain ? pire..
      pour toi ....public
      www.planetenonviolence.org


      • amipb amipb 25 avril 2009 18:06

        Qu’est-ce qu’une « démocratie participative » ? La démocratie inscrit la participation dans sa définition même, il s’agit donc d’un néologisme qui vide la démocratie de son sens.


        • Pépé le Moco 25 avril 2009 20:08

          C’est ça la Com’ !

          Edward Bernays, le neuve de Freud, a défini une forme de fabrique du consentement (A lire : Propaganda de Edward Bernays, édition La découverte), qui aujourd’hui est institutionnalisée.

          Le seul « hic », c’est qu’avec internet, la fabrique du consentement a rencontré un sérieux problème. En effet, nos hiérarques décadents sont restés avec les schémas traditionnels de contrôle du discour ambiant (contrôle de la presse, des radios et de la télévision). En 2005, après le refus du Traité Européen, ces hiérarques ont pris conscience de l’importance de ce medium, notamment la droite, l’autre droite (souvent appelée gauche) n’a pas vraiment réagi.

          Depuis, les deux partis institutionnels (la droite et l’autre droite) se sont attachés à développer leur Com’ sur la toile. Les Média traditionnels dociles ont aujourd’hui investi internet, pour déverser leurs verbiages nauséabons, espérant ainsi pouvoir se sortir de leurs difficultés financières ou de leurs pertes d’audiance.

          Le plus affligeant dans l’histoire, c’est que, les partis institutionnels et les média, n’ont pas encore compris que c’est le contenu de leur discour néo-libérale qui est en cause et qu’il ne pourront pas contrôler la toile comme ils le souhaitent. Sauf si ils instaurent un régime despotique. Mais c’est peut-être ce qu’ils souhaitent ?


          • krolik krolik 25 avril 2009 21:30

            Pendant des mois et maintenant des années, elle a dit :
            - Envoyez moi vos idées !
            Elle a du en recevoir pas mal.
            Ce serait bien que maintenant elle nous en fasse la synthèse...
            On attend..
            @+


            • A. Nonyme Trash Titi 25 avril 2009 22:49

              Avec Royale, le vrai terme c’est démagogie participative.


              • stephanemot stephanemot 26 avril 2009 07:43

                « démagogie participative », tres tres pertinent*.

                Sego est l’antithese de la democrate : elle n’accepte le jugement des autres que s’il est positif a son egard.

                Sa vision de la democratie est one way : c’est pas « donne moi ta montre je te donnerai l’heure » mais « donne moi ta voix je te donnerai le plaisir d’ecouter la mienne ».

                * pour ma part, je resterai sur foutagedegueulitude. beaucoup moins precis mais justement ca fait aussi partie du personnage.


              • souklaye souklaye 26 avril 2009 00:39

                Quand un producteur parle comme un consommateur, c’est qu’il y a plus de produit à vendre, mais le souvenir et les phobies maintiennent l’illusion.

                Les chirurgies faussement démocratiques succèdent aux coups d’États électoraux guidés par la guerre des nerfs. Les abus de langages configurent le discours officiel.

                 

                 

                 

                L’inflation des pathologies économiques et des modes de régulation administrative ont crée un engouement pour la croyance à tout prix, à bas prix. Cette religion confond parabole et législation.

                Depuis que les maladies globales ne sont plus adaptées à la médecine institutionnelle, la réorientation professionnelle transforme les humanistes en cannibales.

                La suite ici :

                http://souklaye.wordpress.com/2009/04/23/bloc-note-politique-sur-mesure-espoir-a-la-carte-et-gout-des-autres/


                • blogiboulga blogiboulga 26 avril 2009 13:20

                  « Le bavardage est l’écume de l’eau, l’action est une goutte d’or. » Proverbe chinois


                  • gruni gruni 27 avril 2009 08:03

                    Autre proverbe chinois :<Avant de regarder la paille dans l’oeil du voisin,regarde la poutre qui est dans le tien>.

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